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 Amsar "Samsara" Souadou

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Jezabel Charlotte

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MessageSujet: Re: Amsar "Samsara" Souadou   Jeu 18 Oct - 18:22

Extraits des lettres d’Amsar (à tout un tas de gens… et ici à Jeremiah Ashcroft)

Jeremiah,

Vous pulsiez les raies noires concentriques du pouvoir de la stabilité sombre, tel un enfant du maelstrom d’Azatoth incarné en harmoniste de ténèbres. Vous rayonniez de splendeur dans ce temple de YS le jour de votre intronisation, ou sacre, devrais-je dire.

Vous avez raison. Nul dieu bienveillant. Nulle providence. Nul paradis eternel.

Alors en quoi croyez-vous encore ?

La vérité ne vous aime pas. Ne m’aime pas. Elle n’aime personne. Elle n’est que tourbillon bouillonnant de possibilités éphémères. Alors en quoi choisissez-vous de croire ?

Le monde des Humains est voué à la destruction. Tout comme tout un tas de monde avant lui. Et après lui. Tout ce qui est créé sera détruit un jour. Les lieux et les êtres que nous connaissons et que nous aimons. Les Ashcroft. Les Migos qui vous accompagnent. Moi. Vous…

Pourtant nous vivons encore ; c’est que nous avons choisi de vivre encore quelques instants. Et vous, en vous offrant à YS comme dernière offrande des vôtres, vous avec choisi de retarder votre dévoration par le maelstrom, votre écartèlement à travers les couloirs du temps et de l’espace, votre destruction et votre renaissance.

Savez-vous l’effet que cela fait d’offrir son peuple entier en pâturage ? Demandez-le à ceux qui l’ont fait. Demandez-le à Theresa… Non, je ne l’accuse pas.

Je me demande seulement quel effet cela fait de rester seul survivant. Et le rester pendant des éons, alors que les siens agonisent dans la non-mort et la non-vie depuis des milliers d’années…

Et puis non. Ce n’était qu’une interrogation rhétorique.

C’est comme si nous connaissions déjà la réponse… N’est-ce pas ?

Encore félicitations pour la splendeur du premier des cinq temples et de la cérémonie.

Amsar


PS
Si un soir vous dirigerez le Necromancer au cœur même du maelstrom, alors appelez-moi. Et que les Etoiles nous pardonnent alors.

et peut-être à plus bientôt que cela : j'ai toujours plaisir à discuter avec vous.

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Jezabel Charlotte

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MessageSujet: Re: Amsar "Samsara" Souadou   Jeu 18 Oct - 19:43

Extraits des lettres d’Amsar (à tout un tas de gens…)


* * *

La Reine a lié son cœur à l’Etoile naissante dans le ciel et la Ténèbre fut repoussée de ce monde pendant un cycle qui dura 10 000 ans.

Puis un Messager des Carabans est venu à la Reine. Et suite à leur discussion, la Reine sacrifia son Etoile. Elle l’offrit aux prêtres du Livre Noir. Et alors que la Reine mourait de chagrin, le monde connut 10 cycles de ténèbres, qui durèrent 1 million d’années.

Et ce règne changea le peuple. La nuit recouvrit leurs peaux d’un linceul noir. Leurs yeux devinrent affamés de toute lueur et guettèrent toute luminescence. Leurs légendes et leurs chants devinrent complaintes. Leurs dents, à force de mordre dans la pierre pour étouffer les cris, devinrent pointues.

Puis les prêtres du Necronomicon firent Le Grand Sacrifice : ils offrirent à la Ténèbre le peuple tout entier. Et ce monde devint une Nécropole pour 1 000 cycles. Pour 100 millions d’années…

* * *

Et puis une nuit un vaisseau Migo passa à proximité de cette Nécropole. Et quelques pilleurs de tombes prirent quelques cadavres. Et les mirent en cuves.

Et y mirent des verrous, afin que nul ne se souvienne qui il a été et qui il sera.


* * *

Et avant cela, un peuple fut mené à travers un portail, vers un paradis nouveau, vers la Nouvelle Canaan. Mais un esprit écartelé entre les dimensions et les époques et devenu dieu extérieur gardien et ouvreur de portails que l’on nommait que par ses initiales de croisées de chemins « Y » et d’hélice du temps « S », replia le chemin vers un autre lieu.

Un monde jeune au soleil naissant.

Le peuple Humain dès l’instant où il posa pieds sur ce nouveau monde perdit son humanité. Car il quitta la Terre, son berceau. Et le Soleil, son Etoile.

Ce peuple devint Autre. Et prit un autre nom. Et embrassa le sol de son nouveau monde. Et pria sa nouvelle étoile.

* * *

Sur qui la Reine a versé ses larmes ?

Sur son peuple qu’elle a condamné par le sacrifice de son Etoile au 10 cycles de la souffrance et 1000 cycles de mort ? Etait-ce un moyen de sauver son peuple de la dévoration par le maelstrom nommé « A » ?

Car bientôt ils se relèveront de leurs tombes, et marcheront, à jamais marqués par la Ténèbre. Et déferleront sur nous, assoiffés de la lumière de notre monde et de notre Soleil…

Je dis bien notre Soleil. Car nous, les Nazaddis, ne sommes que vos descendants, à vous, les Humains. Nous sommes ce que vous avez enfanté dans la Nuit. Et notre histoire, notre gloire passée, sont votre histoire et votre gloire. Et nous reviendrons vous détruire…

Est-ce sur vous, Humains, que la Reine a pleuré ?

Où bien sur l’Etoile qu’elle aimait, à qui elle s’était liée et qu’elle a sacrifiée ?

Y a-t-il un seul peuple qui mérite le sacrifice d’une Etoile ? Y a-t-il un seul être qui le mérite ? Alors qu’a pu raconter ce Caraban à la Reine ?!

* * *
… quand l’Etoile Gladys a sacrifiée son incarnation Nazaddi pour sauver ses cousins et les Humains. C’est donc qu’il est des êtres pour qui une vie semblable peut être sacrifiée. Des êtres pour le salut de qui l’on peut choisir de mourir soi-même.

C’est ce que font les combattants au delà du Dôme, et sur toutes les lignes du front, me direz-vous. Car il est vrai : quelle différence entre un mort sur le sol et un mort dans l’espace, puisque la cause est la même. Préserver ce monde et ses habitants.

A vrai dire, non, ce n’est pas la seule cause. Tout mort est un sacrifice. C’est notre proverbe Nazaddi. Et tout mort dans cette guerre, quel que soit le front, est un sacrifice, qu’il s’agisse d’un Humain, un Nazaddi, un Migo, un Etre des profondeurs, ou autre chose encore… Juste un sacrifice !

Car il faut du sang pour réveiller ceux qui ont été sacrifiés des éons auparavant. Il faut les réveiller pour qu’ils fassent couler encore plus de sang…

Et les prêtres du Necronomicon ne sont pas uniquement ceux qui arborent les masques aux dents pointues…


* * *
Mon Adoré, je sais maintenant ce que je suis. Pas qui je suis, ça, je ne sais pas encore.

Je sais pourquoi mon prix est le sang. Ce n’est pas seulement celui de mes cousins. C’est aussi celui de mon peuple tout entier. C’est aussi le mien.

La Reine est morte de chagrin. Elle avait versé ses larmes pour l’Etoile. Mais les larmes n’avaient pas suffit pour couvrir le chagrin. Elle a versé son sang. Son sang à elle, qui alla rejoindre les rigoles ensanglantées des souffrances de son peuple qui agonisait dans les ténèbres.

Je suis tout cela à la fois. Les larmes de cette Reine. Son sang. Et la Ténèbre. Trois gouttes.
Trois gouttes pour faire revenir la Reine qui a béni son peuple pour un cycle et l’a maudit pour plus du centuple.

Trois gouttes pour me donner la vie.

Trois gouttes pour relier ces deux incarnations à travers l’espace et le temps en un destin : le mien…


Et il a fallu que dans cette incarnation encore je crois le chemin de l’Etoile. Votre chemin, Lumière de mon cœur.

L’on dit que les anges sont les messagers. Tout comme les Carabans. Et vous m’avez dit que les étoiles dansent autour de vous et vous chantent.


Est-ce que vous savez pourquoi la Reine a sacrifié son Etoile ?


J’ai froid. Je voudrais ne pas avoir peur. Et ce froid est une incarnation de la peur.


Le corps de la Reine est surement enseveli dans un mausolée aux pieds de sa statue. Et sa Statue est le cinquième Phare. Car c’est du trou béant qu’est devenu l’emplacement du cœur de l’Etoile que se déverse / déversa / déversera / déverserait le maelstrom de la Ténèbre.
Ça m’appelle.
Est-ce l’enveloppe de ma précédente incarnation ? Est-ce le Phare et sa Ténèbre ? Est-ce encore autre chose, je ne sais. Mais ça m’appelle.

Quand j’irai, est-ce que vous voudrez être à mes cotés ?

Je sais ce que je suis. j'ai peur de decouvrir qui je suis.

Pourquoi j'ai sacrifié l'Etoile ?


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MessageSujet: Re: Amsar "Samsara" Souadou   Jeu 18 Oct - 21:27

Jezabel Charlotte a écrit:
Extraits des lettres d’Amsar (à tout un tas de gens… et ici à Jeremiah Ashcroft)

Jeremiah,

Vous pulsiez les raies noires concentriques du pouvoir de la stabilité sombre, tel un enfant du maelstrom d’Azatoth incarné en harmoniste de ténèbres. Vous rayonniez de splendeur dans ce temple de YS le jour de votre intronisation, ou sacre, devrais-je dire.

Vous avez raison. Nul dieu bienveillant. Nulle providence. Nul paradis eternel.

Alors en quoi croyez-vous encore ?

La vérité ne vous aime pas. Ne m’aime pas. Elle n’aime personne. Elle n’est que tourbillon bouillonnant de possibilités éphémères. Alors en quoi choisissez-vous de croire ?

Le monde des Humains est voué à la destruction. Tout comme tout un tas de monde avant lui. Et après lui. Tout ce qui est créé sera détruit un jour. Les lieux et les êtres que nous connaissons et que nous aimons. Les Ashcroft. Les Migos qui vous accompagnent. Moi. Vous…

Pourtant nous vivons encore ; c’est que nous avons choisi de vivre encore quelques instants. Et vous, en vous offrant à YS comme dernière offrande des vôtres, vous avec choisi de retarder votre dévoration par le maelstrom, votre écartèlement à travers les couloirs du temps et de l’espace, votre destruction et votre renaissance.

Savez-vous l’effet que cela fait d’offrir son peuple entier en pâturage ? Demandez-le à ceux qui l’ont fait. Demandez-le à Theresa… Non, je ne l’accuse pas.

Je me demande seulement quel effet cela fait de rester seul survivant. Et le rester pendant des éons, alors que les siens agonisent dans la non-mort et la non-vie depuis des milliers d’années…

Et puis non. Ce n’était qu’une interrogation rhétorique.

C’est comme si nous connaissions déjà la réponse… N’est-ce pas ?

Encore félicitations pour la splendeur du premier des cinq temples et de la cérémonie.

Amsar


PS
Si un soir vous dirigerez le Necromancer au cœur même du maelstrom, alors appelez-moi. Et que les Etoiles nous pardonnent alors.

et peut-être à plus bientôt que cela : j'ai toujours plaisir à discuter avec vous.


Chère Amsar.

Je vous remercie pour vos félicitations. Je dois vous dire que le titre de Maestro Tenebrosi ne représente rien pour moi.
Je ne suis pas un prêtre, un suppliant des dieux extérieurs.
Seul le réel et sa compréhension m'interressent.
Cela demande de la lucidité, du courage, de la vision.
L'humanité a trop fui la compréhension de l'univers dans la croyance, voire la religion.
il n'y a aucune spiritualité, aucun idéalisme dans ma vision.
Juste une froide description du réel.
Je crois qu'il ne sert à rien de se rebeller contre ce qui est.
Il n' y a pas de sens.
Les dieux extérieurs ne méritent pas d'être adorés; eux même n'ont aucune compassion pour l'espèce humaine.
Ce sont des forces aveugles, des principes imbéciles.
Ils ne sont que matière, mais celle-ci nous est en partie incompréhensible.
Nous avons trop eu la vanité de pouvoir dessiner un univers qui nous aime, un univers à notre image.
L'homme n'est qu'une scorie, une erreur.
Ne sentez - vous pas, tout autour de vous les vents de la désolation souffler. Ils annoncent la fin de l'univers tel que nous le connaissons.
Ils annoncent le changement : il est temps d'embrasser celui-ci.
Trop longtemps, nos maîtres, nos tuteurs, nos autorités nous ont menti.
Leur absence de lucidité est cause de l'écroulement de tout ce que nous connaissons.
S'ils en avaient la force, s'ils en avaient le courage, ils verraient la tempête venir et au lieu de fermer les yeux et de nier l'inéluctable, ils se prépareraient à la venue des Dieux Sombres.
Comprenez moi bien; je ne suis pas l'agent du changement; nul ne peut l’empêcher
Non, je ne suis que le héraut du réel qui approche.
Les marchands de sable peuvent clore les paupières des habitants de la terre; mes yeux se sont ouverts.
Les grandes calamités sont la; il faut composer avec ce qui ne peut être défait et user de sa force pour embrasser le mouvement inéluctable.
Oui, il faut aimer cette fatalité, ce destin terrible et devenir terrible à notre tour.
sans cela, si notre cœur et notre âme ne deviennent pas un reflet des ténèbres extérieures, nous serons consumés et l'univers ne se souviendra plus de nous.
Nous ne sommes pas indispensables.
les voiles du Necromancer sont gonflées du souffle extérieur et mon navire glisse sur le grand maelström.
Moi -même je suis effrayé par mon courage et ma folie; je ne suis plus humain mais me suis forgé à la démesure du cosmos.
J'abandonne avec cette lettre les derniers vestiges de la pitoyable humanité.
Vous aussi, tel le papillon des ténèbres vous pouvez renaitre.
Abandonnez ces chaines et laissez parler votre nature sombre et indomptable qui ne connait nul maître, nulle concession

Deviens qui tu es, Amsar !

Amicalement,

Jeremiah
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MessageSujet: Re: Amsar "Samsara" Souadou   Ven 19 Oct - 17:26

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MessageSujet: Re: Amsar "Samsara" Souadou   Ven 19 Oct - 18:11


*****************


Bientôt le mémoire sur la possession à soutenir…

Je pourrais en parler des heures, de la possession ! En tant que possédée. En tant que possédant. Spirituellement et charnellement.

Oui. Je suis une Marabout qui peut par la force de mon esprit prendre possession d’un autre corps, comme l’on revêt un habit. Je peux forcer ce corps à se plier à ma volonté.

Oui. Je suis l’hôte d’un symbiote. Jadis je dansais au sein d’une ruche impitoyable. Et maintenant, je suis un paria oublié. Et je me tiens discrète.

Et la possession par le Carma, vous connaissez ? Oui, cette roue des incarnations, qui vous lie au Grand Dharma. Et fait de vous la main de sa volonté…

C’est à tout ça que je réfléchis, à ça et à d’autres choses encore, tout en arrangeant les branches du Figuier Etoilé sur la baie vitrée du Duplex.

Le Figuier Etoilé est une plante grimpante à croissance rapide et que noue utilisons dans le Ghetto pour l’éclairage. Ses fleurs rappellent la forme des figues ou des lampions chinois translucides, à l’intérieur desquelles le pistil en forme d’étoile est luminescent la nuit.

Ce Figuier n’est pas la seule plante du Ghetto que j’ai ramené au Duplex.

Il y a bien sûr le Rosier de Cristal. Il est en fleurs. Stephen le trouve très beau.

Et les Carillons. Imaginer les clochettes d’une glycine de cristal sur un ficus de taille moyenne. Lorsque vous les frôler, les clochettes émettent un tintement délicat.

Et les Trompettes Papillons. Ses fleurs s’envolent, comme des papillons pastels multicolores. Et en plus ça fleurit tout le long des saisons !

Et si on rajoute à ça un Séraphin ou deux, mon Cobra Harmoniste et depuis peu le Cristallin (un shogoth de Mars, une sorte de Bernard l’Hermite de la taille d’un bon chien, à la coquille de cristal bleuté, et manique de la propreté et du rangement), cet appartement de fonction ressemble de plus en plus à une ménagerie. Enfin, selon une expression humaine. Selon moi, et aussi selon la femme de ménage (qui est Nazaddi), ce lieu prend vie et devient semblable à une habitation Nazaddi, le luxe en plus.

J’aime beaucoup décorer ce lieu. Stephen voit que ça m’amuse et me laisse faire. Il y vient rarement. Mais chaque soir je mets les couverts pour deux. Mais la plupart du temps ils restent vides et désespérément propres…


***************
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MessageSujet: Re: Amsar "Samsara" Souadou   Ven 19 Oct - 19:10


Ce qu’Amsar a fait durant le mois :


Préparation du mémoire. Et rattrapage des cours. Et surtout le mémoire sur la possession.



Renseignements sur les Al-Naïr :
Parmi ceux qui sont partis par la porte, il y a une trentaine d’années, y avait-il une personne portant ce nom ?
Ou une traduction de ce nom (Brightman, Brighton comme la ville en Angleterre…traductions vers d’autres langues…)
En me regardant dans un miroir, je me suis fait un portrait comme si j’étais humaine et avec les deux yeux. Si on peut faire une recherche parmi les gens dont le nom correspondrait avec ce portrait pour chercher des ressemblances.
Après de qui : Walter (qui est juste un informaticien de génie) ; bdd Mythos ; demandé éventuellement à Teresa Ashcroft…



Fait deux boites communicantes (un humain pourrait y passer), dans l’esthétique des tombes de Damballa, en pierres sombres et en bois sombres.



Travail de Marabout… Et école Zion. et rassemblé autant de légendes Nazaddi que possible auprès des Anciens; je ne manque aucune réunion des Anciens du Ghetto.



Nostromo faut bien renflouer ses caisses et payer le loyer… et la danse est un plaisir ! Et aussi pas mal de danses rituelles Nazaddi (toutes les semaines ou plus)



Pour les 300 000 $ de pierreries trouvées sur Mars :
1/3 pour les orphelins des humains morts dans les combats dans les étoiles ;
1/3 pour le Ghetto (ecole Zion, orphelinat) ;
1/6 donné à Paul et Alicia ;
1/6 donné à Stephen comme cadeau (jolies pierres transparentes et bleutées)



Pour Paul et Alicia et leurs jumeaux Armaure (Lumière d’Or) et Ilmare (Lumière d’Etoile) : parlé avec Monsieur Pickman. S’il accepte de les héberger pour quelque temps, pour qu’ils aient la vie un peu plus calme (le temps que l’agitation de la presse et de la ville autour du projet Eden se tasse…)



Au Cyclopean
Ménagerie d’Eden : on continue à élever les bestioles, y compris les plantes et les Cristallins !
Et pour ce qui est Child of Eden : je m’y implique personnellement pour chaque cas, autant que je peux.


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MessageSujet: Re: Amsar "Samsara" Souadou   Ven 19 Oct - 19:55



un 20 en charme ça s'assume ..... malgré une gueule balafrée et borgne Razz

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MessageSujet: Re: Amsar "Samsara" Souadou   Ven 19 Oct - 23:38




Réflexions sur la nature du Dôme.

Extraits des lettres d’Amsar (à tout un tas de gens…)





Je crois que le Dôme est voué à la destruction. De par sa nature meme il s’écroulera avec les illusions de l’humanité.

L’archanotech véhicule et amplifie les émotions. L’archanotech est forgée par la psyché inconsciente de l’archano-technicien. C’est ce qu’on lit dans tous les ouvrages traitant de l’archanotech.

Le Cyclopean est la voute du Dôme. En faite, c’est l’une des voutes, mais c’est tout de même la voute principale. Les autres piliers sont également des archanologies.

Donc le Dôme est soutenu par des piliers d’archanotech.

Et je crois que le Dôme n’est autre que l’ignorance protectrice des Humains, amplifiée et déployée par les archanologies.

Jeremiah l’écrit si bien : l’homme refuse de voir la vérité en face. « Les marchands de sable peuvent clore les paupières des habitants de la terre », et ces marchands de sable ne sont autres que ces habitants eux-mêmes.

Refusant de se rendre à l’évidence que l’humain n’est pas seul dans l’univers et ne l’a jamais été, que la fin du monde annoncée tant de fois par des prophètes maudits est enfin proche, les habitants de la Terre préfèrent l’oubli et l’ignorance sécurisants à la connaissance et à la réalité.

Et c’est ce qui forge le Dôme.

Plus les gens ouvriront les yeux et accepteront les visions cauchemardesques, plus le Dôme se fissurera.
Plus il y aura de gens à accepter la vérité, plus le Dôme sera fragile.

Puis il s’écroulera. S’évanouira. Comme s’il n’avait jamais existé.
Ce sera lorsque le dernier habitant de la Terre chuchotera « Je crois ce que je vois »…



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MessageSujet: Re: Amsar "Samsara" Souadou   Ven 26 Oct - 19:04

Légende Nazaddi. L’Ailée.

Extraits des lettres d’Amsar (à tout un tas de gens…)

Et aussi un poème de l’Astronomicon du poete Al-Naïr



Jadis, sur ce Monde où les aurores étaient pales et où les crépuscules enflammaient le ciel annonçant la danse des étoiles, vivaient, parmi les Nazaddis, des êtres ailés.

L’on dit qu’une nuit ils étaient venus sur un navire merveilleux. D’autres disent qu’ils étaient descendus du ciel palissant de l’aurore sur leurs ailes diaphanes. Certains les nommèrent « Anges », d’autres leurs donnèrent le nom de « Chanteurs de contes », de « Carabans »… Car ils chantaient lors des veillées de nuits claires et étoilées des récits enchanteurs, des anciennes légendes, ressuscitées par leurs voix, des milles mondes et des milles Etoiles…

Ces êtres ailés possédaient un pouvoir sur les mots. Car leurs chants leur venaient des étoiles du ciel. Ou peut-être parce que les Carabans étaient des êtres merveilleux tissés de la magie du verbe eux-mêmes…


Mais à cause de ce pouvoir sur les mots, l’admiration qu’inspiraient les Carabans était mêlée de crainte. Et puis un jour un prêtre fou d’un culte impie les déclara maudits. Et plus le Livre Noir du Necronomicon prenait en puissance, plus le ressentiment de la population grandissait. Et ce ressentiment nourrissait le Livre…

Les Carabans furent traqués, emprisonnés dans des monastères sombres, enfermés dans des cages de ténèbres, sacrifiés aux dieux impies...

La légende parle d’un sanctuaire ancien, où vivait recluse une Carabane. Elle y vivait depuis si longtemps, que personne, ni même elle, ne se rappelait de sa venue. Et comme les Carabans sont des êtres merveilleux, elle ne vieillissait pas, et nul ne connaissait son âge. Ou bien était-ce la magie de ses chants qui lui avait donné la jeunesse et la beauté éternelles…

On la nommait Kamafura Fajiri-Sanu , ce qui signifie « Aile d’Or de l’Aube » ou bien « Aube aux Ailes d’Or » ou encore « celle qui danse sur les Ailes Dorées de l’Aurore » en ancien Nazaddi. Car elle avait les cheveux si fins et d’un blond si clair qu’au soleil ils paraissaient d’or liquide.

Elle avait à ses cotés pour lui tenir compagnie une jeune princesse Nazaddi, qui ne prétendait au pouvoir ni par son ascendance, ni par ses aspirations. Donkili Al-Naïr était son nom, ce qui signifiait « Chanson ».

Et pour la protéger, parmi sa nombreuse Garde, qui ressemblait de plus à un plus à des Geôliers, un jeune Garde du corps, qui avait pour nom Kɛlɛ-Su-Farin , « Main Armée de la Nuit » car il était consacré Guerrier de la Nuit qui s’annonçait éternelle depuis la mort de l’Etoile-Soleil de Damballa.

Eux seuls l’appelaient Kamafura ou tout simplement Kama , « l’Ailée », bien qu’ils n’aient jamais vu ses ailes. Eux seuls écoutaient ses chants anciens et ses récits oubliés en cachette. Eux seuls lui parlaient en toute sincérité. Car ils n’avaient nulle peur de l’Ailée Kama. Nulle peur de la recluse, malgré les prêches terrifiants des prêtres aux masques ensanglantés du Necronomicon . Eux seuls l’entouraient d’affection, d’adoration affichée ou de tendresse cachée.

Et vint un jour où l’ordre arriva de la Capitale d’y mener l’ Ailée Kamafura Fajiri-Sanu . Elle accepta l’ordre sans que nulle larme ne trahisse son émotion. Car elle avait été prévenue par les étoiles que la fin ce cette existence était proche et que nul ne peut aller contre le Grand Dharma.

Mais Dame Donkili et le Seigneur Kɛlɛ-Su-Farin ne s’inclinèrent pas devant cette décision des Prêtres du Nécronomicon . Ils se jouèrent des gardes et des verrous de sombre magie. Ils s’enfuirent avec celle qu’ils protégeaient et chérissaient.

Et ils dirigèrent leurs pas vers le mont le plus haut de Damballa , celui où l’on dit qu’on peut s’y tenir et toucher le ciel de la main. Ils avaient entendu les légendes sur un ancien navire Caraban de la bouche même de l’Ailée Kama et espéraient l’y trouver et fuit ce monde voué à la désolation et plongé dans les ténèbres.

Et ils voyagèrent des jours et des semaines. Ils allaient, comme de simples vagabonds, à travers les forets et les plaines, à travers les villages, fuyant les prêtres noirs.

Mais ils avaient beau fuit et se cacher, toujours le Necronomicon assoiffé de lumière les traquait, s’incarnant des la chaire vidée d’âme de ses prêtres.

Et une nuit ils furent encerclés sur le flanc de la plus haute montagne de Damballa . Et la cadette des Al-Naïr et le Guerrier de Nuit livrèrent un combat sans merci. Et seul un espoir fou les maintenait en vie. Mais les Légions de Ténèbres affluaient sans cesse par les portails de magie noire d’Y.S. Et au loin, encerclant la montagne, des prêtres portant des masque noirs aux dents pointus et couvertes de sang scandaient un rituel qui suintait la mort et la souffrance.

Alors l’Ailée laissa tomber sa cape à ses pieds et déploya ses ailes de lumière dorée iridescente. Et prit son envol, telle une flèche, vers la cime de la montagne. Et tous les regards se tournèrent vers l’étoile filante remontant l’horizon qu’elle était. Et sa lumière pure et insaisissable faisait voler en poussière la gangue des ténèbres qui recouvrait ce monde.

Mais des flèches empoisonnées volèrent vers elle. Et l’incantation des prêtres noirs se déploya comme des centaines de têtes d’hydre monstrueuse, comme des milliers de chaines et l’entourèrent dans son envol. Et sa lumière vacilla. Mais elle continua l’envol, de toutes ses forces.

Mais les chaines de ténèbres encerclèrent ses ailes et les arrachèrent. Et des milliers de plumes de lumière tombèrent sur Damballa. Et l’une d’elles se posa sur la joue de Dame Donkili Al-Naïr , comme un adieu. Et coula sous la peau comme une caresse. Et une autre sur les lèvres du Seigneur Kɛlɛ-Su-Farin , comme un premier et dernier baiser. Et se mêla à son souffle dans un dernier murmure. Car le Verbe était l’essence du pouvoir des Carabans. Et le Guerrier sourit avec sa tête, et il pleura avec son cœur…

Et son corps fut déchiqueté dans sa chute. Son sang peigna sur l’horizon une dernière aurore…

Et l’Ailée fut attirée à la fois par le ciel, et par le monde de Damballa . Et une part d’elle s’élança hurlant la liberté vers les étoiles, mais ne put atteindre cette liberté à cause de son incomplétude. Car une part de l’Ailée fut aspirée par la terre vouée aux Ténèbres…

Et alors elle fut condamnée au cycle de renaissances karmiques, jusqu’à ce que le chemin de la complétude et de la libération s’ouvre à elle. Telle était la malédiction, ou bien l’épreuve du Grand Dharma.


***


Dame Donkili Al-Naïr et Seigneur Kɛlɛ-Su-Farin survécurent, miraculeusement protégés par le dernier chant de l’Ailée. Ils purent fuir, et après un temps d’errances s’installèrent dans un petit village en ruines.

Mais le Guerrier ne put guérir de ses blessures empoisonnées par la Ténèbre, malgré les soins de Dame Donkili . Malgré l’usage du Verbe qu’elle avait appris de l’Ailée. Et même si leurs visages affichaient un sourire apaisé face aux rares passants, leurs cœurs saignaient.

Alors ils préparèrent un rituel. Ils mêlèrent les trois essences, les leurs et l’héritage de l’Ailée qu’ils portaient tous deux. La lumière qui coulait dans les veines de Dame Donkili Al-Naïr , la Ténèbres du Guerrier de la Nuit Kɛlɛ-Su-Farin , et le souffle invisible de la Carabane.

Lumière, Ténèbre, l’Invisible… Ou était-ce les essences des trois Serviteurs du Grand Dharma : le Destructeur, le Défenseur et le Créateur… Où encore les souffles du Guerrier, du Voyageur et du Shaman qui danse avec les Etoiles…

Ou tout simplement l’Affection et l’Espoir se mêlèrent pour donner Vie à autre chose.

Et au même instant où naissait cet enfant, le Guerrier ferma ses yeux. Et la dernière chose qu’il vit dans cette incarnation fut la lueur d’une bougie, qui illumina la chaumière comme une aube.

Et la première chose qu’il vit dans son incarnation suivante fut cette lueur de chandelle.

Mais autant les Etoiles accordèrent au Guerrier cette bénédiction que de répéter à l’infini le cycle Karmique jusqu’à son accomplissement, autant ses souvenirs lui furent voilés, et seuls quelques bribes lui revenaient, en songes, ou chuchotés par les Etoiles…


***

L’on murmure que la Guerrier connut mille vies, mille incarnations, qu’il fut homme, femme, fleur, harmoniste, serpent, papillon, Nazaddi, Humain, Migo, et autre chose encore… Et que toujours il a cherché l’Ange Ailé. Car jamais il ne put l’oublier.

***
Et l’on murmure aussi que le navire des Carabans est toujours là, quelque part sur Damballa , à l’endroit où se trouvait jadis sa plus haute montagne d’où l’on pouvait toucher le ciel…


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MessageSujet: Re: Amsar "Samsara" Souadou   Sam 27 Oct - 16:14

Extraits des lettres d’Amsar (à tout un tas de gens…)



Mon Adoré Yeelen n’Dusu,

Je vous ai retranscrit en anglais et Nazaddi actuel ce récit sur la Carabane Ailée ; le poème d’origine est certes plus harmonieux, mais certaines tournures en étaient tellement archaïques qu’elles en devenaient incompréhensibles.

Croyez-vous à la prédestination ?

J’ai trouvé dans les livres humains les mentions de Providence divine, de Fatalité antique, mais aussi de Liberté et de Choix.

Si nos essences, qu’on les appelle « âmes » ou « esprits » sont éternelles et immortelles, et vouées au cycle Karmique des incarnations, portons-nous, sans même nous en souvenir, les chaines de nos existences passées ? Sommes-nous voués dans chaque incarnation d’aspirer aux mêmes joies, de pleurer les mêmes peines, de répéter les mêmes erreurs, et payer les fautes passées sans même les connaitre ?...

Sommes-nous prédestinés à devenir ce que nous sommes et ce que nous avons toujours été ?

Jeremiah dit qu’il a toujours eu la Ténèbre en lui. Et alors qu’elle était cachée en lui avant, maintenant il l’arbore et la clame, avant même sa consécration en tant que Maestro Tenebris. Il porte sur ses doigts les anneaux sombres comme trophée de pouvoir. Et moi, je n’y vois que ses propres chaines de ténèbres devenues visibles…

Etait-il destiné à haïr son propre peuple ? Destiné à souffrir dès sa naissance, à être enfermé dans les cages de l’Arkam Asylium, à être mutilé d’une partie de son âme, comme Eudipe antique était mutilé des pieds par son propre père ?

Ou bien aurait-il pu devenir autre ?

Etait-il destiné à devenir le héraut de la destruction de son monde, car c’est ainsi qu’il se nomme maintenant. « Je ne suis pas l'agent du changement; nul ne peut l’empêcher. Non, je ne suis que le héraut du réel qui approche. », écrit-il. Et en cela il semble si proche du souffle invisible du Grand Dharma…

Alors QUI est l’agent du changement ?

Theresa Ashcroft l’a été. La Sauveuse de l’Humanité. Elle erre, comme un spectre maudit dans les souterrains de la mort. Elle porte les chaines de culpabilité d’avoir succombé aux visions mensongères de Y.S. et d’avoir mené son peuple à la mort, à l’agonie.

Pourtant, imaginons un instant que la Nouvelle Canaan existe. Avait existé. C’était un monde jeune où l’humanité arriva par les portails. Et ce voyage avait été dans le temps, il y a de cela plus de 101 millions d’années. Et dans l’espace, avant que la Nouvelle Canaan ne change de nom et de place dans le ciel.

Et c’était un jeune monde verdoyant. Un jardin d’Eden, réchauffé par son soleil naissant. Et l’Humanité s’y est établie et a pu se construire un nouvel avenir. Et cette nouvelle civilisation a connu un rayonnement croissant et un âge d’or de 10 mille ans. Jusqu’à ce que l’Etoile fut sacrifiée. Car une grande lumière projette une grande ombre… Et ce monde plongea alors dans les ombres. Et fut projeté physiquement au plus près du cœur des tenebres. Et prit le nom de Damballa…

Et comme le gisant de Theresa Ashcroft regarde le ciel vers Damballa cachée dans la nébuleuse de l’Hydre, c’est la statue-Pharos de la Reine qu’elle regarde. Comme une sœur jumelle.

Car tout comme Theresa avait apporté le changement, l’Agent de ce changement pour la Nouvelle Canaan / Damballa était cette Reine, Yeelen-Su / Lahara-Su. Une Al-Naïr. Une part de moi. Ou plutôt, je suis une part d’elle.

Theresa m’avait dit une nuit que j’étais une Ashcroft. Que j’étais liée à elle. Que ce médaillon que vous m’avez offert, son médaillon à elle, m’avait cherché et trouvé…

Comme une destinée qui vous cherche et vous happe…

Croyez-vous à la prédestination, mon Ange ?

Croyez-vous que celui qui a déjà pu détruire son propre monde pourra de nouveau détruire son monde d’accueil ?

Vous êtes la seule lumière de mon ciel, mon Adoré.


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MessageSujet: Re: Amsar "Samsara" Souadou   Sam 27 Oct - 16:48


Extraits des lettres d’Amsar (à tout un tas de gens…)



Jeremiah,

Je vous fais part brièvement de mes réflexions sur la nature du Dôme.

Je crois que le Dôme est voué à la destruction. De par sa nature meme il s’écroulera avec les illusions de l’humanité.

L’archanotech véhicule et amplifie les émotions.
Le Cyclopean est la voute du Dôme. En faite, c’est l’une des voutes, mais c’est tout de même la voute principale.
Donc le Dôme est soutenu par des piliers d’archanotech.

Et je crois que le Dôme n’est autre que l’ignorance protectrice des Humains, amplifiée et déployée par les archanologies.

Vous avez écrit : l’homme refuse de voir la vérité en face. « Les marchands de sable peuvent clore les paupières des habitants de la terre », et ces marchands de sable ne sont autres que ces habitants eux-mêmes.



C’est vos lettres qui m’ont mené sur ce chemin de réflexion.

Vous vous dite héraut de Changement, car vous ne faites que l’annoncer. Alors si vous êtes le Saint Jean Baptiste, qui annoncez-vous ? Qui allez-vous baptiser ? Et qui sera crucifié / sacrifié ?

Vous êtes couronné Maestro Tenebris. Et pourtant les mots que votre plume trace volent comme le souffle invisible du Grand Dharma.

Vous dites chercher la connaissance, la vérité. Et pourtant vous acceptez qu’ « il n’y a pas de sens ». Et vous vous inclinez devant l’Inéluctable : « Oui, il faut aimer cette fatalité, ce destin terrible ».
Or un autre nom de l’Inéluctable est la Volonté du Grand Dharma…

Vous dites « Oui, il faut aimer cette fatalité, ce destin terrible et devenir terrible à notre tour.
Sans cela, si notre cœur et notre âme ne deviennent pas un reflet des ténèbres extérieures, nous serons consumés et l'univers ne se souviendra plus de nous.
Nous ne sommes pas indispensables. »

Et je vous réponds qu’aimer avec son esprit ne suffit pas. Nous ne sommes pas que des esprits désincarnés et isolés dans la solitude.

Ce qui nous consume, ce n’est pas seulement ce que notre entendement peut (ou ne peut) appréhender. Car l’entendement, l’ « intelligence » n’est qu’une partie de nous. Ce n’est qu’une manière parmi d’autres d’appréhender la réalité.

Si l’on veut appréhender quelque chose, le théoriser ne suffit pas. On doit l’éprouver dans sa chaire, viscéralement. On doit le ressentir avec chaque pore de sa peau, avec chaque battement de son cœur.

Cette fatalité que vous dites aimer, l’avez-vous senti couler dans vos veines ? L’avez-vous senti se nourrir de votre souffle et vous laisser inhaler sa fragrance ? L’avez-vous possédé, et vous êtes-vous offert à elle, cette fatalité terrible, afin de devenir lui semblable ?

Si votre cœur et votre âme deviennent reflet des ténèbres, ils seront morts. Ils n’existeront plus. Comment alors pourrez-vous accueillir votre destinée en vous, si une part de vous vous manque ?


La fatalité n’est qu’une force invisible. Et pour s’accomplir, elle choisit de s’incarner. De prendre chaire et souffle et entendement.

Le changement a besoin de gorges qui l’annoncent. De mains qui l’accomplissent. Et, j’ai peur de l’écrire, de sacrifice qui lui donne vie.


Je vous demande pardon pour cette prétention qu’est la mienne que de vouloir vous apportez des réponses. Ces réponses que vous ne cherchez nullement. Vous, dont la connaissance dépasse largement ce que mon esprit ne peut concevoir maintenant.

Amsar


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MessageSujet: Re: Amsar "Samsara" Souadou   Sam 27 Oct - 18:56

Légende Nazaddi. L’Ailée.



La légende parle d’un sanctuaire ancien, où vivait recluse une Carabane.

On la nommait Kamafura Fajiri-Sanu , ce qui signifie « Aile d’Or de l’Aube » ou bien « Aube aux Ailes d’Or » ou encore « celle qui danse sur les Ailes Dorées de l’Aurore » en ancien Nazaddi. Car elle avait les cheveux si fins et d’un blond si clair qu’au soleil ils paraissaient d’or liquide.




artiste : Uwe Jarling
source : http://www.epilogue.net



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MessageSujet: Re: Amsar "Samsara" Souadou   Mer 31 Oct - 21:56



Je revenais de chez Ava avec des nouvelles boutures pour le jardin d’Eden. Elle était contente des nouvelles fleurs que je lui avais apportées la dernière fois, elles avaient bien pris. Et le jeune Séraphin l’a simplement émerveillé…du moins jusqu’à ce qu’elle en apprenne plus sur les particularités de son terreau. Mais elle a quand même été ravie d’en avoir cette fleur-libellule.

Donc, je revenais de chez Ava. Je passais devant une terrasse d’un bar à la devanture effondrée et où une seule lettre « n » de « night » grésillait, quand j’ai entendu :

« … ces gosses métisses Nazaddi-Humains, encore un mensonge… »

Je me retournai.

« Pas un mensonge, une insulte aux enfants des Etoiles que nous sommes ! », rétorqua un jeune homme Nazaddi aux peintures de guerre blafardes.

Ma tête me tourna. Je m’agrippai au mur. Est-ce ainsi que son considérés ces enfants ? Qu’avais-je fait, alors ?...

« Cousine, ça va ? … assieds-toi, là… » Des bras forts me soutenaient et m’ont assis à une table dans un courant d’air. Un verre se retrouva devant la bouche. Les mains aux peintures blafardes. Peintures de guerre. J’ai bu.

« Tu te sens mieux, Cousine ? »

J’hochai la tête. C’était le jeune guerrier qui se sentait tout à l’heure insulté par le projet « Child of Eden ». J’étais assise à leur table, avec lui et deux autres guerriers. Aucun ne m’était connu.

« Merci », réussis-je à articuler, rajustant mes lunettes de soleil, que je portais en permanence depuis que mon œil est devenu comme un éclat de cristal. Depuis la naissance des Invoqués de Paul et Alicia. Il me sourit.

Alors j’osai la question « Vous parliez des « Child of Eden » ? J’ai entendu… enfin, je passais là, et … »

« Enfants d’une malédiction. Pas d’un Eden… » m’interrompit le guerrier.

« A condition que ce soit vrai, et pas un autre mensonge des Humains, » ajouta un autre, sirotant lentement son vin. « Jamais on a vu d’enfants métis. Jamais il n’y en a eu. Et jamais il n’y en aura. Nous ne sommes tout simplement pas de la même espèce… »

« Et si les Humains veulent refaire les cuves comme les Migos et faire pousser ces hybrides, c’est qu’ils sont pas mieux que les Migos, au fond... » posa son verdict le troisième, aux cheveux nattées dans un dégradé de rouges sombres.

« Et si c’était vrai ? » osai-je, « j’ai vu des pubs sur ce projet… nommé « Child of Eden »… Et Arkham Daily News en a parlé aussi… »

« Si tu crois tout ce que Arkham Daily raconte, c’est que tu es bien naïve, Cousine ! » rit le guerrier. « Mais plus sérieusement, Frères, quel Guerrier des nôtres voudrait d’une Humaine ? Et quelle jeune Cousine Nazaddi voudrait danse avec un Humain ? Un Humain chétif, pale, vil et sans honneur… N’est-ce pas, Cousine ? »

J’hochai la tête. C’était lâche. Mais en cet instant, je me sentais à mille lieux d’être une Marabout quelconque. Ce n’était pas mon quartier. Et ces gamins qui me parlaient, étaient-ce vraiment mes Cousins ? Nous ne valons pas mieux que les Humains, définitivement. Mais nous sommes des humains !, nous avons été humains

J’hochai la tète. C’était purement mécanique. Je pensai à Alicia et Paul. « Amsar, c’est merveilleux… » m’avait-elle dit au téléphone, le soir où… Et aux réactions d’Alicia d’avant…

« Riez pas », un Nazaddi efflanqué quitta le bar et s’approcha de la table. « Ces enfants sont. Peu importe qu’ils ne ressemblent ni aux Humains, ni au Nazaddis. Ils sont. Et en cela, ils nous sont une bénédiction, un salut. Ils sont nés de Etoiles plus que de notre chaire pourrie… »

« T’en sais quoi, Cousin ?! Tu en a vu ?... » le guerrier aux peintures blafardes se releva dur son siège.

Mais le nouveau venu lui posa sa main sur l’épaule. Le guerrier se retourna, prêt à décocher un coup, et fit glisser la cape sale recouvrant les épaules voutées de l’efflanqué. Un visage émacié portant comme un masque une peinture sur la peau boursoufflée d’une partie de la joue et le cou rongée à l’acide. Deux billes noires brulantes d’yeux, dont un dépourvu de paupière. Sous un gant, une main blême, bras couvert de sillons de brulures anciennes qui jamais ne cicatriseront. Le second bras froid et rugueux, aux racines d’archanotech plongeant dans les veines sombres et les sillons de brulures, terminé par cette main qui fit rasseoir le jeune guerrier.

« Oui… », murmura-t-il, « J’en ai vu… Les Etoiles m’ont donné cette grâce. »

« Ecoutez, jeunes blanc becs », il s’assit à table et nous regarda tous à tour de rôle, « Nazaddis et Humains, on a tous le sang rouge. Et c’est ce même sang qui coule au delà du Dôme. Alors, je vous dis, que quand vous rentrez – si vous rentrez – après une bataille, et que vous pouvez encore serrer dans vos bras celle qui est rentrée, elle aussi… vous vous en foutez que sa peau soit pale ou sombre. C’est juste elle, la femme qui a dansé avec vous et les Migos sous le regard des Etoiles. C’est juste elle, la guerrière qui vous a couvert contre un tir ennemi. C’est juste elle, votre compagne, qui la seule peut vous comprendre et entendre vos cauchemars sans vous rejeter… »

Il me rappela Elijah. Sa manière de penser les différences entre nos peuples. Certaines de ses expressions… Qu’on soit Nazaddi ou Humain, personne n’entend les morts hurler dans l’espace au delà du Dôme.

« … vous portez les peintures sacrées… Vous ne savez même pas ce qu’elles portent en elles, ce qu’elles font de vous. Et je vous souhaite de ne pas le savoir… »

Non, ils ne savent pas ce qui est la guerre. Non, pas la guerre, le sacrifice. Mais c’est encore une chose que je ne pourrai pas leur dire non plus…

Nous avons encore le respect des Anciens. Et de nos Guerriers…

« …et ces enfants sont la lumière qui nous vient des étoiles ! Ils sont aussi différents de nous que des humains. Comme si nous étions tous, les humains, vous, moi, les déchets d’un grand peuple… Et eux sont venus là pour nous le rappeler… pour nous dire que notre temps est fini… que l’avenir, c’est pas pour des gens comme nous… »

L’homme efflanqué baissa sa tete et des sanglots secs secouèrent ses épaules.

« …si seulement… si seulement ce miracle était possible il y a un an… Jamais elle ne serait repartie au-delà du Dôme… »

Le silence était retombé sur la terrasse du bar. Une fine bruine commença à tomber, annonçant l’aube. Les jeunes guerriers s’étaient levés et partirent en silence, tete baissée.

Je restai avec l’homme. Pourtant, je ne trouvai pas de mots à lui dire. Je le regardai en silence.

Je pensais à Paul, Alicia. Est-ce vraiment un présent que je leur ai offert ? Ou bien une malédiction… Rejetés à la fois des Humains et des Nazaddis, voilà ce qu’ils pourraient devenir. Si ce n’est déjà pas le cas. Et les Jumeaux aussi.

Je pensais à moi. A Stephen. Je n’imagine pas mon ciel sans sa lumière. Je n’imagine pas ma vie sans lui… Et ça me fait peur. J’ai peur de le perdre. J’ai peur d’être la cause de sa perte…

J’avais déjà sacrifié une Etoile…



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MessageSujet: Re: Amsar "Samsara" Souadou   Dim 4 Nov - 14:07

Lettre de Benedicte Ashcroft à ces anciens collaborateurs

La famille Ashcroft est brisée.
Une partie, menée par mon fils s'est réfugiée dans les étoiles porteuse d'une absurde vendetta
Une autre incarnée par mon frère a pris le contrôle de nos rêves
Quand à ma sœur, elle s'est réfugiée dans le souvenir des anciens cultes de sorcières de Salem
Quand à moi, j'ai trouvé refuge auprès de nos alliés amphibiens, nos anciens ennemis.

Tous il se sont détournés de moi et du nom que j'incarne, ma famille, mes amis, mes serviteurs.
On n'est jamais trahi que par ceux qui nous sont chers.
Ce que Thérésa avait batti en 50 ans, je l'ai maculé en quelques jours
Non pas l'arcanotech; non pas la corporation Myskatonic; pas même nos intérêts et notre empire.
Je parle de notre nom; en cet instant plus qu'en tout autre, et malgré mes erreurs, je reste un Ashcroft.
Peut être le dernier des Ashcroft
Donc un prédateur né, qui comme tous ceux de sa race n'est jamais aussi dangereux que lorsqu'il est acculé et blessé.
L'homme d'affaires est oublié; le patriarche aussi; même le magicien.
Je ne suis plus qu'un Ashcroft. En cet instant seulement, je sens que je serai digne de mon aieule

Je n'ai jamais respecté aucune vertue autant que la loyauté que l'on éprouvait pour notre nom.
Nous autres Ashcroft sommes nés pour la suzeraineté.
Et ceux qui nous ont trahi devront affronté mon couroux.
La main qui vous a nourri; la main qui vous réchaufé; la main qui vous a offert le gite et le couvert, le honneurs et les récompenses; et l'amour.
Cette main n'est plus; vous avez craché dessus; vous l'avez tranché, traitres
Maintenant c'est un poing, c'est une griffe, c'est une serre, prête à vous déchiré, à vous mutiler
Je forge ma haine pour en faire une arme indestructible
Vous ne connaissez pas mon courroux; vous n'avez connu que mon amitié
Mais maintenant, vous saurez ce que je suis vraiment
Vous craindrez les ombres
Vous craindrez la nuit
Vous craindrez même votre reflet
je vous ferai regretter amèrement le jour ou vous avez maculé notre alliance
Il n' y aura pas de pitié
Il n'y aura pas de pardon
N'est pas mort ce qui a jamais dort et dans les étranges éons, même la mort peut mourir
Je reviendrai
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MessageSujet: Re: Amsar "Samsara" Souadou   Ven 9 Nov - 19:16


Tout est allé si vite !

Laurens Wilson m’avait accordé une heure pour rassembler mes affaires du Cyclopean.

Durant cette heure, Walter copia la base de données MYTHOS et la sauvegarda sur la Deep-sphère, détruisant surement l’original, afin qu’il ne tombe pas entre les mains des Wilson.

Durant cette heure, le patriarche Zog détenu prisonnier par Jacob Ashcroft dans une cage dorée fut livré aux Chats (qui le déchiquetèrent). Et les Chats transportèrent le Cyclopean dans le monde des rêves collectifs. Et Jacob Ashcroft mit une copie du Cyclopean à Arkham, une ombre, pour que Laurens Wilson s’en empare.

Durant cette heure, les livres de la bibliothèque de Cyclopean étaient tous rendus fous par les effluves de rage du Necronomicon.

Durant cette heure, Benedict Ashcroft, possédé son Livre Noir rédigea sa lettre de dépit et de menaces et de haine. Mais je ne lui en veux pas. J’ai l’impression qu’il n’était plus maitre de lui-même, tout comme par le passé, lorsqu’il avait apprit la trahison de son épousée Victoria et qu’il avait maudit l’enfant…

Nous, Elijah, Stephen et moi, avons fait ce que nous devions. Nous sommes restés honorables et avons prit congés de Benedict honorablement. J’ai encore de l’affection pour lui. Tout comme j’en ai pour tous les Ashcroft. Pares tout, nous sommes apparentés, par cette lointaine ancêtre qui avait franchi il y a trente ans de cela la porte Pandora : Lady Ashcroft-Brighton, dont le portrait orne le mur d’un couloir du manoir Ashcroft.

Mais Benedict, possédé, ne souhaitait pas se séparer de son « jouet », il préféra détruire celui qui ne lui appartenait plus : il appela Stephen sur son téléphone et donna ainsi à Zack Simon ces deux secondes d’inattention pour frapper depuis les ombres. Benedict Ashcroft tu ainsi son seul serviteur lui resté fidèle. Stephen laissa le coup venir et s’écroula blessé, tendant vers le ciel le cœur arraché de Zack Simon. Peut-être que Professeur West, dont les recherches sur la résurrection ont aboutit, fera quelque chose pour son cousin. Quelque part, je le souhaite… Même si cela signifierait que la rivalité reprendrait, car ça ne fera que renforcer la jalousie de Zack par rapport à Stephen. Ou peut-être c’est mieux ainsi : Zack mort, pourra renaitre et recommencer son existence, que je lui espère plus douce et lumineuse…

Et puis aussi cette accréditation ! Ça y est, je suis une « occultiste accréditée ». Diplôme passé avec excellence. La meilleure de ma promo. Sans même la soutenance… Etait-ce une manière pour Benedict de me montrer que mes efforts pour ces études ne comptaient pas ? Ou bien lui et les autres sorciers humains avaient vu ce dont j’étais capable en pratique et m’ont fait grâce d’une présentation théorique ? Apres tout, j’avais envoyé mon mémoire sur la possession à Pr Armitage… Oui, je crois qu’à l’heure où certains tentaient d’invoquer un crapaud buffle par temps de pluie, je travaillais sur les Cobras Harmonistes, les Séraphins et le projet Child of Eden au Cyclopean. Ce n’est pas de l’orgueil, mais des faits. Alors oui, je crois que je mérite ce diplôme. Je crois que je mérite la mention d’excellence…

Et puis cette interview… Bientôt une photo dans Arkham Daily News. Et pourquoi me cacher ? Je suis fière d’être Nazaddi. Je suis fière d’être une Marabout Accréditée. Peut-être qu’en ces temps qui s’annoncent difficiles pour la Communauté Nazaddi ça pourrait donner de l’espoir au Cousins et infléchir le regard des Humains…

Le coup d’état de Laurens Wilson était rapide. Il a changé la donne.

Ce qui change, c’est que c’est un Défenseur de cette Terre qui a les pleins pouvoirs. Et un Défenseur lié à la Lumière Stable. Ça affaiblit un peu l’influence du Nécronomicon. Pas de manière considérable, puisque ce monde lui est voué, mais tout de même…

Ce qui change, c’est que chez les Migos, c’est le Prince Migo que je connais bien, une personne que je considère comme ami qui est couronnée monarque. Et qu’il est proche des enseignements de l’Astronomicon. J’ai espoir que cette guerre cesse. Enfin, ce n’est pas gagné du coté des Wilson…

Ce qui change, c’est le regard porté sur les Nazaddi. C’est une terroriste Nazaddi qui a fait l’attentat sur le Pentagone. Et par conséquent, je crains que notre condition ne s’empire…

Ce qui change, c’est que je n’ai plus vraiment de travail au Cyclopean ni à Myscatonic. Et Stephen a officiellement démissionné, lui aussi.

Nous sommes libres. Nous ne sommes plus liés à personne. Maintenant, nous devons choisir notre positionnement. Nous devons aussi apprendre le prix de cette liberté…

Dans le quotidien, ce prix est simple : nous avons tous deux emménagé dans le Ghetto, dans mon petit appartement. L’existence luxueuse d’avant, dans un beau duplex, des restaurants chics et selects, le centre ville d’Arkham, c’est terminé.

Pour moi, ça ne change pas vraiment : je suis assez indifférente au luxe. Quoique, une vraie salle de bains, avec l’eau chaude et une baignoire qui fait des bulles, ça va me manquer. Et aussi le salon du duplex, tellement spacieux que je pouvais y danser…

Mais pour Stephen, j’ai peur que ce ne soit plus difficile… Ce n’est pas tant qu’il soit habitué à un train de vie luxueux, même selon les critères des humains. C’est surtout parce qu’il en avait souffert avant, de cette misère dans laquelle j’espère nous ne replongerons pas. Il n’avait pas toujours mangé à sa faim. Il avait été traqué. Il avait dormi sous des ponts… Je voudrais que rien dans le Ghetto ne lui rappelle ces souvenirs douloureux…

Je vais aménager un peu mon… non, notre appartement dans le Ghetto…

* * *

Nous avons vidé le duplex. Toutes les affaires dont nous avons besoin étaient là, dans des cartons… Et les bestioles en liberté dans l’appart.

Les fleurs et les costumes de Stephen, soigneusement mis sur cintres encombrent une partie de la cage d’escalier et l’ancienne chambre d’Alicia chez Mama Shan. Je ne suis pas douée en pliage de vêtements, ni en taches ménagères d’aucune sorte à vrai dire, et c’est ce que j’ai dit à Stephen le premier soir où nous nous sommes retrouvés dans notre chez nous.

Il a gentiment proposé d’aller diner en ville, voyant l’absence de conserves et de cuisine tout court. Il y a bien une pièce avec l’eau courante, froide. Elle sert de cuisine, de distillerie, de salle d’eau, de garde-manger, de buanderie… il y a bien un vieux frigo : j’y garde des crèmes, des distillats. Parfois un peu de nourriture qui reste. Mais je ne cuisine pas. Pas selon les critères et les normes humaines.

Je lui juste demandé d’attendre un peu et de vérifier le paillasson à l’entrée. Une heure plus tard, il est revenu avec un grand plat en terre cuite d’où émanait une odeur délicieuse. Il me dit avec étonnement qu’il l’avait trouvé à l’entrée, sur le seuil de la porte, encore chaud. Ainsi qu’une corbeille de fruits et de fleurs. De quoi faire une salade et un bon dessert.

Il y en avait beaucoup trop pour une seule personne ; j’en ai conclu que les voisins faisaient ainsi honneur à celui qui allait partager mon toit.

J’ai rit jusqu’à en pleurer, vu la tête que faisait Stephen examinant le contenu des plats, tandis que j’expliquais que c’est ainsi que j’ai toujours vécu, de ce que autres m’offrent. De l’aumône en quelque sorte. Comme une sorte de moine bouddhiste, avait conclu pensivement mon Adoré.

Ce soir-là, l’électricité avait sauté. Selon une expression humaine, nous avons diné aux chandelles…

* * *

Je fais des travaux. Je voudrais en faire une surprise à Stephen, alors je profite des moments où il s’absente pour le faire, avec l’aide de quelques Cousins. De plus, j’ai prétexté une grosse fuite d’eau et nous dormons chez Mama Sha’an depuis deux jours.

Dans la salle d’eau, on va m’installer une vraie baignoire. On en a trouvé une à la décharge, pas trop abimée. Comme ça, il y aura un coin « salle de bains WC» séparé par un rideau. Par contre, pas la peine de rêver d’eau chaude courante. Tant pis, on la chauffera…

Et le coin cuisine de l’autre coté. Avec des plaques pour cuisiner. Et un nouveau frigo. Quand on en trouvera. Toujours à la décharge.

Pour ce qui est « salon », ou plutôt, mon « bureau de Marabout », il n’y a pas grand-chose à faire. Il est déjà assez encombré. J’espère qu’avec un peu de rangement et des rangements, ça le rendra plus « spacieux ». En tout cas je le décore avec le Rosier de cristal, les Figuier étoilé, les Carillons, les Trompettes Papillons… Peu importe si ça ressemble à une serre. J’espère que ça lui plaira. Sinon, je pourrais toujours les donner aux voisins, ou à Ava…

J’ai séparé le coin « chambre » avec une grille et ce mur végétal que forment le Figuier et les autres fleurs. Je voudrais peindre les murs et le plafond, comme dans une église. Avec un ciel. Et les étoiles. Et le soleil… Dans mes esquisses pour les cours de l’Université j’avais aussi dessiné un ange de lumière pure du soleil, mais je doute de mon Adoré apprécie son portrait sur les murs d’un appartement du Ghetto.
Pour l’instant, le matelas tient. C’est un vrai futon de lin et de coton, agrémenté d’un sur-matelas de fleurs séchées parfumées cousus dans un lin surpiqué (autre vertu : ça éloigne les insectes), un présent d’une voisine douée à la machine à coudre. Et l’espace est petit, un vrai lit ne ferait que l’encombrer inutilement.

Et puis il y a le débarras. A vrai dire, j’en ai besoin pour ranger les vieux cartons avec des livres, des parchemins, des plantes séchées et autres. C’est la pièce la plus sèche. Pour l’instant, je n’y touche pas. Mais si besoin, on la transformera en bureau pour Stephen, s’il le souhaite.

L’idéal serait, bien sur, d’avoir une pièce de plus. Et aussi le chauffage, surtout en hivers (les canalisations ont sauté avec les inondations et les montées d’eau au printemps, et je n’avais pas pensé à les réparer pour mon appart).

Mais je ne me vois pas déménager… Comment ce coin du Ghetto ferait sans moi ?


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MessageSujet: Re: Amsar "Samsara" Souadou   Ven 9 Nov - 20:11

Ça y est. Nous sommes libres. Nous ne servons plus Benedict Ashcroft.

Ça créé une sorte de vide.

Je n’irai pas jusqu’à dire que Benedict me manque. Mais son départ, ou dois-je dire fuite à Insmouth, a laissé une sorte de vide.

Je ne souhaite pas rejoindre directement et ouvertement Laurens Wilson.

D’une part, parce que nos « philosophies » divergent sur un bon nombre de points. Il sert la stabilité de la lumière ; moi, je sers sa liberté et la Grande Danse du Dharma.

D’autre part, aussi bien moi que lui vivrions ça comme un retournement de veste. Comme une trahison envers Benedict Ashcroft. Et je perdrais mon estime dans mes propres yeux, car je ne suis pas un traitre. Car celui qui a déjà trahi une fois, trahira encore et encore. Car Laurens Wilson ne m’accordera jamais sa confiance si je m’incline devant lui. Je ne suis pas un traitre. Un meurtrier, oui. Mais pas un traitre.

Stephen n’est pas un traitre non plus. Et ne l’a jamais été. Il est la personne la plus honorable qu’il m’a été donné de rencontrer. Il m’avait dit qu’il me suivrait dans mes choix, quels qu’ils soient. Et je ne ferai pas de lui un traitre. Se serait pire qu’une insulte pour ce Guerrier.

Nous devons trouver notre positionnement.

Il y a des êtres qui sont nés pour gouverner. Pour impulser une direction. Pour être écoutés. Pour être obéis…
Il y en a d’autres qui ne seront jamais aussi bons que dans l’ombre des premiers. Comme la main qui exécute une intention formulée.
Ces deux sortes d’êtres forment parfois une conscience unique. Ils peuvent créer de grandes choses. Ils peuvent les détruire…
Peut-être il en existe d’autres sortes d’êtres…

Nous devons trouver notre positionnement.

Pour l’instant, nous errons dans cette liberté nouvelle, comme perdus dans son brouillard enivrant. Nous la goutons enfin. Nous la savourons…

Un jour, nous en paierons le prix. Car tout a un prix. Tout n’est qu’offrande et sacrifice…


* * *

Cent trente cinq mille…

C-e-n-t t-r-e-n-t-e c-i-n-q m-i-l-l-e-s…

Trente cinq mille Humains et Nazaddis au Pentagone…

Cent mille Migos dans le Vaisseau Ruche…

Je les entends tous hurler… mes frères sur Terre… mes frères devant le regard des Etoiles dans l’espace…

J’ai sacrifié cent trente cinq mille êtres…

Est-ce que je peux encore être qualifiée de « meurtrier » ? C’est une appellation qui semble trop douce pour qualifier ce que j’ai fait.

J’ai seulement peur que mon Soleil, mon Ange adoré, se détourne de moi. Et alors il n’y aura plus aucune lumière dans mon ciel empli de hurlements…



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MessageSujet: Re: Amsar "Samsara" Souadou   Mar 13 Nov - 18:30


C’est bien Mandubian qui m’avait offert cette robe de soie blanche. Il a dû surement être revenu sur Damballa pour la retrouver. Je ne comprends pas pourquoi il a pris ces risques inutiles…

Enfin, pas inutiles : c’est les souvenirs qu’il m’a offert. Les souvenirs de moi lorsque j’étais la Reine Yeelen-Su. La Reine de Damballa. Celle qui a régné 10 000 ans sur ce monde. Celle qui a sacrifié le Soleil de Damballa…


* * *

« Je me demande qui a pu m’offrir cette robe… »
« Ça doit être un soupirant… »


Cette phrase de l’Ange résonna comme un écho dans la tête de la Nazaddi borgne qui regarda le saxophoniste disparaitre dans la nuit. Elle descendit de la fenêtre et revint chercher le parchemin avec les écrits de la Reine Yeelen-Su.

Elle le déposa devant l’Ange.

« Je n’ai nul secret pour toi. Cette lettre qui je m’étais écrite apporte certaines réponses. Mais pas toutes. Elle est de celle que j’ai été à celle que je suis. Et je ne sais toujours pas qui je suis. Mais ce que je sais, c’est que je n’appartiens qu’à toi.», elle dégrafa la robe et la soie blanche glissa sur sa peau d’onyx à ses pieds. « Je n’ai jamais été qu’à toi… »

« Je ne me rappelle pas de ce que j’étais ni de ce que j’ai fait dans ma précédente incarnation, lorsque je portais le nom de Yeelen-Su. Je ne sais pas pourquoi après cette discussion avec un Caraban j’avais sacrifié le Soleil de Damballa. Etait-ce pour mon peuple ? Etait-ce pour nourrir les dieux sombres éternellement affamés… Mandubian était-il mon garde du corps ? Mon conseiller ? Mon serviteur ?... Je ne sais. Cette robe, ce n’est pas un vêtement, c’est un souvenir de mon passé…Et ta lignée, car elle en parle, est liée aux Etoiles…» continua-t-elle, apercevant le reflet de son corps dans le quartz bleuté dont les Shogoths avaient recouvert le mur. Longiligne, grande, aux courbes désormais affirmées de jeune femme et non plus de gamine.

L’Ange blond la regardait. Mais elle lisait autre choses dans ses yeux qu’une simple concupiscence et le désir de posséder ce corps qu’elle avait surpris dans les prunelles d’ambre du Dragon Ludwig Prinn. « Tu es ma seule Etoile… Mon Etoile-Compagne… » chuchota-t-elle lui tendant ses mains.




* * *

Maintenant je sais sculpter la lumière.

Il y a des mois de cela, je m’étais promise que le seul anneau digne d’orner les doigts de mon Adoré devait être de lumière pure.

Et le premier objet que j’ai forgé est un anneau. Un simple anneau lisse d’ambre de lumière, avec le signe de la protection des Anciens gravé sur sa face interne. J’ai condensé la lumière en fils d’ambre et j’ai entrelacé ces fils dans l’etoile de protection.

Je dois le protéger. Je veux le protéger.

Lorsque je serai certaine, je le lui dirai et lui offrirai cet anneau. Mais j’ai beau me regarder dans le miroir, aucune courbe de mon ventre ne me laisse supposer que les affirmations de Yeelen-Su soient vraies.

« La malédiction de dieux Extérieurs qui a flétri la fertilité des unions entre les Humains et les Nazaddi ne peut toucher la lignée Royale des Al-Naïr… » C’est ce que Yeelen-Su a écrit. Je lui avais montré ce parchemin. Est-ce qu’il a pensé que je pouvais… que nous pouvions…

Si c’est encore un mensonge… Et si c’était vrai ?... Si… Comment il le prendra… Comment est-ce qu’on fera ?...



* * *

La seconde chose que j’ai tissée de lumière d’ambre draconique est une robe-tunique. Pour moi. En ces temps troubles, j’ai cru utile de porter une armure discrète, et aussi l’ambre draconique est indestructible. Et il tient chaud !
Et elle est jolie, pour danser au Nostromo…

Quand les nuits seront plus fraiches, je tisserai des pierres chauffantes d’ambre. Ça replacera le chauffage traditionnel…


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MessageSujet: Re: Amsar "Samsara" Souadou   Jeu 15 Nov - 17:28



« Ce qu’on appelle parole vraie, c’est la sincérité dans le cœur et dans la parole, sans tromperie, par crainte de la bouche qui comme un tigre mord son possesseur, et de la langue qui comme une épée lui tranche la vie ; cela consiste à ne point parler à la légère ». (Moine Mujo, 1283, « recueil de sable et de pierres »)






Il était une fois un guerrier, un grand Seigneur des Etoiles. Un printemps, alors qu’il était en voyage dans la grande Cité de Damballa, il vit depuis les jardins du Palais une silhouette solitaire sur le balcon d’une haute tour, qui chantait la beauté du soleil naissant à l’aube. Alors il s’assit dans l’ombre d’un saule sous le balcon et joignit sa voix à celle de la Chanteuse.

Et la Chanteuse mêla son chant à cette voix inconnue. Et elle sentit les rayons du soleil naissant caresser sa peau et la réchauffer de la fraicheur de la nuit.

Le Seigneur des Etoiles pensa qu’il s’agissait d’une Dame de compagnie de la Reine et décida de prolonger son séjour dans la Cité. Le lendemain à l’aube il revint aux portes du jardin, souhaitant la revoir, mais en vain. Alors il revint tous les jours suivant à la même heure, mais aucune fois ne la vit. A peine entendit-il son chant clair et limpide comme des gouttelettes de rosée.

Il n’avait aucun moyen de lui transmettre une missive, car il ne connaissait rien d’elle, même pas son nom. Alors il s’installa dans une demeure en face du Palais et renonça à ses fonctions et prit retraite.

Et puis un jour, il apprit que la Reine partait dans sa Résidence d’Eté, ainsi que toute sa cour. Et il se mêla à la foule, dans l’espoir de revoir la Chanteuse. Et il l’aperçut, alors qu’elle montait dans sa chaise à porteurs. Il décida alors de suivre la Cour Royale, et vendit ses biens pour pouvoir faire ce voyage. Mais il ne put lui parler, ni l’approcher durant ce voyage, ni durant l’été.

Et puis, lorsque la Cour partit à la Résidence d’Automne, il la suivit encore. Et il put apercevoir la Chanteuse encore une fois. Et il la suivit l’automne, et l’hiver, et le printemps suivant…

Et des années passèrent ainsi. Le Seigneur des Etoiles avait renoncé à ses titres, à ses richesses, à son passé glorieux. Chaque matin il se rendait devant les palais, chaque matin il espérait revoir la Chanteuse et entendre sa voix.

Et puis un matin, alors qu’il était déjà devenu un mendiant anonyme, un vagabond qui vivait des offrandes de ceux qui respectaient encore les anciennes coutumes, il la revit marcher dans les jardins de Damballa.

Et elle le vit également, et elle s’approcha de lui et lui dit : « Je ne sais qui tu es, mais tes yeux brillent comme les Etoiles de notre ciel. Je sais que cela fait des cycles et des cycles que tu viens tous les matins à l’aube et que tu attends quelque chose. Ou quelqu’un. Ouvre-moi ton cœur, ne me le cache pas. Si tu gardes ton secret maintenant, quand veux-tu me le dire, et à qui, si ce n’est pas à moi ?... »

Alors le mendiant sortit de son sein un petit paquet et le lui tendit, en disant : « Mon cœur est enfermé là ».

La Chanteuse sentait bien qu’elle connaissait cette voix, mais elle ne pouvait la nommer. Alors elle ouvrit le paquet et en sortit quatre vingt dix feuillets de mince papier, sur lequel le Seigneur des Etoiles avait écrit l’histoire de son amour, depuis l’aube où il avait vu la Chanteuse sur la haute tour du Palais, jusqu’à cette dernière aube, où il l’attendait devant les grilles du jardin.

Et elle les lut, chuchotant chaque mot comme une prière, chantant chaque vers comme une hymne. Et le mendiant tomba à genoux, en adoration devant celle qu’il cherchait depuis si longtemps. Et son cœur et son corps furent pris de faiblesse. Et alors qu’elle termina son chant, l’astre de Damballa était monté au zénith, et le Seigneur des Etoiles porta la main à son cœur et il fut nimbé de lumière d’or. Et les rayons du soleil se déployèrent dans son dos comme des ailes intangibles.

Et lorsque les yeux de la chanteuse quittèrent les parchemins et se posèrent de nouveau sur le mendiant, elle ne vit que des habits élimés gisant à terre. Alors elle sentit des vents invisibles l’enlacer, et, levant son regard vers le ciel, elle vit le Seigneur de l’étoile au zenith devenu Ange de Lumière s’envoler vers le Soleil, emportant son chant. Et il lui chuchota, comme dans un souffle de rencontre et d’adieu « Yeelen… » ce qui signifie « lumière » dans l’ancienne langue Nazaddi.

Et alors la Reine de Damballa reconnut cette voix et prit le nom de Yeelen-Su, ce qui signifie « lumière de la nuit « ou « nuit de lumière ».



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MessageSujet: Re: Amsar "Samsara" Souadou   Jeu 15 Nov - 19:15









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MessageSujet: Re: Amsar "Samsara" Souadou   Jeu 15 Nov - 21:23

Jezabel Charlotte a écrit:



Et le premier objet que j’ai forgé est un anneau. Un simple anneau lisse d’ambre de lumière, avec le signe de la protection des Anciens gravé sur sa face interne. J’ai condensé la lumière en fils d’ambre et j’ai entrelacé ces fils dans l’etoile de protection.



je regarde l'anneau. il ne ressemble pas à ce que je pensais. mais il est vrai que j'ai sculpté en aveuglette. d’ailleurs je crois que je garde souvent les yeux fermés lors de mes rituels...

ce que je tiens dans mes mains est un anneau lisse d'ambre chaude et lumineuse comme l'or de lumière, comme un rayon du soleil recourbé.

et si je regarde la face interne, c'est le serpent lové sur lui même, formant une double boucle, comme un signe de l'infini replié. et dans le croisement est gravé le signe d'Erzulie Freda, comme un cœur de lumière, comme une étoile scintillante.

je crois que j'ai déjà vu ce signe... oui, lorsque j'ai mis cette robe de soie blanche que m'avait ramené Mandubian de Damballa... le serpent de l'infini, le serpent est un des symboles de Damballa ... ou de Yeelen-Su...

le serpent est aussi mon symbole. mon Harmoniste est un Cobra. le serpent mue, donc change. il est semblable au Grand Dharma; il est comme la Danseuse, il ondule au rythme du chant des etoiles...

je crois que ce signe, cet anneau du serpent de Damballa, sera une protection pour mon Adoré. je l'espere.

je crains encore la vengeance de Benedict Ashcroft. je crains les dieux extérieurs et la Tenebre. même si j'essaie de ne pas montrer ma crainte; mais par moments, je me sens étouffée par ces bouffées de terreur... et j'entends des êtres hurler ....

j'entends hurler les trente cinq mille êtres dévorés par une nuée de ténèbres ... j'entends hurler les cent mille consumés par les flammes des dragons...

j'entends se lamenter ceux qui creusent leurs propres tombes et construisent leurs mausolées....

alors je me force à ne pas crier dans mes reves... parce que je suis vivante et eux ne le sont pas. parce que personne n'entend des cris dans la nuit de l'espace sideral. parce que je ne veux pas nourris de mes cris ceux qui se repaissent de la souffrance des sacrifiés...

et ça me reveille... tous ces cris .... et ça me rend malade ...
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MessageSujet: Re: Amsar "Samsara" Souadou   Mer 21 Nov - 19:36



Liberté absolue…

Depuis que l’ombre de Yeelen-Su a essayé de me posséder, de fusionner en moi, je n’ai plus remis les pieds dans le Ghetto Nazaddi.

Ce lieu nous est devenu hostile, avait dit Stephen. Et je le crois. C’est lui qui m’avait sorti du cocon de Ténèbre dans lequel m’avait enveloppée l’ombre de ma précédente incarnation. C’est lui qui m’avait libéré d’elle.

Tu n’es pas elle, tu n’est pas cette reine, m’avait-il dit et répété, tu es juste Amsar, et ça me suffit.
Tu es le Soleil de ce monde, mon Adoré. Tu es mon Soleil. Le Soleil de mon monde. De notre monde…

L’incarnation d’un monde et l’incarnation de son Soleil sont deux vagabonds errant sur une Terre à l’agonie… Quelle ironie et quel reflet sublimé de l’energie libre !...

Aucune attache, juste l’errance. Tout toit qui nous accueille pour quelques heures de repos dans cette cité devient notre toit, notre foyer éphémère. Et puis nous le quittons, sans regret, mais avec espoir qu’un autre toit nous abritera de la pluie…

Tout semble si simple quand c’est toi qui me le dis. Nous sommes juste nous. Sans le poids des pré-incarnations. Sans les ombres et les lumières des existences passées, glorieuses et infâmes, illustres et sombres…

Le Messager Amtar me dit que le seul moyen de sauver la terre, de lui donner du répit, est de nourrir son soleil par un sacrifice approprié : « peut-être il y a juste la bonne personne à sacrifier, le bon soleil, pour retarder la venue des dieux extérieurs. Le grand sacrifice, la grande communion du sang et de l’âme. Tu es notre promise, notre sacrifice : Yeelen-Su fut l’un de mes masques, elle était le sacrifice ; le sacrifice de l’Etoile de Damballa n’était qu’un prémisse, le vrai était son sacrifice »…


Et à Damballa, le Caraban déchu qui avait écrit le Nécronomicon et symbiotisé par son ouvrage, m’affirma clairement et logiquement que :

i_ mon œil d’aérolithe noire est un éclat de l’œil de l’idole-Phare de Yeelen-Su ; et son œil et l’œil du Phare Cycopean ne font qu’un ;

ii_ pour bâtir Damballa, la Reine avait contracté une dette auprès des Ténèbres. Pour payer cette dette elle devait sacrifier l’Etoile de Damballa selon les rites du Necronomicon. Mais la Reine a sacrifié l’Etoile selon les rites du Livre des Astres, afin qu’elle échappe aux dieux sombres. La dette ne fut pas payée et l’acte fut considéré comme blasphématoire. Alors les créanciers sombres sont venus réclamer le monde même de Damballa ;

iii_ le monde de Damballa était incarné en sa Reine. Le Soleil de Damballa s’incarna en la lignée des Bergers, une lignée solitaire, dont un seul membre vit à chaque génération. Et ceci fut possible parce que l’âme du soleil avait échappé aux dieux sombres.

Et dans le caveau de la Reine j’ai trouvé le « rite du sacrifice de l’ame-sœur », sur un parchemin déchiré d’un ouvrage inconnu écrit en arabe; je n’ai pu le rapprocher ni du Necronomicon (si ce n’est par sa langue), ni de livre des astres…

iv_ la conclusion rejoint ce que m’avait annoncé Amtar : pour payer la dette aux Ténèbres et sauver le monde (ou du moins lui donner un répit), Terre ou Damballa, peu importe, puisque les deux ne font qu’un, il suffirait de sacrifier aux dieux extérieurs le Soleil…

En fait, contrairement à ce que j’avais toujours cru, c’est tout un monde que j’avais sacrifié, le monde et ses habitants, pour sauver une seule étoile, le Soleil de mon cœur…

Je me sens soulagée.

Si le monde était mien, ou plutôt, si le monde de Damballa était moi, je suis heureuse de savoir que j’avais donné ma vie, mon incarnation, mon existence, pour sauver l’Etoile… Mon Etoile-Compagne.

Maintenant, les mots et les apparences prennent sens.

Les masques, tout d’abord. L’allégeance de mon peuple – et donc la mienne – aux dieux sombres et leur messager Nyarlatothep, porteur des milles masques. Et aussi les masques de chair, que deviennent ceux dévorés par les Livres, qu’il s’agisse du Nécronomicon, ou encore du Vermis Mysteris, son reflet dans la Lumière stable.

Et nos rites, nos légendes sur les Etoiles !... Dans chacune de nos unions, nous célébrons l’Union sacrée du Monde et de son Soleil. C’est la raison pour laquelle les épousés se nomment mutuellement « étoile-compagne »…

Soleil de ma vie ! Soleil de mon cœur !

Merci de m’avoir retrouvé…

Loué soit le Grand Dharma de nous accorder ces instants fugitifs de bonheur et de liberté absolue…

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MessageSujet: Re: Amsar "Samsara" Souadou   Mer 21 Nov - 20:49

MAFIA BLUES

Part 1



C’était le soir où j’avais dansé au Nostromo. Avec Vadim et Alicia. Vers la fin de notre spectacle, la salle à son comble était plongée dans une obscurité et seule la scène était éclairée, par à-coups lumineux, faisant ressortir l’immobilisme apparent des danseurs et l’agencement des postures.

C’est à ce moment là que le silence quasi-religieux de la salle fut déchiré par des coups de feu.

On tirait depuis la salle. On tirait sur nous. Je l’ai compris quand j’ai senti une douleur au niveau des cotes. Plusieurs impacts.

Et puis j’ai vu Alicia s’écrouler en hurlant... Et je m’étais jetée sur elle pour la protéger… Et j’ai vu Vadim faire un pas vers nous, sous la lumière saccadée des projecteurs. Puis un autre. Et il tomba dans mes bras. Et j’ai senti dans ma bouche ce gout chaud et ferreux…

Des hurlements dans la salle. Des éclairs épars des tirs croisés… Bruits de chaises et de tables renversées… Affolement…

* * *

« Il ne mourra pas… » murmura une Nazaddi aux yeux d’ombre et de lumiere, essuyant ses mains sur sa robe luxueuse de danseuse, tachée de sang et déchirée en plusieurs endroits, dévoilant une tunique de fils d’ambre lumineux.

L’homme gisait devant elle, sur une table éclairé par plusieurs bougies, car l’électricité avait sauté. Déjà sa blessure au ventre s’était refermée et il avait cessé de gémir. Ses traits jeunes et réguliers, italiens sans doute, étaient apaisés dans son sommeil. Auprès de lui, une jeune femme en tailleur strict, lui tenait la main et chuchotait en italien, une prière, sans doute. Elle le nomme plusieurs fois « Amadeo »…

« Il vivra… » répéta la Nazaddi, obliquant son regard sur un jeune Humain aux boucles blondes et au corps parfait d’un dieu antique ou d’un danseur. Ce Danseur qui ne dansera plus sur cette Terre… Vadim avait été touché par plusieurs balles, dont une en plein cœur. Il est mort sur scene. Tout comme il avait vécu… Alicia était dans un état de choc dans la salle voisine, avec le barman et quelques serveuses, peu ou pas blessées.
D’autres n’avaient pas eu cette chance et dans la salle du Nostromo, défigurée par la fusillade et la lutte, l’on inspectait encore des cadavres…

« Vous êtes cette Marabout… », la jeune femme italienne articula lentement les mots, comme une affirmation. Néanmoins Amsar hocha le tête, tapotant nerveusement sur son masque de danseuse, son masque Al-Naïr.

« Je me mêle surement de ce qui ne me regarde pas, mais l’on dit chez nous que le sang appelle le sang… » commença la Nazaddi d’une voix blanche.

La jeune italienne haussa un sourcil et la fixa attentivement. « Chez nous également, on dit cela… » répondit-elle.

« …Donnez-moi alors des noms… des lieux… »

« Et vous en ferez quoi ?! », l’interrompit l’italienne, « Ils ont osé venir nous attaquer chez nous, sur notre propre territoire. C’est une provocation ! Ils étaient plusieurs, quatre ou cinq tireurs confirmés. Et vous, vous pensez que vous pourrez faire quoi que ce soit toute seule ? »

« …Donnez-moi les noms, et j’apaiserai les âmes de ceux qui ont été tués et bafoués en les abreuvant du sang de leurs meurtriers. »

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MessageSujet: Re: Amsar "Samsara" Souadou   Ven 23 Nov - 15:21

MAFIA BLUES

part 2





* * *

Stephen m’écouta calmement.

Trop calmement.

J’avais peur qu’il m’interdise de remettre les pieds au Nostromo, mais il ne dit rien à ce propos. Il examina attentivement ma tunique d’ambre draconique, intacte, et posa le verdict silencieux que je dois faire plus attention. Il ne dit rien, mais je le vis dans son regard inquiet et désapprobateur.

« Ainsi, tu as sauvé la vie, avec tes baumes, à Ice Gambino… » dit-il pensivement. « Vue ta description, il s’agit de lui. Et son prénom est bien Amadeo… »

Amadeo « Ice » Gambino. Nouveau parrain de la mafia italienne d’Arkham. Tager ayant pouvoir sur la glace. Tager, tout comme nous… pensa Amsar. Ce n’est pas moi qui l’ai sauvé, c’est le Grand Dharma qui l’a voulu ainsi.



* * *

A plusieurs centaines de mètres du Concordia, juché sur le toit désert d’un immeuble résidentiel, un Ange de la mort, invisible, ajustait un fusil de précision.

Les résidents de l’immeuble dormaient d’un sommeil paisible respectant le couvre feu. Une patrouille militaire passa dans la rue en contrebas.

L’Ange pressa doucement la détente.

La balle partit, invisible et intangible, traversa la baie vitrée de l’hôtel. Et explosa en gerbes luminescentes dans la cheminée, telle un feu d’artifice meurtrier.

L’Ange de la mort rangea minutieusement son fusil, enfourcha sa moto et descendit, silencieux, passant à travers les étages, traversant des salons, des chambres à coucher, des bureaux… Puis, une fois le sous-sol atteint, mit le contact et partit.

Il ne vit pas les flammes dévorer ceux qui essayaient en réchapper. Il ne vit pas les corps calcinés se tordre dans ces flammes en une danse macabre, jusqu’à tomber en poussière. Il ne vit pas leurs âmes rejoindre le tourbillon des spectres invisibles et se dissoudre dans le fleuve cosmique des renaissances karmiques…




* * *

Le Nostromo était fermé au public. Pour cause de travaux de rénovation, indiquait la pancarte à l’entrée principale.

Dans la salle vide, une danseuse au visage couvert d’un simple voile de lin blanc, évoluait au rythme d’une musique inaudible sur la scène éclairée par neuf bougies aux flammes vacillantes.

Une seule table était dressée, dans la pénombre face à la scène. Des fleurs. Une bouteille de vin, deux couverts…

Elle l’attendait. Elle avait senti les flammes se déchainer, et elle les canalisait, elle dansait dans et avec ces flammes. Cette nuit, lui, il était l’Ange de la mort, et elle, elle était la Danseuse-bergère qui ramenait les âmes dans le giron du Grand Dharma, les dérobant à la dévoration par la Lumière stable et la renaissance dans la non-vie des Ténèbres denses et des mondes des Morts.

Elle l’attendait, car elle souhaitait qu’il puisse voir sa danse, la Danse de Kali la Destructrice du Grand Dharma. Elle dansait, vêtue d’une simple tunique de lumière tissée qui semblait couler sur son corps d’onyx comme un feu liquide coulerait sur un ciel de nuit, épousant chacune de ses courbes,

L’Ange blond était assis dans la pénombre. Sur la table dressée pour deux, des origamis étaient posés délicatement comme autant de fleurs pales de papier.

L’Ange regardait la danseuse, sa Danseuse, voletant comme un feu follet sauvage et déchainé entre les flammes des bougies vacillante sur la scène. Sa robe de lumière se tendait sur son ventre arrondi et l’illuminait de reflets changeants à chacun de ses mouvements. Jeune femme et bientôt mère, elle portait la vie et dansait la renaissance…



* * *

Extraits du rapport de la police d’Arkham.

Dans la nuit du xx au xx septembre 2086 un accident mortel s’est produit dans le restaurant de l’hôtel Concordia du centre ville d’Arkham, causant la mort de 38 personnes.

Le salon privé avait été réservé par Izhak Shapiro à l’occasion de l’anniversaire de son fils ainé, Amir Shapiro, installé récemment à Arkham avec sa famille.

Tous les membres de la famille et leurs invités ont connu une fin tragique et les agents de police dépêchés sur place n’ont pu retrouver que des cadavres calcinés qui tombèrent en poussière à la moindre manipulation.

L’équipe du personnel de l’hôtel et le personnel de cuisine n’avait pas été touchée par l’incendie, les Shapiro ayant eu leur propre personnel pour le service de salle.

Il est à noter que l’équipe des pompiers dépêchée sur place n’a pu éteindre le feu, malgré de nombreuses tentatives ; et qu’ils qualifient l’incendie de « foudroyant », au vu de la rapidité de la propagation du feu et de son intensité. Les conditions météorologiques peuvent possiblement y avoir eu une influence (temps sec et venteux).

Une origine criminelle semble peu probable, au vue de la sécurité déployée par les services de l’hôtel et par la famille Shapiro en vue de cet événement. La piste à privilégier reste celle de l’accident.

L’explosion semble provenir de l’ancienne cheminée du salon, en raison notamment de son caractère vétuste et l’absence de ramonage récent. La direction de l’hôtel déplore ce manquement à la sécurité.




* * *

Julietta Gambino visionnait l’enregistrement légèrement flouté du Nostromo fait dans la nuit du xx et xx septembre 2086.

La danse était envoutante. Hypnotique. Sinistre et fascinante à la fois. Julietta frissonna, comme si un vent sidéral l’avait frôlé.

Elle sentit confusément qu’il y dut y avoir un lien entre cette danse et les événements étranges qui eurent lieu cette nuit. L’incendie du l’hôtel Concordia, qui tombait l’on ne peut mieux pour les Gambino. Et la disparition de tous les cadavres des personnes tuées quelques jours auparavant par les Shapiro au Nostromo. Non, les cercueils n’avaient pas été ouverts. Mais au levé du jour, ils étaient vides, comme si les corps étaient tombés en poussière.

Au moins, ils ne renaitront pas en tant que choses sans vie dont parlent les rumeurs de la deep-sphère, pensa avec un certain soulagement la jeune italienne, appuyant sur le bouton d’effacement de l’enregistrement et de ses sauvegardes. Personne n’avait à savoir quoi que ce soit.

D’ailleurs, il n’y avait rien à savoir.



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Jezabel Charlotte

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MessageSujet: Re: Amsar "Samsara" Souadou   Ven 30 Nov - 23:26


LA FUSIONNÉE



Je suis libre !

Je suis libérée de toutes mes attaches : mon Ange et mon fils, mes Soleils adorés sont partis. Les portes de lumière se sont refermées sur eux.

Mon monde a sombré dans les ténèbres en cet instant.

Mais je suis libre …

… je peux détruire tout ce qui subsiste encore en ce monde à l’agonie, enchainé dans un carcan de Lumière Stable et ses Ombres Denses.

J’ai hurlé ma liberté et ma solitude.

Dans ma chaire, couverte de la robe de lumière tissée qui coule sur ce corps que nulle étreinte de l’Ange Adoré ne réchauffe.
J’ai fait danser la lame de mon couteau d’Assassin Sacré sur ma peau d’un noir d’onyx. Le sang coula sur les contours de la silhouette aux ailes déployés sur mes seins encore gonflés de lait, m’entourant, comme jadis les bras de l’Ange le faisaient. Je porte les traits de mon Adoré gravés dans ma chaire. J’arbore l’image du soleil de mon fils sur le ventre qui l’avait porté.

Dans mon âme, plongée dans les ténèbres de la solitude que j’ai choisie afin de préserver les deux Etoiles que j’aime.
L’Etoile-compagne de mon âme et l’Etoile née de notre affection. Stephen Shepard. Et Hoshi-Anouar (dont le nom signifie en japonais et dans une langue oubliée « étoile éblouissante »).

Dans mon cœur qui n’a plus nul besoin de battre.
Il ne battra pas pour ce monde en ruines, ce monde exsangue de sève, enchainé dans ses effluves empoisonnés d’or et de basalte. Il ne battra point, car pour détruire, il ne faut point se fier à son cœur.
Il ne battra que pour ceux que j’aime. Que pour eux. Que pour l’espoir de les revoir.

J’ai hurlé la douleur et l’extase de la liberté et de la plénitude enfin retrouvée.

Plénitude, car nous avons fusionnée, mon symbiote et moi-nommée-Amsar.
J’ai accueilli en moi mes ombres de lumière et de ténèbres. « Nous » ne sommes que « moi » dorénavant. Je suis une Fusionnée. Certains écrits nous donnent le nom de « Grands Anciens »… Je préfère pour nom « Amsar » ou « la Danseuse ». Car c’est pour danse le Grand Dharma que j’ai été crée…

J’irai danser la libération. La destruction. Car tout doit retourner à la poussière. Cette poussière d’étoiles qui précède toute naissance et toute création.

Je ne haie point la Terre.

C’est même le contraire. C’est parce que je ressens de l’affection pour ce monde qui m’avait accueillie et pour ses habitants, que je souhaite sa destruction et choisis de devenir l’agent de celle-ci. Car je souhaite libérer ce monde et de l’oppression des Dragons de Lumière et de l’obscurantisme des Dieux Extérieurs des Tenebres Denses.

Je vais détruire par affection. Je vais détruire pour libérer. Je vais détruire afin de permettre la renaissance. Je vais faire couler le sang pour nourrir le fleuve invisible de l’énergie de toute vie. Je vais tuer afin que tourne la grande Roue des Incarnations Karmiques des consciences. Je vais danser l’anéantissement afin que l’essence même de ce monde soit purifiée.

Afin que soient ouvertes les Grande Portes Ourlées de Lumière…

Et alors peut-être le Grand Dharma m’offrira l’ultime récompense : le bonheur de retrouver les deux soleils de mon cœur…

Et si je meurs… Je n’ai pas peur de mourir. Car toute mort est renaissance. Mais si je meurs, je sais que mon Etoile-Compagne me retrouvera. Quel que soit le monde. Quelle que soit mon incarnation… Il me l’a promis.
Et peu importe des milliers d’années d’attente, car les seuls instants de mes vies ne sont que pour lui. Car il est la seule lumière de mon ciel…



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Amsar "Samsara" Souadou
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