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 Cadwallon, Prince de Gwynedd

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stan

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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Sam 6 Sep - 12:39

j'ai vu par delà les grilles du paradis. J'ai fais voler en éclats ses portes, j'ai brisé ses gonds. Derrière j'y ai vu un mur, muraille inaccessible. Nous, êtres nés pour souffrir, nous n'y aurons pas droit. Infaillible rempart qui nous conduit a l’abîme, ultime forteresse d'une créature nommée dieu, qui depuis longtemps de nous, a détourné les yeux. Ce mur, que la multitude de ses ongles tentera d'entailler sans jamais y arriver. Ce fronton ou rebondissent espoirs, ou ruissellent les murmures de supplique sans jamais l'entamer. Nous sommes aveugles, esclave nous resterons, nous qui sommes venus la pour ne connaitre que souffrance, enfer terrestre, délire des hommes. Victime de ce milliers de dards, l'épée, le feu, la maladie ou la folie, posés la en cadeau de baptême, au pied de notre berceau. Du haut de sa citadelle il ne nous regarde plus, accaparé qu'il est part la contemplation d'autres jeux, lassé du jeu sadique qu'il a lui même crée et qui pourtant autrefois le distrayait. Créateur de jeu, tu nous observais en silence, mais blasé du spectacle de la mort tu as quitté les tréteaux.
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stan

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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Jeu 11 Sep - 22:37

Le temps était passé vite. Et pourtant j'avais vécu pour deux vies entières. Alors qu'aujourd'hui les embruns de ma terre natale me frappaient le visage, je repensais à tous ces voyages. Tout ceci n’était pas un rêve. Le monde était vaste au delà du notre. Je n'avais pas fuit, je m’étais simplement désintéressé de ce monde. Mais je m'étais un jour lassé de tous les mondes que j'avais exploré. Bien que je fus tant de choses... Qui le croira ici? Je n'ai comme preuve de ces voyages que quelques blessures de plus et quelques objets...

Tout avait commencé après la chute de Césarée. J’étais rentré au pays de galles et de la j’étais parti pour ces mondes. Je demeurais plusieurs semaines dans un univers appelé Bord du Monde. C’était la que se trouvais la vallée des reines. J'avais choisi de laisser Aedd aux bons soins de ces chères femmes. Je partis sur un navire marchand. C'est la que j'appris a naviguer. Je traversais grâce a eux de nombres royaumes. Marchand je ne le fus pas longtemps. Suite a un naufrage ou je perdis tout hormis ce que j'avais sur moi, je fus contraint de devenir mercenaire. Mais encore une fois je fus tellement de choses... chasseur de primes, esclave, soldat, capitaine pirate...

Mais aucune de ces aventures ne parut me satisfaire... Ou plutôt deux fois. Deux fois je crus avoir trouvé ce que je cherchais. Le royaume sorcier d'Ulthuan me combla pendant un temps. Je devins rapidement capitaine des lions blancs, des soldats terriblement courageux et forts. Mais je finis par trouver un monde corrompu ou l'honneur de quelques uns ne pouvait racheter la déchéance des autres. Qui aurait cru que je puisse un jour arborer une armure blanche?... Qui aurait cru qu'un jour je serais roi?... Mais cela ne dura pas non plus. Le royaume de Skilhgard ne pouvait supporter d'avoir quelqu'un venant d'un autre monde a sa tête.

Aujourd'hui que suis je? Moi qui suis la a regarder la mer, geste que j'ai fais des milliers de fois, je ne suis plus qu'un aventurier. Certains diront un vagabond. Et c'est vrai. Je ne ramène aucune richesse, j'ai renoncé aux titres que j'avais gagné a la force de ma tête et de mes bras. Mais je ne suis pas malheureux. J'ai aujourd'hui des amis dans chacun de ces mondes que j'ai visité. J'ai découvert des croyances et des us étranges. J'ai cru mourir, l'ai je même été pendant une période? qui sait... Je suis presque sur aujourd'hui d'avoir vécu plus de 15 ans d'aventures.

Mais ai je vraiment quelques certitudes? Moi qui a été roi puis esclave, passant des velours de Bek aux fosses putrides du Cloaque? Moi qui fut l’imbécile au milieu des savants avant de devenir a mon tour le savant...

la, sur ce navire en direction des Flandres, Aedd, qui a bien grandit, a mes cotés, je me rends compte que j'ai vécu tout cela, je me suis infligé tout cela, juste parce que j'aimais l'aventure. Au fond, sur ce monde, le combat ressemblait a la forme la plus simple d'aventure. Mais sur les rivages de Saphery, dans les ruines d'Alfheim ou dans la nécropole de Myra, je ne cherchait plus le combat. Non, je me gorgeais d'aventures. Quelle grotesque inutilité que de passer sa vie enfermé. Le monde est si vaste, comment se contenter de sa petite vie et de son petit monde?

Je reviens car ce monde m'appelle. Malgré le picaresque récit que je donnerais, malgré mon envie de repartir, ce monde est le miens et je m'y sens appeler parfois. Il est peut être temps pour ce monde minuscule de sortir de sa gangue obscure. J'ai espéré, l'espace d'un instant, que ce monde ait changé pendant mon absence. Une espérance que je savais vaine... Avant de repartir a l'aventure, car ma vie sera encore longue, je dois rentrer a la maison.

Je reviens sans croyance, sans espoir, avec juste l'envie de partager le savoir, élever les hommes de ce monde a un peu mieux que ce qu'il est. Car sur aucun monde, je n'ai vu la dévotion et l'obscurantisme a un tel paroxysme. Je ne sais ce que sont devenus mes anciens compagnons. Cela n'a aucune importance car je ne viens pas prêcher. Je profiterais des moments que nous vivrons.

Mais déjà je sais qu'on me regarde avec curiosité. ma tenue chamarrée, ma cuirasse ouvragée, ma cote d’écailles... ou bien est ce l’énorme tête de lion que je porte sur l’épaule?... ou sont ce les armes que je porte? la flamberge de Flambeau n'a pas quitté la vallée des reines. Elle n'a pas quitté Aedd. J'ai du apprendre a forger l'acier sorcier, l'acier des rêves. J'ai aussi reçu cette longue et lourde hache lorsque j’étais Capitaine des lions blancs.

a l’époque on m'appelait Khoril... J'avais tué ce lion immense devenu fou qu'ils appelaient Charandis, dont je porte la fourrure aujourd'hui. A l’époque on me donna un trône a la tour des épées d'Hoeth. Avant de fuir avec Finubar et de rejoindre Alith Anar... Que tout ceci est loin... et qui peut comprendre cela? Qu'il est étrange quand on revient dans son monde de comprendre tout le monde parfaitement, alors que personne ne vous comprends. Je jure en isgarite, je chante en asurian, je compte en aergadra... ma tenue viens de Bek, ma cuirasse de Xang. Un étranger chez soi, mais j'ai appris a apprendre. Il me faudra peu de temps avant de redevenir, en apparence, celui qu'ils ont connu.

Et quand les jours seront trop longs, je me coucherais et je penserais a Alarielle qui arpente quelque part, un de ces vastes mondes...

Il est quand même doux de revenir chez soi.

Je me tourne vers Aedd. Qu'il a changé. Il est aussi grand que moi, élégant et fin. c'est un esprit vif, un artiste et un artisan de talent. Et un mage sans pareil bien sur... Nous regardons un homme baisser les yeux en nous croisant. Il se signe. Aedd me regarde, comme si il avait oublier ce que cela signifiait, comme si il s’étonnait lui même que quelqu'un puisse encore croire a ceci. Je baissais les yeux, triste. La croyance est partout ou se trouve la misère... Elle apporte ce dont les gens manquent...

ce monde manque de tout.

"Viens Aedd, nous devons passer des choses moins voyantes. Ils ne sont pas habitués ici.
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stan

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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Ven 12 Sep - 22:55

Mes enfants,

voila que mes voyages me ramene ici. Je suis resté proche de vous, malgré la distance, malgré l'adversité. Aujourd'hui, je serais heureux de vous serrer contre mon coeur. Mes enfants, vous etes les heros d'un nouvel age.

Nous avons tant a nous dire. Tant d'anecdotes a nous raconter, tant de souvenirs a nous rememorer... mais nous aurons aussi des decisions a prendre. le temps des vieux dragons est depuis longtemps revolu.

Il me tarde de vous revoir. J'ai hate aussi d'etre, pour Fara, Ultan et Iiltyd, autre chose que ce grand pere qui n'apparait que dans les reves. Rhys, je suis impatient de rencontrer ton epouse ainsi que le petit Bilal.

Avec mon amour,
Kho Cadwallon


Je fermais les yeux quelques instants. Pour la premiere fois depuis 15 ans j'etais anxieux a l'idée de voyager. Je posais le point final de cette lettre laconique, une tache d'encre lourde comme le plomb, une piqure qui semblait distiller un poison dans mon ame. N'etais je pas devenu un etranger pour les miens? quelques lignes ecrites maladroitements, une signature raturée, qu'allaient ils penser? Qu'allaient ils ressentir quand je poserais mes yeux delavés dans leurs yeux plein de vie. Qu'allaient ils penser de ma peau tannée eux qui vivaient paisiblement? leurs esprits, plein de sagesse, allaient ils leur reveler la flamme qui avait brulé en moi toutes ces années... allaient ils deviner les combats, les vols, les femmes, les rires et les ivresses qui avaient marqué ces 15 années. A la lueur de cette chandelle, alors que nous nous rapprochions des cotes des Flandres, je sentais une boule se former au fond de mon ventre. etait ce la peur de nouveaux challenges ou la crainte de ne pas retrouver l'aventure que je cherchais tant.

personne ne m'avait forcé a rentrer pourtant. Mais apres l'episode des iles Molene, j'avais ressenti ce besoin irrepressible de revoir les miens. Un besoin de securité? peut etre... C'etait a contre coeur qu'Aedd m'accompagnait. Nous nous etions rejoint quelques années auparavant et il se plaisait a arpenter les mers par dela les mondes. Il n'avait pas vraiment comprit la lassitude qui m'avait soudain envahit. Pour lui, j'etais ce condottiere avide d'aventure, ce combattant acharné... Il suivait la meme voie et avait du mal a comprendre qu'on puisse en choisir une autre. Et pourtant  il etait parti avec moi, laissant aventures et combats, pour decouvrir ceux qui, selon lui, composait le reste de sa famille. Depuis notre retour, il avait pourtant bien du mal a se contenir, le dragon qu'il etait n'etait plus adapté a ce monde. Il etait a la fois beau et effrayant, doux et parfois cruel, brutal bien qu'elegant.

Les marins du bateau ne s'y trompaient pas, ils evitaient de croiseur son regard, ils taisaient son nom et fremissaient en le croisant. Il en jouait avec delice malgré mes reprimandes. Au fond ce n'etait qu'un enfant. 20 ans a peine. c'etait l'age de Nimue, d'Arbogast, de Rhys et d'Ambroise quand nous sommes arrivé a Césarée. Que sont ils devenus? sont ils des adultes dignes? Le vieux Cadwallon n'aura plus de conseils a donner depuis qu'il vit comme un jeune homme. Alors pourquoi rentrer? J'ai revé d'Ancelin un peu apres que nous eumes embarqué sur le Lertxun... "Le grand dessein n'est il pas d’élevé l'homme?". Je repensais a ces ages obscurs, l'obscurité etait partout. Pas plus sur mon monde que sur les autres. L'obscurité c'etait la superstition, la peur de l'autres, la crainte de savoir.

Et puis il y eu ce jour... le Lertxun s'etait echoué sur une ile perdue. Il y avait eu ce temple etrange. Finubar l'avait appelé la chambre des jours. Ceux qui etaient entrés dans cette salle ne devaient en garder aucun souvenir. Je sus simplement qu'il etait temps pour moi de rentrer. J'entendais les cornemuses et les tambours d'Ynis Mor dans le vent, je voyais presque Abberffraw se dresser sur les cotes que nous longions. Depuis longtemps deja, je pratiquais ce que les Asuriens appelait la sérendipité. l'art d'apprendre de facon fortuite. C'etait la grandeur des asuriens, leur premier art, s'impregner de toutes les cultures, de tous les us, de tous les savoirs, tout en progressant vers sa quete personnelle.

"Khoril, tu crois que tu peux te plaire a nouveau ici?" me demanda Aedd.

"Appelle moi Cadwallon s'il te plait. Et evite de parler en Asurien."

Deja les marins nous regardaient d'un oeil torve, se demandant quel langage sorcier nous pouvions parler... Nous avions revetu des tenues plus classiques mais nous passerions forcement pour des excentriques meme en expliquant que nous etions flamands. Il n'y avait plus qu'a esperer que nos mines patibulaires suffiraient a eloigner les curieux. Au fil des ans, mon visage s'etait creusé, ma barbe etait parsemé de taches blanches, mes yeux etaient plus vif... mais pas autant que ceux d'Aedd. Ces yeux qui scintillaient d'un eclat saphir mettaient souvent mal a l'aise. Sa coupe a la mode kalarienne semblait aussi etrange que nos accoutrement de brocards et de rubans. Des tissus bariolés, des cuirs cloutés, des pantalons et des gilets de velours.

Je regardais les nuages noirs s'amonceler dans le ciel, ruminant mes pensées, quand les marins se mirent a chanter. C'etait un choeur gai et entrainant, une chanson en gallois que je n'avais pas entendu depuis des années!

"Beth wnawn ni â morwr meddw,
Beth wnawn ni â morwr meddw,
Beth wnawn ni â morwr meddw,
Yn gynnar yn y bore"


Alors comme par magie, le soleil sorti de derriere les nuages et mes sombres pensées s'eloignerent aussi.

"ne te fais pas de soucis Aedd! nous avons notre place ici, car nous sommes des aventuriers! notre place est partout!" dis je avec un sourire en frappant Aedd a l'epaule. Il parut chasser les questions qui l’assaillaient lui aussi.

Nous touchames terre rapidement. Sans plus attendre nous nous mimes en route pour Paris. Le trajet fut assez rapide et plutot tranquille. A plusieurs reprises, je sentis des regards insistants, des murmures... Je crois qu'ils prenaient Aedd pour une sorte de marchand normand. Mais les habitants se contenterent de ces quelques mots echangés car bien vite leurs yeux s'attardaient sur nos armes. Finalement nous arrivames a Paris. Cette ville avait beaucoup changé depuis mon dernier passage. Elle bruissait d'une energie folle. Nous n'eumes aucun mal a trouver Rhys.

C'est un homme a la mine savante que je retrouvais. agé de 34 ans, il semblait faire son age. Sa chevelure blonde etait toujours abondante. Il avanca vers nous en boitillant tranquillement. Il ne parut pas en souffrir outre mesure.

"Cadwallon! quelle joie de te revoir!" dit alors Rhys emu, " et toi le grand, ne me dit pas que tu es Aedd! la derniere fois que je t'ai vu tu étais haut comme trois pommes."

Les retrouvailles furent chaleureuses et on se donna force accolade. Puis Rhys nous presenta son epouse, Tiphaine. C'etait la fille d'un marchand, Rhys avait eu son frere comme eleve. Devant les eloges du frere, le pere avait jugé bon d'offrir la main de sa fille a mon neveu. La fille n'etant pas laide du tout, il est normal que Rhys eu accepté. Il avait eu un fils, Bilal. Le petit etait aussi brun que son pere etait blond. Il etait agé de 6 ans et il etait deja grand et robuste. Il se pris aussitot d'affection pour Aedd.

"quel beau garcon tu as!" dis je en riant
"il tient de son grand pere..." dit alors Rhys.

J'ecarquillais les yeux... "ton pere n'etait pas..."
"allons Cadwallon, mon "pere" n'est pas mort. Nimue m'a tout raconté. ne la blamé pas, j'ai beaucoup souffert de la mort de celui qui etait mon pere. Mais tout ceci est bien loin n'est ce pas!" conclut il avec un sourire.

Rhys vivait dans une belle demeure de pierre non loin de la sorbonne, rue de Montmorency. Il etait devenu un savant reconnu, un maitre dans les arts liberaux et en droit. Personne ou presque ne savait qu'il etait mage, il faisait tres peu usage de ses connaissances mystiques.

"alors tu n'as pas jugé utile d'user de l'elixir?" lui demandais je

"non. A vrai dire, je n'ai jamais vraiment usé de la magie depuis que je suis a Paris. Je crois meme que cela me deservirait... tu sais, mes collegues sont parfois tres envieux. Et puis, Tiphaine n'est pas une magicienne... je pourrai lui donner de l'elixir mais ca la changerait definitivement. Bilal n'a pas encore fait preuve de talents magiques mais ce n'est pas tres grave au fond. Tu sais, ici a Paris, les mages semblent sortir d'un monde lointain et superstitieux. J'ai fini par le croire aussi... Nous devons utiliser nos connaissances pour tenter des choses mais pas chercher la magie en tout chose. ce n'est au mieux qu'un outil. c'est l'Homme qu'on doit chercher en toute chose..."

Il semblait si exalté quand il parlait. Je reconnaissais bien la le jeune homme de Césarée, celui que j'avais appris a aimer, celui qui etait passé de blessure douloureuse a sujet de fierté.

"et ta blessure?"
"oh ca..." dit il presque distraitement, "elle me donne une assise et un serieux aupres des seigneurs et des puissants de ce monde. Elle fait de moi un veteran, un homme qui s'est battu pour le pape. C'est plutot utile."

Je le regardais avec amour. Quel beau visage plein d'intelligence. Quel beau regard plein de determination.

"Rhys, Gwynedd vivote. Elle a besoin d'un vrai seigneur a sa tete. Nous, nous n'avons rien fait de bon. Nous ne valions pas grand chose. Mais j'ai la certitude que toi..."

"Cadwallon je t'arretes. Je suis tres heureux de ce que tu dis mais ma vie est ici. Je serais tres heureux que l'on m'appelle Prince de Gwynedd, mais je ne pense pas y rentrer."

"je comprends..." dis je avec un peu de tristesse, "peut etre que Nimue..."

"Cadwallon, Nimue est une conseillere importante pour le saint empire. Elle n'ira pas non plus."

je baissais les yeux. Personne ne voulait plus de cette terre...

"mais j'y pense" dit alors Rhys, "il y a le cousin Leolin. tu sais, le fils d'Iorweth. Je l'ai eu comme eleve. Il est un petit peu plus vieux que Aedd, c'est un garcon brillant, un gallois fier de ses origines. Il serait parfait comme regent."

"je te fais confiance Rhys, tu es bien plus versé que moi la dedans."

"la politique te degoute toujours autant?"

"je m'y suis essayé mais cela n'a pas vraiment marché."

"et alors," dit Rhys en souriant, "ne nous as tu pas appris a ne pas renoncer si facilement.

Je le regardais a nouveau, quel homme etonnant. Je m'esclaffais.

"alors quel est ton programme, Cadwallon? j'imagine que tu n'es pas revenu de si loin juste pour nous voir."

"eh bien en partie." Rhys parut surpris. Il avait comprit que l'aventure etait devenu importante pour moi... "Mais je dois avouer qu'une nouvelle aventure m'attend. Au saint empire cette fois. Nous avons decidé avec Ambroise et Ancelin de fonder une nouvelle alliance."

"une alliance?" dit Rhys presque etonné.

"oui. Et une université." dis je avec un sourire. "nous aurons besoin de professeur..."

"je vois ce que tu veux dire..." dit Rhys. "Eh bien pourquoi pas... j'attendrais ta missive."

nous passames plusieurs jours avec Rhys a decouvrir Paris. C'etait assurement une ville etonnante. Puis vint le moment du depart. J'embrassais Tiphaine comme une fille. Elle s'etait averé etre un subtile melange de douceur et de force. Lorsque les voyait ensemble il me semblait evident qu'ils etaient fait l'un pour l'autre, regardant dans la meme direction, vers un avenir meilleur, plus lumineux. J'avais appris a connaitre Bilal, l'espiegle, le farceur, le bagarreur. Je crois que si mon pere avait pu le voir, il aurait trouvé que nous nous ressemblions. Une épee de bois, quelques eclats de verre avaient suffit a nous entendre. Mais c'etait les histoires de piraterie d'Aedd qui remportaient le plus de succes aupres du petit bonhomme.

"Tu as vieilli..." me dit Rhys, alors que nous regardions Aedd et Bilal s'amuser. je frottais ma barbe...
"pas seulement physiquement". Je me tournais vers Rhys. Il me regardais de ce grand regard, le regard de sa mere... "Je le vois bien, pas besoin d'etre mage pour ca. Ton regard s'est delavé. Sais tu apres quoi tu cours?"

"pas vraiment... je cherche l'aventure, la serendipité." dis je distraitement en me retournant vers nos lutteurs.

"ce sont des mots... mais que cherches tu vraiment?" me dit Rhys.

"je cours derriere le temps. Mais quelle importance." dis je en me retournant vers Rhys tristement, "je suis la pour le moment et c'est ce qui compte non?". Il me sourit.

"tu as raison, c'est ce qui compte pour le moment. Donne une chance a Bilal de te connaitre." Je lui souris.

Nous nous mimes en route promptement. Nous fimes une halte chez Conrad. Plus chenu qu'avant. Son epouse etait morte. Son fils avait ete blessé terriblement pendant la croisade albigeoise et il ne s'en etait pas vraiment remis, il ressemblait plus a un enfant de 5 ans aujourd'hui. Sa famille s'etait decomposée. Pourquoi un homme si bon avait il eu a souffrir de tant d'afflictions. Il avait cessé de prendre l'elixir, la decrepitude l'envahissait petit a petit. C'est avec la promesse de le revoir a l'université que nous nous quittames. Mais je savais au fond de moi qu'il y avait peu de chances que je le revois un jour. Ce vieil ami... Je me fis le serment de l'emmener avec moi dans un voyage afin de lui offrir le repos.

la pluie se mit alors a tomber. Nous devions retrouver les enfants a Bayreuth. Je decidais de nous rallonger un peu. Nous n'etions pas loin de la foret noire. Des que nous eumes franchit la lisiere de la foret, je sentis Aedd changé. Ses yeux bleus se fendir en deux. Nous cheminames jusqu'a l'endroit ou me fut remit l'oeuf. Il y avait la une immense colline.

"Aedd, c'est la que ta mere m'a confié a toi."

Aedd se dressait la, de toute sa stature magnifique, au milieu de l'emeraude des arbres. La lumiere se diffusait douce a travers les feuilles. Tout semblait d'or et de synople. C'etait comme si la foret renaissait, comme si elle retrouvait son prince.

Alors Aedd se tourna vers moi. Il pleurait. Je ne l'avais jamais vu pleurer. "Merci Khoril, merci de m'avoir montré ceci. Merci de m'avoir montré mon royaume."

"tu vois Téain, ce monde est aussi ton monde."

"j'ai pu lui parler tu sais..."

"je sais. ce que vous vous etes dit ne regarde que vous. Mais je sais qu'elle doit etre tres fiere de toi."

Aedd eu un dernier regard vers la colline puis il se tourna vers moi. Il eu un sourire. "je croyais que tu ne voulais pas qu'on se parle en Asurien?". Il me depassa. Je ne pus qu'entrevoir les larmes de ce jeune homme qui coulait abondamment alors qu'il laissait derriere lui la tombe de sa mere sans jamais avoir la certitude qu'il pourrait y revenir un jour. La traversé de la foret se fit le plus simplement du monde. C'etait comme si les buissons s'ecartaient a notre passage. Un dernier regard vers son royaume, une ultime promesse de revenir regner un jour sur ces bois et Aedd retrouva la superbe dont il ne se debarassait que rarement.

Depuis la foret, Bayreuth n'etait qu'a une semaine. C'etait une nouvelle ville, construite sur un carrefour marchand. Une de ces villes destinés a servir de maillage aux ambitions centralisatrices des rois d'aujourd'hui. La ville, bien qu'elle fut recente, etait deja importante. Elle avait attiré bon nombre de marchands, de militaires et de savants. C'etait l'endroit ideal pour Nimue et Arbogast. Ils vivaient dans un ensemble de batiment au coeur de la ville. Nimue etait une conseillere renommée et Arbogast un artisan reputé. Il n'y a qu'au saint empire que l'on aurait toléré de tels choses.

C'est Nimue que je vis d'abord, attendant impatiente sur le pas de sa porte. Elle etait toujours aussi belle. Ses grands yeux se poserent dans les miens et elle se mit a courir vers moi. Comme autrefois je la soulevais, malgré ses trois enfants elle etait toujours legere comme une plume.

"oh Tad! enfin tu reviens!" Elle leva les yeux vers mon visage, posa sa main la ou se trouvait ma cicatrice "tu as tellement changé... j'espere que tu n'as pas fais de betises. Je me suis fait du soucis pour toi."

Que ses attentions et ses precautions m'avaient manqués. "tu es toujours aussi belle." lui dis je finalement, plongeant mon regard dans la seule femme que j'avais jamais vraiment aimé. Mais nous fumes interrompu. Fara venait de se jeter a mon cou. Comme elle ressemblait a sa mere.

"Grand pere! tu reviens enfin!" la meme voix, les memes cheveux bruns, les memes grands yeux, on aurait dit Nimue plus jeune. Alors a son tour je la soulevais dans les airs. "mais qui t'accompagnes?"

"ahah, c'est Aedd, tu te rappelles de lui?". Fara regarda Aedd, lui sourit puis rougit quand Aedd lui rendit son sourire.

Arbogast arriva sur l'entre-fait avec ses fils. Je donnais l'accolade a Arbogast. Il n'avait pas tellement changé lui non plus meme si la barbe le vieillissait un peu. Les deux garcons a ses cotés ne me connaissaient pas. Ultan etait le plus grand, il avait 15 ans. C'etait deja pratiquement un homme. Il ressemblait beaucoup au pere d'Arbogast. La meme tignasse chatain, les memes yeux plein de noblesse, de courage, de justice. Il etait deja solidement batti, comme son grand pere paternel. Iiltyd ressemblait a Arbogast. Il avait 13 ans, n'etait ni particulierement grand ni specialement gaillard, mais se degageait de lui douceur, justesse, finesse. Il avait de longs doigts fins et se mouvait avec grace bien qu'il fut adolescent. Se degageait aussi de lui une certaine intelligence. Les trois enfants avaient ete eveillé a la magie mais il semblait que tous n'aient pas le meme interet... Fara aimait faire de jolies choses, elle aimait la vie et usait de ses talents magiques pour broder des tapisseries florales par exemple. Ce passe temps faisait enrager Nimue mais ravissait Arbogast. Ultan lui semblait plus hermetique a la magie. Il excellait dans le maniement des armes, il montait parfaitement a cheval et connaissait parfaitement l'histoire et la strategie. Il etait a peine un homme et pourtant on pouvait pressentir en lui le stratege qu'il allait pouvoir devenir. Ce coté va t'en guerre ne plaisait pas vraiment a Arbogast mais Nimue elle trouvait une certaine fierté dans ce fils a qui tous predisaient un grand avenir militaire. Selon Arbogast, en depit de ses 13 ans, Iiltyd realisait deja de splendides oeuvres. Selon Nimue, il pouvait lire instinctivement dans le coeur des hommes. Il etait encore trop tot pour lui ecrire un destin mais ce garcon etait vraiment brillant et il utilisait sa magie avec parcimonie et intelligence.

C'est dans un deluge d'embrassades que nous nous dirigames vers leur demeure. Nous passames plusieurs semaines fort agreable. Nous eumes droit aux remontrances de Nimue qui jugeait que nous prenions trop de risques et que nous etions trop violent, ce sur quoi Arbogast s'accordait. Nous avons pu echanger quelques techniques avec Arbogast. Je crois qu'Aedd fit la cour a Fara... et je decouvrais mes petits fils. Nous avons pu passer beaucoup de temps ensemble. Echanger quelques passes d'armes avec Ultan, fabriquer de petits objets avec Iiltyd...

Mes doutes me semblaient bien loin aujourd'hui. Oui j'etais de retour a la maison. Il etait inutile de chercher des raisons a tout. "Profite" me dis je enfin, "une nouvelle aventure t'attends pas differentes des autres. C'est toi qui a changé. soit celui que tu dois etre une nouvelle fois."

Alors les jours s'ecoulairent, heureux. Comme si je n'etais jamais parti, je me retrouvais dans l'atelier avec Arbogast. Mais cette fois nous echangions comme deux maitres et assurement Arbogast en etait un. Bien meilleur que moi. Je n'eu d'ailleurs pas grand chose a lui echanger si ce n'est quelques pierres magnifiques et les recettes pour l'acier sorcier et les lames de virtue. Et la encore il ne tarda pas a me depasser. Arbogast avait affiné son lien a la magie pour devenir un artisan incroyable.


Je passais du temps avec Fara, lui recitant la poesie Asurienne.
"
Dovahkiin, Dovahkiin, naal ok zin los vahriin,
Wah dein vokul mahfaeraak ahst vaal!
Ahrk fin norok paal graan fod nust hon zindro zaan,
Dovahkiin, fah hin kogaan mu draal!"

elle ne tarda pas a parler parfaitement l'asurien. Elle le chantait meme. la grace incarnée.

Chaque jour, Ultan tentait de soulever l'épée de Flambeau.

"un jour elle sera a toi" lui dis je enfin

"je te la donnerais le jour ou je repartirais en voyage. Mais j'ai un cadeau pour toi. un petit quelque chose pour te faire patienter. Mais que cela ne te donne pas de mauvaise idées, ton pere serait capable de se rappeler des lecons que je lui ai donné pour venir me tuer...".

Je lui donnais alors une épée d'acier sorcier. Elle etait longue et fine, parfaitement ouvragée.

"c'est Finubar le voyageur qui me l'a donné. C'est un roi puissant au dela des mondes. Mais cette arme n'est pas adapté pour moi. Elle attendait le bon porteur et je suis sur que tu es ce porteur."

Ultan prit l'épée en mains, celle ci scintilla l'espace d'un instant. Oui c'etait le bon porteur...

le petit Iiltyd etait toujours a trainer dans l'atelier. Mais il semblait que son passe temps favoris etait de regarder par la fenetre les gens qui passaient dans la rue.

"tu vois des choses interessantes?" lui dis je un jour.

"oui, je regarde le spectacle du monde..." dit il tres serieusement.

Je m'esclafais mais je me rendis compte qu'il etait tres serieux.

"de quoi as tu envie? dis moi, qu'est ce que ton grand pere peut faire pour te faire plaisir".

Il me regarda quelques instants, "je voudrais que tu restes. Tant que tu es la, tout le monde semble plus heureux".

"ah oui? tu crois?"

"j'en suis sur, je le vois". Ses yeux brillerent quelques instants.

"Iiltyd je vais te faire un cadeau. Un cadeau precieux."

Les jours qui suivirent je lui appris a souffler la magie, je lui appris que la magie n'avait que des nuances d'emotions. Il parut accepter ce present de tout son etre. une manifestation du dragon? peut etre.

Il n'y a qu'a ma petite Nimue que je ne pu rien apporter. Et comme d'habitude elle se contenta de ma presence.
"tu as fait attention a toi pendant toutes ces années? et Aedd, tu crois que c'est sa place? vous vivez comme des brigands. Apres Césarée tu aurais pu trouver refuge ailleurs. Rentrer a Abberffraw. Te faire cacher par Rhys... au fait il est au courant."

"oui je sais. Il me l'a dit. c'est Arbogast qui te l'a dit?"

"oui..."

"c'est aussi bien. ces histoires nous empoisonnait."

"mais ne detourne pas la conversation. Que vas tu faire?"

"nous allons construire une nouvelle alliance. avec Ambroise et Ancelin."

"et vous allez a nouveau vous faire des tas d'ennemis. Et tu devras encore te battre pour eux. Tu n'en as pas assez de te battre?" dit elle au bord des larmes.

"Pen, l'aventure ne peut pas se faire sans combattre. La vie est un combat. Tu es la plus belle chose que j'ai faite et celle que j'aurai le moins assumé. Tu as grandit seule, au milieu de rien. Tu as veillé sur moi encore et encore. Et tu continues a le faire. Mais aujourd'hui tu dois veiller sur ton foyer. Ne t'en fais pas pour moi, Pen, je ne suis pas si vieux."

Nimue me regardait l'air triste. "tu as vieilli Tad... ton regard il a changé."

"je sais, Rhys me l'a dit aussi. Mais l'aventure fait parti de moi. Ce n'est plus un regard blasé que je pose sur les mondes, mais un regard neuf. Ne t'en fais pas pour moi ma petite. Nous devons simplement trouver notre place dans le grand plan de l'univers... et les vieux dragons ne font plus parti de ce plan. C'est pourquoi tu es actuellement princesse de Gwynedd. Je pensais te proposer d'administrer Gwynedd mais ton frere a jugé plus malin de demander au cousin Llewellyn..."

Nimue me sourit."Il a bien fait. Ne t'en fais pas, le fils de Iorweth est tres competant a ce qu'on dit."

"oui il parait..."

"et ou allez vous installer votre nouvelle alliance?"

"a Nuremberg. nous allons y etablir une université."

"Vous avez raison, toutes les conditions sont reunis pour que votre dessein prenne forme. Je vais te mettre en contact avec quelques personnes qui pourront t'aider." Je decouvrais ma Nimue, conseillere, femme politique avisée. "Mais vous devrez malgré tout faire attention. La guerre entre les guelfes et les gibelins n'est pas fini. Tu as des professeurs?"

"eh bien, il y a nous 3. J'imagine que chacun aura du monde a proposer."

"et toi qui vas tu proposer? Aedd? meme si je l'aime comme un frere, je doute qu'il ait grand chose a enseigner."

"j'ai demandé a Rhys. Il a accepté."

Nimue ecarquilla les yeux. "c'est formidable! j'espere que Tiphaine et Bilal viendront avec lui!"

"c'est probable!" dis je souriant. "tu as peut etre toi meme des choses a enseigner?"

"tu sais Tad, pour moi c'est difficile. Je suis conseillere. On vous accuserait de prendre parti, ca ne serait pas bien. Mais je ne suis pas loin" dit elle en souriant.

Elle posa sa petite main sur la mienne. "je sais que tu ne tiens jamais cette promesse, mais promet moi de faire attention a toi. Il y a une petite fille que tu n'as pas encore vu."

Elle prit ma main et la posa sur son ventre. Je posais ma main sur sa joue. Puis Ultan et Iiltyd vinrent gacher ce moment en ralant et criant. Alors je pris ces deux garnements sur mes epaules pour les emmener loin.

c'est quelques jours apres que je recu un message de Dirk. Disons que je trouvais un message de sa part posé l'air de rien sur a table de nuit. Je le retrouvais quelques heures apres en ville. Il n'avait pas changé.

"alors vieux frere, tu es revenu de voyage?" dit il

"oui, j'ai senti qu'il etait pour moi de revenir. qu'il y avait des choses a faire ici. une nouvelle aventure..."

"tu me raconteras tout ca plus tard! Mais je crois a en voir tes vetements que je viendrais avec toi la prochaine fois. von Salza a besoin de toi. Et comme il a besoin de toi, je reviens pres de toi."

Je souris. Je l'aimais bien, malgré ses secrets, malgré ses defauts, c'etait un compagnon agreable. "je ne sais pas si Aedd te supporteras..."

"la crevette?" dit alors en s'esclaffant Dirk. Il s'arreta aussitot sentant une main ferme sur son epaule.

"la crevette a bien changé Monsieur Dirk... ou devrais je t'appeler le gros?" Aedd avait glissé un long poignard sous la gorge de Dirk qu'il rangea une fois que tout le monde ait bien vu ce qu'il faisait. Puis il donna une tape dans l'epaule de Dirk
"cela me fait plaisir de te revoir!"

"pas tant que moi..." dit Dirk en se caressant la gorge "en effet tu as bien changé."

Les jours s'egrainerent et la date du rendez vous arriva. ce n'etait meme pas un au revoir cette fois, juste une embrassade. nous nous mimes, Aedd et moi, en chemin vers Nuremberg, en route pour une nouvelle aventure.
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Ven 12 Sep - 23:00

un petit apercu de Cadwallon (80 ans) et de Aedd (23 ans oui mais en age de dragon ca fait combien?)

Cadwallon (ou Khoril... si vous etes familier des asuriens)


Aedd
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Lun 15 Sep - 15:48

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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Lun 15 Sep - 20:41

15 ans a parcourir des mondes qui n'etaient pas les miens. L'aventure a un prix, celui de l'oubli. J'ai vieilli, je ne mens qu'a moi meme. Mais les autres aussi ont vieillit. Que devrais je dire de Rhys. De Nimue et d'Arbogast? Ils ont vecu leurs vies d'adultes sans moi. J'ai ete ce pere absent, avide d'aventures, qui les a delaissés. Cette petite fille que j'ai perdue, aurai je pu la sauver si j'avais ete la? peut etre. Et Lenaig? j'ai l'intuition que sa mort est liée a Rhys. Nous l'avons laissé seule dans le nord, sans lui donner l'occasion de se sauver. J'ai eu plus de pitié pour mon frere que pour mon epouse. Etait elle plus mauvaise? je ne crois pas. Rhys l'a delaissé, furieux de nos mensonges, jusqu'a ce qu'il n'ait plus que ses yeux pour la pleurer. Voila peut etre pourquoi il ne m'a rien reproché. "Les reproches et les regrets nous empoisonnent et nous font vieillir" disait l'oncle Optat. Et il avait raison. Lorsque je demande a Nimue quand elle usera de l'Elixir, elle me repond quand elle aura un demi siecle. Apres quoi elle me demande si je ne suis pas heureux d'avoir des petits enfants, si il n'est pas plus agreable d'avoir une grande famille unie plutot que de se dechirer tout le temps. Quant a Rhys il hesite. Tiphaine voudra t'elle prendre de l'Elixir? pour elle, il est pret a vivre une courte vie. Aedd lui est face a un dileme... Il m'a avouer l'autre jour avoir de plus en plus de mal faire appel a sa nature draconique. Au fond, il oublie lui aussi. Il oublie cette magie qui coule en lui naturellement. Bien sur il restera celui qu'il est aujourd'hui mais le jour ou il decidera de revetir sa peau de dragon, il ne pourra plus faire marche arriere. Nous sommes aujourd'hui face a des choix. Me voila parti a enseigner... En suis je seulement capable?
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Mer 17 Sep - 18:34

L'age des héros est aujourd'hui bien fini, il ne reste de ces grandes heures que les massacres et les éclaboussures de sang sur les pierres. Et pour les guerriers il ne reste qu'une vie faites de fantômes et de courants d'air. Quelle est la place de soldat de metier? Celui qui consacre sa vie a prendre celle des autres jusqu'a ce que, arrassé par toutes ces années de tueries, il se laisse tomber sur la lame adversaire. Le guerrier, cet etre tronqué. Les hommes blemissent d'effroi en entendant la deflagration de la guerre. Elle agit sur eux comme un opium, comme un cauchemar. la guerre leur fait  perdre la raison, Ils la maudissent,ils la haissent mais ils la font... Jusqu'a en mourir. A quoi bon courir apres l'aventure, qu'on l'appelle guerre ou exploration. Fuire ou trouver sa place? les combattants n'ont pas leurs places dans ce monde, ni dans aucun des mondes. J'ai arpenté les mondes et je n'ai jamais trouvé ma place...

ces reflexions m'emprisonnaient depuis que nous avions decidé de fonder cette ecole de guerre. la perspective d'apprendre a des jeunes gens qui n'avaient rien a perdre, que la vie ne valait rien, emplissait ma bouche d'un gout de rouille et de sang. Alors que je fixais la chandelle dont l'eclat teintait la chambre de pourpre j'entendis un bruissement depuis les tenebres. Je décollais mes yeux de ce pinceau de sang pour chercher l'origine de ce bruit.

Je vis sortir de l'ombre Dirk.
"alors tu revasses chevalier?"

"tiens Dirk, que fais tu la?... Il y a longtemps qu'on ne t'avais pas vu dans les parages."

Dirk avait changé physiquement. Il avait conservé son rictus effrayant, ses yeux brillaient toujours du meme eclat mauvais, mais de la carcasse bouffie et grasse du contremaire de la verrerie de Césarée il ne restait rien. Son corps etait affuté et leger. Il aurait pu faire penser a Aedd, en plus petit.

"J'etais occupé". Un silence. Dirk jeta un voile noir sur ce qu'il avait fait. Etrangement, je n'eu aucune envie d'en savoir plus. "Notre ami Hermann a bien lu ton traité sur la guerre. Il a beaucoup aimé ton projet d'ecole..." Dirk tournait dans la piece, comme un chat. "Mais il voudrait plus... Il voudrait que tu rajoutes un autre cursus." Il se tourna alors vers moi, il planta son regard hypnotique dans le miens. "tu devines de quoi il est question?"

"Il veut ses espions..."

"exactement! Je t'avouerais que nos autres maitres voient cela aussi d'un tres bon oeil."

"je n'ai pas de maitres. au mieux quelques bienfaiteurs."

"appellent les comme tu veux, pieton. Mais tu te bats toujours aussi au service de quelqu'un. Certains... ne sont pas fait pour la guerre. Des gens comme moi. Laisse moi rentrer dans ton ecole, je m'occuperais de cet autre cursus. Secret bien sur."

Je baissais les yeux, contemplant les parchemins noircis de mon ecriture illisible. Au fond, Dirk avait raison. Qu'avais je a refuser a Von Salza? rien.
"tres bien Dirk. nous ferons cela."
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Ven 19 Sep - 14:12

C’était l'automne. La foret s'embrasait, chaque feuille, comme un éclat d'ambre, se teintait d'or et de brun. Nous nous étions installés dans une belle région. Depuis ma fenêtre je pouvais voir les champs qui avaient été réservés pour l'école. L'endroit avait déjà changé de puis les origines, l'homme, ce tyran infernal, avait déjà perçu son tribut des forets alentours. Nous, nous n'allions pas tarder a troubler la quiétude des lieux et les pâtis d'aujourd'hui ne tarderait pas a disparaître sous les foulées des escholiers. Était ce le tas de pierres a l'entrée de la prairie ou le flamboiement bronze mais un vieux souvenir refit surface...

A l'époque je venais de m'enfuir du Cloaque, l'immonde cité qui, de façon obscène, faisait face a la sorcière Bek, cité de velours et d’améthyste. Par chance (pour moi) un vaisseau rikevannien s’était échoué sur la grève. Grace a la magie j'avais pu les sortir de ce mauvais pas, moyennant bien sur, un voyage a leur bord. Ah! que cette période fut riche pour moi. Je me souviens encore de l'attaque sur Dorn et de ces vilains n'en croyant pas leurs yeux lorsqu'ils virent leur ancien roi a la tête des rikevanniens.

Apres ces événements, nous naviguâmes de nombreux mois. Un jour, a l'orée de la gueule, entre l’océan de l'effroi et l’océan de l'infini, je vis des débris émerger de la brume bouillonnante. A cet endroit, le ciel et la brume semblent se mêler dans un maelstrom mordoré. Comme si le bord des mondes se trouvait la, comme si tous ces mondes faisaient eux même partis d'un seul univers, comme s'il existait une multitude de ces univers et qu'ici, a porté de cet effrayant gouffre qu’était la gueule, la courbure de l'univers transformait la réalité.

Donc sur le bord du monde, je vis les ruines magnifiques d'un monde aujourd'hui détruit. La magie était forte ici. Je le sentais. Elle courait sur mes bras, dans mon torse. Je vis un peu plus loin une sorte de dépression dans la brume. Des éclairs en sortaient.
"c'est une très ancienne civilisation. Ce que tu vois, c'est les restes de ce monde." me dit Einar.
"et qu'est il arrivé?" lui demandais je.
"qui sais... la guerre sans doute. l'avidité aussi."
Einar regardait ce monde englouti. L’éclat mordoré de ce monde abîmé se reflétait dans les grands yeux bleus du rikevannien.

C'est ce jour la que j'ai compris. L'homme est capable de grande chose. Il excelle a détruire et il est encore meilleur lorsqu'il construit. Mais il ne sait pas conserver les choses. Il est emporté par son avidité. Alors ce jour la, je me sentis comme un vrai rikevannien. Puisque la mort et la destruction est ce qui nous attends tous, puisqu'il n'y a aucun espoir, choisissons au moins notre façon de mourir.

je repensais soudain a l'oncle Optat qui disait tout le temps, malgré son grand age: " celui qui dit que la plume est plus forte que l'épée n'a jamais eu a affronté un descendant d'Einion Yrth de Gwynedd!". Alors face a ces ruines, sinistres symboles de la decadence et de la chute inexorable des peuples, je me mis a rire.

un morceau de bois vint heurter la coque du bateau... la chute inexorable des peuples.
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Ven 26 Sep - 23:09

Depuis la fenêtre, la forêt qui s’étendait aux pieds de l’université, ressemblait à un océan émeraude. Le vent du nord soufflait depuis quelques jours et la frondaison couleur de bronze de ces vénérables pins semblait se mouvoir comme tant de vagues, venant s’écraser sur les murs blancs et rouges, véritables falaises, de notre université. Le vent s’engouffrait partout, les bâtiments n’étant pas totalement finie et comme les banshees des légendes, il hurlait et sifflait dans les couloirs vides. J’entendais Ambroise et Ancelin se plaindre de ce temps horrible, l’hiver arrivait. Moi, fils de Gwynedd, j’aimais ce temps. J’aimais la pluie qui tombait drue, le vent qui sifflait aux oreilles, la neige que l’on cueillait au creux de sa main. Un grincement dans la charpente… aujourd’hui tout m’emportait loin de l’université, loin de Gwynedd… Sur une autre mer d’émeraude, sous la pluie et les embruns.

Un an était déjà passé depuis que j’avais quitté le Cloaque et ses immondices, un an depuis le sac de Bek la sorciere, Bek la noire. Si les blessures physiques avaient depuis longtemps disparu, d’autres cicatrices, mentales celle-ci, étaient encore a vif. Je ne digérais pas l’affront qui m’avait été fait, moi le prince, moi le magicien, j’avais été traité en esclave. J’avais été esclave. Au fond d’un puits, creusant dans la boue et la fange, pataugeant dans les ordures jusqu'à ce qu’enfin je puisse étrangler de mes mains le gardien. Il avait lutté pour sa vie mais n’avait pas pu s’opposer a l’étreinte de mes bras. Il avait râlé, craché du sang, donné des coups de genoux, mais je n’avais pas lâché. Et puis il y avait eu un *crac* et il s’était ramolli comme un pantin avant de souiller son pantalon de toile. C’est en lâchant le corps désarticulé du soldat que j’aperçu mon reflet dans sa cuirasse. Que restait-il du seigneur que j’avais été ? Sur ce monde à la fois plus avancé et plus cruel j’étais devenu ce que je pouvais, une bête luttant pour sa survie. Mon visage s’était émacié et je ne reconnaissais qu’à peine mon corps noueux et musclé. Je portais les restes de la tenue de velours que j’avais porté autrefois, résidus d’une gloire perdue qui se résumait aujourd’hui a un haillon crasseux, presque un pagne de sauvage. Je dois avouer qu’au début je ne me suis pas reconnu. Mais, alertés par les cris du garde que je venais d’exterminer, d’autres soldats arrivaient en direction du puits. Je n’eu que le temps de me jeter dans un boyau d’évacuation. Rampant pendant des jours au milieu des peaux en décomposition et des excréments, nageant dans le tanin qui coulait comme une multitude de ruisseaux de montagne depuis les sous sols de la cité. Cédant au désarroi, je cru que ce cloaque putride allait avoir raison de moi, qu’il serait ma tombe, jusqu'à ce que je finisse par entendre le vent, comme un cri de banshee, dans les ténèbres. A l’aveugle je devais suivre ce canal d’air frais qui allait me conduire dehors, vers la liberté. Je devais par la suite rejoindre un navire rikevannien, souiller la ville qui m’avait mit plus bas que terre, l’incendier et partir a nouveau a l’aventure vers un nouveau monde. Je devais voir plus qu’aucun homme de Gwynedd n’avait jamais vu. Frôler la Gueule et ses terrifiantes cascades, piller navires marchands et vaisseaux de rois avant de devenir à mon tour un seigneur des mers. Je m’entendais bien avec les rikevanniens. Je haïssais la civilisation, sa décadence, sa folie, le savoir qui conduisait les hommes a devenir toujours plus cruel. Sur mon navire j’étais libre enfin. Nous étions tous libres, avides d’aventures et de richesses, libéré des affres du destin, ne craignant plus la mort. Si celle-ci pouvait frapper n’importe quand pourquoi vivre dans la peur ? Je vivais comme un pirate, sauvage et brutal, sans pitié et de nombreuses fois je devais repenser a ce chien que j’avais affronté mentalement. Étais-je un chien ou un dragon ? Étais-je un seigneur ou un voleur ? Ici, sur la mer, ces questions n’avaient aucun sens car sur la mer les hommes étaient égaux, qu’ils fussent roi ou manant, ils étaient tous a la merci des éléments.
Cette vie de brigandage dura plusieurs années. Et puis un jour j’en eu assez. Un vent d’ouest soufflait depuis plusieurs semaines déjà. J’avais cru au début, a une illusion due a la fatigue mais l’évidence parlait d’elle même, il y avait bel et bien une chose qui m’appelait, la bas a l’ouest. C’est sous la clarté de la lune, sans un bruit, que je devais quitter les cotes du Rikevane sur un simple skif, abandonnant mon navire de guerre et mes compagnons d’aventures. J’étais rentré dans leurs vies subitement et je les quittais tout aussi brutalement mais la ou j’allais, ils ne pouvaient pas me suivre, ils n’auraient pas comprit. Je devais dépasser Porto Alto dans le royaume de Fenice sans encombre, devant moi la mer d’émeraude et les grandes portes d’airain.

Les portes d’airain, monstrueux monument de pierre et d’alliage, se dressait au milieu de la mer comme bâti par un géant des profondeurs qui aurait voulu se garder des intrus. Depuis des millénaires, le géant avait disparu et depuis ces grands portes vertes et effrayantes constituaient le seul point de passage pour la mer d’émeraude. Les portes d’airain étaient un endroit singulier ou la brume habituellement rosâtre et électrique se changeait en un étrange brouillard tantôt verdâtre tantôt mordoré, lourd et amorphe. Il fallait être un marin chevronné ou posséder une très bonne carte pour pouvoir passer l’immonde arche et même dans ces cas la, le succès de l’entreprise n’était pas garanti. La faute au brouillard vert qui semblait faire perdre tout sens de l’orientation. J’étais seul sur mon minuscule navire, avançant au milieu d’épaves de navires colossaux venus d’autres âges. Le silence était lourd, je n’entendais que les craquements de mon vaisseau. J’avais l’impression de traverser un marais putride ou flottait partout des cadavres, terrifiante sensation… était ce la peur ou le froid qui venait de tomber qui me fit frissonner ?... Sans attendre la réponse, je ramenais le gouvernail pour m’engager dans le chenal qui conduisait aux portes. Je les vis la, devant moi, dans leur splendeur grotesque, portes d’airain vertes sombres et subtiles, montants de pierre ocre couverts d’une végétation séculaire, quel monument… Depuis quand ce porche était il la, dressé au milieu du brouillard et des rochers, servant de tombe aux marins infortunés. Depuis quand des hommes tentaient de passer ce seuil, espérant richesse et gloire de l’autre coté.

A l’approche des portes un vent se mit a souffler et j’eu aussitôt l’étrange sensation que l’air charriait des mots qui m’était destiné et comme guidé par le message des sylphes, je me mis a suivre cette piste enchantée. A cet instant ou j’aurai du me cramponner au gouvernail, a l’affut du moindre mouvement suspect, du moindre courant, je me sentais tout a fait détendu. Le bien être m’envahissait, j’avais la certitude qu’après les portes rien ne serait moche. J’étais la au milieu d’une mer inconnue, seul sur un minuscule navire, et j’étais bien. A cet instant précis, personne ne me manquait, je vivais pleinement sans avoir a me soucier de qui que ce soit. L’aventure est une passion égoïste, il faut aimer la solitude pour passer d’un chemin a un autre sans se soucier du lendemain. A cet instant donc, j’avais oublié mes enfants, mes amis et je ne vivais plus que pour moi, goutant ma fortune, profitant du vent. Je passais sous les portes, minuscule éclat de bois sous ce porche de pierre et de métal, hypnotisé par la grandeur de l’endroit, entrainé par le chant qui me guidait vers l’autre coté du seuil. Les portes étaient ornées de bas reliefs tellement magnifiques et ignobles qu’ils n’avaient pas pu être sculptés par des mains humaines. Des Léviathans, des créatures marines, des cyclopes aux visages effrayants, des géants au visage poulpesque. Comme dans un rêve, je vis ces choses se mouvoir devant moi, étirer leurs tentacules patinées vers mon embarcation, se battre entre elles, bouffonnes reconstitutions de batailles oubliées. Noyé dans ce maelstrom primordial, je ne tardais pas a passer les portes d’airain, l’ouverture vers un autre monde, une transition douce, sans a coup, imperceptible.

Les voyages entre les mondes ne se passaient pas toujours aussi bien. La facilité de passage dépendait de la nature du monde mais aussi de la nature de ses habitants. Il était donc bien plus simple d’aller et venir sur le monde d’Aontaithe, un monde de voyageurs poussés par l’imagination et curiosité que de sortir d’Oblivion, ce monde nécropole. De la même façon, il était de plus en plus difficile de s’éloigner de notre monde tant il se recroquevillait sur lui-même, chassant curiosité et magie. Je venais a peine de franchir les portes qu’elles disparurent dans ce brouillard verdâtre. Je devais naviguer au milieu de cette brume malade plusieurs jours, toujours guidé par le vent enchanté qui chantait sans discontinuer. Ne sachant pas ou j’allais, je finis par m’allonger dans le bateau pour m’endormir profondément. Depuis quand je n’avais dormi aussi bien, impossible de me le rappeler. La vie sur un navire vous force a ne dormir que d’un œil mais la, au milieu de ce brouillard pale, je m’étais laissé happer par un sommeil de plomb. Je me rappelle d’avoir vu une femme a la beauté inhumaine, je me rappelle de son regard noir et froid, déterminé, je me rappelle de sa bouche écarlate et fine, de son teint d’albâtre, de son corps fin et élancé, de cette tenue rouge qu’elle portait sans pudeur et qui semblait venir d’un autre âge.

Je me réveillais en sursaut ! Vaseux, la bouche sèche, une croute de sel formé sur le visage, je m’extirpais des filaments gluants de ce sommeil trop profond. Combien de temps était je resté endormi, je ne sais pas, mais cela faisait de toute évidence trop longtemps. Je ne parvenais pas à reprendre pied et la réalité semblait être une berge lointaine. Je cherchais sur ma carte un point de repère car enfin le brouillard glauque s’était dispersé. C’est après plusieurs minutes que je me rendis compte que les chants des sylphes qui m’avaient jusqu'à présent escorté ne résonnaient plus. Le vent soufflait toujours oui, mais la musique elle semblait avoir été aspirée. Je me relevais pour me rendre au gouvernail et c’est la que je pris conscience de l’extrême lassitude qui m’habitait. Une sensation désagréable qui s’apparentait au manque de virtue… non ! C’était le manque de virtue. Et je la sentais même sortir de moi, épaisse et brulante, comme aspiré par un effroyable ventre invisible. La virtue allait devenir sans tarder le cadet de mes soucis, au cours de mon sommeil j’avais dérivé jusqu'à pénétrer dans une tempête.

Je luttais avec le gouvernail pour tenter de m’éloigner de cette tourmente marine mais inexorablement mes forces m’abandonnaient, tentant de palier ce manque de virtue qui comme part une plaie béante continuait a être aspiré. Bientôt les vagues furent trop grandes pour mon petit navire et les vagues n’eurent aucun mal a le retourner. Tombé a l’eau, la tête émergeant a peine de la surface, j’étais harcelé par les lames en furie de l’océan. Je ne devais pas paniquer, mais lorsque la nature veut votre mort, vous vous sentez toujours un peu petit et le vieil homme que j’étais fut gagner par la panique malgré tout. C’est tout en me débattant pour éviter de couler que je parvins a retirer armes et armure qui immanquablement m’attirait au fond. Je venais a peine de me décharger de tout cela que je me sentis aspirer par en haut, je levais les yeux et vit sans aucun doute le plus gros rouleau jamais vu. Je nu que le temps de murmurer un tout petit creo auram avant que le rouleau de toute sa masse ne s’écrase sur moi.

« J’ai faim » voila la première chose qui me vint a l’esprit quand, après dieu sais combien de temps, je repris conscience sur cette grève de pierres. Une fois de plus, il me fallait tout reprendre a zéro car j’avais tout perdu au cour de ce naufrage. Le retour a la vie fut lent, maudissant les dieux pour mes mésaventures, regrettant cette soif de l’inconnu et ma propre stupidité qui me conduisait invariablement dans les pires déboires. L’absurdité de cette aventure me rendait fou, j’étais sans aucun doute le seul imbécile a tout abandonner pour suivre un courant d’air. Alors que j’avais tout, je me retrouvais une nouvelle fois sans rien et pour éviter que tout ceci ne recommence je décidais de me laisser ravaler par la mer. Il n’y aurait plus d’aventures, plus de combats, plus de massacre, juste le calme du fond des eaux. Mais le destin une fois de plus n’en fit qu’a sa tête et préféra m’envoyer deux curieux messagers. Je les entendis arriver de loin, ma tête posé sur les rochers captait la moindre onde de choc et a dire vrai, je ne crois pas qu’aucun de ces deux émissaires de la fatalité n’ait jamais entendu parler de discrétion. Bruyant comme une escadre, ils s’exprimaient en grognant et reniflant, claudiquant d’une pierre à l’autre ou trainant leurs bedaines avec difficulté sur le tapis de galets qui formait la plage. Sans même avoir ouvert les yeux, je savais qu’ils ne pouvaient que m’apercevoir, même au milieu des algues arrachés par la tempête, étendu sur ce tapis vert et brun. Alors qu’ils devisaient âprement sur les usages du guano, l’un d’eux s’arrêta, marmonna quelque chose et je les sentis s’approcher plus que je ne les vis.

« Tu crois qu’il est mort ? » dit un des deux compères qui devait avoir un bec de lièvre.
« y a qu’a prendre un bâton » dit l’autre en grognant comme un porc.
« Un bâton ? » chuinta l’autre
« Pour voir s’y est mort pardi ! » couina le second.

J’avais dérivé pendant des jours, j’avais faim, j’étais fatigué et la dernière chose dont j’avais envie c’était de me prendre un coup de bâton. Alors que je sentais le morceau de bois s’enfoncer dans mes cotes je finis par dire :
« Il n’est pas mort non ! »

Stupeur parmi le duo.

Après de nombreuses minutes, ou peut être était-ce des heures, de réflexions j’ouvrais finalement les yeux. Je cru l’espace d’un instant être rentré a Gwynedd, avions nous fait naufrage ? Etait je vraiment parti en terre sainte, j’avais peut être rêvé ces 15 dernières années… Je levais les yeux vers le ciel afin d’y trouver le soleil mais je ne l’y trouvais pas. Les galets était ocre et vert clair, un peu comme du jade et le ciel, ou s’amoncelaient de gros nuages gris et noirs, était de la même teinte vert délavé. Quel étrange endroit a la fois triste et beau. Ce qui me dérangeait le plus c’était cette absence de soleil, d’où pouvait venir la lumière ? Je me relevais en même temps que je découvrais ce panorama étonnant et délayé, presque mélancolique et parfois effrayant. La nature semblait figée et le temps suspendu, les formes de vie avait l’air contrefaites… ou plutôt primitives. Mes deux compagnons n’étaient pas différents, sans pour autant afficher des traits d’animaux, ils possédaient quelque chose de primale, que ca soit dans le nez en forme de groin de l’un ou les déformations de l’autre qui lui donnait l’air d’un insecte. Ils étaient plutôt petits gras, vêtus pauvrement et ils empestaient la sueur et les ordures.

« Bien aise qu’vous soyez t’jours eud’s’monde vot’ seigneurie » dit celui avec le groin en retirant cérémonieusement une calotte de cuir usée et sale. Je posais mon regard sévère sur lui et aussitôt il baissa les yeux avant de donner un vigoureux coup de coude a son comparse qui se sentit obligé de dire quelque chose a son tour.

« Pour sur ! On eusseoit ben d’la peine qu’vous eûtes accident ! » Dégoisa l’autre avant de dévoiler le sourire jaune et éparse que cachait son bec de lièvre.

Même si leur compagnie n’était pas dès plus agréable, c’était pour l’heure, les seuls êtres vivants que j’avais rencontré et comme il ne me semblait pas hostile je me radoucis quelque peu.

« C’est ca, c’est ca, trêve de politesse. Ou suis-je et c’est quoi vos noms ? » Ils parlaient une sorte de sabir a base d’une langue qu’a Bek on appelait l’asurien. C’était une langue assez proche de l’irlandais ou du gallois dans les sonorités il ne m’était donc pas très difficile d’influer sur les intonations afin de renforcer mes mots. Celui au nez de porc sursauta en m’entendant parler ainsi.

« Oh ben j’soyons Dukkara et y s’nomme Hare. Y viennent du village de Pacala calu, l’village au pied d’la tour » et joignant le geste a la parole il m’indiqua une tour immense qui perçait les nuages, comme une épée noire plantée dans la terre. Un frisson me parcouru l’échine, cette tour était à la fois impressionnante et effrayante et je ne pus m’empêcher de repenser aux portes d’airain.

«J’imagine qu’y a pas d’aut’ villages alentours ? » demandais je dans l’espoir de ne pas avoir a suivre ces deux canailles dans leur repère.

« dam’ non vot’majesté. C’est l’seul bourg alentour et l’seul connu du pays ! » dit celui qui s’appelait Hare.

« et… vous croyez qu’y’m’srais possib’ d’m’y restaurer ? » dis je. Tant pis je devais bien me reposer quelque part et la crasse était préférable a une lente et douloureuse agonie.

« sur, sur vot’saintrie. Qu’il nous suive on va l’y emmener a bon r’pas chaud » dit Dukkara qui découvrit par la même une rangée de dents jaunes et pourries.

Dukkara m’expliqua que le village n’était pas loin et qu’il suffisait de suivre un petit chemin côtier. Le village qui s’étendait au pied de l’immense tour avait l’habitude de recevoir des marins naufragés parce que l’endroit était particulièrement dangereux. Le plus souvent les marins ne repartaient jamais, préférant s’installer sur place.

« De toute façon ou qu’ils peuvent aller sans rafiot, hein ? » ria grassement Dukkara.

La nature semblait tout envahir, tout dévorer, telle une pieuvre qui aurait étendu ses tentacules partout. Je voyais ca et la des oiseaux aux couleurs pastels et des animaux au pelage sombre longer la lisière de cette forêt a nulle autre pareille. Il y avait quelque chose d’angoissant dans cette forêt pétrifiée. Dukkara et Hare se rendirent compte que je regardais avec attention la sylve émeraude et ceux-ci ne tardèrent pas a me déconseiller de la regarder. Selon eux il n’y avait rien de bon dans cette forêt, Pacala Calu était le seul village de ce monde et il fallait l’accepter. C’était plongé dans l’ombre de la tour que nous nous approchions du village, son regard pétrifiant posé sur nous, pénétrant, atroce et effrayant, sa maçonnerie cyclopéenne semblant venir du début des âges, peut être même de leur origine, nous broyant sous son gigantisme. Les révélations de Dukkara concernant le « continent noir », puisque c’est ainsi qu’ils l’appelaient, me laissèrent perplexe. Suivre ce vent enchanté avait été une folie et j’allais devoir en payer le prix.
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Mer 8 Oct - 1:43

Les arbres grinçaient dans le vent et quelques flocons tombaient encore, presque fondus, malgré le mois de février déjà bien avancé. Je m’étais retiré dans la forêt proche de l’université, la bas j’étais sur que le monde ne viendrait pas troubler ce besoin impérieux de solitude qui me dévorait depuis Irensila. Notre aventure au pays des faés me laissait toujours un gout amer dans la bouche car je savais que ces créatures étaient capables d’une grande cruauté et j’avais réagis comme un imbécile, me laissant submerger par la colère au lieu de montrer un visage impassible. Je repensais a tous ces asuriens qui a mon arrivée s’était moqué de moi de la même façon, raillant mes manières de guerrier et la faible puissance de ma magie et pourtant je m’étais hissé plus haut qu’aucun autre. Cette ascension n’avait pas été dénué de sacrifices et exigeait que je fasse mes preuves a chaque instant. En revenant dans ce monde, blasé et suffisant, je reniais ce que j’étais devenu au prix de tant d’efforts, au sacrifice de tant de vie, je reniais le général que j’étais devenu pour redevenir une bête sauvage. Je sortais d’un tissu vert sombre une longue tige d’argent couverte de mécanismes et de symboles étranges, une flute que m’avait offerte cette chère Khilana. Je caressais amoureusement la patine de ce tube opalin, admirant chaque reflet de flammes dans ce miroir étrange et merveilleux. Seul, au milieu de ces bois sombres, je me mis a jouer de cette flute comme tant de fois auparavant et les notes cristallines s’élevèrent vers la frondaison naissante, pénétrèrent l’écorce des arbres avant de disparaitre dans le vent. Dans la froidure de février, le contact de cette flute me réchauffait le cœur et consolait mon âme solitaire ainsi les heures s’égrenèrent en même temps que les accords atteignaient les nuées. Quand j’eu finis de jouer, je regardais le feu, les notes asuriennes chantant encore dans mon esprit et le souvenir du feu de Dukkara me revint en tête.

Depuis la grève, nous avions prit un chemin a peine dessiné qui serpentait entre les touffes diffuses d’une végétation aride et sèche faite d’ajoncs, de bruyères, de violettes et de cristes marines. Dukkara n’avait fait que parler, parler du village, parler des fruits de mer qu’on trouvait dans les rochers et des délicieux pâtés de poisson qu’il faisait. Le village de Pacala Calu était entouré d’une mer de lagure ovale agitée par les vents, si bien qu’on eu dit que le village nageait sur des flots queues de lapins. A mesure que nous nous approchions, le village me semblait de plus en plus pathétique, l’amoncèlement grotesque de bois flotté et de pierres en équilibre ne dépareillait pas a l’aspect contrefait de ses habitants. Dukkara m’expliqua que les habitants de Pacala Calu ne pouvaient rien construire et que tous les objets qu’ils possédaient avaient été amenés sur la plage par la marée, ce qui justifiait en partie le nombre impressionnant de figures marines, pieuvres, poissons, monstres marins, qui décoraient les murs délabrés des masures. Nous traversâmes le village sous les regards torves et les couinements peureux des créatures qui occupaient ces basses maisonnettes, l’ombre de la tour, qui me semblait de plus en plus gothique et effrayante, plongeant le hameau dans une pénombre dérangeante.

Le taudis de Dukkara était bas de plafond, envahie de crasse et percé d’une seule fenêtre qui diffusait une lumière blafarde dans l’unique pièce de vie. Dans un coin du minuscule logis, un chaudron noirci émettait tout un concert de glougloutement glauque ainsi qu’une odeur de vase chaude. Sur la table maculée, Dukkara entassait pots et gamelles, pâtés et soupes tous plus dégoutant d’aspect.

« Mange donc ! » dit Dukkara en grognant.

Cette nourriture gluante et puante ne m’attirait guère mais lorsque je sentis mon estomac gargouillé, je me résignais finalement à manger de ces écœurantes mixtures. Je pris un morceau de ce que Dukkara appelait « son meilleur pâté » accompagné d’un morceau de ce qui pouvait s’apparenter a du pain. Je croquais a pleine dents dans la mixture et je sentis un mélange gluant et gras me couler dans la gorge accompagné d’un gout de vase et de viscères absolument écœurant. Je mordais dans le pain afin de faire passer le gout de l’abominable cuisine de Dukkara mais la saveur de cendres du pain ne changea rien.

« Quel est donc ce pain ! » m’écriais je

« C’est l’pain d’cend, eul meilleur d’la ville » dit il tout fier

« Je ne comprends pas. Vous avez la foret a proximité, la bas vous pourriez trouver des racines pour faire votre pain »

« vot’ seigneurie, y ‘n’ faut plus y causer d’la foret ! y soit maudite ! » Dit Dukkara dans un mélange de peur et de colère.

« Maudite ? Pourquoi maudite ? »

« c’t’ainsi. Y’a des choses… malfaisantes. » murmura Dukkara, la mine comploteuse « la tour est not’ limite, nous n’soyons jamais d’laut coté »

« Mais qui vous contraint a cela ? »

Dukkara ouvrit la bouche pour me répondre mais une lueur de crainte passa dans ses yeux, comme si l’aiguillon de son maitre s’était planté dans ses cotes a l’instant ou il comptait me faire quelques révélations interdites et il se ravisa se contentant de me montrer une direction, la tour… ou la forêt.

Les discussions allèrent bon train après le repas, Dukkara me raconta les légendes de ce peuple en prenant toujours bien soin de ne parler ni de la forêt, ni de la tour et sans même nous en rendre compte nous avions parlé jusqu'à la tombée du jour. Ces créatures, en dépit de leur aspect hideux, étaient tout a fait sympathiques voir même attachantes. L’air de la nuit charriait des odeurs marines et on pouvait entendre le chant des vagues qui s’écrasaient violement sur les falaises alentours mais ce n’est qu’une fois endormi que j’entendis ce chant, cette douce mélopée, qui m’avait conduit jusqu’ici avant de m’abandonner soudainement. Je sentais le moindre de ses mots, comme un léger courant électrique, me parcourir le corps avant que le chant se fasse plus fort et ne me contraigne a me lever. J’avançais dans la nuit, comme un somnambule guidé par ce langage entêtant, louvoyant entre les huttes jusqu'à l’orée de cette funeste forêt ou le chant si doux se faisait soudainement morose et emprunt de mélancolie, comme un appel a l’aide désenchanté. Je restais la, quelques minutes peut être, a écouter cette complainte millénaire chantée par la moindre feuille, par la plus petite des fleurs de ce jardin perturbant. Je restais prostré à la lisière de cette forêt comme sur ce seuil duveteux qui marque la séparation entre rêve et réalité… Étais-je le seul à entendre ce chant ? Toujours guidé par cette litanie délicate, j’avançais dans le noir jusqu'à ce que mon pied heurte quelque chose et que le cocon agréable de ma demi-conscience se déchire. A présent pleinement réveillé, je regardais l’objet que j’avais frappé de mon pied lorsqu’a ma grande stupeur, je vis qu’il s’agissait d’un crane, pas un crane de bête non, il s’agissait la d’un crane d’homme et en fouillant a tâtons je découvris, tout a coté, des os en multitude. Je cherchais la cause logique de cet ossuaire lorsque dans la nuit, j’entendis un bruit étouffé. La magie coulait juste assez en moi pour me permettre de voir dans la nuit et en l’espace d’un instant mes yeux prirent leur véritable teinte, je sentis mes pupilles devenir deux fentes et bientôt le monde ne devint plus qu’un camaïeu de gris… jusqu'à ce que j’aperçoive une infime tache orange qui m’observait derrière un buisson d’ajoncs. Je distinguais clairement dans la main de cette tache une sorte de gourdin mais je ne pu en voir plus, la créature avait du distinguer l’éclat de mes yeux dans la nuit. J’entendis bientôt une sorte de grognement venant du village et bientôt toute une quantité de ces taches orange sortirent de leurs masures, armées de gourdins et de piques. De toute évidence ces grossières caricatures d’hommes avaient perdu de leur bonhommie et on devinait aisément que ces infâmes créatures, toutes misérables qu’elles fussent, s’assemblaient en grand nombre afin de me tuer. Je décidais de mettre en application ce que j’avais appris au contact des hommes des iles Feniceennes qui, en dépit de leur aspect placide et bon vivants, étaient devenus maitres dans l’art de se déplacer dans les ombres et de tuer en silence. Sans aucun bruit, je me relevais emportant avec moi une cote bien pointue en guise de poignard et je me dirigeais aussitôt a l’arrière de la dernière maison ou, j’enfonçais mon arme d’os au plus profond du cœur d’un trainard qui succomba dans un léger gargouillis. Aucun des tueurs monstrueux ne semblait avoir remarqué la disparition du trainard, je décidais de me glisser comme une panthère dans une des cahutes, mon poignard, telle une griffe à l’éclat mortel, frappant dans les ténèbres une carcasse grasse et molle qui émit un borborygme que j’étouffais de mon autre main. Il ne suffit que d’une poignée de paille enflammée pour que la masure s’embrase et bientôt la meute grouillante et hoquetante s’assembla autour du brasier puant sans se rendre compte que j’allumais partout dans le village des incendies verdâtres qui tels des cheminés écroulées crachaient des fumées huileuses et suffocantes. Face a un tel déluge la meute porcine se mit a couiner dans le plus grand chaos et c’est a cet instant que je passais a l’attaque, sautant d’un brasier a l’autre, saignant et transperçant ces créatures ignobles sans prendre la peine d’étrangler leurs cris, les trainant encore vivantes dans les flammes que j’avais allumé. Je me laissais pénétrer par les effluves du combat, massacrant et défonçant en tout sens lorsque soudain, a travers les brumes du combat, j’entrevis la silhouette de Dukkara qui prenait la fuite entre les cahutes brulantes. Me lançant a ses trousses, je traversais le mur embrasé d’une hutte projetant partout braises et brandons qui enflammèrent aussitôt les broussailles environnantes. Surpris, Dukkara sursauta en me voyant me dresser devant lui et alors qu’il me regardait, les yeux emplis de peur et de suppliques, je le saisi a la gorge, le décollant du sol. Il couinait et grognait alors que comme un garrot infaillible, mes mains lui ôtait petit à petit la vie, il se débattait comme un beau diable mais semblables a des câbles d’aciers, mes muscles accentuèrent la force de l’étau qui se refermait sur sa colonne vertébrale et dans un crac sonore celle-ci fini par se briser. La furie du combat s’évanouissait enfin et je relâchais la dépouille infâme de ce traitre, la plus part des habitants de Pacala Calu avait fuit et ceux qui ne l’avait pas fait était mort. Un vent terrible soufflait de la mer, comme si les ondes qui se déchainaient au pied des écores, voulaient chasser l’air souillé de fumées grasses et d’odeurs de chair brulée et c’est dans la clarté ondulante des feux que je pris la direction de la forêt, ultime refuge, qui dans cette nuit troublée d’ombres dansantes semblait presque accueillante. D’un bond je disparaissais dans les épais fourrés.

La journée était bien entamé a présent et je commençais à avoir faim. J’avais marché droit devant moi a travers la sinistre entendue émeraude, sans chercher a me retourner, sa savoir vraiment ou aller et il faut reconnaitre que je m’étais fais happer comme un moustique aurait été happé par une grenouille. Alors que je soufflais quelques instants, je me rendis compte que la forêt, comme un sépulcre de jade, était absolument silencieuse bien que ca et la j’aperçu des oiseaux aux couleurs délavés qui ne tranchait pas au milieu des fleurs, pales et rabougries qui ornaient l’envahissant océan vert. Même l’invincible course du temps ne semblait avoir aucune prise sur cette canopée de bronze qui s’étendait probablement la depuis l’aube des temps et qui dans sa noblesse primordiale refusait que les choses vivent a un autre rythme que le sien. Rapidement, l’immobilité me parut insupportable car si rien ne bougeait entre les branches, je sentais une présence peser sur ma nuque et bien que je me sois retourné plusieurs fois pour vérifier que les amis de Dukkara ne m’avait pas suivi je restais persuadé que quelque chose m’épiait.

J’errais depuis plusieurs jours déjà dans ce piège vert, dans un premier temps j’avais pu m’orienter mais cet invraisemblable labyrinthe végétal avait fini par atrophier mes sens déjà largement émoussé par le manque d’eau et de nourriture. Grace au peu de magie qui me restait j’avais pu générer de l’eau mais cette forêt continuait d’engloutir ma Virtue et cela faisait maintenant deux jours que je n’avais pas bu. C’est au détour d’un chemin, alors que la jungle se faisait moins dense, que je vis ces gros fruits violets qui pendaient lourdement sur leurs branches, exhalant un parfum doux et sucré qui me pénétrait les narines et chassait les reliquats des odeurs d’incendies. Ma raison me hurlait de continuer mon chemin, d’oublier ces fruits interdits qui m’attiraient dans leur toile comme l’aurait patiemment fait une araignée, sachant inexorablement que la proie finirait par faillir… et c’est ce qui arriva. Je finis par me jeter sur ces fruits, arrachant leur peau épaisse avec les dents, me délectant de leur jus épais et frais légèrement acidulé, engloutissant leur chair pareil a celle de quelques fruits exotiques composé de graines et d’arille mauve, parfumée et sucrée. Je dévorais plusieurs de ces gros fruits avant de m’endormir, repu et satisfait, sous un arbre couvert de lourdes fleurs violacées.

Comme si on avait rempli mon estomac de vitriol pendant mon sommeil, je fus réveillé par de terribles douleurs au ventre, la tête me tournait, mon cerveau frappait comme un tambour dans mon crane et visiblement j’avais vomi une substance noire et épaisse comme du goudron pendant que je dormais. Je savais que ma gourmandise allait m’être fatale mais ne parvenant pas a me résigner a mourir la, au milieu de cet enfer vert, j’entreprenais de me mettre debout. M’accrochant comme je pouvais au tronc sur lequel je m’étais adossé, je tentais de me lever sur mes jambes flageolantes pareilles à celles d’un faon qui viendrait de voir le jour. Je tombais de nombreuses fois et quand enfin je parvins à me dresser sur mes membres endoloris, je me mit a vomir a nouveau. C’est alors qu’un chant léger, cristallin, presque angélique se fit entendre, il m’attirait tout droit vert le cœur de la jungle, droit à ma perte, droit vers la mort et c’est en titubant comme ivrogne que je me mis en route vers l’origine de ce chant. Je devais tomber de nombreuses fois, me prenant les pieds dans les racines ou vomissant jusqu'à l’évanouissement ce liquide visqueux et noir qui comme un vers me dévorait de l’intérieur, lorsque ce n’était pas mon esprit qui, au seuil de la folie, se retrouvait assailli par les fantômes du passé et les monstruosités de cette forêt maléfique. Je n’étais plus qu’une bête haletante et crasseuse lorsqu’enfin je parvins a m’extraire de ce cauchemar végétal et de ses mortelles griffes d’émeraude. C’est a quatre pattes que j’avançais sur ce sol de pierres irrégulières, finissant d’entailler mes genoux et mes coudes, m’ouvrant l’arcade alors que lâchant sous mon poids, ma main s’était dérobé sous moi propulsant mon visage vers une arête saillante du dallage. Le sang chaud, rendu épais par la déshydratation me coulait dans les yeux, teintant d’un rouge lugubre et carmin ce monde qui n’arrêtait pas de tourner. J’aperçu brièvement mon reflet blafard dans une mare d’eau croupie. J’étais, sans trop savoir comment, parvenu au pied de l’escalier cyclopéen d’une cité de jade aux proportions dantesques, c’est l’endroit que je choisi pour m’effondrer pour de bon.

Des songes merveilleux envahirent mon esprit, je vécu des batailles épiques et des aventures grandioses qui semblèrent combler ma soif de périls et de combat et c’est au son d’une lyre aux notes célestes que je m’éveillais. Complètement hébété je pris conscience que j’étais allongé, comme un pacha oriental sur un ensemble de coussins moelleux, au centre d’une pièce richement décorée de paravents sculptés et de tentures d’or et de saphir. La pièce scintillait d’un léger éclat opalescent, comme si chaque pierre de cette architecture extravagante avait été façonné a partir de morceaux de lune brillante. Alors que je me redressais sur les oreillers, la lyre se tut et j’entendis les pas léger d’une femme s’approcher de moi. Jamais je ne devais oublier la scène qui allait suivre car encore aujourd’hui, malgré toutes ces années de voyage, je n’ai vu une femme qui égalerait en beauté celle qui je l’apprendrais plus tard, m’avait sauvé. Je vis d’abord sa main délicate écarter d’un geste une tenture marine couverte d’or et de pierres bleues puis comme un félin bondissant elle pénétra avec grâce dans l’alcôve que j’occupais, révélant a mes yeux la splendeur de son corps gracile et parfait.
« Tu es réveillé ? Mon nom est Khiandra » souffla t’elle…
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Mer 22 Oct - 19:26

Depuis combien de semaines ne m'etais je pas approché de ces quelques velins, temoignages raturés d'une vie d'aventure et de guerre. Mais ces derniers temps les souvenirs avaient ete chassé par les evenements marquants d'un présent envahissant et la douce nostalgie qui s'insinuait en moi, ici bien a l'abri entre les murs de mon ecole, me semblait deformée ou dissonante. Les dernieres heures de notre sejour a Jerusalem en compagnie de Tannhauser avaient ete l'occasion de partagé plus que des discours, en effet chacun avait pu sa facon montrer aux autres le chemin qu'il suivait... J'avais tenté tant bien que mal d'expliquer les raisons de ma presence ici, sans forcement les connaitre, sans avoir les mots pour nourrir cette discussion. Apres coup, je ne sais si finalement nous avions bien fait...

Se livrer n'est pas toujours la solution, c'etait ce qui avait fait la faiblesse du roi Teclis, ce qui avait conduit Khiandra au desespoir. D'un autre coté le silence ne resolvait rien non plus alors dans le doute, je preferais confier mes reflexions a de grands esprits. Car si le bon Cadwallon de Gwynedd etait a présent reconnu, qu'il faisait office d'autorité guerriere parmi certains elements, il n'en etait pas moins un simple guerrier qui trouvait a theoriser sur ce qui avait constitué la majeure partie de sa vie. On dit qu'on ne se livre jamais autant que lorsque l'on combat... Alors, que pouvait on dire de moi? Je sais que ma tactique a Jerusalem a déplus, trop indirect, ne laissant pas une part assez grande a la cavalerie... pas assez de cavalerie, disaient ces chevaliers gras et suffisants! Que savent ils de la chevalerie, ces politiciens et ces marchands drapés d'acier portant l'épée comme le sceptre de l'impunité, avides de triomphe a moindre coup et de prestiges pas trop risqués. Godefroy de Bouillon, voila un héros qui a su se dresser contre les seigneurs plus puissants, changer le courant de son destin, conquerir Jerusalem...

Mais le heros de ces temps ne peut plus etre de cette trempe, bien sur il sera entouré de brutes assoiffées de sang mais le il saura les tenir par la bride et en faire bon usage, il sera un savant et un philosophe. De ma rencontre avec Frederic II je garde le sentiment qu'il n'est pas le heros de ce temps, il est assurement lettré et sage mais trop joueur, trop delicat, trop diletante, pour influer sur le destin du monde. Il suffit de regarder l'histoire pour voir que les hommes qui marquent le monde sont des hommes determinés et engagés, Alexandre, Leonidas, Scipion, Belisaire ou meme Platon... Mais Alexandre a eu Philippe, Platon a eu Socrate et Belisaire a eu Fabius et j'ai la certitude que Frederic II sera cet exemple pour les rois a venir.

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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Jeu 23 Oct - 0:01

Je m’etais lancé dans le recit de mon aventure sur le continent noir avec l’espoir de revoir le visage de Khiandra, sublime apparition dans la vie brutale du reître que j’etais. L’université était devenu un endroit douillet ou il était agreable de travailler et, meme s’il m’etait difficile de le reconnaitre, j’appreciais ce confort, cet atre chaleureux et ce fauteuil mouelleux d’où je dirigeais par l’esprit la plume qui transcrivait toutes mes pensées.  Un confort que j’avais appris a apprecier avec les années, preuve, s’il en était vraiment besoin, que les choses nous manquaient que lorsqu’on les avait perdues. Je tentais de me rappeler de cette jungle, de ces fruits violets, de cette pyramide cyclopeenne, œuvre de dieux dements issus d’un temps heureusement passé. Cette tentative de souvenirs ne m’avait reconduit que sur les rivages souffrés et noirs de la cote des dragons en Drakenheim.

« Tu fouilles encore tes souvenirs ? » me dit l’oncle, qui n’était encore qu’une vague idée intangible dans cette brume rosatre et folle.

« Oui… mais… »

« Comment je le sais ? Tes souvenirs te ramènent toujours ici quand tu hésites. » dit il en posant sa main sur mon epaule, « aller, viens »

J’etais a présent pleinement dans Drakenheim, sur le devant de ce fortin de pierres magmatiques, sombres et massives qu’habitait l’oncle. Nous passions ensemble les deux sculptures de dragons qui gardaient l’entrée telles deux gargouilles veillant sur le logis. L’oncle ne me semblait pas si vieux a présent et bien qu’il aie eu la barbe et les cheveux blancs, il se deplacait encore avec vivacité. Il était bien sur un peu etrange, et bien que je ne sus jamais vraiment si c’était a cause de la solitude ou de l’elixir, j’aimais parler avec lui.

« tiens j’ai eu la visite de ton fils ! » dit il en riant en me servant un verre de vin

« Rhys ? » dis je surpris.

« non… pas Rhys. Qu’est ce qu’il viendrait faire ici ? il ne croit pas aux dragons… Non ! je parle de l’autre, le petit ! comment s’appelle t’il déjà… » s'agaca t'il.

« Aedd. »

« c’est ca ! » dit il avec plaisir, « c’est un bon petit, soucieux… trop ! mais un bon petit. Je lui ai parlé en dragon mais je ne crois pas qu’il ait comprit. »

« cela m’etonnerait. Je ne parle pas le dragon et c’est moi qui lui ai apprit a parler… »

« eh bien justement… je crois que c’est quelque chose qui lui manque… comme a toi. »

Je regardais mon oncle perplexe sans trop savoir ou il voulait en venir, ce qui m’inquietait plutôt puisqu’il n’était pas homme a tourner autour du pot, c’était un combattant né, un héros des anciens temps qui avait combattu lors de la premiere croisade et le voir ainsi me troublait.

« oh je t’en prie Cadwallon, mon neveu, ne me regarde pas comme ca… Je ne suis pas immortel, j’ai déjà 233 ans et je sens que petit a petit, meme ici ou la realité m’est plus favorable, je deviens de plus en plus « mage ».

Il avait eu un rictus en prononcant le mot « mage » comme si cette chose le degoutait profondement. Il n’avait jamais été un mage modele assurement, il était a l’origine de la tradition des mages guerriers de la famille alors qu’avant lui les miens s’etaient contenté de regner sur le pays de galles.

« Je sais que tu es independant, que tu n’accordes que peu d’importance aux noms, aux ordres… Mais quand je t’ai parlé de la maison Heitinog… eh bien j’aimerais transmettre mon heritage, cet héritage douteux et etrange melé de tradition galloise et de magie de Diedne. Je ne vois pas à qui le transmettre… si ce n'est a toi.»

Apres tout pourquoi pas, jusqu’ici j’avais toujours emprunté la route qui s’offrait a moi pourquoi en changer aujourd’hui, pourquoi refuser a cet homme a qui je devais tout ce plaisir essentiel. J’acceptais donc de rejoindre la maison Heitinog.
Je devais passer plusieurs semaines a Drakenheim, la ou notre magie ne serait pas un probleme.

L’oncle m’expliqua qu’aux origines il y avait les dieux du ciel et les deesses de la terre et que de l’incroyable conflagration qui suivit leur rencontre, étaient nés les mondes. C’était le temps de l’insouciance et de la joie ou dieux et deesses s’amusaient en façonnant des orbes couvertes de forets, de montagnes, d’oceans et de lacs. Mais les dieux n’etaient pas capable d’aimer ni de trouver la concorde aussi entre les dieux destructeurs du ciel et les deesses creatrices de la terre naquit bientôt une terrible concurrence. De cette concurrence, il ne resta bientôt plus qu’une seule orbe intacte alors les dieux et les deesses deciderent de cesser cette guerre insensée. Mais un des dieux du ciel jaloux du savoir des deesses de la terre tenta de créer une race et c’est ainsi que naquit les dragons. Les deesses prirent ombrage de cette creation et deciderent de detruire la derniere orbe mais rattrapé par la bonté qui les animaient, elles ne parvinrent qu’a eclater l’orbe. C’est de l’explosion de cette orbe que surgit un principe qu’on baptisa : Equilibre. Il decida que les dieux avaient fautés en volant les prerogatives des deesses mais qu’en comparaison la destruction partielle de l’orbe d’où il était sorti était bien pire, il condamna alors les deesses a vivre reclusent pendant 7 revolutions du grand dragon. Les dragons furent alors les seules creatures a parcourirent l’immensité des mondes nés de l’explosion de l’orbe et pendant cette periode ils purent bruler et detruire a loisir les lieux magiques qu’avaient crée les deesses. Mais les 7 revolutions finirent par passer et finalement les deesses purent a nouveau contempler leurs creations et ce qu’elles virent les plongerent dans une profonde tristesse. Les dieux du ciel, attendrient par leur sort, soufflerent alors sur la terre et de ces souffles naquirent de jeunes dieux incarnant chacun un principe. Ces jeunes dieux n’avent pas l’allure des dragons, ils etaient semblables aux hommes en tout point si ce n’est leurs incroyables talents. Les dragons, jaloux de ces attentions, deciderent de detruire ces nouveaux dieux. Une nouvelle guerre eclata, les jeunes dieux prièrent leurs meres et elles leurs donnerent la capacité de forger le monde. Mais cela ne suffit pas, les dragons, haut dans le ciel, hurlaient des mots de puissances et decimaient les jeunes dieux. Le plus frele mais aussi le plus valeureux fut alors envoyer voir les dieux du ciel. Mais ceux-ci ne l’ecouterent pas, jugeant qu’ils n’avaient pas a favoriser les jeunes dieux au detriments de leurs fils premiers. Le jeune dieu reparti c’est alors que l’Equilibre lui apprit le secret des dragons : le Thu’um. Bientôt le jeune dieu apprit aux siens comment utiliser le thu’um et les dragons ne furent plus invincibles. Quand les dieux du ciel voulurent favoriser leurs fils, l’Equilibre intervint et les emprisonna hors de l’orbe. La guerre se prolongea quelques temps decimant les rangs des jeunes dieux et des dragons. Des rangs des dragons surgit Kyne, la plus impressionante des dragonnes et c’est Gwynddo qui prit la tete des jeunes dieux. Lors d’un affrontement cataclysmique, Gwynddo utilisa le Fendragon, un cri si terrible que meme la terrible Kyne accusa le coup. Regardant autour d’eux, Gwynddo et Kyne comprirent que l'orbe serait detruite si ils continuaient alors ils firent la paix et de cette paix naquit Dovahkiin et Mabyddraig les enfants des dragons. Alors que les mondes n’etaient plus que des deserts de cendres et de pierres on vit, lors des premiers cris de ces enfants, le sang des dragons se meler aux cendres des jeunes dieux et surgit des decombres des mondes, les hommes. Ces hommes n’avaient ni la grace ni l’intelligence des jeunes dieux mais ils possedaient, la capacité d’apprendre et d'inventer, ainsi qu'une etincelle magique, un brandon draconique qui leur permettrait d’utiliser la magie et le thu’um ou comme on l’appelerait plus tard le rhuo.

« notre famille descend directement de Mabyddraig… » reprit l’oncle avec serieux, «  mais le rhuo s’est perdu quand les dragons ont quitté cet éclat d’orbe a la peripherie des mondes… ». Il semblait soucieux, il l’avait toujours été lorsqu’il offrait son savoir. «  Diedne n’a pas vraiment comprit l’etendue des secrets qu’ils ont decouvert… Toutefois je dois aussi te dire que cette benediction peut aussi être une malediction… Nous ne sommes pas nos ancetres puissants et terribles et nous sommes encore moins des dieux… Dans notre famille le rhuo se contrôle mais si tu l’apprends a d’autres, ils perdront la parole car ils ne pourront pas controler la puissance draconique. Maintenant je vais t’apprendre le premier cri. Bien… c’est l’ancien cri de notre famille… il signifie : « que le feu du courage brule ».  tu es prêt ? bien vas y… »

Je sentis alors une puissance inconnue dans ma gorge, comme si tout a coup les organes se mettait a resonner comme des cloches d’airain, comme le tonnerre, et sans m’en rendre compte je prononcais les 3 mots de cette devise oubliée…

Spoiler:
 

sans douleur, comme un cri que je retenais depuis trop longtemps, un tremblement enflammé surgit de ma gorge brulant tout sur son passage… Jamais je n’avais generé une telle puissance avec ma magie. Je sentis les ecailles de mon cou bruler, tout mon corps semblait a present plus draconique qu’avant, comme revelant un heritage enfoui qui n’attendait que cette occasion pour se reveler…

« tu pourras apprendre bien d’autres mots» me dit l’oncle, « mais il te faudra être patient et surtout prendre garde a l’usage que tu feras de cela… c’est une arme puissante… une arme oubliée de notre monde… » dit il de sa voix chevrotante les yeux perdus dans le vague…

Je sus  a cet instant qu’il était temps pour moi de rentrer a l’université. Je detenais un pouvoir oublié depuis tres longtemps, un pouvoir insoupconné… Je pouvais parler comme un dragon et au fond je comprenais Ambroise, a cet instant je comprenais que pour un dragon argumenter se transformait en un combat a mort et je sus, je sus ce que je devais faire.

C'est encore les cheveux brulés et l'odeur de souffre collé aux vetements que je sortais dans les jardins de l'université, c'est la que je vis Aedd... Il jouait et se battait avec Alfinn... Il riait dans le soleil d'hiver et a cet instant je me sentis plus proche et plus fier de lui que jamais.
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Jeu 23 Oct - 22:26

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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Jeu 30 Oct - 22:00

C'est au coeur de sa chambre, presque caché dans une alcove, que Cadwallon ressort un fragment de ce qui fut autrefois la grande coupole de verre de Césarée... Dans la pénombre des chandelles, le verre se teinte de toutes les nuances d'ambre et de rouge...

Qu'il etait beau ce toit et que nous avons parlé vous et moi Ambroise... Et nous parlons toujours... Mais en depit des années, rien a changé... Pourquoi Ambroise?... Pourquoi vous tourmenter a ce point et m'entrainer dans votre chute. Ne l'avez vous pas compris encore? Nous sommes liés et quand vous chutez, je chute avec vous. Ma chute sera t'elle provoqué par celle que j'aime presque plus qu'une fille? Est ce elle qui me plongera dans le crepuscule? Est ce elle qui me fera partir a jamais de ce monde?

Oui... plus qu'une fille. J'aime mes enfants au point de mourir pour eux mais quelle histoire nous lie si ce n'est le lien du sang? Ce que nous avons vecu ensemble est un millier de fois plus fort... Entre nous existe des liens d'acier et de magie qui ne se couperont que lorsque je partirais...

Alors pourquoi? Pourquoi apres toutes ces années c'est encore a moi de vous relever? Pourquoi faites vous l'enfant? alors que je suis un veillard presque fou qui a, plus que jamais, besoin d'un soutien? Pourquoi votre flamme ne flamboie t'elle pas quand la mienne s'eteind? Je ne peux pas me reposer sur Aedd, il est trop jeune, il a le droit d'avoir sa propre vie... Je croyais en vous Ambroise, je pensais que vous seriez la clef de voute.

Mes enfants... ne croient pas aux dragons, c'est a peine si ils croient en la magie... Alors dites moi Ambroise, pourquoi me tourmenter ainsi? Pourquoi tenter de mettre a terre le dernier edifice que je tente de construire sur cette terre? Est ce un signe? voulez vous que je parte definitivement parce que ma place n'est plus ici?

Est ce de ma faute? ne vous ai je pas assez bien conseillé? ai je été trop severe? n'ai je pas affiné votre lien a la flamme? est ce ceci qui vous empeche de briller?  Vous qui cherchez vos reponses ailleurs... c'est sans doute ma faute... Cette guerre que je n'ai pas mené avec vous et que vous avez perdu... Cette magie qui vous rend folle...

Une preuve de plus que je ne suis qu'un pauvre fou vagabond incapable d'aimer, incapable de transmettre... tout juste bon a detruire.

faut il donner une vie pour une autre? si c'est le cas, dieux de lumieres et d'ordre, et vous demons de chaos et de tenebres, prenez moi et laissez Ambroise, le monde a plus besoin de poetes que d'assassins.

Cadwallon vient de souffler une bulle de verre a partir du fragment du grand dome... avant de la refermer, il y enferme un secret sous la forme d'une flamerole eternelle, fragment de son ame, qui disparaitra quand la sphere se brisera.

Tout fini toujours par se briser et disparaitre...

Partout dans l'université les feux se sont tamisés, le froid est tombé, Gelert a hurlé et la tristesse de Cadwallon est allé jusqu'a Ambroise

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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Jeu 30 Oct - 22:08

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Jezabel Charlotte

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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Ven 31 Oct - 15:50

Le couloir s’illumine d’un coup. Un souffle désincarné et presque tangible passe à travers la lourde porte en bois pourtant close. Caresse la tête de Gelert qui apaise son hurlement.
Se matérialise en phénix de lumières changeantes, qui entoure de ses ailes Cadwallon, recroquevillé dans l’alcôve. Sa flamme entoure, transperce la chair et l’essence intangible de l’être, en un Souffle, en un Mouvement.


(et c’est là, si tu souhaite, tu pourras donner/conférer maintenant un point de Crépuscule ou de Décrépitude à Ambroise, qui en 1231 a 50 ans , 3 Elixirs derrière et sur le point de faire son 4eme Elixir, un peu en avance, mais vu avec olivier c’est ok…  )

Pour un instant, le dôme de Césarée renait et étincelle de mille couleurs de ses vitraux au dessus de la tête de Cadwallon. L’instant d’après, cette vision est soufflée, il n’existe plus nul toit, nul dôme, nulle barrière... Les couleurs flamboient sur la voûte céleste : un Dragon et un Phénix. L’un irradiant mille lumières, comme une étoile parée d’un prisme. L’autre jouant dans les rayons obliques et enluminés, tantôt évanescent, tantôt brûlant, mourant et renaissant, pulsant…


Je dansais sur une falaise, Père,
Sur les rayons obliques de l’aube.
Mais sous mes pas le sol se dérobe :
Et dans un gouffre tombe la lumière…

Rappelez-vous : orages sur la mer,
Écume salée et cris affolés des mouettes !
Mes mensonges criards pour souffrance muette,
Crucifiée sur l’oblique et épurée lumière…

Tous les hommes qui passent, mon Père,
Ni l’habit de deuil, ni ma sombre robe
N’ont pu remplacer l’étreinte de l’Aube.

Ici, le jour est court, long est l’hiver…

Voyez l’Aurore boréale, Père !
Elle est flamboyante et si éphémère,
Elle meure et renait, brule et se dérobe…

Mon Aube est morte, Père.
Je pleure sa lumière :
Les hommes sages ont dit
Que nous ne partagerons pas le même Paradis !

Si vous saviez comme j’ai froid aujourd’hui, Père !
L’aurore boréale est l’encre de mes vers,
Comme un arc-en-ciel éclaté, l’aube brisée,
Des chansons éphémères en visions irisées…

Vous m’avez fait phénix, Père !
Laissez-moi donc mourir, afin que je renaisse…
Car j’agonise, et en moi, et en votre tristesse,
Père, Faiseur de flammes, Tisserand de lumières…



(PS : pour Ambroise, l'Elixir prend la forme d'un rituel où il faut symboliquement mourir pour renaître, et ça, Cadwallon le sait, depuis le premier, où elle s'est faite emmurée vive à césarée pour la durée du rituel)
PS2 : bon, le rythme est pas si régulier que ça, mais c'est voulu pour les cassures courtes et les cassures en vers impairs  Razz









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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Mar 4 Nov - 21:07

La flamme de la chandelle venait d'etre soufflée. Apres ces jours difficiles, ou l'inquisition avait conduit l'université aux portes de l'enfer, je prenais gout au repos. J'avais passé tellement d'heures a parler avec Rhys mais un pere n'est pas une epouse et tous les mots que je pouvais avoir ne remplaceraient pas l'affection de la douce Typhaine.

C'etait une tragedie bien connue de ceux qui avaient le don, la malediction qui me poussait a penser que ce don n'etait definitivement pas le present qu'il semblait etre. Pendant des années Rhys avait lutté pour ne pas prendre l'elixir mais aujourd'hui que son ame soeur avait disparu, que lui restait il? une famille et ce don. Porté par le chagrin, Rhys s'etait plongé dans le travail. Magistere, quaesitor, je n'aurai jamais cru qu'il suive un tel destin et aujourd'hui tout mes espoirs concernant le tribunal du Rhin etait placé en lui. Les generaux, les combattants, l'histoire finit toujours par les oublier, les batisseurs, l'histoire leur doit tout.

J'avais profité de ces nuits d'hiver pour finir le cadeau que j'avais confectionné pour Ambroise, un globe de verre, echo de Césarée. Une flamme, fragment de la l'ame que j'etais, une simple flamme, un brandon brillant dans la nuit. ce n'etait qu'un murmure de dragon piégé dans le verre, un bibelot que j'avais deja offert a Nimue et a Rhys, qui les avait accompagné le temps qu'ils les transmettent a leurs propres enfants. Ce n'etait rien si ce n'est ma presence et ma chaleur... j'avais l'espoir qu'une si petite chose puisse rechauffer les coeurs.

Je m'etais introduit dans les appartements d'Ambroise, voulant deposer mon present sur sa table nuit, lorsque je sentis... Je sentis le massacre dans la foret, la tuerie joyeuse et sourde... Oui... elle aura vraiment besoin de cela. Cette guerre avait emoussé son esprit c'est certain. Je lui etais reconnaissant du present qu'elle m'avait fait mais... Mais nous avancions desormais sur deux chemins differents, elle courait les massacres et buvait le sang quand je les evitais et cherchait a facilité la guerre en evitant le massacre. Douce illusion, la guerre est un massacre et quand on s'y jette on doit etre capable de renoncer a tout meme a son humanité. Oui... meme a son humanité.

"quelque chose ne vas pas?"
a peine rentré dans mes appartements je m'etais plongé dans les songes ou Jeanne et moi passions le plus clair de nos nuits. Elle etait encore parfois froide et brutale mais elle arpentait ce chemin de lumiere avec frenesie, comme pour rattraper ces années qui lui avaient ete volé. Je la voyais rayonner et pourtant... C'etait comme si avec son humanité avait exploser la gangue de marbre qui l'entourait. Le temps la rattrapait il?... peut etre, mais ne vaut il pas mieux vivre peu de temps mais rayonner plutot que de vivre longtemps, le coeur empoisonné par la haine et l'envie. Aujourd'hui mes enfants etaient des gens importants, mes petits enfants taillaient leur destiné avec force et marchaient dans les pas de leurs parents. Deux petits fils avaient rejoint Llewellyn et l'aidait dans sa conquete du pays de galles. Aujourd'hui, mon coeur etait plein de chaleur et chaque jour etait un jour de bonus. Les heures que je passais avec Jeanne finissait de me priver de mon envie de combattre, etait je le seul qui n'avait plus envie de tuer? et qu'aurai pensé mes eleves? sans aucun doute qu'il etait grand temps pour moi de quitter les champs de bataille.

"l'humanité est une chose fragile dans un coeur"

Jeanne s'approcha de moi. Elle ne portait jamais sa coiffe dans nos reves. Moins que des amants, nous etions plus deux amis. J'avais trouvé en elle un etrange echo de ma propre histoire et je pense qu'elle voyait en moi la preuve d'un rachat. Non pas qu'on puisse un jour effacer l'ardoise mais il etait possible de faire le bien apres avoir fait le mal. Elle posa sa tete sur mon epaule.

"tu as raison Khoril... notre monde est etrange... La lumiere de dieu est si forte et pourtant les tenebres sont partout."

"je ne parle pas de Dieu, Jeanne. Nous en avons deja parlé..."

Jeanne grimaca, elle s'inquietait pour mon ame.

"Je ne comprends pas ces besoins de haine et sang quand on vit dans une epoque ou la raison et l'intelligence peuvent triompher"

"c'est peut etre le dernier refuge... la foi et la guerre sont peut etre les dernieres choses que l'on peut vivre sans raison... Tu t'es refugié dans la raison Khoril. Juste pour ne plus avoir a prendre le risque d'etre depassé par tes emotions, tu veux les controler a chaque instant alors que foi et violence sont imperieuses. Mais tu restes et restera ce guerrier que tu le veuilles ou non. Tu aurais pu faire artisan en rentrant et tu as prefere enseigner la guerre... Pourquoi?"

"c'est ce que je fais de mieux... Mais je ne veux pas le faire a n'importe quel prix aujourd'hui!"

"ton coeur est trop grand... tu donnes sans compter, tu partages ta chaleur, mais comme un dragon tu es trop protecteur. Patiente, ce que tu fais aura des repercussions a un moment ou a un autre."

Oui peut etre que je devais patienter, peut etre que je ne devais pas imposer mes vues mais juste impulser quelque chose... Je n'etais pas revenu pour forger un monde mais plutot pour ciseller un nouveau depart. C'etait la vraie voie a suivre...

"Jeanne,tu partiras avec moi, quand tout ceci sera fini?"

"qui peut dire..."

oui... qui peut dire...
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Jeu 6 Nov - 0:17

Dans le silence de l'hiver, à peine troublé par les tintements et les craquements des congères qui pendaient aux gouttières, je regardais les nuages avancer. Ils serpentaient dans le ciel, rubans de soie blanche déchirés sur un fond d'azur, allant toujours plus loin à l'est. L'est, terre de merveilles qui nous avait accueillit si longtemps et nous avait protégé du froid. Était ce le propre de l'age de repenser au passé? J'avais rencontré il y a fort longtemps un homme qui chantait:
"C'est à l'avenir qu'on se fie
Pour donner joie et trésor.
Mais cet avenir plein de charmes,
Qu'en est-il lorsqu'il est arrivé ?
C'est le présent qui, de nos larmes,
Matin et soir est abreuvé ! "

Il était devenu mon ami, nous nous étions lancé dans une aventure qui, pensions nous, marquerais l'histoire des mondes. Nous avions affronté de grands périls ensemble, traversé un monde entier à la recherche de richesses et d'exploits. Nous avions mené une rébellion, dressé un peuple contre l'arbitraire, simplement parce que cela nous semblait plus juste. Et puis il était tombé, victime de sa soif de triomphe, frappé en plein cœur par le carreau vitriolé d'un adversaire. Je me rappelle de lui, l'albinos souriant, le combattant tournoyant qui, s'arc-boutant pour esquiver,portait dans la foulée une botte imparable. Je me rappelle de ce jour ou, alors que nous nous battions contre les nervis d'un seigneur quelconque, il m’était apparu dans toute sa splendeur, étincelant dans le soleil comme l'incarnation du flamme, ses lames jetant leurs feux dans la clairière. Un des sbire m'avait alors porté un coup qui aurait pu être mortel... Une anecdote qui plairait à Ambroise moi qui passe mon temps à la sermonner à cause de son manque d'attention. Je l'avais soudain vu décapiter d'un geste son ennemi avant de courir vers moi, le temps que je tourne la tête, le mercenaire enfonçait son épée dans mon épaule alors même que les armes de mon ami s'abattait dans sur l'homme dans un terrifiant tourbillon.

Était ce l’éclat de ce soleil d'hiver dans les diamants de glace qui décorait les encorbellements où les chants de Jeanne que je percevais a la lisière de mon esprit, mais ces jours où l'aventure était ma seule source de jeunesse me revenaient en mémoire. Fallait il partager ces expériences? peut être, mais qui les croiraient? Je sentais qu'en j'en parlais à Rhys qu'il ne me croyait qu'à peine, persuadé que ces contrées n’étaient que des contrées de rêve et que j’étais resté plongé dans le crépuscule. Assurément mon fils était un grand homme et un grand savant mais se faisant ne s'était il pas coupé de l’héritage de sa famille? Mon frère et moi avions été les derniers dragons de Gwynedd, sauvages, brutaux, sans pitié mais aussi intrépides, fiers et dangereux. Le monde n'était plus fait pour des créatures tels que nous... D'ailleurs, j'avais volontairement troqué cette peau d’écailles et de cornes pour le cuir plus lisse du magistère savant.

Et pourtant... aujourd'hui, après encore une nuit passée a voler comme des dragons vers les étoiles, dans la solitude du matin, je sentais au fond de ma gorge ces rugissements... Le rhuorion, le signe que j’étais un fils de Mabbyddraig. Comment expliquer que je me sentais plus proche d'Aedd que de Rhys en dépit de la fierté que je ressentais. Aedd était le seul qui avait partagé avec moi des aventures loin, loin là bas. Il existait entre nous ce lien de connivence qu'on tous les voyageurs.

Alors Khoril, vas tu, oui ou non, redevenir celui que tu étais, cet être assoiffé d'aventures? Ici je ne crois pas. L'aventure laisse sa place à la violence gratuite. Ton cœur s'est bien attendri, le molosse noir ne fait plus peur que par réputation. Peut être pas... Mais dans le fond, qui peut me battre ici? tu te rappelles de ce guerrier invaincu? tu n'es sans doute pas invaincu mais personne ne t'as jamais encore mit a genoux suffisamment longtemps. Jean le borgne et ses coups de fouet, le bourreau et son tison, Maelgwn... Tous ont essayé de te mettre à terre et tu t'es toujours relevé... voila peut être ton message, ton héritage. Moins que la guerre, moins que l'acier, ce qui te détermine, ce qui t'as rendu si fort, c'est cette force que tu as en toi, cette flamme qui a pu ramener Ambroise du crépuscule, la flamme qui a sauvé Maelgwn, celle qui a offert à Jeanne une autre voie. Tu sers l’équilibre, c'est le destin des fils de Mabyddraig et Dovakin, tu ne peux pas choisir pour les autres, tu peux simplement les relever et les laisser décider par eux mêmes.

un dialogue intérieur, une voix si lointaine, si pure, si douce, chaleureuse et tendre. Mais etait ce la voix de Lenaig qui, abandonné de tous même de son fils, était morte seule, la bas a Gwynedd dans sa tour de Caernaforn? Etait ce la Mere, qui comme une mère aimante que je n'avais pas eu, m'avait conduit sur les chemins de la repentance? Ou bien était ce Khiandra la douce qui, loin sur le continent noir, attendait en vain mon retour? A moins que cela ne soit Jeanne l'éclatante qui avait fini par illuminer une vie de solitude... 4 femmes, 4 incarnations de la flamme, la flamme infernale, la flamme de l'aube, la flamme du crépuscule et la flamme étincelante... Au fond si tout n'était que symbolisme, Nimue était la dernière de ces flammes, la flamme de l'espoir et de la magie, la flamme du futur, celle qui ravive toutes les autres...

Geralt mon ami tu disais souvent que le futur n’était qu'un présent pas encore gâché par les larmes, tu avais peut être raison et c'est pourquoi nous ne voulions plus croire en l'avenir. Et pourtant c'est l'avenir qui m'a poussé à revenir ici. Les départs ne doivent pas etre tristes mais ils ne doivent pas non plus être une obsession. Brille comme un bucher ou brille comme le soleil Khoril, cela n'a pas d'importance tant que tu brilles et que tu apprends aux autres a se relever, comme tu l'as fais quand tu as appris a marché a Nimue, comme tu l'as fait pour Rhys, pour Aedd, pour Ambroise et pour tous ceux que tu as croisé.

C'est ta dernière charge chevalier, alors brille, brille de toutes tes forces!

tournant la tête, je vis mon reflet dans un éclat de glace ardent et je crus voir l'oncle Optat ou peut être était ce cher vieux Einion... qu'importe...


Spoiler:
 

Retenti alors entre les dimensions le cri d'un dragon, sorti de gorges d'airain, faisant trembler les fondations de l'univers, décrochant les stalactites du toit dans une pluie d'aiguilles et éclipsant le soleil un instant.

"Jeanne, voila ce que j'appelle être vivant!"
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Sam 8 Nov - 12:30

L'hiver avait fait une pause et le pale soleil d'hiver rendait grâce à la nature quelques temps. Les échos des glouglous de la glace en train de fondre se faisaient entendre partout dans l'université, légère symphonie de la vie qui revient. Qu'il était agréable cet air frais et vivifiant qui s'engouffrait par la fenêtre toujours ouverte de mes appartements. Comme un symbole, il chassait la morne ambiance qui s'était abattu sur l'université car après les festivités, la routine était revenue et avec elle son lot de regrets. Depuis de nombreuses semaines, je travaillais sur une tente. Une tente en cloche somptueuse, légèrement teinté de magie, destiné a mon cher ami Hermann. Je me sentais quelque peu fatigué... j'avais beaucoup utilisé ma magie a des fins pratiques, le cartographe maintenant la tente...

C'est a ce moment que Rhys rentra dans la chambre.

"Rhys vous m'avez fait demander père?"

je relevais les yeux, voyant mon fils devant moi, plus affuté, moins avachis qu'avant. Il faisait forte impression et depuis qu'il avait prit de l'elixir ses tempes s'etait legerement assombries. Dans son regard on ne pouvait que voir l'etendu infini de son chagrin, mais que pouvions nous y faire... le temps seul pourrait l'aider, il est des choses pour lesquelles on ne peut rien faire au risque de les abimer ou de les detruire.

"Oui. Quand pars tu pour Durenmar"

"aux beaux jours en principe..."

"ah oui. Je voulais te parler Rhys..."

Oui j'avais tant a lui dire et tant a lui transmettre... Depuis quelques temps, je peinais a trouver une place au milieu de toute cette jeunesse. Je me sentais loin de Rhys qui brillait toujours plus fort. Je n'avais pas son talent, pas son savoir. Je me sentais loin d'Ambroise qui explorait ses chemins malgré les dangers et qui a mon grand damne se laissait aller a des chasses a l'homme et au gout du sang. Je me trouvais seul, quelque part au milieu.

La magie était un pouvoir formidable et pourtant c'etait la magie qui m'avait conduit inconsciemment a ce que j'etais aujourd'hui. L'age finissait toujours par mettre les combattants hors jeu... le probleme n'etait pas la main, le probleme n'etait pas la tete non plus... non c'etait le coeur qui posait probleme dans mon cas. Comment s'embraser quand on comprend a l'avance ce qu'il va se passer, quand chaque coup devient previsible, quand pour chaque manoeuvre on a deja prevu une reaction... quand tout cela arrive c'est le desinteret qui guette

c'est comme si l'intelligo bello coulait dans mes veines en permanence et en cela je voyais paradoxalement les dangers du logos... la comprehension parfaite des choses les denature, les fait fletrir et les tue. J'etais peut etre resté trop longtemps eloigné des champs de batailles. Mais les choses ne seraient plus pareilles assurément.

"Père? est ce pour le cartographeur que vous m'avez fait demandé?"

"excuse moi... non non"

"quel etrange appareil dites moi!"

"je suis un peu la risée des étudiants... mais ce n'est pas grave"

"Pourquoi m'avez vous demandé de venir alors."

"j'aimerais te faire un cadeau"

"vous m'en avez fait deja tant..."

"n'a t'on pas le droit de couvrir ses enfants de présent en cette periode? C'est un sortilege sur lequel je travaille depuis plusieurs semaines... Il est d'une etendue assez limité pour moi mais je suis sur que toi et ta soeur vous saurez l'affiner... c'est un sortilege que j'ai appelé "memoire de dragon"

J'approchais alors mes mains de la tete de Rhys. Je les posais sur ses cheveux noirs et je lancais le sortilege... Je cru entendre un cri de dragon dans le lointain... Vahrukt Ragnavir Ofanaat...

"Pere qu'avez vous fait..."

"je t'ai transmis tout ce que je savais sur la guerre... ainsi que mon savoir magique qui y est lié. Ce sortilege tres puissant ne peut etre fait qu'entre mages de la meme famille, c'est la memoire du dragon... chaque dragon qui nait, recoit en heritage le savoir et la memoire de ses ancetres, libre a lui de l'accepter, de l'utiliser... mon savoir a été copié dans ton esprit"

"merci, pere..."
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Mer 12 Nov - 22:45

L'automne etait radieux, le froid commencait a peine a se faire sentir et les jours restaient beaux. Pourtant je n'avais pas franchement profité de ce répit avant l'hiver car, comme souvent, je m'etais retranché dans une reflexion bien trop profonde pour moi et qui selon toute vraisemblance ne deboucherait sur rien de concluant. Comment se faisait il qu'apres toutes ces années les choses ne se dessinaient pas plus clairement... J'avais la sensation d'etre une fumée sur la trame du destin, sans chemin, sans but, juste un brouillard planant a la surface des evenements.

Un brouillard oui... ou une nimbe d’étoile... Je suis surpris, tu ne comprends toujours pas?

Tu t’entraînes depuis toujours, tu as arpenté les mondes a la recherche des secrets, tu as tout perdu avant de tout reconstruire tu as été blessé maintes fois, et pourquoi tout ça? pour te préparer a ce qui va advenir. Ce n'était qu'un simple entrainement afin de te rendre assez fort pour affronter ceux qui veulent rependre le chaos.

Tu n'es déjà plus qu'une étoile mourante, un soleil rouge qui diffuse ses derniers rayons avant de disparaître... Ne le sens tu pas? le Styx cosmique, le grand fleuve primaire, la matrice, le grand dragon des âmes, t'appelles. Je ne suis moi même qu'une de ses extensions destiné a te montrer la voie, mais je n'existe plus.

Sais tu ce qu'il advient des étoiles trop anciennes? elles se gorgent d’énergie avant d'exploser et mourir... Tu ne t'es jamais senti aussi fort pas vrai? Tu ne survivras pas aux affrontements qui arrivent et si une fois de plus tu trompes la mort, tu seras brisé. L'équilibre t'as choisi pour être son héros mais l'équilibre est toujours broyé par les grands mouvements que sont l'ordre et le chaos... et comme toujours l'équilibre abat sa meilleure carte au risque afin de réajuster le déséquilibre... un sacrifice, une quantité négligeable... tu n'es qu'une étoile dans un ciel qui en compte des millions alors que vaut la vie d'une étoile quand des millions sont en jeu. tu ne peux que l'accepter, tu n'as pas d'autres choix.

Et si tu parviens a faire ce pour quoi le destin t'as choisi, tu ne pourras plus rester sur ce monde. Dans tous les cas, a la fin de cette aventure tu partiras. a la fin de cette aventure, tu auras beaucoup tué, tu auras repoussé les limites de ta morale et de ta tolerance pour ce principe... il est deja trop tard pour te retracter. l'heure des dragons approche, les cieux sont pret a s'ouvrir pour laisser passer les vrais seigeurs des nuées et comme tu l'as vu ils sont bien plus puissant que toi...

Va sans peur Cadwallon, n'oublie pas c'est ton destin. Tu es le pion que sacrifie l'equilibre pour permettre a ce monde de continuer a exister... C'est pour ca qu'il t'a montré les ruines et les civilisations tombées, c'est pour cela qu'il t'a montré les pays des dragons et qu'il a fait de toi cet etre. L'espoir, la peur ce sont des mots vains, des mots pour les hommes, tu es autre chose.

Maintenant, dors et ne pense plus. Va et entraine toi pour le combat a venir tu es encore loin d'etre pret! Slang est un vieil ami de la famille... tu auras bien du mal a le battre mais il est une chose qu'il ne possede pas... le veritable sang des dragons! tout n'est que magie pour lui... Toi tu ES un dragon, descendant de Mabbydraigg "le fils du dragon".


je m'eveillais en sursaut. Je m'etais assoupi a mon bureau, la cire de la chandelle s'etait repandu partout. La voix de l'oncle resonnait dans ma tete... etrange reve... Bien il fallait profiter de ces derniers jours de beaux temps et quelques manoeuvres seraient parfaites avant que la neige ne se mette a tomber.



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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Sam 15 Nov - 0:51

La pluie s'etait mise a tomber, ce qui n'avait rien d'étonnant puisque nous etions en février mais l'hiver était particulierement humide cette année et il usait les natures et le moral. Nous avions organisé, au grand damne de mes etudiants, une grande serie de manoeuvre dans la boue et le froid afin d'endurcir ces petits corps juveniles et je savais qu'en depit des jurons et de l'humeur grise de certains nous oeuvrions dans le bon sens. Ils faisaient preuve de camaraderie, ils se soutenaient mutuellement et les meneurs se revelaient. Leur mener la vie dure afin de la simplifier plus tard.

Deja les plus anciens faisaient parler d'eux dans les milices des cités, en Lombardie et partout ou ils etaient en charge d'un commandement. Nos sergents etaient les plus endurcis, leurs voix portaient toujours le plus loin et ils n'etaient jamais prit a defaut par leurs hommes. Les capitaines et chevaliers, bien que jeunes, mettaient en oeuvre des strategies astucieuses qui tranchaient litteralement avec les betes charges de leurs ainés. Rien ne leur etait epargné pendant leurs etudes mais ils comprenaient avec les années l'interet de cette dureté.

Je les regardais donc patauger avec un certain plaisir quand je fus pris de tournis avant de m'etaler moi aussi dans la boue. Je me reveillais presque aussitot. Ce fut d'abord cette odeur de souffre et de feu qui m’atteint puis lorsque j'ouvris les yeux, je la reconnue... c'etait Drakenheim la terre des dragons.

"navré pour ce deplacement brutal..."

cette voix, c'etait celle de Maelgwn. Ainsi mon frere avait terrassé la mort pour vivre une nouvelle vie de dragon loin de tous les affres de sa vie d'homme.

"Maelgwn... que..."

"Je n'ai pas beaucoup de temps Cadwallon. Te faire venir ici nous mets tous en danger. J'ai senti quelque chose de terrible sur toi Cadwallon, une force qui t'utilise."

" l'equilibre? oui j'en suis l'élu, celui qui sera sacrifier... parce qu'il faut que l'équilibre et la raison soit respecté. Je suis un agent du styx cosmique. Le destin a choisi cette voie." dis je d'une voix calme et glaciale.

Maelgwn baissa les yeux puis se tourna pour regarder un des nombreux volcans qui entrait en erruption.

" Mon frere etait fort, mon frere etait brut mais mon frere etait bon! c'etait une flamme qui savait bruler mais qui savait aussi rechauffer. Tu n'es plus qu'un bloc de glace Cadwallon! Ou es passé celui qui soufflait la magie? Peu importe ces histoires de Styx cosmique, de dragons, d'equilibre de chaos et d'ordre!  MON frere n'a jamais suivi aucun groupe, il ne s'est jamais laissé dicter sa conduite! Il s'est dressé face a toute sa famille et a su leurs pardonner! Il est sorti de la fange et a gagner son pardon seul, sans l'aide de personne! Pour tous il a été une etoile! As tu oublié tout cela? COMMENT AS TU PU OUBLIER TOUT CELA! C'EST A MON FRERE QUE JE DOIS CETTE DEUXIEME VIE! et il n'adorait pas des principes sans visages..."

l'air tremblait autour de lui, il etait devenu bouillant et lorsqu'il se retourna vers moi, des larmes de magma et d'or coulait de ses yeux.

" Tu ne peux pas te trahir a ce point Cadwallon, l'équilibre ca n'est pas toi..."

" Alors qu'est ce que je suis Maelgwn? dit le moi, que je sache ou aller! "

" Tu es le feu Cadwallon, et je vais te le prouver!"

Maelgwn se jetta sur moi poing en avant et il frappa de toutes ses forces faisant voler mon armure. Jamais je n'aurais cru une telle chose possible, il avait litterallement fait exploser ma cuirasse.

" je vais raviver cette flamme Cadwallon! de la seule facon qui soit! ALLER BATS TOI!"

Maelgwn semblait animé par une flamme surnaturelle et sous les miroitements des volcans, je voyais son corps se recouvrir d'ecailles d'or et d'argent. Je parais ses coups avec difficulté, chacune de ses frappes laissant une brulure sur mon corps. Les flammes couraient sur ses bras, accompagnant les bottes qu'il me portait de plus en plus brutales et rapides et alors que je fatiguais, lui semblait au contraire accelerer la cadence. Ce combat faisait un etrange echo a ces combats dans la boue que livraient mes etudiants. Je me revoyais leur donner la lecon avec assurance et raison... Alors qu'avais je fait de faux? ou etait le mal? Alors que je me posais ces questions, Maelgwn continuait de faire pleuvoir sur moi un deluge de coups. J'etais plus fort, plus savant, plus endurant alors que manquait il?... j'entendis un chant lointain, puis un second, puis un troisieme... Non c'etait le meme chant repris par trois voix... Mais oui... cette voix, ce chant qui m'avait toujours guidé meme inconsciemment... C'est a ce moment que Maelgwn lanca son attaque la plus violente, tout mon corps se crispa et je decollais dans les airs avant de m'ecraser lourdement sur le sol de cendres.

" Mon frere ne se serait pas laissé faire..."

Il avait raison. J'etais devenu un etranger pour moi meme, je vivais loin de mes principes, loin de ce qui m'animait. Personne jusqu'a présent ne m'avait dit quoi faire, j'avais accepté de servir mais parce que je le voulais bien. Je sentais la carapace d'equilibre se fendiller... J'entendis la voix lointaine du Styx cosmique qui sembla me murmurer "tu m'appartiens..."

" Mon frere se serait deja relevé... j'en deduis que tu n'es pas mon frere..."

La voix de Maelgwn transpirait la colere. Il etait a présent recouvert de ses ecailles d'or et d'argent.

" Le combat n'est pas fini chien blanc " dis je alors en posant ma main sur le sol afin de me relever. Le chant de ces sirenes de flammes emplissait mes oreilles... une quatrieme voix s'etait jointe a ce chant embrasé... Oui... Lenaig, Khiandra, Nimue et maintenant Jeanne... Alors comme on aurait attisé les braises d'une forge, les flammes emplirent mon corps et je me relevais nimbé de ces flammes d'ambre, dansantes et furieuses, des ecailles d'airain et d'or couvrant les jointures de mes mains. Le feu sortaient de mes yeux et l'air autour de moi se mit a bruler.

" Je n'ai que trop bien comprit ce que tu voulais me dire mon frere"

Maelgwn porta alors sa plus terrible attaque et il me suffit d'un geste pour le bloquer. Il me regarda un instant ses yeux de bronze se plongeant dans mes yeux de braise. A cet instant je pouvais l'ecraser... mais non... un cri surgit alors du fond de ma gorge, une lumiere aveuglante emergea des failles de la carapace de l'equilibre et alors que je poussais un terrible rugissement, la coquille d'acier explosa liberant ma nature prisonniere.

"  je retrouve enfin mon frere, cette flamme aveuglante qui nous a guidé dans le noir" dit Maelgwn. "tu as poussé le cri de ralliement, des apprentis viendront bientot. Ils sont... comme nous. Occupe t'en bien! Maintenant part, nous nous reverrons bientot."

Lorsque je repris conscience, la manoeuvre avait toujours lieu et c'etait comme si rien de tout cela ne s'etait passé. Pourtant je savais au fond de moi que j'etais libéré de l'emprise de l'equilibre et que comme je l'avais toujours été, j'étais redevenu une flamme dans le vent. Les mondes s'ecrouleraient avant que le feu ne s'eteigne pour toujours. Je n'avais pas vu Dirk s'avancer et lorsqu'il posa sa main sur mon epaule, il se brula. Oui... l'équilibre était brisé.

Quelques semaines plus tard, le soleil s'etait remit a briller et trois jeunes gens demanderent a me voir. Ils étaient jeunes et je percu dans leurs regards ce que Maelgwn avait voulu dire par "ils sont comme nous". C'etait des fils de dragon qui avaient percu l'appel a travers les nuées de leurs reves.

"Nous avons entendu l'appel du dragon... Maitre, prenez nous comme disciples."

Ils étaient 3 et avec Aedd ils serait 4. Ainsi donc a chaque generation les dragons s'assemblaient... Cette fois ils s'uniraient pour faire le bien!

" quels sont vos noms mes enfants?"

Le plus agé ressemblait a Arbogast. Il était brun et élancé presque desarticulé mais c'etait sans compter sur l'incroyable assurance de ses mouvements qui laissait transparaitre un garcon bien entrainé " mon nom est Pierre de Bagnon et je viens de petite Bretagne."

La plus jeune avait un physique passe partout mais son visage était rieur, presque moqueur. elle portait a la taille une longue épée assez large et il etait evident a la musculature de ses mains, qu'elle avait du s'en servir plus qu'a son tour. elle dit avec un fort accent du nord de l'empire "Je me prenome Ziegfrieda Hemmel"

le dernier était resté muait. Il était carré, massif et aussi grand que moi. Sa musculature imposante trahissait son passé de guerrier ou de brigand mais il n'etait pas venu ici pour recevoir un sermon. Son visage me rappelait celui d'Adreal, il avait quelque chose d'aquilin de presque effrayant. Ses cheveux noirs comme la nuit, son nez bourbonien ses narines grandes ouvertes. Il articula dans un tres mauvais latin " je suis Arkadiuz Walch"

Il ne me restait plus qu'a attendre le quatrieme dragon...

"bien vous avez fait un long chemin pour etudier! alors n'attendons pas! lecon de latin pour Arkadiuz..."

au diable l'équilibre, au diable les grands principes de ce monde... rien ne m'empechera de partager mon savoir, de suivre les chemins que je souhaite prendre et de vivre tout simplement. La flamme a rejaillit, elle ne s'eteindra plus.

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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Mar 25 Nov - 22:51

J’étais sur ce bateau de brumes en direction de Nuremberg et de son université que j’avais quitté précipitamment de nombreux mois auparavant. L’université s’était soudain emplie de démons et de revenants mais aujourd’hui tout ceci ne me dérangeait plus, ne me touchait plus. Quelque chose s’était brisé en moi je crois lorsqu’en partant j’avais pris conscience des reproches de mes enfants, s’en était suivit une période de silence absolu. Pas un message, pas un songe, juste l’absence. J’avais offert a Rhys deux ans de ma vie pour qu’il s’affirme, deux ans a Ambroise pour qu’elle aboutisse dans sa quête, deux ans a Adréal pour qu’il devienne celui qu’il devait être sans entrave. Les deux ans touchaient a leur fin et je n’avais plus l’impression d’être ce poids trop lourd a porté, mon héritage s’était dispersé, peu importe ce qui s’était passé pendant ces deux ans, je ne revenais que pour les jeunes dragons et pour mes élèves. Alors que je contemplais la brume cotonneuse se déchirer autour de la coque du Lertxun, mon esprit fit un bon de 2 ans en arrière.

Nous étions arrivés sur ce caillou désolé qu’on appelait la vallée des reines après la renaissance de Jeanne. Il fallait du temps avant de pouvoir déchirer le voile léger et brumeux qui entourait ce monde aussi Jeanne était elle resté dans la vallée, elle avait fini par trouver dans ces ombres blanches des confidentes. De mon coté je tournais comme un lion en cage, dévoré par les derniers mots de mon fils jusqu’au jour ou Zuri, l’archonte de cette vallée vienne me voir.

« Tu troubles l’énergie de cette vallée » me dit-elle sévèrement, « tu ne peux plus rester la »

« Comment puis-je troubler cette vallée ?! Je ne fais rien ! » Dis je sèchement.

« Lorsque tu es arrivé ici nous t’avons accueilli, nous avons élevé ton fils, cet endroit est un lieu de calme et d’accueil. Tu seras toujours le bienvenu mais tu ne peux pas rester. Va de l’autre coté de la vallée, il y a la bas une forge, la forge d’Illuna harri, tu trouveras a t’occuper… »

Je sentis dans le regard de Zuri qu’il était inutile de négocier. J’embrassais Jeanne et je me mettais en route quelques heures plus tard avec le sentiment amer de n’être chez moi nulle part et je me pris a regretter l’époque ou j’étais roi, l’époque ou sur Skillvearn j’arpentais la cote comme un pécheur, ces années simples et heureuses ou je vivais sans obligation.

Je suivais l’Ibaiaren, le grand fleuve bleu qui traversait la vallée des reines avant de se jeter depuis le croc d’Otsoa dans l’abime électrique de la mer des brumes. Loin de la vallée des reines, l’ile était sauvage, plongée dans une intense lumière émeraude que diffusait les impénétrables frondaisons des arbres géants et je me rendais  a cet instant que je n’avais jamais vraiment visité cette ile pire je ne l’avais jamais vraiment regardé. L’ile ressemblait a une écaille dorsale de dragon, son centre s’élevait en pics très hauts qui séparaient chaque coté en deux vallées distinctes. J’allais devoir escalader ces pics avant de pouvoir trouver la forge dont m’avait parlé Zuri. Un pic plus haut que les autres scintillaient lorsque les rayons de soleil facétieux caressaient son sommet, c’était l’Elurra, la dame des neiges, un éclat multicolore me caressa la joue comme pour m’indiquer le chemin. La végétation était dense jusqu’au pied de la montagne et même après elle restait présente. Je voyais ca et la des troupeaux d’ardiak, un genre de mouton au pelage argenté et aux sabots étranges. Il arrivait parfois que les bergers en charge de ces troupeaux, des géants placides du nom d’erraldoi, me fassent un geste ou m’invite à manger avec eux. Je me sentais bien dans ces montagnes ou il ne semblait rien y avoir d’autre que la nature à peine sauvage et pourtant libre.

Le chemin me parut court, j’avais pourtant prit de nombreux détours et arpenté la montagne de long en large. J’étais à présent sur un chemin ou apparaissaient les premières névés dessinant un filon argenté jusqu’au sommet acéré, la pente s’était vraiment accrue et l’air commençait à se faire rare. J’étais comme guidé a travers les rochers et les gorges traitresses jusqu’au sommet d’opale eternel et c’est après de nombreux jours d’une escalade acharnée, les mains déchirées par les rochers, alors que j’avais faillit tomber dans des précipices a de nombreuses reprises, qu’enfin je pu contempler le sommet de l’Elurra. A son sommet se trouvait une idole de plusieurs mètres de haut, un dragon dressé sur ses pattes arrières, ailes déployées, gueule grande ouverte et a ses pieds un homme, un géant portant une sorte d’armure primitive et une épée gravée. Je fus pris d’un vertige avant de tomber a genoux dans la neige, je me mis à cracher du sang, ma gorge se serait, se déformait, sensation effrayante qu’on essayait de la transformer puis j’entendis une voix dans ma tête.

« wo los hi pus truk » (qui es tu petite chose) dit la voix de tonnerre.

Je tenais mes oreilles dans mes mains comme si elles allaient exploser, du sang me coulait du nez devant la puissance de cette onde qui emplissait le ciel.

« zu'u los Khoril kul do Einion, kravein do Opneig » (je m’appelle Khoril fils d’Einion, neveu d’Opneig) dis je alors.

Ma voix s’était changée en un mugissement terrible, comme deux morceaux de pierre qu’on aurait frotté, comme deux morceaux d’airain qui se tordraient sous les assauts d’un quelconque forgeron céleste.

“daar for los mindok naal dimaar » (ce nom est connu de nous) dit la voix « fos laan faal Opneig kravein » (que veut le neveu d’Opneig)

La présence de cette voix m’écrasait, m’oppressait, sentiment terrible que je n’avais ressenti que sur le continent noir ou j’avais contemplé les temples et les demeures de créatures depuis longtemps oubliées et que l’univers tentait d’effacer du temps et de l’espace. Je me trainais sur le sol, crachant toujours plus de sang, mon esprit assommé sur le point de se disloqué. Chaque mot me frappait comme des milliers de coup de poing.

« frolok mindin dii haavneviis » (je suis à la recherche de mon héritage) dis je à quatre pattes, le sang coulant au bord des lèvres.

« hin haavneviis? fahvos fend zu'u ofan hi atruk? » (ton héritage? Pourquoi te devrais-je quelque chose?) Dit la voix en colère.

Je fus plaqué au sol. Ma tête heurta une pierre, éclatant mon arcade et mon nez.

« hi los nid » (tu n’es rien) dit la voix en rugissant.

Je me redressais a la force de mes bras, le sang dégoulinait de ma tête, de mes bras entaillés, je parvins quand même a me mettre sur mes genoux.

« waan hi dreh ni ofan zey atruk i'll kuz dimaar! » (si tu ne veux rien me donner alors je le prendrais par moi-même !)

Je me redressais sur mes pieds sentant la colère monter en moi. Je l’avais senti tellement de fois en moi, courir dans mes veines, emplir mon cœur, mes poumons, noyer mon esprit dans un brouillard écarlate mais cette fois, sur ce sommet immaculé, la rage se faisait plus forte, les bracelets des flammes qui depuis si longtemps avaient cessé de briller se mirent à luire et bientôt une partie de mon cœur se couvrit d’écailles d’or et d’airain. Je me redressais comme porté par cette rage enflammée.

« Zu'u los nunon pus dovah nuz i'm tul dovah » (je ne suis qu’un dragon de pacotille, mais je suis quand même un dragon) dis je alors a la voix et me tournant vers la statue je me mis à crier « vey gol kaag ».

L’onde traversa le blizzard qui se levait comme une lame tranchant un voile, elle courra jusqu'à la statue et en arracha un morceau, une énorme corne de dragon qui vint se planter dans le sol avec fracas. Je retombais moi aussi violement comme vidé de mon essence magique, rebondissant sur le sol comme une poupée de chiffons. Je devais rester inerte dans cette neige épaisse et confortable, la glace allait elle servir de linceul au mage de feu que j’étais. Rhys, mon fils, puisses tu comprendre ce que je voulais faire… Puisses tu comprendre que toi aussi tu es la flamme… Puisses-tu comprendre que la flamme est en chacun de nous…

A l’orée de ma conscience, je sentis une présence.

« hi lost vey dovah zahk goraan kul do dovah » (tu as réussi a couper une corne au dragon, fils de dragon) dit cette nouvelle voix emprunte de grandeur. «hi kron hin haavneviis. Kuz zahk ahrk wahl qah ahrk zahkrii » (tu as gagné ton héritage. Prends la corne, taille dedans une armure et une épée)

Je sentais mon corps se réchauffer soudain. Je sentais la magie affluer dans mes membres meurtris alors que ma conscience émergeait de l’abime terrifiante ou elle était plongée.

«  wahl Iinaarsil, ved lu zahkrii do kruziik tiid! » (Forge Buveuse d’âme, l’épée magique noire des anciens temps)
Une série d’oghams de feu apparurent dans ma tête et s’y inscrirent pour ne plus jamais en partir.



Une épée se dessina dans mon esprit, noire et luisante, tranchante comme les griffes d’un dragon, entourée d’un flux d’âmes et d’énergies avant qu’elles ne soient bues par les oghams incandescents en poussant un hurlement de tonnerre.
Au même moment je me réveillais en sursaut. Pantelant je me dirigeais vers la corne gigantesque, tirant de toutes mes forces sur cet ivoire noir pour la sortir de son  piège de glace qui céda soudain. J’accrochais la corne à mon dos et je me lançais dans la descente de la montagne. Depuis une corniche j’aperçu une tour noire et effrayante, la forge d’Ilunna harri.
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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Mer 26 Nov - 0:42

La descente était difficile et à de nombreuses fois je devais tomber, entrainé par l’énorme corne que je trainais derrière moi, éreinté et affamé après ces jours d’errance dans la haute montagne mais enfin, je retrouvais la moyenne montagne, la végétation, le soleil, toutes ces choses qui manquaient dans ces désolations gelées. De ce coté des montagnes, la végétation était plus rare et plus maigre, le relief s’aplanissant rapidement pour ne devenir qu’une toundra couverte d’une herbe rase jalonnée de rochers plein de lichens multicolores. Sans aucun doute l’influence d’Oblivion même à travers les grands océans brumeux. La au milieu de cette steppe silencieuse ou ne trainait que quelques smilodons faméliques se dressait la forge d’Ilunna harri, sombre aiguille de pierre placée la par d’anciennes mains dans un but aujourd’hui ignoré. Zuri n’avait évoqué que le nom de cette forge et pourtant j’avais l’impression de la reconnaitre, de m’en être déjà approché. Plus je m’approchais de la tour et plus le sol était noirci, craquelé, recouvert de roches fondues, comme si ce beffroi inquiétant n’était que la tuyère d’où coulait une lave incandescente. Le ténébreux belvédère était une construction inquiétante en pierre noire, toute en arêtes, qui se finissait a son sommet en trois éperons acérés. Ses portes d’airain étaient couvertes de bas reliefs sculptés dans la masse représentant des hommes anciens se battant contre des dragons. Sur les montants étaient sculptés des oghams.



Je n’eu qu’a les lire et les portes s’ouvrirent toutes seules. L’endroit était immense, taillé pour que les dragons puissent s’y mouvoir. Rien n’avait bougé depuis des siècles et pourtant le temps et la corruption avait fuit cet endroit hors du temps. J’avançais, trainant toujours ma corne, quand les lumières se mirent à s’allumer un peu partout et bientôt l’immense hall fut éclairé par une lumière intense et doré. Je décidais de laisser la corne la au milieu du hall et de visiter l’endroit. A vrai dire, mon œil fut rapidement attiré par un éclat étrange au fond du hall, venant d’une sorte d’autel situé au sommet de quelques marches. Plus je m’approchais et plus je découvrais ce lieu qui me faisait de plus en plus penser a une salle du trône. Pourquoi cet endroit était il apparenté a une forge ? J’eu bientôt la réponse lorsque enfin, après avoir monté une trentaine de marche je vis, posé sur une griffe d’or, un immense cristal multicolore. Sur la griffe était gravé :


(Voici la tombe du roi forgeron)

Je fus alors projeté en arrière par une énergie incroyable et un spectre d’or m’apparu couvert d’une armure draconique et arborant une immense épée noire, Iinaarsil.

« wo los hi » (qui est tu ?) dit le spectre de sa voix caverneuse

« zu'u los Khoril, Dovahkin fid zey » (je suis Khoril, l’envoyé de Dovahkin) dis je simplement

« ful hi los yun funrah! » (ainsi tu es le nouveau héraut) dit pensivement le spectre, « zu'u lorot zu'u lost wah mind hi vir wah vorohah zahkrii ahrk tus do ved funrah » (je vais t’enseigner comment forger l’épée et l’armure du messager)

Le spectre desserra son étreinte, bientôt l’éclat doré s’estompa et il s’approcha de moi, posant sa main sur mon épaule il me dit : « zu'u los Veddovah, kos valokein Khorildovah ! » (je m’appelle Veddovah, soit le bienvenue)

Les mois qui suivirent ne furent qu’entrainements à la forge et leçons sur les oghams, tout ceci n’avait pour seul but que de me permettre de construire cette épée que j’avais vu en rêve. Le pouvoir des inscriptions ancestrales était vraiment immense et il me faudrait puiser profondément dans mes réserves magiques pour pouvoir la construire et l’enchanter. Finalement le jour ou je me mis a l’ouvrage arriva, de mes outils de platine je retirais des morceaux de corne noire afin de les modeler en forme de plaques je gardais le milieu de la corne, l’endroit le plus fin et le plus solide pour tailler a l’intérieur Iinaarsil, la buveuse d’âme. Il ne s’agissait pas d’un travail de forge ordinaire, le feu n’entamait pas la dure corne couleur ébène aussi fallait il, un peu comme un ensemble d’écailles, assembler l’ensemble des pièces une a une. Je dessinais avec un feu magique des oghams sur les pourtours de l’armure enfin assemblée.



Lorsque j’eu fini, les oghams se mirent à scintiller tous ensemble d’un éclat d’or et de feu et je sentis que l’armure s’était lié a moi d’une quelconque façon. Mais toute magnifique que fut cette armure, je devais encore travailler sur l’épée. Des mois durant, j’affinais le tranchant, je renforçais la pointe, je sculptais la garde pour qu’elle corresponde en tout point avec celle que j’avais vu dans mes rêves puis vint enfin le jour ou je dus la sculpter. Les oghams qui m’étaient apparut autrefois, alors que j’agonisais dans la neige, me revinrent aussitôt et presque d’instinct je marquais de ces occultes symboles draconiques la lame la plus fine et la plus solide jamais construite. Elle brillait d’un éclat mauvais et dangereux mais elle n’était pas en vie, il fallait encore que je lui offre du sang afin de l’animer. Je la déposais dans un grand plat de platine sur l’autel du roi forgeron. Veddovah, le spectre du roi forgeron me rejoint à ce moment.

« zu'u mind hi pah, hi los heimiik jun nu! » (je t’ai tout appris, tu es maintenant le roi forgeron)

Il souffla et une couronne d’or vint entourer mon front couvert de sueur avant qu’il ne disparaisse. Je pris un éclat de corne noire et je m’entaillais les bras afin de faire couler mon sang. Quelques gouttes tombèrent dans le plat de platine et aussitôt elles furent bues par l’épée qui s’anima aussitôt, ses stries émettant un étrange éclat améthyste. Le sang coulait encore et encore et l’épée le buvait toujours, comme si elle ne pouvait être rassasiée. Je finissais par tomber sur l’autel. Aux confins de ma conscience me parvint alors un éclat noir ni mauvais ni dangereux pour moi.

« zu'u los Iinaarsil, zu'u fen aam hi tul hi kip zey » (je suis Iinaarsil, je te servirais tant que tu en seras digne) me dit alors l’épée de sa voix douce. Cette voix me rappelait celle d’une femme prédatrice ou celle d’une dragonne.

Mais c’est une autre femme qui me réveilla. Lorsque je revins à moi, Jeanne était plongée sur moi, tentant par sa magie de me réveiller.

« Tu vas bien ? » me dit-elle avec inquiétude.

« Oui. Je crois. » Dis je sceptique.

Elle me serra contre elle en disant « j’ai bien cru que tu étais mort… tu es parti si longtemps ! »

« Je suis parti longtemps ? Vraiment ? »

« Oui Cadwallon, presque 2 ans »

Le temps était passé si vite, j’avais la sensation d’être partie il y a quelques semaines tout au plus.

« J’ai ressenti un appel venant de l’université… je crois que c’est ton fils Aedd. »

Elle semblait inquiète et je me dis a cet instant qu’il était peut être temps de rentrer a Nuremberg. Je me relevais, enfilait mon armure de dragon noir et les oghams se mirent à briller. Puis je passais mon épée au coté, lorsque ma main se referma sur la poignée je senti la vie en elle, cette soif terrible et cruelle et elle se mit à briller.

« Cette arme… » Dit Jeanne en approchant la main de ma garde

« N’y touche pas. Je ne voudrais pas qu’il t’arrive un malheur elle est encore très agressive. L’esprit du dragon qui l’habite est très farouche. »

Elle me regarda un instant ne semblant pas comprendre a quoi j’avais passé ce temps loin d’elle mais elle accepta se fait et ne m’en parla plus.

Nous étions toujours sur le Lertxun, remontant la rivière qui nous amènerait à Nuremberg. Le chevalier noir revenait enfin, a la demande de ses fils et peu importe le passé, une nouvelle page de mes aventures devait s’écrire ici au milieu de ces jeunes gens avides de devenir a leur tour des aventuriers et des guerriers.

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stan

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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Lun 1 Déc - 17:35

Le Lertxun était arrivé à proximité de Nuremberg après un long voyage à travers les brumes d’entre les mondes. Elles diminuaient de plus en plus, renforçant l’intuition que j’avais eu de ce monde qui avait été le miens et qui à présent se fermait petit à petit à la magie. Harnaché dans une armure noire, ceint d’une épée noire terrifiante, j’abordais peut être pour la dernière fois ces rivages verdoyants, ces chemins de hallages qui me semblaient maintenant si lointain, je n’avais plus l’impression de faire parti de ce monde. L’angoisse de retrouver ceux que j’avais laissés me gagna, mon cœur allait il rester froid en les voyants ? Lorsque je vis, au milieu de ce brouillard automnal, la silhouette élancée d’Aedd, je fis stopper le navire. Nos retrouvailles furent chaleureuses.

« Khoril ! Content que tu sois revenu ! »

« J’ai bien reçu ton appel Aedd et comme tu peux le voir je ne suis pas revenu seul. » en montrant l’épée des dragons.

Dans l’allégresse de ce matin pourtant froid et brumeux, je me sentis plus que jamais égoïste. Comment avais je pu abandonner a leur destin ces 4 jeunes gens ? Sur le chemin, Aedd m’expliqua qu’il avait été pour être un frère ainé et qu’aujourd’hui Arkadiuz parlait parfaitement latin, grec et draconique. Assurément j’avais de quoi être fier d’Aedd. Pierre, Ziegfrieda et Arkadiuz avaient changé, ils semblaient plus murs, plus féroces, leurs regards dangereux s’exprimant a chaque instant. Je connaissais ce regard, nous avions eu le même jusqu'à ce que nous nous débarrassions de l’oncle Optât.
L’arrivée a l’université fut discret et sans éclats de voix. Je retrouvais Rhys, Ambroise et Adreal mais face a eux j’eu l’intime sentiment que nous ne marchions plus sur la même voix. Mon rôle dans l’histoire à venir serait sanglant, mais pouvait il en être autrement et prendrais sa dimension dans la guerre contre les dragons.

Aujourd’hui tout nous opposait et la discussion qu’ils avaient eue avec le recteur de l’université de Paris me le confirmait. Ils étaient parmi les mages les plus puissants de leur génération et si je n’avais pas été dragon de nature, je ne me serais jamais hissé a leur hauteur mais ils étaient mages et n’avaient jamais vraiment vécu différemment, même Rhys qui bien que refusant d’user de la magie était resté mage dans sa tête. Moi je n’étais pas un mage, je n’étais qu’un guerrier, pas un soldat, juste un guerrier qui avait survécu et apprit ainsi. Mais comment et pourquoi refuser le savoir a la multitude… Fallait-il vraiment laisser les plus faibles se faire piétiner encore et encore ? « Perdre du temps », « nous sommes mages c’est un don signe de noblesse», de quel droit se mettent ils sur ces piédestaux ? Que sont-ils face aux atlantes ? Face aux asuriens ?

« Il faut savoir s’effacer Khoril. » c’était le maitre mot de mon voyage jusqu'à ce que mon rôle dans la guerre des dragons soit révélé et je n’avais aucune certitude quant aux rangs que j’allais rejoindre… Slang m’avait aidé, Optât était lui-même un descendant de Dienne. Le roi forgeron avait parlé de détruire les faux dragons mais parlait il de ces mages renégats ? Je décidais de redevenir Khoril l’opportuniste, Khoril l’aventurier, celui qui taillerait son propre chemin au milieu des combats et des guerres.

Puisque mon histoire devait s’écrire dans le sang, qu’elle soit proche de son dénouement ou pas, il n’y aurait ni larmes ni regrets. Un poète asurien disait :

« Fais ton travail, puis retire-toi.
Plus tu sais, moins tu comprends. »


Voila ce que j’allais faire et je le faisais sans peur car il disait aussi :

Le maitre se donne
A tout ce que l’instant apporte.
Il sait qu’il va mourir,
Et rien de lui ne reste à quoi s’agripper :
Pas d’illusions dans l’esprit
Pas de résistance dans le corps.
Il ne réfléchit pas à ses actions ;
Elles jaillissent de la profondeur de son être.
Il ne refuse rien de la vie
Ainsi est il prêt a la mort,
Comme un homme est prêt à dormir
Apres une bonne journée de travail.
Garde la bouche close
Bloque tes sens
Emousse ton tranchant
Délie tes nœuds
Adoucis ton regard
Laisse ta poussière se déposer.


Que fallait il comprendre de ses mots sibyllins, difficile a dire, même encore aujourd’hui d’ailleurs la première des erreurs ne serait elle pas d’essayer de donner un sens particulier a ces mots ? En tout cas ils trouvaient un écho en moi, un écho dans l’existence que j’avais mené jusqu'à présent. Le sang allait couler, je ne trouverais jamais la paix intérieure, mais la bonté serait mon radeau jusqu'à ce que je retourne a la mer de l’énergie ou que je me dissolve dans un ailleurs. C’était ce que croyait les hommes d’Adanata, un peuple noble et spirituel qui vivait en harmonie avec la nature et qui pensait que la mort n’était qu’un eternel retour a E’lo’hi, l’esprit de la terre, et que de ce terreau naissait de nouveaux esprits.
Si tout était déjà écrit alors je prendrais un malin plaisir à crotter les pages propres du destin en traçant a travers ses minuscules lignes impérieuses ma propre version des choses. Comme le dit le poème : « Il sait qu’il va mourir, et rien de lui reste a quoi s’agripper », certains y verraient du fatalisme moi j’y vois la possibilité d’une vie a ma mesure ! Et si je dois sortir triomphant de cette guerre fratricide alors plus rien ne pourra m’empêcher de vivre comme je l’entends, refusant lumière et ténèbres, crépuscule et aube, reniant les bannières et les clans.

« Je dérive comme une vague sur l’océan
Je voyage sans but, comme souffle le vent. »


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MessageSujet: Re: Cadwallon, Prince de Gwynedd   Mer 17 Déc - 23:50

Mes enfants bien-aimés, il y a tellement de choses à dire et il nous reste tellement peu de temps. Notre famille est ce qu’elle est, pleine de secrets et de non dits, ainsi étaient les familles au pays de galles autrefois. Alors que les âges que nous connaissons touchent à leur fin, tout n’a pas encore été révélé. Mes enfants chéris, votre mère m’est apparu en rêve il y a plusieurs années maintenant alors que je revenais de mes voyages lointains. Elle m’a confié qu’elle regrettait la vie que nous vous avions offert, qu’elle regrettait la mère qu’elle avait été et ce jour la je l’ai vu pleurer, plus vulnérable que jamais. Ce jour la elle m’a fait jurer de veiller sur vous et de vous protéger quoiqu’il m’en coute et ensemble nous avons fait le rêve insensé de pouvoir rattraper le temps perdu. C’est la dernière fois que je l’ai vu et je crois que peu de temps âpres la pauvre Lenaig disparaissait dans la solitude la plus extrême. Mais ma promesse n’a pas disparue avec elle. Nous vivons une période bien sombre, il faudra des jeunes gens pour reconstruire le monde à venir. Votre père n’a crée que deux fois dans son existence, vous êtes mes trésors les plus précieux, les seuls qui comptent pour moi, aussi je vous en conjure ne prenez plus part au combat. Laissez votre père combattre à votre place. Nimue pose ce marteau, Rhys construit ce monde et abandonnez moi le poids de la destruction, de la guerre et de la mort. Si l’amour que vous me portez existe encore laissez-moi lutter et mourir pour vous. Nimue, Rhys, vous êtes ma fierté.
Aedd mon garçon, mon double, tu es l’écho du vieux monde, le dragon authentique, le monde t’appartient. Je devrais même dire les mondes t’appartiennent. Je t’offre le Lertxun.
J’ose croire que vous pourrez vivre sans avoir à vous battre constamment comme je l’ai fais. Je ne fus douer que pour cela, aujourd’hui la lassitude me gagne et les rivages lointains des royaumes blancs m’appellent, alors que je vous quitte a la guerre ou en voyage, cela n’a aucune importance.
Courage ! Après la tempête revient toujours le soleil.




Diedne, les mongols, l'horloger... 3 armées approchent mais qui au juste prepare ces guerres. n'etais ce pas folie que de laisser Rhys mener une armée? lui qui ne comprend rien a la guerre... Il devait faire ses preuves bien sur mais quand meme... ou trouver des soldats a présent? comment s'opposer a ces armées en marche? mes théories n'auront aucun impact, elles sous entendent que nous aurions une armée or ce n'est pas le cas. Peut on opposer une armée mecanique a l'horloger? peut on s'opposer a la puissance des druides? a l'est, les teutoniques sont la seule solution.

les sacrifices seront nombreux. Mais mon pauvre Cadwallon, tu n'as ni fief, ni armée, le poids de tes choix sont infimes... il n'y a plus que toi et ton épée...

--------------------------------------------------------------------------------------------------------

ils ont frappé ma famille, ils ont blessé mon fils mortellement. je vais les traquer et les tuer. Je n'ai vecu que pour cela, que pour cet instant ou le monde sera sur le point de basculer et ou certains devront se sacrifier. Toutes ces années, toutes ces guerres et cette lassitude qui me gagne, tout me pousse a tout risquer pour la victoire... sans fremir.

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