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 Ariake no Tsuki

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Jezabel Charlotte

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MessageSujet: Ariake no Tsuki   Lun 29 Juil - 23:35

Ariake no Tsuki

(source : images du film "Genji Monogatari: Sennen no Nazo, 2011")






parfumeuse et joueuse de shamisen



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Jezabel Charlotte

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MessageSujet: Re: Ariake no Tsuki   Lun 31 Mar - 19:05

Autant que je me rappelle, j’ai toujours été dans le hanamachi (Ville fleur)  du quartier Asura d’Heliogabal.

La maison de thé Okiya Kamishichiken  (« Sept maisons hautes ») a toujours été ma demeure. J’y ai été servante, puis assistante. Puis je devins, avant l’âge requis du sixième jour du sixième mois de leur sixième année, apprentie maiko et ma « grande sœur » Oneesan fut l’Aïeule elle-même.

J’y avais surement été vendue par ma famille, comme tout un tas de jeunes enfants d’Asura. C’est une pratique courante dans les Barrios, une échappatoire comme un autre à la misère et à l’insalubrité. Une éducation stricte, un apprentissage de l’être et du paraitre impitoyable, tel est le système de méritocratie absolue du monde flottant : le « monde des fleurs et des saules » (花柳界, karyūkai), car une geisha doit avoir la délicatesse d'une fleur ainsi que la force et la souplesse d'un saule.

Mon apprentissage se déroula sans incidents : j’étais choyée à la hauteur de mon application et de mon implication, qui furent totales et absolue.

* * *

Ou peut-être si, un incident. Vers mes neuf ou dix ans.

Je me rendis la nuit avec une autre maiko au puits. Mais notre maladresse, ou bien l’espièglerie cruelle du kami du puits, nous fit glisser et nous tombâmes toutes deux au fond. Nous pleurâmes, criâmes, mais personne ne venait nous chercher.

Des heures passèrent ainsi. Ou bien des jours... Qu’en savions-nous ? Car aucune lumière ne pénétrait dans ce puits de ténèbres… Mon amie était blessée et ses gémissements plaintifs, sa respiration moite et saccadée parcouraient ma peau comme des vagues de frissons.

Alors je me recroquevillai dans l’eau sombre, qui me couvrit comme des bras aimants et oblitéra toute souffrance, tout cris, tout ce qui n’était pas moi. Et puis j’ai senti sa présence: le kami me chuchota : « une seule survivra. Et si tu veux vivre, tu dois te nourrir de sa force et de sa vie. Ainsi tu remonteras ».

Manquant d’air, je me redressai, suffocant comme une carpe rejetée des flots sur une plage. J’avais soif. Tout mon être était affamé. Non point de la nourriture, mais bien de la vie et des forces déclinantes de celle qui me fixait terrifiée dans le noir et dont je ne distinguai que les yeux aux prunelles dilatées…

Je me rappelle le gout de son sang légèrement salé comme l’eau de mer, de sa chaire tendre et fondante, du craquement des os frêles sous mes dents et de cette ivresse qui m’envahit…

Plantant mes ongles dans les interstices des pierres, écorchant mes bras et mes pieds sur ces parois coupantes, m’accrochant aux algues desséchées, aux racines, aux moindres anfractuosités, je remontai…

Lorsque je repris connaissance, l’Ailleule m’épongeait le front. Je grelottais de froid, brulante, étouffant sous un kimono imbibé de sueur… Elle me rassura qu’il ne s’agissait que d’une forte fièvre sans gravité : j’étais tombée dans l’eau glacée du puits et il s’en suivit un choc thermique. Je ne lui dis rien de ce que j’y ai vécu. Ni à elle ni à personne. Je me plaignis seulement de cauchemars.

Et peu à peu, je commençai à me douter moi-même de la réalité de ce cauchemar…



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MessageSujet: Re: Ariake no Tsuki   Lun 31 Mar - 19:49

* * *

La fin de mon apprentissage fut, comme le veut la tradition, marquée par la célébration du mizuage (水揚げ, prononcer « mi-dzu-a-gué », première nuit, littéralement « élever l'eau ») : ma fleur fut mise aux enchères.

Je me rappelle que je fus autorisée à « changer de col », offrir mon kimono au col rouge de maiko à une jeune apprentie et revêtir pour la première fois un kimono au col blanc de femme.

Okiya Kamishichiken était cette nuit-là fermée à tout client sauf celui qui remporta les enchères. L’on me prépara longuement. Je fus lavée, coiffée, maquillée, parfumée, parée avec un luxe innoui et un soin tout particulier. L’on m’allongea sur le tatami recouvert d’un kimono blanc et l’on arrangea mes cheveux en cascades sur mes épaules et autour du makura (oreiller en bois).

Les lumières furent éteintes et seules des lueurs spectrales filtraient des paravents dressés, rendant les peintures presque vivantes. Des volutes d’encens ondulaient, se mêlant en paysages fantasmagoriques et en yōkai ricanants…

La porte coulissa. Des pas glissèrent sur le tatami. J’eus soudain froid. Mais le seul mouvement que je me permis, afin de ne point briser l’harmonie de ma posture, fut de glisser mon bras au dessus de mon front et de me couvrir le visage avec la manche de mon kimono.

Je sentis les pas se faire de plus en plus trainants. Un kimono lourd tomba sur le sol à mes pieds et une vague d’air froid remonta le long de mon corps, faisant onduler la soie du kimono qui me couvrait.


Puis une reptation… Je sentis des écailles contre ma peau, s’enrouler autour de mes chevilles, glisser, remonter le long de mes cuisses…

Des larmes coulèrent, silencieuses, de mes yeux.

Quelque part, au loin, dans un jardin ensoleillé, des nymphes jouaient. Lasse, l’une d’elle vint se désaltérer et s’agenouilla devant l’étang.
Un rayon du soleil frappa l’eau et s’éparpilla en éclats arc-en-ciel de gouttelettes…
Un serpent se déroula, remonta le long de la cuisse dénudée de la nymphe et se glissa en elle. La nymphe se débattit glissant dans l’étang, mais le Jumeau de la Chasseresse prit l’apparence du Python qu’il avait jadis vaincu et l’enroula dans ses anneaux, la possédant charnellement et spirituellement…

Quelque part, sur un haut plateau, Ama no Uzume, jeune et provocante, dansait devant les kamis hilares, et les gouttes de sueur coulant sur son corps tombaient comme des pierres précieuses autour d’elle…

Je repris connaissance lorsque la cloison glissa de nouveau. Le manche de mon kimono était trempé, comme si la rosée matinale avait glissé jusqu’à moi sur les rayons du soleil renaissant.




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MessageSujet: Re: Ariake no Tsuki   Lun 31 Mar - 20:07

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MessageSujet: Re: Ariake no Tsuki   Lun 31 Mar - 23:54

https://fr.pourelles.yahoo.com/d%C3%A9couvrez-julia-g%C3%BCnthel-femme-souple-monde-200147526.html

une inspi ...
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