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 Cornelia REMINGTON, Séraphine Ailes Noires

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Jezabel Charlotte

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MessageSujet: Cornelia REMINGTON, Séraphine Ailes Noires   Mar 24 Mar - 15:03

Moi, Cornelia...



Je suis née dans une cage : La Cage. Les barreaux en étaient dorés sur les fenêtres aux vitraux teintés et aux voilages brodés, les coussins de soie et de taffetas en couvraient le sol, l’air en était imbibé de parfums de fleurs de serre et d’encens. Mais nul ne sort d’une cage. Lorsqu’on y rentre, c’est pour y demeurer. L’on y nait, échangeant la cage de l’œuf contre un nouvel emprisonnement. L’on y demeure et l’on y meure… Sans jamais voir le ciel.

Je ne connais pas le monde où j’ai vécu mon enfance. Je n’ai jamais volé dans ses cieux. Je n’ai jamais vu ses soleils, ni ses lunes.

J’ai peu de souvenirs de ma famille. Je ne me rappelle pas le visage de ma mère, ni son nom. D’ailleurs, nous appelions « Mère » celle qui voulait bien nous prendre dans ses bras et nous bercer de ses chants. Etait-ce celle qui avait couvé nos œufs ? Est-ce que cela avait une importance ? Nous pouvions être tous et toutes du même nid, tellement nos ailes étaient sombres !

Je suis une Séraphine aux ailes de jais et d’onyx. Le noir, contrairement à ce que l’on pense, n’est pas une absence de couleurs, mais un paroxysme de toutes les teintes : sur mes ailes la moindre lueur fait jouer les reflets sombres et chatoyants des bleus de nuit, des pourpres grenat, des ors moirés, des verts profonds.

Je suis une Séraphine d’une lignée ancienne et pure. Les chroniques oubliées parlent de trois Lignées royales de Sandalfon, notre monde mutilé et abandonné, les Ailes Noires, les Ailes Blanches et les Ailes Colorées. Mais j’ai l’orgueil de croire qu’en mes ailes le spectre complet de couleurs est condensé, et boit la lumière et les ombres de nos âmes et de nos chants.

C’est peut-être cet orgueil qui me fit rechercher et non craindre la présence d’Ouriel. Ouriel, dont je ne connais que ce nom qu’il a bien voulu me murmurer. Je n’ai jamais vu ses traits. Le Séraphin Noir était toujours voilé. Mais malgré le voile, je pourrai reconnaitre son regard entre mille : ses yeux étaient comme deux puits de noirceur incandescente, qui vous consume, vous attire et vous terrifie dans la fascination quasi-religieuse…
Sa présence m’était à la fois douloureuse et extatique, mais je la recherchais et la savourais, comme l’on goute à un poison rare et mortel. Petite mort est sœur de la Grande Faucheuse… Rien qu’au souvenir de ces instants secrets un frisson parcourt mon être jusqu’au bout des mes ailes…

J’aime voler. Nous, le Séraphins, sommes nés avec des ailes. Donc pour voler. Je ne suis pas une de ces lépreuses aux ailes atrophiées mendiant un quignon rassis contre faveurs inexpressives. Je suis une Séraphine Noire, un joyau sombre, rare et précieux.
Celui qui m’a acheté – car je quittai la Cage pour une autre cage dorée, faisant partie d’un contrat négocié par un puissant actionnaire d’Aether – me disait que j’étais une incarnation d’un ange préraphaélite aux yeux turquoise.
Celui qui m’a acheté para de bijoux et de soieries mes boucles sombres et ma peau de porcelaine laiteuse.
Celui qui m’a acheté me créa des jardins suspendus, comme un nid sur les flancs d’une arcologie, afin que je puisse voler.
Celui qui m’a acheté me donna un nom.
Je suis Cornelia Remington, la veuve de Sir Charles Remington, actionnaire et terraformeur d’Aether.

Mais il y a aussi ce qu’il m’a pris. Dont Sondalfon. Car je fus mariée à l’assassin de mon monde.
Mon monde, Sondalfon, est mort. Mais pas son meurtrier.
Sir Charles Remington vit toujours…
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Jezabel Charlotte

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MessageSujet: Re: Cornelia REMINGTON, Séraphine Ailes Noires   Mar 24 Mar - 15:09







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MessageSujet: Re: Cornelia REMINGTON, Séraphine Ailes Noires   Jeu 26 Mar - 19:14

Je ne porte que du noir. Parce que cela rehausse mon teint pale de porcelaine et l’éclat noir de mes ailes. Parce que j’aime cette teinte veloutée qui me drape de dentelle et de soie comme une étreinte intangible d’Ouriel.
Parce que je suis veuve.

Sir Charles Remington avait un empire au sein d’Aether. Il était cet empire. Il était un pilier d’Aether. Il était et est un des pics de la Couronne. Kether… Je n’ai hérité que d’une partie seulement de sa fortune. La masse des biodollars n’est rien en soi. Ce qui est important, c’est le pouvoir qu’elle confère.

L’on peut acheter presque tout avec les biodollars. Ou les nécrodollars, lorsque les bio$ ne suffisent plus. Après tout, il est si simple de tuer ces organismes infalsifiables que nous nommons « $ » en souvenir de la monnaie du Paradise Lost…
L’on peut acheter des parures, un animal de compagnie, l’apparence de la jeunesse, plaisirs et paradis artificiels… Et je fus certainement tout cela à la fois pour Sir Ch. Remington. Et plus encore, puisqu’il continue de venir vers moi après sa mort : est-ce un désir de rachat de la part de l’assassin de Sondalfon auprès de l’Aile Noire que je suis ? Est-ce le rappel de mes chaines et de ma Prison ?

Sir Charles Remington


Car mon feu mari était parfaitement en accord avec les préceptes immémoriaux de l’esclavage. Les chaines peuvent être visibles ou non, cela n’a pas d’incidence réelle sur la nature de l’esclavage. La plus belle des parures peut symboliquement devenir la chaine la plus incandescente.

Cathy était jadis une esclave des Remington. Puis elle est devenue ma garde du corps. Mon ombre. Je l’ai affranchie. Pourtant elle reste liée à moi. Reliée par des chaines plus fortes encore que celles du contrat de propriété : les chaines intangibles de l’affection, de chaleur fraternelle et animale, de reconnaissance et du pouvoir.

Cathy




C’est les effluves de ce pouvoir qui m’enivrent chez certains êtres.

Ouriel suinte le pouvoir… La conjuration est pouvoir.
Ses ailes sombres m’ont été le premier écrin dans la conjuration, mêlant l’extase et l’agonie. La Passion et la Mort. La Coupe et l’Epée.
Ma coupe est le coquillage nacré de la naissance de Vénus. Mon épée est une plume noire ; la plume de mon aïeul. Sa caresse est si douce que les frissons étreignent et se propagent en vagues de spasmes dans tout le corps. Mais il suffit d’une inclinaison particulière, d’une impulsion dans le geste, et la plume vitrifiée devient une lame aussi tranchante que le katana monofilament de Cathy.

Radjad Kunti aime le pouvoir. Il était Consilieri et comptable de Sir Remington. Il reste Consilieri et comptable de sa veuve. Cet hindou de Trismegiste à l’apparence austère de gentleman est un véritable génie des gestionnaires de la finance. Il m’intimide. Peut-être l’âge : il est Osirien, me semble-t-il. Mais je suis certaine de pouvoir prétendre à sa loyauté. Pas par l’argent ; ses commissions sont exorbitantes, mais j’y consens. Non, c’est l’étincelle de ses yeux qui m’est gage de sa loyauté. C’est le frisson invisible. C’est le pouvoir…

Radjad Kunti, Consilieri de Trismegiste et comptable
 
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MessageSujet: Re: Cornelia REMINGTON, Séraphine Ailes Noires   Jeu 26 Mar - 19:34




Snake, tatoueur et dealer de downtown



(cuete yeska, gangsta rappeur, acteur)

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MessageSujet: Re: Cornelia REMINGTON, Séraphine Ailes Noires   Mer 1 Avr - 16:25

« Délicieux, Madame Remington. Vraiment délicieux », le chuintement de la voix du Directeur Bruno Baggins se transforma en un bruit de succion goulu quand il porta délicatement la cuillère d’argent à sa bouche aux dents proéminents et aspira la cervelle grouillante d’asticots. La séraphine vêtue de noir regarda d’un air critique la tête de veau sur le plateau : dépouille putride sur lit de chrysanthèmes. Symbole de la finitude humaine et xéno. Mort rampante sur vestiges de vie…  
L’odeur en était épouvantable, ainsi les portes du bureau de B. Baggins étaient hermétiquement clauses. Cela convenait parfaitement à l’entrevue discrète, mais non secrète. Tout comme la discussion sur le projet : discret mais non secret.

Les « pétales » étaient une nouvelle drogue. Une drogue xéno, mais ce détail n’avait pas d’importance, ni d’ailleurs la provenance des matières premières, ni la personne détenant le brevet au sein d’Aether, ni les circuits de distribution externes à Aether. Le rapport officiel mentionnerait un projet interne à la Direction des Biosystemes, sous le nom de « projet pétales » et au logo d’une fleur à cinq pétales.

Comme les cinq sens.
Chaque type de pétales agissant sur un sens. L’aiguisant, le renforçant, dépassant les limites biologiques du corps et celle, psychiques, de l’esprit.



* * *

C’est au retour de Lycan que l’idée en avait germé dans mon esprit.

Tant de choses se sont cristallisées depuis Lycan… J’ai noté clairement dans men rapport à Aether le danger que représente ce monde – et surtout ses spores – pour Pandé, conseillant fortement la fermeture des portails. Lycan était impropre à la terraformation. Et donc ne représentait plus rien pour Aether, puisque nul bénéfice ne pouvait en être retiré. Nul bénéfice, mais surement des pertes, si l’on s’entêtait à maintenir les portails ou un échange via les longs courriers.

Le danger des spores était tel, que peu quitterent Lycan. Le General Lee Custer en sortit son aide de camps Jackson et le Capitaine Roy. Zack s’occupa en priorité de sa nièce Simone. Le Vidéodrome a fait pression sur Aether pour que le journaliste Xander Gonzo revienne à Héliogabale, si l’on suit les rumeurs…

J’ai pu en sortir la Capitaine Donnovan. Il a d’ailleurs été décoré par Malleus pour cette mission et a monté en grade.
Mais presque cent soldats y sont restés… Mais cela reste une affaire entre Malleus et Aether.

Mon poste est trop insignifiant pour que j’y sois mêlée : je ne suis que Chargée de relations Xéno, rattachée à la Direction de la Communication d’Aether Héliogabale. J’ai un petit bureau de trois pièces dans les hauteurs d’Olympus, avec une baie vitrée, des xeno-plantes luminescentes et une charmante secrétaire MonaLisa, que je compte prochainement remplacer par Simone, si elle accepte. Ou par une personne de confiance si elle n’accepte pas.

Radjad Kunti, mon Consilieri de Trismegiste, avait négocié rémunérations et primes et le volet juridique. Moi, je m’occupe à décorer mon nouveau bureau et à renouer connaissance avec ma « famille » que devient Aether.

Non, je n’oublie pas… J’y pense à chaque instant… c’est Aether qui a assassiné Sandalfon…
Mais pour accéder à la vérité et aux pensées de la tête qui arbore la Couronne, je dois me fondre dans ‘kether’ et devenir une de ses gemmes…

Je reprends peu à peu les affaires de Sir Ch. Remington. Je continue son œuvre… Mais à ma façon.


*******************************

Donnovan

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MessageSujet: Re: Cornelia REMINGTON, Séraphine Ailes Noires   Dim 12 Avr - 16:40


LA ROSE VAMPIRE : « OMBRE-EXTASE »

Une plante mouvante et grimpante. Plante-vampire (certains gènes sont liés aux chiroptères). Se présente comme buisson qui peut se mouvoir à l’état sauvage (planté en terre).
Lorsqu’une fleur est coupée, un dard se plante de la tige dans la chaire (-1pv) et la rose éclot. Ce processus de symbiotisation temporaire mêle douleur et extase. Son parfum mystique masque celui de la créature qui le porte.
Différentes couleurs sont observées pour les fleurs, en lien avec les porteurs (et leurs désirs et émotions) ; les feuilles et tige sont d’un vert sombre ; le suc en est noir et devient transparent en présence de certains réactifs génétiques (des 5 concepteurs)

Le génotype est breveté.

Conception : rituel symbolique à 5 ornements
Cornélia Remington, Aether, Conjuratrice (concept, coordination, métaphysique) (Couronne)
Bruno Baggins, Aether (laboratoire, manipulations génétiques) (Sceptre)
Anubis, Club des parfumeurs (coté parfum mystique) (Anneau)
Absynthe, Adamites, Conjuratrice (botanique, plantations, utilisation de la xeno-botanique, métaphysique) (Coupe)
Benjamin Lee Custer, Napalm (génétique, symbiotique, vampirisme) (Epée)


Clients et intermediaires:
Club des parfumeurs
Conjurateurs


Rumeurs :
Les sensations provoquées par la symbiose temporaire peuvent devenir additives. Certains « porteurs » deviennent de véritables « bosquets vivants »…
Le suc peut être traité en substance hallucinogène et consommé comme tel.



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MessageSujet: Re: Cornelia REMINGTON, Séraphine Ailes Noires   Dim 12 Avr - 19:00



Les seules lumières artificielles que je perçois sont ce scintillement de la ville, en contrebas, ce clignotement des véhicules à suspenseurs et des aérostats. Je veille à ce que nulle lumière artificielle ne pénètre ma serre. Je continue à l’aménager, avec tout l’amour et le soin que l’on porte à l’aménagement de sa prison. De sa cage.
Je repense à cette cage de fer et les plumes de mes ailes s’ébouriffent, électrisées comme avant un orage.

Je m’envole et plante mes serres profondément dans l’écorce tendre de la branche de la grenadille. Le parfum enivrant de ses fleurs me monte dans les narines dilatées par la méta-cocaïne. Quelques fruits pendent aux branches. Ovoïdes, comme si cet arbre abritait des œufs et non des fruits. Pas encore murs. Le fruit de la passion doit être parfaitement mur pour libérer pleinement sa saveur…

Un jeune buisson de Sombre-extase ondule ses racines et grimpe sur un monticule de terreau. Je le chatouille d’un bout d’aile. Il réagit à cette caresse et frémit. Je retire mon aile, réprimant l’envie d’arracher une tige et laisser la rose éclore, symbiotisée à ma chaire en un frisson de délicieuse morsure de son épine…

J’ai fait envoyer un buisson au Club Aegis d’Empirean. En remerciements pour ma carte de membre permanent. En échange de la rose héliotrope d’Appollo…

Un autre buisson décore, je le sais, un long courrier de Napalm, enroulant ses tiges souples autour de la baie vitrée du mess des officiers. Plantant ses épines comme des serres dans la chaire de quelque Chiroptère distrait ; enserrant quelque offrande frémissante de vie et de sang chaud…
Pourquoi cette image de l’envol m’obsède ? Cette sensation de nos ailes mêlées dans la danse dans l’éther si pur que la rareté de l’oxygène brulait la gorge…

Je sais que dans un coin du bureau du Directeur Baggins se prélasse un buisson. Qu’un autre décore le Club des Parfumeurs. Et bon nombre de buissons sauvages sont tapis entre les racines de la Clairière des Adamites de la Madre Sylva.

Telle est notre création. Notre enfant végétal. Symbiote charnel et mystique engendré par nous, ses cinq créateurs.

La démiurgie n’est pas seulement un acte de création ex-nihilo. C’est aussi un acte de libération…

Qu’est devenu cet œuf de mes entrailles ?, qui a roulé sur le sable de poussière argentée vers les mains tendues du Vieil Homme, l’Accoucheur.

Quel ciel illumine la jeune comète Ouriel ? Quelles errances suit ce monde de mon premier Chant ?, ce chant qui ne vient point de la gorge, mais de chaque fibre charnelle, de chaque plume, des entrailles, de l’âme, de la vénération et de l’amour…

La vitre de la baie vitrée glisse et l’air frais de la nuit s’engouffre dans la serre, faisant frémir les fleurs délicates de la grenadille. Je saute dans le vide vertigineux, et, gardant les ailes repliées, me laisse tomber vers le sol… tomber… plus près… encore plus près…

D’un coup sec, je déploie les ailes sur la dernière vague d’air ascendante, et, frôlant un réverbère grésillant, me laisse planer, glissant d’un souffle à un autre, d’une volute invisible à une autre…
Au rythme de la seule cadence possible et acceptable : les battements de mon cœur de séraphin…
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MessageSujet: Re: Cornelia REMINGTON, Séraphine Ailes Noires   Mar 14 Avr - 16:57

METROPOLIS 1

Je vous ai vu devant le pont, attendre
Que vos souvenirs vous soient ravis,
Et que vos chairs déchiquetées en cendres
Recouvrent l’ennui de l’Ereb gris.

J’ai entendu Métropolis : décombres,
Machine-cœur rouillée de son sang,
Et vos battements de cœur se fondre
Dans son tic-tac artificiel grinçant.

Les anges aux ailes déployées… De fer
Sont leurs faux et leurs plumes et leurs cages.
Miroir de leur rictus cruels et fiers
Est mon cœur noyé d’amnésie nécrophage.

Habit de chair consensuel est l’Homme.
La bure est Moine, et galons Général.
Et c’est bien le péché qui fit Sodome
Dans la prison de conscience morale.

Ô monde de beauté normalisée !
L’Humain, produit et consommé en masse ;
Demiurgos en esclavage ; brisée,
Agenouillée et enchainée carcasse…

Le rythme de mon cœur, seule cadence
De mon envol au-delà des nuages.
L’éther brûle la gorge, purge les sens,
Lisse les ailes atrophiées en cage.

Et moi, je veux voler, sans nulle entrave,
Lovée dans les volutes chatoyantes…
Trois paires d’ailes entrelacées reçoivent
Le chant de Sondalfon dans leur étreinte.
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MessageSujet: Re: Cornelia REMINGTON, Séraphine Ailes Noires   Mar 14 Avr - 20:32

forme : A5/B3/A5/B3


CANTO 1

Qu’il est beau, l’oiseau,
Dans sa cage.
Gracieux sont ses sauts,
Babillages.

Son aile coupée
Bat en vain
Les barreaux dorés
De l’écrin.

De son aile suinte
Un nectar ;
Enivrante absinthe
D’ange noir.

Qu’il est beau, l’oiseau,
Et ses plumes
Sont d’un noir-corbeau,
Noir-bitume.

Son bec est tordu
Par la main
Qui met la cigüe
Dans le grain.

Sa gorge enrouée
Veut l’éther,
Mais l’air est vicié
De poussière.

Qu’il est beau, l’oiseau,
Quand la nuit
Etreint son berceau,
Son doux nid ;

Quand l’ombre le berce
Et enlace
A travers la herse
Sa carcasse.

Caresse indolente.
Irréels
Miroitements. Chante,
Ouriel.
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MessageSujet: Re: Cornelia REMINGTON, Séraphine Ailes Noires   Jeu 16 Avr - 13:28

CANTO 2


Si tu manques d’air,
Bois-le à ma bouche :
Brûlant est l’éther
Tout autour. Se touchent
Du bout de nos ailes
Les désirs pervers,
Tremblante étincelle
Sur habits de chair.

Si tu manques d’air,
Immerge ton âme
Dans les ombres. Vers
Le Pharos diaphane
En tourbillons dansent
Harpies, Chiroptères…
Les cœurs sont cadence
A tout univers.

Et je manque d’air,
Quand la buée suinte,
En sueur, suaire,
En suave étreinte
Du miroir. Les ailes
L’effleurent. Chimères
De mon âme éphémère,
Chantée par Ouriel.

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MessageSujet: Re: Cornelia REMINGTON, Séraphine Ailes Noires   Lun 20 Avr - 16:29


Je termine la réponse à la lettre du Général, blottie dans le Chesterfield face à la cheminée crépitante, emmitouflée de plaids de mohair et de soie. Oui, j’ai froid, et même la chaleur des flammes de la cheminée ne me réchauffe pas. Elles me sont seulement hypnotiques. J’y revois l’incendie de Délivrance. J’y revois surtout les draps livides et le corps sanglé de l’enfant de Sol. Ces draps aveuglants de blancheur, devenus linceul de son corps inerte…

Lorsque je suis revenue à Heliogabale, je ne supportais plus la lumière. Non que je la craignais ou haïssais, mais elle m’aveuglait, et imprimait sur mes iris en image rémanente cette scène, dont je ne peux détourner le regard. Car je suis immobilisée par le poison, dont je sens encore le picotement de l’aiguille enfoncée dans mon épaule.

Alors je me suis enfermée dans mes appartements. Je ne sortais que la nuit dans le jardin. Mais il y avait encore trop de lumière…
Alors j’ai fait construire une cage sombre, un cube noir imperméable à la lumière, aux cinq surface intérieures de velours et une paroi de miroir d’argent poli. Je l’ai placé au cœur de mon Temple. Il est devenu mon seul refuge contre l’aveuglement de la lumière, contre l’obsession de ces images rémanentes. La vue était un sens inutile, atrophié, annihilé, en cette chambre noire.

Mais tous les autres sens se trouvaient exaltés.

Je m’en étais aperçue pleinement lors de la visite du Commandant Donnovan. Sa venue m’avait quelque peu sortie, du moins temporairement, de la torpeur songeuse des paradis artificiels. J’ai toujours trouvé sa compagnie agréable et divertissante, comme une sorte de parfum frais et fleuri. Ou une musique légère, comme une ballade de Schubert ou un nocturne de Chopin.

A l’aube, je savais que le rituel dont je me lie cet homme était suffisamment complet. Pourtant je n’avais nulle envie de m’arrêter. Nous étions ivres. Ivres de Magie, ivres de mogwump et ivres de tout ce que nous greffions sur cet acte symbolique. J’ai ouvert le premier rideau vers la chambre noire. Nous y sommes entrés. Quelque chose de nous est resté entre les rideaux entourant la chambre noire inviolée de lumière. Quelque chose de nous y est entrée.

Je ne sais pas quel rituel j’ai accompli cette nuit. Les sensations se sont mêlées de visions étranges.

Dans ce noir total, je me rappelle d’avoir suffoqué, comme si l’air me manquait, comme si je happais un éther brulant et glacé à la fois. Lors de notre premier, et unique envol, vous aviez suffoqué car l’air raréfié vous était alors poison ; je transmutais l’éther, comme le font les séraphins, et vous insufflais l’air, pour que vous continuiez cet envol…
Pourquoi en cet instant ai-je pensé à vous, Benjamin ?
Pourquoi ai-je eu cet impression fugace que ce n’est point contre le velours de cette cage noire que mes ailes battent, mais qu’elles frôlent vos ailes sombres de Strige ?...

Ouriel ! Je sais que vous y étiez ! Qu’avez-vous ressenti, vous, alors que les ténèbres enveloppaient mon corps et celui que j’étreignais, alors que les volutes des ténèbres suintaient par chacune des pores de nos peaux ? Qui suis-je pour vous ? Qui êtes-vous pour moi ? Ouriel, qui êtes-vous ?! J’avais beau me blottir contre la parois d’argent, espérant en vain la douceur de vos ailes, le miroir restait froid, comme l’espace au-delà de l’éther, vide de tout souffle.

Et pourtant c’est votre souffle que je sentais frôler ma bouche. Tout comme le souffle d’un mourant avait effleuré mes lèvres dans cette salle aveuglante de lumière…

Aussi aveuglante que les ailes de cygne de Siegfried… Tout souvenir de vous m’est précieux. Mais les serviteurs de Dieu de Fer me les ont arrachés. Vous, qui vous inclinez devant ce Demiurge de Fer, est-ce vous qui m’avez amputé de cette partie de mon identité ? Qui suis-je pour vous ?, qui me protégez et me fuyez ensuite ? Vous suis-je un jouet ? Me haïssez-vous ? Est-ce une nouvelle déclaration de guerre de votre part ? m’auriez vous plus accepté et chéri si mes ailes étaient restées blanches ?...

Riez, Ouriel, riez de ma folie et des mes interrogations ridicules !

J’ai si froid…

J’ai l’impression de ramper, impuissante et gémissante, parmi ces ‘architectes’, dans les brumes de mogwump et de désir inassouvi…

Je ne fais que ramper sur du velours…

Je ne rampe plus. Je me laisse choir dans ces ténèbres, comme une chute libre en vol de nuit…

Je me réveille de nouveau dans cette cage dorée, allongée sur des coussins brodés sur un lit d’ébène… Je fixe le baldaquin peint de faux ciel et de fausses roses…

N’y a-t-il vraiment que la solitude pour ceux qui quittent la Cage ?...
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MessageSujet: Re: Cornelia REMINGTON, Séraphine Ailes Noires   Ven 1 Mai - 11:43



" Le contraire de l'amour, ce n'est pas la haine mais le pouvoir "

écrivait Carl Yung

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MessageSujet: Re: Cornelia REMINGTON, Séraphine Ailes Noires   

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