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 MALLEUS

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MessageSujet: MALLEUS    Lun 9 Sep - 20:18

Voici une synthèse sur MALLEUS :

MALLEUS

Je vous propose un petit projet sans prétention : Malleus vous propose de jouer des membres de l'inquisition dans une ambiance oscillant entre le nom de la rose et berserk de Kentaro Miura

caractéristiques
CORPS --> aptitudes
PSYCHE --> connaissances
PNEUMA --> vices et vertus

2 compteurs sont le PARACLET (âme de dieu) et le DAEMON (l'âme du diable)

les 7 vices sont les péchés capitaux
les 3 vertus sont les vertus théogonales (foi, espérance, charité) permettant 3 types de miracle

pour accomplir un miracle on dépense des points de pneuma et fait 2 jets : un sous paraclet, l'autre sous daemon

si le jet de paraclet est le plus important, c'est bien un miracle qui intervient; sinon c'est un maléfice diabolique

il y a 3 stigmates :
- les métamorphoses qui affectent le corps
- les folies qui affectent la psyché
- les corruptions qui affectent le pneuma

MALLEUS est un projet d'horreur religieuse ou la lutte contre les forces du mal peut faire basculer l'âme des personnages ; ils seront sur la corde raide, comme au - dessus d'un gouffre, soumis aux affres de la violence et de la luxure en permanence

Ce seront leurs pensées, paroles et actes qui détermineront s'ils sont plus proches de dieu ou du diable.

"il n' y a qu'un pas entre visions extatiques et frénésie de péché"

Umberto Ecco
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MessageSujet: Re: MALLEUS    Lun 9 Sep - 20:18

Il me semble intéressant de rajouter aux miracles et aux maléfices le merveilleux qui peuvent être perçu comme un reliquat de paganisme et d'admiration devant les mystères de la création.

Il y a 2 manifestations principales de Dieu :
- la providence : Dieu intervient discrètement "voilé" dans la trame du réel; ses agents sont déguisés; les êtres et les forces naturelles se plient au verbe de Dieu
- les miracles : c'est le cas le plus rare et le plus difficile à obtenir quand les forces de la nature sont infléchies par le verbe (logos) divin et lorsque les serviteurs du seigneur se manifestent dans leur gloire

Les 2 manifestations principales du Diable sont :
- le fatalité : la réalité est engluée par le prince de ce monde et ses manifestations : malchance, violence, souffrance, dépravation
- maléfices : il sont l'oeuvre des sorciers ou des serviteurs "défroqués" soit dévoyés par un désir ou une volonté pécheresse

les vices, vertus dont dépendent en partie le paraclet et le daemon sont uniquement narratifs : ils ne sont donc pas "achetés" mais ce sont les actes et intentions des personnages qui indiquent leur évolution

Seule une prière (et la dépense de pneuma) peut emmener une manifestation (merveille, miracle, providence, sortilège ou fatalité) mais dans la mesure ou le foi est aveugle, le jet de pneuma est "caché" et le joueur n'a aucune certitude du résultat : il peut prendre un maléfice pour un miracle car les démons et leurs séides sont des tentateurs qui aiment prendre le visage le plus avenant (théorie luciférienne)
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MessageSujet: Re: MALLEUS    Lun 9 Sep - 20:19

Transgression : lorsqu'un personnage, par son interprétation blasphème ou agit de façon infâme au regard de Dieu (en comparant l'intensité maligne d'une action à un score de vice), il gagne des points de daemon temporaires.

Quand un personnage ajit de façon "tiède" selon ses vertus en minorant volontairement son comportement au regard de l'intensité de sa foi, espérance ou charité il gagne aussi du daemon noir

On peut dépenser 2 points de paraclet pour effacer un point de daemon

le personnage peut perdre 5 points de daemon temporaires pour en gagner un définitif, avec le stigmate associé.

L'accomplissement des commandements divins, le respect du aux sacrements et au vœux ecclésiastiques l'usage de façon particulièrement intense des transports religieux permet de gagner du paraclet.

Faire appel de façon immodéré au Seigneur (en demandant des accomplissements perpétuels) octroie du daemon.

Remercier les oeuvres de la Sainte Eglise et renforcer le pouvoir des serviteurs et créatures de Dieu renforce le paraclet.

Rechercher le pouvoir et cultiver donner trop d'importance à son corps, faire oeuvre d'orgueil en recherchant une érudition trop ostentatoire, tout cela sent le soufre.

Le commerce de la chair, la simonie, le nicolaïsme sont viles; au contraire, les saintes macérations et mortifications de la chair, la compassion et l'amitié des humbles, la compagnie des malades purifient l’âme.

l'illustration de la vie des pécheurs par des passages des écritures renforces comme autant d'exercices spirituels le paraclet.

La guerre est œuvre de violence; le croyant s'offre aux lames et aux crachats, sans crainte ni orgueil, tachant par son existence de reproduire l'exemple des martyrs.

Seuls les nobles, ayant reçu la sainte onction de l'Eglise ont droit par dérogation exceptionnelle de se battre, exclusivement au service de la chrétienté, de la veuve et de l'orphelin.

Plus que l'action, l'intention est importante; celui qui agit sous le couvert de la vertu mais infâme intérieurement n'est pas béni par Dieu.

L'usage de la pénitence qui nettoie l'âme du péché s'accompagne du vœu le plus strict de réparer le mal et de ne plus retomber (relaps) en état de pécher.

Les beaux atours, les serviteurs de Dieu les évitent, comme les propos emportés sous l'impulsion de la colère.

Le respect du calendrier liturgique permet de revivre l'exemple du Sauveur en sa chair et son esprit.

L'usage des charités ne doit aspirer à nulle récompense et dans le secret le chrétien aide son prochain.

Envers les païens et les hérétiques, prudence.
La violence réveillant la bête au cœur des fidèles, il vaut mieux "convaincre plutôt que vaincre"
Ce n'est que dans le cas de la plus extrême obstination que l'Inquisiteur, ressentant lui même les affres du tourment qu'il inflige peut appliquer la Question.
Il ne doit ressentir nul plaisir de la contemplation du corps dénudé des sorcières ou des blessures infligées aux orgueilleux.
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MessageSujet: Re: MALLEUS    Lun 9 Sep - 20:20

Il y a aussi une approche plus humaniste (c'est un peu pour ça que Guillaume de Baskerville est l'un des 2 pôles de Malleus).

"aimes ton prochain comme toi-même".

L'exercice de la compassion, de l'amitié fraternelle qui unit tous les hommes quels que soient leurs convictions, couleurs de peau, milieux sociaux et autres "signes superficiels" est un chemin vers Dieu.

L'humaniste a bien compris que les lois de ce monde - incarnées dans la science - sont un chemin vers la connaissance donc vers le Seigneur.

Les écritures sont un message allégorique, un gestat incitant tout autant à l'amour qu' à la haine et ou chaqu'un trouve selon son humeur et sa conscience résonance.

Dieu aime les savants, les artistes et les poètes.

L'amour est une des formes de l'agape "chrétienne" et ce même s'il s'exprime dans un cadre charnel, véritable prolongation des sentiments qui unissent 2 êtres.

Les dogmes ne sont rien. Chaque être est un temple, une chapelle ou peuvent se célébrer l'amour de Dieu.

Le corps peut être le véhicule de la grâce et le Seigneur ne nous aurait pas donné des appétits et désirs s'il ne souhaitait que nous nous en servions.

Les humanités et la reine des disciplines, la philosophie sont donc un chemin de la connaissance divine.

Il est donc possible d'imaginer un Dieu grand architecte, artisan et artiste sublime de sa création et aimant désespérément les hommes.

La providence et les miracles ne se jouent plus uniquement dans le monde mais se sont en partie repliées dans la conscience de chaque être.

Dans le creuset de chaque âme se jouent des luttes homériques, existentielles et étiques ou l'homme essaie avant tout de se gouverner et de se connaitre avant de vouer les sorcières et les païens aux gémonies.

Faire progresser la connaissance et en particulier la connaissance de soi, comprendre le fonctionnement et les rouages de l’âme, ne pas chercher systématiquement en ange ou en démon les moteurs de nos très mesquines et égoïstes motivations, tout cela nous rapproche de Dieu et de son trône de gloire.

Un personnage pourrait d'ailleurs avoir une foi vacillante mais une grande conscience morale (charité) et un optimisme indéfectible sur la nature humaine (espérance).


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MessageSujet: Re: MALLEUS    Lun 9 Sep - 20:39

Un bon moyen pour un inquisiteur de perdre du daemon est de s'imposer des astreintes, de 3 natures principales :

- Mortifications (corps)

- Confessions (esprit)

- pénitences (âme).

S'il "parjure" son engagement, le croyant retombe en péché : la perte de daemon est doublée.

Les personnages ordonnés gagnent 1 point de paraclet. En contrepartie, ils doivent respecter les vœux (célibat pour les prêtres et chasteté pour les nonnes, obéissance et pauvreté).

Un aristocrate, ou un prélat de l'Eglise est infiniment plus tenté par le vice qu'un humble et un miséreux : gain de 1 point de daemon.


PREMIERE EBAUCHE DE CREATION :

scores :
1 : faible
2 : moyen
3 : bon
4 et 5 : éxacerbé

L'inquisiteur a 9 points a répartir entre les 3 caractéristiques (corps, esprit, pneuma)

compétences :
- 20 points à répartir à la création
- au maximum un score exacerbé (à 4 ou 5)
- 1 point gratuit en théologie et 1 point gratuit en langues (latin)

vertus : score en pneuma à répartir entre foi, espérance et charité.

vices : choisis librement par le personnage entre les 7 péchés
- le nombre de points minimum est le pneuma
- au maximum un score est exacerbé

- calcul du paraclet (égal au pneuma) et du daemon (égal à la somme des vices)

- pour 5 points de daemon perdus, le personnage gagne un stigmate (métamorphose, folie ou corruption)

- confessions (soit l'historique du personnage et ses sombres secrets, désirs inavouables)

- libre arbitre :
au choix : 1 point de plus dans une caractéristique ou 6 points dans les compétences ou 2 points de vertu gratuits (et +2 en paraclet)

optionnel : expliciter les compétences : choisir un mot représentatif pour chaque point dans une compétence
exemple : équitation 2 (prestance et parcours d'obstacle)


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MessageSujet: Re: MALLEUS    Lun 9 Sep - 22:34

je vais me mettre a reflechir a un personnage alors!
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MessageSujet: Re: MALLEUS    Mar 10 Sep - 22:07

Quelques éléments de background.

Le lieu : le Saint empire romain germanique

époque : 1515.

La fin de règne de Maximilien, juste avant l'avènement de Charles quint.

Une période ou les duchés allemands, divisés arment des compagnies rivales de mercenaires.

L'inquisition est très puissante (le Malleus maleficarum est très réçent) et se charge de traquer les sorcières (80 % des condamnées sont des femmes)

Ce véritable gynécide sera responsable selon les estimations de la mort de 50 000 à 100 000 personnes.

La délation est anonyme et secrète. un suspect est déjà coupable. Un coupable peut avouer volontairement (interrogatoire retors) ou sous la torture (question) laquelle peut être administrée par un membre de l'inquisition.

Les coupables reçoivent des exécutions terribles : prisons, signe de flétrissement (la croix jaune), pénitence, humiliation, mortifications et surtout extortions du patrimoine des suspects.

La vénalité et la corruption entrainent la libération d'authentiques criminels capables de payer la "rançon" ou au contraire la spoliation d’innocents aisés.

Les enfants des suspects sont eux -même suspects et ce sur 3 générations.

Les tortures ne doivent entrainer mutilation ou mort et ne son pas faites sur des vieillards, femmes enceintes.

L’Église ne tue pas; mais le bras séculier serait coupable s'il laissait repartir un coupable au regard du droit canon.

Les obstinés et relaps (qui retombent en hérésie ou nient leur déposition) sont à nouveau soumis à la question (afin de sauver leur âme) et remis au bras séculier pour être brulés (autodafés parfois collectifs) ou connaitre l'ordalie de l'eau (la sorcière est coulée; innocente elle sera sauvée par Dieu)

L'inquisition emploie principalement des dominicains et franciscains qui sont en rivalité mais aussi d'autres ordres, des clercs, réguliers et séculiers. Plus rarement des seigneurs, bourgeois et d'autres ordres sont représentés.

L'inquisiteur est un juge représentant du pape et appliquant le droit canon; il ne rend pas de compte aux tribunaux ordinaires de l’Église et aux évêques. L'inquisition est prélature personnelle du pape (ne rend pas de compte aux ordres).

Les registres conservent les dépositions des suspects et des témoins.

L'inquisition arme ses propres soldats, les familiers.

L'inquisition a procédé à de nombreux procès d'animaux ainsi qu' à des procès posthumes (les corps étant déterrés pour l'occasion)


Dernière édition par Admin le Mer 11 Sep - 19:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: MALLEUS    Mer 11 Sep - 18:30

j'ai trouvé une idée de personnage!
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MessageSujet: Re: MALLEUS    Mer 11 Sep - 19:29

stan a écrit:
j'ai trouvé une idée de personnage!
J'ai hâte de voir ça.
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MessageSujet: Re: MALLEUS    Mer 11 Sep - 19:46

posté sur ton FB avant de venir polluer le thread
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MessageSujet: Re: MALLEUS    Mer 11 Sep - 20:58

stan a écrit:
posté sur ton FB avant de venir polluer le thread
Je suis subjugué : Jenny et toi avez créé 2 concepts vraiment magnifiques

avec des persos comme ça il faudra que j'assure

Mathieu si tu as un concept, n'hésite pas:D 
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MessageSujet: Re: MALLEUS    Sam 14 Sep - 11:57

Un petit point de contexte :

L'empereur germanique se meurt. Maximilien, ce colosse agoniserait d' un mystérieuse maladie. Ce colosse que les légendes portaient à 8 pieds de haut (2m50 tout de même) qui se comparait lui-même aux ogres et géants antiques serait victime de son appétit démesuré et d'un ingestion massive de... melons, son met préféré.

En lice Charles quint et François I se présentent auprès des princes électeurs.
Ces 2 puissants seigneurs - qu'une haine farouche va opposer pendant leur règne) achètent par corruption le vote des 7 princes électeurs (3 clercs et 4 seigneurs).

A ce jeu, et avec l'aide des richissimes banquiers de la famille Fruger c'est Charles quint, jeune roi d'espagne qui l'emportera.

François qu'une vive amitié va lier à Soliman le magnifique scellera une alliance avec la sublime porte dirigée contre un ennemi commun : le saint empire.

Les turcs et leurs régiments d'élite les janissaires sont au porte de la Hongrie, bientôt Vienne.

Le jeune roi Henri VIII Tudor déteste François I et est porté vers l'alliance avec le Saint Empire.

Les hospitaliers tiennent à grand mal Rodes, avant de se déplacer à Maltes.
Les teutoniques tiennent un état vassal de la couronne polonaise. Bientôt et sous l'influence de Luter, son grand maître Albert de brandebourg va abandonner la vocation religieuse des teutoniques pour devenir premier seigneur de prusse orientale, provoquant un schisme parmi les teutoniques (une parte reste loyale à l'eglise)

Les grandes compagnies mercenaires font régner la terreur; les lansquenets pillent rome quand ils ne reçoivent pas leur solde. les condotierre italiens et les reitres ne valent guère mieux. Même la papauté arme ses gardes, généreusement fournis par la suisse.

Architecuralement , le haut romantisme est une transition harmonieuse entre le gotique et le futur classique.

Durer sera dulé par Charles Quint et da Vinci et Micelangelo se livrent une terrible ordalie artistique pour le sacre de meilleur artiste de tous les temps.

La mystique rhénane et le béguines ne sont pas en odeur de sainteté et le jeune Luter va provoquer la fureur du pape et de l'empereur au cours de la diète de worms, qui précède de peu son excommunication. Au cri de "la foi seule", Luter entend s'opposer au traffic des indulgences et à la décadence des prélats du vatican. les futurs protestants ne seront pas en retret lors de l'extermination des sorcières en se référant cette phrase biblique : "tu ne laisseras pas vivre la sorcière" même si Saul lui - même eut recours aux services de la sorcière et nécromancienne d'endor !

Ce cadre sera 70 % historique et 30 % fantaisiste. Comme il s'agit bien d'horreur, les côtés les plus oppressants de la renaissance ne seront pas occultés...

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MessageSujet: Re: MALLEUS    Sam 14 Sep - 14:24

Voici une liste indicative de compétences :

Aptitudes (corps) :
- combat rapproché
- combat à distance
- survie
- équitation
- artisanats
- vigilance
- discrétion
- filature / pistage
- navigation
- voyage
- stoïcisme
- acrobatie
- larcins

Connaissances (esprit)

- théologie
- Interrogatoire
- Étiquette
- Arts
- Enquête
- sciences
- humanités
- langues
- stratégie
- médecine
- herboristerie
- zoologie
- démonologie
- droit
- politique
- cryptographie
- machines
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MessageSujet: Re: MALLEUS    Mar 17 Sep - 13:57

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MessageSujet: Re: MALLEUS    Mar 17 Sep - 22:12

Le grand maître m'a demandé de poster le concept de mon personnage sur le forum. Ne vivant que pour lui plaire (si si), je m'exécute. (désolé pour les longueurs).
Hâte de vous voir samedi.

----------------

Rome - 5 janvier 1514

En cette nuit glaciale, la crypte de la Basilique de la Sainte Croix de Jérusalem était plongée dans les ténèbres. Seuls les six cierges de l’autel et la veilleuse de cristal incarnat, dont la flamme vacillante indiquait que le Corps du Christ reposait au tabernacle, éclairaient les précieuses mosaïques des murs. Les lieux étaient encore imprégnés d’une forte odeur d’encens et les bouquets de lys blancs qui ornaient l’autel embaumaient le chœur de leurs effluves capiteux.

_…O clemens, O pia, O dulcis Virgo Maria.» conclut tout en se signant, le vieillard qui se tenait à genoux au pied de l’autel.

Ses vêtements ne laissaient aucun doute sur sa qualité: camail et soutane écarlates, rochet brodé dans les plus fines dentelles de Florence, mantelet d’hermine, cappa magna, croix pectorale incrustée de rubis et de grenats…si toutefois il subsistait un doute, l’anneau cardinalice qu’il portait, les dissipait rapidement…Les mains jointes, les yeux clos, le visage marmoréen, le vieux prélat était immobile. Du moins presque, ses fines lèvres exsangues s’entrouvrant au rythme d’une prière muette.


Ainsi venait de s’achever la Messe d’Octave des Saints Innocents.
Et tandis que l’assistance entonnait le O Crux ave, le thuriféraire,  balançant le lourd encensoir de vermeille, ouvrit la procession de sortie. Il était suivi des deux acolytes qui eux-mêmes encadraient le porte-croix dont les mains, recouvertes d’un linge immaculé et brodé d’or, portaient le lourd crucifix d’or et de nacre. Puis s’en venaient les céroféraires soutenant les grands candélabres de cérémonie.

Toujours prosterné, le vieillard attendit que les fidèles quittent la chapelle. Il se signa une nouvelle fois, se saisit de la canne qui reposait contre son prie-Dieu et entreprit de redresser sa maigre et frêle carcasse. Il se retourna, fixa le jeune homme qui, demeuré là, n’avait pas suivit les autres, et un sourire chaleureux éclaira son visage émacié et dévoré de rides. L’autre lui rendit son sourire, s’approcha et, s’agenouillant, embrassa l’anneau qui ornait la main décharnée du vieil homme.

_ Relève-toi mon cher enfant. Comme je suis heureux de te revoir Foulques !

_ Et moi donc parrain. Vous voilà enfin de retour de Castille. Vous m’avez tant manqué durant ces 3 dernières années; mais le Saint Père ne pouvait désigner meilleur légat auprès de la reine Jeanne?

Le jeune dominicain prit la main parcheminée du vieux prélat entre les siennes « Mais en dépit du temps et de son œuvre, je vois que vous êtes toujours aussi solide. Ce grand-âge montre que Dieu vous accorde la grâce qu’il donnait jadis aux prophètes. »

Le vieillard cacochyme lança un regard facétieux à son filleul et un rire grinçant secoua sa frêle carcasse.

_ Ne crois pas que mon grand âge m’ait fait perdre la raison. Il ne me reste plus longtemps à vivre dans cette lacrimarum valle ; je le sais et tu le sais tout aussi bien que moi.

Il ne laissa pas Foulques lui répondre et l’œil toujours pétillant il reprit.

_ Et crois moi, j’ai hâte de rejoindre Notre Seigneur. Au ciel ! Vite ! Et au grand galop ! Cette misérable époque me dégoûte. La mort est le salaire du péché nous apprennent les Écritures…et notre monde en est tellement submergé que je me surprends à y voir encore debout des créatures vivantes. Les temps qui s’annoncent sont bien noirs mon enfant…oh oui…bien noirs…

Une toux grasse vint ponctuer sa dernière phrase et Foulques crut un instant que son parrain s’étouffait, mais le vieil homme se ressaisit.

_ Allons, suis mois, nous avons tant à nous dire. » Il s’appuya sur le bras de son filleul et ils disparurent bientôt, engloutis dans les ténèbres de la crypte.

_____________________________________________________________________________________________________________

Le vieux prélat avait quitté ses vêtements liturgiques. Il était désormais vêtu d’une simple tunique de grossière laine blanche propre aux dominicains. La mozette pourpre et l’anneau sigillaire rappelaient toutefois sa qualité de cardinal. Un lourd rosaire de bois sombre pendait à sa ceinture. Il fixait son filleul avec une lueur facétieuse dans les yeux.

La réputation du Cardinal Marcelo Caraffa n’était pas usurpée. Si pour le service de Dieu rien n’était trop beau, il menait dans le privé une vie d’une austérité déconcertante pour un prince de l’Eglise.

Les murs chaulés de sa cellule étaient dépouillés de toute ornementation à l’exception d’un monumental crucifix d’ébène. Le Christ d’ivoire qui y figurait était un véritable chef d’œuvre, l’artiste ayant réussi à transmettre dans le regard du Sauveur toute sa miséricorde pour l’humanité pécheresse. Son corps supplicié et torturé était tellement réaliste qu’on aurait pu s’attendre à voir la poitrine se soulever dans un dernier râle de souffrance.

Le seul mobilier consistait un simple bureau de chêne recouvert de livres et de parchemins et de deux chandeliers de plomb, d’un prie-Dieu, d’un tabouret sans dossier, et d’une paillasse disposée à même le sol de pierre. Un plateau, composé de quelques fruits et d’un morceau de fromage que personne n’avait touché, moisissait dans un coin de la pièce.

Le Révérend Père Foulques de Montmorency avait été formé à cette école. Et chaque jour il se rendait compte à quel point l’exemple du Cardinal Caraffa avait été édifiant pour son âme. Troisième fils de Louis de Montmorency et de Regina Caraffa, Foulques était tout naturellement destiné aux armes ; carrière pour laquelle il n’avait aucun goût. Mais la mort inopinée de son frère aîné avait bouleversé cet agencement. C’était à l’Eglise que les Montmorency donneraient le jeune Foulques ; la puissante maison souhaitant faire de lui le futur évêque-comte de Limoges. C’était sans compter la foi ardente de l’adolescent qui n’entendait pas mener une vie mondaine quand bien même elle fut mitrée.  

Depuis la mort de son père, Foulques avait été placé sous la protection de son oncle et tuteur, le redouté Guillaume de Montmorency, général des finances du Roi, Grand Chambellan de France et intime de Louis XII. Les rapports de Foulques avec son oncle, ou plutôt son demi-oncle étaient déjà tendus…En effet, les circonstances dans lesquelles le vieux Jean II de Montmorency avait déshérité le père de Foulques en faveur de son cadet Guillaume, issu d’un autre lit, demeuraient une blessure purulente au sien de la famille. Mais lorsque l’adolescent âgé alors de 12 ans avait annoncé son désir de rentrer dans l’Ordre des Frères Prêcheurs, autrement appelé Dominicains, et par-la-même sa renonciation à l’évêché de Limoges, le ressentiment de Guillaume envers son neveu avait confiné à la haine.  Il avait fallu toute l’influence et l’onctuosité ecclésiastique de son grand-oncle maternel et parrain, le Cardinal Marcelo Caraffa,  pour que Guillaume se laisse fléchir. Le vieux prélat avait argué que la noble maison ne manquait pas de rejetons mâles à placer sur le trône épiscopal de Limoges. Il avait par ailleurs souligné qu’un Montmorency chez les Dominicains ne manquerait pas d’édifier les autres dynasties d’Europe et de souligner la sincère piété de la famille.

Il en avait été donc ainsi, et, alors qu’il n’avait pas encore 13 ans, Foulques, lettres de recommandation du Cardinal Caraffa en main, avait rejoint le couvent Sainte-Sabine à Rome. Le centre spirituel des Dominicains était alors une véritable ruche. La prière et l’étude y avaient une place centrale et le jeune novice avait été subjugué par la foi sincère qui embrasait l’âme de ses frères. Pour la plus grande gloire de Dieu, il s’était plongé dans l’étude avec une application stupéfiante. Quant à son exemple personnel, il édifiait les novices et jusqu’à ses maîtres d’étude : jeûne d’une sévérité extrême, usage du cilice, flagellation, prière jusqu’à l’épuisement…l’adolescent semblait animé d’un zèle quasi-surnaturel. Le vieux Cardinal suivait de près le cheminement spirituel de son filleul et par son exemple, ses encouragements et ses admonestations, il le poussait à aller toujours plus loin dans l’imitation du Christ.


C’est aux alentours de ses 15 ans que Foulques bénéficia de sa première apparition. Il était 2h du matin et le novice avait décidé de passer la nuit en adoration devant le Saint-Sacrement. Le froid mordait ses chairs meurtries et les clous qu’il avait disposés par terre déchiraient ses genoux. Mais Foulques n’en avait cure. Devant lui, sous les voiles de l’hostie disposée dans l’ostensoir d’or et de diamant, rayonnait le Roi des rois. C’est alors qu’il entonnait le Tantum Ergo Sacramentum qu’une lumière fulgurante embrasa l’autel. Saint Dominique auréolé de gloire et entouré d’anges était à genoux au pied d’un trône d’or. Le Sauveur y était assis. Il était nimbé d’une lumière blanche. Mais en dépit des chants de gloire et de louange qui raisonnaient autour de lui, son visage était marqué par le chagrin et des gouttes du Précieux Sang ruisselaient telles des larmes sur ses joues.

_ Vois comme je suis affligé Dominique.

_ Pourquoi souffrez-vous Ô Seigneur. J’aimerais mieux endurer mille morts plutôt que de vous voir souffrir davantage – sanglotait le saint.

_ Les péchés et l’ingratitude des hommes me crucifient à chaque seconde. L’avarice et l’orgueil des rois et des princes, la luxure et l’hypocrisie de mes prêtres, la petitesse et la méchanceté de mes brebis. Voilà ce qui me crucifie ! Pour l’instant je retiens le bras de mon divin Père. Mais combien de  temps encore avant que son juste courroux ne frappe le monde ?

Foulques en avait été bouleversé, et c’est en tremblant qu’il avait raconté cette vision à son directeur de conscience. Quelques jours plus tard, il recevait la visite du Cardinal Caraffa. Ce dernier l’avait rassuré, l’adjurant de recevoir ces visions avec humilité et de n’en tirer aucun orgueil. « Notre Seigneur Jésus-Christ t’aidera à comprendre » avait-il conclu.

Les visions s’étaient multipliées. Toujours, le Sauveur, souffrant, pleurait sur l’infidélité du monde et l’ingratitude des hommes. Une nuit, il le vit, les bras en croix, rayonnant d’or, implorant son Père de ne pas détruire les hommes. Et tandis qu’il suppliait, une lance de métal noir vint percer son coté, à l’endroit même où la lance du centurion avait ouvert une plaie au jour de la crucifixion. C’est alors que Foulques distingua avec horreur la silhouette des deux hommes qui tenaient la lance. L’un portait une couronne royale et chacun de ses doigts resplendissait un joyau. L’autre portait une chape brodée de pierreries et sur sa tête reposait la tiare pontificale.

Foulques en avait éprouvé une telle horreur qu’il s’était évanoui et c’est en pleurs qu’il avait relaté à son parrain son épouvantable vision. Le visage du prélat s’était assombri et pour la première fois, Foulques vit que ce dernier avait peur. Ils avaient récité ensemble la prière à Saint-Michel afin de chasser les démons.

_ Tu es une âme favorisée mon enfant. » Lui avait dit alors le Cardinal. « Si Notre Seigneur te permet de contempler ces vision béatifiques c’est qu’Il attend beaucoup de toi. »

_ Tu es encore jeune et plein d’innocence. Mais tu comprendras bien vite que notre misérable époque est dévorée par le péché. Des rois les plus puissants aux mendiants les plus misérables, partout Satan accomplit son œuvre de mort. Partout les enfers sont déchaînes…et, je le crains, jusqu’au plus près du trône de Pierre. Nous rentrons dans une période trouble. Peut-être même la fin des temps. Et pour purger le monde du mal et préparer sa venue dans la gloire, le Sauveur aura besoin de soldats inflexibles. Tu es de ceux-là.

Durant les années qui suivirent Foulques avait redoublé de zèle. Il maîtrisait latin et grec mieux que certains de ses maîtres, connaissait Saint Thomas et les pères de l’Eglise par cœur, quant au droit canon, il lui était devenu si familier qu’il se surprenait à corriger certaines copies erronées. Prière, jeune, macération, mortification étaient son quotidien et lorsqu’il avait surpris deux de ses frères se livrer à un commerce infâme, il n’avait pas hésité, en dépit de l’amitié qui le liait à l’un deux, à les dénoncer à ses supérieurs.

A l’âge de 19 ans, Foulques était ordonné prêtre en la Basilique Sainte-Sabine des mains mêmes du Cardinal Caraffa. Et, 3 ans plus tard, il enseignait déjà la théologie morale et le droit canon aux novices.

Quant à ses visions, elles n’avaient pas cessé. Toujours sur le même thème. Elles se faisaient de plus en plus précises. Désormais Foulques distinguait les pécheurs qui affligeaient tant le Christ : les prêtres lubriques, les moines hypocrites, les juifs perfides, les mahométans infidèles, les schismatiques, les hérétiques, les sorcières et les adorateurs du démon, les simoniaques, les pêcheurs relaps, les faux pénitents, les apostats, les blasphémateurs, les sacrilèges. Tant de mal ! Tant de péché ! Et toujours il distinguait les silhouettes de ce monarque et de ce pontife qui transperçaient le coté du Christ.

A 25 ans, Foulques était nommé Inquisiteur. Sa première mission l’avait mené à Florence où des rumeurs de simonie nécessitaient une enquête. Il avait impressionné par la rigueur de sa procédure et le discernement dont il avait fait preuve. Si les complices, deux chanoines plus sots que mauvais, n’avaient écopé que de 10 ans de pénitence dans un lointain couvent de Lombardie, il s’était en revanche montrer inflexible avec les 4 prêtres reconnus coupables de ce crime abject.  Ils étaient montés sur le bûcher et Foulques avait formellement interdit au bourreau de procéder à un étranglement préalable. Quant à leurs cendres, elles avaient été dispersées dans les eaux noires de l’Arno.

Puis c’est à Naples et à Palerme que sa lourde charge d’Inquisiteur l’avait conduit. Des rapports inquiétants faisaient état de cultes marranes. Ce que Foulques avait découvert sur place l’avaient consterné au-delà de toute mesure : un clergé mal formé et lubrique ;  des couvents ayant abandonné toute discipline ecclésiastique ; et, dans ce cloaque d’impureté, une communauté marrane si puissante qu’elle avait infiltré jusqu’aux élites de la ville. Deux années de procédures, d’interrogatoires et d’enquêtes avaient permis de purifier ces régions. Et sous l’impulsion de Foulques, le bras de la Sainte Inquisition avait frappé ;  juste mais sévère ; miséricordieux mais sans faiblesse. Il avait jugé, indépendamment des richesses et des titres. Emprisonnement, réduction à l’état laïc, pénitence à vie dans une abbaye, bûcher... les peines étaient tombées sur la tête des humbles comme des puissants. Dire que Foulques de Montmorency s’étaient attiré de puissantes inimitiés à cette occasion était un pléonasme. Mais il avait accompli sa mission. Les églises étaient en ordre, le clergé régulier revenu à une sainte discipline, l’élite purgée de la peste marrane et les humbles édifiés par la justice de l’Eglise. Pour la plus grande gloire de Dieu et le Salut des âmes !


Quant aux rapports qu’il avait entretenu ces dernières années avec sa famille paternelle, on pouvait les qualifier de sporadiques. Sa mère avait été emportée par une pneumonie alors qu’il n’avait pas seize ans. Ses trois frères avaient succombé les uns après les autres sans descendance : l’un en tombant de cheval, l’autre blessé lors d’un tournoi et le dernier victime de sa goinfrerie. Quant à ses quatre sœurs, orphelines que leur oncle avait refusé de doter, elles n’avaient eu d’autres choix que de rentrer au couvent. Chaque année il recevait une lettre d’une politesse froide et distante de son oncle Guillaume et il lui répondait aussitôt l’assurant de ses prières. Mais depuis que voilà 4 ans, il avait écrit « Et chaque jour j’adresse cette prière pour les Montmorency à la Très Sainte Vierge Marie : pourvu qu’ils ne s’enrichissent pas ! », les lettres de son oncle s’étaient faites de plus en plus rares.

Depuis quelques mois, les visions de Foulques le tourmentaient encore plus cruellement que d’habitude. Ils voyaient des sabbats de sorcières, des cultes rendus au démon, des prêtres défroqués souillant les Saintes Espèces, des noirs rassemblements de sorciers. Dans ces apparitions, le Christ apparaissait toujours plus affligé et même horrifié par le spectacle d’une humanité qui se vautrait dans les péchés les plus infâmes. Et immanquablement, ces visions s’achevaient de la même manière : un monarque et un pontife, dont il ne distinguait pas les traits, transperçaient d’une lance au métal moiré le coté du Christ. Ces visions ne faisaient que confirmer la conviction profonde du dominicain : Partout les enfers se déchaînaient et il semblait que  les démons, libérés de leurs entraves, se rependaient sur le monde. Le jeune inquisiteur ne voyait d’autres solutions que de redoubler de prières, multiplier les mortifications jusqu’à l’évanouissement, pratiquer la charité pour les plus humbles, édifier les puissants, enseigner une doctrine pure, combattre l’erreur et étudier toujours plus afin d’être instruit des enseignements de Dieu et de Sa Sainte Eglise. L’étude…la passion de Foulques…Cela faisait d’ailleurs quelques semaines qu’il s’échinait à déchiffrer un grimoire confisqué lors d’une mission qui l’avait menée dans une région montagneuse et isolée du Trentin. Alerté par le prêtre de Brez qui s’alarmait du nombre croissant d’enfants disparus, il y avait conduit une procédure inquisitoriale qui lui avait permis de débusquer un réseau de nécromants. Magie noire, sacrifices d’enfants, sabbat, fornication, utilisation de familiers, invocation du démon, conjuration de créatures…une véritable horreur ! Dix-sept bûchers avaient éclairé les nuits glaciales de Brez et les montagnes raisonnaient encore des cris de ces abominations, appelant à l’aide leur maître infernal, tandis que les flammes purificatrices les dévoraient corps et âmes.

Mais pour l’heure, le jeune moine ne parvenait pas à percer les mystères du ténébreux ouvrage qu’il avait confisqué ; ses pages étaient couvertes de signes kabbalistiques hideux et de pentagrammes inhabituels ainsi que d’une écriture minuscule et cunéiforme. Le livre paraissait très ancien, et, Foulques en avait la certitude, il n’était qu’une copie de quelque-chose de bien plus vieux encore. Quelque-chose de si vieux et si hideux, qu’il lui arrivait d’éprouver du dégoût et même de la peur à la simple vue du grimoire. Jamais il n’avait vu quelque-chose de semblable. Le dominicain comptait s’appuyer sur les griffonnages et commentaires en latin, grec, hébreux et arabe qui avait été rajoutés par quelques sorciers afin de percer le mystère de ce démoniaque alphabet…jusque-là en vain.


_____________________________________________________________________________________________________________________________

Dans la cellule austère du vieux Cardinal Caraffa, Foulques avait raconté à son parrain et protecteur le récit de ses 3 dernières années consacrées à l’étude et au combat contre les ennemis de la vraie foi. Il lui avait également relaté en détail les apparitions dont le Ciel jugeait bon de le favoriser. Le prélat avait écouté sans mot dire, ses mains noueuses égrenant inlassablement le lourd chapelet de bois qui pendait à sa ceinture. Puis il avait fixé son filleul. Le Cardinal Caraffa conservait au fond de ses yeux bleu délavés une lueur énergique et pleine de jeunesse…mais ses traits tirés et la crispation de sa mâchoire trahissaient l’anxiété du vieil homme, si ce n’est sa frayeur.

Le silence s’installa. Il semblait au jeune inquisiteur que le prélat choisissait ses mots avec soins avant de parler.

_ Foulques, tu dois tout d’abord savoir que les nouvelles que je ramène au Saint Père de la cour de Castille sont inquiétantes. La reine-régente est très contestée…aussi bien par son père Ferdinand d’Aragon, que par les partisans de son jeune fils, Charles. Ferdinand est vieux et malade. Mais Charles lui est vaillant, jeune et en pleine santé. A sa majorité il revendiquera les couronnes de Castille et d’Aragon ; mais il également fort à parier qu’il réclamera l’héritage de son grand père Maximilien à la disparition de ce dernier.

_ Vénérable Eminence, pourquoi me racontez-vous cela ? Vous connaissez mon dégoût pour les manœuvres politiques des rois et des princes. Ils ne doivent leur pouvoir qu’à Dieu et n’ont d’autres missions que de protéger la Foi et l’Eglise.

_ Tu es encore un jeune idéaliste Foulques. Tu dois comprendre que les revendications de Charles mettront l’Europe en sang car ni les lys de France ni les lions d’Angleterre n’accepteront sans broncher la constitution d’une telle puissance. Et dans ce combat de titans, le trône de Pierre sera une pièce maîtresse…celle qui permettra à celui qui la détient de faire échec et mat à ses deux adversaires.

_ Je ne vois pas où vous voulez en venir mon oncle.

_ Foulques, tu es un Montmorency. Ton oncle Guillaume compte parmi les plus puissants seigneurs d’Europe, et nul doute qu’il a pour son fils Anne des ambitions démesurées. Les Montmorency sont qui plus est des intimes du roi de France. Si un conflit de succession devait déchirer l’Europe, ta famille paternelle fera tout pour t’utiliser comme agent et levier d’influence auprès de la cour pontificale.

_ Et ils perdront leur temps. Je n’entends rien à ces intrigues et mes cousins comprendront  bien que je ne leur suis d’aucune utilité dans leurs manœuvres. Je n’ai d’autres buts dans ma vie que le salut des âmes et la gloire de Notre Seigneur.

_ Tu es un Montmorency, un Caraffa et qui plus est un Inquisiteur disposant d’une juridiction d’exception. Ne te méprend pas Foulques, beaucoup de regards sont braqués sur toi…et parmi eux, nombreux sont ceux que je crois malveillants. J’en viens d’ailleurs à la question de ta réputation. J’ai suivi avec intérêts les procédures inquisitoriales que tu as menées. J’y vois la preuve que tu es inspiré de Dieu car tu as fait tomber la justice divine sans trembler, sur les petits mais aussi sur les puissants. Tu ne t’es laissé intimidé ni par le pouvoir de l’argent, ni par les titres de noblesse, ni par les prébendes épiscopales. Oui Foulques, tu as agi comme un véritable soldat de Dieu. Mais par cette intégrité, tu t’es créé de nombreux ennemis parmi les nobles et riches familles sur lesquelles la justice de Dieu est passée. Il n’est pas jusqu’à l’évêque de Palerme qui ce soit plaint à Rome de ton zèle.

_ Qu’ils se plaignent donc et qu’ils récriminent, je ne fait qu’appliquer la sainte justice de Dieu. Palerme n’était qu’un nid de crypto-juifs et autres marranes. Quant au clergé diocésain, il y était abject par ses mœurs.

_ Je n’en doute pas mon filleul. Mais soit bien conscient qu’en frappant sans distinction de rang et de fortune, tu as fait naître de puissantes inimitiés contre toi. Foulques…si j’en crois mon acte de baptême j’ai 106 ans passé. J’ai vu passé plus de papes et de rois que quiconque sur cette terre. Mon influence est certaine et je peux te protéger. Mais je me meurs, Foulques. A tout moment le Seigneur peut me rappeler à lui. Et ce jour là, je doute que ton statut d’inquisiteur suffise à te protéger.

_ Je n’ai à répondre que devant le Pape et le Saint Père ne saurait accepter…

_ Justement Foulques - l’interrompit le prélat d’un ton grave. Sais-tu bien qui est assis sur le trône de Pierre ?

_ Mon oncle, vous ne sauriez…

_ Allons mon enfant. Loin de moi l’idée de contester le pouvoir du Vicaire du Christ. Tu connais ma fidélité à l’évêque de Rome, successeur de Pierre. Mais l’Apôtre lui-même n’a-t-il pas renié notre Divin Maître par 3 fois ? Et le pape Léon II, soutenu par le Concile de Constantinople, n’a-t-il pas déclaré anathème son prédécesseur le pape Honorius ?

_ Certes, mais où voulez-vous en venir ?

_ J’en viens mon enfant à cela : les informations qui me parviennent des quatre coins de la Chrétienté confirment mes pires craintes. Partout ce n’est qu’apostasie, luxure, amour des biens de ce monde et piété de carnaval. Prince et prélats se dissimulent derrière le masque de la dévotion mais ce n’est que pour mieux cacher leur vice,  leur débauche, leur ambition et leur impiété. L’exemple des vertus ne peut venir que d’en haut…le poisson pourrit par la tête. La conséquence de cela c’est que partout les saintes pratiques religieuses sont abandonnées, les vérités de la Foi sont contestées, le Magistère de l’Eglise remis en cause. A Bâle on m’a signalé qu’un prédicateur osait remettre en cause la présence réelle de NSJC dans les Saintes Espèces. A Canterbury, un franciscain apostat prêchait que nos bonnes actions ne pesaient pour rien dans l’économie du Salut. Quant au culte des sorcières, on me dit qu’il n’a jamais connu autant d’adeptes. Partout le prince du mensonge recrute des nouveaux sectateurs en les séduisant par des prodiges et en les subjuguant par les pompes de ce monde. Comme dans un jeu de domino, la corruption des puissants a gagné la masse des humbles et des petits. Voilà le terreau de toutes ces hérésies qui se rependent sur la surface de la terre telle une peste maudite.  Et je crains mon enfant que par quelques fissures les fumées de Satan ne se soient introduites jusque dans le Temple de Dieu. L’antique serpent est lové au pied du trône de Pierre et je tremble à l’idée même qu’il puisse y monter.

Le jeune dominicain paraissait livide. Son cilice meurtrissait les chairs de ses cuisses. Mais l’horreur qu’il ressentait, anesthésiait la douleur.

_ C’est sans doute là le sens de tes visions, mon enfant : Ce roi et ce pontife qui profanent le corps de Notre Seigneur. Écoute-moi Foulques. En aucun cas tu ne dois parler de ces apparitions à quiconque. Ceux qui sont concernés n’hésiteraient pas une seule seconde à t’éliminer pour te faire taire.

Le Cardinal posa un regard plein de dévotion sur le Christ d’ivoire qui le fixait depuis le mur de sa cellule.

_ Notre Seigneur ne t’a pas placé à cette position par hasard. Songe un peu ! Rien ne te destinait à devenir un dominicain. Rien ne te destinait à rejoindre les rangs de la Très Sainte Inquisition. J’y vois la main de Dieu, Foulques. Notre Seigneur a besoin de toi pour purger le monde de sa corruption ! Pour le purifier des hérésies qui s’y rependent ! Pour y combattre les légions noires que vomissent les enfers !  Pour y détruire les fausses doctrines ! Pour abattre les fausses religions ! Pour nettoyer sa sainte épouse l’Eglise des tâches qui souillent son blanc manteau ! Oui Foulques, Notre Seigneur Jésus-Christ t’a appelé pour lever l’étendard immaculé de la foi.

_ Je ne vis que pour embraser le monde dans l’amour du divin Sauveur…murmura Foulques. Et le visage exalté, il se signa.



Dernière édition par Pius Magnus le Jeu 19 Sep - 9:34, édité 4 fois
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Jezabel Charlotte

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MessageSujet: Re: MALLEUS    Mar 17 Sep - 23:31

Soeur Beatrice, Ursuline

(anciennement Isolde Habsbourg, cadette de la branche Habsbourg-Laufenbourg)







à suivre ....
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stan

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MessageSujet: Re: MALLEUS    Mer 18 Sep - 16:12

Mon nom est Gerwulf Von Maakhen et je suis né en 1490 d'une mere polonaise catholique Valentina Konarsky et d'un pere prussien Siegfried Von Maakhen. Ce mariage n'etait pas placé sous le signe de l'amour la famille Von Maakhen ayant acquit ses titres de noblesses en spoliant la terre des nobles desargentés. Elevé dans la foi devote de ma mere, j'ai toujours ete plus attiré vers "l'art" de la guerre, ce qui faisait la fierté de mon pere. La nature m'ayant doté d'un physique puissant, je me laissais aller a l'activité physique par paresse intellectuelle. Des arts, de la theologie ou des sciences, je n'en retiens rien, exception faite du latin et du grec. Etrange don du ciel, comme sinistre presage d'un futur sombre, j'apprenais ces langues et les utilisais sans aucune difficulté. Cet attrait pour les langues me sauverait la vie un grand nombre de fois dans le futur. en 1509, je rejoins l'armée du comte electeur de Baviere. J'ai reussi a monter une petite compagnie de mercenaires. Mais cette vie ne me convient pas, la maladie, les rapines, les massacres sont mon quotidien. Massacrer oui mais pour une grande cause. Lorsque j'entends que l'ordre teutonique prepare une grande croisade catholique pour liberer Constantinople du joug turc, j'abandonne ma compagnie d'assassins et je rentre dans l'ordre. Je prends le nom de Franziskus en l'honneur de St Francois. Rapidement, nous partons. Armée disparate constituée de regiments teutoniques mais aussi d'autrichiens, de roumains, de tcheques et de polonais, le voyage ne se fait pas sans heurts. En effet a quelques centaines de metres devant, marchent des ennemis hereditaires et vos arrieres ne sont pas en meilleure situation. Comment une telle armée pourrait elle reussir son expedition? A peine penetré sur le territoire turc, nous sommes attaqué de toute part. Notre Armée, essentiellement composé de chevaliers lourds, doit faire face a une guerilla terrible pratiquée par des forces tres legeres. Et puis finalement, la grande confrontation survient un matin de 1514. La bataille est terrible. Nous avons souffert de famine, de dysenterie et de blessures mal soignées tout au long de notre voyage. L'armée de la region est bien entrainée, bien equipée, les turcs sont bien nourris et en pleine forme. Cette bataille est un massacre. Les turcs ne nous laissent aucune chance. Blessé rapidement, je m'ecroule. Les turcs echarpent nos rangs. Apres la bataille, ceux ci font le tri entre les fantassins qu'ils egorgent et les chevaliers qu'ils ramassent et qu'ils soignent. Apres de longues heures d'agonie, je suis soulevé, abreuvé, soigné. La mort n'a pas voulu de moi cette fois...

Je me reveille en prison. L'endroit est humide, sombre, envahi d'excrements et de rats. On ne peut pas dormir car les rats risquent de vous mordre et de vous donner des parasites. Certains sont tellement faibles qu'ils ne peuvent plus se lever pour faire leurs besoins dans le coin de la cellule. Je prie Le Tout Puissant, qu'il nous libere , lui le misericordieux!

Mon bras me lance, j'ai de la fievre. Un gardien, voyant mon etat, me fait emmener chez medecin de la prison. Son verdict est sans appel, gangrene. Mon Dieu, aidez moi, ne laissez pas ces sauvages faire, soignez moi! je vous ai toujours bien servit seigneur! Je reste plusieurs jours a deliré. Lorsque je me reveille, mon bras s'arrete au coude. Mon Dieu, pourquoi? ne vous ai je pas servit en allant liberer Constantinople? n'etait ce pas assez?

La plus part de mes compagnons sont morts. De nouveaux arrivent. D'apres ce que j'arrive a apprendre des nouveaux arrivant, nous sommes en 1516. Deja 2 ans! Dieu m'avez vous oubliez? oui sans doute. Moi, en tout cas je vous ai oublié. Voila deux ans que je croupis dans cette cage saumatre. Au debut j'ai prié Dieu, Jesus, Marie et tous les saints du ciel. Aucun archange n'a fait exploser la prison, aucune main lumineuse n'a ouvert la porte. Je n'arrive plus a croire. Je finis par parler le turc assez facilement a present. on me dit que je pourrai servir le medecin de la prison si je continue comme ca.

Des gardes sont venu me chercher dans le cabinet du medecin. De nouveaux raids des chevaliers polonais et roumains ont eu lieu sur la frontiere. Les gardes ont prit mes livres d'astronomie et de poesie que m'a donné le medecin. Ils m'ont ammené dans une salle ou ils m'ont torturés encore et encore. Pourquoi? pourquoi une fois de plus reprendre ce qu'on ma donné? Je me mets a prier Allah, le dieu des turcs, de toute mes forces. Les coups cessent. Quand on me remets dans la cage sinistre des nouveaux arrivants, je me rend compte que je suis le dernier blanc de cette prison. Allah m'a epargné.

1519, les turcs rient en me voyant prier leur Dieu comme je le ferais pour le dieu des chretiens. Peu importe. J'ai l'impression d'etre ecouté. En fevrier, on vient me chercher dans ma cellule. On m'amene a un chevalier hongrois. Il paye la rancon pour moi, je me debarbouille et je pars avec lui. Quand je lui demande pourquoi vient il me chercher, il me raconte que les chevaliers teutoniques sont trop occupé a se tailler un royaume dans l'est pour venir sauver les siens. Ils ont prefere payer des chevalirs errants pour recuperer toutes les ames sacrifiés a leurs croisades.

Le chemin est long, et l'hiver n'arrange rien. Je vois mon reflet pour la premiere fois depuis 5 ans, je ne me reconnais pas. les turcs sont loin, Allah aussi. Je ne prie pratiquement plus, comment croire a un dieu lorsque l'on voit ce que ceux ci laissent faire en leur nom! quelle misericorde y a t'il dans leurs messages? Avec mon garde du corps, je rentre au chateau famillial. J'apprends que ma mere est morte. Je n'aurai pas plus de details. Mon pere me croyait mort, il n'a pas cherché a me retrouver. Je reste plusieurs semaine dans cette antre de l'avarice et de l'envie. Finalement, un jour, un ami de mon pere passe au chateau.

"Franziskus" me dit il. "Mon prenom est Gerwulf mon seigneur". L'homme m'explique qu'il travaille pour l'inquisition. Selon lui, l'inquisition a besoin de personnes comme moi, de pieux guerriers ayant fait leurs preuves en terre sainte. L'imbecile! si il savait que le dieu dont je murmure le nom n'est pas le sien... Je decide de me taire. Je ne sais pas pourquoi. La vengeance, le chatiment, sont a ma portée, j'accepte son offre.

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Steph

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MessageSujet: Re: MALLEUS    Mer 18 Sep - 18:20

Un historique bien agréable à découvrir!
Au moins, en voilà un qui nous changera des curés et autres bonnes sœurs. ; )
Suis impatient de faire ta connaissance.
Puisque vous y êtes tous allé de votre illustration, je m'y suis mis aussi.
A samedi.
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stan

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MessageSujet: Re: MALLEUS    Mer 18 Sep - 20:41

eheh c'est sympa merci! oui un perso plus guerrier et pas loin du daemon...
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Jezabel Charlotte

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MessageSujet: Re: MALLEUS    Mer 18 Sep - 21:22

Jezabel Charlotte a écrit:
Soeur Beatrice, Ursuline

(anciennement Isolde Habsbourg, cadette de la branche Habsbourg-Laufenbourg)






1513, juin, couvent des Uruline, à ***


- Sœur Béatrice ?...

La jeune moniale au teint de porcelaine blanchi par l’exténuation physique et psychique, fixait le mur de pierres de taille grisâtres derrière les trois juges.
L’on apercevait à travers les volets entre-ouverts le pommier recouvert de fleurs roses comme d’un duvet d’anges. Un piaillement insouciant d’oiseaux. Un chant lointain de quelques villageoises s’en allant aux champs…

Elle aussi aimait chanter. Jadis, elle chantait, avec d’autres enfants. Puis avec d’autres novices. Puis avec lui… Lui, cet être au regard aussi bleu et pur que le ciel.  Mais qui pouvait devenir glacial et distant comme le ciel d’un hiver impitoyable. Ce même regard qui la transperçait depuis le début du jugement et devant lequel elle se sentait aussi dénudée que la première fois qu’elle l’avait croisé… Il était là. Il était l’un des trois juges. L’un des trois questeurs. L’in des trois Inquisiteurs…

- Sœur Beatrice ? Confirmez-vous vos aveux ?

La Mère Supérieure déchue se raidit sur son banc, et posa sa main pale sur son ventre dont nul habit ne pouvait dissimuler la rondeur. D’une voix aussi blanche que le voile d’épousée du Seigneur elle s’entendit prononcer : « Je confirme mes aveux. L’enfant est l’œuvre de l’Adversaire. »

Elle se leva péniblement et se prosterna à même le sol de dalles froides devant le Christ qui la fixait de ses orbites peintes pleines de pitié muette. L’enfant remua, alors elle dut fléchir les jambes et prendre appui sur les paumes des mains pour de pas peser de tout son poids sur le fruit de ses entrailles.

« Mea culpa. J’implore Ton pardon, Seigneur ! Extirpe de mon âme le péché, purifie ma chaire fautive, pardonne, Seigneur ! Que par la bouche de tes serviteurs j’apprenne la sentence. Je ferai pénitence que Tu ordonneras, Seigneur ! »




1513, aout, couvent des Uruline, à ***


Voilà des heures que je souffre… Je crie. Ou plutôt je m’entends crier. Tu enfanteras dans la souffrance, c’est ce qui est écrit. La souffrance… Sœur Bérénice m’avait dit qu’il n’y a qu’une seule souffrance physique en ce monde : celle des femmes qui deviennent mère...

La douleur qui me déchire le ventre est telle, que je voudrais que mon esprit quitte ce corps fatigué… Je sens déjà que j’aime cet enfant. Mon enfant. Notre enfant…

Non, il n’est pas enfant du diable. J’ai menti. Il est enfant d’un amour interdit par les lois de Dieu et les lois des hommes. Enguerrand n’est pas le diable. Il est juste un homme. Ou plutôt, frère Ingelrannus (ce qui n’est qu’une latinisation de ce nom franque) était l’homme à qui je m’étais offerte corps et cœur.
Qui pouvait être doux comme un ange. Et qui s’est avéré sinistre, comme un corbeau.

Je n’ai jamais voulu devenir moniale. Seigneur ! Pourquoi ? Pourquoi suis-je née cadette ? Pourquoi vous m’avez retiré ce doux nom d’Isolde Habsbourg-Laufenbourg ? Pourquoi, moi qui aimait tellement la vie libre, vous m’avez enfermé dans une cellule exigüe et voilé, empêchant le soleil réchauffer ma peau ?

Est-ce ainsi que Vous souhaitez que je Vous serve ?

Vous qui avez mis Enguerrand sur ma route, était-ce une épreuve à la quelle j’ai failli ? Ou bien l’ultime présent d’un bonheur qui me sera à tout jamais interdit ? Car oui, Seigneur, j’ai été heureuse, je me sentais vivre, je me sentais aimée… NSJC a dit que l’on doit aimer son prochain. Et je l’ai aimé. A travers Enguerrand, c’est vous que j’ai aimé, Seigneur ! Car c’est à vous que j’ai été offerte. Car c’est votre anneau que je porte…

La souffrance s’est tue. Je baisse les yeux. Des taches de sang fleurissent comme des coquelicots sur les draps d’un blanc de neige. Je vous sœur Bérénice refermer doucement la porte, emportant un paquet de linge…

Une apparition angélique au regard bleu acier se penche au dessus de moi. La manche de sa robe noire se pose sur ma poitrine haletante comme une aile de corbeau.

« Donnez-le-moi… Rendez-moi mon enfant », mon chuchotement est roque.

L’aile de corbeau serre mon épaule me clouant sur les oreillers : « l’enfant est mort-né, Isolde… »

Je me débats.

Au loin, j’entends les pleurs d’un nouveau né…





1514, décembre, Laufenbourg, chateau de la branche cadette des Habsbourg

Je viens de rentrer de Rome. J’ai accompli ma pénitence. Ou du moins une partie d’elle.

Je ne suis plus mère Supérieure de ce monastère. Je ne le serai plus jamais, car je ne pourrai plus jamais guider ni entre exemple pour les autres moniales. Je ne suis donc plus qu’une simple moniale..

J’ai passé plus de six mois dans une léproserie à soigner les mourants… Un mouroir, où l’attachement entre les êtres était poussé à son paroxysme d’amour d’âme à âme. Un parvis de la salle de jugement de Saint Pierre  où nul espoir n’était possible pour cette existence terrestre.

Le regard des mourants est comme celui des nouveau-nés. C’est ce qu’une autre moniale m’avait confié.

Depuis, je ne cessais de scruter ces regards qui se détachent progressivement de l’enveloppe charnelle et entament leur cheminement céleste. Pourtant, je n’y ai trouvé nul écho de celui ou celle qui me fut arrachée du ventre et emmené dans le couloir sombre…
Je dois m’interdire d’y songer…

Nul espoir pour cette existence… C’est ce que ce mouroir m’apprend…

Seule la Foi m’est restée. La Foi aveugle en Notre Seigneur.

J’en suis sortie Inquisitrice.
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stan

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MessageSujet: Re: MALLEUS    Jeu 19 Sep - 22:24

si je puis te conseiller une nouvelle BO a la fois effrayante et magnifique c'est la BO de Nosferatu de Herzog, composé par le groupe rock prog Popol Vuh, le mantra d'intro est hallucinant de puissance mystique

http://www.youtube.com/watch?v=rhTaaoUicog
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MessageSujet: Re: MALLEUS    Jeu 19 Sep - 22:55

http://www.youtube.com/watch?v=oXktYKl_hhM

So you were an angry man on the Earth? I am an angry god in heaven!!
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MessageSujet: Re: MALLEUS    Jeu 19 Sep - 23:31

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MessageSujet: Re: MALLEUS    Lun 23 Sep - 20:38

Un petit souvenir de la partie de ce samedi :

En l’année du double chiffre de la bête
Après la naissance du nazarréen
Peu après le décès de l’ogre lestrigon
Mort du péché de gourmandise
Et comme la salamandre et le requin se disputent
La faveur des 7 clefs de l’aigle bicéphale
La clameur d’Ares parvint du notos
En la cité du faucon
Ou le soleil et la lune se livraient querelle
Sous la lueur de l’étoile du matin.
L’aigle l’emporta sur le faucon
Dont le nid fut défait
Sous le regard de Simurg, prince des nuées
Avec l’aide de la sygille égyptienne
Sous le regard des 3 héraults
Le nibelung , l’inverti et le vorace
Comme les 4 cavaliers avaient dévasté l’antique urbis
On entendit le grondement funeste
Du molosse tricéphale
Et de Charon le capitaine,
Le père d’Enée put franchir le seuil
Comme il est dit dans la triple comédie
Afin d’interroger l’âme du défunt
L’ennemi de l’ange michel
Le seigneur des joncs mort entre les bras de la salamandre
Lors le noir complot sera dévoilé :
Aspics et serpents auprès du trône du pontife,
Le lion fils du magnifique
Nefs des fous et bateaux ivres jaillissant de l’arverne
Et charriant avec elles le courant des 5 fleuves
Cabales noires parmi les sombres questeurs
Pavanes des princes masqués
Sous le regard des 9 cercles
Asservis par leurs vices
Conseillés par des sorciers
Terres impies dans les monts jotuns
Filles de Viviane en forêt noire.
Et toujours l’étoile de l’aurore
Annonçant le trépas du monde
Comme il est dit dans la révélation
Croix noire foudroyée,
Le lion disputant l’aigle
Et du marteau des sorcières
Le briseur d’idoles, le déicide
Englouti dans les glaces du lac
Du marteau donc le salut
Qui videra la querelle
Du lion gynécide
Du dragon alchimiste
Allié au fils de Simurg
Du requin aux cinq couronnes
Ayant saccagé la cité du vicaire
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Zachary

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MessageSujet: Re: MALLEUS    Mar 24 Sep - 0:31

Cesare Sforza Visconti

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