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 un peu de littérature ....

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Carmen Miranda

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MessageSujet: un peu de littérature ....   Mar 22 Juin - 19:36

une perspective quelque peu romantique de la Voie de la Mort de Kult

(ou Lucie qui a le coup de cafard blues)


*********************
*********************

Théophile GAUTIER (1811-1872)


****************************


* * *

La spirale sans fin dans le vide s'enfonce ;
Tout autour, n'attendant qu'une fausse réponse
Pour vous pomper le sang,
Sur leurs grands piédestaux semés d'hiéroglyphes,
Des sphinx aux seins pointus, aux doigts armés de griffes,
Roulent leur oeil luisant.

En passant devant eux, à chaque pas l'on cogne
Des os demi-rongés, des restes de charogne,
Des crânes sonnant creux.
On voit de chaque trou sortir des jambes raides ;
Des apparitions monstrueusement laides
Fendent l'air ténébreux.

C'est ici que l'énigme est encor sans Oedipe,
Et qu'on attend toujours le rayon qui dissipe
L'antique obscurité.
C'est ici que la mort propose son problème,
Et que le voyageur, devant sa face blême,
Recule épouvanté.

Ah ! Que de nobles coeurs et que d'âmes choisies,
Vainement, à travers toutes les poésies,
Toutes les passions,
Ont poursuivi le mot de la page fatale,
Dont les os gisent là sans pierre sépulcrale
Et sans inscriptions !

Combien, dons juans obscurs, ont leurs listes remplies
Et qui cherchent encor ! Que de lèvres pâlies
Sous les plus doux baisers,
Et qui n'ont jamais pu se joindre à leur chimère !
Que de désirs au ciel sont remontés de terre
Toujours inapaisés !

Il est des écoliers qui voudraient tout connaître,
Et qui ne trouvent pas pour valet et pour maître
De Méphistophélès.
Dans les greniers, il est des Faust sans Marguerite,
Dont l'enfer ne veut pas et que Dieu déshérite ;
Tous ceux-là, plaignez-les !

Car ils souffrent un mal, hélas ! Inguérissable ;
Ils mêlent une larme à chaque grain de sable
Que le temps laisse choir.
Leur coeur, comme une orfraie au fond d'une ruine,
Râle piteusement dans leur maigre poitrine
L'hymne du désespoir.

Leur vie est comme un bois à la fin de l'automne,
Chaque souffle qui passe arrache à leur couronne
Quelque reste de vert,
Et leurs rêves en pleurs s'en vont fendant les nues,
Silencieux, pareils à des files de grues
Quand approche l'hiver.

Leurs tourments ne sont point redits par le poëte
Martyrs de la pensée, ils n'ont pas sur leur tête
L'auréole qui luit ;
Par les chemins du monde ils marchent sans cortège,
Et sur le sol glacé tombent comme la neige
Qui descend dans la nuit.

******************************

La mort est multiforme...

La mort est multiforme, elle change de masque
Et d'habit plus souvent qu'une actrice fantasque ;
Elle sait se farder,
Et ce n'est pas toujours cette maigre carcasse,
Qui vous montre les dents et vous fait la grimace
Horrible à regarder.

Ses sujets ne sont pas tous dans le cimetière,
Ils ne dorment pas tous sur des chevets de pierre
À l'ombre des arceaux ;
Tous ne sont pas vêtus de la pâle livrée,
Et la porte sur tous n'est pas encor murée
Dans la nuit des caveaux.

Il est des trépassés de diverse nature :
Aux uns la puanteur avec la pourriture,
Le palpable néant,
L'horreur et le dégoût, l'ombre profonde et noire
Et le cercueil avide entr'ouvrant sa mâchoire
Comme un monstre béant ;

Aux autres, que l'on voit sans qu'on s'en épouvante
Passer et repasser dans la cité vivante
Sous leur linceul de chair,
L'invisible néant, la mort intérieure
Que personne ne sait, que personne ne pleure,
Même votre plus cher.

Car, lorsque l'on s'en va dans les villes funèbres
Visiter les tombeaux inconnus ou célèbres,
De marbre ou de gazon ;
Qu'on ait ou qu'on n'ait pas quelque paupière amie
Sous l'ombrage des ifs à jamais endormie,
Qu'on soit en pleurs ou non,

On dit : ceux-là sont morts. La mousse étend son voile
Sur leurs noms effacés ; le ver file sa toile
Dans le trou de leurs yeux ;
Leurs cheveux ont percé les planches de la bière ;
À côté de leurs os, leur chair tombe en poussière
Sur les os des aïeux.

Leurs héritiers, le soir, n'ont plus peur qu'ils reviennent ;
C'est à peine à présent si leurs chiens s'en souviennent,
Enfumés et poudreux,
Leurs portraits adorés traînent dans les boutiques ;
Leurs jaloux d'autrefois font leurs panégyriques ;
Tout est fini pour eux.

L'ange de la douleur, sur leur tombe en prière,
Est seul à les pleurer dans ses larmes de pierre,
Comme le ver leur corps,
L'oubli ronge leur nom avec sa lime sourde ;
Ils ont pour drap de lit six pieds de terre lourde.
Ils sont morts, et bien morts !

Et peut-être une larme, à votre âme échappée,
Sur leur cendre, de pluie et de neige trempée,
Filtre insensiblement,
Qui les va réjouir dans leur triste demeure ;
Et leur coeur desséché, comprenant qu'on les pleure,
Retrouve un battement.

Mais personne ne dit, voyant un mort de l'âme :
Paix et repos sur toi ! L'on refuse à la lame
Ce qu'on donne au fourreau ;
L'on pleure le cadavre et l'on panse la plaie,
L'âme se brise et meurt sans que nul s'en effraie
Et lui dresse un tombeau.

Et cependant il est d'horribles agonies
Qu'on ne saura jamais ; des douleurs infinies
Que l'on n'aperçoit pas.
Il est plus d'une croix au calvaire de l'âme
Sans l'auréole d'or, et sans la blanche femme
Échevelée au bas.

Toute âme est un sépulcre où gisent mille choses ;
Des cadavres hideux dans des figures roses
Dorment ensevelis.
On retrouve toujours les larmes sous le rire,
Les morts sous les vivants, et l'homme est à vrai dire
Une nécropolis.

Les tombeaux déterrés des vieilles cités mortes,
Les chambres et les puits de la Thèbe aux cent portes
Ne sont pas si peuplés ;
On n'y rencontre pas de plus affreux squelettes.
Un plus vaste fouillis d'ossements et de têtes
Aux ruines mêlés.

L'on en voit qui n'ont pas d'épitaphe à leurs tombes,
Et de leurs trépassés font comme aux catacombes
Un grand entassement ;
Dont le coeur est un champ uni, sans croix ni pierres,
Et que l'aveugle mort de diverses poussières
Remplit confusément.

D'autres, moins oublieux, ont des caves funèbres
Où sont rangés leurs morts, comme celles des guèbres
Ou des égyptiens ;
Tout autour de leur coeur sont debout les momies,
Et l'on y reconnaît les figures blémies
De leurs amours anciens.

Dans un pur souvenir chastement embaumée
Ils gardent au fond d'eux l'âme qu'ils ont aimée ;
Triste et charmant trésor !
La mort habite en eux au milieu de la vie ;
Ils s'en vont poursuivant la chère ombre ravie
Qui leur sourit encor.

Où ne trouve-t-on pas, en fouillant, un squelette ?
Quel foyer réunit la famille complète
En cercle chaque soir ?
Et quel seuil, si riant et si beau qu'il puisse être,
Pour ne pas revenir n'a vu sortir le maître
Avec un manteau noir ?

Cette petite fleur, qui, toute réjouie,
Fait baiser au soleil sa bouche épanouie,
Est fille de la mort.
En plongeant sous le sol, peut-être sa racine
Dans quelque cendre chère a pris l'odeur divine
Qui vous charme si fort.

Ô fiancés d'hier, encore amants, l'alcôve
Où nichent vos amours, à quelque vieillard chauve
A servi comme à vous ;
Avant vos doux soupirs elle a redit son râle,
Et son souvenir mêle une odeur sépulcrale
À vos parfums d'époux !

Où donc poser le pied qu'on ne foule une tombe ?
Ah ! Lorsque l'on prendrait son aile à la colombe,
Ses pieds au daim léger ;
Qu'on irait demander au poisson sa nageoire,
On trouvera partout l'hôtesse blanche et noire
Prête à vous héberger.

Cessez donc, cessez donc, ô vous, les jeunes mères
Berçant vos fils aux bras des riantes chimères,
De leur rêver un sort ;
Filez-leur un suaire avec le lin des langes.
Vos fils, fussent-ils purs et beaux comme les anges,
Sont condamnés à mort !
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Carmen Miranda

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MessageSujet: Re: un peu de littérature ....   Mar 22 Juin - 19:38

LE SPECTRE DE LA ROSE.


Soulève ta paupière close
Qu'effleure un songe virginal,
Je suis le spectre d'une rose
Que tu portais hier au bal.
Tu me pris encore emperlée
Des pleurs d'argent de l'arrosoir,
Et parmi la fête étoilée
Tu me promenas tout le soir.

O toi, qui de ma mort fus cause,
Sans que tu puisses le chasser,
Toutes les nuits mon spectre rose
A ton chevet viendra danser:
Mais ne crains rien, je ne réclame
Ni messe ni De Profundis;
Ce léger parfum est mon âme,
Et j'arrive du paradis.

Mon destin fut digne d'envie;
Pour avoir un trépas si beau,
Plus d'un aurait donné sa vie,
Car j'ai ta gorge pour tombeau,
Et sur l'albâtre où je repose
Un poëte, avec un baiser,
Écrivit: Ci-gît une rose
Que tous les rois vont jalouser.

toujours Théophile GAUTIER
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MessageSujet: Re: un peu de littérature ....   Jeu 24 Juin - 15:49

hommage à celui qui vous inspire la haine (à Zach) et l'horreur : Aleister Crowley
et sinon, biographie

flower

*********************************************

The Rose and the Cross

Out of the seething cauldron of my woes,
Where sweets and salt and bitterness I flung;
Where charmed music gathered from my tongue,
And where I chained strange archipelagoes
Of fallen stars; where fiery passion flows
A curious bitumen; where among
The glowing medley moved the tune unsung
Of perfect love: thence grew the Mystic Rose.

Its myriad petals of divided light;
Its leaves of the most radiant emerald;
Its heart of fire like rubies. At the sight
I lifted up my heart to God and called:
How shall I pluck this dream of my desire?
And lo! there shaped itself the Cross of Fire!

Aleister Crowley
*******************************

Au Bal

A vision of flushed faces, shining limbs,
The madness of the music that entrances
All life in its delirium of dances!
The white world glitters in the void, and swims
Through the infinite seas of transcendental trances.
Yea! all the hoarded seed of all my fancies
Bursts in a shower of suns! The wine-cup brims
And bubbles over; I drink deep hymns
Of sorceries, of spells, of necromancies;
And all my spirit shudders; dew bedims
My sight -these girls and their alluring glances!
Their eyes that burn like dawn's lascivious lances
Walking all earth to love -to love! Life skims
The cream of joy. If God could see what man sees,
(Intoxicating Nellies, Mauds and Nances!)
I see Him leave the sapphrine expanses,
The choir serene and the celestial air
To swoon into their sacramental hair!

Aleister Crowley
**********************

Lyric of Love to Leah

Come, my darling, let us dance
To the moon that beckons us
To dissolve our love in trance
Heedless of the hideous
Heat & hate of Sirius-
Shun his baneful brilliance!

Let us dance beneath the palm
Moving in the moonlight, frond
Wooing frond above the calm
Of the ocean diamond
Sparkling to the sky beyond
The enchantment of our psalm.

Let us dance, my mirror of
Perfect passion won to peace,
Let us dance, my treasure trove,
On the marble terraces
Carven in pallid embroeideries
For the vestal veil of Love.

Heaven awakes to encompass us,
Hell awakes its jubilance
In our hearts mysterious
Marriage of the azure expanse,
With the scarlet brilliance
Of the Moon with Sirius.

Velvet swatches our lissome limbs
Languid lapped by sky & sea
Soul through sense & spirit swims
Through the pregnant porphyry
Dome of lapiz-lazuli:-
Heart of silence, hush our hymns.

Come my darling; let us dance
Through the golden galaxies
Rythmic swell of circumstance
Beaming passion’s argosies:
Ecstacy entwined with ease,
Terrene joy transcending trance!

Thou my scarlet concubine
Draining heart’s blood to the lees
To empurple those divine
Lips with living luxuries
Life importunate to appease
Drought insatiable of wine!

Tunis in the tremendous trance
Rests from day’s incestuous
Traffic with the radiance
Of her sire-& over us
Gleams the intoxicating glance
Of the Moon & Sirius.

Take the ardour of my impearled
Essence that my shoulders seek
To intensify the curled
Candour of the eyes oblique,
Eyes that see the seraphic sleek
Lust bewitch the wanton world.

Come, my love, my dove, & pour
From thy cup the serpent wine
Brimmed & breathless -secret store
Of my crimson concubine
Surfeit spirit in the shrine-
Devil -Godess -Virgin -Whore.

Afric sands ensorcel us,
Afric seas & skies entrance
Velvet, lewd & luminous
Night surveys our soul askance!
Come my love, & let us dance
To the Moon and Sirius!

Aleister Crowley
************************

The Pentagram


In the Years of the Primal Course, in the dawn of terrestrial birth,
Man mastered the mammoth and horse, and Man was the Lord of the Earth.

He made him an hollow skin from the heart of an holy tree,
He compassed the earth therien, and Man was the Lord of the Sea.

He controlled the vigour of steam, he harnessed the lightning for hire;
He drove the celestial team, and man was the Lord of the Fire.

Deep-mouthed from their thrones deep-seated, the choirs of the æeons declare
The last of the demons defeated, for Man is the Lord of the Air.

Arise, O Man, in thy strength! the kingdom is thine to inherit,
Till the high gods witness at lenght that Man is the Lord of his spirit.

Aleister Crowley



A l'Epoque de l'Ordre Primitif, à l'aube de la genèse terrestre,
L'Homme maîtrisa cheval et mammouth ; et l'Homme devint Seigneur de la Terre.

Du cœur d'un arbre sacré il se fit une enveloppe creuse ;
A l'aide de laquelle il aborda tout rivage, et l'Homme devint Seigneur de la Mer.

Il dompta la vapeur, prit la foudre à son service ;
Il pilota l'attelage céleste ; et l'Homme devint Seigneur du Feu.

Déclamant avec gravité depuis leurs trônes profondément ancrés, les chœurs des éons annoncent
La victoire sur le dernier des démons, car l'Homme est désormais Seigneur de l'Air.

Surgis, ô Homme, en ta force! du royaume dois-tu hériter,
Qu'enfin les dieux fiers reconnaissent l'Homme Seigneur de son esprit.

________________________________________


THE PENTAGRAM, extrait de "THUMBS UP!" (auto-édition, Londres, 1941).
Traduction : Philippe Pissier, 1994.


****************************************

The Quest

A part, immutable, unseen,
Being, before itself had been,
Became. Like dew a triple queen
Shone as the void uncovered:
The silence of deep height was drawn
A veil across the silver dawn
On holy wings that hovered.

The music of three thoughts became
The beauty, that is one white flame,
The justice that surpasses shame,
The victory, the splendour,
The sacred fountain that is whirled
From depths beyond that older world
A new world to engender.

The kingdom is extended. Night
Dwells, and I contemplate the sight
That is not seeing, but the light
That secretly is kindled,
Though oft-time its most holy fire
Lacks oil, whene'er my own Desire
Before desire has dwindled.

I see the thin web binding me
With thirteen cords of unity
Toward the calm centre of the sea.
(O thou supernal mother!)
The triple light my path divides
To twain and fifty sudden sides
Each perfect as each other.

Now backwards, inwards still my mind
Must track the intangible and blind,
And seeking, shall securely find
Hidden in secret places
Fresh feasts for every soul that strives,
New life for many mystic lives,
And strange new forms and faces.

My mind still searches, and attains
By many days and many pains
To That which Is and Was and reigns
Shadowed in four and ten;
And loses self in sacred lands,
And cries and quickens, and understands
Beyond the first Amen.

Aleister Crowley
*********************************

Long Odds

How many million galaxies there are
Who knows? and each has countless stars in it,
And each rolls through eternities afar
Beneath the threshold of the Infinite.

How is it that will all that space to roam
I should have found this mote that spins and leaps
In what unutterable sunlight, foam
Of what unfathomable starry deeps

Who knows!? And how this thousand million souls
And half a thousand million souls of earth
That swarm, all bound for unimagined goals,
All pioneers of death enrolled at birth,

How were they swept away before my sight,
That I might stand upon the single prick
Of infinite space and time as infinite,
Who knows? Yet here I stand, climacteric,

Having found you. Was it by fall of chance?
Then what a stake against what odds I have won!
Was it determined in God's ordinance?
Then wondrous love and pity for His son!

Or was it part of an eternal law?
Then how ineffably beneficent!
Each thought excites an ecstasy of awe,
A rapture rending the mind's firmament.

Infinity -yet you and I have met.
Eternity -yet hand in hand we run.
All odds that I should lose you or forget,
But, soul and spirit and body, we are one.

Is this the child of Chance, or Law, or Will?
Is None or All or One to thank for this?
It will not matter if thanksgiving fill
The endless empyrean with a kiss.

Aleister Crowley

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MessageSujet: Re: un peu de littérature ....   Jeu 24 Juin - 17:33

ATTENTION !
le contenu du texte qui suit pourrait choquer !
ce texte s'adresse à un public majeur et averti !
ce texte est publié ici dans le cadre de la chronique du jeu de roles KULT.


***********************************

VOLUPTE


Clitoridette, m'amourette,
Ôte ta jolie robe d'or,
Tes roses bas, chemise nette,
Et découvre pour moi le con,
Le con que j'aime, aux cheveux noirs,
Le cul où tu m'admets ce soir,
Les seins je baise, que j'adore,
Tous les secrets de ton boudoir.

Viens a moi, qui, raide, couche,
Attendant tes désirs lubriques;
Tu suces et couvres dans la bouche
De l'amour le pouce phallique;
Je tremble, en mourant avec feu,
Voyant la clarté de tes yeux,
Leur flamme méchante, saphique,
Brûlant en langueur amoureux.

Laisse mon épée affaiblie,
Donne à mes baisere la vagine
D'où je suc'rai de l'eau-de-lys,
Et te ferai comme divine.
La langue qui cherche tes reins,
Les genoux qui pressent tes seins,
Te feraient déesse, ma mine,
Je mordrai, et tu cries en vain.

Alors, de nouvelle énergie,
Je jette entre tes jolies cuisses,
Dedans ton cul, ce fleur-de-lys,
Long, gros, et ardent. Ça, il glisse
En haut, en bas. La passion croît
Fiévreux, furieux, pour toi!
Vient, la crise du délice!....
Ah, je suis mort!.... Embrasse-moi!!

Aleister Crowley
________________________________________

Texte, rédigé en français, extrait de "White Stains" (Amsterdam, 1898).
Traduction : Philippe Pissier


*****************************************

DIEU LIBRE ET LIBERTIN



I

Dieu libre et libertin, sacrifice et hommage;
De ma virginité recevez les louanges!
Votre empire triomphe sur mon pucelage,
Paradis de la boue, empire de la fange!


II

Chez vous les crimes infâmes ne sont que des blagues;
Chez vous, mon Dieu, les dieux ne sont que des idées.
Frappez votre esclave! Ah! le sang qui coule en vagues
La comblera de joie, éventrée et pâmée.
Chez vous les crimes infâmes ne sont que des blagues.


III

Satyre se moquant des femmes légitimes,
La mort est une blague, et l'amour trop comique.
Vous êtes un dieu! pour vous les seules choses intimes,
Dieu qui m'a baisé tant! sont les choses cosmiques.
Satyre se moquant des femmes légitimes.


IV

Dieu qui m'a baisé tant! Baisez-moi donc encore!
Vous m'avez rendu ma chère virginité.
C'est pourquoi follement sous vous, ah! je me tords
Eros inconnu, masque illisible et doré!
Dieu qui m'a baisé tant! Baisez-moi donc encore!


V

Vous qui vous dressez sur l'abîme de l'enfer,
Vous dont les plumes gravissent le haut des cieux,
A moi la bouche d'or, à moi le v.. de fer!
A l'âme, au corps! Je suis la déesse des dieux -
Et je me dresse sur l'abîme de l'enfer.


Aleister Crowley
________________________________________

Texte, rédigé en français, ouvrant le recueil "Clouds without Water" (Londres, 1909).
Traduction : Philippe Pissier

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MessageSujet: Re: un peu de littérature ....   Mar 29 Juin - 10:45

La divinité de l'homme

Conte hindou, source : http://contes-et-histoires-zen.blogspot.com/2009/12/la-divinite-de-lhomme.html


Il y a longtemps, très longtemps, très très très longtemps, tous les hommes étaient des dieux. Mais les hommes étant ce qu'ils sont, à cette époque lointaine, ils abusèrent de leur divinité. A un point tel que le suprême Brahma décida sagement de leur enlever leur pouvoir divin et de le cacher dans un endroit où ils ne pourraient jamais le retrouver. Brahma chercha donc la cachette idéale.

Brahma convoqua Vishnu et Siva... et d'autres dieux encore pour former un conseil divin pour l'aider à trouver la cachette idéale.

"Cachons la divinité de l'homme au sommet de la plus haute montagne" proposèrent certains d'entre eux.

Brahma, dans sa sagesse, leur répondit "Non, c'est insuffisant car, un jour, l'homme escaladera la plus haute montagne".

"Alors enterrons la divinité de l'homme au centre de la terre" continuèrent les dieux conseillers.

Brahma, dans sa sagesse, leur répondit "Non, c'est insuffisant car, un jour, l'homme creusera la terre, explorera les grottes et les souterrains et retrouvera sa divinité."

Les dieux se mirent à réfléchir et à réfléchir.

"Alors, cachons la divinité de l'homme aux fonds des océans".

De nouveau, Brahma leur rétorqua calmement "Non, c'est insuffisant car, un jour, l'homme explorera le fond des océans et retrouvera sa divinité".

"Alors, cachons la divinité de l'homme sur une autre planète !"

Brahma ne trouva pas l'idée géniale "Non, c'est insuffisant car, un jour, l'homme marchera sur la Lune, enverra des sondes sur Mars, explorera les confins de l'univers et retrouvera forcément sa divinité".

Les dieux durent admettre que le problème était de taille. "Il ne semble pas exister d'endroit qui convienne... Que faire ?"

Brahma réfléchit un long moment et déclara "Voici ce que nous allons faire: nous cacherons la divinité de l'homme dans le seul endroit où il ne songera jamais explorer. Nous la placerons au plus profond de lui-même".

Les dieux approuvèrent ce choix judicieux. La solution trouvée, les dieux quittèrent l'assemblée et retournèrent vaquer à leurs occupations divines et célestes.

Effectivement, depuis ce temps lointain, l'homme n'a jamais cessé d'explorer. Il a fait le tour de la terre, il a exploré toutes les grottes et a étudié tous les volcans, il a creusé la terre pour y trouver ses richesses, il a gravi les plus hauts sommets, il a exploré les abîmes océaniques les plus profonds... il a même marché sur la Lune, a envoyé des sondes sur d'autres planètes, a exploré les confins de l'univers à la recherche de réponses, n'y trouvant que d'autres questions sur son Origine.

L'homme s'est donné bien du mal à tout explorer... alors qu'il lui suffisait de regarder à l'intérieur de lui-même.



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MessageSujet: Re: un peu de littérature ....   Jeu 8 Juil - 19:23

sur l'Illusion :

La bannière et le vent

Par un bel après-midi, un maître Zen rentre de promenade. Le temps est délicieux, ni chaud, ni froid, un temps d'équilibre et de grâce auquel l' âme spontanément s'accorde. Une légère brise souffle et, en arrivant face au portail du monastère, le maître constate que la bannière à l'effigie du Bouddha flotte doucement au vent. Deux jeunes novices sont plantés devant.

"C'est la bannière qui bouge !

- Non c'est le vent !

- Selon la bonne doctrine, ce qui importe, c'est ce que nous voyons devant nous maintenant. Et c'est la bannière, et elle bouge !

-Pas du tout, ta vision est erronée, car l'agitation de la bannière n'est que la conséquence du vent, c'est lui la cause première, la réalité au-delà de l'apparence.

-Mais l'existence du vent est une hypothèse !

- La bannière ne bouge pas sans motif, sa réalité est constitutive du vent !

-Pure spéculation !

-Évidence !

-Non, pas du tout !

-Mais, si ...!""

Les deux moines s'échauffent, ce qui n'était qu'une conversation aimable devient une dispute, une bataille. Peu s'en faut qu'ils n'en viennent aux mains. C'est alors qu'ils aperçoivent le maître du temple qui les regarde impassible. Un peu confus, ils se tournent vers lui: "Maître, est-ce la bannière qui bouge, est-ce le vent ?

-Ce n'est pas la bannière, ce n'est pas le vent, c'est votre esprit qui bouge."



Extrait de Nouveaux Contes Zen

(Henri Brunel)
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MessageSujet: Re: un peu de littérature ....   Jeu 8 Juil - 19:39

quand on dit que la mort n'est pas la fin ! croyez en les conjurateurs de cette voie !

le nuage et la dune

On sait que la vie des nuages est aussi courte que mouvementée. Or, un jour, un très jeune nuage entreprit sa première cavalcade à travers le ciel en compagnie d'une bande de gros nuages bouffis aux formes étranges.
Quand ils survolèrent l'immense désert du Sahara, les autres nuages, plus expérimentés, l'encourageaient :
" Plus vite, plus vite ! Si tu traînes, tu es perdu ! "

Mais, comme tous les jeunes, le petit nuage était curieux et il se laissa glisser à l'arrière des autres nuages qui, eux, ressemblaient à un troupeau de bisons en pleine galopade.

" Que fais-tu, remue-toi ! " , lui cria le vent.

Mais le petit nuage avait aperçu les dunes de sable doré : un spectacle fascinant. Et il se laissait planer d'un vol de plus en plus léger. Les dunes ressemblaient à des nuages d'or caressés par le vent.
L'une d'elle lui sourit.
"Bonjour ! Je m'appelle Age " .
" Et moi, Une " , répondit la dune.
" Comment vis-tu là-dessous ? "
" Eh bien… avec le soleil et le vent. Il fait un peu chaud, mais on s'y fait ! Et toi, comment vis-tu là-haut ? "
" Avec le soleil et le vent…, et de grandes courses dans le ciel. "
" Ma vie à moi est très courte. Et quand reviendra le vent, je disparaîtrai peut-être. "
" Cela t'ennuie ? " , demanda le nuage.
" Un peu. J'ai l'impression d'être inutile. "
" Moi également. Je me transformerai bientôt en pluie et je tomberai. C'est mon destin. "
La dune hésita un instant et dit : " Sais-tu que la pluie, nous l'appelons Paradis ? "
" Non ! Je ne savais pas que j'étais si important ! " , dit le nuage dans un beau sourire.
"J'ai entendu raconter par quelques vieilles dunes combien la pluie était belle. Nous nous habillons alors de parures qu'on appelle herbe et fleurs. "
" Oui, c'est vrai, je les ai vues " , confirma la nuage.
" Je ne les verrai sans doute jamais " , conclut tristement la dune.
Le nuage réfléchit un moment et ajouta : " Je pourrai te couvrir de pluie… "
" Mais tu en mourrais… "
" Oui, mais toi, tu fleurirais " , dit le nuage. Et il se laissa tomber, se transformant en pluie aux couleurs de l'arc-en-ciel.
Le lendemain, la petite dune était couverte de fleurs.

source : http://petitefleurfragile.skynetblogs.be/category/1372530/1/l%E9gendes
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Carmen Miranda

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MessageSujet: Re: un peu de littérature ....   Jeu 22 Juil - 18:07

special kult !

http://www.livres-et-ebooks.fr/ebooks/Onuphrius,_ou_les_Vexations_fantastiq...-1705/

un ebook gratuit :

theophile gautier,

Onuphrius, ou les Vexations fantastiques d’un admirateur d’Hoffmann


bonne lecture Cool
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MessageSujet: Re: un peu de littérature ....   

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un peu de littérature ....
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