Epiphanie

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 Correspondances

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stan

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MessageSujet: Re: Correspondances    Dim 24 Aoû - 22:37

Ma chere Ambroise,
ce que vous me dites la, helas, est bien ordinaire pour qui a vecu de la guerre, et quelque chose me dit que la guerre grandira en horreur au fil des ans. Chaque combattant a son experience propre du combat, jusqu'au jour ou il ne peut plus le regarder dans les yeux. Mais ne parlons pas de cela. Il n'y a rien a dire de la guerre. Il faut la faire puis oublier.

L'anonymat, je le refuse. Parce que je ne suis pas qu'un mage je suis aussi un combattant, un conseiller. Que l'on m'emploie pour autre chose et alors? Les mages sont des outils trop precieux. Je vous parie meme qu'il y aura des mages qui viendront en arreter d'autres. Rien de tel que des opprimés pour chasser d'autres oprimés.

J'espere que vos prieres vous aideront Ambroise, je l'espere de tout coeur. Je sais deja que mon ame n'est pas promise a dieu, et j'en suis assez heureux finalement.

courage, prenez soin de vous.
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Jezabel Charlotte

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MessageSujet: Re: Correspondances    Ven 5 Sep - 12:18

Missive à l’attention du Seigneur Cadwallon et du Magistère Ancelin.

Laissée à l’Alliance de Césarée lors d’un bref passage de quelques heures en aout 1210, après le voyage avec Magistère Ancelin à Alexandrie.


Mes Seigneurs,

Pardonnez à votre amie et trobairitz errante de fuir une fois de plus ce lieu de paix qu’est notre Bibliothèque.

D’une part, je ne souhaite point vous mettre en danger impliquant notre Alliance dans ce carnage fratricide qui ensanglante le Pays Occitan. Et aussi parce que je ne puis jouir de cette quiétude, lorsque le sang des miens coule à flots.

Quelque chose de moi est assassiné là-bas, chaque fois qu’un castrum tombe, qu’un bûcher est dressé, qu’un enfant occitan est terrassé…

Parfois, j’ai l’impression que Dieu lui-même est contre nous. Que nous sommes véritablement des hérétiques, des pécheurs dans l’erreur. Ou bien que les forces de l’Adversaire sont telles, que nous, enfants du ciel et de la terre d’Oc, ne pouvons y résister.

C’est une épreuve ! Quand cette pensée m’effleure, je trouve la force de me lever et de tenir l’épée… Aller au combat, ou soigner les blessés, ou tout simplement saigner les chevaux, et distribuer ce sang, gorgée par gorgée, afin que nous le buvions car nous manquons d’eau…

Le siège est une chose insidieuse, une agonie lente. A Termes, nous avion pu éteindre l’incendie. Malgré le mistral déchainé. Mais nos réserves d’eau étaient épuisées. Et le ciel toujours aussi bleu…

La gorge qui brule… Ce tintement incessant dans la tête, pulsations assourdissantes des veines aux tempes… Et puis l’orage ! Nous courrions sous la pluie torrentielle, oubliant la guerre, les armes, la douleur… Nous nous jetions dans les flaques de boue, et de nos bouches craquelées ouvertes happions cette eau salvatrice que Seigneur nous envoyait…

Le lendemain, nous avons compris que cette eau ne venait point de Dieu. Je regardais les gens autour de moi se tordre à terre de douleur, se vidant d’eau et de sang… Dans les tonneaux, une eau saumâtre et croupissante avait été notre breuvage…

Quelqu’un cria que l’Adversaire s’acharnait sur nous, et que ceci était notre ultime épreuve. Qu’avions-nous à perdre, nous les faydits ?... Alors nous nous sommes relevés, et nous avons repris les armes. La nuit, nous quittâmes l’abri des fortifications, voulant prendre les assiégeants à revers.

Là aussi, le Seigneur nous abandonna…

Au moins, certains d’entre nous purent mourir au combat. Cela abrégea leur agonie…

Je suis vivant. Vivante. Dieu me garde encore en vie… Pourquoi ? Pour quel dessein ?...

Alexandrie m’a montré le chemin prophétique du Verbe du cœur fait chaire. Ma chaire… Est-ce cela mon destin ? Courir de par le monde et chanter ?...

Je reviendrai bientôt à Césarée… Vos conseils et présences réconfortantes me manquent, j’avoue. Mais je suis si heureuse que vous n’ayez point à connaitre le chemin de la croix de mon pays… Le Seigneurs vous épargne ce supplice, et j’en suis reconnaissante à Sa volonté.

Avec toute mon amitié et affection,
AM



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stan

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MessageSujet: Re: Correspondances    Ven 5 Sep - 12:37

Ma chere Ambroise,

Dans toute campagne, il faut savoir s'arreter. Il n'y a que deux directions, la victoire ultime ou la destruction. Gardez vous de la seconde, car j'ai bien peur que la premiere ne soit pas a votre portée.

Les sieges sont des combats apres et terribles, le plus souvent vide d'honneur et qui pousse tant l'assiegeant que l'assieger a des extremites inhumaines. dure realité de la guerre.

quittez ces champs de batailles car vous avez deja perdu. Ces mots ne sont pas durs, ils ne visent qu'a vous epargner plus de souffrances et plus de combats.

quittez ces champs de batailles avant que votre voix ne se casse et votre esprit ne se fissure. Avant que la guerre ne vous pousse a ne plus etre un Homme mais une bete. Avant que, dans un ultime siege, vous soyez contraint de manger les morts, devenant a votre tour plus mort que vif et perdant l'honneur qui sied au combattant perdant mais digne.

soyez rassurée, Dieu n'est pour rien dans cette histoire, il n'y a que l'avidité des princes.

revenez nous vite.
C
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MessageSujet: Re: Correspondances    Ven 5 Sep - 15:33

La providence,


Je vous écris, ma chère Ambroise pour vous faire confidence d’une question qui depuis longtemps tourment mon âme.

Cette question est celle de la providence, que de nombreux docteurs es théologie nomment théodicée.

Les saintes écritures nous disent de Dieu qu’il est tout puissant et qu’il veut le bien pour ces créatures.

Pourtant, nous avons tous été témoins de la réalité du mal, de son évidence, de son omniprésence.

Comment Dieu peut-il tolérer la réalité du mal, lui qui peut tout et qui veut notre bien.

Cette question est un défi pour la logique.

Soit nous considérons avec les grands mystiques comme Saint Bernard, qui fut en opposition avec Abélard sur ce point que la foi est étrangère et supérieure à toute raison auquel cas cette question sur la providence n’a pas lieu d’être posée.

Soit nous considérons avec Abélard, Anselme, mais aussi le juif Maimonide ou le sarrasin Averroès que la foi n’est pas étrangère à la raison et dans ce cas, cette question a toute sa place dans l’existence d’un croyant.

J’avoue ne pas avoir tout de suite prêté son attention à cette question.

L’existence de Dieu et la réalité des écritures me semblaient une évidence.

Vous savez que la vocation de chevalier avait pris le pas sur le moine dans mon existence passée d’Hospitalier.

Mais je fus le témoin en terre sainte de terribles atrocités. Il me sembla évident que la cruauté la plus abjecte, la violence la plus gratuite touchaient des êtres purs et innocents, qui ne l’avaient pas mérité, même si leurs bourreaux parlaient de châtiment divin.

En particulier, le supplice infligé sur des enfants sarrasins par des frères chrétiens me fut bien vite insupportable, insoutenable.

Je me suis ouvert de ses tourments personnels à mon confesseur au sein de l’ordre, dont vous savez qu’il fut pour moi comme un second père, le prieur Henry.

Celui-ci me tint un long discours ou il me dit que ce serait orgueil terrestre de vouloir comprendre les desseins célestes, et que sans doute, certains malheurs trouvaient malgré tout leur place dans la volonté de notre créateur, dans le sens ou il pourrait sans doute en résulter un bien que nous ne percevons pas.

J’avoue que ces propos ne me convainquirent pas tout à fait. Henry dut le ressentir car il me proposa de prier en sa compagnie, ce qui eut l’effet d’apaiser mes doutes.

Puis nous nous rencontrâmes. Un feu brula bien vite en ma poitrine. Je maudis le moine en moi. Je voulais être un beau chevalier et vous courtiser. Je ressentais je crois l’expression la plus pure de la fine amor.

Les dessins de Dieu sont impénétrables, car vous fûtes bien vite engagée par l’hymen auprès de Domenico Dandollo.

En cet instant, je dois le confesser, je maudis Dieu lui-même en mon fort intérieur. J’avais l’impression qu’il me ravissait mon existence terrestre pour faire de moi une ombre, un spectre dévoué à son service, en un mot un moine.

Ce fut un moment ou l’aide de Henry fut précieuse. Il me révéla que je pouvais vous aimer, car cela plait à Dieu, non pas d’une flamme terrestre, mais d’une flamme pure, parfaite, céleste.

Je crus à ces propos de toute mon âme.

Lorsque vous avez refusé la couronne des cyclades, je décidai de ne plus me mettre en travers de votre route. Comment un cadet de la famille Moissac, moine de surcroit oserait-il offenser de ses propos courtois la seconde Aliénor, l’héritière digne des anciens ducs de Gascogne.

Puis la croisade albigeoise fut annoncée par le pape et je compris que notre peuple courait au devant de terribles malheurs.

Le chevalier n’avait pas été complètement étouffé en moi et je décidai de rejeter le tabard noir des hospitaliers et la croix blanche des croisés pour ne plus être qu’un chevalier anonyme prêtant secours aux seigneurs du sud.

Béziers fut un moment unique dans mon existence. Celui de la plus grande joie que j’ai connu en cette vie de vous aimer, celui de la plus grande peine aussi de ne pouvoir sauver cette ville.

Mes questionnements sur la providence revinrent en même temps que la perte définitive pour moi de ma virilité, de la main même de Simon de Montfort armé par le roi de France Philippe.

J’i eu depuis cet instant l’occasion de méditer et de relire des auteurs qui s’étaient posé cette question avec une acuité exceptionnelle.

Curieusement, le salut ne me vint pas d’un auteur chrétien, mais de la tradition juive.

Ceux-ci estiment que Dieu, pas compassion pour ces créatures s’est rétracté en lui peu après la genèse pour permettre à la liberté et à la volonté de l’homme de s’exprimer.

Le monde est donc incomplet, et il nous appartient de réaliser Dieu en le rendant présent dans nos actes.

Pardonnez cette pensée blasphématoire, mais je pense que Dieu lui-même est souffrant, incomplet comme le christ en croix et qu’il nous appartient de le rendre vivant et complet par nos actes, notre bonté, notre grandeur.

Car c’est nous, à présent qui portons la croix du seigneur, remise par celui-ci sur nos épaules afin d’accomplir son message.

Il viendra sans doute un âge, comme le prophétise Joachim de Flore, celui du paraclet, ou l’Église ne sera plus nécessaire, car les hommes auront accompli les écritures et les commandements de dieu n’auront nul besoin du glaive et de la silice.

Après l’âge des loups, ce sera celui des agneaux.

Ces prophéties me semblent lointaines, je dois le dire. Mais j’ai enfin compris l’urgence qu’il y avait à se consacrer au salut du genre humain par nos actes pour accomplir cette providence en actes qui dépend à présent plus de nous que des seules écritures. Il faut réveiller le paraclet en chaque âme et ne plus attendre du ciel un miracle, mais agir pour métamorphoser ce monde en une Jérusalem céleste.

Vous le comprenez, ma mutilation ainsi que cette révélation m’ont rappelé les propos d’Henry.

Le chevalier a été amputé en moi tout comme mes attributs. Il faut voir dans cette épreuve un signe et une chance, un véritable message céleste.

Je vous aimerai totalement et absolument d’une flamme parfaite et céleste à présent, dépourvue de toute scorie concupiscante.

Il n’est rien que je ne souhaite faire pour vous plaire et vous aimer. Mes poèmes seront des prières et mes caresses chastes.

Je vois en vous une authentique messagère de Dieu et c’est son éclat que je devine dans vos prunelles, sa grâce dans vos gestes, son souffle dans votre voie.

Je veux l’aimer à travers vous et vous aimer à travers lui.

Mes prières vous accompagnent

Frère Albéric
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Jezabel Charlotte

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MessageSujet: Re: Correspondances    Jeu 11 Sep - 19:17



Cher Seigneur Cadwallon, cher Maitre Ancelin,


Que d’eau a coulé sous les ponts depuis notre départ de Césarée… Mais je n’ai point oublié la promesse que nous avions fraternellement faite : nous retrouver et faire naitre des cendres la Nouvelle Alliance.

Je n’ai point oublié notre amitié, et bien souvent regretté vos absences et vos silences. Mais nos chemins de croix sont tels, que parfois les sentiers se séparent, comme des ruisseaux insignifiants, pour mieux se fondre ensuite en une rivière.

Le sang a bien coulé en torrents sur mon pays occitan. Les fils ont repris les épées des pères. Et vengent les buchers et les humiliations. Ils sont acclamés par la terre et par le peuple de notre langue. Ils sont la nouvelle flamme de cette terre… Et il est temps pour moi de me retirer des batailles…

Bien que je ne combatte plus depuis plusieurs années. Quelques blessures qui ne guérissent point me rendent inutile et infirme sur un champ de bataille… Alors je me consacre à ceux qui sont dans la douleur et la souffrance : c’est une manière de racheter mon âme souillée par tant de sang versé, une manière de panser les plaies de ma terre, de donner espoir à ceux qui nous suivent, nos enfants.

J’ai renoncé à mes titres et mes possessions. Et je fus ointe d’une légèreté et une liberté nouvelles. « Le Seigneur dit dans l'Evangile: Celui qui n'abandonne pas tout ce qu'il possède ne peut être mon disciple; et encore: Qui veut sauver son âme doit la perdre. » J’ai trouvé refuge et réconfort en la charité chrétienne, en la négation complète de soi et de ses vanités.

Admonition 27 St François- Les vertus chassent les vices.
1 Où règnent charité et sagesse,
il n'y a ni crainte ni ignorance.
2 Où règnent patience et humilité,
il n'y a ni colère ni trouble
3 Où règnent pauvreté et joie,
il n'y a ni cupidité ni avarice.
4 Où règnent paix intérieure et méditation,
il n'y a ni désir de changement ni dissipation.
5 Où règne crainte du Seigneur pour garder la maison,
l'ennemi ne peut pratiquer nulle brèche pour y pénétrer.
6 Où règnent miséricorde et discernement,
il n'y a ni luxe superflu ni dureté du cœur.

Ma quête est la Fin’Amor, cela a toujours été ainsi. Elle m’est apparue comme une fleur à multiples pétales, d’ombre, de lumière, évanescent, et d’autres encore… Alors je cherche à l’atteindre, me fondre sans sa source, à travers chacun de ses pétales. La pureté de l’affection qui me fut offerte sauva mon âme et me sauva de la folie et de la haine. Ce pétale a pour nom « charité » ou « empathie ».
Ce n’est pas le seul pétale de ma quête, alors je sens qu’il est temps pour moi de reprendre la route.

J’ai rêvé d’une terre enneigée, où la rivière se couvre de glace. Et lorsque la neige fond, des primevères pales couvrent la terre et illuminent l’émeraude de l’herbe tendre de mille éclats bleutés, mauves, nacrés… L’été y est agréable, les saules pleureurs plongent leurs branches dans les flots paisibles, et des rosiers sauvages recouvrent les berges…
Ce lieu existe ! Ici, dans ce monde, quelque part au nord du pays d’oïl…

Souhaitez-vous que nous nous y retrouvions ?
Ou bien souhaitez-vous y faire la route ensemble ? Vous me trouverez facilement à Montpellier. J’y loge à l’Hospice. Et certains jours, je partage mon amour du Verbe et du Mouvement à l’Université.

En attendant de vos nouvelles,
Avec toute mon affection,

Sœur Ambroise




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stan

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MessageSujet: Re: Correspondances    Jeu 11 Sep - 21:41

Ambroise,

Je suis content de savoir que vous avez trouvé le calme et la tranquillité. Je vois que vous avez suivi le chemin sur lequel vous vous engagiez déjà il y a des années. l'essentiel est d'avancer sur son propre chemin et il est souvent plein de tournants.

J'ai moi même beaucoup tourné en rond. Je me suis perdu et je me suis retrouvé.

Depuis mon retour, j'etais au pays de galles mais j'ai recu il y a peu une missive d'amis qui me conduisent, étrangement, au Saint Empire. Il n'y a pas de hasard.

Je vous attendrais a Bayreuth.

Cadwallon.
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MessageSujet: Re: Correspondances    

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