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 Elijah Scott

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Zachary

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MessageSujet: Elijah Scott   Lun 25 Juin - 21:46





Les immeubles qui touchaient les cieux se fracturent, les
flammes léchant la ville. Le bruit des explosions laisse une note stridente,
tandis que le monde tourne lentement à la folie. La porte se claque et la mère
s’enfuit. Tout est sur le point de s’écrouler.


Une main qui se tend et qui prend l’enfant, l’attirant
en-dehors de l’appartement, en-dehors de l’immeuble qui brûle. C’est un
militaire, ou plutôt c’était, puisqu’il a déserté sa place. Peut-être se
rachète-t-il juste une conduite, mais il sauve une vie, celle d’Elijah.


New-York s’effondre ; son père, là-haut, meurt sous les
griffes d’un démon noir.


2062, il n’a que sept ans.


***


Le professeur fait rentrer le nouvel élève.

« Je m’appelle Vreta, enchanté. »

C’est un nazzadi, un ancien ennemi. Un clone, envoyé par les insectes pour
détruire la terre. Pour tuer son père. A la pause Elijah le pousse. Il est avec
sa bande, il cogne le jeune étudiant. Ce jour-là il lui casse le nez et lui
crache au visage :


« SI tu reviens demain, je te crève. »

Vreta n’est jamais revenu.


2072, il a déjà dix-sept ans.


***


Elijah a abandonné ses études. Il a décidé de ne pas valider
son diplôme en physique ondulatoire. Peu importe, le monde est pourri. Il a
rencontré Alyson, elle l’a convaincu : autant profiter du moment présent.
Il distribue des prospectus, prend de la drogue, il vole et vandalise des
marchands.


Mais ce n’est pas assez. Rien n’est assez. Elle lui fait
rencontrer des amis. Ils ont besoin d’aide et il peut les aider. Il accepte et
il se remet au travail. Il sait que cela ne servira à rien, mais ils sont
gentils avec lui. Ils le comprennent et disent qu’il est important.


Il ne s’y connait pas bien en explosifs, mais ce qu’ils
veulent c’est le détonateur et ça, c’est dans ses cordes. Ils vont faire sauter
l’ambassade des nazzadis, ces salauds.


Finalement il apprend que c’est une école qui a sauté. Il
voit le corps des enfants. Difficile de se rendre compte que c’étaient des extra-terrestres. Il part,
on le black mail mais Elijah ne veut plus rien à voir à faire avec tout ça.


2076, il a 21 ans.


***


Sous la douche, la lèvre explosée et l’œil en sang. Les deux
mecs n’ont pas apprécié qu’il prenne leur place et veulent lui faire payer. Six
mois en prison, bien qu’il lui reste encore dix ans à tirer. L’un des gars veut
le violer, mais quelqu’un intervient. Pas un garde, ceux-là savent qu’il a tué
des gosses. Non, c’est un homme à la peau brune, encore un nazzadi, qui éclate
l’un des enfoirés. Elijah hésite pas et brise les couilles de l’autre.


Gebela, en taule pour avoir tué celui qui avait agressé sa
femme. Elijah oublie le racisme, protégé par ce gaillard fort. Ancien
militaire, ayant participé à l’attaque de New-York. Ironie du sort.


2077, 22 ans.


***


« Alors, vous voulez rejoindre l’effort de
guerre ?
- On m’a dit qu’il y avait une réduction de peine.
- Infanterie, quatre ans de service et vous êtes libre. Personnel
administratif, six ans de service. Pilotes de Mecha, deux ans de service.
Personnel médical, un an de service. Je vois dans votre dossier que votre père
pilotait un MV-12 Flamberge. Vous serez peut-être intéressé par marcher dans
ses pas ?
- Pas vraiment non. Et puis je ne sais pas piloter.
- Je vois. Et bien nous pouvons effectuer quelques tests pour voir si vous
serez apte.
- Apte à ?
- Je ne peux pas en dire plus aujourd’hui. Mais ce sera l’occasion de faire la
différence. Vraiment. »


Fin 2080, 25 ans.


***


L’alarme retentit dans les locaux. Les portes blindées se
ferment, le personnel militaire prend position. Le professeur Rosnal compte
jusqu’à trois à voix haute et sa collègue et lui entrent simultanément la clef
et s’apprêtent à la tourner, lançant la procédure d’autodestruction de la base.


En contrebas, dans la grande salle, le réacteur D d’Engel
Alpha surchauffe. Il n’y a pas le temps de sortir les autres Engels prototypes.


La procédure d’auto-destruction ne sera pas nécessaire.
Alpha explose, l’onde de choc réduisant à néant la base surprotégée, dans un
nuage de particules tellement brûlant que le monde semble fusionner. Les corps
du nombreux personnel disparaissent.


On ne retrouva au centre du cratère qu’une seule créature.
Un monstre à taille surhumaine, recroquevillé sur lui-même. Un instant NEG
hésita, mais finalement l’Engel fut pris et emmené dans une autre base,
souterraine.


Les recherches ne furent pas perdues, Dr Miyakame les
utilisa et lança les premiers prototypes efficaces d’Engel.


2081.


***


« On vous a dit que vous alliez sauver le monde. Les
Engel sont les nouvelles armures mécanisées, celles qui nous feront gagner la
guerre contre les monstres et les insectes. On vous a dit que vous alliez être
des héros… Mais tout ça c’est du pipeau. Vous allez voir plus de conflits que n’importe
quel pilote de mech et ce n’est pas peu dire. Vos machines seront des monstres
sans âmes pires que nos ennemis. Vous allez mourir, salement qui plus est. Vous
n’êtes pas là pour être des héros, mais pour que des privilégiés puissent vivre
une journée de plus dans cet enfer que l’on appelle la terre. C’est pour cela
qu’on vous a choisi, vous ne manquerez à personne et la société a besoin de
vous une dernière fois. Alors faîtes vous une raison. »


Fin 2081, il a 26 ans.


***


« Vous pensez qu’il communique ?
- Regardez cette séquence. Elle se répète, encore et toujours, mais avec des
modulations. Nous n’avons pour le moment aucune idée de ce que cela veut
dire, mais c’est le seul Engel qui produit de telles ondes. C’est aussi le seul
qui est resté isolé aussi longtemps.
- Cela serait une découverte proprement fascinante. Le gouvernement a été
alerté ?
- Non, nous avons jugé que cela devrait rester secret pour le moment. Nous
préférons comprendre ce langage et si possible apprendre à communiquer avant
quoi que ce soit. Si ceci se savait trop tôt, cela pourrait ruiner toute chance
d’atteindre une meilleure compréhension des Engels.
- Très bien Alister. Continuez, mais surtout tenez moi informée. Peut-être devrons-nous
trouver un pilote. »


2082


***


Elijah descendit avec le professeur Alister Erlwey, celui
qui lui avait fait passer tous les tests lors de sa préparation à l’académie,
deux ans plus tôt. Elijah pensait encore en ce temps que le projet Engel était
une aubaine qui le sortait de prison et lui donnait un sens. Le sang, la mort,
les cris… Tous les fronts qu’il avait faits en à peine six mois de service et
la souffrance… Chaque fois que Vasariah se faisait blesser, il le ressentait
avec une violence que seules les drogues pouvaient calmer. Une horreur de tous
les instants.


Les autres pilotes, auxquels il avait appris à ne pas
s’attacher, semblaient avoir une conscience moins claire de ce que ressentait
leur mech. Mais ils étaient aussi moins efficaces.


« Vous avez sûrement entendu parler de l’Interface
Synthesis. Nous l’avons finalisée cette année et elle sera bientôt mise en
service. Son rôle est de mieux contrôler les instincts des Engels.
- Instincts ? Ce n’est pas ce qui se dit officiellement. On parle tout
juste de programme.
- Vous êtes quelqu’un d’intelligent et plus encore vous avez piloté un Engel.
Vous savez ce qu’il en est. »


Ils s’arrêtèrent devant une grande porte au multi-blindage
en arcano-acier. Le professeur utilisa une clef, se fit reconnaître la rétine
avant d’entrer un code d’une vingtaine de chiffres. Trois gigantesques portes
s’ouvrirent une à une.


Derrière un Engel, pratiquement enchâssé dans le mur. Une
armure le recouvrait totalement, ne laissant que les yeux de la créature. Il
n’avait jamais vu d’Engel aussi hermétiquement protégé, ayant du mal à imaginer
ce qui pouvait se cacher derrière.


« Cet Engel est vraiment particulier. Voyez-vous,
Elijah, il est le seul de son espèce et, je dis bien espèce, à pouvoir
communiquer. Un langage primaire, uniquement basé sur des ondes cérébrales,
mais suffisamment modulaire pour retranscrire différents états. Ce qui
ressemble à des émotions, pour faire simple.
- Je vois. Le rapport avec moi ?
- Ces ondes cérébrales sont presque identiques au vôtres Elijah… »


2083, 28 ans


***


« Go ! »


Autour de Sandalphon il n’y avait que la mort. La ville dont
Elijah ignorait le nom n’était que fumée et sang. Il percevait encore la
douleur, la fureur et la folie de ceux
qui étaient morts ou qui allaient bientôt trépasser. Mais sa mission n’était
pas de sauver les derniers survivants. Il n’était jamais envoyé pour sauver,
mais toujours pour tuer. Détruire.


Ses mains dans la chair de la machine, tenant un levier qui
ressemblait davantage à un organe, il avança, silencieusement. Il ressentait le
vent noir qui s’échouait sur l’armure de son Engel, ainsi que les restes
d’immeuble qu’il écrasait.


Mais surtout il ressentait les autres mechas, les monstres
de Pluton, en embuscade. Sandalphon ressentait tout bien plus fort que
n’importe quel autre mech, mais surtout elle était capable de parler avec eux.
Et Elijah comprenait…


Le piège des Migou se retourna contre eux, leurs systèmes
les dirigeant vers l’endroit où la bombe avait été posée. Elijah entendit les
hurlements des créatures alors que les corps fusionnaient dans la chaleur
horrible.


Mais une autre mission s’affichait déjà sur son écran.


2083, 28 ans.


***


La musique est douce, le mariachi est loin d’être
extraordinaire mais cela suffit pour aller boire un verre. Elijah n’a plus tant
que ça l’habitude du goût de l’alcool, il n’a plus vraiment le temps de sortir.
S’il n’a pris la soirée, c’est uniquement parce que Sandalphon a besoin d’un
upgrade de son équipement.


Il est avec Lawrence et Elmart, deux pilotes de mecha
coincés avec lui dans cette petite ville du sud du Mexique. Les deux sont des
soldats, tout comme lui, mais pourtant quelque chose diffère foncièrement. Ils
regardent les quelques filles qui sont là, boivent de la tequila cul sec et
font quelques blagues sur les infirmières, les femmes qu’ils ont le plus l’occasion
de voir, à chaque remplacement de membre ou d’organe.


Elijah, lui, a l’impression d’être à plusieurs kilomètres de
là, les ponceuses et les perforeuses remettant en place son armure. Il se dit
qu’il n’a jamais vu le visage de son Engel.


« Hé Elijah, regarde-moi ce petit cul. Je crois que t’as
un ticket. Tu dis Ola bella, chico trago et c’est dans la poche. »


C’est sûrement l’insigne de pilote qui attire la gamine,
parce qu’Elijah a des cernes énormes et une tête de déterré, profitant des
rares moments de repos pour laisser les drogues quitter son système sanguin. Il
ne se souvient pas de la dernière fois qu’il a parlé à une femme plus de dix
minutes.


Il reprend un peu de tequila et s’assomme pour la nuit.


2083, bientôt 29 ans.


***


Viser, tirer, tuer, avancer.

Si Sandalphon résiste, Elijah est bercé par les cris de ses camarades qui agonisent,
hurlant à la mort alors que les monstres appelés par certains anciens dieux,
taillent dans le vif. L’acide brûle l’acier le plus solide et même les
arcano-métaux ne résistent pas.


Mais Elijah connait le plan. Les autres hommes étaient là
pour attirer le feu de l’ennemi, de la chair à canon, pendant que les deux
Engels avancent et s’en prennent à celui qui dirige, loin derrière le champ de
bataille.


Les corps sont écrasés, les tirs font de véritables chaînes
dorées dans la nuit alors que l’artillerie illumine les cieux.


L’autre pilote d’Engel est bon, il perdra tout de même ses
deux jambes et un œil. Elijah est meilleur, un seul bras lui manquera à la fin
de la bataille. Impossible de savoir si la mission a réussi, mais une chose est
sûre, il y’a des morts dans les deux camps…


Tous les jours…


***


Elijah cherche le sommeil, mais ne le trouve pas. Seuls les
souvenirs l’emplissent, l’horreur de la guerre, les cris des mourants. Il est
loin du front ce soir, mais tout cela le hante. Et surtout la voix, Sandalphon
qui lui parle, sans mots, simplement avec des émotions. Des émotions qui
supplantent peu à peu celles d’Elijah par leur force. L’Engel est,
ironiquement, le dernier rempart émotionnel de son pilote, l’empêchant de
devenir lui-même une machine. Une relation douloureuse mais dont Elijah connait
la valeur.


La machine lui demande pourquoi elle tue d’autres machines,
pourquoi elle doit écraser et tuer. Elijah avait toujours entendu que les
Engels étaient des monstres sanguinaires. Son premier Engel était assoiffé par
la mort et ivre de destruction, mais Sandalphon est différente.


Chaque jour ses doutes empirent. Elijah devra en parler à la
hiérarchie.


2084, 29 ans


***


La folie est l’arme des anciens dieux. Ils la répandent,
insufflant la terreur au plus profond des âmes de ceux qui croisent leur
chemin. Certains sont invincibles, leur simple présence broyant les esprits des
humains et des nazzadis.


C’est dans les ténèbres qu’Elijah se bat. Aucun visuel de la
scène devant lui pour préserver sa conscience ; il ignore si l’ennemi à la
forme d’un monstre tentaculaire comme on les dépeint souvent, ou simplement
aucune forme. Sandalphon se révèle uniquement dans ces combats, lorsque les
doutes disparaissent.


Elle avance, presqu’en autonomie, jusqu’au cœur de la
terreur. Les drogues se déversent dans l’organisme d’Elijah, pour que son cœur tienne
bon et qu’il ne chavire pas dans la démence pour le reste de sa vie. Son esprit
est embrumé, mais suffisamment présent pour obéir à son Engel.


Elle continue d’avancer.


Jusqu’au moment tant redouté où son propre esprit est happé
dans celui de l’Engel avant d’être projeté dans l’horreur. Déchiré, mais
toujours protégé par Sandalphon, comme si l’Engel était également son armure
mentale. Les ondes cérébrales de l’Engel sont sa véritable force, son arme
unique et secrète : elles déchirent les esprits.


Elijah a perdu connaissance depuis plusieurs heures lorsque
l’Engel retourne à la base.


Fin 2084, bientôt 30 ans.


***


« Bonjour Elijah, je suis le docteur Nathalie Ford. Je
m’occuperai de votre suivi. Je ne suis pas là pour juger si vous pouvez
remonter dans un Engel, mais pour vous aider à reprendre une vie. »


« Dîtes moi Elijah, depuis quand n’avez-vous pas eu de
relation stable ?
- Que voulez-vous dire par stable, Docteur.
- Disons plus de six mois.
- J’avais une petite amie à la fac. Ça a duré presque cinq mois.
- Et que s’est-il passé ?
- Je l’ai quittée pour une autre. C’est là que tout c’est mal passé, l’autre en
question était une disciple de l’innommable, j’en suis sûr à présent.
- Vous avez essayé de revoir votre petite amie depuis ?
- Non, entre la prison et le projet Engel, je ne suis jamais revenu en
Californie. Je n’ai aucune idée de ce qu’Alice est devenue.
- Vous aimeriez la revoir ?
- Je ne sais pas, peut-être »


« Vous dormez mieux ?
- Non, pas vraiment.
- Vous avez toujours les mêmes rêves ?
- Ce ne sont pas vraiment des rêves, mais je ressens toujours ce que vit
Sandalphon. Je sais qu’elle a un nouveau pilote, mais c’est toujours aussi vif.
-Pourquoi dîtes vous « elle » , en parlant de l’Engel ?
- Je ne sais pas. Peut-être parce que j’ai piloté deux Engels différents et le
premier était beaucoup plus agressif. Plus violent.
- Vous m’avez pourtant dit que la plupart des fronts que vous aviez vus étaient
au commande de ce... de cette Sandalphon.
- C’est difficile à expliquer doc, je le ressens comme ça. Et je le ressens
encore.
- Je vais vous prescrire d’autres somnifères un peu plus forts Elijah. Cela
devrait suffire pour le moment. »


« Votre œil… Vous vous êtes battu Elijah ?
- Non, enfin pas vraiment. Je ne me bats plus depuis que je suis sorti de prison.
- Vous avez été agressé alors ?
- Juste de jeunes idéalistes, je leur ai dit que la guerre était une erreur.
- Je vois. Et c’est ce que vous pensez,
que la guerre est une erreur ?
- Oui, mais c’est la seule chose que je sais faire.
- Et comment se passent vos cours de violon ?
- Le professeur m’a dit que j’étais doué, mais qu’il me fallait beaucoup
travailler. Je suis loin d’avoir du talent, mais ça me détend. »


« Avez-vous réfléchi à notre discussion, quant à
reprendre vos études ? Je sais que la pension des pilotes n’est pas très
élevée, mais il y a plusieurs facultés qui financent des vétérans.
- Je me suis posé la question. J’ai beaucoup perdu et je ne suis pas du tout à
jour, mais je pense que je vais en effet reprendre mes études. Je n’ai pas
envie de reprendre la physique ondulatoire, mais j’ai trouvé un cursus de
physique stellaire. Il faudra que je reprenne à la base, mais ça m’intéresse.
- Je suis content de voir que vous vous reprenez en main. Chaque pas est
important.
- J’ai juste l’impression de ne plus être utile, de ne faire que survivre.
- Ne croyez pas cela Elijah. Votre vie est encore devant vous et je suis sûre
que vous trouverez votre place. »


2085, 30 ans.
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Zachary

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MessageSujet: Re: Elijah Scott   Sam 30 Juin - 1:06

Il pleut. Une pluie désagréable, qui ne permet pas de purifier la saleté et la pollution de la ville. Au contraire même, elle est presque acide, rendant à la ville ses fumées et ses ordures. La télé grésille, diffusant un vieux film entrecoupé de publicités. Ce soir c'est les sept mercenaires, ou plutôt un spot pour des barbecues pour le moment. Avec le son de la pluie, l'idée est ridicule, à l'image de notre temps.

Elijah écrase son mégot dans le cendrier déjà bien rempli, en soupirant. Une fusillade dans le film. Le son des balles parait toujours aussi surfait, tout comme les cris des morts. Les cris des mourants, il pourrait écrire un mémoire à ce sujet, tant il en a entendu. Il les entend toujours d'ailleurs, chaque soir avant d'aller se coucher.

Une crampe commence à se faire sentir dans son bras droit. S'il ne baisse pas son arme rapidement, la douleur le prendra et Dieu sait quand elle s'arrêtera. Combien de fois s'est-il retrouvé devant cette situation, prêt à passer l'arme à gauche, sans jamais appuyer sur la détente? Ce serait pourtant si simple: une petite pression et la douleur disparaitrait. Les souvenirs, les cris, les horreurs... Il n'y aurait plus non plus la douleur de son mech quand son nouveau pilote se fait allumer ou qu'il passe à la ponceuse. Plus rien n'aurait d'importance et il pourrait arrêter de pomper l'argent de l’État pour vivoter comme il le fait. Quel est l'intérêt de pensionner un homme cassé, un ancien terroriste qui a fait son temps et qui n'a pas accepté de mourir au champ de bataille comme tout bon soldat?

Mais ce n'était pas un bon soldat, tout juste un pauvre garçon perdu, qui ne sert plus à personne. Il repense à la discussion avec la psy, sur les rapports sociaux qui déterminent l'être humain. Il fait de son mieux, il retourne à la fac avec tous les jeunots qui le regardent comme un ancêtre ayant perdu la boule. Trente berges mais il en fait quarante...

Son bras finit par lâcher et il repose l'arme sur le divan sale. Même ça il n'y arrive plus, comme si toute son énergie avait été arrachée par les Engels et qu'il ne restait de lui qu'une coquille vide. La porte se claque dans le couloir et il entend les cris habituels des Tyler, puis, aussi comme d'habitude, il entend le vieux O'brien qui leur hurle de se taire. Les villes sont dépeuplées et pourtant tous vivent dans les mêmes immeubles décrépis, aussi entassés que lorsque la place manquait. Lui-même a hésité à investir un immeuble vide, mais il n'a pas tenu plus de trois nuits.

Comme tous les soirs, il range son vieux 38. Il se lave les dents, prend un dernier verre de bourbon de mauvaise qualité et un somni, avant d'aller dans sa chambre. La télé du salon reste allumée et les images se reflètent sur les vieux murs comme des ombres chinoises dénaturées, à la fois ridicules et effrayantes. Au-dehors les sirènes de police, sûrement un crime sordide dans une allée sombre, ou un simple trafic de drogues. Il pense à l'entretien qu'il a demain chez Myskatonic. Ce n'est pas la première fois qu'il envoie son CV, mais c'est bien la première qu'on ne lui répond pas que les tueurs d'enfants méritent la chaise...
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MessageSujet: Re: Elijah Scott   Dim 1 Juil - 22:48

Elle a une voix sucrée et amère à la fois et elle se touche souvent les cheveux, rabattant une mèche blonde derrière l'oreille régulièrement. Quand elle parle elle regarde aussi bien à droite et à gauche, sans jamais fixer son attention sur les autres. Elle doit être un peu timide, même s'il est dur de juger au vu du contexte. Parler de soi devant un groupe n'est pas chose évidente.

"Ce qui est le plus impressionnant, ce n'est pas tant la couleur des flammes, ni la vitesse à laquelle elles se propagent. Non, c'est la chaleur qui se dégage. C'est comme ci la peau hurlait et que chaque nerf se réveillait en même temps. Je n'imagine pas ce que c'est que d'être au milieu des flammes, alors qu'elles vous lèchent le corps et vous dévorent vivante. Il parait que la fumée tue d'abord, mais je suis sûre qu'on le sent quand même. Tant que l'on a pas vécu ça, on n'imagine pas ce que l'enfer représente..."

La jeune fille a les yeux humides et la gorge nouée quand elle se tait. Elle n'en dit pas plus, mais Elijah imagine que le feu en question a du lui prendre quelqu'un de cher, voire qu'elle l'a elle-même allumé. Personne ne souffle mot, chacun ayant ses douleurs et comprenant la sienne.

"Merci d'avoir partagé avec nous Abigail."

Le Docteur Ford se tourne alors vers Elijah:

"Elijah, est-ce que tu veux partager avec nous?"

Elijah se crispe un peu. C'est la troisième fois qu'il vient et le docteur l'avait laissé tranquille jusqu'à présent. Il aurait bien envie de refuser, mais son regard croise celui d'Abigail. Si elle a réussi, peut-être que lui aussi le pourra. Il ne se sent pas de parler de la guerre ou de son passé, mais peut-être qu'il sera plus facile de parler de ses doutes actuels...

"Je ne sais pas trop par où commencer. Je m’appelle Elijah et j'ai commencé à être suivi il y'a un peu plus de deux mois. J'ai du mal à socialiser, j'essaye parfois, mais je finis souvent par être désagréable et par couper court. Je ne suis pas très doué pour ça. J'ai peut-être peur de m'attacher aussi, ça ne m'a jamais vraiment réussi. La plupart de mes amis sont morts, d'autres m'ont trahis. C'est peut-être plus facile de ne pas m'attacher. J'essaye pourtant. Par exemple, il y a cette jeune fille. Enfin, elle était jeune quand je la connaissais, avant d'arrêter mes études. C'est la seule fois où j'ai été bien avec quelqu'un. Elle s'appelait Alice, une brunette plutôt jolie et surtout intelligente. Elle avait ce tic, elle mordait toujours le bout de ses lunettes et devait en racheter tous les six mois. C'est idiot les souvenirs qu'il nous reste, avec le temps. Je ne me souviens pas de la couleur de ses yeux, mais je me souviens de ça. J'ai retrouvé son contact, en suivant les conseils du docteur. J'ai essayé de l’appeler une ou deux fois, pour savoir ce qu'elle devenait, mais je n'ai jamais été capable d'attendre la deuxième sonnerie. C'est stupide quand j'y pense, j'ai risqué ma vie pendant des années, mais j'ai peur d'un coup de téléphone."

Elijah se rend compte qu'il ne regarde personne, ses yeux ayant fait comme ceux d'Abigail moins de cinq minutes plus tôt. Tous ceux ici le comprennent, tous ont leurs doutes idiots et leurs blocages qui n'ont de sens que pour eux. Nathalie Ford le remercie et demande à John de nous parler de lui.
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MessageSujet: Re: Elijah Scott   Lun 2 Juil - 22:47

La pluie n'a pas cessé et rend le quartier déjà lugubre du ghetto nazzadi d'autant plus repoussant. Elijah s'arrête devant un immeuble semblable aux autres et vérifie l'adresse. On ne dirait pas que c'est habité, mais on en est jamais trop sûr dans le ghetto. Il replie son parapluie et passe par l'encadrure de ce qui fut une porte, il y a des années de cela. Il allume sa lampe torche, une vieille dynamo qu'il avait quand il était à l'armée et qui ne l'a jamais lâché depuis. Marque coréenne, évidemment.

Il vérifie que l'enveloppe est toujours là. 3000 dollars américains, récompense pour avoir détruit une armure mécanisée et avoir gardé le secret sur un tueur en série. Si la somme était plus importante, c'en serait de l'argent sale. Il a décidé de ne pas le garder. D'autres en ont plus besoin que lui, d'autres à qui il doit plus que quelques bouts de papier. C'est le seul nazzadi qu'il a été capable de pister qui habite là. Gerri, vingt ans, il en avait onze ans quand la bombe a sauté et lui a soufflé la moitié du visage.

Elijah sait déjà ce qu'il va lui dire, qu'il rapporte ce que l'armée devait au père de Gerri pour ses services rendus, puis il s'en ira, content de sa bonne action. Il ne se fait pas d'illusion, rien ne le rachètera, ni lui, ni les vies qu'il a prises. Mais ce qu'il peut faire il se doit de le faire: il n'en ressent même pas le choix, c'est simplement un devoir.

Il finit par trouver la porte de l'appartement. Il frappe, plusieurs fois avant que la porte ne s'ouvre. Un petit gars, pas plus de sept ans, probablement un frère ou un cousin. Il rencontre alors Gerri, le ventre en tenaille. On ne lui a pas menti, le visage de l'homme est ravagé, mais celui-ci semble à peine s'en soucier. Il est stone, Elijah marche sur une seringue. Il bafouille dans le vide, raconte son mensonge sans que l'autre n'en capte rien. Gerri s’asseoit et le gamin lui serre une sangle autour du bras. Une autre seringue et un truc sale rentre dans ses veines. Gerri quitte le domaine du conscient et rentre dans des rêves opiacés. De la bave coule sur son menton.

Elijah repart. Il n'a pas laissé l'enveloppe à ce drogué: victime ou pas, ce serait du gâchis.

Dans la rue il repère deux ombres avant qu'elles ne lui tombent dessus. Un coup de matraque dans l'épaule et il est par terre, alors que les deux types le fouille à la sauvage, lui remettant une belle mandale qui lui claque la pommette. Deux nazzadis, aux yeux injectés de sang. Ils trouvent l'enveloppe, jubilent et s'enfuient. Elijah reste dans le caniveau, l'eau tombant sur sa joue en sang et le trempant jusqu'aux os. Finalement les 3000 dollar iront à des junkies et alimenteront des dealers de drogue et des criminels.

Sa culpabilité l'a fait un instant penser comme les autres, que les nazzadis étaient différents, meilleurs. Mais au fond, ce sont des êtres humains comme les autres, dont le salut est souillé à jamais.
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MessageSujet: Re: Elijah Scott   Mar 3 Juil - 9:32

On cogne à la porte, deux coups appuyés. Dehors la nuit est tombée et il flotte toujours autant. Barkie redresse les oreilles, sans s'inquiéter plus que cela. Ce n'est décidément pas un chien de garde... Je vais ouvrir: deux hommes en costume délavés et en trenchcoat, qui agitent des badges devant moi.

"Agent Phelps, homicide, et voici l'agent Den. Vous êtes Elijah Scott?
-C'est moi oui."

Je m'écarte de la porte, alors que les deux flics rentrent. Homicide il a dit? Ca ne peut rien être de bon. Je remarque que la main du dit Den, un gaillard marqué et au ventre de femme enceinte, n'est pas bien loin de son flingue. C'est Phelps, beaucoup plus svelte et un peu moins patibulaire qui ouvre les hostilités, petit carnet en moleskine à la main:

"Vous connaissez une Abigail Merricks.
-Oui, je la connais."

Abigail... J'espère qu'il ne lui est rien arrivé. Barkie grogne un peu, de derrière le canapé.

"Je suis au regret de vous apprendre qu'elle est décédée dans la journée. Pouvez-vous répondre à quelques questions, Monsieur Scott?
-Décédé? Comment?
-Elle s'est immolée par les flammes ce matin. Quand avez-vous vu Miss Merricks pour la dernière fois?"


Dix-huit heures plus tôt:

J'avais appris à ne plus craquer pour les femmes, la dernière ayant ruiné ma vie. Entre la prison et l'armée, je n'en ai aimé aucune, je ne m'en suis tapé aucune. J'ai du mal à comprendre ce que je fais, le corps d'Abigail contre ma peau. Elle gémit, ses boucles blondes caressent mon visage, ses mains se referment sur les miennes. Elle murmure mon prénom, qu'elle ne connait que depuis une semaine. Elle a a peine dix-huit ans, mais elle a bien plus d'expérience que moi, je le sens. Certains disent que ça ne se perd jamais, c'est comme le vélo: ce sont des menteurs.

Je repense à ce qui nous a amené là. Le bar, les quelques verres et les confidences. Elle m'a fait parlé de ma mère, je me sentais bien avec elle. Elle écoutait, sans juger, avec compassion. Elle me parlait de son père, un classique alcoolique émérite. Un catharsis orchestré entre deux fous perdus dans la vie.

Je ne sais pas si elle flirtait ou si elle était vraiment naturelle, mais elle a réveillé des désirs que je croyais oubliés. Elle n'essayait pas de m’impressionner comme les donzelles qui tournent autour des militaires. Non, elle jouait sur une corde subtile et sensible. Le petit mouvement des lèvres, le léger croisement de jambes. Je ne voulais pas me laisser prendre au jeu, et pourtant j'en suis là, la main sur sa peau moite.

Son chien est monté sur mon lit, il nous regarde faire. Il y a quelque chose de pervers dans l'idée. J'imagine que je ne suis pas le premier qu'il voit, mais je m'en fiche. Elle m'a dit que c'était un bon remède pour lutter contre la solitude, d'avoir un chien. Je lui ai dit que j'étais plutôt un homme à chat, elle a répondu que cela ne l'étonnait pas, mais que c'était bien d'un chien dont j'avais besoin. Un premier pas pour réapprendre à être sociale.

S'envoyer en l'air est sûrement le second pas.

Je me réveille au petit matin. La place est encore chaude, mais elle n'est plus là. Il y'a un petit mot au rouge à lèvre sur mon oreiller, le genre de détail qui normalement m'agacerait mais que là je trouve attendrissant.

"Merci.
Prends soin de Barkie".

Qui sait, c'est peut-être la naissance de quelque chose d'intéressant...
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MessageSujet: Re: Elijah Scott   Mar 3 Juil - 21:50

Phelps jette sur la table des photos, avant de se rasseoir, face à moi. Il fait signe à Den, qui me soulève de ma chaise et me colle le nez sur les clichés. On y voit un corps calciné, la peau totalement noircie sauf à quelques endroits où on voit l'os et la chair. Les cheveux ont fondu et les yeux ont éclaté. Dur d'imaginer que la nuit d'avant c'était un être humain, une femme qui me montrait de la tendresse.

"Alors Scott, pourquoi tu l'as tué? Sale malade, pourquoi tu l'as cramée? Tu me dégoutes Scott, tu es un monstre, une ordure. Remplis moi cette putain de confession que j'ai plus à voir ta sale gueule."

Den m'assène un coup dans les côtes et me glisse un crayon entre les mains. Je n'arrive pas à détacher le regard des photos, j'ai envie de crier, de cogner, de crever, mais c'est ce qu'attend l'agent. Il croit que je suis coupable et il interprétera la moindre émotion comme un aveu. Si je pleure il croira que c'est de la culpabilité, si je me replis sur moi-même il se dira que je simule et si je craque il pensera que j'en suis fier. Je peux pas lui en vouloir, moi aussi j'ai lu mon dossier.

"Je l'ai pas tuée.
-Tu l'as pas tuée? Tu as pas d'alibi Scott. Tu dis te l'être tapée? Tu te tapes souvent des gamines que tu connais depuis une semaine? Vieux pervers, regarde ta gueule, aucune voudrait de toi Scott. Non, tu ne te l'es pas tapée. Tu l'as cognée, ou alors tu l'as droguée, tu l'as violée et tu t'es rendu compte qu'elle est morte. Du coup tu l'as brûlée et tu l'as jetée sur le pont Lincoln. C'est ça ce qui s'est passé, Scott. Où alors tu te l'es tapée une fois qu'elle était morte, en pensant que c'était plus un viol? Pense encore Scott, tu as échappé à la chaise une fois, la prochaine c'est la bonne. Et crois-moi, je serai là quand il t'allumeront la cervelle."

Il se lève, fais un signe à Den qui s’éclipse et se rapproche de moi.

"Tu es un pourri Scott. Tu vas avouer?
-Je... Je ne l'ai pas tuée."

Je vois partir le premier crochet, mais je ne l'esquive pas. Il m'atteint à la lèvre, le sang gicle dans ma bouche. Le coup suivant est direct aux reins et me fais tomber de la chaise. Je place mes mains menottées devant mon visage, mais Phelps m'allume, le regard rouge, les lèvres retroussées et l'air d'un dément.

Il m’assomme pas pourtant. Il finit par me relever et me remets sur ma chaise. Je crache du sang, il me glisse le même crayon entre les doigts, puis me murmure à l'oreille, tout bas:

"Tu es un pourri, Scott. Un tueur de gosse, probablement un violeur et un assassin. Si tu confesse pas, c'est moi qui te ferai passer l'arme à gauche et crois moi, ce sera plus long qu'un petit jus de neurones."

Je regarde la feuille blanche, mon œil gauche à moitié fermé. Confesser... Je repense à la soirée d'hier, quand je pensais que tout allait bien. Des détails me reviennent, par bride. Je la revois, d'abord un peu tendue. Nous buvons un verre, rien ne se passe, mais c'est au deuxième que les choses ont avancé plus vite. J'ai du mal à me souvenir précisément, comme si mon esprit était embrumé. Je me souviens de la nuit, mais peu de la soirée. Je n'étais pas saoul. Quelque chose cloche, je ne mets pas le doigt dessus.

Un coup me ramène dans la salle d'interrogatoire. Un deuxième est sur le point de m'aligner, quand la porte s'ouvre. Un flic en uniforme fait signe à Phelps de venir, le capitaine veut le voir. Non, sans attendre, tout de suite il a dit. Phelps s’essuie les mains et remet ses manches, me laissant seul dans la salle étroite. Il claque la porte: un peu trop fort, celle-ci se rentrouvre. J'entends une voix:

"Phelps!
-Capitaine, je suis en plein interrogatoire.
- Je sais, oui. Le pilote. A ce propos, tu vas lui enlever les menottes et lui dire de partir.
- Pardon?
- Tu as très bien entendu Phelps. J'en veux pas ici, libère le et classe le dossier.
- Capitaine, il a tué des enfants. Vingt-sept putains de gamins et vous voulez qu'il sorte libre?! Ce mec là c'est un fumier à l'ancienne!
- Des nazzadis Phelps! Des nazzadis bordel de Dieu! Il ferait ça aujourd'hui, le maire lui foutrait une médaille.
- Vingt-sept! Et la fille? Vous avez vu ce qu'il a fait du corps? Même Den en a vomi et il s'est occupé du cas Vanstad.
- On ne sait pas s'il la tuée. Et même s'il la fait, c'était une foraine perdue à Arkham, une pyromane dégénérée qui se serait fait interner si notre cité avait les moyens. Lui il pilote un Engel. Un Engel! On sait que ces mecs là craquent, mais si ce petit gars se remet, il ira fumer du monstre pendant que tu seras dans ton plumard. Tu crois que je vais faire arrêter un mec qui peut sauver ma femme et mes gosses? Pense un peu à Lynn, bordel Phelps.
- Capitaine...
-Je m'en fous, Phelps. Ce n'est pas dans mon commissariat qu'on aura une bavure sur un pilote. Libère le, oublie le. Prends le reste de ta journée, va boire un coup, va t'envoyer en l'air et oublie ça. C'est un ordre Phelps!"

Ce n'est pas parce que je suis innocent que je sors du commissariat par la petite porte. Phelps me glisse qu'il ne me lâchera pas d'une semelle et qu'au moindre faux pas il me coincera. J'ai mal partout, mais surtout je ne comprends pas. Si elle ne s'est pas suicidée, comment est-elle morte? J'essaye de me souvenir... Je finis dans un bar, le garçon hésite à me servir vu ma gueule, mais il craque devant les biffetons.

Je fume, je bois, les souvenirs de la nuit se mêlant avec les clichés du corps brûlé. Les scènes sont moins sensuelles quand on les imagine avec un cadavre brûlé. Un flic rentre, s’assoit au comptoir et prend une bière, sans me quitter des yeux. La télé est allumée, les infos: pas un mot sur Abigail. Je bois un peu plus, le flic se lasse et ressort. Je rentre chez moi, ma chambre a été fouillée, mais ils ont rien trouvé. Barkie est toujours là, elle me saute dessus. Je lui caresse les oreilles et je m’effondre sur le sol, totalement anéanti par la nuit interminable au poste et les souvenirs. La mort me suit, me hante et détruit tous ceux qui arrivent à ouvrir une brèche dans mon cœur, aussi infime soit-elle. Je n'aimais pas Abigail, je la connaissais à peine mais c'était une fille bien. Elle ne méritait pas ça.

Barkie me lèche le visage, je me rends compte pour la première fois qu'elle porte un collier quand celui-ci frotte contre un hématome plus gros qu'une noix. Et là je me rends compte que ce n'est pas un médaillon avec son nom, mais une petite clef, de la taille d'une consigne.

La vérité m'éclate au visage. Je me souviens du deuxième verre, c'est elle qui me l'avait servi. C'est après seulement que je me suis décrispé, que j'ai raconté ma vie à une inconnue, rencontrée au hasard d'une séance de thérapie. Abigail Merricks est morte, ils l'ont reconnue aux dents, mais est-ce que c'est la fille avec qui j'étais? On est allé chez moi, pas chez elle. On a pas pris sa voiture, je n'ai jamais vu ses papiers, et cette clef?

Comment j'ai pu ne pas s'en rendre compte... Une fille jolie comme celle-ci qui choisit le vétéran fatigué? Aucune chance, ça ne colle pas, Phelps a raison. La vraie question c'est pourquoi? Est-ce que Abigail - ou peu importe son nom - s'est jouée de moi et a fait de moi le coupable idéal d'un meurtre, ou est-ce qu'elle était vraiment en danger et a cherché de l'aide où elle le pouvait?

Je prends une douche et je ressors, le chien en laisse et la clef dans la poche, bien décidé à retrouver cette consigne. Il me faudra aussi l'adresse de cette fille, peut-être que je devrais demander de l'aide à un privé là-dessus.

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MessageSujet: Re: Elijah Scott   Mer 4 Juil - 9:27

Je trouve l'adresse d'Abigail chez mon psy, à qui j'ai donné rendez-vous à l'autre bout de la ville pour être sûr d'être seul. Ça me fait un peu mal au cœur de la manipuler après tout ce qu'elle fait pour moi, mais elle m'aurait jamais donné l'info d'elle-même. 1080, 22nd street. Une piaule tenue par un vendeur de sommeil. Je m'y rends dans la voiture que je viens d'acheter $300, une vieille chevrolet qui n'avance encore que par l’œuvre du saint esprit. Mais pas de problème avec les plaques comme ça, les flics me pisteront pas.

C'est une grande maison sur deux étages, au moins dix chambres. Une pension. Je repère très vite la voiture de flics devant, qui font le pied de grue en attendant que le coupable revienne sur le lieu de son crime. Décidément personne ne semble croire en un suicide. Je fais le tour, j'achète du sang de bœuf et un gros pétard à mèche. Je verse le sang dans une ruelle, je jette le pétard derrière un mur. Une minute m'a dit le vendeur, juste assez pour arriver derrière la pension.

Ça claque, on croirait presque un coup de feu. Les deux mangeurs de donnuts sortent de leur véhicule, arme à la main et s'en vont résoudre la meilleure affaire de leur carrière, une promotion méritée à l'esprit. Je cogne à la pension, en espérant que le tenancier vienne vite. La tenancière pour le coup, une vieille femme aigrie. Elle n'a pas de chambre, jusqu'à ce que je lui montre deux Ulysses S Grant. Pour cent dollars elle m'en trouve de la place, même avec un chien aussi gros que Barkie. Je signe au nom de James Coburn, premier nom qui me vient. J'ai toujours aimé son lancé de couteau.

La nuit je sors de la chambre, je prends la clef de Merricks sur le petit petit tableau au rez-de-chaussée et je vais dans sa chambre. Pas de scellés, rien: les flics attendent vraiment que quelqu'un revienne. Je fais le tour, pas grand chose. Le lit est défait, des vêtements sont dans l'armoire, ainsi qu'une valise pleine. Des robes sans qualité, mais aussi une étrange tenue argent et rouge. Je la sors, c'est une combinaison de spectacle, sûrement pour un cirque. Sur la valise une étiquette de Greyhound lines, destination LA dans le bus de demain. Pas de billet, sûrement récupéré par la police. La gamine en avait marre d'Arkham et voulait partir. La thèse du suicide s'éloigne.

Je trouve une photo d'elle. Elle ressemble à celle que je connais, farouchement même, mais ce n'est pas elle. Quelque chose dans le regard ne va pas, mais elles auraient pu joué un numéro de siamoise sans difficulté. J'enlève la photo du cadre et la retourne: Abigail Merricks, c'est bien son nom. Je remarque toutefois qu'il reste une tâche grise, comme-ci on avait gommé quelque chose avant de réécrire le nom par dessus. Je trouve une bible dans la table de chevet, mais aussi un bouquin abimé, Alice in Wonderland. Je l'ouvre, un marque-page tombe: une librairie d'Arkham, daté d'avant la première guerre Nazzadi. Il y aussi un petit mot sur la première page: "Pour Lana, avec tout notre amour." Lana... Ça ne ressemble pas à Abigail pour un sou.

Pas de journal intime, pas de lettres... Tout ça a du être pris par la police. D'ailleurs, rien pour un chien non plus et la matrone à l'entrée n'a pas reconnu Barkie.

Abigail Merricks, ce nom est un faux. Mais aujourd'hui c'est le nom d'un cadavre. Il faut vraiment que je trouve cette consigne. Je prends quand même la tenue de cirque, c'est la seule piste récente, quelqu'un la connaitra dans le milieu. Cela fait étrange de se mettre à enquêter. Je suis dans un sale état mais je le sens moins. D'ailleurs je n'ai pas tenté de me tirer une balle hier, alors que l'histoire est sordide. Ça me fait du bien que d'agir. Je dois vraiment avoir une case qui a sauté s'il faut que ma nouvelle petite amie se fasse immoler pour que je reprenne du poil de la bête.




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MessageSujet: Re: Elijah Scott   Mer 4 Juil - 21:04

Lana la brûlante, dix-huit ans. Dans la troupe des Zacheri depuis cinq ans, où elle crachait des flammes. Une gentille fille du Wisconsin, orpheline et qui ne manquera à personne. Elle voulait devenir actrice, mais n'avait pas les moyens de partir seule, ni le courage à en croire Gregor, l'homme au visage fondu. Elle est partie quand-même il y a trois semaines, après avoir une représentation en ville où une femme est venue la voir. Elle en a peu dit, mais elle était visiblement excitée. Puis elle est partie, n'ayant averti que ce cher Monsieur Loyal.

J'en apprends pas plus au Zacheri circus. J'ai promis à la femme à barbe de passer lors du prochain spectacle, mais je n'aime pas les cirques. Les clowns m'ont jamais fait rire et les hommes canons me laissent de marbre.

Je reprends la chevrolet et me rends au dernier endroit où j'ai une piste: la gare Greyhound. C'est là qu'Abigail - ou Lana - devait se rendre. Peut-être que quelqu'un est au courant. Peut-être aussi que j'y trouverai la consigne et que l'histoire s'éclaircira. Ça fait deux jours que j'ai pas dormi, pas depuis la fameuse nuit. Je me frotte les yeux, manque de rentrer dans un camion avant d'y arriver. Je suis claqué, mais je ne trouverai pas le sommeil.

Je dois comprendre ce qui s'est passé.
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MessageSujet: Re: Elijah Scott   Mer 4 Juil - 21:04

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MessageSujet: Re: Elijah Scott   Mer 4 Juil - 23:10

Je repère rapidement les premiers flics, l'un d'entre eux fumant une cigarette pas loin des bus. Elle était bien censée partir aujourd'hui et ils se demandent si quelqu'un va se pointer. Si Phelps me trouve ici, je suis dans de sales draps. Je m'éloigne et me dirige vers les consignes, qui ne sont pas surveillées pour le coup. Juste une caméra, sans doute rien d'alarmant. Avec Barkie en laisse j'ai davantage l'air d'un père de famille qui s'est éloigné de femme et enfants quelques minutes. C'est pas plus mal.

Je sors la clef de la consigne: numéro B43. Rangée B, pas dure à trouver. La bonne consigne, ou en tout cas le bon numéro, rien de bien méchant non plus. Je sens que je tiens le bon bout. J'essaye la clef, ça s'ouvre. A l'intérieur une mallette noire, fermée bien comme il faut. J'ai l'impression que la poignée est en arcanotech. Ce n'est pas la trousse de beauté perdue d'Abigail, ça c'est sûr. J'ai rien pour l'ouvrir, je prends la mallette et je quitte les lieux le plus discrètement possible.

Sortie de service, je passe entre les voitures, le cœur qui bat la chamade. Personne en embuscade, je passe dans une ruelle voisine. C'est seulement quand je commence à me détendre que Barkie tire un grand coup sur la laisse et part en courant. Je ne réfléchis pas, je la suis. Elle a peut-être senti sa Maîtresse, voire un cadavre. Elle aboie, j'ai la poitrine en feu. Je finis par la rattraper dans une impasse, crachant mes poumons. Elle s'est arrêté devant quelque chose... Je regarde de plus près: une écharpe blanche, d'où émane un parfum fort. Je m'interroge une seconde de trop, j'entends le déclic d'un pistolet derrière moi.

Le coup de feu ne part pas. Je lève les mains doucement, puis me retourne. Elle est là: Abigail, ou qu'importe son nom. Bien mieux habillée que la dernière fois, davantage l'air d'une dame. Elle ne fait plus dix-huit ans non plus et a un neuf millimètre braqué sur moi. Barkie a l'air joyeuse. Elle parle de sa voix si unique:

"Fais glisser la mallette, Elijah."

L'entendre prononcer mon nom me fait un quelque chose, mais le flingue couvre de menace son aura toujours si délicate. Maintenant je sais que c'est elle qui a organisé le coup. C'est à cause d'elle qu'une pauvre fille est morte et tout de suite mon regard est moins conciliant. Je lui passe la mallette du pied. Son regard ne me quitte pas: elle sait que je suis dangereux. Elle m'aurait pas choisi pour ça autrement. Elle pose le pied sur la petite valise, puis cherche dans son sac et en sort un silencieux. Je sais à présent qu'elle compte me tuer. Je ne sais pas si j'éprouve de la colère ou de la pitié.

"Tu peux au moins me dire ton nom, je l'emporterai dans la tombe.
-Je peux oui. Melody."

Melody... Beaucoup de gars prendraient mal de se faire tuer par un si joli minois. Question de virilité. Personnellement, je préfère ça qu'une des horreurs de l'espace. Au moins on peut prononcer son nom.

"Melody... J'ai compris le coup de la mallette. Tu me fais aller à la gare, chercher le fric - ou la drogue je sais pas - et une fois que je sors tu attires le chien. Ni vue ni connue, tu disparais. Bien joué. Ce que je comprends pas, c'est pourquoi avoir tué Lana..."

Une ombre passe sur son visage, un doute, de la culpabilité peut-être. Elle joue la glace, mais au fond c'est un être humain: la mort ça la touche et l'horrifie. Elle s'humidifie les lèvres, elle hésite: me tuer maintenant et en finir, ou vider son sac sans risque. Elle préfère la deuxième option. On s'imagine que les méchants ne livrent leurs secrets que dans les films, mais nous avons tous besoin d'exorciser nos doutes.

"C'était la seule solution pour disparaitre. Il ne m'aurait jamais laissé partir et certainement pas avec un million de dollars de sa poche. Alors quand j'ai vu cette gamine, j'ai compris que c'était ma chance. Je lui ai donné de faux papiers, un pseudonyme que m'avait donné Luis. J'ai gardé un double des papiers, pour entrer dans les cercles de thérapie avec le même nom. Je cherchais...
-Quelqu'un dont on pouvait se passer? Une victime de ta machination?
-Ce n'est pas si simple, Elijah. Tu es quelqu'un de bien, mais je l'ai su après. C'est un engrenage, une fois que l'on rentre dedans, on n'en sort plus. Je savais que Luis ne me tuerait pas lui-même, il envoie toujours son chien de garde. Je ne pensais pas qu'il l'immolerait. Je ne savais pas.
-Pourtant tu savais qu'elle allait mourir."

Elle marque une pause. Sa main tremble, mais elle ne perd pas sa concentration. Elle pense que j'essaye de la rouler, de la mettre en confiance, mais elle prend le risque. Elle a besoin d'une confession, que je l'absolve de ses péchés. Tout n'était peut-être pas que mensonge. C'est pire encore.

"Elle allait mourir. Elle avait de la poix dans les poumons, elle n'en avait que pour six mois dans le meilleur des cas. Une cracheuse de feu ne vit jamais vieille. C'est ce que le médecin lui avait dit, c'est pour ça qu'elle voulait aller à Los Angeles. Elle était déjà morte."

Melody a raison, Lana était déjà morte. Mais c'est à cause d'elle qu'on l'a brûlée vive. J'ai vu les photos, je sais à quoi ressemblaient ses restes. Et elle le sait aussi, elle a sûrement déjà vu le travaille de ce tueur. C'est pour ça qu'elle a si peur. Si ce Luis découvre qu'elle est encore en vie, elle ne le restera pas pour longtemps.

"Il reste un point que je comprends pas. Comment ils ont fait pour l'identifier sous ce faux nom? Le flic m'a dit que c'était dentaire.
-Je lui avais dit d'aller se blanchir les dents, pour mieux passer à Hollywood. Je lui ai conseillé un dentiste qui me devait un service.
-Tu savais qu'elle aller brûler alors. Sinon les empreintes, ou les papiers auraient suffis. Ils ne vérifient l'empreinte dentaire que quand le corps est impossible à identifier. Tu me dégoûtes.
-Je..."

Une larme coule sur sa joue. Elle regrette d'avoir parler, elle se rend compte qu'elle n'est plus une femme fatale mystérieuse devant mes yeux, mais bien un monstre. Mon regard lui fait du mal. J'enchaîne; que ma mort lui coûte cher:

"Et tu étais obligée de coucher avec moi? Tu m'aurais laissé Barkie, je l'aurais gardée de toute façon. Pas besoin de plus. Avec quoi tu m'as drogué d'ailleurs?
-Je n'étais pas obligée, non. Je le voulais juste. J'espère qu'un jour tu me pardonneras Elijah."

Le pistolet fume avant que je n'entende le bruit étouffé du tir. Je tombe en arrière, ma tête se cogne. J'entends le bruit de ses pas. Elle disparait. Je suis seul dans la ruelle. Je sais où j'ai mal maintenant: elle m'a tiré dans l'épaule. Je ne suis pas mort. Barkie aboie, fort. C'est un chien de berger après tout, elle me laissera pas me vider de mon sang sans rien faire.

J'avais tort sur Melody. Elle ne m'a pas tué. Je lui en veux, je la hais, mais quelque part je la comprends. J'ai fait des choses horribles, sans mesurer les conséquences moi aussi. Elle devra vivre avec sa conscience, il y a pas pire châtiment. Je ferme les yeux, bien avant qu'une ambulance n'arrive."
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MessageSujet: Re: Elijah Scott   Ven 12 Oct - 9:28

"Capitaine Scott, merci d'être venu aussi rapidement.
-Colonel...
-Excusez moi Capitaine si je vais droit au but, mais la situation est critique. Ce que je vais vous révéler relève du secret défense. Votre discrétion...
-Dîtes moi.
-Hier, Sept heures zéro zéro, le porte-mécha Prométhée a manqué son rendez-vous radio. Sept heure trente deux, la navette Spaceborne III, détournée, est passée en vue de Prométhée, qui était en orbite autour de Mars, conformément à son plan de vol. Les scans de Spaceborne III n'ont montré aucun signe de vie, sur les 354 hommes censés être à bord. Huit heures zéro deux, un Mayday est reçu de Scaceborne III, avant que la communication ne soit définitivement rompue.
- J'ai du mal à voir en quoi cela me concerne Colonel...
- J'y viens. Prométhée abrite à son bord cinquante mécha de dernières générations, ainsi que douze Engels.
- Douze?
- Oui, l'équivalent d'un tiers de la force de notre pays. Leur mission est classifiée, je ne peux la dévoiler. Scott, votre nom est venu à mes oreilles. 76% de synchronisation avec votre premier modèle, 89% avec le second. Je veux que vous accompagniez notre mission de secours, qui partira ce soir à dix neuf heures zéro zéro de Cap Carnaveral. Si nos Engels étaient tombés en mains ennemies, ce serait catastrophique...
- Si cette navette s'est faite détruire, je doute qu'une mission de sauvetage soit si efficace.
- Sandalphon est toujours à Arkham, la mission vous amènera en vue de Mars et ce sera à vous de faire la reconnaissance.
- Je vois.
- Vous êtes prêt à servir de nouveau votre partie, fils?
- J'en suis, oui.
- Dernière chose, Ashcroft, Dieu sait comment il est au courant, demande à ce que des civils soient présents. Vous connaissez quelqu'un de confiance?
- Ça peut s'arranger oui...
- Bien. Rendez-vous seize heure zéro zéro à l'aéroport militaire d'Arkham. Je compte sur vous."
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