Epiphanie

forum de la communauté des joueurs du jdra epiphanie
 
AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 de CHRYSALIS rerum ...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: de CHRYSALIS rerum ...   Jeu 16 Aoû - 17:45

Shen Orbus est dangereux.

D-a-n-g-e-r-e-u-x.

Je n’arrive pas à m’enlever cette sensation, malgré sa bonhommie apparente de sculpture de Botttero vivante. Malgré ses airs prévenants. Malgré ses présents, le maquillage, la robe en soie, la fourrure… Malgré son discours aux intonations complices.

Je me concentre. Le temps est précieux. Je dois donner à Bénédicte Ashcroft le condensé d’informations avant son entrevue avec Shen Orbus. Autant ne pas trop compter sur Céline là-dessus…

C’est drôle : elle m’avait dit que son père avait Stephen Shepard pour le seconder, et qu’elle, elle avait moi. Sur cette mission en tout cas.

C’est comme si pour les Ashcroft il n’existait que deux types d’êtres, parmi ceux qu’ils jugent intéressants.
Leurs égaux, les humains, avec qui ils font des alliances et dont certains sont absorbés par la famille en des mariages.
Et des serviteurs. Trop précieux, ou trop rares, et surtout trop utiles pour être classés dans la catégorie des « sans intérêt », mais trop « inferieurs » pour devenir des égaux… Ils n’épousent pas de demoiselles et damoiseaux Ashcrofts. On leur met un collier de servage. Ils sont fideles et loyaux…

« Je ne paie pas ce qui m’appartient déjà », avait dit le jour de mon anniversaire Bénédicte Ashcroft, en regardant non pas son cadeau pour moi (je ne l’ai toujours pas porté, ce tailleur chez Lady Baron Dandy), mais Stephen… J’en avais eu l’impression de recevoir une gifle. Est-ce qu’un jour il se permettra cette phrase à mon égard ? Possible. Certain même. Pour l’instant, il veille au « retour sur investissement » : mes bulletins de l’Université.

Assez rêvasser ! Au rapport, Mam’zelle Souadou !


Entrevue SO1.


SO pour Shen Orbus évidemment.


Cet être est asexué et stérile, fruit des cuves eugénistes. Possiblement des gènes de Migos mêlés en infime quantité au génome humain de base. Yeux en fentes obliques. Proportions inhumaines et pourtant parfaites esthétiquement parlant. Produit de laboratoire parfait pour accueillir le symbiote lui destiné.

A noter que le PDG de Chrysalis est un symbiote du genre particulier : une sorte d’abeille-Reine dans une ruche. Son symbiote semble être le seul à pouvoir se reproduire et créer d’autres symbiotes.

Comme SO le souligne, les Symbiotes fonctionnent comme une ruche. Avec communication empathique (possiblement, voire une empathie « coercitive »). Et une hiérarchie, comme dans une Ruche. Ce qui expliquerait parfaitement les raisons qui poussent tout Symbiote affilié à Chrysalis à obéir au Symbiote plus puissant et à fortiori au PDG/Abeille-Reine.



Stephen m’avait parlé de cette hiérarchie chez les Taggers / Symbiotes. Maintenant j’ai une explication.

Les Symbiotes de Chrysalis sont pleinement déployés, surtout chez les « hauts postes », ce qui selon moi et mes théories sur la possession, ferait de ces Taggers des enveloppes humaines habités uniquement par le Symbiote. Il n’y aurait plus grand-chose d’humain en eux…

Et comme les Symbiotes semblent communiquer entre eux, l’emprise du Tagger / Symbiote puissant sur d’autres s’en trouve renforcée…

Je ne sais si un contact physique est nécessaire pour qu’un Symbiote ressente l’existence d’un autre Symbiote, mais je dois faire très attention. Shen Orbus m’a confirmé qu’il peut d’une part sentir un autre Symbiote, mais aussi « tester » un être humain, ou un nazaddi, sur sa capacité à accueillir un Symbiote. Il me l’a même proposé… Au moins ma peur n’était pas feinte quand j’ai refusé…

Eviter à tout prix le contact physique !


Le PDG serait dans la version de SO une sorte de primo-symbiotisé.

Un joli mythe d’explorateur spatial de Nécropoles oubliées, qui rentre au vaisseau «infecté » par une forme de vie ancienne : un Symbiote. Ou la version d’une invocation qui aurait « possédé charnellement » l’invocateur… Je ne sais où se situe la verité…

Et que se passe-t-il dans le cas où les symbiotes de la Ruche Chrysalis rencontrent des Symbiotes d’une autre Abeille-Reine ?

Cette question purement théorique de ma part semble fortement intriguer SO. Mais l’existence de tels Taggers n’est pas prouvée. Sur Terre, la totalité des Symbiotes provient de la Ruche et de la Reine Chrysalis.

Ce que souhaite SO (officiellement) : renforcement des lois contre les Taggers « sauvages ». Donc le renforcement du monopole de Chrisalis (sur le territoire de la cote est) sur les Symbiotes/Taggers.

Ses raisons : un Tagger doit suivre un enseignement de Chrysalis, pour une sorte d’« accréditation ». Et ce (je cite SO), « afin que l’humain ne maltraite pas son Symbiote ».
Je lui ai fait répéter à deux reprises les motifs, et cet argument venait en première position. Ensuite, SO parlait de « protéger les humains d’une mauvaise utilisation des capacités des Taggers/Symbiotes ». Le Symbiote, selon SO, est une créature ultra-empathique toute-douce-et-gentille et le mal viendrait de l’humain, qui obligerait par coercition le Symbiote à lui obéir, à des fins moralement mauvaises. Je caricature à peine ! D’où le besoin d’« éduquer » les Taggers selon les règles de Chrysalis.
Comme une « accréditation occulte » que vous connaissez fort bien. Et qui dit « Tagger légal » dit aussi chasse aux autres Taggers, non conformes à la Ruche Chrysalis.

Une telle « chasse » renforcée permettrait de recenser la totalité des Taggers, de les remettre aux mains de Chrisalis pour formation (« formatage maison » aux doctrines de la Ruche et renforcement des liens de vassalité génétique), d’éliminer les indésirables et réticents…

Autre souhait : une filiale de Chrysalis au cœur de la chasse gardée de Myscatonic qu’est Arkham et des canaux de distribution (les produits Chrysalis se vendent « sous le manteau », donc par les Gambino ; les marchés noirs sont leur privilège, d’autant plus s’ils sont juteux).

Avec une autorisation de vente légale pour certains produits au moins de Chrysalis, on peut s’attendre à :

- bien sûr une possible inondation d’Arkham par des crèmes de beauté Cinderella et autre bio-peluches Furby se reproduisant chaotiquement et un certain engouement est à prévoir de la part des habitants d’Arkham (comme pour toutes les nouveautés)

- un manque à gagner pour les Gambino (ce qui les obligerait à se tourner vers des produits encore plus illégaux)

- les bénéfices qui pourront être récoltés par la mairie (taxes) seront inferieurs aux bénéfices des Gambino sur le marché noir (un produit quand il est illégal rapporte toujours plus que quand il est légal), mais c’est un point à creuser par des experts en finances (que je ne suis pas).

- laisser Chrysalis s’installer à Arkham est comme inviter un ver dans une belle pomme : il peut y avoir un danger pour tout le pommier. Mais la protection / protectionnisme de la Cote Est est-elle possible sur du moyen/long terme ?

Je suis en train de tester certains produits à succès de SO :
- crème bio-sculptante (visage et corps), (applications cosmétiques, mais aussi de « discrétion » possibles)
- bio-soie vestimentaire
- boa en fourrure empathique (réagit aux émotions du porteur)
Vous pourrez en avoir un aperçu lors du diner.

Ce que SO désire en échange ? « Rien ! Mais rien, ma chère enfant », dirait-il en bon génie de la lampe exauçant tous les vœux. Et le ciel voit qu’il est perspicace !



Il a parfaitement vu certaines de mes failles ! Le coup de crèmes rehaussant la beauté, la robe de soie vivante somptueuse, la fourrure douce et luxurieuse…

J’ai franchi ce pas : je me suis laissé faire. Ou plutôt je me suis laissé aller. Pourtant, ça ne me ressemble pas : suis-je à ce point futile et superficielle ?!

Voilà, pour 24 heures, j’aurais le visage de mes rêves, d’une beauté sculpturale et parfaite, remodelé par les micro-organismes des crèmes. Et si je me regarde de trois quarts, mon œil est caché par les cheveux. Et la silhouette drapée de cette soie bleu nuit n’a rien à envier à celle d’Alicia.

Même là, dans le taxi, je rédige ce rapport à Bénédicte Ashcroft, et quand je lève les yeux, je vois dans le rétroviseur ce visage qui est mien pour encore une vingtaine d’heures. Je me mords les lèvres pour ne pas pleurer ce qui n’est qu’une illusion et que je ne pourrais jamais avoir.

J’aurais tellement aimé que Stephen me voit ainsi. J’imagine il aura les enregistrements… Mais ça me fait peur aussi : il verra que je suis aussi vaine et vaniteuse qu’une … qu’une … qu’une gamine écervelée ! Voilà ce que je suis !

Heureusement que j’ai pu éviter le pire : qu’il me touche par contact direct, sinon, il aurait su. Prétextant un traumatisme… Le traumatisme est vrai, lui ! Et il est vrai que depuis que je suis « tombée de l’escalier » sur le grillage du campus, j’ai une peur épidermique des contacts physiques. Sauf quand que danse avec ceux que je connais.
Et sauf avec Stephen.


A vous de voir ce que vous pouvez accepter de sa part, comme concession et comme rétribution.

Avoir son ennemi auprès de soi peut se révéler
a) un danger (ça mettrait par exemple tous les taggers qui servent Myscatonic en danger ; leur idéologie pro-(certains)Migos ferait un bon terreau pour les cultes de Dagon et du Messager…)
b) et un atout (si on considère que l’Humanité a déjà perdu la bataille contre les Migos, autant ne pas se laisser distancer dans la course, d’autant plus que la force des Ashcroft est du domaine de l’Esprit et de la Psychée…)


Il lit en vous comme à livre ouvert.

Il avoue que son Symbiote est ultra-empathique (ou plutôt, je crois que SO est un Symbiote – en non plus Tagger – ultra-empathique) et je vous conseille d’éviter tout contact physique direct avec lui.

Son parfum androgyne et capiteux a un arrière gout de drogues de vérité désinhibantes. Provoque un relâchement de vigilance. Et pousse à des confidences.
Conseil : en respirer le moins possible, créer un courant d’air ou se munir d’un filtre discret.



J’en ai respiré, moi, de ce parfum !

Un parfum androgyne, capable de charmer les hommes et les femmes indifféremment. Qu’a-t-il d’autre comme artifice sous sa main ?

Il n’est pas/plus humain. J’avais l’impression de parler au Symbiote portant un masque d’humain. Et son empathie est … déroutante !
Selon SO, le Symbiote se nourrit d’émotions de son humain. Je me demande si le Symbiote ressent par lui-même ou bien si c’est une sorte de « vampire émotionnel/psychique »… Pas de réponse de SO à cette interrogation.

Quant SO m’a maquillée, il semblait s’engorger de l’étonnement, de la joie, et aussi de la tristesse que j’éprouvais en découvrant ce visage qui ne sera jamais le mien dans le miroir… Il humait presque mon émerveillement enfantin face à la splendeur de la robe, comme un bon vin…

Je lui ai demandé si le Symbiote agirait comme un amplificateur d’émotions ressenties par le Tagger. Sa réponse était laconique : « possible ».

Je me demande si le Symbiote est capable de susciter des émotions chez son humain… Mais je n’ai pas posé cette question.

Est-ce que ces frissons de bien-être que je ressens en compagnie de Stephen viennent de moi ou du Symbiote ? Est-elle du Symbiote, ou de moi, cette ivresse de bonheur, dont le simple souvenir m’étrangle maintenant la gorge de spasmes – je ne peux le voir ! Tant que je côtoie Shen Orbus, je ne puis le voir, car sinon SO le saura… Et la traque reprendra…

Comment un être aussi sirupeux peut-il être un tueur impitoyable ? Peut-être par son empathie insatiable : boire les émotions jusqu’à la dernière goutte de vie …

Ce leit-motif tournait en boucle dans ma tête tout le long de mon entrevue avec Shen Orbus : « Shen Orbus est dangereux. D-a-n-g-e-r-e-u-x… »

J’espère que ma peur n’était pas palpable. Etait-ce seulement de la peur ? Ou bien aussi une certaine fascination... Une fascination malsaine, mais qui trouvait pourtant une résonnance en ma chaire.
Cet être, ce Symbiote à visage humain, est le contraire parfait de Stephen.

Je repensais à son histoire : promu à un grand avenir au sein de Chrysalis, son Symbiote se recroqueville, puis traqué pendant des mois, des années, par des tueurs de la Ruche, sans repos, dormant sous les ponts, se cachant, sursautant au moindre bruit… jusqu’à ce qu’un Bénédicte Ashcroft ne le ramasse sur la route comme un chien efflanqué…
C’est pour ces raisons qu’aujourd’hui son costume est si impeccable, qu’il ne supporte la moindre trace de crasse, et aussi qu’il dévoué à celui qui lui a sauvé la vie…

Qu’est-ce qui fait que l’un soit une créature effrayante, et que l’autre soit un ange du ciel ?
Est-ce tout simplement ce qu’on appelle « humanité » ?
Selon Shen Orbus, « ce qui définit l’homme, c’est son patrimoine génétique ».
Alors je ne suis et ne serai jamais humaine !

Et si le propre de l’homme était de ressentir pleinement, comme une sorte de canal émotionnel, boire des effluves passionnels des autres et les abreuver à son tour…

Je n’arrive pas à mettre de mots exacts. Ni pour expliciter ce qu’est être humain. Ni pour ce que je ressens dans ma chaire, cette chaleur étrange et douce…

Peut être que mon intérêt accru et trop insistant pour les Symbiotes a éveillé la suspicion de SO ?

Autant demander à Bénédicte Ashcroft d’appuyer ma biographie improvisée…


Voici mon histoire expliquant à SO mon intérêt pour la Symbiose :

- Suis employée par Myscatonic (et les Ashcrofts) pour travailler comme « chargée d’affaires culturelles junior ».

- Travaille sur un dossier sur une thématique liant des méchas / l’Archanotech et la Symbiose (« un humain dans un mécha est-il une sorte de symbiote dans un corps d’archanotech ? »)

- Intérêt pour les Symbiotes purement intellectuel et théorique donc. Peur de me faire implanter quoi que ce soit (ce qui est vrai !, être Marabout Nazaddi me suffit…)

- Traumatisme récent, traité par un psychiatre et un marabout nazaddi, qui m’interdit tout contact physique avec une autre personne : pour ne rien cacher, j’ai été récemment frappée par des inconnus près du Campus (cotes cassées, probablement un traumatisme crânien. Et je supporte mal le contact physique depuis).


C’est drôle : j’en parle à mon employeur d’un ton détaché comme s’il s’agissait d’une autre personne que moi-même… Mais il le sait déjà !
De même que j’en parlais à Shen Orbus, avec des tremolos pathétiques dans ma voix, pour cacher la véritable peur : celle de son contact.
Si je les trouve, je vengerai, non pas moi, mais Esther Moonchild. Le mieux est de les livrer à la police…
Quand à ma peur de contact physique… elle demeure réelle. Pourvu qu’elle ne devienne pas handicapante pour les danses !


- Evidemment pas un mot sur mes études à l’Université Ashcroft, ni sur mon métier de Marabout. Ce qui fait de moi une Nazaddi on ne peut plus insignifiante et banale, qui a simplement profité de l’ascension sociale offerte par les Ashcroft.



Comme je le disais si bien à Shen Orbus : je ne connais pas les raisons de Bénédicte Ashcroft de m’avoir choisi pour cette mission. Mais c’est lui qui m’a sorti du Ghetto et de la misère, m’a offert un emploi et un avenir. Et je demeure parfaitement incorruptible et loyale aux Ashcroft !
Ainsi soit-il.
A be Dolo Ala bolo! C’est dans la main des étoiles…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: de CHRYSALIS rerum ...   Ven 17 Aoû - 15:49

Shen Orbus est le directeur Chrysalis pour la californie. il vient à Arkham. Benedicte me charge de l'accueuillir (sur conseils avisés de son respo de securité) et de me charger de tous les details de cet accueil.

le solo etait la rencontre et la discussion avec S Orbus (dont je fais le CR de mes impressions et du contenu de la discussion), qui a beaucoup tourné autour des symbiotes dont Chrysalis a le monopole.

dans le post ci dessus : le compte rendu envoyé à Benedicte Ashcroft est en "courrier" et les reflexions personnelles d'Amsar en caracteres normaux.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: de CHRYSALIS rerum ...   Lun 20 Aoû - 14:23

en plusieurs morceaux la suite de la partie Amsar / Art Mathers sur Chrysalis/ Shen Orbus

*************

résumé bref :

- Celine Ashcroft, à son insu, a subit une implantation de Symbiote de Chrysalis. elle ira à la maison mere de Chrysalis pour etre formée comme Tagger.

- pendant l'entrevue et repas entre Shen Orbus et Benedicta ashcroft il y a eu une tentative d'assassinat sur Shen Orbus. il a été blessé à l'epaule, rien de grave.
un tagger embusqué lui a tiré dessus une balle, la rendant invisible et intangible.
c'est la signature meme de Stephen Shepard (qui a en plus une vindicte personnelle avec Shen Orbus).

Ashcroft se dit pret à le sacrifier et le rendre à Chrysalis.

Amsar et Art trouvent un couteau de Sicaire (tagger assassin nazaddi) sur place. et sont objet, de meme que Shepard d'un control mental. il s'agirait d'un tagger telepathe nazaddi.
la ferme blackseed pourrait etre une piste....

mais en attendant, Shepard est obligé de se cacher. il est activement recherché par B Ashcroft.

- raisons possibles : Chrysalis veut renforcer la loi contre tous les taggers qui ne sont pas de Chrysalis. donc faire une chasse. il y aurait une "ruche" nazaddi à Arkham.
Shen Orbus voudrait surement la retrouver et l'exterminer.
d'où l'attentat.

Amsar et Art se quittent peu apres cette tentative d'assasssinat echouée.


- le lendemain à midi, un accord doit etre signé entre Chrysalis et le Maire d'Arkam. devant les camera et mediatisé.
clauses :
_ installation d'une filiale de chrysalis à Arkham
_ investissement dans la reconstruction de la ville et ses quartiers sinistrés
_ renforement de loi contre les Taggers illegaux
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: de CHRYSALIS rerum ...   Lun 20 Aoû - 14:34

Crépuscule.

Un taxi – humain, car des Nazaddis travaillaient surtout de nuit – ramenait une Nazaddi borgne et efflanquée de la banlieue excentrée et en ruines vers le centre ville d’Arkham. A coté d’elle, sur le siège arrière, étaient posées une valise et une besace d’où pointant trois bouteilles du Vin des étoiles, celui qu’on appelle aussi le « Juce ».

La piste de la Ferme Blackseed n’a rien donné : cette dénomination était inconnue dans le coin et aucune habitation, même écroulée, ne portait une telle pancarte.

La Nazaddi plongea pensivement la main dans la besace, en sortit un paquet de cigarettes, Chesterfield. L’alluma. Aspira avidement une bouffé. Souffla doucement vers le plafond. L’odeur légèrement acre et si familière…
S. Shepard, le Responsable de sécurité de Cyclopean, et actuellement un fugitif recherché pour tentative d’assassinat sur la personne se Shen Orbus, fumait le mêmes.


Stephen … Je dois m’interdire ne serait-ce que penser ce nom ! Je ne dois pas le souiller par mon contact impur et maudit. Je l’ai trahi. J’ai trahi sa confiance. Je l’ai mis en danger. Par mes craintes, ma peur stupide. C’est moi, et nul autre.

J’étais responsable de ma communauté, je n’ai pas su le prémunir contre les Sicaires ! Je n’ai pas su préserver la protection des Ashcrofts. Je n’ai pas su le protéger contre la vindicte de Chrysalis.

Je n’ai pas su le protéger …

Alors que lui m’avait toujours protégée contre le Livre impie dont je porte la marque indélébile et qui m’appelle à lui. Comment vais-je faire maintenant ? Comment puis-je penser en cet instant à moi, alors que c’est lui qui est traqué de nouveau ?!

Je suis indigne ! Indigne de lui, indigne de respirer le même air… C’est pour ça que je n’ai pu poser ma main sur la sienne : il irradiait une telle chaleur que ça me brulait. C’est surement ça, les flammes chrétiennes qui brulent la souillure de la chaire. Car ma chaire était souillée, par le suc empoisonné du Symbiote Migo, par la fréquentation du Symbiote Shen Orbus…


La main de la Nazaddi remonta sa manche et tata le renflement retenu par un tissus et un sparadrap. Tous à l’heure, elle était passée à la sauvette dans le duplex, récupérer quelques maigres affaires d’elle, et avait coupé un bouton non éclos encore de la rose de cristal. Si on le laissait à l’air libre, il se cristallisait en quelques heures, perdant toute couleur diaphane par le suc s’écoulant de la tige.

Mais il pouvait aussi être teinté, par son porteur, le suc d’Harmoniste agissant comme un catalyseur de son état émotionnel.

Elle avait enduit le bout de la tige avec une goutte de suc huileux, et, s’entaillant la veine sur l’avant bras gauche, la plongea dans ce terreau rouge sombre et la fixa avec un linge et du sparadrap.

Je me demande quelle couleur aura-t-elle… Ayant bu de ma chaire souillé… Et bientôt mon esprit sera souillé, lui aussi !

« Déposez-moi au Cyclopen, je vous prie. Entrée principale », dit la Nazaddi d’une voix enrouée.



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: de CHRYSALIS rerum ...   Lun 20 Aoû - 17:32

Minuit. Cyclopean.

La statue de basalte noir au milieu d’un petit bureau sombre d’un étage quasi désaffecté de Cyclopen sortit de son immobilisme et devint une jeune Nazaddi efflanquée, dont les yeux brillaient dans la nuit d’une détermination fiévreuse. L’un de clarté cyanosée fixe de fanatiques ou exalté mystiques. L’autre de toute absence de lumière, comme un puits insondable de ténèbres denses.

Elle prit un bloque note et rédigea deux lettres. Les cacheta. Accrocha une à sa sacoche. Posa la seconde au dessus, glissant une pierre précieuse dans l’enveloppe.

Son corps nu était couvert d’arabesques de centres noires, évoquant des constellations au cœur dévorateur de trous noirs, Chamaeleon, Corona Borealis, Draco, Hydra, Scorpius, Serpens, Virgo…

Sur son avant bras, un bourgeon de rose était maintenu par des sparadraps, buvant à la veine son nouveau terreau vivant.

La Nazaddi prit une autre bouteille de vin phosphorescent, versa dans une coupe de carapace noire chitineuse de quelque étrange insecte, but, renversant la tête en arrière. Le Juce coula sur son menton, le long de son flanc maigre. Elle porta une main sur le coté droit : la créature qui faisait désormais partie d’elle à nouveau irradiait de chaleur.

Elle rit doucement, dénudant des dents pointues, et arrosa un couteau courbe dans un bois ou une corne sombre de vin des étoiles et le roula contre son flanc, entre chaque cote saillante, remontant vers le cœur et descendant vers le foie. Des gouttes de sang suintèrent des coupures et se mélangèrent aux arabesques de cendre. La chaleur au flanc se fit plus forte, plus vivante, irradiant dans tout son corps.
Ça la reconnaissait. Ça l’approuvait. Ça l’appréciait…

Elle prit un masque lisse comme un joyau noir parsemé d’étoiles et le serra contre son cœur. Lorsqu’elle le retira, le masque rougeoyait les constellations dévoratrices. Elle prit une profonde inspiration et le mit.

C’est un point de non retour. J’ai revêtu mon masque, j’accepte par ce geste pleinement mon statut de Sicaire. Le masque de lumière claire – car Al-Nair signifie « lumière » ou « brillance » – redeviendra de nouveau le masque de lumière sombre. J’accepte de voir couler de nouveau le sang sur mes mains… J’accepte cette souillure… Amiina… Amiina, me Kanuya…

Elle découpa la moitié de la tache de sang sur un chemisier en soie blanche de chez Baron Dandy. La fit tournoyer au dessus la flamme d’une bougie, puis la plongea dans une liquide acre qui dissout le tissus délicat et prit une teinte ocre.

« Tu vas encore aimer ça.. », murmura-t-elle et appuya son couteau contre le revers de sa main au dessus de la coupe. Le sang coula de sous la lame, le long de l’index osseux, qu’elle plongea dans la coupe et y dessina des signes impies, que seul son œil vide derrière le masque pouvait discerner, invoquant sur elle les forces assoupies et assoiffées d’une voix roque devenue sourde et inhumaine.

Puis leva la coupe impie, la présenta au ciel par delà le Dôme, et le porta à ses lèvres et but une gorgée, qui coula dans ses entrailles comme un feu noir liquide. Les battements de son cœur s’accélérèrent et elle tomba à genoux avec un gémissement de douleur étouffé par le masque.

Mais elle ne lâcha point le bol. Elle s’en enduit de cette liqueur chaude et écœurement poisseuse comme d’un masque qui pénétra chacune des pores de sa peau. Et la brula. Son corps fut pris de spasmes et elle s’écroula sur le sol, en proie aux convulsions. Son cœur sursauta une dernière fois ; puis arrêta de battre.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: de CHRYSALIS rerum ...   Lun 20 Aoû - 17:51

Matin. Mairie d’Arkham.

Bénédicte Ashcroft relut une dernière fois le texte de l’accord entre Chrysalis et la Ville d’Arkham.

Tout y figurait : l’autorisation d’une filiale de Chrysalis ; le projet de renforcement des dispositions légales contre des porteurs illégaux de Symbiotes illégaux ; les projets d’investissement et aides à la reconstruction de la ville sinistrée par les inondations récentes…

Il se leva et se mit face à la baie vitrée donnant sur l’esplanade de la mairie. Tout y était prêt pour la signature d’un traité qui serait diffusé en direct sur les canaux privés et publics de la ville.

Au vu du dernier attentat sur la personne de Shen Orbus, la signature aurait dû être organisée dans un lieu couvert. Bénédicte Ashcroft sourit. Il n’a pu résister à la tentation de maintenir l’événement sur l’esplanade, qui, d’ailleurs, pouvait accueillir plus de visiteurs que le hall de la mairie. D’autant plus que le ciel dégagé annonçait une journée fraiche, mais ensoleillée.

A midi, les 24 heures de répit qu’il avait accordé à ce fouille-merde d’Art Mathers et cette gamine Nazaddi qui ressemblait à un corniot efflanqué et galeux – mais un corniot fidele jusqu’à présent – allaient expirer, et il n’avait d’eux toujours aucune nouvelle concernant l’enquête.

Tant pis, mais il allait devoir sacrifier Shepard. Ce sera difficile de trouver un autre Responsable de Sécurité aussi doué, et surtout aussi loyal… Zack Simon ?... Un Ashcroft ? On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs ! Shepard a commis une erreur. Une connerie même. Et il allait le payer.

Il haussa les épaules et retourna à son bureau.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: de CHRYSALIS rerum ...   Lun 20 Aoû - 19:27


Midi. Parvis de la Mairie d’Arkham.

Assis à la place d’honneur aux cotés du Maire d’Arkham Bénédicte Ashcroft, le Directeur de Chrysalis Shen Orbus parcourait de ses yeux obliques les notes pour son discours.

Le Maire, sur le podium rehaussé, faisait son speech suintant d’amitiés et d’angélisme envers Chrysalis et leur future coopération… Shen Orbus se rejeta sans son fauteuil et dégagea de son manteau de bio-fourrure l’epaule et le bras qu’il portait ostensiblement en echarpe. La fourrure ondoya au soleil ses poils vibratiles. Ce soleil lui rappelait la Californie…

Sous les applaudissements et le crépitement des flashs, le Maire descendit et, souriant de toutes ses dents, serra la main de Shen Orbus, qui releva son corps dodu à la Bottero avec une légèreté surprenante. Il entra dans la tache solaire qui coiffait l’estrade et, aveuglé par la lumière, fit tomber ses notes. Puis il se ressaisit, plissa les yeux, et monta. Une assistante avenant ramassa son feuillet servilement et déposa devant lui.


Je ne suis plus aveuglée par le soleil …

Shen Orbus fit son sourire le plus chaleureux à la foule de journalistes et de notables assis face à lui. Et regarda son discours.

Heureusement que j’ai l’habitude de la scène ! Autre bonne nouvelle : le discours est en anglais…

« Mesdames, Messieurs les habitants d’Arkham ! »

Quelle voix suave et ondoyante…

« Permettez-moi de vous remercier, au nom de Chrysalis, pour un accueil aussi chaleureux dans votre Ville. Et en mon propre nom pour ce soleil ! (rires du public) »

« Nous entrons dans une nouvelle ère : celle de l’ouverture culturelle et du rapprochement économique, celle du progrès. Et, comme le soulignait si bien Monsieur le Maire, celle de la paix. »

Shen Orbus se tourna vers Bénédicte Ashcroft, qui inclina sa tête et sourit aussi chaleureusement qu’un loup affamé.

Quand vous souriez, Bénédicte Ashcroft, les commissures de vos lèvres se relèvent comme un rictus, et des rides de rire se creusent, mais vos yeux ne sourient jamais.
N’avez-vous jamais sourit dans votre existence ?
Jeremiah, lui non plus, ne sourit pas veritablement…


« Et quand on parle de paix, il n’est pas besoin de long discours. Mais d’actes forts ! » Shen Orbus prit son feuillet de discours et le replia.

« L’aide solidaire qu’apportera Chrysalis à la reconstruction de votre ville est un acte fort. Un acte solidaire. Nous investirons à hauteur de 50 millions de dollars pour aider les quartiers sinistrés à se relever.» Il marqua une pause. « Et 5 millions supplémentaires iront pour l’aide spécifique aux quartiers Nazaddis », ajouta-t-il fixant le nouveau préfet de police, un Nazaddi.

C’est peu, mais déjà ça ! Trop accepter, c’est se sentir redevable…

« Je sais que ma visite dans cette ville a suscité des craintes, voire de l’hostilité. », il montra son bras en écharpe de sa main valide boudinée.

Je me demande si cet incident a été médiatisé… Maintenant il l’est !


« Mais je souhaite enterrer les anciens désaccords du passé et repartir sur un nouvel avenir. Un avenir que nous construirons ensemble, avec vous, avec nous ! Je suis porteur de paix et vais vous le prouver ».

« Mademoiselle », il se tourna vers l’assistant servile, « veuillez m’apporter les deux exemplaires du contrat, je vous prie ».

Iris Chirch… Vous êtes resplendissante. Je sens en vous déjà une cliente plus que potentielle pour la gamme de beauté Cinderella…

L’assistante s’exécuta.

« Monsieur le Maire », Shen Orbus se tourna vers Benedicte Ashcroft, « Mesdames et Messieurs », il se tourna vers le public, « Je voudrais dès à présent renoncer à la clause de renforcement des dispositifs légaux dans la lutte avec la contrefaçon de Symbiotes et de leur usage illégal dans votre ville et dans votre Etat. Les lois en vigueur me semblent déjà en tous points efficaces et suffisantes. Apres tout, qui peut arrêter le progrès ? »

Shen Orbus sourit mielleusement face à la foule de journalistes médusés et écarta le bras en un geste vague et ample. Il prit un stylo que l’assistante lui tendait et raya la mention sur les deux exemplaires.

« Quand à ce pauvre désaxé qui m’a planté une fourchette dans l’épaule », il haussa les épaules d’air contrit et compatissant, « je lui recommande vivement, s’il m’écoute, de se tourner vers un spécialiste en psychiatrie. Car je ne garde nulle rancune envers une personne sous l’emprise de folie et qui n’est pas responsable de ses actes et demande donc un armistice sans conditions pour cette personne», dit-il, glissant son regard sur le préfet et les autres notables, puis le fixant sur les mains du Maire.

Pardon! Mille pardons, mon ange, me Kanuya… Ne considère pas cela comme une insulte. Je ne sais si c’est suffisant, mais plaider directement en ta faveur serait pire, ce serait trop suspect… Pardon !

« Monsieur le Maire », dit il en tendant le stylo, « je vous prie, cela vous convient-il ? »

Bénédicte Ashcroft maitrisa rapidement sa surprise et le rejoignit d’un pas leste.

Shen Orbus se tourna vers lui et dit à voix basse, toujours sans le regarder « Gardez-le… S’il est votre, vous l’avez bien gagné. Rédigez un armistice, mettant son nom, là, sur cette feuille vierge. Je la signerai, au nom de Chrysalis… Puisque nous sommes partenaires. »

Est-ce moi qui parle ? Je suis trop dans mon rôle… Ou bien … Ou bien il est temps de partir…


Bénédicte Ashcroft improvisa quelques phrases sur l’altruisme et la générosité, et encore le sentiment chrétien… Tout en redigeant rapidement un texte de ceddattion officielle, definitive et sans conditions du Tagger de Chrysalis Stephen Shepard à la famille Ashcroft. Puis signa les deux exemplaires du contrat, en posant pour les journalistes.

« Monsieur Shen Orbus, je vous en prie, » dit-il tendant le stylo.

Shen Orbus cligna les yeux sous le soleil.

« Ah oui, le discours… » Sourit-il se reprenant rapidement.

« Non… » Bénédicte Ashcroft le fixa de ses yeux de prédateur, tournant un sourire éclatant vers les journalistes attroupés autour de l’estrade. « Votre signature. »

Mécaniquement, Shen Orbus prit le style et signa les trois feuillets que lui tendit le Maire d’Arkham.

Des flashs crépitèrent. Des voix hystériques de journalistes commentaient en cacophonie l’événement.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: de CHRYSALIS rerum ...   Mer 22 Aoû - 17:24

Après midi. Cyclopean.

Le rire dément de la Marabout, comme une vague, fit chanceler les statuettes grimaçantes et se répercuta sur les murs, se terminant dans un sanglot. Des larmes coulaient le long des joues creuses, de l’œil cyanosé, et de l’orbite creuse, le rendant plus sinistre que jamais, comme un puits vide suintant un ichor mort.

Elle gisait sur le sol, et sur son avant bras engourdi avait éclos une rose de cristal, irradiant de lumière d’un or bleuté, comme un éclat d’étoile. Elle la prit – elle se tenait au creux d’une main, un bouton épanoui sur une tige, à peine plus grand qu’un perce-neige, transparent comme un cristal – et l’enveloppa dans une écharpe en soie crème.

Elle se leva, empoigna une dernière bouteille de vin des étoiles et, fracassant le goulot contre le mur, l’appuya contre ses lèvres exsangues. Les éclats de verre s’enfoncèrent dans une peau d’un noir blafard, mais elle semblait ne pas s’en rendre compte. Le sang coula dans sa bouche et sur sa gorge, mêlé au vin laiteux.

Elle chancela et la bouteille vide roula sur le sol.

Elle prit, tremblante, l’enveloppe posée sur la sacoche et l’attacha à son avant bras, puis remit le linge sali par le sang séché. Prit la sacoche. Ouvrit la porte sur un couloir désert. Et la referma avec précaution.

Personne ne remarqua un forme voutée traverser un couloir vide, prendre l’ascenseur jusqu’au parking des employés, le traverser d’un pas régulier mais légèrement trainant.

Nul ne remarqua une Nazaddi efflanquée marcher dans la ville effervescente d’activités comme chaque après midi, descendre les rues jusqu’au Mausolée des Premières Guerres.

Elle frissonna de cette hostilité tangible qui émanait du Mausolée des Humains morts des mains des Nazaddis. Monta les marches malgré le terreur montant à la gorge, passa près des statures…

Dans les hauteurs où elle avait parlé à Stephen la dernière fois, il n’y avait que le silence et les effluves de la haine des morts. Et quelques origamis soigneusement disposés, comme des éclats de joyaux dorés dans une tache de soleil couchant. Elle les ramassa avec précaution dans une écharpe, sans les froisser. Puis descendit et erra parmi les gisants, comme dans un cauchemar, cherchant une issue.

Une porte.

Elle y déposa sa sacoche, qui contenait des affaires de rechange, les crèmes remodelantes Cinderella de Chrysalis, des morceaux de chuchvara Nazaddi (sorte de pate de fruits dense et sucrée, hautement calorique). Une pierre qui devait valoir 10 000 $.
Et la rose de cristal.
Elle épingla sur la sacoche la lettre avec l’inscription « à l’Ange aux ailes d’or et de lumière invisibles à nos yeux mais perçus par le cœur ».


Et donna plusieurs coups dans la porte, qui résonnèrent dans le silence funéraire. Le gisant le plus proche se tourna lentement vers l’intrus Nazaddi et les crissements de l’Archanbotech la firent reculer de terreur. Elle tomba à la renverse. Une main de pierre vivante l’agrippa à l’épaule. Elle hurla et se débattit. La main, non, la griffe noire, la serra à la gorge, étouffant le cri, serrant, serrant encore… Elle perdit connaissance.



Dernière édition par Jezabel Charlotte le Mer 22 Aoû - 20:39, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: de CHRYSALIS rerum ...   Mer 22 Aoû - 18:27

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: de CHRYSALIS rerum ...   Mer 22 Aoû - 18:28


Nuit. Arkham / Salem historique.

Il y a des bruits. Une rue animée et festive. J’ouvre l’œil. Il fait nuit. Je suis dans une impasse déserte, adossé à un mur de briques. J’ai mal à la tête. J’ai la nausée.

Je me traine vers les lumières. Une rue animée des quartiers historiques de Salem, je la reconnais. J’avance. On me crie quelque chose. On me pousse. Je tombe.

Je me mets à genoux mais les spasmes remontent. Je vomis. Un suc noir. Un gout ferreux dans la bouche. Je m’essuie la bouche avec le manche. Il est déchiré. Je m’agrippe au mur et me rassoie. Mal à la tête…

Un passant s’arrête. Me parle. Je ne comprends pas ce qu’il me dit. Je secoue la tete. Ça fait mal. Il avance sa main vers moi. Je recule en rampant. J’ai peur. Il indique son bras. Puis pointe son index vers moi. Il refait plusieurs fois ce geste. Il continue de me parler. Ça doit être un jeu ! Un croassement roque me racle la gorge. Ça doit être parce que je ris.

Il insiste.

J’imite son geste. Je crois que je comprends les raisons de son geste.

J’ai un papier attaché à l’avant-bras. Avec une inscription. Ces gribouillis n’ont aucun sens pour moi.

Je le lui tends. Peut être il a besoin de ce papier…

Il me fait signe de le suivre. Ça doit faire partie d’un jeu.

Il marche. Je le suis. Parfois il s’arrête et se retourne. Je m’arrête alors aussi. Puis il continue. J’essaie de ne pas le perdre de vue. Je dois vraiment me concentrer sur sa silhouette. C’est difficile. Ça accentue le mal de tete. Sa silhouette se découpe sur un fond d’autres silhouettes mouvantes.

Je n’arrive pas à définir les couleurs. Seulement des tons sombres et des tons plus clairs. Certains tons clairs éblouissent. Je me frotte les yeux. Mes joues sont humides et piquent. Ça a un gout ferreux et écœurant.

Je ne distingue pas les détails. Seulement des contours vagues. Ça doit être une sorte de brume…

Ça y est ; il s’arrête. Un portail. Une maison de briques. Je crois que je reconnais, pourtant je n’arrive pas à m’en rappeler.

Une autre personne descend et ouvre le portail. Il y a un parfum de fleurs. Je rentre. Il y a des fleurs. Ça sent bon…

Ils me suivent.

Ils émettent des sons. Gesticulent avec retenue. L’un me montre à plusieurs reprises. Le second s’approche. Je recule. Le premier le retient. Les deux secouent la tete.

Ils me montrent mon bras. Sous le manche déchiré, il y a un tissu. C’est peut être ça qu’ils veulent. Je déchire le tissu avec mes dents et le dénoue. Un autre morceau de papier tombe, une enveloppe. Je leur tends. L’un la prend et me fait signe de le suivre.

Ça doit faire partie de leur jeu…

Je le suis.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: de CHRYSALIS rerum ...   Mer 22 Aoû - 20:39

Nuit. Arkham / Salem historique.

Dans une demeure typique du vieux Salem, un homme mit ses lunettes demi-lune sur le net et décacheta l’enveloppe. Et une enveloppe avec 623$23. Et une lettre.



Mansa professeur Random,

J’ai côtoyé des enveloppes de chaire vidées de leurs âmes. Ma chair a été souillée par ce contact.

Et je m’apprête à souiller mon âme. Mais je ne le ferai pas pour moi, mais pour ceux qui croient en moi. Pour ceux qui m’ont fait confiance.

Je le ferai pour me racheter aux yeux de celui qui m’a rendu ma plénitude. Celui dont le regard est la lumière de pureté d’un ciel véritable.

Je vous écris cette lettre, cette demande d’aide, avant que je ne perde le peu de lucidité qui me reste, avant que mon esprit ne bascule dans la folie complète. Je l’accueillerai comme un lépreux de vos évangiles a accueilli le manteau. Et comme ce manteau a couvert son corps maudit, la folie couvrira mon aime souillée.

Pardonnez – moi, car je divague.

J’ai rencontré Agamemnon, un érudit Migo ; son suc empoisonné m’avait fait remonter dans mes souvenirs jusqu’à la cité du Phare de Yith. Je partagerai avec vous ces souvenirs, si vous souhaitez. Ainsi que cette pierre sans vie, dont la source est vile, mais que j’ai acquis sans honte.

Si vous acceptez de me ramener à la lumière d’Arkahm, je vous en remercie d’avance.

Amsar


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: de CHRYSALIS rerum ...   

Revenir en haut Aller en bas
 
de CHRYSALIS rerum ...
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Sauvetage de Caroline! [Ou: Chrysalis, Iris, Cave Johnson et GLaDOS]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Epiphanie :: Général :: Cthulhutech-
Sauter vers: