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 Cadwallon, Prince de Gwynedd

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stan

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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Sam 5 Juil - 0:05

au coeur de la guerre et des brasiers,
cesse d'être un homme,
pour devenir un guerrier.

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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Lun 7 Juil - 17:57

tu ne feras que te dechirer jusqu'a ce que tu acceptes ce que tu es,
tu sais qui tu es... de quoi tu es fait...
tu as la guerre dans le sang, tu n'y peux rien...
tu n'as pas tué pour ta maison, tu as tué pour toi...
dieu n'effacera jamais cela...
lorsqu'on t'y oblige... tuer est aussi facile que respirer...
tenter d'eteindre cette flamme...
ce serait comme d'eteindre un incendie avec de l'alcool...
tu ne peux pas contenir ce brasier...

+++


toutes choses sont issues de la racine de feu... comme un double enfantement, dans la lumiere et les tenebres. L'amour et la haine sont, en toute creature, imbriqués l'un dans l'autre, et l'homme en port eles deux centres en soi. Mais tout homme est libre et il est comme Dieu... Il a le pouvoir de se changer en haine ou en lumiere des cette vie... Au point d'intersection des mondes de lumiere et des mondes de tenebres, l'oeil de l'homme et l'oeil de Dieu croisent leur regard et se fondent en un visionnaire embrasement...


+++


Il n'y a que deux chemins... le oui et le non. Et tout resulte de la guerre de ces deux etats... Il ne peut y avoir de peut etre... car les choses ont pour reponse soit oui soit non, mais le oui et le non sont la meme chose. l'etat ou non d'un chose. Sans cette guerre il n'y aurai que le chaos, le silence.


+++


ce sont les quatre globes de feu qui regissent tout... celui d'en bas est le globe de Vulcain... le suivant est celui de mercure... viennent ensuite les globes de la lune et tout en haut du soleil. Impregne toi de cette chaine... dans l'art elle te mene par la main. le feu elementaire penetre tous les autres, il les lie... les deux suivants sont des dragons qui devorent, activent et transmutent les serpents de leur race... le feu d'en haut... c'est le feu essentiel c'est la creation... sert toi de ces globes... de ces feux... comme d'une echelle pour atteindre la lumiere. chacun de ces globes est comme un pavé sur le chemin de lumiere...
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Lun 7 Juil - 21:39

ton poing, ta lame, ta magie doivent etre les prolongements de ton etre... ne pense pas, ressent. Ne regarde pas, vois. ne pense pas a agir, laisse ton corps le faire... comme un automatisme. le vrai combattant sait prevoir les actions de son adversaire, soit imprevisible et tu seras invincible. Tout n'est qu'affaire d'emotions... vois la lumiere et tu seras brillant, vois le brasier et tu bruleras tout, vois l'ocean et tu emporteras tout... le magie et le combat ne sont que l'expression des emotions... N'oublie pas qu'il n'y a pas qu'une seule emotion... se battre uniquement avec rage n'aurait aucun sens... Si ton adversaire est fort montre toi agile, s'il est agile ne lui laisse aucun repit. si c'est un archer,ecrase lui la main. si c'est un guerrier, brise lui la jambe. si c'est un mage, fracasse lui le crane... tu dois sentir ces choses, ne plus y penser. Tu dois briller dans la bataille comme un astre et tout emporter autour de toi alors seulement tu laisseras la rage derrière toi et tu emmèneras dans ton combat toutes les autres emotions... qu'aurait ete Ménélas sans le courage d'Agamemnon, sans l'invulnerabilité d'Achille, sans la puissance d'Ajax, sans la sagesse de Nestor et sans l'astuce d'Ulysse. Le guerrier doit etre tout ceux la a la fois. Maintenant frappe. Frappe de tout ton coeur. laisse les flammes t'envahir. Laisse la lumiere emplir ton coeur. laisse le brasier prendre vie dans tes mains. Pour celui qui lutte en pleine conscience il n'y a plus de limites, plus d'exploits impossibles. la course legere, la main assurée, le regard vif, maintenant! il faut voir l'infime moment d'hesitation et frapper a cet instant. si tu es capable de voir ce moment alors tu seras parmi les deux ou trois meilleurs combattants du monde.
allé releve toi... reprends ton arme. je connais ta valeur, toi tu ne la connais pas encore.
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Mar 8 Juil - 11:04

cette flamme est comme un souffle... elle est un souffle, le souffle du coeur... jusqu'ou peut elle briller? quelle est son maximum? est ce qu'envahie par ces emotions on peut disparaitre dans la magie? si la magie est emotion... pourquoi pas...
quel est l'eclat de cette flamme qui brule en moi... Oui on choisit si on veut etre de lumiere ou de brasier... je suis le dragon, je suis a la fois lumiere et brasier... la lumiere peut etre brasier et le brasieur peut etre lumiere... Il n'y a qu'une facon de le savoir...

Je m'eclipsais la nuit venu afin de reflechir tranquillement dans le desert. J'avais choisi un endroit paisible, calme. Un endroit ou les gens allaient rarement. je tendais la main et faisait jaillir tranquillement une flamme de ma main. une flamme a l'eclat rose et chaud, agreable. les souvenirs simples du logis... et puis la flamme se fit plus rouge... les passions deferlaient en moi en meme temps que les souvenirs... puis vinrent les souvenirs de batailles. La flamme gonfla et devint immediatement plus dangereuse... quelle furie... le desert s'illumina. je repensais a nos batailles recentes et bientot mon corps entier s'embrasa. Je sus que la flamme venait de s'eveiller... comme les flammes d'un incendie, j'embrasais la nuit noire. c'etait des flammes tortueuses a l'eclat vif et dangereux. Et puis...

et puis j'entendis du bruit plus loin... Il y avait des chevaux c'etait sur... je m'approchais et je vis six hommes s'en prendre a une femme et son enfant...
"chiens!" hurlait je "comment osez vous!"

Je sentis alors de terribles flammes m'envahir. ce n'etait pas des flammes de feu mais des flammes d'or. Je sus a cet instant precis que ce soir la flamme brillerait de tout son eclat... Une lumiere intense m'envahit...

"que vous reste il de conscience? ne respectez vous rien?"

les hommes reculaient et plus ils reculaient plus ma fureur grandissait. et plus ma fureur grandissait et plus je sentais cette lumiere grandir aussi... la lumiere pouvait nous consummer pas pour nous detruire pour faire de nous des etres de lumiere.

a ce moment precis, je ne me rappelle plus de rien. Je sais que mon frere est apparu pres de moi. Nous echangames un signe de tete et la lumiere explosa, illuminant la nuit d'un nouveau soleil. tout fut nimbé d'une lumiere blanche et or. Comme un million de lances, les rayons de lumiere traverserent les six gredins.

Je tombais a genoux. epuisé. le temps de voir la femme et l'enfant sauf. je les sentais qui essayait de tirer ma carcasse. Lorsque je me reveillais j'etais chez eux... je me relevais.

"venez a la verrerie de Cesarée, il y a du travail pour vous."

je quittais la maison. de retour a Césarée les gens parlaient de l'eclat apercu dans le desert... je me gardais bien d'en parler...
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Mer 9 Juil - 19:30

Allons Cadwallon que t'arrive t'il?

Gelert etait agacé

tu les as entendu... ils manigancent. tous leurs plans, toutes leurs intrigues et pour quoi? Je les pensais au dessus de cela...

ne rejette pas tes doutes sur eux... ne les accusent pas d'etre ton ombre.

ah tu ne comprends pas Gelert...

tu l'as dis a Ambroise... le chemin de lumiere est un chemin solitaire.

Je ne le crois pas finalement... chaque action est un pavé de plus. Et si chemin devenait une route?

te prendrais tu pour un saint?

oh tu te moques vilain cabot... et pourtant? Je suis sur que je peux emmener mon frere sur ce chemin, je peux t'emmener toi... et peut etre d'autre...

Et alors quel rapport avec ton attitude?

Il n'y a pas de lumiere dans leurs actes...

y a t'il toujours eu de la lumiere dans tes actes? as tu toujours ete celui que tu es?

tu a pourtant raison... ils sont jeunes ces magiciens... et je ne suis pas encore vieux. Mais je me pose des questions et plus je me pose des questions et plus j'ai l'impression que mes reponses ne s'accordent pas avec le monde.

ce ne sont pas les reponses qui compte ce sont les oreilles qui les ecoutent... tu as des responsabilités tu ne peux pas les abandonner comme ca.

oh je t'en pris Gelert... Arbogast n'a plu rien a apprendre, si ce n'est la magie... Zulvan est un maitre forgeron... Aimeric est encore un bébé. Je veux bien apprendre mon savoir, mais je n'ai pas la patience de supporter leurs magouilles... Eh bien quoi?

Je crois qu'Ambroise a besoin de toi.

ou est elle? dans quoi s'est elle fourrée... mene moi au plus vite aupres d'elle
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Mer 9 Juil - 21:19

Je ne comprends que trop bien maintenant... l'attachement que j'ai pour ces gens, pour ces lieux... Je ne tolererais pas qu'il leur arrive du mal... Je fais le serment sur l'épée que je protegerais cette bibliotheque et ses habitants au prix de l'ultime sacrifice s'il est necessaire...
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Lun 14 Juil - 0:15

l'art ou l'abandon? si tout etait fait? je pourrai me contenter de devenir un dragon moi aussi... Ou simplement rejoindre Flambeau... me noyer dans la magie, me dissoudre dans ce flot... tous ces ordres, tous ces combats... Rhys nous rachetera... alors a quoi bon rester?

un ordre guerrier? un ordre de mage de bataille?

Seigneur Flambeau... comment rependre la rumeur de cet ordre de mages guerriers... et si... et si le lien qu'avait tous ces hommes etaient la flamme. peu importe sa nature...

je fouillais dans la bibliotheque... oui ce rituel sera parfait...

quoi de plus intime que les murmures d'un homme quand la nuit vient... que celui qui souhaite se battre entende ce message dans la flamme... que la lumiere le guide jusqu'a nous... a l'endroit ou le dragon prend son envol, ou les spheres du feu se versent les une dans les autres et que unies elles forment l'echelle. Le chemin de lumiere est pour chacun, pour tous les fils de la flamme... les mages ne doivent plus avoir peur... le secret est notre meilleure couverture pour le moment.

esperons que ce message parvienne a qui de droit... sinon il me suffira de disparaitre dans la magie. La jeunesse est l'avenir... nous sommes deja le passé.
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Lun 14 Juil - 1:07

ils changeront le destin d'un monde mais l'Histoire ne retiendra pas leurs noms... car certains evenements doivent rester cachés... car la verité ne peut etre revelé...

oeuvrons dans l'ombre mes freres... le dragon gardien, le grand ouroboros veille sur ce monde. tant que la magie coulera il sera la...

par la flamme et par le fer, ni pour l'honneur ni pour la gloire mais pour tous ces gens qui ne peuvent pas se defendre. Ils nous craindront. Ils nous traqueront. mais nous serrons invisibles, insaisissables...
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Mar 15 Juil - 20:56

oui il ne fallait pas exister pour survivre... etre invisible ne suffirait pas... Je decidais d'envoyer une lettre a mon tres vieil ami, Conrad le rouge, appelé aussi Conrad, comte d'Ardennes. C'est un des grands maitres de la maison Flambeau. plus vieux que Lionel, c'est un stratege et un savant. Il ne se bat plus a l'epee depuis longtemps. l'a t'il seulement jamais fait? Inutile vu sa stature...

Mon cher Conrad,
ou nous conduira la folie de Lionel? J'ai vu les ravages qu'il a fait a Palmyre... j'ai entendu parler des massacres qu'il a perpetué en Espagne. Tu nous l'as suffisament répété... celui qui commandite, c'est celui qui tiens le couteau. J'ai vu Flambeau... j'ai ouvert quelques portes... et j'ai parlé avec lui. Il m'a parlé d'un ordre appelé les mages guerriers... un ordre qui ne tiendrait pas compte des maisons... A vrai dire aujourd'hui je suis perdu. Je sais que je dois agir mais je sais aussi que nous sommes surveillés. Tu as du entendre parler des evenements a Césarée et ailleurs. Toi qui a un grand age, aide moi je t'en conjure. Crois tu que nous devrions reveiller cet ordre? nous ne pourrons pas agir a la vue de tous. Lionel n'acceptera jamais de former un tel ordre...

tu dois te demander pourquoi aujourd'hui je te parle de tout ca alors que je ne voulais plus de guerre... Eh bien tout me porte a croire que les mages de Diene reviendrons bientot. Je sens aussi l'eglise refermer ses serres sur nous. Bientot nous seront indesirables, nous les mages. A moins que l'eglise parvienne a contraindre la maison Flambeau de vivre par elle... Je ne peux ni ne veux laisser faire cela. Peut etre que Lionel n'a que trop regné.

Tu as toujours ete le plus sage d'entre nous. Le plus modéré mais aussi le plus savant. Tout ce que tu nous as apprit je l'ai transmis mais aujourd'hui je dois t'avouer que je suis perdu.

j'ai reflechis a cet ordre... Je ne tiens pas a former des assassins, je cherche juste a rassembler les mages qui veulent se defendre. Etre une force invisible, une force de defense, capable de faire trembler les plus hautes instances, pas pour le plaisir de les voir trembler, simplement pour leur dire que les mages sont une puissance a prendre en compte.

La magie s'affaiblie de jour en jour il faut faire quelque chose. J'attends tes precieux conseils mon ami. J'espere que tu te portes bien. Comment va cette chere Louise? et ton fils Mauger? j'espere qu'il a put eviter les combats de l'Espagne.

Nimue a été envoyé aux portes de ton pays. Quel enfant formidable! je sais que tu as veillé sur elle et je t'en remercie...

Figure toi que Alan, Yves, Kerdiou, Sampson et Neil sont aujourd'hui en terre sainte! qui aurait cru voir ces gaillards la en terre sainte? il n'y a pas moins saints qu'eux! Mais je sens la main de la fatalité sur eux... Ils sont venu cherchez le pardon. Oui Neithon est mort il y a quelques temps maintenant. J'ai son fils en apprentissage, un brave garcon, courageux, appliqué, intelligent comme son pere. Il ne lui manque que la magie...

Encore une fois j'attends tes precieux conseils.

Cadwallon.


j'envoyais ce courrier grace a un petit sortilege de messager. J'avais la certitude que ce messager ne se perdrait pas en route... Cadwallon mon ami, tu avances en eaux troubles... est ce le contact de tous ces jerbiton qui te donne le gout du complot? prend garde a ne pas te prendre les pieds dans des manigances que tu n'es pas capable de mener... On peut faire confiance a Conrad mais a qui d'autres?...
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Mer 23 Juil - 23:59

Ils voudront savoir, mais je ne pourrais rien leur dire…

Tout a commencé a mon depart de Césarée, quand je me suis embarqué sur une nef Mercere. Un ami de mon cher Conrad devait m’emmener jusqu'à Genes. Accompagné de Rhys et d’Arbogast, nous avons voyagé sous bon vent jusqu'au port lugirien. C’est un peu avant d’arriver que j’ai trouvé un etrange message. Un simple carré de parchemin replié ne comptant qu’un dessin, deux demi spheres. Bien sur le message n’était pas signé.

C’est peu de temps apres avoir accosté que nous nous sommes mit en route. Nous avions decidé de voyager discretement et rapidement.

« Rhys j’aimerais que tu viennes avec nous jusque chez Conrad des Ardennes. C’est un des plus grands amis de notre famille. Je voudrais que tu le rencontres avant de partir a tes etudes. »

« comme il te plaira, Cadwallon. »

Nous avancions rapidement mais plus nous nous dirigions vers les montagnes et plus la population nous semblait hostiles.
« Maitre, pourquoi ces gens se comportent ils ainsi ? »

« les gens craignent ce qu’ils ne comprennent pas mon ami » dit Rhys

‘ « mais… et cette maison mercuriale ? »

« des laquais de l’eglise. »

« ne dit pas ca si fort Rhys… Arbogast, il y a tant de choses que les gens craignent. Ne t’en preoccupe pas… »

C’était en fait tres preoccupant… plus nous avancions et plus j’avais l’impression que cette haine était grandissante. Nous sortions du giron des villes et des villages pour nous lancer dans la rase campagne. Les gens y etaient particulierement malheureux, souvent ecrasés par des seigneurs feineants… Ils n’avaient pas envie de voir arriver des sorciers et des betes du diable. Le chemin était long, il fallait remonter le rhone entre autre, aussi avons-nous decidé de prendre le bateau.

« mon oncle, que devrais je faire une fois a paris ? » me dit Rhys.

« eh bien… tu y vas pour etudier non ? »

« bien sur mais nous avions parlé d’une autre… mission… »

« nous ne pouvons pas nous dresser seul face a des forces qui nous depassent. Je prefere demander conseils… »

« c’est une sage decision… au fait j’ai trouvé ce parchemin dans mes effets… est ce vous qui l’y avez mit ? »

Deux demi spheres…

« non… »

« oh ! cela doit être une etiquette de marchandise sans doute… »

Oui il était vraiment temps que nous arrivions dans les Ardennes. Nous arrivames a la fin de l’été. Le château de Conrad était comme dans mes souvenirs. Immense, posé sur sa colline. On eu dit que cette forteresse avait été batie pour des geants. Il m’avait toujours parut etrange que cette forteresse ressembla tant a notre forteresse d’Abberffraw.
C’est Conrad lui-même qui vint nous accueillir. Mon dieu qu’il avait changé. Il était toujours aussi grand mais son corps semblait s’être tassé. Une barbe grise devorait ses joues et ses cheveux étaient plus disparate qu’avant. Mais ses yeux possedaient toujours cet eclat et ses mains ne tremblerent nullement quand je le serais contre mon cœur.

« Conrad mon vieil ami ! que ca fait longtemps ! »

« Cadwallon… on a dit tellement de choses sur toi … j’ai toujours su que tu n’etais pas mort ! »

« on ne tue pas un chien aussi facilement ! Mais laisse moi te presenter Rhys mon neveu … »

« le fils de Maelgwn ? »

Conrad s’approcha de Rhys. Comme il l’avait fait avec moi a son age, il sembla sonder son ame et son cœur. Puis un sourire s’esquissa et il posa sa main sur son epaule.

« ravi de te rencontrer jeune seigneur… Je retrouve bien chez toi la stature des Gwynedd, le regard de ton père et la grace de ta mere… »

Conrad se tourna un instant vers moi… Conrad savait mais pas Rhys. Et c’était aussi bien.

« vous connaissez ma mere seigneur Conrad ? »

« ahah, je suis un grand ami de la famille Gwynedd… je dois bien être le seul ! »

Nous eclatames tous de rire. Qu’il était bon apres ce trajet de se retrouver ici. Parmi les siens.

« je voudrais aussi te presenter mon apprenti, Arbogast. C’est le fils de Neithon »

« aaaah le pauvre Neithon, j’ai appris trop tard sa maladie… j’etais en Espagne a ce moment la. »

Conrad posa alors ses yeux sur Arbogast. Une fois encore il parut le sonder au plus profond de son être. Conrad avait toujours été ainsi. C’était un homme a qui on ne pouvait rien cacher. Etait ce un don de dieu ou du diable ? impossible a dire… Conrad était un stratege, un connaisseur du cœur des hommes mais aussi de leur esprit. Je l’ai déjà vu humilier Lionel dans un duel de strategie. Celui-ci lui en a toujours voulu… Lionel est une brute, un imbecile qui aimait s’entourer d’imbecile. Conrad est le seul qui avait vu en nous… en moi… autre chose qu’une brute. Lionel n’a jamais supporté cette tentative de prise de pouvoir et Conrad a payé cent fois le prix de son audace. Un jour Lionel a chargé Tobias, le fils de Conrad, d’une mission. Une mission suicidaire… Il n’est jamais revenu. Beaucoup ont speculé sur ce qui lui était arrivé…
Mais je suis sur que Conrad sait ce qu’il s’est passé, on peut le voir quand il regarde Lionel.

C’est Conrad qui brisa mes reflexions.

« la encore, je vois l’heritier d’un chevalier mage que j’ai aimé. Mais… tu ne me sembles pas mage. »

« non monseigneur » dit Arbogast en baissant les yeux « je n’ai pas herité du don. Ni moi ni mon frere. »

« allons ce n’est pas grave mon garcon. Si Cadwallon t’as prit comme apprenti c’est que tu dois être talentueux »

« c’est vrai que je sais bien m’entourer » dis je en fanfaronnant

« Je dirais plutôt que si il a put te supporter c’est qu’il est forcement talentueux ! »

Une nouvelle fois nous riames tous a gorge deployées. Conrad nous fit rentrer dans son château. L’endroit était agreable, aménagé avec gout. Nous avons diné et les garcons ont finit par monter, epuisé de leur voyage. Il ne restait bientôt plus que moi et mon vieil ami, assis devant l’atre.

« bien Cadwallon… et si tu me disais pourquoi tu es venu ? »

Je me tournais vers lui, levant le sourcil. Y avait il eu des fuites ?

« ne soit pas si etonné. Tu t’es lancé dans un long voyage j’imagine que ce n’est pas seulement pour voir ta fille. Tu as fait un long detour pour venir jusqu’ici. Pourquoi ? »

« on ne peut rien te cacher n’est ce pas… eh bien il y a trop de rumeurs, trop de choses qui semblent dire que les mages sont en danger. La maison mercuriale ne fera rien bien au contraire. L’eglise veut nous chasser… et tu connais le fanatisme de Lionel, il se rangera aux cotés de l’eglise pour continuer de survivre. »

« que peut on faire lorsque les hommes ne veulent plus croire en la magie ? le monde veut croire en un dieu. On ne peut rien y faire. »

« enfin il doit bien y avoir quelque chose a faire ! on peut refuser de croire au soleil et pourtant il est bien la ! la magie est la, elle existe, elle est la clef de voute… la magie c’est l’emotion on ne peut pas la tuer !  nous pouvons exister, nous pouvons survivre. Nous devons simplement montrer que nous sommes utiles. »

« a quoi serais tu prêt pour faire vivre ton ideal ? »

Je sentais a ce moment ce regard… ce regard qui allait savoir dans l’instant si je mentais ou pas.
« a n’importe quoi… »

« tu mens. Je le vois dans ton regard, dans ton être. Tu as changé. »

« oui j’ai changé mais… »

« Cadwallon… decide toi. Mais tant que tu n’auras pas choisi entre la violence ou la paix tu ne feras que te dechirer. Je vois que tu as l’air d’avoir trouvé la paix. Accepte la, c’est tout ce que je te souhaite. Mieux que quiconque tu sauras te fondre dans la masse parce que tu sais vivre sans magie. »
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Jeu 24 Juil - 0:03

Je le regardais droit dans les yeux. Il était sincere. Pourtant je sentais quelque chose… de la deception peut être ?

« il est tard et je n’ai plus ta vigueur mon ami » me dit il en se levant.

« juste une chose Conrad. Est-ce que ceci te dit quelque chose ? »

Je lui montrais le morceau de parchemin aux deux demi spheres. Il la regarda longtemps. Etait ce a cause de l’autre mais son regard sembla s’embraser. Son silence sembla durer des heures.

«hum... »

« qu'est ce que c'est Conrad ? je vois que tu le sais »

Conrad sembla puiser au fond de sa mémoire, comme si il faisait appel a de tres vieux souvenirs. Profondement enfouis.

« La magie a toujours existé. Avant les fondateurs des maisons. Lorsque les fondateurs des maisons s’edifierent comme tel, ils etaient déjà entouré de disciples. Certains disciples ne tarderent pas a prendre le contrôle. D’autres disparurent ne voulant obeir a aucune regles… Ils ont toujours été la. Dans les tenebres… »

« des assassins ? »

« non, pas seulement. Mais je ne peux rien te dire de plus. Si tu as recu ce message c’est qu’ils veulent te voir. »

« des espions… des assassins… encore une fois. »

« aller ne te tourmente pas Cadwallon. Demain, tu devras dire au revoir a ton neveu. C’est un bon garcon, je suis sur qu’il sera parfait pour la mission que tu lui destines. Et nous, nous irons voir quelqu’un qui veut te voir ? »

« qui veut me voir ? nous avons pourtant voyagé inconito… »

« a vrai dire ils sont deux. L’un vit a Wurzburg et l’autre au cœur de la foret. Mais tu verras. »

Nous nous separerent sur ces quelques mots. La nuit fut agitée. Je me sentais assailli d’images et de souvenirs… des hommes vetus de capuches cachants leurs trais. Des armes etranges…

Et puis enfin le matin est arrivé. Rhys s’était levé de bonne heure. Il se dirigea vers moi aussitôt qu’il me vit dans la cour.

« Cadwallon, mon oncle, que veux tu que je fasse. »

« je voudrais que tu fasses ce que tu fais le mieux. Travailler et te lier d’amitie avec des gens comme toi. Tu dois le savoir, l’eglise cherche a nuire aux mages. Ce que tu ferras tu devras le faire avec discretion. Je compte sur les enseignements d’Ambroise pour ca. Je sais que tu y arriveras. Nous sommes déjà si fier de toi Rhys. » dis je avec un leger sanglot.

« Merci » dit il baissant les yeux pour cacher ses larmes.

« allons de quoi avons-nous l’air ? on dirait deux bonnes femmes. Je vais t’apprendre un petit tour… garde le dans ta tete pour toujours ! si jamais il t’arrive un probleme utilise le et je viendrais te chercher aussi vite qu’il sera possible. Nous devons être dans l’ombre dorenavant. Mieux nous ne devons rien faire. Ce qui n’existe pas ne peut attirer le courroux de personne. Lorsque le moment sera venu tu le sauras. Je repasserais dans quelques mois a Paris pour voir ou tu en es. Maintenant va mon garcon et n’oublie pas d’être prudent. »

Je regardais Rhys monter sur son cheval. Mon dieu, qu’il ressemblait a Maelgwn… Je le regardais s’eloigner dans le soleil naissant quand Conrad me tira des mes contemplations.

« il te ressemble beaucoup… »

« c’est le fils de Maelgwn, Conrad. Il ne doit pas en être autrement. »

Les heures qui suivirent furent riches d’explications. Je racontais comment j’etais devenu verrier et comment la magie et les emotions s’harmonisait.

« … et pas seulement pour le verre ! la magie est l’emotion, sitot qu’on ressent quelque chose on entre en resonnance avec la magie et sitot qu’on utilise la magie on peut utiliser ses emotions. »

Conrad ecoutait tout cela avec interet. Je lui montrais comment changer la couleur du verre, comment renforcer un sort.
« tres impressionnant… et tres dangereux. Ce n’est vraiment pas dogmatique. »

« non je le sais. Notre alliance a Césarée est surveillée de pres… a cause de cela entre autre. »

« oh oui, elle est fameuse cette alliance. Et au cœur des debats. Le tribunal du levant est moribond. Avec la chute de Constantinople il ne reste guere que les alliances en terre sainte. Et on ne peut pas dire qu’elles soient d’un poids incroyable. »

« je le sais ben helas… mais le tribunal de thebes était notre allier le plus direct quoi faire ? »

« tu sais Cadwallon, ces temps ci, les relations entre le pape et le saint empereur ne sont pas au beau fixe. M’est avis que le bon empereur ne serait pas contre le fait de voir fleurir un tribunal dans son empire. »
« oui mais historiquement… »

« quoi historiquement ? le tombeau de charlemagne n’est il pas asser important ? ou celui de Clovis ? et que fais tu de ces caerns au sud de l’empire ? le saint empire n’est pas moins magique que le reste de la chretienté. Bien au contraire… »
« alors que proposes tu Conrad ? »

« il y a a Wurzburg actuellement un chevalier. Il s’appelle Hermann von Salza. On le dit tres ecouté dans le saint empire. Celui-ci est encore en proie au chaos mais nous avons le temps. Tache de convaincre von Salza des bien faits de ton entreprise et il est sur qu’il la soutiendra. Fait le jeu de la politique… Il n’y a plus d’empereur et les deux familles se disputent le trone. »

« nous ne sommes pas une force suffisante… »

« Tu ne vois encore que la force militaire… Mais la force peut être politique ! Hermann est un chevalier en vue, il fait parti de l’ordre des chevaliers teutoniques. Aujourd’hui le maitre Otto von Kerpen est en terre sainte ou il tente de garder son ordre loin des hospitaliers et des templiers. Hermann est son representant au saint empire. Toi-même tu viens de Terre sainte ou tu t’es battu a la croix du sud. Voila de quoi vous faire bien voir du grand maitre. »
« oui mais nous sommes dans une ville d’hospitalier… »

« justement fait l’intermediaire. Je ne vois pas comment lutter contre Rome sinon… »

Le reste de la journée s’ecoula lentement. Je montrais a Arbogast toutes les merveilles des ardennes. Le lendemain, nous primes la route en direction de Wurzburg. Il y avait la un château qui avait été le lieu d’une terrible bataille. Mais le château avait survecu. L’endroit était etrange et magnifique a la fois. Le château semblait tout droit sorti des reves. Ses murailles etrangement blanches ne semblaient pas faites pour la guerre… et pourtant. Il se dressait, orgueilleusement, sur une colline pentue. Les murs couvert d’enduits multicolores transformaient la ville en un veritable arc en ciel. C’était une petite ville bourgeoise qui profitaient de son excellente place au croisement de deux axes importants. C’est sans tarder que nous nous rendimes au château ou nous nous fimes annoncer. Le château grouillait litteralement de chevaliers a la livrée blanche à croix noire. On nous amena jusqu'à la salle ou travaillait Hermann von Salza. C’est Conrad qui prit la parole.

« Monseigneur, je suis Conrad, duc des Ardennes et voici mon ami Cadwallon, prince de Gwynedd »

Le chevalier leva alors les yeux de ses cartes. Je pu apercevoir un regard plein d’intelligence. L’homme était massif, rablé et malgré son jeune age, une importante barbe avait envahi ses joues. Il posa son regard sur moi.

« Gwynedd ?... ce nom me dit quelque chose… Il y a une jeune dame Gwynedd au nord. Elle negocie avec les barbares vikings. Est-ce de votre parenté ? »

« C’est ma fille. »

« eh bien ! j’en connais plus d’un qui echangerait tous leurs fils contre votre fille »

« et ce ne serait pas encore assez pour egaler sa valeur ! »

Hermann von Salza esquissa un sourire. Il se dirigea vers nous pour nous serrer la main. Puis il nous invita a nous asseoir. Il fit servir un delicieux vin de Bade qu’on fabriquait dans la region. C’était un vin rouge leger, assez sucré et delicatement petillant. Quand nous eumes trinqué, Hermann von Salza se redressa dans son siege.

« dites moi seigneur Cadwallon… n’est ce pas vous qui faites ces vitraux dont on parle en Italie ? j’ai entendu dire que Venise en avait recu plusieurs exemplaires. Que depuis, Genes essayait de s’en procurer aussi. »

« J’ai offert ces vitraux a l’epoux d’un mage de mon alliance en effet. Si ces vitraux vous plaisent je pourrais vous en faire parvenir egalement. J’ai entendu dire que les vitraux de votre region était fort beaux aussi. » dis je
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Jeu 24 Juil - 0:06

« fort beau oui, mais pas autant que les votre. Ainsi donc la magie y est pour quelque chose… Mais dites moi, vous n’etes pas seulement venu me voir pour les vitraux. » questionna von Salza

« non en effet. Les mages sont en tres mauvaise posture ces temps ci. L’eglise aimerait nous faire taire et tous les ordres combattants semblent aller dans ce sens… du moins tous les ordres affiliés au vatican. Nous ne trouvons plus d’alliers autour de la mediterranée… » dis je

« aussi vous etes vous dit que vous pourriez venir me voir pour demander mon aide. Mes seigneurs, j’ai bien peur que le saint empire ne soit la proie du chaos… Nous n’avons pas encore d’empereur, la guerre de succession fait rage et pendant ce temps les electeurs s’engraissent… » dit von Salza, blasé.

« Je suis bien renseigné sur la guerre de succession qui a lieu au saint empire, je sais aussi que vous manquerez bientôt d’argent pour continuer a soudoyer les comtes electeurs… Si il y a une chose dont ne manque pas l’eglise, c’est d’argent. Votre parti risque de s’y perdre. » dit alors Conrad « ce que nous vous offrons c’est un poids supplementaire, c’est un combat a armes egales avec Rome. »

« c’est meme eventuellement la possibilité de faire tomber la terre sainte dans le giron du saint empire. Si a rome le tribunal d’hermes est aux bottes du vatican, en terre sainte nous jouissons d’une certaine liberté. De plus nous connaissons bien la terre sainte aujourd’hui et nous avons de tres bonnes relations avec les sarrasins. Le pape finira bien par declarer une nouvelle croisade et ce jour la votre ordre pourra compter sur des chevaliers mages pour faire pencher la balance en sa faveur… » dis je alors avec assurance.

« bien. J’ai entendu vos propositions. Je vais en parler autour de moi. Je n’ai pas le pouvoir de decider et ce genre de decision peuvent être longue a venir. Mais j’en parlerais ne vous en faites pas. Aujourd’hui, notre faction est trop affaiblie. Ne dit on pas que l’ennemi de mon ennemi est mon ami ? » lacha von Salza.

« je vous remercie d’en parler. J’attendrais une reponse de votre part. Nous sommes des mages, nous avons du temps. »

« Je resterais a votre disposition seigneur von Salza. Il me semble inutile de vous dire que cet echange et la teneur de nos discussions doivent rester secretes… » dit alors Conrad.

« c’est evident. A l’occasion prince, allez donc voir le grand maitre teutonique a Acre. Il sera rapidement mit au courant de ce que nous venons de dire. » conclut Hermann von Salza avant de nous econduire.

C’est un peu triste que nous quitames les murs de cette magnifique cité. Nous chevauchames plus au sud pendant une journée. La vegetation se faisait plus dense et les chemins etaient moins dessinés.

« mais enfin Conrad ou m’emmenes tu ? »

« tu verras… » dit Conrad en souriant.

Nous passames une journée de plus a nous enfoncer dans les entrailles de cette foret qu’on appelait la foret noire. A vrai dire, aucune foret n’avait mieux porter ce nom. Elle était sombre et sinistre. La lumiere n’y rentrait qu’a peine. La noirceur des epines des pins faisait echo aux sombres teintes vertes de la vegetation au sol. Par endroit des taches de bruyeres et d’ajoncs semblaient eclaircir ce sombre tableau sans jamais parvenir a l’egayer. Apres une demi journée de chevauchée, le chemin était tellement accidenté que nous dumes mettre pied a terre et continuer en marchant. Finalement, Conrad se tourna vers moi.

« tu vois cet caverne ? rentres y. »

« quoi ? »

« rentres y ! de quoi a tu peurs ? »

Je m’avancais dans la caverne. A quelque metres devant je sentis une forte odeur de bete et de souffre.

« entre ! » gronda une voix a l’interieur.

Je rentrais dans la caverne. Je connaissais ces voix rocailleuses…
Je n’eu qu’a marcher quelques minutes avant de trouver la bete avachie.

« alors c’est toi le Cadwallon ! pas si grand que ca finalement… »

La bete était noire et osseuse. Ses grandes ailes se perdaient dans la voute et ses yeux d’or était comme deux plats.

« je suis Schwarzwald, le dragon de la foret noire. Je suis contente que Conrad t’ais amené jusqu’ici. »

« que puis je faire pour vous Schwarzwald ? » dis je alors.

« tu es le dernier dragon, ou un des derniers… Je sens que mon heure arrive. Je veux que tu veilles sur quelque chose pour moi. Si tu es un dragon cela ne devrait poser aucun problemes. C’est mon plus beau tresor… »

Alors la creature me tendit un œuf. Un œuf noir veiné de bleu. Je regardais Schwarzwald avec etonnement.

« c’est mon œuf. Il éclora bientôt… ce n’est pas un dragon qu’il y a dedans… c’est autre chose. Il y a longtemps je me suis éprise d’un homme. Un chevalier. Je me suis changé en femme pour le seduire. nous nous sommes aimés éperdument mais lorsque je lui ai révélé qui j’etais il s’est donné la mort. Je n’ai pas eu le courage de couver cet œuf a son terme tant le chagrin qui me rongeait était grand. J’ai vu ton eclat, j’ai vu ta flamme, je sais que tu aimes les enfants. Prend le. Garde le. Cheri le. En echange ton chevalier blanc et noir recevra tout l’or dont il a besoin pour ses campagnes et sa politique. Prends soin de mon enfant et je ferais en sorte que ceux qui me servent te servent. »

« j’en prendrais grand soin ne vous en faites pas. » dis je alors simplement.

« Cadwallon, tu as bien merité ta place parmi les dragons. Tu connais certaines portes, il te serait si simple de nous rejoindre et de laisser ce monde vide de magie ou tu n’as plus ta place. »

« ce n’est pas si simple. Oui je suis un dragon et je suis aussi un homme. Je dois veiller sur les miens. Je ne peux pas m’enfuir. c’est pour eux que je suis venu si loin. »

« je comprends… peut être que tu as le visage des dragons d’aujourd’hui… a vrai dire j’en suis sure. Prend garde a toi. Tu te feras des ennemis puissants. Mais la foret noire sera toujours un havre pour toi. Il n’est pas encore dit que les dragons auront peur des hommes ! maintenant laisse moi, prends mon enfant, veille sur lui. Il est temps pour moi de me rendormir. »

Serrant l’œuf dans mes bras, je vis le dragon se changer en pierre sous mes yeux. Je sortais de la caverne un nouvel enfant dans les bras. Conrad me regarda avancer. Il souriait.

« en verité elle ne pouvait pas choisir un meilleur père… tes deux enfants sont des gens biens »

« Conrad, encore une fois, je n’ai qu’une fille. » dis je sinistre.

Le retour se fit dans le silence. Je repensais a ce que m’avait dit le dragon. Et si ce monde refusait vraiment la magie. Et s’il nous était impossible de faire autrement ? la magie ne pouvait mourir. Elle était l’essence du monde, j’avais vu ces cours aller d’un monde a l’autre. Cela vaut le coup de se battre pour tout ca. Certains hommes sont destinés au paradis, d’autres a l’enfer. D’autres a la magie. L’homme est libre, l’amour et la haine sont, en toute creature, imbriqués l'un dans l'autre, et l'homme en porte les deux centres en soi. Mais tout homme est libre et il est comme Dieu... Il a le pouvoir de se changer en haine ou en lumiere des cette vie... Au point d'intersection des mondes de lumiere et des mondes de tenebres, l'oeil de l'homme et l'oeil de Dieu croisent leur regard et se fondent en un visionnaire embrasement... le libre arbitre. Le droit de croire ou non, le droit de choisir une chemin. Cadwallon, ton chemin est tout tracé. Trouve la justice dans tes actes et ils ne seront pas vils.

« a quoi penses tu ? » me demanda Conrad

« a la politique mon ami. A ce que je dois faire. Dois je seulement le faire ? »

« c’est celui qui sait qui doit agir Cadwallon. Tu as commencé vas-tu reculer ? »

« j’ai parfois l’impression de lutter seul »

« parce que c’est ce que tu fais. Mais le moment venu tu sauras guider ceux qui te suivrons. Autrefois c’était ton frere qui commandait mais c’est toi que les hommes suivaient. »

« au fait ou nous conduis tu Conrad ? »

« ne pose pas de question. »

« mais… »

« alors quoi ! ne sais tu donc plus que parler ? toi a qui il fallait arracher les mots de la bouche autrefois ! suis moi sans poser de question. Nous allons voir quelqu’un d’autres. Et nous avons plusieurs jours de voyages. »
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Ven 25 Juil - 23:01

La traversée du saint empire était longue et penible. Le mauvais temps avait prit part au voyage et rendait notre progression plus difficile. Conrad se faisait de plus en plus taiseux. Nous parlions peu a vrai dire… Ce voyage me rappelait un voyage que nous avions fait dans les flandres. Une histoire sinistre, un massacre effroyable… Je me rappelle encore de la cruauté dont j’avais fait preuve lors de cette campagne. Je crois que c’est a ce moment que j’ai basculé. Et pourtant tout cela semble si lointain, comme faisant parti d’une autre vie. Les assassins parvenaient a se convaincre qu’ils n’avaient rien fait. Ils pouvaient retrouver le sommeil et vivre en paix. Ils arrivaient a retirer le sang sur leurs mains, cette odeur ferreuse qui colle a la peau. Les Flandres… je me rappelle de ce seigneur qui m’avait tenu tete. « soumets toi » avais je dis. Il avait toujours refusé. Meme apres qu’on eu brisé ses os, meme apres qu’on eu tué sa famille devant ses yeux, meme lorsqu’il brulé vif… jamais il ne baissa les yeux. Quelque chose a defendre…

Mais cette fois nous n’etions pas en Flandres. Nous avancions vers l’est. L’endroit était vallonné et verdoyant. Splendide. La pluie ne retirait rien a la majesté des lieux. Nous fimes une halte dans une petite cité nommée Erfurt. Nous nous arretames dans une auberge aux murs jaunes. On y sentait la bonne odeur de la viande qui cuit. Fatigués, trempés, nous nous mimes a l’abri.

« c’est une belle region que vous avez la ! » dis je a l’aubergiste.

« ah ca ! on dit que dieu est descendu sur terre pour l’embrasser et qu’a l’endroit ou ses levres se sont posées, est né la Thuringe ! » dit fierement l’aubergiste avant de partir hilare.

Je regardais Conrad manger son plat de viande en sauce. Il ne parlait plus. Il semblait tourmenté.

« la Thuringe ? c’est bien loin de chez toi. »

« les distances ne valent rien… le temps, l’espace, sont des concepts. Tu m’as dis que tu parlais avec ton frere et pourtant il semble coincé dans un autre monde ailleurs. La magie est un lien sacré qui relie les choses. Pas de dieu ou de diable la dedans… »

Il avait insisté sur la derniere phrase.

« il n’y a ni homme bon ni homme mauvais, il n’y a que leurs choix qui le sont. Que tu crois en dieu ou en autre chose cela ne fait aucune importance… ce qui compte c’est la liberté de faire des choix. Le droit d’etre un ange ou un demon. »

« j’ai été suffisament demon… »

Conrad me regarda avec affection. Ses yeux un peu delavés semblait briller d’une affection paternelle. Quel age pouvait il bien avoir… si j’avais 60 ans et que j’en faisais 30, avait il 90 ans ? 100 ans ?

« quel age as-tu Conrad ? »

« j’ai arreté de compter. Je n’ai trouvé aucun reconfort la dedans. J’ai vu des etres chers, non mages, disparaitrent comme j’ai vu des mages tomber. Au final je n’ai vu aucune difference la dedans.»

L’espace d’un instant, j’eu l’impression de nous voir tel que nous etions reellement… deux vieux hommes. L’elixir était il vraiment une benediction ? n’était ce pas la raison de la jalousie des profanes ? Voyant que ces reflexions nous conduiraient a une certaine melancolie, je decidais de changer de sujet.

« tu sais Conrad il y a plusieurs nuits que j’ai un reve… je vois une plaque d’acier enchanté, je vois une lame magique en sortir. Mais pas seulement… je vois les possiblités incroyables de cet acier enchanté ! »

« et comment reussiras tu ce prodige ? »

« peu importe… j’y arriverais. Il me tarde de pouvoir travailler sur ce projet ! combien de jours de voyage avons-nous encore ? »

« nous arriverons demain. »

La soirée devait s’ecouler tranquillement. Je ne parvenais pas a dormir tant je pensais a cet acier particulier… y meler la virtue pour que le mage puisse utiliser cet infime courant magique pour en faire une lame, une voile, une toiture… qui sait… Et si il n’y avait plus besoin de verre pour faire un vitrail ? une scene animée de magie au milieu d’une toile d’acier… oui tant de choses…

Le lendemain nous nous mettions en route. Le soleil était revenu et je decouvrais pour la premiere fois les veritables couleurs de ce cœur vert. Nous avancames d’un bon pas tout au long de la journée. Nous avions suivi la route pendant quelques heures avant de la laisser derriere nous. A present nous arpentions un chemin sans direction qui serpentait au milieu de la forêt. Nous avancions depuis quelques heures déjà quand j’eu la desagreable intuition que nous etions perdu… l’impression que les bois se refermaient derriere nous et que le chemin disparaissait sous les sabots de nos chevaux. Les animaux etaient silencieux, pas un oiseau ne chantait… etrange.

« tu nous a perdu Conrad ? »

En guise de reponse celui-ci leva le doigt en direction d’une clairiere. Elle était la, comme un havre au milieu de cette mer sylvestre. Au milieu se dressait un caern couvert de pelouse. L’espace d’un instant, je me sentis bizarre… une etrange sensation… une sensation que j’avais déjà ressenti sur l’ile atlante. Cette « odeur », a defaut de l’appeler autrement, de magie ancienne. De magie primitive mais pas sauvage. Plus nous avancions vers le caern et plus la magie se faisait forte. Elle était meme entêtante lorsqu’on était aux abords de la construction. Conrad fit stopper son cheval.

« rentre de ce caern »

A son regard je sus que je ne devais pas discuter plus. Je descendais de mon cheval et j’avancais dans le caern. J’en avais visité enfant, c’était de vieilles constructions de pierres. Les parois etrangements sculptés des couloirs m’avaient toujours hypnotisé. Mais jusqu'à présent ces murs étaient sombres et devorés par les moisissures. En rentrant sous le tumulus, je vis les murs eclatants, les arabesques s’eclairer a mon passage, scintillantes de magie. L’endroit était haut et magnifique. J’avancais dans l’etroit couloir avant de deboucher dans une grande piece ronde. Quelques torcheres brulaient d’un feu magique etrange tantot vert tantot bleu. Sortirent alors de l’ombre des hommes. Impossible de voir leur visage a cause des capuches qu’ils portaient… en fait ils avaient les yeux obstrués par une etrange cagoule. Une cagoule portant deux demi spheres…

« alors… tu es venu. » dit une voix ancienne.

« oui. On m’a conduit a vous. Que me voulez vous ? »

« nous ne te voulons rien de mauvais frere. En vérité, c’est toi qui est venu jusqu'à nous. Tu aurais pu faire demi tour mais non. »

La voix était ancienne et pourtant je ne distinguais personne d’ancien dans le groupe… des maquillages ou de puissantes illusions devaient les couvrir.

« nous sommes une fraternité tres ancienne. Aussi ancienne que la magie. Nous n’avons pas de nom parce que nous n’existons pas… nous avons été fondé lorsque les maisons ont été fondé. Nous avons refusé l’obeissance. Nous jouons dans l’ombre depuis des ages… Mais depuis peu nous savons la magie menacée… nous avons eu des presages… funestes. Venant tant des mages que des pretres… l’age de l’homme ne sera guere mieux… Mais aujourd’hui nous ne pouvons plus nous contenter d’être dans l’ombre. Nous devons agir et frapper. »

« comme des assassins… »

« non. Les assassins ont révélé leur existence au monde… a tord. Nous avons longtemps lutté dans le meme camp. Mais ils ont voulu agir trop vite. Mais aujourd’hui nous avons besoin de toi mon frere ? »
« besoin de moi ? pour quoi faire ? »

« nous defendons le libre arbitre. On appelle parfois notre ordre, les plateaux. Nous sommes comme les plateaux d’une balance, nous pensons que l’homme peut peser le pour et le contre et que jusqu'à la fin il peut choisir. Nous t’observons depuis longtemps. Tu as fait tes choix. Des choix extremes. Tu sais ce que c’est. Tu as utilisé ton libre arbitre pour trouver la redemption apres avoir choisit de rependre le chaos. Pour toi il n’y a ni dieu, ni diable… Nous pensons tous comme toi. Comme je te l’ai dis nous avons joué dans l’ombre, manipulant, manigançant des plans sur plusieurs generations… Aujourd’hui nous avons besoin de retrouver notre bras armé. Il y en a un parmi nous qui t’as choisi. Les autres te decouvrent sans te voir. Accepterais tu de devenir ce bras armé ? accepterais tu de nous rejoindre pour devenir cette ceinture invisible qui protegera la magie et l’humanité de l’obscurantisme et de la tyrannie ?... »

« combien etes vous ? il faut une armée pour ce projet ! »

« nous sommes une armée… invisible. Les membres ne se connaissent pas tous entre eux, certains n’ont meme pas conscience d’en être. Nous voulons que vous meniez nos hommes. Ils ne vous connaitrons pas. Nous communiquons par glyphes. Ils sauront trouver les symboles que vous laissez. Ils sauront remonter la piste. Devenez nos espions, devenez nos assassins. Dans le secret. Vous savez vous battre comme personne. C’est de vous que nous avons besoin. Bien sur vous etes libre de refuser… et vous pourrez partir. »

J’etais la au milieu de ces hommes… les mots de celui qui avait parlé resonnaient dans ma tete… le libre arbitre… defendre la liberté, la magie. Je n’avais pas d’armée, je ne pouvais pas agir seul.

« pourrai je choisir des membres ? »

« tu le pourras et nous t’en enverrons d’autres. Nous savons que tu reves de ramener l’ordre des chevaliers mages. Nous t’offrons de faire naitre un ordre secret, non plus de chevaliers, mais de combattants. Tu le sais toi-même, le temps des chevaliers touche a sa fin… n'oublie pas: le silence est d'or. Nous n'existons pas. »

« c’est entendu… je serais votre homme. »

« non pas notre homme, tu seras un des defenseurs du libre arbitre tout comme nous. Approche toi de l’orbe et apprends nos secrets. »

Je vis alors une orbe sortir du sol. Elle luisait de ce meme eclat que les flammes. Je m’approchais et posais mes mains dessus. Je vis le savoir de la fraternité defiler. La fraternité de l’œil aveugle, la fraternité des plateaux… tant de nom pour parler du vide, du neant. Je voyais les glyphes secretes et bien d’autres secrets encore. Et je perdis connaissance. Lorsque je me reveillais j’etais dans la clairiere mais le caern n’était plus la. Conrad sorti des bois.

« te voila revenu ? »

« oui… je crois… » bafouillais je… « est ce que tu… »

Conrad mit un doigt sur sa bouche, me faisant signe de me taire.

« nous ne pouvons pas parler de cela. »

Je me redressais sur un bras, battant des paupieres comme une chouette mal reveillée… j'entendais resonner dans ma tete les mots du mage du caern: "nous n'existons pas...". Petit a petit les souvenirs finissaient par s'estomper. Moins qu'un savoir c'etait un instinct quelque chose de graver en moi comme marcher ou respirer. avant d'avoir fini de me lever, ce souvenir n'en etait plus un, mes gestes etaient inconscient.

« quel est notre programme ? » dis je enfin.

« que dirais tu de partir au nord voir ta fille ? »

« oui partons de cette foret enchantée. Il me tarde de la voir. »

« on dit le plus grand bien d’elle… »

« evidemment c’est ma fille ! »
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Dim 27 Juil - 13:08

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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Sam 2 Aoû - 12:48

mon cher Ambrosius,

vous le savez la fatwa lancé par le calife vous met dans une situation compliquée. J'ai revé de quelque chose. Vous connaissez sans doute le mythe juif du golem. Et si nous faisions des armures de metal animé? Je ne sais si vous pourrez les animer par la magie ou par des mecaniques subtiles mais je vous fournirais les armures de metal.
reflechissez a ce que vous pouvez faire et contactez moi.

C.
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MessageSujet: [Hors partie]   Lun 4 Aoû - 1:53

[ Evrard t'a parlé de ce qu'il avait affronté dans l'île du Pharos, avec les autres, Zacharias, mais aussi une créature de métal animée et combattante, la Virgo, qui aurait été créée par une mage Verditius (il connait le rayon, ça va!). Et qu'Ancelin en a récupéré un morceau, la tête. Et que depuis il s'est mis à créer de nouvelles "choses" animées elles aussi...]
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Jeu 7 Aoû - 20:55

Apres ces quelques jours dans la foret nous avions reprit la route. J'avais récupéré Arbogast apres avoir raccompagné Conrad chez lui. Nous avions discuté longtemps de ces hommes que j'avais rencontré. Je ne savais toujours pas quoi en penser. Une chose restait sur pour moi, il n'y avait pas de moindre mal. Lorsqu'on choisissait le moindre mal on choisissait le mal quand meme. J'avais acquis la certitude que choisir le moindre mal ne nous etait accordé que par une sorte de mal supreme qui l'air de rien remuait les ficeles. Mais une fois avoir laissé Conrad, ces pensées m'abandonnaient. Je n'avais au mieux trouvé qu'un leger soutien de sa part. Il avait deja tant perdu... je ne pouvais pas le blamer. J'avais moi aussi beaucoup a perdre aujourd'hui.

Nous faisions route vers le nord. Apres plusieurs jours de trajet nous arrivames dans un village. En realité, le village avait ete changé en veritable garnison. Autour de la petite enceinté s'etendait une multitude de tentes. Les differentes couleurs des tentes etaient accordées aux couleurs des armes des seigneurs. Un peu plus loin sur une colline je vis la delegation Flambeau. Nous avancions au milieu de cette faune sauvage, faites de maraudeurs et de soudards de tout genre. Le ciel etait bas et gris et pour etre franc l'athmosphere etait lourde. Et pourtant je voyais au sommet de cette colline la tente qui abritait ma fille. J'avancais dans mon armure complete. Arrivé au camp Flambeau, je me dirigeais vers la tente de Nimue. Une grande et belle tente aux couleurs vivent. Deux compagnons montaient la garde.

"On ne rentre pas" dit un des compagnons.

"ahah je voudrais bien savoir qui m'empechera de rentrer." dis je en riant fortement

"la mage Nimue est en pleine transe." continua le compagnon.

je m'avancais, et de toute ma grandeur je lui dit "n'as tu pas deja vu ces armes?"

Il regarda betement les armes sur mon tabard, il cligna des yeux et se mit a begayer. C'est alors que Nimue fit son apparition.

"mais qui fait tout ce raf..." Nimue n'eu pas le temps de finir sa phrase, ses grands yeux s'ouvrirent, papillonerent un instant, comme si elle ne comprenait pas ce qu'elle voyait. Puis ce sourire magique apparu sur son visage et elle sauta a mon cou. "Tad (papa en gallois)! qu'est ce que tu fais la! tu aurais du me dire"

je la soulevais tres haut, elle n'etait qu'une plume dans mes bras. " ca n'aurait plus ete une surprise ahahah". Elle se blotissait contre moi.

"oh tad, tu m'as manqué! ca fait tellement longtemps..."

"oui ca fait longtemps en effet... toi aussi tu m'as manqué je n'ai pensé qu'a toi pendant toutes ces années. Comme la terre sainte te plairait..."

"heureusement tu me l'as raconté dans les reves... et Ambroise? elle n'est pas avec toi?"

"non, elle est ailleurs. Mais laisse moi te presenter Arbogast. c'est le fils de Neill, tu te rappelles de lui?"

les deux jeunes gens se regarderent. Arbogast rougit, Nimue sourit... la magie... "Arbogast est mon apprenti."

"apprenti en tout sauf en magie" dit Arbogast.

"allons ce n'est pas grave Arbogast" dis je alors. "Alors Nimue, dis moi tout! j'ai entendu parler de toi, et en bien! Lionel m'a dit le plus grand de toi et Conrad ne tarit pas d'eloges a ton sujet!"

"oui, ce cher oncle Conrad m'a prit sous son aile."

"Grace a toi mon enfant, notre nom brille a nouveau..."

"j'ai entendu parler de toi aussi tad... tu ne fais pas attention! j'ai entendu que tu te battais beaucoup! tu le sais que tu dois faire attention."

"ne t'en fais pas ma petite, la terre sainte m'a permit de beaucoup reflechir... le dragon est calme."

"le dragon? ooooh tad, tu as remis cette histoire de dragon?"

"ce n'est pas une legende... Mais je te raconterais tout ca! tu verras et avec de la pyrotechnie!"

"ahah j'ai hate de voir ca."

Nous passames plusieurs jours a nous raconter nos aventures. Que cette enfant avait grandit. On parlait d'elle avec respect dans le camp. Elle avait reussi a convaincre plusieurs odinistes a se rallier a l'ordre d'Hermes et de nombreuses fois elle s'etait montré une stratege de haut niveau. Sans parler de ses talents magiques... "Tu sais je n'oublie pas les lecons de l'oncle... je garde ma nature et si j'ai toujours ce visage je n'en reste pas moins le petit renard qui gambadait pres d'abberfraw."

Je remarquais aussi que Arbogast et Nimue passait beaucoup de temps ensemble... "t'es enfants vont bien ensemble" me dit un jour un vieux compagnon. Je les regardais tous les deux, c'est vrai qu'ils etaient beaux.

Un soir Arbogast vint s'installer dans la tente tardivement.
"que faisais tu?" dis je
"euh... j'etais avec votre fille..." dit il en baissant les yeux.
"ah oui?" dis je avec un sourire malicieux, "vous passez beaucoup de temps ensemble. On m'a deja fait la remarque dans le campement."
"j'espere ne pas vous avoir offensé" dit Arbogast timidement
"m'offenser? mais enfin nigaud comment pourrais tu m'offenser? tu es comme un fils! Nimue te plais?"
"oh oui Cadwallon!" cette phrase sorti si vite qu'Arbogast eu a peine le temps de se rendre compte de ce qu'il disait. Il baissa la tete.
"eh bien? pourquoi ne me demandes tu pas sa main?"
"je ne suis pas un mage... je ne suis ni digne de vous et encore moins d'elle. Depuis que je l'ai vu sourire le jour ou elle est sortie de sa tente... mon coeur n'a plus battu que pour elle... Mais je ne peux pas deshonorer votre lignée... une lignée feerique, une lignée magique... né dans la magie. Cadwallon ne me tourmentez pas! jamais je ne serais digne de votre fille." Des larmes coulaient des yeux d'Arbogast.

avant qu'il put sortir, j'allongeais mon bras et posais ma main  sur son epaule.

"Mon fils... tu ne me deshonorera jamais... oui ma fille et mon fils sont mage..."
"votre fils?"
"c'est la un secret bien lourd que je m'apprete a te reveler... Rhys est mon fils. Mais le partage a ete ainsi fait... tu ne dois jamais reveler ce secret a Nimue. c'est un petit renard au grand coeur, un rien peu la briser. Je sais qu'entre tes mains elle sera en securité. Si c'est la magie que tu veux mon garcon la magie tu l'auras... Si c'est le prix a payer pour savoir ma fille entre tes mains, entre les mains du fils de Neill celui la meme qui m'acceuilli chez lui le jour on les miens jurerent de me tuer."

je tenais a présent la main d'Arbogast dans la mienne. les flammes commencaient a entourer nos mains...

"tu veux la magie Arbogast, voila la magie... tu es le fils de Neill il me suffit de souffler sur les braises pour t'eveiller..."

Alors les flammes se changerent en lumiere, elles gagnerent tout son corps, penetrerent dans sa bouche, dans ses yeux... "recois le souffle du dragon..." Il y eu un rugissement et bientot Arbogast disparu dans la lumiere... Arbogast tomba a genoux envahi par les flammes... Recouvert de flammes etincelantes, il ressemblait a quelques creatures venus de la sphere du dragon... Il se redressa devant moi, ses yeux etincelaient d'un eclat puissant...

Il dit alors d'une voix de dragon, d'une voix gutturale "Merci Pere."
"Mon garcon... ne me remercie pas. cette force etait en toi. Ton pere... ton pere etait un serviteur du dragon... je n'ai fais que raviver la flamme."

Nimue arriva alors dans la tente. "que se passe t'il? j'ai senti quelque chose de terrible! une puissance magique..."
Elle tomba nez a nez a Arbogast. Les yeux de mon apprenti etincelaient encore. Elle poussa un cri terrifié.
"n'ai pas peur" dit alors Arbogast, "ton pere m'a fait ce cadeau..."

Nimue me regarda avec peur... " Tad... qu'est ce que tu as fait..."

" je n'ai fais que souffler sur les braises magiques que cachait Arbogast... je n'ai rien fais."

Alors Arbogast se rapprocha de Nimue. "J'ai parlé a ton pere... Je voulais etre mage pour pouvoir etre digne de toi. a present je suis mage. Veux tu de moi?"

Alors Nimue me regarda... Quel dechirement et quel bonheur... je sentis des larmes de feu tomber de mes yeux et je lui fis oui de la tete...

"Oui Arbogast! depuis que je t'ai vu..."

Je sortais de la tente, laissant ces jeunes gens entre eux. Je regardais le ciel... Mes enfants... que je me sentais vieux tout a coup... vieux et seul... je vis des etoiles briller dans le ciel... Cette etoile que je voyais briller la nuit a Abberfraw quand avec Malgwn nous grimpions sur les murailles... 4 eclats dans le ciel... et une myriade d'etoiles autour... seul? je n'avais jamais ete moins seul! Ainsi en etait il de la vie, elle avancait et chacun devait faire sa vie. Mes enfants aussi...

"Tad?" je me retournais et je vis Nimue et Arbogast main dans la main...
"qu'y a t'il ma petite?"
"tu vas bien?"
"bien sur! mes enfants se marient! pourquoi cela n'irait pas? nous devons organiser un grand mariage ici! et il nous faut te trouver un maitre Arbogast!"
les enfants se regarderent complices...
"je pense que j'ai deja trouvé Cadwallon..."

Alors quelques jours apres nous organisames un grand mariage! Conrad etait la et tous les seigneurs flambeaux et nous fimes la fete! En ce debut de printemps rien n'aurait pu etre plus beau! Ma petite Nimue comme une brise et Arbogast qui en si peu de temps avait prit la confiance qui lui manquait tout en conservant ce qui faisait de lui cet apprenti incroyable. Le meilleur de moi meme...

Quand nous eumes fini les festivités, je leurs dis au revoir... il y eu des larmes mais la magie nous unirait. Et je parti seul dans ce printemps naissant... Mon detour par paris ne me servit qu'a prevenir Rhys de ce qui s'etait passé... et rapidement il choisit de rester sur place pour achever ses savoirs et talents...

Je n'avais jamais ete autant entouré et pourtant je repartais seul... le chagrin envahie le coeur du vieil homme que j'etais... et pourtant je sus l'espace d'un instant, comme une prediction, que nous nous reverions.
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Jeu 7 Aoû - 23:24

Depuis mon retour a la bibliotheque j'ai en tete cet incroyable projet... faire des lames de virtues, l'arme du mage par excellent, l'arme qui pourrait etre l'effroi des ennemis des mages... un metal chargé en virtue... oui...

du fer le plus pur... dans les flammes les plus etincelantes... non pas des flammes de feu mais des flammes de virtue... l'essence meme de la flamme magique... le feu etrange transmutant le fer... de charbon et de virtue... insuffler l'esprit de la magie...

et si ces choses n'etaient que des reves... Cadwallon, tu dois essayer, tu n'as que trop revé.

Je me rendais dans la forge vide... vide de Zulvan, vide d'Arbogast... Je rallumais le foyer. la respiration poussive du soufflet, le crepitement du bois... cet odeur de cedre... tant de sensation familliere... on retourne toujours a la maison et ma maison est ici pour le moment. Bientot le cedre me donna une belle braise... et le soufflet chantait gentiment... Je trouvais quelques uns de ces blocs de fer qu'un marchand de mes amis avaient ramené de perse... un fer pur... oui...

Je posais le bloc dans le creuset, je le laissais fondre doucement. Il fallait s'occuper du moule en attendant... que faire... une simple baguette pour commencer... rien de trop compliqué. une simple baguette fine. le fer avait fini de fondre... je le versais tranquillement dans le moule y rajoutant une poignée de charbon pilé... puis le souffle... la virtue s'echappant directement de ma bouche, de mon etre... tel etait le prix pour une arme d'exception. le souffle pur de la virtue...

le fer se teinta legerement de violet... la couleur de la magie... je trempais le fer avant de le rechauffer...

Mais cette fois il me fallait un autre feu... le feu meme de la virtue! alors le dragon souffla ou plutot cracha et le creuset se chargea de flammes. j'y plongeais la baguette fine... elle chauffa a blanc... encore un peu de virtue...

c'est alors que me vint une idée... et si je rajoutais du cuivre enchanté... je laissais l'acier fondre et je rajoutais des eclats de cuivre... melange magique parfait... je trempais de nouveau la baguette...

je regardais l'eclat etrange, carmin et violet de la baguette... je fermais les yeux... une manifestation physique de la magie apparue... un double parfait de la baguette mais en virtue pure, vivante, la sous mes yeux... ondoyante... et quelle rage pourrait enflammer ce morceau d'acier...

l'arme parfaite, l'embleme du magicien guerrier... Pour le jour ou le combat sera inevitable...

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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Ven 8 Aoû - 20:23

Cela faisait plusieurs nuits que l'oeuf palpitait. Je l'avais conservé discretement depuis mon voyage. Impossible de dire ce qui sortirait de cet oeuf noir... Il n'etait pas question de le couver comme une poule l'aurait fait. C'etait un oeuf de dragon, il viendrait a maturité le moment venu. L'oeuf noir chauffait de plus en plus. la nuit precedente il etait encore rouge et aujourd'hui, il etait chauffé a blanc. La magie semblait circulé sur la coquille comme du sang dans des veines...

Pendant ces longues semaines j'avais beaucoup parlé a cet oeuf... je lui chantais des chansons du pays... un lien fort s'etait noué entre nous... je sentais la conscience dans l'oeuf me repondre. L'oeuf faisait dans les 1m de haut... j'avais acquis la certitude que ce serait un petit etre deja doué d'une grande conscience qui viendrait a moi...

a cet instant mon esprit vagabondait... je pensais a Nimue et Arbogast... a Ambroise aussi... et a Rhys bien sur... tous ces enfants... baigné dans ce flot de souvenirs, l'oeuf se mit a briller plus fort...

bientot l'eclat se transforma en formidable brillance... dechiré par les eclats de magie, la coquille ne tarda pas a se fendre de toute part.

je vis bientot une petite menotte sortir de cet oeuf et puis un petit pied. j'aidais cette petite creature a se departir de sa coquille... je vis une petite tete brune... un petit nez... et deux grand yeux de dragon... le petit etre cligna des yeux et bientot ses pupilles fendues s'arrondirent...

un petit rot de flammes et bientot une petite voix...

"Bonjour..."

Je m'approchais de la petite creature, je frottais son dos plein d'ecailles et bientot les ecailles tomberent.

"bonjour."

"c'est toi qui m'a gardé depuis que je suis parti de chez ma maman?"

"oui c'est moi."

"je t'aime bien"

je souris devant cet elan enfantin.

"comment on va t'appeler?" je regardais les cheveux bruns, les yeux d'or, ce petit sourire... "que dirais tu d'Aedd?"

"Aedd?"

"oui c'est un vieux nom, ca veut dire feu."

"ca me plait bien."

et c'est la que je me rendis compte que ce n'etait ni un petit garcon ni une petite fille... etrange capacité des dragons parfois... Aedd se deciderait le moment venu.

"bien vient avec moi nous allons te trouver des vetements."

"ah oui? je crois que j'aimerais ca!"

C'est ainsi que commenca l'education d'Aedd, peut etre le dernier sa race.
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Sam 9 Aoû - 8:15

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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Sam 9 Aoû - 10:05

Bien sur Madame, dites moi ce qui vous ennui et je tacherais de vous rendre ce service.
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Mer 13 Aoû - 0:12

Nous etions en novembre. Il etait arrivé un soir de pluie. Le ciel etait noir et la pluie tombait lourde. Il avait remonté la ville sur le dos de sa monture fatiguée. Certains avaient parlé d'un gros homme, d'autres d'un riche marchand, mais ce sur quoi tous s'accordaient, c'etait que l'homme etait particulierement effrayant... etait ce du a son oeil fendu qui lui donnait l'air d'un chat? peut etre...

J'etais a la bibliotheque lorsqu'un des commissionnaires etait venu me chercher.

"Mon seigneur, un homme vous demande a la fabrique!"

"a t'il donné son nom?"

"non. Mais si vous voulez mon avis c'est au moins un demon..."

Je regardais l'enfant avec un peu de severité. Il n'etait pas bon de laisser se colporter rumeurs et superstitions... Je me levais prestement et me rendait sans me hater a la fabrique. La pluie s'evaporait a mon contact mais la boue qu'avait generé cet orage etait particulierement desagreable. Elle tentait toute la ville et donnait l'impression d'une ville pourrissante, decadente... qui sais... Je regardais ce marigot depuis la porte de la bibliotheque. J'apercevais deja en contre bas les vilains le nez collé aux fenetres pour tenter d'apercevoir l'etranger.

"vous n'avez rien de mieux a faire?" tonnais je "et apres vous viendrez me voir pour vous donner des remedes! fichez le camp d'ici et que je vous reprenne pas!"

Les commeres et autres ragoteurs se disperserent. Je m'approchais de la porte lorsque je sentis une presence familiere...

"Aedd, que fais tu la? tu devrais etre au chaud a la bibliotheque"

"j'ai senti la magie..." dit alors Aedd de cette voix qu'il avait parfois. La voix d'un enfant qui sait plus qu'il n'en a conscience, la voix d'un enfant dont le savoir s'etend sur des millenaires, cette voix d'enfant melange de peur et de certitude.

Il se rapprocha de moi, glissa sa petite main dans la mienne et se cacha dans mon pantalon. Je finissais par ouvrir la porte.

La piece etait grande et disposait d'une grande cheminée. C'etait les anciens appartements de Zulvan Farakian. L'homme se retourna aussitot que j'ouvris la porte. Eclairé par l'atre et par une lanterne crasseuse, l'homme me regardais m'ebrouer.

"sale temps" dis je "ca vous ennui si je..." je lui montrais le feu dans la cheminée.

"pas du tout" me repondit il avec une voix ferme et assurée.

Je lui fis signe de se degager un peu de la cheminée ce qu'il fit aussitot. une rapide formule et aussitot le feu de la lanterne et celui de la cheminée se mirent a bruler de plus belle.

"on y voit mieux!" dis je en me retournant vers l'homme avec un grand sourire "que puis je pour vous?"

l'homme aurait pu etre insignifiant. 1m70 environ, il etait gros mais les muscles de ses bras ne laissaient pas de doute quand a sa force reelle. Sa facon de se tenir laissait penser que c'etait un homme qui avait l'habitude des travaux difficiles. Son visage, qui commencait a se rider, etait celui d'un homme assuré, determiné... Sa barbe rajoutait de la severité. C'est alors que mon regard accrocha son regard. Il avait un oeil sombre et profond qui contrastait parfaitement avec son autre oeil. Le second oeil etait doré et la pupille etait fendu comme celle d'un chat. Bien que je n'eu pas l'intention de m'attarder sur cette difformité, l'homme se rendit compte que je le regardais.

"une petite difformité... rien de bien grave. Cela ne m'empeche pas de voir. Mon nom est Dirk van Deyck. Je viens de Bruges mais je me suis installé il y a plusieurs années au Saint Empire. Je crois que nous y avons des amis communs. Je suis joaillier, orfevre, forgeron, verrier et je suis aussi assez bon commercant."

Je regardais ce gros homme habillé de riches atours crotés par le temps. Il ne ressemblait a rien de ce qu'il y avait ici. Il etait tres different des genois ou des venitiens. Ses mains ne tremblaient pas mais il semblait gené. Il se dandinait et son regard etait fuyant mais il avait parfois un eclair de determination glaciale.

"tout ceci est impressionant maitre Van Deyck. Mais en quoi puis je vous aider?"

"eh bien j'aimerais rejoindre votre fabrique. A vrai dire, ce sont des amis a vous qui m'envoient..." Il regarda autour de lui... "peut on parler?"

je creais une bulle d'illusion autour de nous. "allez y parlez."

L'homme changea alors tout a fait d'attitude. Il se redressa, cessa de fuir mon regard, il parut prendre 10 centimetres. Son regard se figea dans le miens.

"Lors de votre dernier voyage au saint empire, vous vous etes fait de nombreux amis. Je suis une sorte d'espion au service d'Hermann von Salza. Disons que je veille sur ses interets et je fais le liens avec ceux de son bord. Mais pour etre franc, par son biais je sers quelqu'un d'autre..."

Il me montra alors le signe des plateaux.

"vous comprenez que tout ceci doit rester parfaitement secret."

"Je ne comprends pas" dis je "

" disons que j'ai grandis a proximité de la magie. J'ai servi un mage puissant. C'est a lui que je dois cet oeil" dit il en indiquant son oeil de chat. " Je ne lui en veux pas. Non seulement je peux voir dans le noir mais je peux aussi percevoir les effluves magiques. c'est un outil bien utile. Mais pour etre franc ce n'est pas le seul que j'ai a ma disposition."

l'homme s'approcha de moi, ouvrit une petite boite. A l'interieur il y avait plusieurs potions et une petite bague. Ainsi que deux dagues.

"la magie est infime chez moi... des residus au plus. Mais c'est assez pour pouvoir lancer quelques sortileges mineurs et utiliser quelques artefacts." L'homme parlait avec une assurance dont il n'avait encore jamais fait preuve.

J'avais la certitude qu'on venait de m'envoyer un homme d'exception. Il m'observa alors que je regardais sa petite boite. Des potions de force, de vitalité, de l'anti poison... et cette bague...

"un bague change forme, un artefact bien utile! surtout quand on aime trop les desserts." Il esquissa un sourire.
"je serais votre representant a la fabrique. Je n'ai rien a vous apprendre de l'art mais je peux gerer votre entreprise, je peux vous conseiller. C'est pour cela que je suis la."

"Eh bien merci Dirk. Je tacherais de me montrer a votre hauteur."

"allons Cadwallon, pas de faux semblants. Je suis la pour vous aider, je ne ferais rien qui ira contre vous mais je ne ferais rien qui ira contre mes interets qui sont ceux de ceux que je sers. Je vous sers aussi bien sur. Disons plutot que je suis votre subordonné dans une organisation complexe. Ne vous en faites pas je ne vous espionnerais pas. J'espere devenir rapidement votre ami. Je me doute qu'il faudra du temps. Ou puis je m'installer?"

"eh bien si vous etes le gerant de la fabrique vous pouvez vous installer ici si cela vous convient. Zulvan m'a fait connaitre son desir de partir. Il va pouvoir prendre congé. N'hesitez pas a me demander s'il vous manque quelque chose." dis je enfin un peu surpris pas la tournure que prenait les choses.

"pas de probleme Cadwallon. Oh encore une chose, je vais faire courir le bruit que nous sommes de vieilles connaissances. Autant se tutoyer tout de suite. Je te le redis, je ne cherche qu'a devenir ton ami." L'homme me gratifia d'un grand sourire et pour la premiere fois ses yeux se mirent a petiller.

"tres bien! je te ferais faire le tour de la fabrique demain matin." dis je. "tu as faim? je peux te faire parvenir a manger!"

"non il est tard ne t'en fais pas. Je vais aller sonder la ville a present." L'homme eclata de rire, d'un rire puissant et terrible.

Je sortais de la maison en riant. Aedd reapparu, il etait devenu invisible le temps que nous etions rentré.

"je n'aime pas trop cet homme..." me dit il "sa magie est bizarre... lui aussi est bizarre... il est changeant, comme perdu sur une voie qu'il ne connait pas..."

"il est parfois bien dur de trouver la voie..." dis je alors pensivement a Aedd.

Le lendemain matin le soleil brillait a nouveau. Habillé comme pour aller a la messe, avec un grand chapeau plat, Dirk se presenta a la bibliotheque. Il se presenta aux gens present et je le rejoignais pour faire le tour de la fabrique. Je le presentais aux ouvriers. Ils le regarderent d'un oeil mauvais jusqu'a ce qu'il commence a parler. Les ouvriers ne tarderent pas a sourire lorsqu'ils entendirent les objectifs que fixait Dirk et les sommes qu'ils allaient toucher si ils parvenaient a les remplir.

les soirs suivants, je passais beaucoup de temps avec Dirk. Au fur et a mesure je finissais par apprecier cet homme. Il me raconta sa vie et bientot j'eu l'impression de le connaitre par coeur et pourtant... pourtant nous n'avions abordé aucun sujet important. Je savais qu'il avait une soeur qui s'appelait Nadege et qu'elle etait marié avec un tripier de Bruges du nom de Yerj. Je savais qu'il aimait la compote de pomme, qu'il avait grandit chez une mage de Bruges qui s'appellait Margrit. Et pourtant jusque la nous avions evité toutes les questions embarassantes, les questions sur les plateaux... etait il utile d'en parler? au risque que quelqu'un en entende parler. J'avais bien tenté d'en parler une fois mais il m'avait emmené sur une autre direction rapidement. L'esprit de cet homme etait dur a comprendre. Il semblait ne se sentir a sa place ni chez les hommes ni chez les mages. Je decidais finalement d'attendre qu'il m'en parle de lui meme.

les jours passerent et Dirk s'avera un organisateur né, un incroyable negociant, un marchand avisé. Il creait des choses me les soumettait et s'arrangeait pour les vendre ensuite. La fabrique, qui vivotait sous mon regne, connu un veritable boom sous son influence. Mais a aucun moment il ne s'attribua le merite de tout cela. Et bientot nous nous mimes a travailler ensemble.

C'est un soir, alors que nous avions travaillé tres tard, que je me decidais a lui montrer les lames de virtue.
"regarde ca Dirk"

je lui montrai un bracelet de cuir sombre sur lequel etait cloué une plaque de metal rouge et violette.

"oui eh bien? c'est un bracelet! un joli bracelet d'accord mais..."

Je faisais glisser la magie dans la plaque et la lame de virtue se materialisa. Il resta sans voix.

"oh ben ca... tu as fais... une lame de virtue... eh bien...."

Je defaisais le bracelet et je lui tendais.

"tiens c'est pour toi. Voila une arme digne du meilleur espion."

Pendant tous ces jours il m'avait souvent fait des rapports sur ce qu'il se passait ailleurs. Il disposait visiblement d'un incroyable reseau de communication. peut etre magique qui sait...

Drik placa le bracelet sur son bras. Il fit couler le peu de virtue qu'il possedait dans la lame.

"c'est impressionnant... un pareil cadeau... J'avais beaucoup entendu parler de toi Cadwallon. Je pensais que tu serais comme ces hommes que j'ai servi qui sont protégé mais qui sont fait du meme bois. Qui une fois au pouvoir deviennent les memes tyrans. Tu ne cherche pas le pouvoir. Tu le partages. Je ne sais pas encore bien ce qui t'anime Cadwallon mais j'apprecie de plus en plus ce que je vois. Il semble loin le boucher de Sévérac..."

Je le regardais. Du regard du dragon. De celui qui sonde les coeurs. Et je sus ce soir la que cet homme serait un compagnon, il etait un compagnon de longue date sans que je le devine. Nous etions sur le meme chemin mais nous n'etions pas parti du meme endroit. Et pourtant il devait y avoir beaucoup de point communs a nos histoires.

"oui il est loin. Je te parlerais de tout cela un jour. Et toi aussi tu devras bien me raconter ton histoire. la vraie."

Il baissa les yeux, rentra la lame de virtue. " il n'y a peut etre rien a dire"...

Il etait encore trop tot.
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Dim 24 Aoû - 12:52

La lettre que j'avais recu d'Ambroise m'avait grandement emue... la pauvre enfant. Comment se faisait il qu'encore aujourd'hui, malgré toutes les guerres, toute la violence, les hommes n'avaient pas encore comprit. Comprit que ces guerres ne meneraient a rien. C'etait un paradoxe... J'etais un etre fait pour la guerre mais je ne la desirais point. Comme une sombre malediction, comme une soif terrible et aveugle elle se manifestait en moi. Et pourtant... Avec le recul, je me rendais compte qu'aucune de ces guerres n'etaient justes. Meme la premiere croisade. Aucune guerre n'est juste, aucun combattant n'est un heros. Comment devenir un heros quand on tue encore et encore... Ulysse n'a t'il pas douté quand il a conduit ses marins a la mort? Heracles n'a t'il pas tué toute sa famille?

Ces sombres pensées s'insinuaient dans mon esprit. Je sentis une presence lumineuse et puissante a coté de moi.

"ca ne va pas Cadwallon? tu as l'air de faire la tete? tu peux me parler si tu veux". C'etait Aedd. Il avait finit d'embeter Gelerth. Il prenait cette attitude concentré et severe qu'ont parfois les enfants quand ils veulent singer l'inquietude des adultes. Ce garcon, a defaut de le nommer autrement, etait tellement etrange... Voila 3 ans qu'il etait avec moi mais il paraissait en faire 6. La magie coulait naturelement en lui et il ne maitrisait pas toujours les effets de ce qu'il desirait. Je le regardais a la lueur de l'atre, ses grands yeux noirs que j'avais pourtant vu doré et fendu a sa naissance, son nez retroussé d'ou etait sorti des flammes, ses cheveux bouclés la ou il y avait eu des ecailles.

Quelle serait le destin de cet enfant fée?... quelle etait sa place dans ce monde qui ne voulait plus de magie? Sentait il le sombre avenir qui l'attendait... j'en avais l'intuition parfois, tant il etait melancolique. Comme un enfant elevé sans mere...

oublions la ces sombres pensées, le combat arrivera bien assez tot.

"je me demandais simplement ce que nous allions manger. Tu as faim?"

"oh oui!"

"de quoi as tu envie?"

"hum..... j'ai envie d'une cuisse d'oie!"

"une cuisse d'oie? pour toi tout seul? quel ogre!... n'est ce pas toi l'ogre de l'histoire que je t'ai raconté hier?"

Nous nous eloignames main dans la main jusqu'a la cuisine. Oui, le tourment viendrait bien assez tot.
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Mer 27 Aoû - 16:54

cet été 1209 etait effroyable. Etait ce l'echo de ce qui se passait en provence? etait ce la les larmes de Dieu qui pleurait ce massacre fratricide? Depuis le mois de juillet la pluie tombait sans arret declanchant des glissements de terrain et des torrents de boue. Il etait devenu dangereux d'aller dans le desert profond a cause des wadis qui se remplissaient subitement. Pas de doutes que le ciel, qu'il soit habité ou non, s'epenchait sur ce qu'il se passe ailleurs, de l'autre coté de la mediterrannée. La situation ici n'etait guere plus heureuse. Bien sur, les choses s'etaient un peu tassées. Les sarrasins avaient eux aussi leurs luttes internes et s'il est vrai qu'on voyait moins de mage de Souleymane, le commerce entre les grandes villes avait repris.

C'etait dans cette ambiance d'ete morose que je me trouvais actuellement. La presence d'Ambroise me manquait. Celle d'Arbogast aussi. Rhys etait toujours a Paris et les Chevaliers avait fini par retourner a Saint Jean d'Acre. Finalement nos pourparlers avec la maison mercuriale nous avait evité de sombrer trop vite. Et pourtant... J'avais vu des villes tomber, des heros mourir, des royaumes chanceler. Je ressentais la meme impression aujourd'hui en regardant Césarée. Ce lien particulier que j'avais avec cette forme de la magie... Perdo. Dans la maison Flambeau on forme deux types de mages, des adeptes du Creo Ignem. Ceux la sont les plus nombreux. Et puis il y a ceux, moins nombreux, qui deviennent adepte du Perdo Ignem. Perdo... tout un programme.

Le ciel etait noir d'orage, la pluie tombait a lourde goutte. Un eclair dechirait le ciel, derriere une partie des ruines romaine de la ville. Un arbre prit feu. La ville etait noire. Cette pluie qui n'en finissait pas comme pour noyer, oublier, la cité. Une nouvelle Ys. Mais quels pechés devaient etre lavés? ceux de cette cité? elle n'etait pas pire qu'une autre. etaient ce les mages ou les chevaliers que les elements voulaient voir disparaitre?

Le temps des mages etaient ils vraiment compté? allions nous tous disparaitre? j'ai entendu ce qu'ils m'ont dit. Ces buchers. Cette traque. Se peut il que le monde oublie la magie? Le monde embrasse la cause de dieu. Il est plus simple de s'abandonner au dogme plutot que de trouver les reponses a ses propres questions. La religion n'y est pour rien, les mages ont fait pareil. Trop de puissance? on craint la puissance lorsqu'on est faible. On craint les reponses que l'on se pose quand on sait que la reponse ne nous plaira pas. N'est il pas plus simple de lancer une croisade au nom de dieu? comment assumer les massacres fait en son propre nom. On ne prive pas les etres de leur libre arbitre, ils le refusent volontairement. Comment s'etonner qu'une poignée d'hommes dirigeassent le monde?

Cette ville que je regardais, plongée dans le tempete, c'etait une ville d'ombres. Comme la plus part des villes. Des villes d'ombres hantées par des ombres humaines. Et sur la mappemonde quelques pharos... des points de lumieres que l'avidité des puissants etreignent. Les pharos d'aujourd'hui ne sont plus ceux d'hier. Constantinople ou Athenes sont loin dans les spirales du temps alors qu'emergent Rome, Venise, Pise, Sienne, Florence, au Sud et qu'au nord les lueurs de Paris, Bruges, Arras, Rouen ou Nantes se font plus fortes. Nous, mages, qui evoluons sur une spirale du temps parralele, a quelle lumiere nous eclairer? Les pretres ne jalousent ils pas la longue vie des mages? Partager cet elixir rendrait il les choses meilleures? A l'heure ou les croyants n'esperent qu'une chose retourner dans le royaume de Dieu, il est fort probable que non.

Mais ai je ma place au paradis? suis je seulement un homme? non pas que je sois moins ou meilleur, mais ne suis je pas autre chose? pourquoi la perspective de rejoindre Dieu ne m'inspire t'elle pas? peut etre parce que je ne suis pas comme eux. Une autre energie pour une autre sphere. Peu le savent, mais je me retire souvent dans mes reves. Un monde construit par mon esprit, un monde a mon image, un monde magique. D'ailleurs est ce un monde que j'ai construis ou est ce simplement la porte? Je me suis souvent rappelé de cette porte que j'ai fermé a Constantinople. Il y a eu cette porte de feu dans le desert. L'esprit ne pourrait il pas creer ses portes. A vrai dire, ces questions ne sont que pure rethorique... Ma place n'est pas au paradis, ce Dieu n'est pas mon dieu et ce diable ne saurait me garder en enfer. le bien et le mal ont ils vraiment un sens pour moi? est ce bien de tuer ses ennemis? est ce mal de se dresser contre les puissances?

Je suis un dragon. Dans l'essence plus que dans le corps ou l'esprit. J'ai fait le mal et aussi le bien. Aujourd'hui la balance du bien et du mal est a peu pres a l'equilibre et pourtant mes actes ne sont pas fondés sur ces concepts. Je me demande si ce que je fais est juste, si c'est honorable. Je defends ce qui m'est cher. Mais je sais que je peux etre envahie par des exces de fureur. Faudrait il une autre preuve de mon essence draconique? Mais ce n'est pas une malediction bien au contraire. Je dois seulement prendre conscience que je ne suis pas de ce monde. pas completement. Et si je n'ai pas peur de la puissance c'est que c'est dans l'ame meme des dragons de connaitre la puissance. Mais il ne faut pas oublier la part d'humain. Il ne faut pas l'oublier parce que l'heure du grand sommeil n'est pas encore arrivée.

Avant d'etre un mage je suis beaucoup de chose.

Le tonnerre se faisait plus fort alors que ces sombres pensées me conduisaient aux portes de l'inconscient.

"tu regardes le monde s'ecrouler?" dit une voix derriere moi.

"Maelgwn."

"Non pas Maelgwn. J'ai pris cet aspect parce que tu le connais. A vrai dire ce n'est qu'un point de detail puisque Maelgwn sera bientot mon serviteur."

Je me retournais et voyait Maelgwn. Mais un Maelgwn different aux traits tirés, malade, aux veines sombres marbrant un visage livide. Et deux yeux de saphir fendus. deux yeux de dragon.

"que veux tu donc serpent?"

" je t'ai senti bien sombre. Je voulais te parler."

"me parler? et pourquoi donc? qu'aurais tu a m'apporter."

"oh tellement!"

"tu as deja le meilleur des deux freres. tu devras t'en contenter. Je suis d'une autre sphere."

"allons... les spheres, les dragons, ce sont des concepts. La realité est toute autre et tu le sais. Ton frere a voulu plus de pouvoir et il l'a eu. Ne me voit pas comme un ennemi. Bien au contraire, l'homme n'a pas de meilleur ami que moi. Je lui donne ce que Dieu lui refuse. Le feu, le fer, le bonheur, le plaisir... le savoir... sans moi, l'homme serait toujours coincé dans ce jardin ridicule, vivant nu et abruti. des animaux de compagnie. crois tu que c'est le role d'un pere? la lumiere ou les tenebres? je suis un etre de lumiere tombé dans les tenebres, rien n'est irreversible, l'univers est changeant. Je ne me considere pas comme un pere mais plutot comme un frere. d'ailleurs l'enfer n'est pas infernal... l'enfer n'est que le reflet de ce qu'on a envie d'y voir. la ou la lumiere est aveuglante, l'enfer est un miroir. la ou le paradis est ka vision d'une entitée, l'enfer est un creuset ou se melange les imaginations. tu vois, je ne suis pas celui que l'on croit."

"je le vois oui. Mais a choisir entre la loi et le chaos je n'en choisi aucun. tu le sais, la marque d'Ouroboros est sur moi. Pas en signe de soumission, car je n'ai pas vraiment de maitre. le creuset de mes attentes se sublime ailleurs..."

"dans une terre de reves? ta place n'est pas la bas. tu n'es qu'un demi dragon... ton frere l'a comprit."

"c'est la ou tu fais erreur. J'apprecie ton offre, mais ni toi ni dieu ne m'interessez. tu vois je ne fais pas de jaloux. Ma voie est ailleurs, ni au milieu, ni au dessus, ni en dessous, juste ailleurs. mes flammes viennent d'ailleurs."

"mais ta colere est bien humaine... Je ne suis pas ton ennemi. je veux juste t'eviter d'avoir a porter la douleur de ce que va advenir bientot. Dieu et moi, nous ne nous parlons plus mais pourtant certains de mes freres continuent de faire les messagers... Il sent son ere approcher, et avec lui, mon heure approche aussi et..."

"Et l'homme finira par se passer de vous. Pas dans son ensemble mais en grande partie."

"tu sais de quoi tu parles... tu vois que le monde aujourd'hui refuse la magie. Ce monde qui est a present persuadé que la magie n'est que fantasme ou pouvoir que j'aurai octroyé. Je dois bien avouer que j'ai aidé beaucoup de mages..."

"j'imagine que beaucoup sont venus alimenter tes enfers, dragon"

"dragon... il reste tellement peu de gens a m'appeler ainsi. tu vois, tu n'es pas mort et pourtant tu es deja en decallage. Rejoins moi, embrasse pleinement ta part d'homme, comme ton frere. De toute facon ta magie est deja emprunte de tenebres... ce n'est qu'une question de temps avant que tu ne finisses sur le bucher..."

"ahah je leur souhaite bien du plaisir... Ma magie n'est pas marqué du sceau des tenebres mais il est vrai qu'elle est differente. Mais depuis que je souffle la magie j'ai compris que c'est une teinte que j'ai fini par lui donner et qu'il faudra du temps avant que cette marque disparaisse. Mais il n'y a pas de tenebres, juste une bulle qui deforme legerement le verre..."

"bon. je vois que je ne te convaincrais pas aujourd'hui. Pourtant ton frere... enfin n'oublie, je ne suis pas l'ennemi en depit de ce que pourront chanter les moines et les bigottes, je ne suis qu'un frere, un guide."

Alors la forme disparut. L'orage avait cessé, l'air etait plus frais et la pluie tombait en petites gouttes. l'horizon restait sombre... Je decidais de rentrer tranquillement a la fabrique. J'avais envie de parler avec Dirk et Aedd.
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Mar 2 Sep - 23:21

l'été touchait a sa fin. La pluie tombait toujours. Plus fine, elle semblait vouloir s'immiscer dans toutes les failles et les recoins de la ville. Dans chaque lézarde, chaque plaie. Comme une peste liquide, un ergotisme infâme qui gangrènerait toute cette ville. A l'abri des murs de la bibliothèque, je me sentais loin du monde. Loin de ce monde qui semblait renier notre existence... Aurait il eu l'idée de venir nous voir pour faire quelque chose contre ce mauvais temps? même pas. Il en restait a prier leur dieu. Dirk m'avait dit une fois: "Dieu existe n'en doutez pas. Mais un père, aussi patient soit il, ne serait il pas déçu en voyant ce que ses enfants ont fait de son héritage? Dieu s'est désintéressé de nous". Il avait sans doute raison. Une réflexion qui ne manquait pas de me faire sourire alors que moi même je me désintéressais de ce monde.

je me désintéressais de ces mages faibles qui, comme un seul, se ralliaient a la bannière de Rome, troquaient leur superbe d'antan pour les hardes de la soumission et de l'anonymat. Tout ceci allait tellement contre ma nature. Et pourtant, moi aussi j'avais accepté cette offre. Le moins mauvais des choix... mais ce choix restait malgré tout mauvais. Parfois a vouloir tout sauvegarder, on finit par tout perdre. L'histoire de Dirk en était le parfait exemple. Il se retrouvait a servir les maîtres de la balance. Selon lui il y avait des maîtres pires bien sur... Mais dans le fond, selon lui tout était écrit. Il n'avait pas tué pour ses maîtres, il avait tué pour lui. Inconsciemment il avait tout fait pour les servir. Pour s'excuser, se donner une raison de faire ce pour quoi il était fait.

tout ceci m'avait ouvert les yeux. Toutes ces années de bataille. Et pour quoi? pour les titres? la gloire? toutes ces expériences que j'avais eu, cette exploration des flammes, tout ça pour quoi? pas pour le savoir, pas pour la rédemption, juste pour pouvoir faire preuve de violence en me disant que j’étais capable de la contrôler. était ce vrai? Je ne pensais pas être différent du boucher de Sévérac que j'avais été des années avant. Je me posais simplement plus de questions. Mais au fond je le savais, j'avais tué pour moi. Parce que je savais que c’était dans ma nature. Détruire et construire. ou plutôt construire pour détruire? sans doute plutôt dans cet ordre la. j'avais déjà parlé de Perdo... Ma nature était destructrice. Au fond je pouvais comprendre aujourd'hui que les hommes rechignaient a faire appel a des êtres tel que moi. Parce que la magie, combinée aux tendances de l'homme, devient un outil d'apocalypse. Les couleurs dont se teinte la magie quand elle est noyé par les émotions... certains y ont perdu l'esprit.

je repensais a ces portes ouvertes. n’était il pas possible d'en ouvrir de nouvelles? Ce monde pouvait se limiter a ces 4 sphères, mais l'univers était plus grand. La magie aux tonalités étranges parfois, venait forcement d'autres endroits. Je me retirais comme quelque gargouille dans son antre. J'avais pillé la bibliotheque a la recherche de reponses que je savais ne pouvoir trouver que par l'experimentation. Et pourtant je m'entetais, le Essentia Somnia de Splendius, le ta óneirá mas apokálypse de Meliades ou encore les záležitostí snu et dveře sférách vesmíru de Dalibor Hinek dans une édition latine, furent mes livres de chevet. C'est finalement dans Vallis ostia reginae que je trouvais les réponses que je cherchais.

Plus je réfléchissais a toutes ces légendes et plus je comprenais que l'univers était milles fois plus vaste que ce que les plus hérétiques des penseurs pouvaient imaginer. Avec un instinct tout magique je sus que quelque part, il y avait de la place pour les êtres de magie. Apres tout la magie n’était elle pas le lien de l'univers? Je serais donc un soldat perdu sur les chemins du destin.

Mais ce destin devait encore attendre. Lorsque tout espoir est perdu, on peut prier dieu ou invoquer le diable. Et c'est bien parce que les choses étaient perdues, pour eux en tout cas, que les habitants d'un petit village vinrent me voir. Ces gens, je ne sais pas pourquoi je les ai aidé. A peine avais je posé mon regard sur leurs frêles carcasses que je ressentais le plus violent mépris pour eux. Toute cette faiblesse, toute cette superstition. Ces gens qui vous demandent de l'aide et qui crache sur votre ombre une fois le dos tourné! j'en ai vu tellement au pays de galles. "Jetez du sol par dessus votre épaule", "on dit qu'il a jeter un sort au meunier, maintenant toutes ses filles aboient comme des chiens! tout ça pour une livre de farine". Méritaient ils que je perde mon temps pour eux? Je regardais les fresques détrempées de la bibliothèque... Que la vie avait quitté ces murs depuis que les nuages de la guerre s'amoncelaient au dessus de nos têtes. un peu de bonté pour ces gens. Car quand la guerre viendra, ils seront seuls. Ils prieront Dieu et lui restera muet. "Dieu s'est désintéressé des hommes."

Je partais donc seul, sous la pluie, afin de régler leur compte a quelques brigands qui s'amusaient a piller les villages. Pourquoi être venu me voir? sans doute parce que personne n'avait tellement envie de sortir par ce temps. Mes lectures occupaient mon esprit a tel point que la traque et le combat contre les brigands furent laborieux. Je devais me maudire pendant de longues heures par la suite. J’étais parti sans cuirasse, avec un cheval a peine préparé. Une vraie ballade dans le désert. De la même façon, je devais repenser a Arbogast que j'avais sermonné si souvent parce que son attention n’était pas pleinement au combat. Car ce n’était pas la pluie que je devais craindre, mais une lame courbe couverte d'un poison du désert. Et c’était fiévreux, ensanglanté (heureusement pas de mon propre sang) et assez piteux, que je devais revenir a Césarée. Coup dur pour le chevalier noir, qui fut traîné sans ménagement jusqu’à ses appartements de la bibliothèque.

Les choses, par la suite, ne devaient être claires pour personne. Qui vient m'apporter des soins je l'ignore. Je me rappelle d'avoir rêvé des portes de la vallées des reines, Vallis ostia reginae. On se rappelle de mes inspirations enfiévrées et puis on m'a rapporté qu'un matin j'avais disparu. On m'avait cherché partout dans Césarée. Renonçant a me trouver, on avait conclu a quelques bizarreries de mages ou a une mort prématurée dans la rade.

Pour ma part je devais me réveiller a moitié assommé par mes songes, au milieu des rochers d'une plage non loin de Cesarée, baignant dans l’écume. Je me réveillais sonné avec l’étrange écho de batailles menés loin d'ici. De nombreuses cicatrices sur le corps qui n’étaient pas la auparavant et qui, malgré la blessure empoisonnée, n'auraient pu être causé par ces brigands du désert. Alors que je rentrais a la bibliothèque je me demandais encore si ces rêves avaient été réels... Et je devais repenser a un vers des portes des sphères de l'univers "Dans la lutte entre l'idée et le réel, le réel n'est pas toujours le plus fort. L'idée peut acquérir une force terrifiante en buvant le sang du réel". A coup sur, mes rêves s’étaient nourri du sang du réel. Et plus encore.

Après quelques temps de réflexion sur ce qui m’était arrivé, je ne pouvais que supposer de ce qui m’étais arrivé. J'avais utilisé mon corps comme une porte. Ou plutôt son essence magique. Alors que je rêvais de la vallée des reines, je m’étais vu monter a bord d'un navire d’électrum et partir pour d'autres monde dans cet univers. Je me revoyais navigant dans la brume rousse et électrique, suivant un cap que je ne connaissais pas. Je me rappelle de ce monde au soleil bleu, et d'un monde mort. Je me rappelle aussi de ce monde de dragon et d'un monde de rubis. Je crois me rappeler d'avoir combattu de longues journées la bas. De fait, a mon retour a la bibliothèque je me sentais plus fatigué. Plus vieux. J'avais le souvenir de n'avoir pas toujours réussi a me servir de la magie et d'avoir du me battre et triompher par la force de l'acier. A la fois un peu effrayer de constater que ce voyage aurait pu être le dernier, j’étais aussi heureux d'avoir trouvé une porte de sortie.

Par la suite je devais régulièrement me rendre dans la vallée des reines. En chaque occasion, je reprenais ce navire d’électrum qui semblait me conduire de notre monde a ce monde, cette passerelle, entre les monde. Car au fond, c’était ce qu’était la vallée des reines. Une sorte d'aiguillage, comme sur le port de Mayence. Un endroit ou chaque destination n’était plus hors d'atteinte. Et pourtant, tout devrait rester flou. Les gens, les actions, ne se dessinaient jamais vraiment parfaitement en revenant de cette vallée. Ainsi était le propre des rêves et des illusions. voila pourquoi mentem et imaginem n’était pas la même chose.

et pourtant petit a petit le roman picaresque de mes excursions hallucinées devait me revenir. Mais ces histoires seraient pour plus tard. Oui pour plus tard, car enfin le soleil semblait revenir sur Césarée et avec lui l'espoir de revoir Ambroise et Ancelin. Bien sur je gardais en tête la possibilité de fuir non pas dans un crépuscule mais dans d'autres mondes. Mais résonnait aussi en moi une voix, une voix douce, la voix d'une reine c'est sur, qui me disait que mon destin était encore ici. J'attendrais qu'Aedd soit plus grand. J'attendrais que ce monde nous renie. Je n'attendrais pas qu'il s'effondre.

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