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 Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)

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Jezabel Charlotte

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MessageSujet: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Jeu 31 Juil - 20:44

 Artemi de Mazerolles

(images film Izenhart)







Mazerolles est un petit château gascon comme il en est beaucoup. il ressemble d'ailleurs plus à une ferme en ruines qu'à une demeure habitable...

Il est d'ailleurs souvent vide, mais tout voyageur peut s'y arrêter et demander hospitalité à la vielle Mariguette, qui dit-on, avait connu le père du père des seigneurs de Mazerolles, et en avait été servante...

Il est à quelques heures à peine de Marsans, la demeure seigneuriale de cette contrée, et les fils Mazerolles vivent plus souvent à Marsans, ou sont accueillis par d'autres seigneurs de la contrée...

Artemi est un jeune gascon, comme il y en a tant... Jeune, fluet, et de taille moyenne, une vingtaine d'année, temeraire, désargenté. Il avait passé, dit-on, sa jeunesse à voyager, dans le pays Occitan, et même au delà... Sa peau est marquée du soleil du sud, ses cheveux blonds sont couleur de paille délavée, et ses yeux d'un bleu rieur et parfois moqueur.
Feu-Follet est son ami, son confident, son ombre blanche; bref son coursier vif et élancé.



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MessageSujet: Re: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Ven 1 Aoû - 0:30

personne n'a jamais entendu parler en Césarée de ce seigneur Gascon... il n'y a probablement jamais mis les pieds !

et nul ne connait vraiment en pays d'Oc...

des jeunes gars temeraires, aventureux et rieurs comme lui, la Gascogne en est pleine ! ces fils sont ainsi ! et elle en est fiere ...

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MessageSujet: Re: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Mar 5 Aoû - 14:57

* * *

Éclats de rire,
Bougies de cire
Eclairent nos Castels :
Chante la Joi,
Jeunesse est loi,
Fine Amor et duels…

Riche baron
Ou sans un rond,
Cela importe peu
S’il y a à boire
Panache et gloire,
Une coupe pour deux.

Lames levées
Pour nos foyers
Nos Dames et nos familles :
Nous, les cadets,
N’avons qu’épées
Et ce soleil qui brille.

Vous pouvez mettre
Vos Dieu et Maitres
Sur vos autels de pierre...
Nous défendrons
Et nourrirons
De sang ocre nos terres.

Vous menacez
De nous forcer
Gaver vos prélats gras…
Nous est trésor
La Fine Amor :
Vous ne la prendrez pas !

Que vos légats
Cousent les croix :
L’avidité les guide,
Ceux qui combattent
Notre Trobat
Sont des pillards cupides

Excommuniés
Par vos traités,
Nous gardons notre Foi
En le Dieu Bon.
Et nous saurons
Etre honorables et droits !

Si aux buchers
Serons menés
Sans nul ménagement,
Nous en rirons
Et chanterons
En ces derniers instants...

Que la Faucheuse
Soit douce et joueuse
Pour gagnants et perdants :
Dans notre sang
Couleront nos chants
Au Pays Occitan !

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MessageSujet: Re: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Mar 5 Aoû - 19:36



Votre présence
M’est joi et lumière ;
Dans ma nuit sombre
L’espoir éphémère.
Votre doux nom
M’est précieuse prière.
Si loin de vous
Ma joi et lumière…

Moi, fou indigne
De vous contempler
Je me cachais
Chanter vos couplets
Non point aimée,
Adorée, adulée,
De ce cœur fou
Vous voué, vous lié.

Folle espérance
Jadis me berçait :
De votre robe
Dénouer les lacets,
Vos voler un…
Non, mille baisers…
Mienne folie,
Amour insensé

Dévotion pure,
Acceptez l’épée ;
Que mienne vie
Vous soit bouclier.
Flamme absolue
Que j’ose espérer.
Dame jolie
Que j’ose adorer…

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MessageSujet: Re: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Mar 5 Aoû - 19:47




Enluminez le livre
De ma vida futile ;
Et ses arabesques ivres
Glissent du bout des cils.
Sur le sable ou le givre
Je mêle larmes et rires :
Sans vous je ne peux vivre,
Vous espérant ne puis mourir.

Chantez les ritournelles
D’amour, de hauts faits d’armes,
De faés irréelles
Légendes emplies de charmes ;
Mes chansons vous sont belles,
Tout vers en est prière.
Sans vous morne est mon ciel,
En vous ma Joi et ma lumière.

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MessageSujet: Re: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Mer 6 Aoû - 19:53




Il est une Dame que j’adore,
Son nom est Fine Amor ;
Je lui offre visage et corps
Que seul connait mon cœur.

Elle a douceur et milles éclats
D’or et d’azur du ciel.
Pour elle, et psaumes et mes coblas
De quelque pastourelles.

Dame Gascogne, je vous aime,
De mon verbe et mon geste.
Nos castels sont votre diadème,
Nos champs vos palimpsestes.

Et nos épées vous sont dévouées
Jusqu’au dernier soupir.
Nous vénérons dans nos foyers
Vos larmes et vos sourires.

Ma Suzeraine, et seule Aimée,
Acceptez mon offrande,
Pour refleurir vos doux vergers,
Votre robe lavande,

Mon sang pour être votre pluie,
Mon souffle pour la brise,
Qui chanteront, Dame Jolie,
La Vie, de vous éprise.


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MessageSujet: Re: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Mer 6 Aoû - 19:53






Qu’ai-je à vous offrir,
Sinon mes chansons ?
Pou vous égayer
En froide saison…

Humble ritournelle,
Pour vous réchauffer,
De douces caresses
De tendres baisers…

Qu’ai-je à vous offrir,
Sinon mon épée ?
Nouez vos rubans,
Si vous l’acceptez.

Ma lame aiguisée,
Noble Souveraine,
Vous préservera
D’outrages et de peines.

Je vous cueillerai
Vies et fleurs des champs.
Je vous chanterai
Aurores et couchants.

De votre regard,
Me réchaufferai ;
Pour un mot de vous,
Me prosternerai…

Vous m’êtes Lumière,
Mon Joyau, mon Or,
Unique prière,
Chant de Fine Amor.



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MessageSujet: Re: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Ven 8 Aoû - 19:05

courrier codé à ma soeur, Soeur Luce, Abbaye de Royaumont.

Ma chere soeur,

mon coeur saigne de voir notre Famille et notre Maison poussées à s'entredechirer ainsi. le sang va couler et les ruisseaux de seront teints en pourpre...

Père se fait agé, mais il refuse d'abandonner la terre qui l'a vu naitre, et se dressera aux cotés de ses amis et alliés, piegé, tout comme eux, dans cette folie fratricide.

n'en doutez point, ceux qui portent la croix cousue sur leurs manteaux, viennent moins pour exterminer une heresie ou lutter pour la Foi, que pour epancher une soif innée de cruauté, et s'accaparer des terres... nos terres... il leur importe peu de faire couler le sang des innocents.

priez Dieu, ma soeur, pour nous, pauvres pecheurs. priez pour eux, qui sont dans l'erreur... priez pour notre famille...

je serais heureuse d'avoir des nouvelles du pays d'oil, de par votre plume. et surtout, tenez moi au courant des volontés et agissement du Roy : se joindra-t-il aux Croisés ? et que feront les autres souverains chretiens du nord ?...

ne m'envoyez courrier que crypté et à Mazerolles, ne mentionnant que mes initiales, ma soeur.

donnez moi je vous prie les nouvelles du Seigneur Rhys, lorsque vous en avez. vous pouvez lui transmettre egalement cette lettre, et mon affection.

je vous serre dans mes bras, ma soeur, et vous adresse mes prieres.
A de M

**************

Cher Rhys, (crypté aussi)

je suis heureuse de vous savoir loin des tempetes; et vous prie de rester dans cette ville du pays d'oil encore quelque temps. j'ai hate de connaitre vos progrés et vos nouveaux savoirs.

voici quelques nouvelles des terres du Levant :
la Croix du Sud est dorenavant une régio et une alliance cachée, par la magie. vous connaissez surement la fatwa.... Seigneur Cadwallon sera plus à meme de vous en parler.
la Bibliotheque est dorenavant vassale directe de la Maison Mercuriale. j'ai pu, etant absente, faire abstention.
en tant que Seigneur de la Croix du Sud et vassal de Cesarée, je vous enjoins à la plus grande prudence et discretion.

le tribunal du Levant a juré vassalité à la Maison Mercuriale. thebes est tombé... le tribunal de Provence serait le prochain ?...
que pense-t-on de cette Croisade dans le Nord et dans la cité qui vous accueille ?
pensez vous que l'on puisse ebranler les opinions des jeunes gens du quartier latin ? voire rendre cette guerre interne au monde chretienH meprisable et vile aux yeux de la noblesse du pays d'oil ?

et mes autres questions concernent le rapport de la jeunesse lettrée à la Foi, quelle qu'elle soit, au merveuilleux et la Magie : quels sont les murmures ? les tendances ? les aspirations ? l'on murmure parfois que l'Homme, dans l'avenir, n'adorera que lui-meme et le néant... est-ce vrai selon vous ? quels en sont les signes que vous discernez ?

ecrivez-moi, si cela ne presente point de risques inutiles pour vous. adressez les missives à Mazerolles au Pays Gascon, et n'y mettez que mes initiales.
vous pouvez aussi les transmettre à ma soeur Luce, à Royamont. j'ai confiance en ma famille. soyez prudent et mefiant envers ceux qui ne sont pas nos vrais amis et alliés.

il est de plus d'alliances en portour mediterranéen qui sont discretes, voire secretes.
il en est une, par exemple, à Venise : le temple de Venus ou Palais de l'Amour. c'est une maison close de ma Maison.
si vous vous sentez en danger, vous serez toujours le bienvenu à Delos : une ile mienne dans les Petites Cyclades. mes enfants y sont. ainsi que deux de mes apprentis. et moi-meme y suis supposée demeurer.
pour survivre, il est parfois necessaire de s'oublier mage. nous sommes des hommes, avant tout...

prudence et discretion.
que Dieu vous garde, cher Rhys.
avec toute mon affection,
A de M
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MessageSujet: Re: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Sam 9 Aoû - 16:33

Vous êtes venus , mes nobles frères ,
Du Nord où "oc" se prononce "oïl".
Vos palfrois foulent notre terre ,
Sur vos bannières la croix luit.

Pourtant nulle parole christique
Dans vos clameurs et rires gras.
Des bûchers montent les suppliques
Vers le Dieu Bon de l'Au-delà.

Vous avez mis feu à nos champs ,
Vous avez obstrué nos puits;
Avez pendu femmes et enfants
Qui disaient oc et non pas oui.

Vous vous proclamez les seigneurs
Des castels que vous saccagez,
Foulant aux pieds rubans et fleurs,
Violant nos sœurs dans les vergers...

Vous êtes venus mes nobles frères
Sans la noblesse et sans honneur.
Votre croix n'est que signe de guerre ,
L ' hérésie n'est que dans vos cœurs.

Vous vous vengez de frustration
Tout comme lors du sac de bysance.
Vous repandez en libation
Le sang des coteaux de Provence.

Car Rome à soif du sang versé...
Sarrasins ? Loin ! - Fera l'affaire
Une hérésie vite trouvée
Pour satisfaire le Très Saint Père...
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MessageSujet: Re: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Dim 10 Aoû - 20:57




à la lueur des feux de camp,
rendons grâce, mes frères,
à Dieu, au Pays Occitan...
et noyons chagrins et tourments
dans l'eau de vie amère.

crépite au loin sombre bucher,
nous chantons pour nos frères;
les anges sont venus chercher
leurs âmes, et ont éparpillés
leurs cendres sur ces terres.

Buvons ! Demain à qui le tour
de mordre la poussière ?...
le guetteur crie au petit jour.
nouons les rubans de velours
sur nos épées, nos croix de fer...


***************

forme : 8a / 6B / 8a 8a / 6B
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MessageSujet: Re: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Dim 17 Aoû - 20:31






Piaffent, piaffent les palefrois ;
Sonnez la bataille !
Nous cousons nos jolies croix
De fleurs et de paille.

Sonne, sonne le guetteur,
La mort qui nous guette.
Ivres d’amour et d’honneur
Nos âmes sont prêtes.

Guette, guette, Chère Amie,
Sur ma lance vos rubans ;
Pour vous, pour mon doux pays,
Je verse mon sang.

Lancez, lancez au galop
Vos palefrois, mes frères.
Sont assiégés nos châteaux,
Violentées nos terres…

Et tressautent les pendus
Recouverts de givre :
La guerre nous a rendus
Tous de violence ivres…

Gentes Dames, mères et sœurs,
Soyez donc vestales,
De nos foyers la douceur,
Flamme provençale.

De Gascogne au Narbonnais
Flottent nos bannières,
Et nos croix enluminées,
Occitanes et fières.

Sonne, sonne le guetteur,
L’aube qui se lève.
Cet assaut sera fureur ;
Et les clameurs brèves...

Flottent au vent les étendards
Pourpres azur et or…
Nous nous battrons jusqu’au soir,
Jusqu’à notre mort.

Au crépuscule les cors
Sonneront repli ;
Sur les boucliers nos corps
Vous seront remis.

Vous chanterez, Douces Dames,
Le Consolament
Pour votre Amour et nos âmes
D’enfants occitans.
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MessageSujet: Re: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Lun 25 Aoû - 13:02





Combattre à vos cotés,
Ultime honneur et récompense
Pour mes chants maladroits,
Pour nos muettes souffrances.

Mon dos contre le votre,
Chaleur du charnel bouclier ;
Nous dansions la mort,
Pour défendre terre et foyers.

Frères d’armes le jour,
Deux faydits, errants troubadours,
Arpentions ce pays,
Savourant l’accalmie…
Serrez-moi dans vos bras plus fort,
Comme sur les remparts du Fort,
Où l’aube avait béni
Notre union, bonheur et amour.

Mais le Fort a brulé,
Le rempart écroulé,
Le glaive divin a scellé
L’éternité de l’instant lui volé.

Priez… Priez pour nos âmes !
Priez pour moi, pécheresse effrontée.
Levant pour vous coupe et lame,
Pour vous chanterai Vie et sa Beauté !

De notre amour la pureté,
Force et folie de l’espérance,
Et de Dieu l’infinie Bonté
D’avoir uni nos deux errances.

Aimez… Aimez-moi en prières,
Louanges à Notre Père Céleste ;
Je vous aimerai en Souffle et Geste,
En chaque Aube, pourpre, azur et Lumière.



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MessageSujet: Re: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Lun 25 Aoû - 13:33

ABBAYE DE FONTFROIDE









http://www.fontfroide.com/histoire

http://www.fontfroide.com/dates-cles




















Fondée en 1093 par quelques moines bénédictins, l’abbaye se rattache en 1145 à l’Ordre de Citeaux. Elle connaît alors son essor et devient une grande et puissante abbaye, certainement une des plus importantes de la Chrétienté. Grâce à de nombreuses donations, sa richesse ne cesse d’augmenter, et, au XIIIème s., la communauté possède environ 25 000 hectares de terres. C’est également à cette époque que le nombre de religieux est le plus important, l’abbaye abritant 80 moines et 250-300 frères convers.

Très rapidement, Fontfroide va devoir se mêler à la vie politico-religieuse avec l’implantation dans la région d’une ‘nouvelle’ religion, celle des Cathares. Les moines quittent cloître et église, pour prêcher et essayer de convaincre le peuple de rester fidèle à l’Eglise. Malgré tout, le catharisme se développe et gagne du terrain. Finalement, c’est l’assassinat d’un moine cistercien de Fontfroide, Pierre de Castelnau, qui précipitera la Croisade des Albigeois.

*****

1093 : Le 12 des calendes de juin, le Vicomte de Narbonne, Aymeric II, autorise une communauté de moines à se constituer sur ses terres de Fontfroide.
1145 : Fontfroide s’affilie à l’ordre de Citeaux lors de la venue de Saint Bernard de Clairvaux en Languedoc, l’abbaye connaît alors une expansion considérable et rapide.
1149 : Le comte de Barcelone offre  » son jardin de Poblet  » aux moines de Fontfroide pour fonder une nouvelle abbaye devenue la plus fameuse abbaye de Catalogne, nécropole des seigneurs devenus rois d’Aragon.
1157 : La vicomtesse de Narbonne, Ermengarde, fait don à Fontfroide d’un vaste ensemble de terres entourant le monastère. L’abbaye devient une puissance foncière et religieuse locale fortement enracinée, le sanctuaire de la maison de Narbonne et le centre spirituel du Languedoc.
1175-1185 : Les dons et acquisitions de biens fonciers atteignent leur maximum. Les revenus permettent de commencer la construction des bâtiments.
1203 : Le Pape, Innocent III, nomme légats Pierre de Castelnau et frère Raoul, tous deux moines de Fontfroide.
1208 : Après une entrevue avec Raymond VI de Toulouse, à Beaucaire, Pierre de Castelnau est assassiné.
1209 : Début de la Croisade contre les albigeois dirigée par Arnaud Amalric, abbé de Citeaux.
1242 : Fontfroide fonde l’Abbaye de Valbonne près d’Argelès-sur-Mer
1297-1310 : Arnaud Nouvel est élu père abbé de Fontfroide. Nommé ensuite cardinal, il occupe la charge de vice-chancelier de l’Eglise et est envoyé comme légat du Pape en Angleterre.
1311-1317 : Abbatiat de Jacques Fournier qui devient Pape en 1334 à Avignon sous le nom de Benoit XII.
1348 : La peste noire réduit la communauté à 20 moines
1476 : Fontfroide tombe en commende, la communauté est dirigée sur place par un prieur conventuel nommé par le père abbé de Clairvaux.
1594 : Par décision du chapitre général, division des biens de Fontfroide entre une mense abbatiale dont les revenus vont aux abbés commendataires nommés, depuis le concordat de Bologne (1516), par le roi de France et une mense conventuelle permettant la subsistance d’une communauté réduite à 16 moines.

*************

Fontfroide et les Cathares

Durant toute la seconde moitié du XIIème siècle, l’hérésie prospère sur le terrain et l’abbaye de Fontfroide se retrouve aux avant-postes du combat contre les cathares.
Directement opposé à l’Eglise de Rome, le catharisme s’avère par ses implications sociales comme une terrible menace pour toute la société médiévale. D’autant que l’église cathare s’est organisée méthodiquement en plusieurs diocèses dont celui de Carcassonne qui englobe les principales terres gagnées à l’hérésie, celles des seigneurs de Trencavel : Carcassès, Razès, Minervois, Biterrois.

Fontfroide et ses granges s’enfoncent dans ce territoire cathare et dès son élection en 1198, le Pape Innocent III veut tenter un grand effort de résistance. Pour mobiliser le clergé, il entend s’appuyer sur Citeaux, l’ordre le plus puissant de la chrétienté. Les moines de Fontfroide doivent quitter leur solitude et revenir dans le monde pour combattre le catharisme. En 1203, le Pape choisit comme légat deux moines de Fontfroide : frère Raoul et Pierre de Castelnau. Les deux légats organisent sous la présidence de Pierre II d’Aragon un plaid où dialoguent treize supposés hérétiques et treize fidèles catholiques au cours duquel Bernard de Simore et ses compagnons avouent leur doctrine . Ainsi les cathares sont officiellement convaincus d’hérésie.

Pierre de Castelnau, désabusé et réaliste, est persuadé que seul le pouvoir politique et le  » glaive matériel  » peuvent extirper l’hérésie. Il tente une ultime démarche en se rendant le 13 janvier 1208 à Saint-Gilles où il rencontre Raymond VI de Toulouse. L’entrevue tourne mal. Le lendemain un écuyer du comte rejoint Pierre de Castelnau s’apprêtant à passer le Rhône et le frappe mortellement.

Tandis que se déroulent les tragiques péripéties de la croisade dans laquelle Fontfroide joue son rôle légitime de bastion de la foi catholique, l’abbaye s’est solidement implantée, construite et développée.

********

L’essor de Fontfroide

A la charnière du XIIIème et du XIVème siècles, Fontfroide apparaît en pleine expansion.

Elle le doit au rayonnement de ses moines, à leur travail de mise en valeur de leurs terres. Elle le doit aussi à la générosité de bienfaiteurs, ecclésiastiques et laïcs qui, par leurs donations, ventes à prix réduits ou leurs legs agrandissent considérablement le domaine.

Avec ses 25 granges, Fontfroide est l’une des abbayes les plus riches de l’ordre. Sa vocation est, encore plus que le vin, l’élevage et son troupeau compte au milieu du XIVème siècle 20 000 têtes. Cette richesse tient au fait que les rois d’Aragon et les comtes de Foix, protecteurs fidèles de l’abbaye, lui avaient concédé le droit de libre pâture sur leurs terres. Ce privilège avait conduit l’abbaye à implanter des granges, souvent conquises de haute lutte, sur la route de la transhumance vers l’Aragon ou vers Foix et à développer un mode d’élevage moderne. Cette richesse permet aussi de poursuivre les aménagements comme la construction des voûtes des galeries du cloître.

Jacques Fournier et Arnaud Nouvel

A sa plus brillante époque, l’abbaye de Fontfroide accueillit dans sa communauté deux hommes d’église au destin exceptionnel que rapprochaient d’ailleurs les liens du sang. Le premier, Arnaud Nouvel, est né au milieu du XIIIème siècle à Saverdun, un bourg ariégeois dans le comté de Foix. Il fait profession monastique à l’abbaye de Boulbonne. Elu trente-huitième abbé de Fontfroide, il est chargé par la papauté de missions où s’exercent ses compétences juridiques et théologiques. En 1306 il est nommé vice-chancelier de l’Eglise par Clément V mais reste abbé de Fontfroide. Il quitte l’abbaye en 1310 quand il est nommé cardinal et légat en Angleterre et au procès des dignitaires du Temple. Il meurt en Avignon le 14 août 1317 et selon sa demande est enterré au pied du maître autel de Fontfroide.

Le second est le neveu d’Arnaud Nouvel, Jacques Fournier. Après avoir été moine à Boulbonne, il succède à son oncle sur le siège abbatial de Fontfroide en 1311. Nommé évêque de Pamiers en 1317, il dirige lui-même le tribunal d’inquisition contre les derniers cathares. Transféré en 1326 à l’évêché de Mirepoix, il est promu cardinal en 1327. Il est élu pape en décembre 1334, succédant à Jean XXII sous le nom de Benoît XII. A peine élu, il révoque toute les commendes et entreprend la réforme des ordres monastiques, à commencer, dès 1335, par sa propre famille cistercienne par la bulle  » Sicut fulgens « . Il fait construire le Palais des Papes à Avignon où il meurt le 25 avril 1342 et est enterré dans la cathédrale d’Avignon. Avec cette disparition, l’abbaye perd son dernier grand protecteur.
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MessageSujet: Re: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Mar 26 Aoû - 13:35

je trouve l'histoire incroyable :

http://alexandrina.balasar.free.fr/gerard_de_clairvaux.htm

GÉRARD DE CLAIRVAUX
Moine cistercien, Bienheureux
+ 1148



**********************

http://alexandrina.balasar.free.fr/liste_des_saints.htm

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MessageSujet: Re: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Mer 27 Aoû - 11:05

pour plus de facilité de "retrouvages", je poste tout ce qui est lié à la periode cathare et à l'occitanie ici Wink

après tout, l'identité d'empreint d'Artémi risque d' etre le receptacle recurrent pour Ambroise au pays de la langue d'Oc...



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MessageSujet: Re: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Mer 27 Aoû - 11:11

Aux marches du Palais


Aux marches du Palais,
Il y a tant de roses…
J’irai me prosterner
Devant les portes closes.

Le portier implacable
Jugera insensés
Mes versets sur le sable
De larmes condensées ;

Son habit de lumière
Brulera ma fierté,
Contrition éphémère,
De pardon exemptée ;

Va t’en, me dira-t-il,
Pars de par le grand monde,
Pénitente en exil,
Trobairitz vagabonde…



Aux marches du Palais,
Déposant mon offrande,
Vielle et encens brulés,
Et cape de mendiante,

Je me prosternerai,
Baignée d’échos lointains
Du Verbe et chants sacrés
Célestes et indistincts.

Le portier blâmera –
Aveugle fus aux signes,
Bafouant vœux et Croix –
Va t’en, tu es indigne !



Aux marches du Palais,
Mes lèvres apposerai
Sur les dalles foulées
Par vos pieds dénudés.

Vous, qui me précédez
Dans l’or des roseraies
De l’Eden retrouvé,
Pouvez-vous me sauver ?



Aux marches du Palais,
A genoux j’offre cœur
Et âme à Ta douceur.

Aux marches du Palais,
A genoux je T’implore,
Sois Lumière et Aurore,

Pardon et réconfort
De mon être esseulé.

************************


Forme (en hexasyllabes) :
Part 1 de 4 quatrains de forme Abab puis acac etc
Part 2 de 3 quatrains de même forme
Part 3 :  (AbAc / cbdd / Aee / Aff / fA)
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MessageSujet: Re: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Mer 27 Aoû - 14:46



Le dernier des Trencavels : mémoires d'un troubadour du treizième siècle. Tome 1 / traduits de la langue romane avec des notes historiques et critiques [par H. Reboul] -Tenon (Paris)-1834-1835

pas encore lu

http://gallica.bnf.fr/Search?adva=1&adv=1&tri=&t_relation=%22cb31184641j%22&lang=fr

(domaine public ! pas de soucis de poster le lien donc)
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MessageSujet: Re: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Jeu 28 Aoû - 14:37

QUO VADIS ?


Les herbes hautes ploient, desséchées, sous le vent. J’avance, à pieds, sur ce sentier de terre battue, dans le bruissement des ces vagues et le chant incessant de cigales. Chaud. Je crois que c’est l’été le plus chaud que j’ai connu. Ou bien est-ce la chaleur du brasier de Beziers qui me colle à la peau ?...

Le sentier longe un ruisseau qui coule dans le miton du lit d’une rivière presque desséchée, exsangue… Je m’agenouille et bois cette eau limpide et fraiche. Peut-être en mourrai-je, attrapant quelque mal d’un cadavre en putréfaction jeté plus haut ?... Qu’importe… J’ai soif. Et je n’ai plus ni vin ni eau de vie. Alors je bois cette eau. Le ruisseau de mon pays ne peut m’empoisonner.

C’est eux qui empoisonnent cette eau… Eux, qui empoisonnent nos puits. Ils y jettent les corps de femmes, qu’ils traitent d’hérétiques et de sorcières. Et les comblent de pierres…
C’est ainsi qu’ils édifient nos tombeaux, à nous, les hérétiques… A nous, les martyrs de notre pays…

Je reprends la route. Du coin d’œil, je vois cette forme craintive en haillons, qui me suit depuis plusieurs jours déjà, sortir des buissons et boire. Je sais que si je me retourne, elle s’enfuira de nouveau. Alors je ralentis mes pas, lui laissant le temps de se rafraichir.

* * *

Elle me suit. Comme une ombre. Ou comme un chien qui aurait perdu son maitre, c’est selon. J’étais passé par un hameau, il y a quelques jours de cela, y pensant trouver quelques autres refugiés du Grand Mazel.
En vain.
Les croisés étaient déjà passés par là ; les habitants ont payé cher ce tribut de guerre. La tour de la châtelaine, une jeune veuve que je connaissais de réputation bonne et charitable, était pillée et saccagée. Et la châtelaine gisait surement au fond du puits ensanglanté, comblé de pierres… Et au dessus, accrochés depuis les remparts en guirlandes macabres, ceux qui avaient osé se défendre…
Le temps de dire les prières, se laissant bercer par le crépitement du bucher funéraire, le crépuscule avait laissé place à l’obscurité de la nuit. Et cette ombre surgit et vint s’asseoir à quelques pas de moi. Comme un petit animal captivé par les flammes.

Elle ne devait pas avoir plus de deux décennies. Des mèches de cheveux sombres et filasses sous un chaperon sale et déchiré. Des robes de lin trop grandes, retenues par une corde nouée à la taille, aux manches retroussés, laissant voir des bras écorchés et couverts d’hématomes. Et les yeux d’un miel doré étrangement lumineux dans la nuit sous ce brasier…

* * *

Je marche, d’un pas régulier, comme un légionnaire romain. Comme si ce n’est point moi qui marche, mais le sol qui glisse sous mes pieds nus. Et moi, je ne suis qu’un regard désincarné qui contemple cette terre…

Et pourtant, je sens la douce chaleur de la terre sèche, les pointes des cailloux et des branchages, la caresse des herbes hautes, les éraflures des épines des mûres que j’avais cueilli la veille… Je sens les marques de ma terre, ses caresses maladroites, charnellement et en mon âme.

Comment ce monde peut-il être création d’un démiurge mauvais, alors qu’il m’offre tant de douceur et de réconfort en ce moment-même ? Comment le corps, fait de matière, peut-il être vile prison, œuvre diabolique ? Alors que c’est par chaque pore de ma peau que je bois le souffle de mon pays, chargé de senteurs de lavande, de bruyère, de rosiers sauvages…

Je m’abreuve de cet air, et je sens mon cœur battre. Je sais qu’à quelques lieux de là, il est un être qui respire le même air. Qui contemple le même ciel… Je sais qu’en cet instant, nos âmes se frôlent, le temps d’un battement d’ailes d’un papillon, le temps d’une éternité…

Je ferme les yeux…

* * *

Les remparts de Béziers… Nous regardons se lever l’Aube… La première qui nous nous voit trinitairement unis, de cœur, d’âme et de corps. Et aussi la dernière… Mais nous ne le savons pas. Pas encore.
Nous avions nos rêves, des souhaits, nos projets… Nous les tenions dans nos mains entrelacées… Et notre pays occitan nous était jardin d’Eden.
Nous étions simplement heureux. Ignorants de la Chute.

Est-ce cela le bonheur : être ignorant de ce qui va advenir ?

* * *

C’est dans son Infinie Bonté que Seigneur ne nous a point offert la Connaissance ! Il est le seul omniscient. Il est le seul à endosser l’habit de souffrance, en son Incarnation charnelle, afin que nous, ses enfants, en soyons épargnés.

Le Christ savait… Nous ne savons pas. Nous ne connaissons pas les choses en avance. Alors nous pouvons connaitre le bonheur de l’insouciance...

Beati pauperes spiritu… Bienheureux les pauvres en esprit, qui savent se détacher des biens de ce monde, de l’avidité, du pouvoir, de l’orgueil… Qui voient le monde d’avant la Chute… Qui parlent à Dieu, et qui entendent son Verbe… Qui éprouvent son Amour, non dans leurs intelligences, mais dans tout leur être…

Non, ce Dieu ne peut être qualifié de mauvais. Nos existences dans ce monde n’est point un emprisonnement dans une geôle de chaire et de matière. Tout comme Lui, s’est Incarné, Il nous a offert de nous incarner. Afin de ressentir pleinement la joie et le bonheur de Sa Création. Afin que nous puissions la louer en actes et chants, en geste et verbe. Afin que nous soyons à Sa semblance, que nous soyons Souffle et Mouvement…

Et que nous puissions à notre tour transmettre cet héritage… Transmettre l’immortalité du Souffle et du Mouvement… Transmettre le bonheur…

* * *
Je ris à travers ces larmes que je sens couler de mes yeux aveuglés.

Oui, aveugle j’étais. Aveugle je suis, que de refuser d’ouvrir mes yeux maintenant !

* * *

Seigneur !

Pardonne-moi !

Pardonne-moi d’avoir douté de Ta Bonté et de Ta Miséricorde… d’avoir osé me dresser contre Ta volonté… d’avoir douté de Ta Providence…

Pardonne-moi d’avoir fui Ta Maison, alors que Tu m’en avais ouvert les portes… Alors que tu m’avais ouvert les portes de ton cœur…

Je reviendrai… Je Te reviendrai…

J’ai toujours été Tienne, et seulement Tienne.

Alors pardonne mes égarements, et laisse moi Te servir et T’honorer… T’aimer en toute chose qui porte Ton empreinte, et tout être qui porte Ton Souffle…

Contemplata aliis tradere … Oui, car tel est l’héritage intangible, nous ne pouvons que communiquer aux autres le fruit de ce qui nous a été donné de contempler…


* * *

Toi qui as pu m’aimer, accepte mon amour épuré de tout désir… Laisse-moi t’offrir mon âme dénudée d’orgueil…

Accepte-moi comme servante, à la fois épouse et sœur devant le regard du Seigneur…

Accepte que je puisse t’aimer en Son Nom, et L’aimer en toi…

Toi, qui as pu lever l’épée contre ceux qui portaient la croix sur leurs poitrines, pour nous défendre, nous, les hérétiques, les parjures de la Foi, accepte mon retour dans la Maison de Dieu… Comme réponse à ton présent… Comme l’offrande la plus pure que mon âme et mon cœur peuvent t’offrir…

Attends-moi… Tout comme tu as attendu pendant ces années…

Attends-moi aux portes du Palais…

Car c’est là que se dirigent mes pas. C’est là où je vais, dès l’instant où le portique de Fontfroide s’est refermé derrière moi…

Sera sinueuse ma route du retour vers Toi … vers toi…

Attends-moi… Attends-nous…


* * *

Le souffle de vent fait chuchoter les feuilles des arbustes bordant la route… Il est chaud…

Chaud… Comme l’athanor des forges de Cadwallon… Comme la chaleur du verre en fusion… Souffle, souffle, me disait-il.
Et il est là. Souffle, dit-il.
Et je souffle !...
Et la poussière chaude de la route que je porte à m’es lèvres, s’envole… Les cendres de mon pays volent, haut, plus haut encore !... Jusqu’à Ton Trône inaccessible…

Chaud… Comme l’athanor des cuisines d’Ancelin… Trêve de ritournelles, travaille !, m’intime-t-il.
Ora et labora… Lui aussi est là. Il me tend une de ses zelabias, rompue, tel le pain du Christ…

Et Père est là aussi. Il me sourit. Regarde, mon fils, dit-il, ces terres… Notre pays… Regarde ce soleil… C’est Lui qui te voit, toi, qui ne peux que contempler l’ombre de Son Visage…
Et je sais que Père est heureux…

Et Mère est là… Et mes sœurs… Mes enfants… Apprentis…

Chaud… comme Son souffle invisible en Son monde… Comme l’étreinte d’un ami… d’un père… d’une mère… de son enfant…

* * *

J’ouvre les yeux sur la lumière douce de l’astre déclinant.

Je suis allongé dans les herbes hautes, les bras en croix, comme si j’avais étreint cette terre bénie… comme si j’en étais étreint…

La forme en haillons, accroupie à mes cotés. Nous regardons le même ciel… Le même crépuscule…

Quo vadis ?, me chuchote-t-elle.

Redeo in regno Suo…





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MessageSujet: Re: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Jeu 28 Aoû - 16:06

Jesus Christ Superstar - Gethsemane (1973) Wink

https://www.youtube.com/watch?v=X_mJgVwQ3Qw
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MessageSujet: Re: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Ven 29 Aoû - 21:01

au Roy de France
ou
Missive d'un faydit du Pays Occitan


Aux marches du palais,
Je vous chante, mon Roy.
Ce palais a brûlé
Dans un grand feu de joie.

Montjoie !, avait chanté
Mon noble père, Sire,
Offrant à votre épée
Son tout dernier soupir.

Mais vous n’y étiez pas,
Pour jouir de la bataille :
D’un vavasseur la joie
Mit feu à nos entrailles.

Et la croix ne sied pas,
Mon Sire, à votre habit :
Fratricide combat,
Votre sang coule ici ! (*)

Et vous avez confié
Au boucher de Byzance
Votre très Sainte épée,
Pour sa macabre danse…

Je suis fils de Provence,
Ô Roy, votre vassal ;
Je combats l’ingérence
De Rome et vos chacals.

Ô Roy ! Votre traîtrise
Me fend le cœur et l’âme !
Au Grand Mazel infâme,
C’est votre écu, Sire, que je brise.




(*) référence à la parenté entre le comtes de Toulouse et le Roi de France.


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MessageSujet: Re: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Ven 29 Aoû - 21:47

contexte :

nous nous remplions à Beziers, ville fortifiée, jugée imprenable. Lobo comte de Gascogne (pere d'Ambroise) est chargé par roger-Raimond Trencavel de defendre la ville et tenir jusqu'au retour du vicomte RR trencavel (qui est parti à Carcassonne).

nous avons pour toute garnison 4 000 hommes de Beziers, et les 100 chevaliers gascons (et leurs 1000 gens d'armes) sous la banniere de Lobo; tous volontaires.

l'armée croisée installe le siege : 30 000 hommes. 3 bannieres principales, sous l'egide du legat du pape (Arnaud Amory, grand maitre des cisterciens)
- hervé iv comte de nevers
- eudes iii duc de bourgogne
- simon de montfort (ile de france, ancien croisé de constantinople)

un chevalier aux armes moirées et Artemi de Mazerolles, reconnu comme fils de Lobo, sont les bras droits du comte de Gascogne.
Lobo met en place un stratagème : au crepuscule, faire une sortie et attaquer les assiégeants; seuls les volontaires sont pris pour cette bravoure. il y en aura 500. l’élite des chevaliers gascons et occitans presents à Beziers.

au crépuscule, nous sortons. nos chevaux foncent à toute allure sur les tentes des croisés. notre but : décapiter le commandement; priver cette armées de leurs meneurs.

Lobo, mon Père, fonce et blesse grievement le comte de nevers; puis le duc de bourgogne. puis il se tourne vers la tente du legat. homme de l'eglise ou pas, peu importe en cet instant.

mais de sa tente sort Simon de Montfort et s'interpose : dans ses mains, il tient Joyeuse, la lame sainte de Roy.

Albéric s'interpose entre lui et Pere. je m'interpose à mon tour, entre cette lame de Roy, et Alberic. la lame s'avat. au dernier instant, Pere s'interpose, et la lame de roy s'abat sur lui. il est à terre, à mes pieds, grievement blessé.

Simon de Montfort leve de nouveau la lame. je sens un pommeau s'abattre sur ma nuque, je chancele. l'epée du Roy s"abat sur Alberic qui vient de me sauver la vie...
il est à terre, le sang coule... je lis dans les yeux du legat et de Simon de montfort la possibilité pour moi de me retirer. je hisse le corps de Pere sur sa monture et l'y attache. puis je monte sur mon palefroi, tenant Alberic.

nous continuons le plan de mon Pere : nous fuyons. à travers un terrain piegé. des fossés ont été creusé sur toute la plaine et dissimulés. mais nous connaissons le chemin sauf, le sentier fleuri.... derriere, j'entends les hurlements des poursuivants, embrochés vifs dur les piques et les lances....
mais ces cris m'importent peu...
je dois sauver Alberic...

les cris  que le vent me rapporte me laissent penser que nous avons voué à la mort un tiers des troupes croisée... soit 10 000 hommes... un contre vingt...

nous nous refugions au chateau de Beziers... je puise dans ma memoire pour retrouver les gestes qui soignent les blessures de guerre... mon apprentissage à l'Hospice de cesarée...
Je sais que la vie d'Alberic est sauvée...

Pere est mort. je hisse son corps sur le trone du vicomte de Beziers. Je sais que Trencavel n'en prendra point ombrage...

dehors, j'entends les hurlements de la bataille... les croisés sont dans les rues... le chateau brule...

carnage...

de rage, je renie ma vassalité au Roy philippe de france : je decroche son ecu et le brise, laissant les debris aux pieds de Pere...

Alberic est inconscient. je le porte. nous fuyons, par les cachots...

le chateau brule...


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MessageSujet: Re: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Mer 3 Sep - 14:02

Eclats dansants
Sur l’océan
Du soleil couchant
……agonisent.

Vitraux en sang
Etincelants
De mille tourments
……qui les brisent.

Parfums d’épices
Du port me glissent
En frissons délices
……dans la brise.

Chevaux hennissent
Leurs selles crissent
C’est mon champ de lys
……lande grise.

Pleure l’épée
Cantiques étaient
Si désenchantés
……dans l’église.



************************


Forme :
4a/4a/5a/3B deux fois
4c/4c/5c/3B deux fois
4d/4d/5d/3B une fois


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MessageSujet: Re: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Mer 3 Sep - 14:45

Soyez juge implacable,
Et soyez confident
De mes cimes et mes gouffres,
De mes joies et tourments ;

Je vous prie à genoux :
Mon amour est pureté.
Soyez donc reliquaire
De ma sincérité.

Je vous aimais en homme,
Je vous adore en saint ;
Jugez-moi hérétique
Qui défia le destin.

Larmes de Providence
Traquent les fugitifs :
La Croix se fit épée,
Tranchant la chaire à vif.

Bonheur si éphémère !
Et rébellion domptée…
Mon Art est impuissant
Face à Sa volonté.

Me voilà donc, soumise,
Aux pieds du saint autel.
Ses pierres sont si froides…
Nul n’entend mon appel…

Evangiles apocryphes
Brûlent leurs lettres d’or,
En échos aux bûchers,
Où se tordent les corps…

Dans vos yeux brille l’Aube
D’amour et de douceur…
Montrez-moi Sa lumière,
Invisible à mon cœur.
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MessageSujet: Re: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Jeu 4 Sep - 19:42

1210


***********



Alexandrie était loin derrière moi. Césarée aussi…

Revoir notre Magistère Ancelin était comme se laisser bercer par un doux rayon de soleil clame et paisible… Tout comme revoir seigneur Cadwallon, en coup de vent… Mais cette paix que, pour l’instant, respirait Césarée, n’était pas pour moi.

Cet été 2010 fut aussi brulant que le précédent : la sécheresse régnait dans l’Albigeois. Le feu prenait vite… Le bûcher de Minerve a dû flamboyer dans la nuit ! Cent quarante trois personnes brulées vives… Comme une commémoration macabre du Grand Mazel de Béziers, le 22 Juillet…

Je n’y étais point. J’étais à Montpellier. Avec mon fils. Il y est né en avril, et baptisé Astrolab. Comme le souhaitait son Père. Parrain. Donc doublement Père, dans la chaire et par l’esprit…

Pourtant j’avais hésité. Le matin, où j’étais prête de partir, Astrolab s’éveilla dans mon lit, joua longuement à m’attraper les doigts, et n’a point voulu me lâcher la main. Il me regardait avec ses grands yeux, le même regard lumineux que son Père. Avec cette question muette « pourquoi ? ». Pourquoi veux-tu me quitter ? Pourquoi, toi qui m’es mère, qui me donne vie et chaleur, veux-tu partir et semer la mort ?...

Alors je suis restée. Minerve brûla. Les hérétiques brûlèrent. Le baron de Minerve, Guilhem IV de Minerve, et les chevaliers faydits qu’il accueillit brûlèrent.

La sécheresse a eu raison des assiégés. La sécheresse du cœur de Dieu ? Guilhem accepta de négocier la reddition… Lui aussi préféra se sacrifier pour sauver les siens. Mais ce sacrifice ne valait pas pour les hérétiques…

Pourtant, Arnaud Amaury, étant moine et prêtre, n’avait pas osé, dit-on,  prononcer la condamnation à mort des hérétiques et déclara que le seigneur du château et les habitants et défenseurs de la ville pourront quitter librement la ville, même les hérétiques, s’ils voulaient se réconcilier avec l’Église et lui obéir.
À l’un des lieutenants de Simon de Montfort, qui protesta et déclara que les croisés étaient venus pour extirper l’hérésie et prétendant que les cathares n’abjureraient que par peur de la mort et non par foi, l’abbé répondit : « ne craignez rien, car je crois que très peu se convertiront ».

Et près de cent cinquante personnes montèrent, vivantes, sur le bûcher, le 22 juillet…


* * *

Et moi, ce jour-là, je jouais avec mon fils dans les jardins de l’hospice de Montpellier…

* * *

Je garde la naissance de mon fils secrète. Cachée des hommes et des Mages. Notre enfant… Né non point de Magie, mais de l’amour…

Malgré l’Elixir de longue vie, malgré sa malédiction, j’ai pu donner naissance à un fils, un héritier de chaire et de sang… Notre fils… Le seul que nous avons et aurons jamais… L’enfant de cette affection infinie que nous nous portions… Que nous nous portons…

Née d’un battement de cœur, d’un frôlement de nos mains, il y a de cela, combien déjà, dix ans ? Oui, c’était l’automne 1201, à Césarée. La première fois où je me présentai à la Commanderie sous mon vrai nom de Na Marsans… Albéric n’avait pas vingt cinq ans. Et moi encore moins, tout juste la vingtaine. Comme c’est loin maintenant !...

Née d’une simple rencontre de deux enfants de Gascogne que nous sommes, jamais cette flamme ne s’est éteinte. Elle est passée par tant de couleurs, tant d’éclats différents, jusqu’à l’embrasement complet… Béziers… Et maintenant, elle semble si épurée… si éthérée… Est-ce la Paix qui nous est dévolue ? La quiétude du cœur et de l’âme ?...


* * *

Alors que j’étais déjà en route pour Césarée, en aout 1210, Simon de Monfort, le vavasseur assassin, établit son campement aux murailles de Termes, un village fortifié, couronné d’un donjon. Raimon de Termes et les frères Jourdain et Pèire Rogièr de Cabaret s’y étaient préparés.

Je ne les connaissais que de réputation : Peire Vidal avait chanté la beauté de la Dame de Pennautier, épouse de Jourdain. Raimon de Miraval chantait Brunissende, la femme de Pèire Rogièr.

Mais le temps n’était plus aux canso de fin’amor. L’amour et ses jeux ont laissé place aux sirventes.

Les troubadours chantent aujourd’hui les batailles, les escarmouches, le sang, le courage. La Pretz et la Paratge, la Valeur et la Noblesse, sont dorénavant teintées de sang et leurs harmoniques ont un parfum de la mort.

Nous chantons pour inspirer le courage aux nôtres, lorsque l’odeur acre des buchers monte aux narines et fait couler les larmes involontaires. Nous chantons pour la paix et le salut des nôtres, lorsque les échos des cris des suppliciés et des blessés nous crèvent les tympans.


* * *

Lorsque je revins à Montpellier, en automne 1210, Simon de Montfort était toujours accroché à Termes. Telle une sangsue au mollet du voyageur. Une sangsue desséchée et affamée : Pèire Rogièr et les siens menaient la vie dure au vavasseur du Roy, harcelant ses troupes lors de sorties héroïques, faisant des razzias sur les renforts et le ravitaillement…

Mais à l’été sec succéda l’automne,  tout aussi aride. Pas une goutte de pluie depuis des semaines…  J’entendis parler de négociations, de reddition conditionnelle et temporaire…

Je me devais d’y aller porter secours !


* * *

(décembre 1210)

Nous maudissions la sécheresse… Nous avons maudit l’orage ! L’eau tombée du ciel causa notre perte…

Raimon de Termes était dans les négociations pour la reddition, lorsque l’orage éclata. Certains y ont vu un signe du ciel, et se réjouirent, car les croisés assiégeants étaient tout aussi exténués que nous : la reddition conditionnelle pouvait être une issue honorable et satisfaisante pour les deux partis. D’autant plus que le ciel bénissait une telle démarche, par sa pluie.

D’autres, voyant les citernes remplies d’eau, et les greniers de grain, voulurent persévérer dans la résistance, misant sur l’usure des forces croisées, le départ dû à la quarantaine, et  poussèrent Raimon à trahir sa parole envers le vavasseur de Montfort.

Mais trahir la parole donnée est un pécher… Nous l’avions tous compris le lendemain, lorsque l’eau devint croupissante et empoisonnée. Mais il était trop tard…

Termes fut pris en ce mois de novembre.

Raimon fut enchaîne et conduit, dit-on, à Carcassonne. Dans les geôles…

Simon de Montfort nous fit payer chèrement et notre longue résistance, et la parole manquée… Sa cruauté ne connut point de limites…

Je me suis surprise à prier pour le salut de son âme… Cela m’horrifia.
Ma haine envers ce vavasseur assassin est-elle aussi sans limite ?...


* * *

Je suis rentrée à Montpellier. Efflanquée, comme un chien battu. Auprès de deux seuls êtres qui ne me jugent pas.

Mes enfants me manquent. Astrolab me manquera aussi, lorsque je le quitterai, pour reprendre les routes. Mais je sais que je le laisse entre les bras les plus sûrs au monde, ceux de son Père.

Je vais rester quelques mois encore… Puis je partirai à Délos. Puis je rejoindrai Césarée. C’est ainsi que Dieu l’a voulu : toujours sur les routes, car ma famille est ainsi éparpillée de par le vaste monde…
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MessageSujet: Re: Artemi, Seigneur de Mazerolles (Gascogne)   Lun 8 Sep - 12:10

j'essaie de rassembler des infos pour un petit texte  Wink

***************************


1212 :
printemps : Simon IV Montfort fait la conquête de l'Albigeois et du Quercy qui s'étaient révoltés contre l'occupation des croisés.
été : Simon de Montfort fait la conquête de l'Agenais.
25 juillet : prise de Pennes-en-Agenais par Simon IV de Montfort

*******************
Penne-d'Agenais (pres de villeneuve-sur-lot; au nord d'Agen, de Moissac, region gasconne !)

L'Agenais (ou Agenois) (en occitan Agenés) est une ancienne circonscription de la province historique de Gascogne située dans l'actuelle région d'Aquitaine.

Penn est un mot celte qui signifie crête ou éperon, ce qui laisse à penser que le plateau fut occupé par les Gaulois. ...
Richard Cœur de Lion fait fortifier le château de Penne, qui deviendra ainsi une puissante place de guerre, la « clé du duché de Guyenne » selon certains textes du Moyen Âge.
...Durant la guerre albigeoise, le comte de Toulouse avait confié à Hugue d’Alfaro la lourde tâche de repousser les Croisés hors de la place forte de Penne. Mais, au début du mois d’août 1212, après cinquante jours de siège, Penne capitula.

**********************

hugues d'ALFARO

chevalier Navarais, ancien chef de routiers venus dans le pays toulousains louer ses armes et celle de ses compagbons mercenaires.

Marié à Guillemette, fille naturelle de Raymond VI,

Un des plus ardents défenseurs de l'indépendance occitane

Son fils Raymond, viguier de Raymond VII

Premier siège de Toulouse commencé le 17/6/1211, le 27 il attaque et met à sac le camp des croisés qui furent contraint de plier bagage.

Défense du château de Penne d'Agenais avec son bayle et 400 hommes du 03/06 au 27/07/1212. Il résiste à 8 semaines de siège. Il veut faire évacuer femmes et enfants pour raison de bouches inutiles, mais Simon de MONTFORT les refoule. Après négociation, Hugues quitte le château avec soldats et armes.

Le 12/12/1213, bataille de Muret. Il fait en outre parti du grand conseil réuni par le roi Pierre II.

1216-1224, avec Raymond le Jeune dans sa campagne (reconquista) : Lavaur, Puylaurens, Castelnaudary. Raymond VII reconquit la genêt. Le comte de Foix, après avoir parcouru le lauragais, s'installe à baziège.

Printemps 1219, bataille de Baziege dans le Lauragais. Le comte de Foix est rejoint par Raymond le jeune et plusiuers chevaliers ( dont Hugues) et un coprs de la milice toulousaine. Les français vont tenter de les déloger. Ils sont massacrés par les occitants qui sortent de la place.

Janvier 1229, fait parti de la délégation avec Raymond VII, lors du traité de Meaux.  

17/06 au 01/08/1219, troisième siège de Toulouse. Il défend la barbacane Villeneuve avec Bertrand de Toulouse, fils naturel de Raymond VI.

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http://www.ladepeche.fr/article/1999/01/17/233152-le-catharisme-est-ne-en-agenais.html

Le catharisme est né en Agenais
Publié le 17/01/1999

Lot-et-Garonne - En Guyenne et en Gascogne : Histoire de l'Hérésie

Une légende tenace affirme que la religion cathare naquit dans le Midi, entre l'Aude et l'Ariège. C'est faux. Les premiers Cathares (Manichéens) furent Agenais. Du Haut-Agenais, précisément. Histoire.

Athémar de Chabannes, qui fut un des premiers historiens du catharisme écrit : «Les Manichéens apparurent en Aquitaine en 1018».

Or, les Manichéens sont les adeptes de Manès, théosophe iranien qui croyaient que seuls deux principes animaient le monde : le bien et le mal, Dieu et Diable.

Au début, les clercs de l'église catholique apostolique et romaine qualifièrent de Manichéens tous ceux qui ne pensaient pas comme eux. Tous les sectaires, tous les hérésiarques, «suppôts d'une hérésie» étaient de Manès. On affubla ces mêmes cathares de divers autres noms, tant on ne savait comment les qualifier. Ainsi, tour à tour, ils furent nommés Turlupins, Bougres, Albigeois, Patarins (parce qu'ils récitaient des paters), tisserands (parce que beaucoup d'entre eux pratiquant ce métier).

Chrétiens sans Dieu

Pourtant, au début, ils portèrent le nom d'Agenais. Hérétiques agenais, plus exactement, qui devient par facilité de langage «Agenais». Du reste, en 1014, tous les évêques du SudOuest, réunis en conclave à Charroux (Vienne) en appelèrent à la fois au roi et au pape pour «lutter contre les hérétiques qui souillent l'Agenais».

Ainsi donc l'hérésie cathare s'implanta-t-elle d'abord ici, entre Garonne et Lot, mais pour une étrange raison, notre département qui aurait pu tirer profit de ce riche passé (comme ont su le faire l'Aude et l'Ariège) laissa (il y a bien longtemps) filer le bébé.

Or, cette présence cathare en terre garonnaise ne fit pas que passer. Elle s'y fixa, s'y ancra solidement au point que si on la signale en 1010, en 1018, elle est encore présente en 1147, quand Saint-Bernard, qui sillonne la région, s'étonne qu'en Guyenne, c'est-à-dire dans le nord de notre département, «les basiliques soient sans fidèles, les fidèles sans prêtres, les prêtres sans honneur (ce qui, vraiment, n'est pas bien !) et il ne reste plus ici que quelques rares chrétiens sans Dieu !».

Le catharisme a quasiment chassé la chrétienté romaine.

Cela s'explique et du reste Saint-Bernard le dit et l'explique : «Les curés prêchaient en latin, dans une langue que le petit peuple ne comprenait pas.

A contrario, les parfaits cathares parlaient en occitan, une langue comprise de tous. En outre, les curés et autres clercs de l'église de Rome vivaient dans le luxe sinon dans la luxure («sans honneur» dit SaintBernard) tandis que le petit peuple crevait de faim».

Or, les parfaits cathares eux aussi étaient très pauvres. Ils devaient même travailler (tisserands ou sabotiers) pour survivre. Bref, contrairement aux hommes de Rome, qu'ils qualifiaient «d'idolâtres de l'église de Rome», les cathares pratiquaient avec exigence les principes qu'ils demandaient aux autres de respecter.

Agen : bûchers au Gravier

Mais les cathares en Agenais, il y en eut bien plus tard encore. En 1160, l'évêque d'Agen, «submergé par les hérétiques du diable» demande que l'on vienne l'aider pour combattre l'hérésie qui contrôle selon lui Gontaud-de-Nogaret, Gavaudun, Penne-d'Agenais, Fumel, Marmande, Casseneuil, Tonneins et Agen.

L'appel de ce bon père (?) de l'église dut rester vain car ce n'est qu'en 1209, quarante-neuf ans plus tard, que la troupe pénètre en Agenais et dresse les premiers bûchers. 84 cathares seront brûlés vifs au lieu dit «Berlaïgues» qui pourrait signifier «près de l'eau» ou «vers l'eau», à Agen et que les historiens identifient comme étant l'actuelle esplanade du Gravier.

Ce premier et épouvantable bûcher ne fit pourtant pas reculer l'hérésie. Un an plus tard, en 1210, Arnaud de Ravinha, nouvel évêque d'Agen, demande à Simon de Montfort «de venir personnellement purger l'hérésie et s'affranchir de la suzeraineté du comte de Toulouse».

Venir en terre agenaise, c'était évidemment défier le roi d'Angleterre, Jean Sans Terre, puisque à cause d'Aliénor, notre région était devenue territoire anglais.

Or, c'est justement ce que souhaite le plus grand tueur des cathares qu'est Simon de Montfort : défier le roi d'Angleterre.

Il vient ici, attaque Tournond'Agenais, le prend, puis vole vers (et prend !) Anthé, Masquières, Montcuq, mais il est stoppé à Penne-d'Agenais face au formidable château qu'a fait édifier Richard Coeur de Lion (le fils d'Aliénor d'Aquitaine).

Outre que ce château, un peu comme Montségur, est construit sur un piton quasiment inaccessible, il est fort bien bâti et il dispose d'un puits très profond.

Derrière les murs du château, il y a une grosse centaine de cathares et 400 routiers, des soldats très durs au combat. Penne est commandé par un garçon très courageux : Hugues d'Alfaro. Il est marié à une fille naturelle de Raymond IV de Toulouse et il est évidement cathare.

Le puits de Penne

Le 2 juin 1212, commence le siège de Penne. Trois semaines plus tard, les assiégés résistent toujours. Ça agace prodigieusement Simon de Montfort qui appelle à la rescousse son frère Guy.

Celui-ci vient mais se trompe. Il rase Penne-d'Albigeois, dans l'Aveyron croyant raser Penne-d'Agenais. Les Montfort ne sont pas à deux ou trois cents morts près ! Guy arrive enfin en Agenais, il attaque Penne. Sans succès.

Six semaines s'écoulent et les cathares ne se sont toujours pas rendus. Hugues d'Alfaro, sentant que la bagarre sera rude, propose à Montfort de laisser partir les femmes, les vieillards et les enfants. Dans un geste magnifique de charité chrétienne, Monfort refuse. Il veut qu'ils meurent tous.

Mais cet été-là, il fait très chaud. Terriblement chaud. Le puits s'assèche. Ce qui fera dire à Hugues d'Alfaro que lui et ses hommes auraient résisté jusqu'au jugement dernier «si las aïgas no las fassen tarridas et dessecadas» (si les eaux ne s'étaient pas taries et desséchées). Il capitulera le 25 juillet 1212. Montfort fera brûler vifs 72 hérétiques et une centaine de routiers seront passés par le fil des épées. «Pour la plus grande gloire de Jésus et de Dieu».

Après, Marmande résista deux jours et il y eut 120 brûlés vifs, puis 80 à Agen, 300 à Moissac.
Le 8 septembre 1212 prenait fin le siège de Moissac par Simon de Montfort lors de la croisade contre les Albigeois.  http://www.ladepeche.fr/article/2012/09/10/1435830-moissac-les-cathares-font-recette.html
Moissac est dans le Quercy ...


L'énumération est horrible.

Quelques jours après, le mercredi 16 mars 1244, du pied du pech de Montségur, une horrible fumée noire s'éleva et dessina dans le ciel de la chrétienté une ultime mais indélébile trace de honte. Quelques instants avant, plus de deux cent vingt cathares conduits au bûcher signaient la fin de la plus formidable et horrible des épopées médiévales. Là, dans le crépitement des brasiers, dont les flammes montaient au firmament ; là, face à cette île de roc qui passe du blanc au bleu ou au noir selon les humeurs du ciel ; là, entre les plaintes et les hurlements des martyrs, tout s'est arrêté et tout a commencé.

Tout s'est arrêté : le bûcher inquisitorial mettait fin à deux siècles d'hérésie. Tout commençait, surtout, puisque la légende s'emparait de l'horreur et traversait les siècles.

Les anciens nous ont transmis que leur parole était si forte qu'elle assemblait les montagnards, si belle qu'ils ne pouvaient douter que l'Esprit leur parlât par la bouche.» Et l'on croit toujours dans cette forte et rude terre occitane, que l'Esprit parlait ici le «vrai message». On le croit encore en Agenais. Les citadelles du vertige sont aussi ici, à Gavaudun ou à Penne, à Gontaud ou à Casseneuil. Car c'est ici qu'est né le catharisme.

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