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 Cadwallon, Prince de Gwynedd

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stan

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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Sam 20 Déc - 0:21

Cent ans. Cent ans que j’arpente ce monde dans un déluge de flammes et d’acier, dans le vacarme assourdissant des batailles et des carnages et qu’ai-je appris ? Ils m’ont appelé maitre de guerre, seigneur, général mais qu’ai-je appris ? Il n’y a que les sots qui pensent qu’on peut apprendre des combats, en réalité on ne gagne jamais contre la mort et la guerre, rien ne peut en naitre, rien ne peut survivre a leur passage, tout se teinte de vermillon avant de sombrer dans l’oubli. Les batailles se succèdent inexorablement, peu importe la victoire ou la défaite, elles se suivent, elles s’appellent, c’est une mer cruelle qui vous attire toujours plus au fond jusqu'à ce que votre regard se trouble, jusqu'à ce qu’elle vous noie. Ma force est ma malédiction, pourquoi les dieux ont-ils jeté leur dévolu sur moi ? pourquoi ont-ils fait de moi leur agent ? La ou tous les autres ont sombré sous les coups, moi je me relève lavé par mon propre sang, par ma propre sueur, cent ans a pataugé dans la boue et les viscères et pourquoi ? Combien de fois j’ai levé les yeux vers le ciel en posant cette question, pourquoi ? Pourquoi m’avoir épargné a Tywyn ou a Llan-non ? Pourquoi m’avoir épargné a Ballon ou a Gloucester ? La lassitude est grande, l’on n’apprend rien des guerres, il n’y a nulle victoire, il n’y a que les remords et les souvenirs, ces visions que l’on aurait aimé oublier. Aujourd’hui tout ceci n’est plus une souffrance, j’ai appris à vivre avec, n’est ce pas pire ? Adréal parlait d’un monstre, n’a-t-il pas conscience de ce qui m’anime, lui le maitre des âmes ? Je n’ai pas peur des dieux car je n’ai pas d’âme, je ne suis que l’acteur d’une chanson de geste qu’ils mettent en scène, alors pourquoi devrais je avoir peur ? La peur, la souffrance, des sentiments que j’inspire, des sentiments que je ressens. Et si je parvenais à me soustraire à mon destin, si j’échappais aux dieux et à leurs jeux, si j’abandonnais ce monde pour vivre ailleurs… « Plantez votre épée et jeté vous dessus » diraient certains. Les choses ne vont pas ainsi. La mort ne vient qu’en temps voulu. Je voulais créer et je n’ai fais que tuer, je voulais être ignorant et j’ai contemplé les mystères de l’univers, nous ne sommes rien si ce n’est des pions de passage.

Les hordes de l’est arrivent et aucune armée ne les arrêtera. Je ne vois que des armées lourdes et incapables de se déplacer ou des hordes de paysans se prenant pour des guerriers. A quoi bon tenter de leur expliquer l’art de la guerre antique ? Non la horde sera comme un mascaret qui ne fera qu’engloutir la bêtise et la superbe de l’occident.
Je combattrais probablement à nouveau, car je serais de tous les combats, c’est ainsi et je sais que je ne mourrai pas tant que les dieux auront besoin de moi. De la même façon que je ne suis pas tombé sous les coups des angles, des saxons, des francs, des sarrasins, des peuples exotiques que j’ai croisé, puisque je n’ai pas été consumé par le feu des démons, je sais que je ne tomberais pas sous l’assaut acharné des mongols.

Je ne suis qu’un rocher posé au milieu de cette mer cruelle qu’est la guerre et tout comme le rocher s’use sous les coups furieux des vagues, je suis corrodé par le spectacle de ces conflagrations incessantes.

Dressé a l’a pic des falaises blanches, je contemple la mer démontée, j’affronte le vent rugissant et ses sylphes hurlantes. Mais sous les vociférations de Kirk résonne encore les mots que j’ai couché sur le papier il y a peu. Je sais que mon temps approche, il n’y a pas de paradis chez nous et il n’y a pas d’enfer. Il n’y a pas de résurrection, d’espoir ou de valhalla. Apres la vie, il n’y a que « Sid », la paix comme l’appellent les irlandais.

Gwydion, toi le mage, toi le rusé, toi le changeur de forme, je sens depuis peu ta présence. Gofannon le forgeron émérite, le brasseur immortel, je sens ta main bienveillante sur mon épaule. Llew Llaw Gyffes je saurais me montrer digne de toi ! Mais lorsque tout sera accompli, si vous consentez à me laisser en vie, allez donc au diable !

Je dérive comme une vague sur l’océan
Je voyage sans but, comme souffle le vent.
Je contemple sans peur l'immensité du vide
Je cherche la porte qui me sépare de Sid.
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Cadwallon, Prince de Gwynedd
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