Epiphanie

forum de la communauté des joueurs du jdra epiphanie
 
AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Ambroise, baronne de Marsan, Maison de Gascogne, vassal du Roy Philippe Auguste

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5
AuteurMessage
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: Ambroise, baronne de Marsan, Maison de Gascogne, vassal du Roy Philippe Auguste   Lun 1 Déc - 20:30

1235, hiver, Halles d'Or Rouge. Îlot de printemps dans la mer de glace

****************



Ils m’ont parlé encore. Ces voix venues d’ailleurs. D’Asgard. Et d’encore plus loin… Les étoiles ont glissé de l’horizon et se sont abimées dans les flots de l’océan des brumes qui entoure Mittgard.
Nous avons entendu leurs chants.
Nous devions nous faire entendre des dieux. Nous devions leur faire des présents somptueux et suppliques.
Nous devions mener un grand festin, pour les corps, les esprits et les âmes. Nous, les grands prêtres des Ases et des Vans, enfants du Père de Tous.

* * *

Nous approchions la Nativité. Magistère Cadwallon et Magistère Andreal étaient repartis à Nürnberg depuis quelques jours. Mais ici, le temps n’est pas compté en « jours », mais en « nuits ». De même que l’âge d’un homme n’est pas compté en « années », mais en « hivers »…

Chaque clan a envoyé un représentant devant les dieux. Tous les grands prêtres sont venus, avec leurs suites, les bras chargés d’offrandes pour les dieux. Parfois c’étaient des simples bouquets de fleurs séchées, ou des statuettes sculptées maladroitement dans le bois. Mais elles portaient les prières des hommes et des femmes de mon peuple.
Oui, j’étais liée à ce peuple par le sang. Et par le cœur…

Les animaux allaient dans les enclos. Neuf enclos, que nous décorâmes de rubans et de branchages. Neuf plus beaux males pour chaque espèce : des boucs, des coqs, des jars, des sangliers… Un enclos restait vide.

* * *

Ce soir, la veillée. Non point dans la Halle d’ambre, mais sur la butte voisine. Nous avions dressé des feux tout autour de la butte, et un au centre. La neige fond, léchée par la chaleur des flammes, et la brume entoure la butte.

Niffleheim et Muspellheim se rencontrent, et de l’union du Feu et de la Glace nait la Vie…

Cela fait neuf nuits que je me prépare à la cérémonie. Neuf nuits que je suis sur cette butte, ne buvant que l’eau mêlée de neige qui fond dans mes mains, ne mangeant que ce que la terre m’offre, l’humus, quelques champignons épargnés par le froid que je trouve sous une souche de bois calcinée.
Lorsque je m’étais réveillée, à l’aube, la neige avait fondue autour de moi, et quelques primevères avaient éclos.
Maintenant, au crépuscule, nos pieds nus marchent sur une herbe naissante. Nous sommes parés en l’honneur de nos dieux. J’aperçois Atride. Je cours vers lui, il me rattrape. Le collier de larmes de Freyja est si tiède à mon cou…

Une procession remonte la butte. Ils amènent les animaux, lavés et parés, les oiseaux dans les cages en osier tressé… Déjà une sorte d’autel est dressé au sommet de la butte : une lourde planche de bois sombre, avec des sillons creusés, posée en sorte de tréteau bas sur les rochers. Je devine l’utilité du récipient en dessous, là où les sillons se rejoignent…

* * *

La nuit tombe, mais ici les flammes montent vers le ciel comme un soleil venant de la terre. Elles dansent sur nos visages, sur nos mains, sur cet autel luisant et poisseux de sang…

La lame est si tranchante que l’effleurement suffit à trancher la carotide. L’animal tressaute, retenu par les mains fermes, tandis que son sang est recueilli dans la coupelle. Puis l’on amène la carcasse pou être pendue à cet arbre sec au tronc noirci par la foudre. Le sang continue de goutter, il nourrit les racines… C’est un frêne, je le sais. Et la bête suivante est amenée…

L’odeur de sang me monte aux narines. J’ai les mains poisseuses. Nous plongeons nos mains dans la coupelle, dans le sang, et marquons de cette empreinte sacrificielle ceux qui sont là, les hommes et les femmes. Chacun est là pour adresser une requête. Chacun attend une réponse.
Cette femme désire un fils. Celles-ci aussi, nombreuses sont les femmes à formuler cette supplique à Frey et à Freyja. Cette autre souhaite que son frère revienne sain et sauf de l’est. Cet homme veut venger les siens ; je n’entends pas ses mots, mais l’image de Crintera se reflète dans la coupelle…

* * *

Un homme se présente à moi. Il est vêtu de lin, ses cheveux et sa barbe sont rasés. Huit autres le suivent, parés…

Non ! …

Pourquoi ?

Parce que les dieux les ont désignés, me disent-ils en souriant, certains de gagner le Walhalla.

Personne ne m’y avait préparé… Et pourtant, quelque part en moi, je le savais…
Je serre le bras d’Atride. Il me chuchote que les runes ont parlé. Que parfois les dieux souhaitent plus que des oiseaux et des bêtes en offrande. Que ces hommes sont tous de braves guerriers, qu’ils ont choisi et ont été choisis.

Je reconnais l’un d’entre eux. Il souhaite être le premier. Il veut rejoindre les halles de Freyja et défendre les siens. Il sourit, heureux. Il vient et s’allonge sur l’autel. Ses yeux me fixent, confiants.

Mes doigts serrent la lame. Je l’approche vers son cou. Il continue de sourire…

Quelque chose déferle en moi… De l’intérieur… Comme une vague qui brise un barrage…

Le sang gicle sous la lame… Je sens les gouttelettes chaudes m’oindre…

Le corps est emmené… mais c’est toujours son sourire que je vois. C’est ses yeux qui me fixent, plus près, plus près encore… De plus en plus incandescentes…

L’on approche de moi la coupe… la coupelle… je me penche au dessus d’un ciel sombre et étincelant d’éclats d’esprits… d’âmes… j’embrasse le ciel… mes lèvres touchent cette mer chaude… quel gout étrange… point du sang… je l’ai transmuté… de ma bouche s’écoule dans la coupelle une substance liquoreuse et de couleurs opalescentes, qui relie comme un ombilic tous les communiants…

* * *

Parfois, l’on ne peut pas se souvenir. Parfois l’on ne souhaite pas. Parfois l’on n’accepte que des bribes, des éclats…

Je comprends mieux pourquoi aucun de ceux que j’avais interrogé ne souhaita me répondre. Vous verrez par vous-même, me disaient-ils, vous saurez ce qu’il convient de faire en son temps…

Je sais que nos suppliques ont été entendues. Nous sommes allés à Asgard. Ou peut-être les dieux sont descendus parmi nous… Ils nous ont écoutés. Ils nous ont accordé ce que nous leur demandions.

Je lis la confirmation de mes pensées dans les yeux d’Atride. Il retire doucement la coiffe aux cornes de puissance de ma tête, et elle redevient bracelet en ivoire jaunie autour de mon poignet. La cape de plumes et d’écailles se résorbe aussi. Atride sourit et me rajuste sa cape sur les épaules.

Dans la brume fraiche de l’aube, nous voyons d’autre silhouettes se lever, hagardes, frissonnantes du froid qui recouvre peu à peu la butte fleurie. Un ilot de printemps en plein hiver. Les silhouettes partent vers les Halles d’Ambre illuminées en joyau étincelant d’or par les rayons du soleil.

Nous restons seuls, Atride et moi. Enivrés par les éclats de visions. Savourant chaque instant du temps qui nous est imparti. Sur les terres de Mittgard. Sur cet îlot de printemps dans la mer de l’hiver.

Il me tend la main et me relève de son aile noire de velours. Je le vois s’envoler telle une flèche de jais. La cape glisse sur mes épaules et tombe à mes pieds. Je déploie mes ailes enluminées.

Nous embrassons le ciel…



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: Ambroise, baronne de Marsan, Maison de Gascogne, vassal du Roy Philippe Auguste   Mar 2 Déc - 18:13



Mariage d’Astrolabe vicomte de Moissac et de Mélissandre de Gwinedd, 1236




L’équinoxe du printemps sembla la bonne date. Autour du 21 mars la neige avait déjà fondu autour de Nürnberg et la Forêt était enveloppée d’un duvet brumeux émeraude de nouveaux bourgeons.

* * *

Nous avions quitté les Halles d’Ambre couvertes de givre et de neige, et à fur et à mesure que nous avancions vers le sud, le printemps venait à notre rencontre.

J’étais heureuse qu’Atrid et Ymir acceptent de m’accompagner. Ymir avait hâte de faire connaissance avec ses frères. Quant à mon seigneur et jarl, parfois je lui surprenais un soupçon d’inquiétude lorsque j’accélérais l’allure de ma monture. Un autre que lui m’aurait depuis longtemps culpabilisé d’inconscience et autre conduite irréfléchie. Mais lui avait confiance. Les runes avaient parlé. Destin. Fatum.

Et c’est quelques jours avant la date de l’équinoxe que nous arrivâmes devant la cité de dentelle de gré rose, Nürnberg. Longeant le fleuve enflammé par les rayons mordorés du soleil couchant, nous admirâmes l’Université, nichée telle une fleur sur le versant de la falaise. Ymir était intarissable de questions…

Le navire de Virgile y était amarré. Il avait fait le tour de la Méditerranée, depuis Délos, passant par Montpellier et Tolosa, remontant vers les terres de Gwinedd…
Mère était là, neuf de mes onze sœurs, quelques neveux et nièces… Et surtout mes enfants et apprentis : Rosa Atalenta et Tristan, Sophian, Baudouin, Alfinn… Et mes dix-huit petits enfants !
La Maison Gwinedd et les amis de Rhys étaient tout aussi nombreux ! De grands guerriers arborant fièrement le dragon sur leurs blasons, des Docteurs et Magistères…
Et les maisonnées, dames de compagnie, gardes, amis proches, voisins du Saint Empire tels Conrad de Nürnberg et les mages d’Irencilla et de Durenmar… La fine fleur occitane et du nord assemblées.

Au bas mots plus de trois cent personnes, sans compter les enfants et leurs nourrices.

Que de retrouvailles, que de rencontres !

* * *

Dame Mélissandre était resplendissante. De plus, je fus agréablement surprise de son sens de l’organisation et de son pragmatisme. La fierté de Rhys m’était touchante : j’éprouvais les mêmes sentiments voyant Astrolabe.
Nous renouâmes par un simple regard cette complicité qui nous était propre déjà à Césarée, et qui se trouvait renforcée par l’union de nos deux lignées. Et par les années passées à arpenter ce monde… Rhys avait renoué avec la Magie. Mais d’une manière que nul encore ne pouvait soupçonner…

Cadwallon régnait en patriarche de lignée discret, tel un dragon repu et assagi. Il ne pu s’empêcher de me rappeler mon habituelle inconscience et mon âge, me voyant lourdement appuyée au bras d’Atrid ou d’un de mes fils et exhibant avec effronterie et fierté mes rondeurs.

D’ailleurs Melissandre affichait un ventre tout aussi rond, et se portait à merveille ! Nous bavardions, plus comme sœurs que comme parentes par alliance, partageant nos espoirs et nos craintes de femmes… J’en oubliais presque le froid de l’hiver, le massacre de Crintera, la guerre que nous menions…


* * *


Les festivités officielles ne durèrent que trois jours. L’ambiance solennelle et affairée sut se faire discrète et peu pesante. Des accords et traités furent négociés et conclus. Des alliances furent discutées et parchemins échangés.

Puis les invités repartirent peu à peu.
Il ne resta que la famille. Dès lors dans l’Université s’installa une joyeuse pagaille… qui dura jusqu’à l’été !

Atrid et Alfinn partirent également. Ils avaient beaucoup à faire.
Il fallait armer les tribus, et les accords avec Novgorod ne suffisaient pas. Il fallait trouver des hommes, des guerriers qui avaient l’habitude des tactiques des chevaliers-moines. Les guerriers d’Alfinn se réjouirent à l’idée de croiser le fer avec ceux qui les traquaient dans la Forêt. Astrolabe et Irencilla s’allièrent, très discrètement, avec les Halles d’Ambre…

Astrolabe et Guilhem restèrent à Nürnberg. Le Magistère d’Irencilla et le jeune duc de Gascogne devaient mener de front leurs obligations en tant que Mages, les préparatifs de la guerre contre les Porte-glaive et leurs obligations envers la famille.

Lorsque j’avais déposé l’anneau du duché de Gascogne dans la main de mon fils, j’avais senti la gemme palpiter contre mon cœur. Je sus que Lobo approuvait cette décision. Guilhem avait rougi…

Alors je lui tendis l’émeraude, y déposant un dernier baiser. Il porta à ses lèvres la gémone de l’âme de son grand-père, qu’il n’avait connu que par les récits, les souvenirs des autres et les légendes. La gemme coula en un souffle entre ses lèvres entrouvertes. Et mon fils s’écroula a terre, parcouru de flammes enluminées d’émeraude. Son premier Crépuscule. Il y resta plusieurs jours… Il en revint. Changé…

* * *
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: Ambroise, baronne de Marsan, Maison de Gascogne, vassal du Roy Philippe Auguste   Mar 2 Déc - 18:15

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: Ambroise, baronne de Marsan, Maison de Gascogne, vassal du Roy Philippe Auguste   Mer 3 Déc - 12:26



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: Ambroise, baronne de Marsan, Maison de Gascogne, vassal du Roy Philippe Auguste   Mer 3 Déc - 16:42




« Alouette, Alouette… Heureux est l’homme à qui vous présenterez de si beaux enfants ! »
Je regarde le seigneur d’Alfaro agiter doucement un hochet rond en bois au dessus du berceau. Je prends conscience d’un coup qu’il n’avait pas vu Guilhem nouveau-né, ni même enfant. Le fils que je lui ai présenté était déjà un homme. Ils ont dû apprendre à se connaitre en si peu de temps ! Si peu de temps pour partager souvenirs et affection…

Je regarde Ylg et Herran, qui tendent leurs menottes dodues vers le vieillard digne ; combien de temps nous est-il imparti, à Atrid et à moi-même pour les aimer, les regarder grandir ?... Peu. Toujours trop peu.
Cadwallon avait-il raison de me sermonner par un ‘est-ce raisonnable d’avoir des enfants à votre âge’ ? Qui prendra soin d’eux lorsque je ne serai plus là ? Lorsqu’Atrid ne sera plus là ? Seront-ils suffisamment grands pour voler de leurs propres ailes ?

« Allez-vous les baptiser, Alouette ? » Hugo me tire de ma rêverie. Je note qu’il a bien dit ‘allez-vous’ et non ‘quand allez-vous’…
« Votre manège lors de la messe du mariage de votre fils a certes dupé la plupart des invités, mais oublierez-vous que je faisais partie de ceux qui vous ont raccompagné respirer l’air frais ! Ah, le stratagème du malaise d’une femme portant l’enfant… » Il rit. « Vous avez tiré votre jarl d’un bien mauvais pas, et moi par la même occasion ! »
« Oh, mais il fallait bien deux hommes pour me soutenir, et deux pour frayer le passage à travers la foule d’invités », dis-je, me rappelant l’affolement de quelques uns et l’air réprobateur de ma Mère, engoncée dans son habit monastique d’un blanc étincelant, lorsque, peu avant la communion, je me laissai choir dans les bras d’Artid, réclamant d’une voix mourante l’aide d’un médecin. Ymir et Atrid me soutenant, Alfinn s’agitant et le digne seigneur d’Alfaro rassurant les invités : j’en ris maintenant à gorge déployée.

Mais il est vrai que la question du baptême se pose. Se posera. Je verrai bien, le temps venu. Après la bataille… Nous verrons bien quel dieu la remportera !

« Ah, je vois… Alouette n’y a même pas pensé ! Vous rappelez-vous avoir passé un certain nombre d’années dans les Ordres ? »
« Et c’est bien un fervent chrétien du dimanche, et hérétique presque parfait des six autres jours, qui me le rappelle ? »
« Mais je vois que votre mère n’en a même pas discuté avec votre père… » Il chatouille la joue d’Ylg, qui louche en riant. « Pas plus qu’elle n’a parlé de cette splendeur aux cheveux d’or fin qui vous donne son sein en cachette certaines nuits… »

« Quelle ‘splendeur aux cheveux d’or’ ? », je me redresse net. La nourrice est une jolie brune occitane, la fille illégitime d’une lointaine parente, mais qui porte encore son enfant…

« La ‘splendeur’ attend que tous soient assoupis », renchérit Hugo d’un air comploteur. « Elle se faufile sans bruit dans vos appartements, elle et un grand gaillard, qui ne m’a pas l’air chrétien, lui non plus. Je les ai surpris, une fois. Tu sais, Alouette, quand on prend de l’âge, on a le sommeil fragile… J’avais entendu un chat miauler dans le couloir, et je suis allé vérifier si tout allait bien… Reflexe de guerrier », rajoute-t-il comme pour s’excuser.
Je note mentalement : encore un point à discuter avec Atrid…


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: Ambroise, baronne de Marsan, Maison de Gascogne, vassal du Roy Philippe Auguste   Mer 3 Déc - 17:24



Festivités et affaires vont ensemble :

- Commandes passées pour les armes et armures auprès des faés via Irencilla. Aussi avec Novgorod via Dame Nimue et le boyar Evgueni. Aussi auprès des artisans de Nurenberg (sous paravents : mes sœurs notamment)

- Epées, haches, armures, casques, lances, arcs et flèches…. Mais aussi ce qui brule et s’enflamme (feux grégeois…) et autres selon les conseils des stratèges, Cadwallon en tête !


- Acheminement et autre contrebande ‘faerique’ et ‘familiale’ : Alfinn

- Exfiltration de plusieurs dizaines de Cathares et sympathisants/ faydits / déclarés hérétiques / soucis avec inquisition… (merci Virgile) : nombreux iront en Lombardie (via la Foret Noire) et à l’est. Les combattants et routiers donneront un coup de main dans la guerre qui se prépare et qui a lieu. Une fois de plus, Alfinn et les siens sont des ‘passeurs’ discrets et efficaces.


- Partage d’une aide ‘magique’ : trésor de virtue, tout simplement, ou des enchantements à usage unique. Le Don de Velours Jerbiton ne laissant pas de signature… notamment : « cavaliers fleuris » (un groupe de cavaliers immatériels et hauts en couleurs, fonçant à toute allure….), « manteau de velours » (un gros perdo imaginem pouvant rendre invisibles etc un bon bout de l’armée) et « brumes d’Avalon » (gros brouillard qui ne gêne que les combattants du camp adverse). Intensités à voir.

- Propagande renforcée (diffamation des porte-glaive) auprès des seigneurs féodaux voisins et des cours de l’est susceptibles d’intervenir, afin que toute aide soit temporisée, ou minimisée.

- Oreille attentive à tous le réseau d’espionnage des minnesangers et autres membres de la Société Secrète du Phénix (et les anciens de la chaire des arts du trobar donc !).

- Tentative(s) d’infiltration de fetch(s) auprès des porte-glaives ou leurs serviteurs / conseillers proches.

- Tentative(s) de poser un lien sympathque auprès d’un porte-glaive important. Et pourquoi pas le Grand-maitre… une belle lame, par exemple…

- Pour Ambroise : distillation de virtue / renforcement de l’enchantement de la lame de givre (passer de 5 à 6) / capture de prisonniers porte-glaive lors des escarmouches (pour sacrifices et invocations shamaniques ultérieurs)

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: Ambroise, baronne de Marsan, Maison de Gascogne, vassal du Roy Philippe Auguste   Mer 3 Déc - 18:10

http://fr.wikipedia.org/wiki/Prussiens


http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_du_Soleil

La bataille de Šiauliai, aussi appelée bataille du Soleil ou bataille de Saule, (Lithuanien : Saulės Mūšis, Letton : Saules kauja ou Kauja pie Saules) se déroula le 21 septembre 1236 à proximité de la ville de Šiauliai, qui se trouve de nos jours dans la région de Joniškis en Lituanie.








Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: Ambroise, baronne de Marsan, Maison de Gascogne, vassal du Roy Philippe Auguste   Mer 3 Déc - 18:32

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
stan

avatar

Messages : 1960
Date d'inscription : 11/01/2011
Localisation : Boul B posey!!

MessageSujet: Re: Ambroise, baronne de Marsan, Maison de Gascogne, vassal du Roy Philippe Auguste   Mer 3 Déc - 18:46

Atrid, Ambroise,

J'ai passé quelques semaines dans votre region et voici mes conclusions pour la bataille a venir.


D'abord sachez que le gros des forces des portes glaives est constitué de chevaliers lourds, le maitre mot de votre tactique devrait etre mobilité.

J'ai pu noté qu'il y avait beaucoup de marécages et de fleuves dans votre région, favorisez ces zones humides et boueuses. Lancer une bataille a l'automne avant les premieres gelées serait l'idéal, en effet la boue contraindrait les chevaliers a lutter contre nature soit en minimisant leurs manoeuvres a cause de la boue, ils deviendront des cibles lentes faciles a viser ou ils accepteront de lutter a pied. Si ils combattent a pied, soit ils se battent en armure lourde et ils seront une fois de plus victime de la boue soit ils s'allegent et ils combattront a nouveaux contre nature.

la poix est une depense inutile de meme que les defenses ou les armes de siege, gardez votre mobilité et utiliser le paysage comme defense.

Vous devriez aussi demander de l'aide au duché lituanien. Il se peut que le duc ne soit pas ravis par les envies expansionnistes des portes glaives; "l'ennemi de mon ennemi..."

choisissez bien le terrain, boueux et marecageux, choisissez bien le moment, au début de l'automne avant les premieres gelées, restez mobiles, rapides, légers et j'ai l'intuition que vous gagnerez peu importe le matériel et l'entrainement. Essayez toutefois de retarder au maximum le corps a corps...

On dit que les portes glaives souffrent de leur sauvagerie et que Von Salza coupe son soutien aux portes glaives, ils seront bientot aux abois.


Dernière édition par stan le Mer 3 Déc - 18:50, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: Ambroise, baronne de Marsan, Maison de Gascogne, vassal du Roy Philippe Auguste   Mer 3 Déc - 18:47

carte de la region pour la bataille du soleil
c'est bien marecageux .... meme de nos jours !

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: Ambroise, baronne de Marsan, Maison de Gascogne, vassal du Roy Philippe Auguste   Jeu 4 Déc - 16:20

(daté avant les textes precedents : lors des festivités du mariage...)


* * * * * *


« Il n’y aura pas de conversion, Mère ! Je ne peux pas, et ne veux pas de mander à Atrid de renier ses dieux… » je soutiens le regard de ma mère sans siller, « …nos dieux. »

Mère Clémence m’observe calmement. Imperturbable. Mais ce n’est qu’une apparence.
« Regardez-vous, ma fille ! A votre cou je ne vois nulle croix, mais des parures païennes d’ambre. Vos cheveux ne sont point nattés et couvertes d’un voile, mais retombent librement et impudiquement, comme ceux d’une donzelle de village. Votre ventre est rond et ne laisse planer aucun doute sur votre état. Oubliez-vous que vous êtes veuve ?... »
« Je suis mariée, Mère ! »
« Je n’ai point béni cette union et l’Eglise ne la reconnaitra pas ! Il est … pire qu’un hérétique, Ambroise : il n’est pas chrétien, mais…païen ! »
« Atrid est mon seigneur, Mère… et je… »
« Ambroise, vous n’êtes plus une enfant ! » pourtant ma Mère sourit.

J’ai les larmes qui me montent aux yeux, tellement ce sourire me rappelle ma propre enfance, et les moments partagés si précieux. Et notre brève rencontre la veille du massacre de Béziers. Et les instants où je lui ai présenté mes enfants. Et le jour où j’avais pris le voile et prononcé mes vœux sans détacher mon regard d’Albéric, elle avait ce doux sourire…

« … je l’aime, maman… »

Elle me serre dans ses bras. Elle sait… Ce silence est il plus épuré encore que le verbe, tout comme le verbe l’est par rapport à l’écrit ?...

« Comment les appellerez-vous ? » demande-t-elle. Je remarque qu’elle dit ‘vous’…
« Ylg, la Louve »
« Comme ton Père ? »
« Et comme l’un des fleuves d’Elivagar, la mer primitive », je me dois d’ajouter. « Et Herran… C’est un des noms d’Odin, Il signifie ‘chef des armées’ »

« La guerre, toujours la guerre… Vous n’en avez pas assez, Ambroise ? » Mère soupire, et passe la paume de sa main sur mon ventre. « Je sais que vous allez me parler de la terre que vous souhaitez léguer à vos enfants… Lobo aurait tenu le même discours. Il a tenu le même discours. Et mon propre père, et mes frères… »
Je garde le silence. Je continue de la serrer dans mes bras.
« Et je vous dirai ce que j’avais dit à mon père, à mes frères et au seigneur Lobo : que Notre Seigneur vous protège et vous garde ! »

« … je t’aime, maman… »


Les hommes qui passent, maman,
Sont des étoiles,
Feux boréales
Glissant du firmament…

Le bonheur fuit, souvent.
Là il me tient,
Me réchauffe et m’étreint
De ses ailes d’ambre, maman…

J’embrasse le ciel, maman !
L’océan d’âmes,
Fin’Amor et lame
Me sont le firmament…

Voyez ma vie, maman :
Les runes sont jetées ;
Le temps est conté.
Le Graal est l’instant présent…

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: Ambroise, baronne de Marsan, Maison de Gascogne, vassal du Roy Philippe Auguste   Jeu 4 Déc - 16:23




J’embrasse le ciel lumineux
Dans l’éclat de tes yeux

Dans le puits de tes yeux
Espérance et fatum d’Asgard

Trois Nornes nous regardent

Ici l’hiver s’attarde…

…L’on aiguise les lames,
L’on forge armures et âmes.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: Ambroise, baronne de Marsan, Maison de Gascogne, vassal du Roy Philippe Auguste   Lun 8 Déc - 20:20

Sessrumnir. Retour aux halles d'Ambre.



Il n’est pas dit qu’une Gasconne puisse abandonner ses idéaux ! Ni son épée. Ni ceux qu’elle aime…

Utgardaloki ne trouvera que des simulacres, des illusions de ce qu’il m’avait dérobé. Je n’ai même pas envie de me réjouir de la tête qu’il fera : je m’en veux de tomber si facilement dans ses pièges !

Je porte mes deux enfants dans les bras et j’avance dans ce long couloir sombre. Derrière moi, la lumière d’Asgard s’estompe peu à peu. Devant moi, je guette cet éclat chaud d’or rouge. Lumière d’un crépuscule. Lumière teintée de sang. Je glisse, telle une goutte de sève, des mamelles de la laye d’ambre, me déploie et prends forme. Les runes sur ma peau s’estompent. Je marche dans les halles de Sessrumnir, car tel est le nom que le Jarl a donné à son palais.

Le Jarl… Non, ce n’est pas pour le Roi que je reviens. Les palais sont batis, puis leurs murailles s’écroulent… Les royaumes sont bâtis, empires créés, puis disloqués… Les couronnes, anneaux, sont des cercles qui emprisonnent de leurs parures la chaire et l’esprit… Les ouvrages sont des dogmes qui figent le verbe libre et le souffle éphémère…

Est-ce pour cela que j’ai rejeté la parole du Christ ? Parce qu’elle était écrite, figée en Dogme par les enfants du Dieu trinitaire ?

Ici, je suis fille de Freyja. Je suis une de ses chansons d’amour qu’elle fredonne à Óðr (Od). Je vénère en son visage et dans son nom la Fin’Amor, que j’ai toujours adoré et vénéré dans tout visage, dans chaque souffle, dans chacune de mes chansons.

Oui, Mère a raison : je suis dans un grand pécher selon le Dogme de l’Eglise de Saint Pierre l’Apôtre : j’ai aimé non pas Dieu dans les hommes, mais un seul homme dans Dieu.

J’ai été Cathare, car les anges m’apparaissaient comme les éclats de Dieu, et ce Dieu avait pour nom l’Amour, la Fin’Amor ! Dieu a exigé d’être seul objet de mon adoration, alors je l’ai adoré en un seul homme. Et cet homme avait pour nom Albéric. Les chants dans ma chair sont devenus psaumes. La douce langue d’oc laissa place dans mes veines au latin épuré des Saintes Ecritures. Ma chair s’était tellement imbibée de lumière qu’elle en devenait mortifiée et éthérée…

Quelle Providence ?! Ce Dieu m’avait offert larmes et désolation. Chagrin et rivières pourpres de sang. Parfum des charniers et fumées acres de buchers. Je ne suis pas le Job des Ecritures. Je ne suis pas une sainte, et n’aspire point à la sainteté. Je suis vivante. Je suis une chanson qui passe de bouche en bouche. Et si quelqu’un l’attrape et la couche sur parchemin, cette chanson se fige, dépérit, se meure…

Ici, point de dogme. Nul n’est déclaré hérétique. Nul n’est brûlé pour hérésie parce qu’il chante les légendes en dialecte germain et non en norrois. Nul n’est frappé d’excommunication parce qu’il raconte les légendes avec ses propres mots puisés en son cœur, et non tels qu’ils sont écrits. Parce qu’elles ne sont pas écrites ! Parce qu’elles ne sont pas figées. Parce qu’elles sont vivantes ! Parce que nous les vivons et nous les chantons…

* * *

L’aube n’est pas encore là. La chambre est vide. Dans le coin, je remarque le double berceau ; je l’avais préparé avant de partir vers Nürnberg, avant ces batailles… Il est toujours là. La couronne tressée de primevères est toujours là elle aussi ; les fleurs ont séché mais leur parfum est intact. Je me sens attendue. Ou plutôt, j’ai l’impression de n’être jamais partie…

Je m’assieds au bord du lit et y dépose mes enfants. Ils sont réveillés, ils ont faim. Je prends Ylg dans mes bras, elle est toujours la première à brailler. Elle boit goulument.

Derrière, des pas étouffés par les fourrures qui couvrent le sol. Je me retourne doucement. Herran est encore accroché à mon sein, comme le géant Ymir aux pis de la vache Audhumla. Ylg, repue, sourit de contentement et tend ses menottes dodues vers l’homme aux cheveux noirs comme les ailes d’un corbeau.
Elle a ses yeux sombres. Je remarque aussi qu’elle a son sourire. Lorsqu’il la lève vers le ciel et la nomme, elle rit aux éclats et gazouille. Herran lui répond dans ce même langage, qu’ils sont les seuls à partager. Et pourtant je crois reconnaître un mot, ‘faðir’, ‘père’…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: Ambroise, baronne de Marsan, Maison de Gascogne, vassal du Roy Philippe Auguste   Lun 8 Déc - 23:44

Alfadre nous regarde.


Les runes ont parlé.

Les runes furent jetées sur les corps déchiquetés par les griffes des chats de Freyja, déterrées à l’endroit même où j’avais demandé à ce que l’on creuse. Et les runes ont désigné le coupable : l’homme que le Jarl avait accusé de tentative d’assassinat contre le fils de grande prêtresse de Freyja. Il manquait des preuves : les runes ont parlé. Cela était preuve suffisante.

Les prêtres de Tyr et les prêtres de Forseti ont jugé l’homme coupable des actes dont je l’accusai, moi, Hnossir Ulfursdöttir, Grande prêtresse de Freyja, épouse du Jarl Atrid de Sessrumnir :

De la traitrise envers les Ases et Alfadre, car Ymir fut né fils d’Odin.
De la félonie envers Sessrumnir et son Jarl, car les lois de l’hospitalité furent bafoués et le sanctuaire de Freyja profané.
De la de la félonie envers ma propre personne, car Ymir reste mon fils.

Réparation me fut accordée. L’homme me fut remis.

Je lui offre la rédemption et lui montre le chemin vers le Valhalla.

Alfadre nous regarde !

L’homme est agenouillé, torse nu. Ses bras reposent sur les fourches de deux branches basses du frêne. Yggdrazil est son seul soutien, car il va le gravir cette nuit. Je lui montre le chemin.
Alfadre le regarde !

Autour de nous, foule de ceux sont enfants des Ases et des Vanes, de sang ou d’adoption. Ils entourent en demi-cercle l’arbre sacré des halles de Sessrumnir. Les lumières chaudes et vacillantes des braseros dansent sur eux.
J’y vois des visages familiers d’hommes du sud, à la peau assombrie par le soleil et les vents. Ces hommes dont les pères ont été dépossédés et bafoués dans leurs idéaux, leur culture, leur foi. Leurs pères, je les ai connus, nous avons bataillé ensemble, nous avons nourri la terre occitane de notre sang, de notre sève. Ces hommes qui sont nés dans la guerre, de la guerre, et par la guerre. Nos chansons d’amour et de guerre furent leurs berceuses, et à leur tour, ils hurlaient ces hymnes, leur seul héritage, en allant au combat, en regardant les buchers dévorer leurs frères et sœurs… Nous avons combattu pour notre terre Occitane. Nos enfants ont gagné là où nous n’avions connu que défaites, mais notre terre fut détruite. Tous ensemble, nous avons, frères et ennemis, consumé notre héritage…
Alfadre nous regarde !

Ce n’est pas la première fois que je tiens une hache dans mes mains. Celle-ci est petite, son manche est court, en bois de frêne. Sa lame est ouvragée finement d’entrelacs, et ne porte nulle rune. Le tranchant est si fin qu’il coupe net l’un de mes cheveux que j’y laisse choir.
La vie humaine est comme ce cheveu, ou comme un simple fil d’une tapisserie qu’est le monde, si facile à couper. Comme un arbre, si rapide à abattre. Mais si long à grandir…
L’homme me regarde, puis il acquiesce et son regard parcourt les gens, les lumières, part au delà de ce que nous voyons. Il est déjà en chemin. Il a commencé sa traversée d’Utgard…
Alfadre le regarde !

Je contourne l’homme. Ses épaules se crispent. Je murmure les paroles rituelles. Il se détend. Je règle ma respiration sur la sienne.
La lame de la hache s’enfonce dans la chair et dessine un sillon le long de la colonne vertébrale. La sève rouge coule sur les racines du frêne.
Ainsi débute tout chemin de toute vie : par le sillon de sang. Je repense à cette nuit où, affolée, j’avais couru vers ma mère ; elle me parla du pécher charnel et de la faute d’Eve. Le lendemain, le comte Lobo de Gascogne me regarda, moi, son fils et héritier chéri, horrifié, et ses lèvres murmurèrent ‘c’est une fille…’
Je repense à mon tout premier accouchement, la douleur que mon esprit oblitérait en fuyant à la lisière d’un crépuscule fleuri, et cette tache pourpre sur ma robe, ce sillon de sang qui traçait le début d’une nouvelle vie…
Alfadre nous regarde !

Je lève la hache et l’abats. L’homme tressaute mais se ressaisit. J’attends qu’il me donne par sa posture le signe de continuer. Je continue. Des mouvements dans la foule ; je crois qu’une femme vient de perdre connaissance. L’on l’allonge à même le sol, mais personne ne quitte ce lieu.
Je lui offre la rédemption ! Entendez ce silence qui hurle à vos oreilles !
Pensiez-vous que l’on puisse s’en prendre impunément aux miens ? Pensiez-vous que la félonie puisse être oubliée ?!
Je me rappelle Béziers… L’évêque avait donné sa parole que ceux qui s’en remettaient à Dieu dans sa demeure seraient épargnés par leurs frères chrétiens… Ils portaient les croix cousues sur leurs épaules, ceux qui ont défoncé les portes de la cathédrale, ceux qui n’ont épargné ni femmes ni enfants, ceux qui…
…ceux à qui nous avons tant ressemblé à Riga…
Je balaie la foule du regard. Mes yeux sont émeraudes. Les yeux d’Atrid sont deux diamants noirs. Il voit. Il voit en moi…
Ecoute ce silence qui hurle, mon amour ! Vois d’âme à âme l’éclat des mots que je te dirai et répéterai plus tard. Ces mots que Cadwallon m’avait soufflé, que ceux, dont je suis dépositaire d’héritage et de chansons, m’ont insufflé tout le long de mon chemin…
Alfadre nous regarde !

L’homme tient bon. Pas un seul gémissement. A deux reprises ses mains ont glissé des branches et il a vacillé. Chaque fois, j’ai posé la hache, l’aidant à garder la posture digne et honorable. Je supplie mentalement les dieux d’admirer son courage et de l’accueillir au Valhalla.
Le craquement des cotes écartées couvre son soupir, long et tangible, qui m’éclabousse de gouttelettes sombres et poisseuses. Elles coulent le long de mes joues. Mes larmes se mêlent au sang. La sève coule. Le sang est la sève de l’homme, la sève pourpre. La magie est la sève du monde, la sève des arbres sacrés. Je sais que l’ambre qui recouvre le sol est pourpre…
Alfadre nous regarde !

L’aigle de sang prend son envol !...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: Ambroise, baronne de Marsan, Maison de Gascogne, vassal du Roy Philippe Auguste   Lun 8 Déc - 23:45


* * *

Je suis revenue pour toi. Rien que pour toi. Je suis à toi !

Dépose couronne et anneaux. Les insignes de pourvoir ou de puissance ne te confèrent point plus de valeur que tu n’en aies déjà à mon cœur.

Et j’ôte mes parures aussi, une à une.
Le sygille d’orpheline des Mages d’Hermès. Les anneaux et torques de magie forgée, de mes mains ou par d’autres mages, ou même ceux de Trianoma. Je n’ai nulle terre à t’offrir. Je n’ai nulle Maison à t’apporter en alliée. J’ai quitté le monde du Christ et ne suis qu’un paria aux yeux de ses mages. Le collier Brissingar, je l’ai retrouvé et rendu à Freyja : je ne pourrai même plus t’apporter la victoire sur champs de bataille.

Me veux-tu ? Me désires-tu ? Je ne suis revenue que pour toi !

Je n’ai que chansons à t’offrir. Mes chansons. Ceux de mon peuple occitan qui n’est plus que légendes. Ceux de ma vie, de mes combats. Ceux de mon cœur, de mon âme, de mon corps. Les mots sont devenus runes sur ma peau. Runes enluminées, que je t’offre.

Ils n’ont pas besoin de mes chansons. Les hommes du Christ chantent des psaumes à la gloire de Dieu. Ils n’ont pas besoin de ritournelles qui parlent des hommes, de leur courage, de leurs combats, de leurs désirs, de leurs idéaux, de leurs vies d’hommes. Pour eux, ces contes ne sont que distraction de quelque jongleur.

Les mourants chantent. Nous chantons lorsque des buchers funéraires en forme de navires d’élèvent les flammes. Nous chantons lorsque nous courrons à la charge de nos adversaires. Nous chantons lorsque la nuit recouvre Mittgard de son manteau et que le blizzard chante tout autour. Nous chantons à nos festins. Nous chantons nos joies et nos peines…

Pour le Joglar, ce qu’il chante est le sens même de son existence. Vois, je t’offre mon nom secret, car je m’offre pleinement.

Jadis, des hommes remettaient entre mes mains leurs souffles, afin que j’en forge des chansons.

Jadis, il eut une cité blanche et fière, étincelante comme un éclat d’Asgard, où j’ai chanté sept jours durant pour le souverain et son peuple. Carcasonne était son nom…

Jadis, il eut une bataille, où quelque chose en moi fut tué, massacré, saccagé. Tout comme toi à Riga, je l’ai regardé brûler depuis la haute tour du château. Tout comme dans tes yeux, cette flamme ne m’a plus jamais quittée…

Regarde, si tu le souhaite ! Je t’ouvre les corridors de ma mémoire. Regarde, sans artifices, sans parures. Regarde la complète nudité de mes chansons…

C’est mon âme que je t’ouvre… mon cœur… Atrid…

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: Ambroise, baronne de Marsan, Maison de Gascogne, vassal du Roy Philippe Auguste   Lun 8 Déc - 23:59

Hnossir Ulfursdöttir

tel est mon nouveau nom. Je ne suis plus une mage de l'ordre d'hermes. je suis orpheline de Maison. Je ne souhaite pas fonder une nouvelle Maison : je n'ai rien à proposer, car je cherche moi-meme. et je continue de me chercher.

je suis à Sessrumnir la grande pretresse de Freya : elle m'a adopté. je porte le nom d'une de ses filles : Hnossir.

je suis fille de Lobo de Gascogne, fille du Loup, Ulfursdöttir.

aussi simple que cela.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: Ambroise, baronne de Marsan, Maison de Gascogne, vassal du Roy Philippe Auguste   Mar 9 Déc - 19:37

Crintera


Crintera en ruines. Crintera en dentelle de pierre blanchie par la neige fondue et les blizzards de l’hiver. Crintera brisée…

Nous survolons la forêt de brumes d’émeraude, duvet de feuilles tendres et bourgeons promesses de vie. Nos ailes sont reflets de nuit et de lumières enluminées, noir du corbeau et mordoré du faucon. Hommage ou pèlerinage ? Qu’importe, après tout ! Nous revenons aux sources. A la source. C’est ici que tout cela avait commencé…

Ici qu’un jeune enfant fut recueilli par Dame Faucon et Seigneur Loup et élevé comme leur propre fils.

D’ici qu’il est parti, il y a onze ans de cela, à la rencontre d’une jeune Alliance à la lisière de la terre chrétienne et de la Foret Noire. Savait-il alors qu’un mot de lui, un regard, suffiraient à raviver les braises d’un phénix mortifié ? Les Nornes elles-mêmes le savaient-elles ?

D’ici il partit, il y a sept ans de cela, guidé par une révélation, un rêve, son destin. Le chemin se dessina depuis ici vers le Halles d’Ambre de Sessrumnir.

D’ici coula le sang, il y a deux ans de cela, le chemin de la vengeance que prit tout un peuple…

* * *

J’ai brisé l’anneau de Mitgard.

Ce que je souhaitais, c’était de libérer les hommes de Mitgard du joug des autres peuples. Que l’on arrête de se disputer la souveraineté sur la terre des hommes et qu’on la laisse aux hommes. Aux hommes, non pas aux Alfes, ni aux Nibellung, ni aux Géants. Ni même aux Dieux… Seulement aux hommes.

Je me rappelle avoir regardé cet anneau, et les échos de la légende de l’anneau maudit, de l’or du Rhin, de Sigurd et de Brunehilde passèrent devant mes yeux. La seule personne pouvant porter un tel anneau était toi, mon roi. Mais le pouvoir était aussi malédiction ! Comment pouvais-je t’y condamner ?
Oui, j’ai bravé les édits des Nornes. Comment ai-je osé prendre seule une telle décision ?
Tu portes un anneau et une couronne… Fatum…

J’ai privé Gerd de sa lame et de victoire le jour du Ragnarok. J’ai brisé l’espoir de voir les hommes du Nord unifiés sous la même bannière, la même couronne d’un roi. J’ai desserré les crocs de Jormungandre et le serpent a lâché sa queue. L’Utgard se déverse dans la terre des hommes…

Mon Roi, mon amour, s’il est une personne à blâmer pour ce qui advient, pour ce crépuscule et ces hivers, alors blâme-moi !

Le mur de Riga s’était écroulé. Encore un anneau brisé. Nous étions cette furie d’Utgard qui se déversa sur la ville !
Mon Roi, mon amour, je ne t’ai pas prévenu que les sièges des villes et des castels se terminent par le déchainement des démons, quel que soit le nom qu’on leur donne, que nulle force d’un souverain ne peut arrêter les massacres…

Nous étions ivres de sang, mon amour, ivres de carnage, ivres de vengeance…

J’admire la lucidité de ton regard, lorsque tu vis l’ultime dechainement de violence dans la ville : Cadwallon aurait pu t’en parler, car il connait les mots justes, les mots qui sont la nudité de la guerre, ses faits.

Mes mots à moi sont parures des carnages et exaltation de massacres, ils sont le reflet de ce que les yeux des hommes voient et souhaitent voir, de part et d’autre des murailles. Ils sont le reflet de la sauvagerie et de l’étrangeté d’Utgard. Ils sont aussi la peur nichée dans le cœur des hommes derrière les murailles. Lorsque les barrières enfermant cette peur tombent, c’est non la peur mais l’horreur qui se déverse dans l’homme qui combat…

La première fois où j’ai connu cela, c’était à Béziers : l’enceinte fut franchie par les soldats du Christ. Encore un anneau brisé… Anneau de ville. Anneau d’un peuple…

C’est comme si en chaque homme, en chaque créature de Mitgard, il y avait cette muraille qui sépare ce qui est ‘humain’ de ce qui est incontrôlable, bouillonnant, sauvage. Lorsque son ‘anneau’ du cœur et de l’esprit se fissure, se brise, c’est l’Utgard intérieur qui se déverse…

Parfois, cela se voit. Parfois cela reste caché par les parures que nous endossons, nos masques… Mais une petite voix chuchote, suinte par cette fissure… L’on meure… L’on croit mourir… Ou une part de soi meure, et une autre se révèle et se relève, lorsqu’on attrape la main tendue qui nous relève…

J’ai cru mourir à Césarée : Cadwallon m’a relevée. Car il m’a fait promettre de croire en l’aube. J’ai porté alors l’espérance comme l’on porte une croix.
J’ai cru mourir à Béziers… A Carcassonne… A Toulouse… Aux murailles de chaque ville, de chaque castel que nous défendions ou que nous reprenions…
J’ai cru mourir lorsque j’avais douze ans que mon père Lobo a compris que j’étais une fille, et non fils tant désiré. Je n’ai pu en guérir que lorsque je lui revins en fils et le rendis heureux jusqu’à son dernier souffle.

Atrid, mon seigneur et époux, mon amour, tu m’as relevé de mes cendres, brulée de lumière vive et éthérée.
Prends ma main, et laisse-moi te soutenir à mon tour, toi, qui m’as tout offert, alors que je suis revenue, n’ayant rien.

Tu as détruit Crintera de la même manière que j’ai détruit Béziers : savions-nous ce que nous fassions ? Sommes-nous des dieux ? Non, seulement des hommes qui avons le courage. Et l’honneur. Et les chansons. Et un cœur…

* * *

Prends ce cœur, mon amour. C’est le cœur d’un loup glorieux, celui de l’homme qui t’a élevé, celui de Gerald Wülf.

Il est encore chaud. Ce n’est nulle magie, mais la chaleur de son affection envers toi, son fils.
Ecoute-le, il bat encore : c’est son âme qui pulse. Qui te parle de toi et de lui, de ce que vous avez vécu, partagé… Qui te parle de la forêt et du ciel que vous avez arpenté, d’Yggdrazil et des neuf mondes…

Il est encore chaud, car il pulse au rythme d’un autre cœur…

Dame Sigrid Falken ne fut point rappelée par Freyja. Car elle vit ici. Différemment, sous un autre visage, mais elle vit. Ecoute l’écho dans les halles qui répond aux battements de ce cœur. C’est la sève qui coule dans l’Arbre blanc…

Prends ce cœur et rentre dans les halles, mon amour.
Incline-toi devant celle qui te fut Mère.
Tu sais ce que tu dois faire, mon amour, ton cœur te le chuchote, écoute ton cœur…

Tu te penches et m’embrasses… Oui, c’est pour toi que je suis revenue. Tu le sais. Et tu sais que je ne suis qu’à toi…
Je vois la Reine verser les larmes d’or et de lumière : le plaisir de Frigg est terrassé…
Je vois la douce et fidèle Sigyn tenir la coupe à bouts de bras, afin que le poison dégouttant des crocs du serpent ne tourmente le dieu enchainé au rocher…
Je vois la Laye aux soies d’or courant dans les forets et les plaines, longeant fleuves et falaises des cotes, cherchant Ód dans chaque visage qu’elle croise…
Je vois la Joie se laisser mourir sur le bucher du jeune fils d’Odin ; car il est dit que Nanna et Baldr sont réunis à Helheim…

Je te regarde avancer vers l’Arbre blanc, et me revient la vision du Loup pleurant le Faucon… je passe la main sur mes joues : c’est la sève qui coule… L’or rouge… L’ambre…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: Ambroise, baronne de Marsan, Maison de Gascogne, vassal du Roy Philippe Auguste   Jeu 11 Déc - 14:05

Ambroise a écrit:



C’est comme si en chaque homme, en chaque créature de Mitgard, il y avait cette muraille qui sépare ce qui est ‘humain’ de ce qui est incontrôlable, bouillonnant, sauvage. Lorsque son ‘anneau’ du cœur et de l’esprit se fissure, se brise, c’est l’Utgard intérieur qui se déverse…

Parfois, cela se voit. Parfois cela reste caché par les parures que nous endossons, nos masques… Mais une petite voix chuchote, suinte par cette fissure… L’on meure… L’on croit mourir… Ou une part de soi meure, et une autre se révèle et se relève, lorsqu’on attrape la main tendue qui nous relève…


je sais pas si ça a été clairement enoncé, cette theorie d'Ambroise "psychologie" avant l'heure...
pour faire simple :
- prendre la theorie de Freud avec la "ça", le "moi" et le "surmoi"
- le "moi" est l'homme, le viking, l'habitant du Mitgard, qui adore les dieux d'Asgard etc. c'est le Mitgard interieur à chacun.
- le "surmoi" est un anneau
- le "ça" est l'Utgard interieur, les pulsions, maelstroms de l'informe, sauvagerie fole etc etc

=> quand l'anneau du "surmoi" est brisé, l'Utgard du "ça" se deverse et prend possession du "moi" Mitgard interieur.

voilou !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Jezabel Charlotte

avatar

Messages : 1847
Date d'inscription : 15/09/2008
Localisation : NY ou CLUB DE L'ABSYNTHE

MessageSujet: Re: Ambroise, baronne de Marsan, Maison de Gascogne, vassal du Roy Philippe Auguste   Mer 17 Déc - 18:45



En place et lieu des Halles d’ambre de Sessrumnir s’élève une cathédrale majestueuse à la gloire du Dieu chrétien. Elle est en ambre, en larmes de Freyja.

Dans le Saint Empire, les Mages chrétiens de l’Ordre d’Hermès ont érigé un castel de dentelle blanche aux quatre tours couronnant une cinquième de leurs pétales.

La première porte le nom très chrétien de Notre-Dame de Clémence. Le second est nommé Irminsul, le « frêne », la « puissante colonne ».

Dans l’une prie son nouveau Dieu un exalté de sa foi, fils du roi des Ases, mon fils. De la seconde, c’est moi qui arpente les couloirs, portant cape blanche des disciples de Bonisagus. Moi qui siège dans la grande salle, afin d’appliquer non mienne volonté, mais les souhaits et édits de celui qui boit à source pure de l’enseignement hermétique du Crépuscule…

Anrdéal a décliné la régence. Trop à faire avec son Père et Primus, Tremere l’immortel.
Cadwallon a décliné la régence. A décliné la demande de son fils. L’appel des routes lui est-il plus fort que l’appel de son fils ? Mais je lui suis reconnaissante de l’avoir soigné, du moins le corps…
Je fus l’une des trois régents. Je fus la seule à rester à Irminsul.

Le seigneur Lothaire m’avait annoncé, avec douceur, mais intransigeance, qu’une grande prêtresse païenne ne peut prétendre à la régence de l’Ordo Hermeticus chrétien. Je ne pouvais revenir à la Maison Jerbiton : ma rupture avec Mère était consommée. Son Dieu m’avait ravit insouciance de jeunesse, les gens que j’aimais, Albéric, Atrid, pour ne citer qu’eux, un de mes fils, Ymir qui se fait appeler Aymar…

Lothaire m’accueillit dans la Maison Bonisagus.

Je dus faire néanmoins pénitence, ne serait-ce qu’en apparence. Et Mère s’en donna le cœur joie de proposer le renoncement à la Magie : le port d’une chemise de mailles fines de fer froid.
Elle m’a imposé le fer froid. Je l’ai défiée, une fois de plus, en l’acceptant non point pour une saison, mais pour l’année.

Je ne pouvais faire moins…

Je dus faire semblant de renoncer à la déesse qui m’avait accueillie. Je dus, en apparences, adopter les coutumes chrétiennes. Non pas la croyance, mais bien les coutumes : je vais à la messe le dimanche, m’assoie au fond. Mais je ne chante plus pour le Christ. Je me laisse aller à la contemplation des vitraux et de dentelles de pierre sculptée. Je repense à la chapelle de Nürnberg : chaque fresque, chaque enluminure y est hommage à ceux que le Christ m’a ravis !

A chaque homélie, seules les images des massacres me viennent à l’esprit. Où est cet amour dont parlent les Evangiles ?! Où est-elle, cette Providence ?

J’arbore un visage contrit de circonstance et répète sans comprendre « Et cum Spirituo Tuo… » Mais je ne vous nulle paix. Seulement les guerres. Les croisades en terre Sainte. Les guerres occitanes. Les massacres des Porte-Glaive et les assauts des Teutoniques au nord. L’assaut de l’Etna qui a marqué à tout jamais le visage de Rhys. La progression des nomades à l’est… Le retour proche de Diedne !...

Miserere nobis… C’est vous qui le dites. Moi, je clame Alléluia !

* * *

Ici, à Durenmar, la magie imbibe chaque édifice, chaque pierre. C’est l’œuvre de Valdemar, dont Rhys est le successeur, en tant que Primus de la Maison du Mage Blanc.

Quelle ironie ! Rhys portera à tout jamais les cicatrices pales sur la peau, écho des blessures infligées par le fer froid. Et moi, je porte cette maille froide à même la peau, blanchie à son contact, exsangue, comme si mon sang refluait quelque part au fond de mon être, tout comma la Magie.

Oh, mais je suis consciente des ragots à mon sujet ! Je ne suis pas devenue sourde à ces rumeurs qui s’engouffrent comme des courants d’air dans le palais.

L’on dit que la régente du Grand Maitre est une païenne ! Sa conversion trop récente ne peut garantir sa probité. Comment une païenne ose-t-elle s’immiscer dans les affaires des Mages Chrétiens !...

L’on dit que la régente n’est même pas une Archimage ! Elle est surement une toute jeune mage, à peine une apprentie. Ou peut-être même pas Mage du tout !...

* * *

Mage ou pas, j’applique les édits de Rhys. Ce que je fais me rappelle fortement la gouvernance de Sessrumnir. Après tout, j’étais née pour, éduquée pour : régir un castel et défendre les siens, tel est le devoir premier d’un noble Gascon.

Je sais me battre. Je sais moins gouverner. Le seigneur Lothaire m’aide, ainsi que Frigg, le chat blanc comme neige de Rhys. Définitivement, à Sessrumnir j’étais à la bonne école ! Atrid m’avait beaucoup appris…
Maintenant, je transmets. A ses enfants. Ils sont à Irminsul, avec moi. Ils sont trop jeunes pour appréhender pleinement leur héritage, mais je sais que le temps qui nous est imparti est trop court. Toujours trop court. Et précieux. Alors je leur transmets ce que je peux.

Cela fait sourire les ambassadeurs et les envoyés, que de voir deux enfants jouer avec un chat et un faucon sur les marches d’une salle majestueuse, alors que la régente traite des affaires « sérieuses ». Mais je ne leur en tiens pas rigueur, à ces plénipotentiaires qui me jaugent de leurs regards de Mages.
Et qui ne voient rien en moi, rien que ce que je leur laisse voir : une femme jeune, vêtue à la mode du nord et d’une cape blanche, aux yeux d’un vert terni, et au teint pale, rehaussé d’un sourire que je maintiens enjoliveur, quelle que soient les circonstances.

* * *

Ordre d’Hermes… Les Fondateurs sont en train de s’entretuer ! Verditus a commencé le premier, ouvertement, en assassinant Guernicus. Dans le trio Tremere – Tytalus – Heracles, ajoutons-y le grand prêtre d’Apophys Absalom, qui sera la pierre angulaire qui entrainera les autres à sa chute ?
Et Verditus, quel est son intérêt dans cette tuerie ? Asseoir sa domination ? Cela ne lui est point difficile : face au fer froid, les Mages sont aussi impuissants que les chiots nouveau-nés !

Et pendant que l’Ordre d’Hermes se déchire, le Shaman Céruléen avance. Et les Mages de Diedne s’amassent aux portails.

Faire alliance avec le fer froid contre le Shaman ? Contre Diedne ? Logos contre Age hyperboréen… Tentant ! Mais combien accepterons ne serait-ce qu’une évocation d’une telle alliance contre-nature ?...

Y a-t-il une autre solution ?... Laquelle ?

Nous avions jadis trois armées. L’armée blanche de Rhys. L’armée noire de Tremère. L’armée rouge d’Heracles.
Les troupes de fer froid et la limaille ont massacré l’armée blanche. Ce qui place Tremere et Heracles dans une position de force. Quel sera notre allié ? Avec qui accepterons-nous de nous allier ? Les morts ou les chtoniens ?
Et l’armée de fer froid ?...
Y en a-t-il d’autres ?...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://sites.google.com/site/rosesetsronces/home
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Ambroise, baronne de Marsan, Maison de Gascogne, vassal du Roy Philippe Auguste   

Revenir en haut Aller en bas
 
Ambroise, baronne de Marsan, Maison de Gascogne, vassal du Roy Philippe Auguste
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 5 sur 5Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5
 Sujets similaires
-
» Logiciel dessin maison
» Baliste faite maison
» Gascogne: [RP]la liste noire de la ridicule Grande Prévoté Royale
» Guide d'achat Maison Martell
» [Horde] Vide-grenier de la maison Vertsoleil

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Epiphanie :: Général :: Ars Magica-
Sauter vers: