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 "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques

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Jezabel Charlotte

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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Jeu 18 Fév - 13:39

Lettres de l’Etoile Ecartelée

***

Lettre de Jezabel à l’attention du Patriarche du Loup Vin Golf,
Clairière du Loup, Echiquier


Patriarche,

Je pars à l’aube dans ce lieu nommé Fontaine, avec Elemmirë, cet Elfe des Etoiles dont je t’ai parlé. Nous avons besoin d’être réunis pour ce voyage.

Les Fléaux sont repartis, car la Tête de la Médus a été brisée. Et l’Enfant ne sera plus du Loup… Pardonne moi ce choix, pardonne moi d’avoir ainsi sacrifié notre sang, ton sang… si tu peux. Pourquoi Brissingar nous a porté un tel coup ? Pourquoi la Robe de la Châtelaine déteste tellement notre lignée, alors même que celle qui la portait avait les yeux bleu saphir… Si le Désir peut inspirer le désir en tout cœur, sa Parure le peut aussi, même dans celui des Dieux…


J’ai écris à Harald et à Vidal, à défaut de pouvoir les voir et au cas où je ne reviendrai pas du voyage, ou pas à temps, sur mon projet et mon souhait d’alliance entre les deux Armées pour faire face à Ravannah. Je leur demande d’y réfléchir, et de prendre conseil auprès de toi. Apres tout, tu es bien le seul qui ait entrevu la vérité me/nous concernant…

Si je ne reviens pas, que ma mort et mon sang soient le socle d’alliance et la paix dans le cœur des deux hommes que j’ai tant aimé.

Si je ne reviens pas, permets-moi de te dire adieu. J’ai été Louve jusqu’au bout de la Territorialité et de la Liberté, jusqu’au bout de la passion et de la solitude, dans les roses et dans les ronces. Merci de m’avoir fait naître et devenir Louve.

Avec toute mon affection,
Jezabel Charlotte du Loup,
Consilieri du Loup
Première Gardienne des Jardins du Néhorin

P.S.
Puis-je te transmettre une demande d’ Elemmirë, je te prie. Serait-ce possible que tu lises au crépuscule le Chant « La Nuit de la Danse des Etoiles » auprès du tombeau de Marcil Telimectar, et qu’ensuite tu l’y brûles. Je crois qu’il s’agit également d’un adieu.
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Jezabel Charlotte

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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Jeu 18 Fév - 13:40

Lettres de l’Etoile Ecartelée

***

Lettre de Jezabel à l’attention de Harald Smith / Frère Justinien
du Monastère de l’Epée, Ereb, Armée du Poing Noir de la Terre




Cher Ami,

L’aube va bientôt se lever et je franchirai les limites de ce Macrocosme, notre Monde à nous, que nous avons façonné, peu à peu, avec nos rêves et notre sang, que nous allons maintenant défendre, pour nous, nos enfants…

Ne nous trompons pas d’ennemis, car ceux qui sont nés dans nos forets, nos clairières, notre terre, sous notre ciel, ne peuvent désirer l’anéantissement.

Je pars, afin que la possibilité de sauvegarder notre Monde devienne aussi réalité aux yeux de ceux qui souhaitent l’abandonner. Car il a trop bu de leur sang, car il est couvert de sépultures des êtres chers à leurs cœurs, car leur souffrance est trop grande pour rester, et leur espoir suffisamment fort pour aspirer à une nouvelle Terre Promise.

C’est ce que j’ai ressenti dans les chants d’un Elfe qui, lui, s’est incliné devant la bannière de Portes du Ciel, ou plutôt, devant un Troisième chemin possible, celui de la Paix, celui de l’Alliance des enfants de notre Monde face à ceux qui souhaitent sa destruction. Je pense, nous pensons, que la victoire n’est possible qu’à cette condition. L’Alliance de la Terre et du Ciel contre la Caste des Destructeurs. Contre Ravannah. Et ceux qui pourraient le suivre.

J’ai rencontré cette nuit une Figure bien étrange, d’un peuple apparenté aux Serpents je pense. Et elle, une Souveraine, m’a parlé de l’univers des Douze Mondes, voué à la destruction, mais où les habitants, coalisés, ont mis en déroute trois Destructeurs. C’est alors possible ! Des Serpents, dirais-tu, des mensonges. Mais la vertu du Serpent est la Rédemption…

Si tu lis cette lettre, c’est que je ne suis pas revenue à temps, ou pas revenue du tout. Mais je ne souhaite pas que la possibilité de paix meure avec moi. L’espoir et la nécessité de cette Alliance entre toi et Vidal, que nous pressentons, Elemmirë et moi, pour guider l’Armée des Portes du Ciel (car soyons d’accord, Abel n’est que le paravent, le véritable pouvoir est entre les mains d’un Conseil occulte des Figures présentes sur notre terre et de certains dieux : les deux « E », Aurore, Agone… et Ravannah depuis peu ; avec appui discret mais efficace de l’Instrumentalité, des Parures, sûrement d’autres encore). Je te joins copie de quelques extraits de la lettre que je lui ai écrite, avec mes quelques réflexions sur les forces en présence et la politique actuelles, et je les trouve plutôt réalistes. Je ne puis que te prier toi, et aussi Vidal, de ne pas rejeter d’emblée une possibilité d’alliance. J’en ai déjà discuté avec notre Patriarche Vin Golf, et il semble être d’accord avec moi sur certains points.

Certes, c’est la voie des Passeurs, car Passeurs nous sommes, et le nom de l’Elfe est Elemmirë, ce qui signifie « Etoile messagère ». Mais en cet instant, n’est-ce pas la Discorde qui pousse les Maestros à rivaliser par leurs pouvoirs, les Champions à s’affronter ?

Pardonne moi de ne point être venue te voir avant de partir. Pardonne moi de ne pouvoir écrire plus, car les mots me manquent et j’ai jamais été douée pour écrire. Car ce que je voudrais que tu saches, ce n’est pas écrire avec des mots que je souhaiterai, mais le vivre.

Je pars, Harald, je pars avec l’espoir de revenir et de vivre jusqu’au jour où je n’aurai nul besoin de partir. Le jour où je ne serai plus Passeur, où l’appel des routes cessera, où je connaîtrai enfin la paix. Le jour où je pourrai rester à tes cotés…

Que nos aïeuls embrassent nos enfants et prennent soin d’eux,

Avec toute mon affection et mon amour,
Charlotte

P.S.
Je te transmets aussi cet anneau, mon sang et la sève de l’Arbre du Choix mêlés. C’est un présent d’Elemmirë. Parfois, pour sauver la foret il faut abattre certains arbres…
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Jezabel Charlotte

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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Jeu 18 Fév - 13:41

Lettres de l’Etoile Ecartelée

***


Lettre de Théodore de Serannes à l’attention du Chevalier Vidal Vermont, Belvédère du Firmament, Armée des Portes du Ciel



Cher Ami, Yaulë melda ,

Si vous lisez ces lignes, c’est que je tarde à revenir dans le délai prévu avant le commencement de la marche de l’Armée des Portes du Ciel.

Soit parce que j’ai échoué, auquel cas je ne saurai revenir. Et alors permettez moi de vous dire adieu et vous remercier pour les courts instants du crépuscule passé en votre compagnie. Trop courts pour que nous puissions nous (re)connaître, ô Silmael, l’Etoile Blanche à l’éclat argenté, celle qui précède la levée d’Elithil, Etoile-Lune … Et puissiez vous me pardonner pour cet échec, puissiez vous me pardonner encore, après que vos yeux aient parcouru cette lettre jusqu’à la fin.

Soit parce que ce voyage prend plus de temps que je ne pouvais prévoir dans mon empressement et mon aveuglement par l’espérance de ce troisième chemin dont je vous ai parlé. Et alors je vous supplie de retarder autant que vous pouvez ces massacres qui sembleront inévitables, afin que le goût du sang de ce monde sur nos lèvres ne soit pas plus fort que celui de nos rêves de l’aube nouvelle de l’Ailleurs.

Soit parce que seulement quelque chose de moi est revenu, quelque chose d’incomplet. Puissiez vous souhaiter rassembler alors les lambeaux de mémoire, les gouttelettes de sang de mon Etoile. Puissiez vous le souhaiter seulement, car rien ne vous obligerait à le faire, aucun intérêt, aucun gain, aucune promesse…

Soit pour un autre motif que je ne puis point conjecturer la veille de mon départ. Et alors je vous laisse juge de mes agissements, vous, Seigneur Silmael, et l’Etoile Bleue du Seigneur Luinel.

J’ai quitté le campement des Portes du Ciel après avoir pris congé très officiellement du Général Abel, sans que ses sous entendus de désertion ni ses menaces de crucifixion de m’affectent réellement. Certains hommes sont ainsi : lorsqu’ils ne peuvent retenir le vent, ils l’accusent d’inconstance, lorsqu’ils ne peuvent posséder un feu follet, ils le maudissent. Lorsqu’ils ne peuvent obtenir d’un monde ce qu’ils désirent, ils souhaitent sa destruction… Ceux qui vinrent me voir, alors que je rassemblais mes affaires ne s’inquiétaient que de l’appui guerrier des Calaquendi , de ce seul intérêt que je présentais à leurs yeux. Ai-je le droit de penser que je ne signifiais rien pour ceux qui ne sont point venus ? J’aimerais plutôt penser que ma discrétion et ma rapidité ont devancé les rumeurs de mon départ. Et aussi parce que je n’aime point les adieux. Et parce que quelque soit la route, toutes les étoiles de tous les mondes se reflètent dans Tingilya Celusindi , et maintenant que j’ai retrouvé cachés au font de mon cœur leurs chants, je chuchoterai à votre Etoile, Silmael, ce que je n’ai pu vous dire.

Je vous écris ces lignes, alors qu’il reste quelques heures à peine avant l’Aube. Et le Voilier qui arpentera les chemins entre les Mondes est sur le quai de l’affluent brumeux du Fleuve des songes. Et nous partirons à l’aube, comme les Passeurs que nous sommes. Car en cet instant nous serons réunis. Elle, celle que vous nommez Première Gardienne et que nous nommons parfois Eryntari ou Iarelin . Car son Etoile est écarlate comme le sang et la sève des Arbres Sacrés. Car lorsqu’un Arbre est abattu, c’est elle qui saigne et ressent sa souffrance. Et moi, qui ai reçu jadis le nom d’Elemmirë, l’Etoile messagère, et qui le recouvre maintenant, avec les éclats des souvenirs qui ressurgissent des ténèbres denses de mon identité ancienne, errante, incertaine. Mais d’une façon ou d’une autre, c’est l’Etoile écartelée, Peryaelin, qui nous guidera. Car il est dit qu’elle ait connu à la fois l’étreinte de l’Aube et du Crépuscule, de la Lumière Pure et des Ténèbres Denses.

Puissiez vous me pardonner et lui pardonner cette folie.

Et si nous échouons, puisse Peryaelin devenir l’Etoile du Sacrifice. Et que le sang ne soit point versé en vain, mais pour sceller l’alliance entre les Portes du Ciel et le Poing de la Terre. Entre le Rêve et le Réalisme. Entre vous, les deux étoiles les plus brûlantes de notre ciel, Silmael et Luinel. Puissiez vous ne jamais vous affronter, mais unir vos lames, afin que leurs flammes blanche et sombre mêlées puissent dissiper la nuée, qui cache la Déesse-pas-encore-née et qui pourrait détruire et le Monde Espéré et le Macrocosme. Vous savez que c’est son rêve le plus cher à son coeur, son espoir qui la fait vivre. Je vous en supplie, puissiez vous ne pas trahir cette espérance, et ne pas la tuer ainsi par-delà sa mort.

Mais j’ose espérer que nous réussirons, et que nous reviendrons.

Vous, qui m’avez accordé votre confiance et votre sincérité le temps d’un Crépuscule, m’accorderez-vous de revoir, baigné des teintes douces de l’Aube, les lumières d’un Monde Nouveau dans vos yeux couleur d’espoir…

Puissiez vous réaliser votre Rêve, et ouvrir les Portes du Ciel.

Bien à vous,
Elemmirë / Théodore


P.S.
L’on dit que les Contes peuvent nous survivre et nous rappeler à la vie. Ainsi je vous joins à cette lettre quelques souvenirs qui me sont revenus, quelques histoires d’un passé révolu, quelques bribes de mon existence, quelques pétales éparses d’une Fleur bien singulière…
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Jezabel Charlotte

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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Jeu 18 Fév - 13:41

Lettres de l’Etoile Ecartelée

***

Lettre de Jezabel à l’attention de Vidal Vermont,
Belvédère du Firmament, Armée des Portes du Ciel



Cher Ami,

Je pars.

Dans quelques heures, j’aurai quitté le Macrocosme. Je n’ai encore jamais été aussi loin. N’est-ce pas une sorte de consécration pour un Passeur ?

« The world is not enough », comme a souri récemment le Patriarche du Loup, lorsque je lui parlais de ce projet. Une folie, certes, mais une folie qui pourrait à la fois sauver notre Monde et permettre l’ouverture des Portes du Ciel. Si je ne suis point de retour dans exactement quatre semaines, si tu souhaites en savoir plus sur ce projet, tu pourras venir le voir. Ce serait de ma part. Et peut-être même à titre posthume, si les choses tournent mal. Mais j’espère que non. Et c’est pour ça que j’ai du mal à considérer cette lettre comme un testament possible.

Désolée, je n’ai pas pu te dire un « au revoir » convenable ; et aussi parce que j’espère revenir. Et lorsqu’on revient, les adieux ne servent à rien. Au pire, la lune des Rêves d’Arcadie, la dernière Lune du Macrocosme à me voir avant ce départ te le transmettra, j’en suis sûre ! Désolée aussi de n’avoir pas donné de mes nouvelles récemment : le travail, tu sais ce que c’est… c’est une excuse comme une autre.

J’ai appris que tu as rejoint les Portes du Ciel. En fait, j’en ai même longuement discuté avec Elemmirë-Théodore. Tu dois sûrement connaître cet Elfe, puisqu’il s’est, tout comme toi, incliné devant la bannière de la Lumière. Et tout comme toi, il souhaite partir, quitter ce monde qui lui est une prison, même s’il lui est attaché… C’est lui qui m’a donné des nouvelles de toi ; c’est comme si je te voyais à travers ses yeux…

Dis-moi, si je pouvais quitter ce monde, franchir les Portes Ourlées de Lumière et partir avec toi, est-ce que tu le souhaiterais ? Ou bien serait-ce une chaîne pour toi, une de ces attaches que tu fuis tant ?

Ne crois pas, il ne s’agit pas d’un changement soudain d’avis, ni d’un revirement ; mais d’autre chose, comme si je restais, liée à jamais à ce Macrocosme, mais en même temps quelque chose en moi souhaitait partir. Je n’ai absolument pas les idées claires, n’est-ce pas ? Et c’est pour ça, entre autres raisons, que je pars maintenant, seule, ou presque. Et en cette nuit, que je pressens être la dernière en ce Monde avant longtemps, j’aimerais rêver un peu, d’où ma question : s’il existait une possibilité, souhaiterais-tu que nous quittions ce monde ensemble ?

Ce qui est d’autant plus stupide de ma part, puisque tu ne pourras lire cette lettre que lorsque je serai déjà partie depuis longtemps, et de plus, seulement au cas où je ne sois pas revenue dans le délais d’un mois. Selon Elemmirë, c’est le délai que tu peux garantir avant le début des hostilités.

Au cas où je ne reviendrai jamais de ce voyage, j’aimerais laisser quelques souhaits, pour le Néhorin, la Rose Adamante, et certains plus personnels. Et j’aimerais que tu les annonces à la Rose Adamante, aux Gardiennes, Druides du Néhorin. Lorsque vous le jugerez opportun. Je te le demande en tant que co-fondateur des Jardins, car n’est-ce pas ce que sont le Loup et le Chat ? Et je le demande à Harald, en tant que co-fondateur de la Rose Adamante.

Le Cercle des Gardiennes devra choisir celle qui les représentera, temporairement du moins, ou définitivement ; je te demande de voter à ma place.
Autrement, le Néhorin est suffisamment grand et autonome pour se passer de moi.

Concernant la Quête de la Première Clairière : il est évident que si je ne reviens pas, je ne serai pas en mesure d’honorer ma promesse. Est-ce que tu souhaiteras et tu pourras honorer la tienne ?, car un jour tu m’as dit que tu m’accompagneras aux portes de la Première Clairière, et je t’ai promis de rester à tes cotés jusqu’à la Porte Ourlée de Lumière…

Tout écrire dans une seule lettre serait trop long, voici seulement quelques unes de mes réflexions :
Il est nécessaire d’abattre Aurore, mais point la détruire, car la route du Jardin est encadrée des deux Arbres : la Discorde et la Réconciliation.
Au dessus de la Clairière doit briller l’Etoile Polaire aussi nommées Etoile Solitaire, la seule qui soit fixe dans notre ciel.
Les Parures possèdent maintenant la Clef de Diamant, qui permettrait d’ouvrir les Murailles de Diamant. Je ne sais s’il y a lien avec la quête de la Captive que mène la Haute Parure. Elemmirë doit en savoir plus, je crois il a un grand crédit auprès d’Azur.

Encore sur les Parures, et Brissingar, en particulier: la Lune du Désir est, je crois, liée à Phébus, dont la primo vassalité va à Brissingar. Brissingar est à l’origine du plan visant à faire repartir les astres des Fléaux (tu peux en parler avec mon Patriarche, il est au courant). Je me demande pourquoi la Robe de la Châtelaine déteste tellement notre lignée, alors même que celle qui la portait avait les yeux bleu saphir …
Phébus a fait parvenir à Dana la vision de la Hache Papillon qui l’avait attirée aux Portes Célestes, Hache consacrée aux Parures et destinée à abattre l’Arbre du Brasier. Je n’ose croire que ces événements ne soient pas liés. En tout cas, méfie-toi de Brissingar, à défaut de pouvoir la détruire.

Et pour le Fin de tous les Chants : il n’est nul besoin de sang et de sacrifices pour ouvrir les Portes ! Mensonges que tout ça ! Et c’est ce que j’essaie de prouver.

Par contre, ce qui est vrai, c’est qu’avec le soutien de Ravannah, les souhaits de certains (dont Aurore, le Rouge, Mnémosyne et je pense Nestor aussi, malgré sa position ambiguë) peuvent se réaliser : Ravannah a les capacités de détruire ce monde. Et même de détruire TOUS les mondes, lorsqu’il recouvrira la totalité de sa puissance. Apres avoir anéanti le Poing de la Terre, avec l’aide des Portes du Ciel, il vous détruira, vous. Et il n’en naîtra aucun monde, il ne s’en ouvrira aucune porte. C’est ce que j’ai vu, lorsque j’ai remis la Tête de la Méduse à Elemmirë, et nous savons bien que la Vérité ne peut mentir…

La seule possibilité que je vois est de détruire Ravannah. J’ai par ailleurs laissé quelques enregistrements sur le terne à Dedalius au sujet de cet authentique Destructeur des mondes… Il naîtrait de son cœur la Déesse de la Source, et son corps, l’arbre le plus majestueux que le monde ait vu. Peut être même l’arbre de la Source ? Rappelle-toi ces légendes où d’un corps de géant il naît un Monde Nouveau ! Et si cela pouvait être… Seulement, pour que Ravannah puisse être vaincu, il est nécessaire que les deux Armées s’allient. Et marchent ensemble contre Ravannah. Je pense qu’Harald ne sera pas si enchanté que cela par cette alliance, et toi non plus, sûrement. Je te demande seulement d’y réfléchir. En mémoire de moi…

Il est temps. Je dois partir. J’ai terriblement peur… Je sens le cœur de notre enfant battre, tout près du mien, et ça me donne du courage. Et l’espoir de revenir. Pour que tu le sentes battre aussi.

Avec toute mon affection et mon amour,
Charlotte.

P.S.
Savais-tu que je m’essaie à la littérature ? Bien sûr, je n’ai pas autant de style qu’un Conteur, mais si tu souhaites jeter un coup d’oeil sur ces quelques extraits de mes Carnets…
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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Ven 26 Fév - 14:28

Etoile Ecartelée, Discussion Première
Souvenirs entremêlés



Ainsi, je suis le dernier. Le dernier survivant de mon peuple, de la Lignée Royale de Ceux qui Dansent avec les Etoiles. Le dernier à espérer encore à entendre le Chant des Etoiles. Le dernier à croire en une Aube. Le Dernier… Pourquoi cette pensée obsédante ? Pourquoi les souvenirs, jadis tellement lointains et profondément enfouis, remontent, par vagues, comme une marée impossible à contenir…

… te prennent à la gorge, et ta douleur coule, comme le sang, sur leurs mâchoires. Ta tristesse te noie sous ses flots de visages que tu ne reverras plus jamais, sous les chœurs des voix qui se sont tues depuis bien longtemps déjà et que ne résonnent plus que dans ton cœur. Et dans celui du Seigneur Chrysanthème. Car n’est-ce pas lui qui les a ressuscité en toi ?

[ L’Elfe gisait, prostré, à même le sol de sa cabine, bercé par les mouvements réguliers du Voilier sur les flots des rivières inconnues… Cette voix, si familière, légèrement chantante lorsqu’elle voulait se faire douce, avait pour lui en ce moment des accents rêches et métalliques. Et elle résonnait sans concessions dans les cavernes sombres de sa mémoire. Il ne pouvait y avec de concession entre eux. Entre le Chasseur qu’elle était et le Conteur qu’il était devenu… ]

Je ne m’étais jamais posé la question du passé. J’oubliais, volontairement ou non, mais souvent par nécessité. Car je voulais aimer ce Monde devenu mien. Car je préférais oublier par moi-même que voir mes souvenirs arrachés par d’autres mains…

… et c’est pour ce faire que tu t’étais fait homme parmi les hommes, un voyageur sans attaches, âme sans repos, allant de corps en corps, de réceptacle en réceptacle…

…alors ose la question, elle te brûle les lèvres !

[ C’est lui qui amenait la question jamais encore prononcée entre eux. C’est lui qui pouvait avoir le dessus, car le Conteur est plus habile à manier les mots que tout autre être scentiant. Car ses mots pouvaient autant blesser que le tranchant d’une de ses lames à elle. Il les sentait glisser le long des lèvres, caresser sa peau, tomber en gouttelettes de larmes de douleur et de solitude… Mais au fond, était-ce si important que cela que de s’affronter pour la dominance ? Alors qu’il se sentait si seul… Alors qu’ils se sentaient si seuls… ]

Est-ce que cela a de l’importance maintenant, que de savoir lequel de nous était là en premier. Alors que nous sommes si loin de mon Monde, qui est aussi le tien, que tu aimes autant que moi je l’aime. N’est-ce pas que je suis ce qui te rattache à ce Monde ? Je suis le sang que tu as versé et qui coule maintenant comme la sève au cœur des Arbres Sacrés. Je suis le Crépuscule que tu as toujours aimé regarder.

Je suis née dans ce Crépuscule qui t’attirait et que tu fuyais. Et dans lequel tu t’es baigné lorsque ce Monde tout entier y a plongé.

Le crépuscule de ton peuple. Haï, traqué, incompris, jusqu’à l’Alliance, que vous nommez l’Aube de la Rencontre. Mais néanmoins presque décimé et reclus dans des Hauts Plateaux inaccessibles, jusqu’à sombrer dans la nuit de l’oubli, car l’oubli avait dévoré son âme.

Le Crépuscule de ta mémoire. Rappelle-toi l’enfant que tu étais, qui cherchais sans cesse et ne pouvais trouver nulle part en ce Monde sa Terre Natale. L’enfant qui arpentait l’errance même sur les routes. Et qui s’est perdu dans les Forets Profondes. Et qui s’est endormi dans le Berceau de la Terre, entre les racines d’un Arbre. Et qui fut recueilli par Ceux dont les Yeux brillent dans la Nuit, et que tu nommais Etoiles tombées du Ciel. Rappelle toi les larmes limpides, tels des saphirs blancs, qui coulaient de tes orbites. Et tes yeux qui devenaient de plus en plus sombres, au fur à mesure que tu enfouissais tout au fond de ton âme les souvenirs des visages familiers et des voix dont même les échos se sont tus. Et ces larmes, tu les laissais en souvenir de ta venue dans la Caverne…


…car j’ai laissé mes larmes, emplies de tristesse de mon cœur, et mes armes, mes deux lames courbes de Lumière et de Ténèbre, comme des croissants changeants d’Elithil, l’Etoile-Lune qui naît dans le noir et trouve sa plénitude dans la lumière pale, dans la Caverne de la Foret crépusculaire qui t’a vu naître des Ages plus tard. Et j’ai laissé mon anneau et ma couronne dans la Caverne des Forets d’Opale du Soleil Levant, bien des années plus tard… C’est peut-être pour cela qu’a chaque fois que l’Etoile-Soleil, Elanor, se lève ou se couche à l’horizon, mon âme danse sur ses rayons obliques jusqu’à ce qu’elle s’estompe d’elle-même dans la lumière intense ou la nuit profonde. Rappelle-toi, c’est ce que tu as fais aussi, en laissant à l’une de tes Etoiles ta Lame de Louve, et à la seconde Etoile la Rose Ecarlate, ta Première Rose de Sang…

[ Oui, elle avait laissé son couteau de Louve, son Phylactère Premier, à Harald. Quelque soit le nom qu’il porte, dans sa tête, dans son cœur, elle n’arrivait à l’appeler autrement que par le nom qu’elle lui a connu dans l’Angoisse… Quand la dichotomie Féerie – Angoisse avait encore un sens…

Elle l’avait laissé, avant de partir, mue par l’appel de la Lumière. Pour repartir, une fois de plus… Comme si elle avait peur de se perdre dans cette Lumière… Comme pour laisser un Fil d’Ariane vers son identité réelle…

Un double Fil, car c’est son sang qui coulait comme la sève dans la Rose Rouge, qu’elle avait offert à Vidal. Encore un nom qu’elle chérissait. Qu’elle chuchotait en silence, pour elle-même, toujours dans l’ombre, se cachant, doutant parfois, en fait, souvent, de l’affection qu’il semblait ressentir pour elle, tellement cela lui semblait irréel. Tellement elle avait l’impression de vivre un Conte… Pourvu qu’il puisse la reconnaître, lui aussi, lorsque ce sera nécessaire. Pourvu qu’il le souhaite seulement… ]


Ainsi, tu es mon Crépuscule, ma Nuit Protectrice, mes Ténèbres. Tout autant que je suis ta Lumière, ton Aube, ton Soleil d’Espérance…

Je suis l’entrelacement de tes routes, ton Errance, l’Appel de l’Ailleurs qui hurle sans cesse à tes oreilles de Passeur et qui te pousse à partir, à abandonner les tiens, à dépasser ta Territorialité. Je suis cette lumière des feux follets dans la nuit qui guide tes pas. Je suis le Rêve que tu poursuis sans repos, et dont chaque voile sur le visage laisse apparaître en tombant un autre voile. Enfant des Forets du Mystère, tes souvenirs aussi ont été voilés, certains à ton insu, d’autres par ta propre main, vois, nous nous ressemblons tellement là encore…

Et si tu souhaites parler de souvenirs, ne rejette pas les tiens alors. Rappelle-toi les routes du Mystère. Crois-tu que celle que tu nommes encore ta Cousine ne souhaitait t’arracher que ton étincelle ? Crois-tu encore t’en être échappée par ta seule force ? Ton étincelle te fut laissée, mais en échange de quels souvenirs, de quels rêves ? Maintenant que tu entrevois la nature réelle de la Déesse Voilée, que penses-tu avoir à tout jamais oublié cette nuit-là ? Ni toi ni moi ne pouvons rappeler à nous ce que les Voleurs de Rêves prennent. Tout au plus, nous pouvons supposer, conjecturer…

Rappelle-toi que ton Etoile a croisé à ce moment-là le chemin de Luinel. Lui aussi sur les routes du Mystère, tout comme toi. Lui aussi Etoile du Crépuscule, tout comme toi. Et que lui aussi ignorait tout de son passé, tout comme toi. Et de la lumière bleue de vos yeux de saphir a coulé la fleur la plus merveilleuse : la Rose Adamante de votre affection, de votre amour…


… toi seul sait à quel point je l’aime, et que je n’ai jamais cessé de l’aimer…

… seulement est-ce qu’il voudra encore de toi ? Tu l’as blessé plus profondément que tu ne veille te l’admettre. Toi, qui blâmais ta Cousine pour sa cruauté, tu as fait pire à celui que tu aimais le plus au monde…

Mais continue. Qui suis-je pour porter un jugement sur tes actes, et plus, sur tes sentiments …


Et c’est ainsi que j’ai commencé à arpenter réellement les chemins du Crépuscule. A la recherche de mon passé, de ta famille… J’ai remonté les bribes de ta mémoire, reconstruit brique par brique ton territoire, je l’ai bâti sur ton sang. Pragmatisme, réalisme, efficacité : que souhaiter de mieux pour un Passeur?

Mais n’oublie pas ce qui t’as fait Eidolon : la Rose de Lumière que tu portais en ton cœur, l’essence de tes rêves, le feu d’une nouvelle aube, d’un Soleil de l’espoir sur l’horizon de nuit de ton existence !

J’ai toujours été des deux essences, j’ai toujours souhaité arpenter les deux chemins… Le feu du Brasier et les brumes de l’Informe, l’Accomplissement et le Dévoiement… Tout comme toi, qui était né pour le faire, pour arpenter la Lumière et les Ténèbres.

[ Sans concessions. C’est ce qu’ils étaient, l’un face à l’autre. L’un pour l’autre. Sans concessions dans la sincérité absolue. Et pourtant ils ne ressentaient nulle opposition, nul conflit, nul affrontement. Complémentarité absolue. Communion muette des Contraires… ]

Toi aussi tu es issue de deux branches, le Peuple Errant de l’Orient et les Guerriers du Crépuscule de l’Occident, tout comme lui, qui porte un autre nom dans ta bouche, mais que j’appelle di nom de son Etoile, Silmael… Rappelle-toi la première fois où tu as croisé ses yeux : c’est lui qui est venu te parler d’alliance, d’espoir de paix, alors que la bataille entre le Soleil Souriant et le Crépuscule de l’Angoisse approchait. Rappelle-toi que tu louais Yahvé d’avoir retenu ta main quelques mois auparavant. Rappelle-toi que tu ne craignais plus cet affrontement, car tu lisais l’espoir dans ses yeux d’émeraude si pure… Rappelle-toi que tu souhaitais cet affrontement, afin de le revoir. Que tu as tué, pour lui. Que tu étais prête pour mourir pour lui, lorsque tu es allée le chercher dans les entrelacs de l’Antre… Et que tu as enfoui au fond de ton cœur jusqu’à l’oubli ces sentiments. Tu pensais vraiment pouvoir y échapper ? Tu pensais pouvoir fuir toi-même éternellement ?

Est-ce à ce moment-là que tu es revenu de l’oubli ? Est-ce cette errance de mon cœur qui t’a rappelé ? Est-ce parce que je ne puis choisir entre l’Aube et le Crépuscule, et que quelque chose de ce Monde m’a empêché de sombrer définitivement dans la Nuit de cette folie qu’est mienne en laissant couler mon sang le long des racines de l’Arbre de la Sincérité.

Ils ne connaissent pas cet instant de faiblesse de ton cœur. Seul moi le connais. Car je te connais à travers tes souvenirs, dans tes moindres émotions. Car je les connais à travers tes yeux, comme toi tu connais ceux qui me sont chers à travers ma mémoire, à travers la joie et la douleur entrelacées qu’ils ont laissé dans mon âme.


A travers nos souvenirs maintenant entremêlés…
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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Ven 26 Fév - 14:29

Etoile Ecartelée, Discussion Seconde
Enfance oubliée







Quand la hache s’est enfoncée dans la chaire
Et a fait couler la sève le long des branches,
Toi, tu as versé des larmes amères,
Qui ont coulé, comme la sang, sur tes manches.

Mais l’enfant que tu étais n’a pu
Mettre un nom sur la raison de sa tristesse.
Et seule la hache te chuchotait, repue
De la sève écoulée, de la lumière d’ivresse.

Quand les nefs sont toutes parties, à l’aube,
Roi et Reine t’entouraient de leurs bras aimants.
Et tu cachais tes larmes dans les plis de leurs robes,
Mais ce jour-là, tu as cessé d’être un enfant.
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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Ven 26 Fév - 14:36

Etoile Ecartelée, Discussion Troisième
Le Piège des Contes



Tu t’es toujours méfiée des Contes, n’est-ce pas ? Et maintenant tu te sens aussi piégée qu’un papillon de nuit dansant autour d’une flamme… Sens-tu tes ailes s’embraser ? Sens-tu le vertige du Verbe Infini ? Sens-tu les Voix de l’Ailleurs parler par ta bouche, comme si elles trouvaient écho dans ton âme, dans l’espoir de ton cœur ?

Tu as souhaité prendre les Conteurs çà leur propre jeu, les affronter avec leurs propres armes. Seulement savais-tu où cela allait te mener ?


Le Chasseur Sombre Agésilas était le Premier Instrument. Ne crois pas que je me laisserai faire pour devenir le Dernier Instrument ou quelque chose d’approchant. Les Contes peuvent être purs. Gratuits. Désintéressés. Désintrumentalisés, bien que ce terme n’existe pas.

C’est bien ce genre de Contes que tu écris…


… que je chante lorsque personne ne me regarde et que je laisse s’envoler avec le vent…

… car tu ne souhaite pas devenir un Dragon de plus qui garderait jalousement un trésor…

… et tu fais de même avec tes écrits, lorsque ton sang coule sur les pétales des roses, lorsque ton couteau forme les rigoles des lettres dans lesquelles il se faufile, lorsque chaque mot est une ronce de ton âme…

… lorsque mes rêves prennent forme de mots et les visions épousent les pages blanches d’un Carnet…

…lorsque ces mots s’envolent, en épiphanies cristallines comme des notes d’une partition et légères comme des oiseaux, aux yeux de celui qui lit mes histoires…

…lorsqu’il m’emporte peu de voir mon nom en bas de la page…

…lorsque nous nous laissons emporter par les mots, comme si les Voix de l’Ailleurs nous les chuchotaient…

…lorsque certains des écrits commencent par « il était une fois »…

C’est ce genre de Conte que j’ai l’impression de vivre avec Vidal. Dans un véritable Château enchanté, comme une princesse d’un conte de fées, à l’abri des regards, en cachette de tous… Il n’a rien à y gagner. Il sait que je ne le suivrai pas lorsqu’il franchira les Portes Ourlées de Lumière. Il sait que je resterai dans ce Monde, quitte à y mourir avec lui. Je le lui ai dit…


… et pourtant tu caresses l’espoir de partir, et de partir avec lui ! Et au fond de toi, tu espères que tes souhaits, tes sentiments, ton amour, soient partagés… Tu l’espères tellement ! Alors que tu sais que la seule personne qui compte à ses yeux est lui-même. Il te l’a dit. Et pas qu’une fois…

Parfois, et c’est sûrement l’air qu’il se plait à se donner, il me fait penser à un de ces êtres blasés et désabusés qui hantent le Palais de la Fin des Temps. Des sybarites au coeurs aussi vides que leurs coupes, aux pensées aussi superficielles et malsaines que les phrases échangées entre deux spectacles d’agonie des Mondes…

Sommes nous destinés à devenir comme eux ?

A ne trouver l’amusement qu’en parodie de fêtes ? En changeant nos cœurs contre les coupes remplies de venin… A ne pouvoir ressentir que la douleur par procuration ? Portant éternellement le deuil dans le remord de ce qu’on a accompli et le regret de ce qu’on n’a pas pu accomplir…



Serons-nous, fatalement, aussi atrophiés qu’eux de l’âme et du cœur, c’est cela qui te tourmente ? Je ne crois pas à la fatalité, tu le sais. Pourtant, je ne peux te répondre… D’ailleurs, pourquoi as-tu souhaité repartir de ce Palais aussi précipitamment ? Alors qu tu as enfin retrouvé des vestiges de ta vie passée et de ton Monde natal, aujourd’hui disparu…

C’est toi qui as souhaité repartir, et je t’ai suivi. Et je ne voulais pas que ton Monde à toi soit réduit à des souvenirs, des reliques et des regrets comme le mien…Car si cela arrivait, jamais tu ne pourrais te la pardonner. Et tu deviendrais un de ces Anges de la Mort et de la Désolation, mourante sans jamais mourir, semblable au Seigneur Chrysanthème… Je ne te le souhaite pas, tout comme je ne me le souhaite pas.

Pourtant, j’aimerais y retourner. J’aimerais revoir cette demeure où résonnent encore les pas du Roi et de la Souveraine de mon peuple, où luit la douce lumière d’Elanor et d’Elithil mêlée de mon Monde, où j’ai tant de souvenirs qui se bousculent dans ma tête, ou j’ai rencontré enfin Almanuru Halyarana, Lumière Cachée de la Fleur-Mort de la Lune Vagabonde, blafarde, comme les fleurs des chrysanthèmes…

Tout comme j’aimerais maintenant (re)devenir celui qui je dois être, Elda Elemmirë de la Lignée Royale des Calaquendi.

J’aimerais espérer, maintenant que notre peuple a une chance de renaître des cendres, comme le Phénix au devant duquel nous dirigeons nos pas, que la Fleur-Mort de la Lune Vagabonde puisse retrouver son doux éclat originel et l’apaisement au font de son âme.

J’aimerais repartir sur les routes entre les Etoiles, guidé par le Phare-Etoile vers la Terre Promise, avec ceux qui ont survécu. J’aimerais ouvrir les Portes de Lumière pour tous ceux qui souhaitent partir du Macrocosme, tout comme notre peuple a fait jadis…

J’aimerais de nouveau danser sur les flots de Tingilia Celusindi, la Rivière d’Etoiles…

J’aimerais y danser jusqu’à l’Aube… J’aimerais y danser avec … mais qu’importe, puisque tu sais déjà quelle nom je vais chuchoter… car dès l’instant où j’ai croisé son regard, je me suis laissé envoûter par l’éclat pur de ces yeux, soleils d’espérance de son âme, deux étoiles d’émeraude…
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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Lun 22 Mar - 18:04

Etoile Ecartelée, Discussion Cinquième

L’Elfe et la Louve


(cette Discussion clos le cycle des Discussions de l'Etoile Ecartelée)


Te souviens-tu de cette danse que nous avons menée ensemble ? Notre dernière danse…

[ Le grand mat de l’Oraison avait fleuri sous les chants des Calaquendi réunis dans l’écrin de Tingilya Celusindi.
Et la commémoration funèbre de ceux dont les Etoiles ont glissé vers d’autres horizons ceda peu à peu place à la célébration des vivants et de l’espoir de la Vie. Et la branche d’Ornëlin du grand mat retrouva vie, et ses feuilles bruissèrent au son cristallin de la Harpe Royale de Lilthaëlin Siriondoll, et ses bourgeons-etoiles éclorent avec le chant porté de gorge en gorge, et les Elfes et les Etoiles dansèrent autour, car ainsi reprit la danse de Célébration…

Et les harmoniques parfaites glissèrent le long des flots de Tingilya Celusindi, et dansèrent dans le ciel des mondes où vivaient encore des Elfes, et enflammèrent les horizons comme des vagues d’Aurores Boréales… Et tous les Elfes pleurèrent à l’unisson des larmes de Etoiles… et la Célébration se propagea ainsi de monde en monde…

Et Bahamut, le Dragon de Lumière lové autour de la Fontaine, ouvrit un oeil…

Et la Dragonne des Ténèbres Denses Tiamat remua dans les profondeurs insondables des marécages de la Cataracte …

Et, dans la haute tour du Clair-obscur, l’Arbitre du Changement se rappela la Première Célébration et la Danse entre la Lumière et les Ténèbres qui lui donna naissance. Et son hurlement empli de rage de vie et de mort entremêlées se répercuta sur les murailles de son univers prison et résonna dans l’âme de toutes les Figures…

Ainsi l’harmonie de l’enchantement fut rompue une fois de plus. ]

Assourdis par la douleur née du cri du Non-né-et-non-mort, nous nous étions tous écroulés sur le grand pont de la Nef. Mais, malgré le sang qui coulait de ta bouche, tes yeux, tes oreilles, tu avais l’air si heureuse d’avoir dansé de nouveau. Et cette fois, c’est toi qui menait la Danse, toi, ma douce Elemmirë, messagère entre l’Ancien et le Renouveau, et ton frère Lilthaëlin Siriondoll, sombre danseur de la vengeance pour les outrage du passé…

Et le défi chanté par la Lumière Libre était lancé, un avertissement à ceux qui avaient jadis tenté de nous détruire !

Te rappelles-tu des larmes des Etoiles tombées en Aurore Boréale sur ton Monda natal, ton Macrocosme tant aimé ? Et les yeux de Silmael s’y sont reflétées en lueurs émeraudes lorsqu’il vit ton corps étendu, tel un pont, entre l’horizon du Monde et les Portes Ourlées de Lumière de son rêve. Te rappelles-tu des larmes qui ont alors coulé sur ses joues… Les premières qu’il ait versé pour toi, Eryntari … Pour toi et en ton souvenir, car effrayante fut l’ombre brûlante de Bahamut qui se dessina sur le ciel de ton Monde. Car il est le Gardien de la Fontaine, et ton chemin passe par lui…

N’est-ce pas lui qui t’a rappelé du profond sommeil de l’oubli, lui, Etoile Blanche. Et Luinel, Etoile Bleue, dont le cœur meurtri est rongé par les Ténèbres Denses, dont les yeux jadis si lumineux ne regardent plus le ciel, et ne pouvant se détacher des souvenirs d’un bonheur brisé – que toi, Iarelin , tu as brisé ! – portent l’accusation et la vengeance sur l’Etoile Blanche…

C’est parce que j’ai senti tes larmes de sang couler que j’ai compris que tu étais enfin réveillée, et que je n’avais nul droit de te retenir ainsi prisonnière. Et que je souhaitais être libre à mon tour…


Et je n’avais nul droit de te retenir. Toi, ma lumière, celle qui m’a rapproché des Etoiles, celle qui m’a permis de partir vers ma promesse et d’envisager le retour avec espoir… Toi aussi, tu as tes promesses à tenir, et ta place est auprès des tiens. Tu les guideras vers la Terre Promise, et vous y planterez le nouvel Arbre-Etoile, et tu le feras grandir, et vous mènerez des danses, et les Etoiles danseront avec vous sur ses branches… Car tel est ton rêve. Car tel est le rêve de ton peuple. Et tu feras renaître les antiques fleuves entre les mondes, que nulle entrave ne pourra contenir…

Ainsi soit-il, Elda Elemmirë ! La lumière de ton espoir partira vers les Ténèbres de la Cataracte et les ténèbres de mon coeur partiront vers la Lumière de la Fontaine.


Et lorsque je reviendrai dans ton Macrocosme, ce sera pour lui murmurer « Marienna, ninya mela Amar Eden » et le quitter à tout jamais, avec tous ceux de mon peuple. Et nous regarderons depuis les pontons fleuris d’Orëaloth s’éloigner les pics enneigés d’Oron Arata baignés dans les teintes pastels e votre aurore… Et nous serons libres de nouveau. Libres d’arpenter les flots de Tingilya Celusindi. Libres de reprendre notre quête sacrée.

Car c’est la Liberté qui est l’essence de ta Lumière et des mes Ténèbres. C’est la Liberté qui nous a toujours guidé, Passeurs que nous sommes…

[ l’Elfe se dépouilla de tout souvenir humain, et les posa, tels une parure, pour Celle-qui-devait-s’éveiller. Il y rajouta un flacon de cristal très pur, dont la gravure laissait apparaître une Etoile Calibane qui pleure.

Ses yeux d’étoile brillèrent quant il porta la coupe d’émeraude à ses lèvres. Et l’ivresse des Contes s’ouvrit devant lui en traverse. Et il franchit ce pont arc-en-ciel, par delà les brumes des interstices et par delà les mondes, jusqu’à l’antique Clairière du Macrocosme, baignée dans les lueurs saphir, telle l’oeil d’un Loup.

L’herbe bleutée sous les pieds, le bruissement léger des feuilles, les parois sombres luisant de bleu de la Caverne, le regard doux et sauvage de la Louve… Rien n’avait changé… L’Elfe s’inclina devant la Louve, elle enfouit sa tête dans les mains pales portant le parfum des étoiles et le laissa entrer.

Lorsque l’Elfe sortit de la Caverne, il arborait l’anneau sigillaire de la Lignée Royale des Elfes, et ses longues mèches d’un blanc laiteux étaient retenues par l’anneau d’un diadème. Et la lumière jouait aux reflets sur les deux lames qu’il portait aux cotés, deux croissants de lune, un sombre et un lumineux.

La Louve l’a longuement regardé repartir sur les chemins du Conte, vers les siens, vers les Etoiles, vers son destin, libre… Et des larmes limpides tombèrent comme des étoiles filantes de ses yeux de saphir. Et tous les Loups pleurèrent les larmes des adieux et de liberté.

Et lorsque l’Elfe s’est retourné, des larmes bleues comme le saphir des fleurs de la Clairière glissaient sur ses joues.

Et il vit le Macrocosme dans sa plénitude et sa pureté originelle, dessinant une nébuleuse tête de loup parmi les Etoiles. Car il en a toujours été ainsi pour le Monde des Forets et des Clairières. Car la Macrocosme est la Terre Consacrée aux Loups. Car c’est leur Source : les Loups ont toujours été les habitant originels du Monde Saphiréen… ]

Adieu, Elda Elemmirë Lilthaël nedh Annui Rhunenyë, que les Etoiles veillent sur toi.

Marienna, Louve Eryntari … Car dès cet instant les Contes que nous murmurons sont un chemin entre nos Etoiles, un chemin entre nos âmes …


*****
Elda Elemmirë Lilthaël nedh Annui Rhunenyë = nom complet de l'Elfe : « Etoile messagère dansant entre l’Aube et le Crépuscule »

Eryntari = Reine de la Foret, un des noms que l'Elfe donne à Jezabel
Iarelin = Etoile de sang ou Etoile Rouge, un autre noms de Jezabel

****


Dernière édition par JEZABEL le Lun 22 Mar - 18:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Lun 22 Mar - 18:05

* * *

Verras-tu cette lueur éphémère des chemins infinis,
Ivoire de la Lune, diamants des Etoiles sur ébène de la Nuit,
Dansant une ronde
Autour de nos mondes,
Lueurs de nos rêves incompris…



************
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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Lun 22 Mar - 18:05

* * *

J’interrogerai toutes les étoiles,
Jusqu’à trouver celle qui aurait contemplé
L’éclat de ses yeux à travers les voiles
De l’ombre de ses cils et de la Nuit ailée

Lorsque je la trouverai, scintillante de ses ors,
Je demanderai à cette Etoile : « Raconte
De quelles merveilles rêve-t-il, vers quelles aurores
Ses pas le mèneront sur les chemins des Contes ? »

Et je glisserai mes mains dans l’ombre des lueurs,
Quand ces lueurs caresseront sa joue,
Et je l’embrasserai, tout doux, comme un voleur,
Comme une Etoile Calibane qui joue.

Et au réveil, la chaleur du Soleil, sans retenue,
Aura brûlé toute trace de ma venue.
Et seules la Lune voilée et l’Etoile endormie
Garderont, pour nous deux, le souvenir de nos nuits…

********
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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Lun 22 Mar - 18:06

* * *

Je cherche ton regard depuis l’abîme du ciel.
En vain ! C’est la vengeance que ton cœur scande.
Pourquoi vouloir sa mort ? N’est-ce pas cruel,
Car il est innocent. Car mienne fut cette offrande.

Je cherche ton regard, lueur dans mes ténèbres,
Mais leur éclat saphir est devenu si sombre…
Et jalousement te garde la Nymphe de l’Ereb,
Ta Déesse en linceul, ta Reine des mille tombes.

Et sous son masque blanc ses yeux brûlent d’impatience,
Elle compte déjà les âmes que tu lui amèneras,
Elle savoure leur parfum, et ses mains, en silence
Caressent tes épaules, glissent sur tes bras…

Je cherche ton regard, et les fleuves aux eaux noires
Reflètent dans mon cœur le bonheur qui nous fuit.
Pourtant je porte encore l’alliance de notre histoire
Et je cherche tes mains dans l’oubli de mes nuits.

Si tu souhaites la vengeance, alors abats ta lame
Sur ma poitrine, fautive d’abriter un seul cœur :
Ma rose ensanglantée est la seule cause du drame
De vous aimer tous deux, de mon âme, cœur et corps.


***************
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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Mer 24 Mar - 13:19

pardon ! j'ai oublié de poster la DISCUSSION 4eme de l'Etoile Ecartelée .........
sans ça, la discussion 5eme n'a pas grand sens...



*********************************

Etoile Ecartelée, Discussion Quatrième
La Louve Assoupie



J’ai partagé notre secret avec Morphée… Je ne l’ai point fait pour te trahir, mais bien pour te protéger.

[ L’Elfe, la Princesse Cadette devenue Elda Elemmirë Lilthaël nedh Annui Rhunenyë, « Etoile messagère dansant entre l’Aube et le Crépuscule », se coiffait distraitement devant un miroir, scrutant la moindre trace de bleu dans ses yeux. Ces yeux qui brillaient comme deux étoiles, maintenant qu’elle a renoncé à cacher leur éclat sous des lentilles, artifices typiquement humains. Plus besoin de se cacher, plus besoin de fuir, plus de faux-semblants… ]

Je me sens tellement en sécurité ici, auprès des survivants de notre peuple, avec mon Frère, Lilthaëlin Siriondoll, « Sombre Etoile dansant sur les Flots », et qui portait chez les humains le nom de Seigneur Pavane …


[ L’Elfe était accueillie comme il était dû à son rang princier selon son demi-frère, et comme une reine selon elle, sur la splendide Oraison, la Nef des Elfes Pirates, qui semait la terreur sur la Rivière d’Etoiles et d’autres Mondes qui ne pouvaient plus en parler puisque engloutis dans les flots de la Vengeance. Elle s’en voulait légèrement pour l’oubli de certains détails généalogiques ou de bienséance. Mais à chaque pas, les souvenirs de son passé si lointain, ancien d’une dizaine d’Ages Humains – Ellemirë arpentait déjà Tingilya Celusindi sur sa Nef qui portait le doux nom d’Orëaloth, « Fleur de l’Aube », alors que les Conteurs n’avaient encore point brûlé de leur navire d’Etincelles les flots immaculés de l’Informe du Macrocosme – ces souvenirs qui coulaient dans son sang, reprenaient vie et ses gestes retrouvaient l’ancienne assurance, comme les doigts d’un pianiste sur les touches d’ivoire et d’ébène… ]

Ici, sous le regard limpide des Etoiles se reflétant dans les flots de Tingilya Celusindi, ici, où tout me rappelle mon enfance, ma jeunesse, la clarté originelle de l’Arbre des Etoiles, Ornëlin, les danses que nous y menions…

Nous ne connaissions ni la maladie, ni la mort, ni la souillure du sang…

Et toi, qui sembles dormir ! Tes yeux sont clos et nulle lumière saphir ne filtre entre tes paupières. Les Forets que tu gardais sont si loin de toi maintenant. Se souviennent-ils encore de toi, ô Eryntari , se souviennent-ils encore de toi, ces Esprits Sauvages des Cavernes Sombres, ces Enfants de Foret qui dansent dans les Clairières Sacrées ?... Et les Arbres qui se sont largement gorgés de ton sang, ô Iarelin exsangue, chantent-ils encore ton nom dans le bruissement de leurs feuilles ?… Et tes deux Etoiles, ont-ils une pensée vers toi ?...


La Louve s’agita dans son sommeil. Elle se souvenait d’avoir suivi la course effrénée les rêves d’Elemmirë sur les flots des songes de la Rivière Ivoire, jusqu’au Macrocosme… Elle a vu celui qu’Elemmirë nommait Luinel, Etoile Bleue, dans les Cavernes sombres de la Mort, mais dont un autre nom, un nom tellement humain, résonnait dans son cœur. Il prit son présent (ou était-ce un présent d’Elemmirë ?...), la moitié exacte d’une Rose de Lumière, telle une étoile écartelée (Peryaelin, s’entendit-elle chuchoter à son oreille), sans que la moindre émotion n’altère ses traits. Et la Mort au masque blafard lui caressant les épaules… Non, la Louve n’avait plus aucun droit sur lui, son ancien compagnon… Et il l’avait sûrement oublié, remplacé par la Déesse aux voiles Noires fauchant les âmes, par la recherche du geste pur, par toutes ces épées qui ornaient le nom et les murs du Monastère…

Alors l’esprit de la Louve se sentit étrangère à cette caverne, comme chassée par sa Déesse toute puissante assoiffée d’âmes… Et la Louve entra dans un autre rêve, celui de lumière chatoyante des alcôves, celui de la Foret d’Opale, celui où, à travers les yeux d’un autre, elle pu contempler de nouveau les prunelles d’émeraude de Silmael (pourquoi les noms d’étoiles lui venaient si facilement, alors que les noms humains semblaient si difficiles à penser ?...). La seconde moitié de Peryaelin fut posée dans ses mains. Mais là encore la Louve s’est sentie rejetée du rêve. Peut-être que lui aussi l’avait oublié… Sûrement il l’avait oublié, comme un chat qui abandonne un vieux jouet qui n’amuse plus. C’est sûrement pour cela que ce rêve aussi l’a chassé…

Et elle partit s’égarer dans ses rêveries à elle, des anciens souvenirs rien qu’à elle… Et l’enfant qu’elle portait partit avec elle, car elle dormait aussi… La Louve s’étira dans son sommeil.


Tu dors … Et ton sommeil est de plus en plus profond … Pourquoi ?! Pourquoi tu ne te débats pas contre ces chaînes de l’oubli, enluminées comme les lignes d’un Conte ? Pourquoi tu abandonnes sans même combattre ? Mon Frère, Lilthaëlin Siriondoll, ne cesse de répéter que je ne te dois rien, et sa conviction en est bien grande. Et j’aimerais parfois, – ô que c’est tentant, – arpenter les chemins des étoiles, reprendre la quête qui a toujours été mienne de notre Terre Promise, vers laquelle nous guidera le Phare-Etoile. Et alors ce voyage que nous faisions tous deux ne serait que mon départ définitif du Macrocosme, ce Monde que j’ai toujours voulu fuir…

Et pourtant je t’avais promis – nous nous étions promis – de faire l’impossible pour empêcher tes deux Etoiles de s’affronter, pour préserver ton – notre – Macrocosme, pour que ceux qui souhaitent partir vers un monde meilleur le puissent, pour que tu puisses enfin rester auprès des tiens… Nous avons promis de revenir avec cette espérance. Nous avons promis le Troisième chemin, celui qui a toujours été mien, et que tu as fait tien. Et j’ai aussi promis à Silmael – cette étoile que tu as toujours protégée et que tu protèges encore, malgré les distances, malgré les Voiles opaques de l’oubli – j’ai promis à ton Etoile Blanche de chanter avec lui pour que les Etoiles nous entendent et se joignent à nous… Et j’aimerais le revoir encore. J’aimerais tellement le revoir…

Pourquoi tu t’obstines à dormir ? Pourquoi tu ne t’éveilles pas ? Pourquoi même en puisant dans tes souvenirs je n’arrive plus à te faire ouvrir les yeux ?!

Réponds-moi enfin ! Pourquoi tu t’obstines dans ce silence ? Ou bien plus rien n’a plus d’importance pour toi ? Ni toi, ni ton Monde, ni ta meute, ni ta famille, ni l’amour que tu portes à tes deux Etoiles…

Pourquoi tu me laisses seule, maintenant, alors que nous avons fait tant de chemin ensemble ? Est-ce cette prison du Clair-obscur que tu crains tant ? Cet Arbitre du Changement, cet enfant de Lumière et de Ténèbres mêlées, ni vivant ni mort mais les deux à la fois ou autre chose encore ? Où bien tu as senti que j’envisageais de te sacrifier à la Fontaine si son Gardien me le demandais comme prix ? Où bien le chant des étoiles t’est plus envoûtant qu’un chant de sirènes, au point que tu ais souhaité t’y dissoudre ?...

Mais peut-être que toi-même, ton être tout entier, n’a été qu’un songe pour moi ?... Peut-être que ton visage, tes yeux de saphir, tes chasses, tes joies et tes souffrances, tes échecs et tes accomplissements n’ont été que des rêveries embrumées que je faisais, prisonnière d’un monde auquel j’ai enfin pu échapper ?...


[ L’Elfe marchait sur les ponts supérieurs de l’Oraison, baignés des vents sidéraux. La brillance des étoiles du ciel était réfléchie dans les flots de Tingilya Celusindi, et le Nef semblait voguer entre les Etoiles, et danser avec elles… L’air y était si pur, que l’Elfe se sentait lavée des souillures de l’humanité et de la sauvagerie des esprits des Forets, dont les dernières scories collées à sa peau et à son âme s’envolaient peu à peu vers l’oubli…]

La Louve soupira dans son sommeil et s’enfonça encore plus profondément dans des rêveries insondables. Elle courait, désorientée, parmi les étoiles, qui riaient, jouaient, dans un grand champs à perte de vue d’asphodèles étoilées…

Le souffle coupé jusqu’à étouffer dans la poitrine tout cri naissant, tout hurlement possible… Elle courait, désorientée… Elle glissait sur l’air comme les feuilles mortes dansant leurs funérailles. Elle tombait, comme les flocons de neige, tourbillonnant dans un blizzard aveuglant. Elle chutait, sans appui possible, sans résistance aucune, sans s’en rendre compte…

Elle chutait dans un gouffre étoilé, sans comprendre si c’était vers le bas ou vers le haut, elle tombait en chute libre sans pouvoir s’accrocher à une réalité tangible.

C’est elle qui chutait de la haute tour d’Arriman dans les bras ouverts de la Ténèbre, lorsque les combats faisaient rage dans les ruelles sinueuses de la cité du Soleil Noir… C’est elle qui tombait dans la faille sans fond sous les yeux inexpressifs des sphinx erratiques et il n’y avait personne pour la rattraper… Elle tombait, poignardée, sur la stèle brisée du Monolithe… Elle tombait, terrassée par le Gardien en armure terne et sombre devant le ponton de la Clairière du Loup… Elle tombait, transpercée par une balle à l’éclat doré et le sang coulait sur ses gants blancs … Ou était-ce une balle de scories, tellement précise, qu’elle ne pouvait manquer l’emplacement du cœur, et s’y logeant, aussi douce qu’une plume et aussi impitoyable qu’une écharde… Elle tombait auprès de son adversaire agonisant, terrassée par sa malédiction, et la rosée sanglante suintait de tous les pores de sa peau… Elle s’écroulait, au bord d’une route sinueuse, parmi les asphodèles, inerte, une main délicate comme l’albâtre et acérée comme une serre lui ayant étouffé la flamme au fond de ses yeux…
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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Jeu 8 Avr - 16:51

Tu vois mes yeux, regarde-les dans les prunelles,
Dans leur clameur de mes combats menés sans gloire,
Dans leurs reflets de sauvagerie cruelle,
Et leurs lueurs d’une folie d’espoir

Est-ce ce regard que tu aimais croiser ?
La Réconciliation sur velours de saphir…
Pourtant ses larmes sont de sang, comme la rosée
Sur l’horizon d’un monde qui ne peut lui suffire…

Tu vois mes mains, regarde-les, sans ornements,
Regarde ses griffes, ces meurtrières, sans artifices,
Lacérer les poitrines, et dans un geste dément
En arracher les cœurs en sacrifice.

Est-ce bien ces mains que tu serrais jadis ?
Dans la pénombre d’un foyer paisible
De certitudes, sans doute aucun et sans malice,
Dans ce bonheur, qu’alors nous avions cru possible

Est-ce bien ces mains que tu gardais contre tes lèvres,
Un temps plus long que ne le veuillent les convenances ?
Ces mains qui portent ton alliance,
Et des couteaux, comme des bijoux d’orfèvre…

Regarde-moi, sois juge, si tu le souhaites,
Des directions de mon chemin d’errances,
Des chansons de silence et des prières muettes,
Pétales des roses des joies, et ronces des souffrances…
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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Jeu 8 Avr - 16:52

Le chemin serpente
Sur un fleuve ivoire
Comme une danse démente
D’un bien fol espoir

Les étoiles s’appellent
Sur sa surface lisse
Sur une étincelle
L’oeil du dragon glisse

Le chemin m’enlace
Me serre en nœud coulant
De promesses fugaces
De griffes de diamants

Les aurores boréales
Dansent devant mon cœur
Et leur éclat fait mal
Comme une pluie de pleurs

Je revois les Cavernes
Comme dans un souvenir
Et la caverne de Terne
Brille de mille feux saphir

Et dans les ombres denses
Je serre contre mon cœur
L’instant de sa présence
Comme l’instant d’un bonheur

Et mon âme s’envole
Sur les ailes de la nuit
Vers les étoiles frivoles
Vers la Lune qui luit

Et je chuchote son nom
Et je guette ses pas
Rares moments d’abandon
Qui me prend dans ses bras

Assez rêver ! La route
M’appelle me mène en laisse
Avec son lot de doutes
Son cortège de promesses

Les étoiles s’étiolent
En feux d’artifices
Nuées de lucioles
Sur une flamme qui crisse

Et le chemin serpente
Comme une larme étalée
Ombre et lumière en pente
De mon étoile écartelée
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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Jeu 8 Avr - 19:42

cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers

recevez en cette instant, pour l'inspiration que vous avez pu suciter, la plume d'ombre & d'or ...
cet unique atour artefacté, ne manquera pas d'accompagner vos longue inspirations de roses et de ronces !

avec toute nos félicitations

le cercle des poètes

cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers
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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Jeu 8 Avr - 20:25

(ben en fait les deux derniers textes que j'ai posté aujourd'hui, je les ai ecrit avant la derniere partie Embarassed )

c'est quoi cette plume d'ombre et d'or ? y a besoin d'encre special ?

Suspect

(merci à olivier surtout pour ses impressions couleur ! comme ça, ça fait un jooooooli carnet )

(et moi, ça permet de renouer avec un "pecher" de jeunesse : la versification

Rolling Eyes )
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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Ven 9 Avr - 1:14

"la plume d'ombre et d'or" est une plume portée par l'inspiration et les déchirures, tout ce qui est suscité par elle peut prendre une forme sublimé dans le récit de la grande trame ...
suivant la saveur des vers , du contes ou de la chanson, il importe de choisir l'encre sublimée approprié ...
La plume a le pouvoir de donner sa chance au jeune conteur, ainsi, il est possible qu'un conteur "apocryphe",
étranger, ou non initié puisse susciter des chose par son inspiration ou ses déchirures ... cependant la plume a un sens critique, elle est capricieuse et peut en faire a sa tête, voir même se retourner contre son porteur si elle n'apprécie pas ce qu'elle suscite .
on murmure que cette plume serai apparu dans les mains d'un maitre du conte casanier, qui par fainéantise l'aurai susciter pour porter ces récit a sa place ... la plume entêté aurai pris congés rapidement de son maitre pour chercher en vain la main qui lui correspondrai ...
et de main en main , de roi a paysans, de jeune a ancien, de dragon a lutin, la plume voyagea ... pour arriver a Jezabel

suivant les récit ou les poème il incombe d'utiliser une encre adéquate : ( les encres sublimés, peuvent venir de créatures, de métaux, de végétaux ... la pureté indique l'effet )

récit épique de guerre : encre d'ichore
récit d'horreur indicible : encre des trefond obscure
récit de voyage infini : encre bleu des 7 joyaux
récit de rapine de haut vol : encre sympatique
récit de trahison : encre dévoyé ou encre courbée
fable humoristique : encre du délire
partition d'un requiem : encre d'étoile moirée

etc etc etc ...


ex de la langue de la plume

rature : déchirure
annotation : clarté
enluminure : invitation
nouveau chapitre : ittinerance

....
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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Ven 9 Avr - 12:41

phylactere : PLUME D'OMBRE & D'OR

si j'ai bien compris, y a comme un effet de tissage dedans ?

à condition d'ecrire un texte de conte, ou en vers, une chanson etc ....

un conteur "apocryphe", étranger, ou non initié puisse susciter des chose par son inspiration ou ses déchirures ...
donc on peut utiliser ce phylactere avec sa rose de lumiere ou bien avec ses ronces (cool quand on est en spleen ou en necrose d'etincelle)

a plume a un sens critique, elle est capricieuse et peut en faire a sa tête, voir même se retourner contre son porteur si elle n'apprécie pas ce qu'elle suscite
ça c'est cool ! un phylactere caracteriel cheers

en fait, Jezabel est Disciple d'un Disciple de Nestor ( Rolling Eyes ), ne fait partie de l'Instrumentalité, mais est une sorte de Conteur" freelance independant" cat


****

ex de la langue de la plume
rature : déchirure
annotation : clarté
enluminure : invitation
nouveau chapitre : ittinerance


pas trop compris ....
Embarassed
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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Ven 9 Avr - 16:35

le language de la plume, c'est des exemple d'utilisation ...
c'est ouvert au dix aspect, mais uniquement axé sur ce qui est écrit,chanté,déclamé ...
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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Ven 9 Avr - 17:25

Aegis a écrit:
le language de la plume, c'est des exemple d'utilisation ...
c'est ouvert au dix aspect, mais uniquement axé sur ce qui est écrit,chanté,déclamé ...

tjrs pas capté scratch

un bonus pour les divers utilisations du portail ????

ben en fait, je prefererais un plume-phylactere avec un effet de tissage dedans ! c'est plus simple à utiliser, je crois...... et en plus, si l'effet marche quand tu dessines un truc (effet calligraphie mystique) c'est encore plus cool !

par exemple : tu ecris un poeme sur un chat (ou tu dessines un chat ) et ...... il y a un chat qui apparait devant toi ! cat
ou bien
"qui sssssont ssssces ssssserpents qui sssssiflent ssssur nos tetes?" et là, tu as un brushing-viperes du premier choix ! (ou bien, si tu es seraphine-like, t'es entouté d'une bande de celeucides tres prevenants !)

à voir avec olivier !
study
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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Ven 9 Avr - 20:23

bravo Mika, une très belle inspi et un cadeau somptueux pour Jezabel

Je propose de limiter les pouvoirs de la plume au tissage comme proposé par Jenny

Allez bon concert pour ce soir



cheers cheers cheers
cheers cheers cheers
cheers cheers cheers
cheers cheers cheers
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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Jeu 15 Avr - 18:53

Perles de sève
Gouttes de rêves
Le long de la lame

L’arbre mourant
Ploie en chantant
Le Requiem d’âme

Lumière pure
Bat la mesure
Du sang dans les tempes

Vers la Fontaine
Folie certaine
A genoux je rampe

Toute étourdie
Du Paradis
Source du Phénix

Joie écrasante
Comme le vit Dante
En sa Béatrix

Tes yeux d’émeraude
Me montrent en fraude
L’étoile d’espérance

Si je pouvais
Si fort rêver
Embrasser l’errance

Fuir avec toi
Franchir l’éclat
Lumière en ton regard

Tenant ta main
Vers un demain
De rêve et d’espoir

Te suis-je une chaîne
Entrave ou peine
A l’élan de ton cœur

Rester ? Partir ?
Volutes saphir ?
Ou l’appel de l’ailleurs ?

Si tu n’es plus
Douleur aigue
Aurai-je la force de vivre

Ou m’assoupir
En souvenirs
En Louve à jamais libre


Dernière édition par JEZABEL le Jeu 15 Avr - 18:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Jeu 15 Avr - 18:58

La sève coule comme le sang couleur ambre
Comme les larmes en gouttelettes sur un Arbre
Comme les notes au son d’un Requiem
Pluie d’étoiles en pétales Chrysanthème


Sur la Hache sur la lame la sève coule
L’Arbre meurt tel un mat qui s’écroule
Telle une âme qui s’envole dans la nuit
Vers le chant des Etoiles infini


Sur mes mains la sève glisse et je guette
Son marquage telle une Lady Macbeth
La mort n’est pas la fin du murmure
De la vie et je serre la bouture
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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Jeu 29 Avr - 16:24

Pour faire mon ayatolla de versification What a Face



http://fr.wikipedia.org/wiki/Vers


Comment dire les vers français ? [modifier]

Dire les vers est un art pour lequel il n'existe aucune règle absolue, valable indépendamment de la position esthétique adoptée. Les uns veulent « casser le vers » et s'ingénient à faire oublier ses régularités métriques, comme s'ils voulaient qu'on n'entende que de la prose. D'autres[2] défendent un jeu restreint de règles de diction, qu'ils voudraient voir justifiées par on ne sait trop quelles « lois de la langue française ». D'autres encore[3] proposent d'asseoir la diction poétique sur une étude de son histoire et de lui appliquer, en somme, l'approche « historiquement informée » qu'ont largement adoptée les interprètes de la musique ancienne. On est donc aujourd'hui très loin des dogmes véhiculés par les traités de déclamation du XIXe siècle.

Une diction « neutre » du vers français est-elle possible ? Peut-être, mais à condition de renoncer au préalable à toute prétention esthétique et à tout souci d'exactitude historique. Ce qu'on peut proposer alors, c'est une diction « scolaire » des vers syllabiques français, qui se borne à en rendre perceptibles les régularités métriques, à l'image de ce qu'il est convenu d'appeler la scansion pour les vers gréco-latins. Sans aucune valeur artistique, elle peut constituer un point de départ dans l'apprentissage de la déclamation, quitte à être modifiée et adaptée en fonction de la position esthétique choisie.

Une telle diction devrait au minimum se conformer aux règles suivantes :

* Faire entendre de manière distincte toutes les syllabes numéraires du vers, quitte à s'écarter de l'usage courant,
o en élidant tous les e féminins finaux devant voyelle initiale,
o en prononçant tous les e féminins non élidés,
o en respectant la pratique du poète en termes de de diérèse ([lijɔ̃] pour lion) et de synérèse ([sɑ̃glje]pour sanglier).
o en faisant des liaisons qui seraient « interdites » en prose, chaque fois qu'une voyelle initiale succède à une consonne finale,
* Distinguer les vers féminins des vers masculins en faisant entendre légèrement leur syllabe féminine surnuméraire.
* Marquer un repos à la césure et en fin de vers (même en cas d'enjambement ou de rejet).

********************

bon, je dis pas que je respecte tout ça, mais bon !

scratch
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MessageSujet: Re: "DES ROSES ET DES RONCES" , EXTRAITS / ecrits gnostiques   Jeu 29 Avr - 16:31

De profundis j’appelle à vous,
Etoile que j’aime tant :
Amers cauchemars et songes doux
S’entremêlent en chantant…

J’ai tant à perdre ou à gagner
Si mon âme quitte mon corps,
En demeurant seul et dernier
De ceux qui dansent encore.

Un pari fou et bien osé
Lie mes espoir et chance
A la Lumière stabilisée
Et aux Ténèbres denses :

Ma liberté leur est mortier,
Comme le sang de mes frères,
Pris en tenaille et sans pitié
Versé dans la lumière ;

Ma liberté leur est ciment
Ma folie, ma confiance.
De leurs épées coule notre sang
Mon cœur implore vengeance.

Si l’ancienne ère pouvait faillir
Dans sa stabilité,
Et si les haines pouvaient faiblir
Face à l’immensité

Des mille traverses et mille chemins
Foulées par nos mille pieds.
Royaume hier, poussière demain
De nos mondes sacrifiés,

Anéantis de par le nom
Du Grand Dharma cosmique.
Les étoiles pleurent à l’unisson
La mort de ces reliques

Que sont nos Arbres, et nos Navires,
Que sont nos âmes, nos cœurs,
Quand ils s’écroulent et ils chavirent
Sur la Rivière en pleurs.

Pourtant je veux croire et me battre
Même si j’en dois mourir.
Nous étions neuf Décans, et quatre
Ne sont que ruines ou pire :

Lorsque le Verbe fut écrit,
Et le Conte enchaîné,
Le Grand Canevas ainsi trahi
Rappela ses conteur-nés ;

Puis quand le lait des Béhémots
N’étancha plus l’envie,
La jalousie fut soif et faute,
Le rêve devint l’oubli ;

La Louve saphir fut enfermée,
Sa Clairière interdite,
Ses assassins abandonnés
Aux masque hétéroclites.

Et quand, autour de l’Arbre en fleurs,
Les milles étoiles chantaient,
La Hache s’abattit en plein cœur
En note ensanglantée,

Célébration devint sanglot,
Chant, qui gonfla nos voiles.
Et nos larmes coulaient comme l’eau
Dans la Rivière d’Etoiles…

Plus jamais ça ! Cette agonie
Hurle encore à mes tempes
Sa Lumière dense et, ironie,
Ses Ténèbres qui rampent.

Je veux revivre et rebâtir,
Retrouver, replanter,
Sur les dépouilles de nos martyrs
Nos Arbres enchantés ;

Refaire couler les flots d’Ivoire ;
Re-liberer le Verbe ;
Croiser les yeux d’un Loup : regard
Saphiréen, superbe…

C’est ce que mon cœur me commande
Et me supplie sans cesse.
C’est aux étoiles faire l’offrande
D’espoir, comme une promesse…

Eparpiller ses cendres au vent,
Quand il tendra nos voiles
Vers notre Terre, toujours devant,
Guidés au Phare-Etoile.

***

Elda Elemmirë Lilthaël nedh Annui Rhunenyë

*****************************************************
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