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 Maurizio di Donato del Monti

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stan

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MessageSujet: Maurizio di Donato del Monti   Jeu 30 Avr - 19:17

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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Lun 4 Mai - 22:23

Le jeune garçon venait de pénétrer dans la chambre aux volets constamment fermés, faisant entrer une légère brise dans la lourde fumée d’encens censée apaiser les souffrances du vieil homme qui depuis son lit hantait la pièce depuis de nombreuses semaines. Chenu, squelettique, il semblait disparaître dans les édredons. Le vieil homme portait tous les signes de la maladie, son teint, halé comme seule une vie d’aventure peu le rendre, était aujourd’hui jaune et cireux, les signes de la petite vérole avaient envahis ses joues et ses cheveux filasse et gras tombaient par poignée. Pourtant bien qu’ils fussent enfoncés loin dans leurs orbites, les yeux du vieil homme, d’un feu bleu ardent, ne semblaient pas vouloir s’éteindre. Le jeune garçon déposa une grande bassine d’eau sur la table de chevet, prit un linge et commença à tamponner le front du vieil homme.

« Merci mon petit » dit le vieil homme, « veux tu bien prendre une feuille et une plume… Je sens la fin proche et j’aimerais te dicter mes mémoires avant de trépasser. »

Le jeune garçon reposa le linge humide puis alla chercher son nécessaire d’écriture. Il s’installa juste a coté du vieil homme.

« Allez y maître, je vous écoute. »

Le vieil homme tourna la tête vers la fenêtre. Depuis son lit, il pouvait entendre le bruit de la révolution qui faisait rage dans la rue. Ces cris, ce fracas lui rappelaient douloureusement son passé d’aventurier. Ses yeux trahissaient sa furieuse envie de sortir, il se serait levé de son lit pour regarder le spectacle si seulement il avait pu se tenir sur ses jambes frêles. Il ramena alors sagement son édredon sur lui de son unique main et commença à dicter.

« Enzo mon garçon, je vais te raconter ma vie… Une vie pleine de chocs et de fureur, une vie d’aventures et de convictions. Des convictions qui nous amenèrent aux événements qui se passent aujourd’hui. Moi qui me suis battu pour la république et pour l’existence de la nation italienne, je sais qu’à présent je ne la verrai pas naître. Mais commençons par le commencement, je suis né en l’an 1204 et je rends grâce a Dieu de m’avoir toujours protégé même si j’ai à quelques occasions agis en soudard voir même en païen. Notre bon seigneur sait que la foi ne m’a jamais quitté au cours de ces longues années…

Je suis né à Venise d’un père marchand d’étoffes, Leonardo Barrato et on me baptisa du prénom du dieu des marchands, Mercurio. La famille était prospère et je vécu une enfance heureuse.  Très tôt, mon père fit le choix de m’envoyer à Nuremberg, à la grande université, afin de devenir une personne d’importance, peut être un militaire. C’est là bas que j’appris l’art de l’épée, entre autres choses. L’un de mes professeurs décela du potentiel en moi et choisi de m’éveiller à la magie. Mon père qui était un esprit éclairé (par le profit) accepta volontiers cet enseignement, y voyant un moyen de s’enrichir plus rapidement. C’est là bas aussi, qu’on m’apprit le rituel de l’élixir qui devait prolonger ma vie jusqu'à aujourd’hui, jour de ma 667 e année d’existence.

Les traditions qu’elles fussent militaires ou magiques étaient mises a mal dans cette université et c’est sans doute la bas que le virus de l’irrévérence prit possession de moi. Je devais passer prêt de 50 ans dans mon havre allemand, à parcourir et expérimenter les machines, a affiner ma connaissance de l’artisanat et des sciences avec les meilleurs maitres. C’est la bas aussi que me prit le gout des femmes, une passion qui dans ma vie n’eut d’égale que celle pour la violence et qui me coûta plus que la santé ! À l’été 1253, je décidais de retourner à Venise. J’avais lu dans la bibliothèque de l’université nombres de voyages qui s’étaient fait dans l’orient infini et quand j’eu vent des préparatifs organisé par Nicolo et Matteo Polo, deux amis d’enfance, je fis le choix de les rejoindre dans cette longue expédition. Je dois avouer aussi que par mégarde,  j’avais engrossé la fille d’un fameux marchand de vins de la région et c’est bien lâchement, je le reconnais aujourd’hui, que j’abandonnai la pauvre fille a son sort...


Dernière édition par stan le Ven 15 Mai - 21:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Lun 11 Mai - 22:11

A mon retour à Venise en 1253, la situation des freres Polo était telle que le voyage était plus que compromit. Ils avaient emprunté a tous les usuriers de Venise et des alentours et ils n'avaient pas encore la somme nécessaire pour partir. A nuremberg, j'avais appris l'alchimie et je decidais de leur offrir mon aide... Il suffisait de fabriquer un peu d'or alchimique, de le frapper à l'effigie des doges et notre voyage aurait été payé en tres peu de temps. C'est par necessité que je fis mes premiers pas dans le crime.

C'est finalement au printemps 1254 que notre caravane prit le chemin de Constantinople.

Traversant la mediterranée nous avons arpenté la cyrenaique, la grande syrie avant d’arriver à Constantinople ou nous nous installames dans le quartier venitien. L’endroit était fort agreable et nous y jouissions de l’immunité diplomatique, d’allegements fiscaux sur nos ventes ainsi que d’opportunités politiques. A l’époque je n’etais guere plus qu’un bougeois mal degrossi, plus habitué a vivre au milieu des rouages et de la graisse qu’au milieu des soieries et c’est à Constantinople qu’on m’enseigna l’etiquette, l’importance de la danse, de l’élégance ainsi que l’art de séduire qui était bien different de celui de trousser les filles de paysans. La ville était vivante mais la 4eme croisade couvait et nous decidames de nous rendre en Crimée sur les bords de la mer noire à Soldaia.

C’est a regret que je quittais Constantinople, ses palais, ses bordels et ses marchés. Je me surchargais d’ouvrages que je faisais parvenir à l’occasion d’un voyage d’un marchand de la famille jusqu'à Venise. Soldaia était peuplée par les venitiens depuis plus d’un siecle et elle n’avait rien a voir avec Constantinople la ville monde. Mais la perspective de la guerre et le gout du profit poussa les Polo a frequenter la cour de Berke Khan le grand khan de la horde d’or. Fuyant a nouveau la guerre, nous nous rendimes vers Boukhara loin à l’est. Au contact des freres Polo, j’affinais mon talent pour la seduction, le commerce, je leur servais de garde du corps et ils trouvaient ma magie bien utile car à l’époque on pouvait la pratiquer sans choquer personne. Ce furent sans aucun doute les plus belles années de ma vie, les grands espaces, tous les savoirs des arabes, des antiques, les filles brunes aux grands yeux et les techniques d’ingenerie. Je n’avais qu’a suivre la caravane et me laisser porter.

Le petit Marco était encore un nourrisson quand nous étions parti de Venise et aujourd’hui il approchait des 12 ans. Nous passions beaucoup de temps ensemble. La consommation d’elixir avant de partir de Venise avait anéanti mes chances de pouvoir donner descendance mais c’était le prix à payer pour vivre longtemps et je compensais en passant du temps avec lui. L’année 1266 marqua un changement radical dans notre vie. Bien sur la traversée de la steppe avait été longue et perilleuse mais en cette fin d’hiver nous faisions notre entrée dans Dadu, le siege de l’empire de Kubilai Khan. En route nous avions pu apprendre la langue du grand khan, hélas aujourd’hui je ne la parle plus… Il y a tellement de choses que j’ai oublié au fil de ces années… Mais je me rappellerais toujours de ces toits d’or, de ces temples, des soieries… Nous fumes recus comme des princes et c’est la que je fis la connaissance de mon fidele ami, Yuan Dao, un savant et un magicien tout comme moi...
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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Lun 11 Mai - 22:58

Alors qu'une partie de la caravane etait reparti pour l'Italie avec les doleances du grand khan j'étais resté au palais. Ce royaume etait assurément le royaume le plus avancé du monde à cette epoque, ils maitrisaient la poudre, disposaient d'une medecine avancée, possedaient d'immenses bibliotheques et construisaient de formidables palais d'or. Les Polo partirent des mois entiers et pendant tout ce temps j'eu acces a tout ceci. Je fus particulierement interpelé par un recit qui narrait les voyages de chinois qui avaient trouvé une étrange cote bien apres Cypango. Se pouvait il que le monde soit si vaste? Et puis finalement apres des mois, les Polo furent de retour.

C'est a peu pres a la meme epoque que je devins enqueteur pour le Khan. L'homme m'avait toujours apprecié, peut etre sentait il la magie qui coulait en moi car lui meme avait un talent latent. J'avais toujours été un bon combattant et au contact de Yuan Dao et des generaux du khan je devins encore meilleur. Pendant 10 ans je devais servir le khan en arpentant son royaume du nord au sud et de l'est a l'ouest jusqu'a ce que le sage homme soit emporté par la mort. J'eu alors l'intuition qu'il était temps pour moi de partir et les Polo eurent la meme intuition que moi. Nous passames par Sumatra avant de traverser l'Iran. De retour dans les villes des doges nous n'eumes que peu de temps pour nous reposer car la guerre que se livrait Genes et Venise redoublait d'intensité.

Avec le peu de richesses que nous avions pu sauver du traquenard que nous avait tendu les genois à Trebizonde, nous armames un navire pour aller faire la guerre. Mais le manque de coordination et la rivalité des marchands conduisirent la flotte à la catastrophe et nous fumes bientot capturé. Pendant 3 ans nous croupimes dans une prison genoises. De retour a Venise je fus abordé par des mages qui voulaient en savoir plus sur nos voyages. J'avais, grace a un sortilege, enchanté un coffre que j'avais rempli encore et encore d'ouvrages. Nous étions en 1299.

Rapidement, ceux qui se nommaient eux memes les artificiers deciderent de partir pour Milan et je les y suivi. Mes relations avec la famille Polo s'etaient quelque peu degradé, la prison avait fini de nous séparer moi et Marco et bientot la frequentation d'un magicien lui fut insupportable. Je devais passer de longues années a travailler avec ces hommes, affinant notre savoir et notre connaissances des sciences. Mais mes yeux se tournaient toujours vers les etoiles et mon esprit vagabondait plus loin que Cypango...
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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Lun 11 Mai - 23:16

Et puis un jour, je pris la fuite. Pourquoi? parce que cette accumulation de savoir, cette folie, ne menait à rien et alors que mon esprit voyageait toujours plus loin, j'etais prisonnier des engrenages et des automates. C'est avec tout le savoir de notre communauté que je disparu. Je decidais de gagner Florence nous etions en 1402.

La bas je vecu grand train sous le nom de Lorenzo di Spinola, un soi disant chevalier issu de la grande noblesse italienne. Les souvenirs que je garde de cette epoque sont noyés dans une brume alcoolisé... Femmes, vol et duels etaient mon quotidien. Pendant 30 ans, ce ne fus que debauche et violence. Je ne conserve aucun regret de cette epoque. Tout ceci ne convenait ni au savant que j'etais ni au mage que j'avais été autrefois et qui ne trouvais plus vraiment sa place. Manipuler le feu, l'eau, l'air parfait mais a quelle fin? Les choses devaient avoir plus de sens.

Je me remis alors a mon grand oeuvre pendant de longues années durant lesquelles je pus former quelques disciples dans l'art des sciences. En vérité la raison se deversait sur le monde et mes travaux de mathematiques et de cartographie suivaient ce deferlement.

le destin me reconduisit vers Genes. Cette fois j'avais entendu parler de Christophe Colomb, un navigateur formé par les arabes qui pensait qu'il pourrait trouver les indes par l'ouest. Les Portugais venait de trouver le chemin des indes par l'est. A cet instant, les recits de voyage des chinois qui avait dépassé Cypango me revinrent en mémoire. C'est sous le nom de Maurizio di Donato del Monti que je me presentais à Christophe (le nom de Lorenzo di Spinola étant devenu synonyme d'infamie j'avais du changer une fois de plus de nom).

Les démarches furent longues les italiens refusant de payer pour une aventure aussi folle nous dumes nous tourner vers les espagnols qui rageaient des reussites de leurs voisins portugais. Christophe parvint a conquérir l'esprit de la reine qui financa le voyage.

le 3 aout 1492, apres 3 mois de mer, nous decouvrimes le nouveau continent...
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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Mar 12 Mai - 13:39

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal.

Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde Occidental.

Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L'azur phosphorescent de la mer des Tropiques
Enchantait leur sommeil d'un mirage doré ;

Ou penchés à l'avant des blanches caravelles,
Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond de l'Océan des étoiles nouvelles.
J.M de Heredia
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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Jeu 14 Mai - 17:07

Vous sentez vous bien Maitre? demanda le jeune garcon.

Depuis la rue, les explosions et les cris redoublaient mais ici, dans cette chambre chargée de souvenirs et de regrets, tout était calme.

Laisse moi te raconter le passage le plus terrible de ma longue existence...

C'etait en 1520. Hernan Cortes était parti pour faire son rapport à l'empereur Charles Quint, laissant bon nombre d'hommes ici. Les Azteques c'etait montré jusqu'a présent bons et acceuillant, l'empereur Moctezuma nous donnait tout l'or que nous desirions pensant ainsi éviter l'affrontement.

Le roi n'avait pas encore saisi que rien ne ferait reculer Cortes, ni l'or, ni les pierreries. Nous étions nous aussi etourdi par tant de richesses et nous voulions, tout autant que notre maitre, nous tailler un place dans cette nouvelle Espagne. J'étais resté à Tenochtitlan en tant que commandant en second, avec moi il y a avait Hector Cortes, le frere d'Hernan, l'abbé del Castillo et Alfonso Manaro, le representant des marins. Depuis 1492 et mon premier voyage en amerique, beaucoup de nobles desargentés et d'aventuriers avaient fait le choix de venir en nouvelle espagne afin de s'enrichir. La plupart restait à Hispaniola, mourrant de verole ou suriner dans une ruelle.

Il n'était pas étonnant donc qu'une fois Cortes loin, ces aventuriers cherchent à s'enrichir. Je n'étais pas different d'eux à cette époque. Depuis mon premier voyage avec les Polo je n'avais vécu que pour l'or et les richesses, mercenaire je l'avais été un nombre incalculable de fois et mon sentiment n'etait pas différent ici. J'aurai pu arranger le recit que je fais actuellement, vantant les merites des azteques, inventant une histoire d'amour avec une belle autochtone... La réalité était bien plus laide, nous nous conduisions comme des soudards et la liberté dont faisait preuve les premieres indiennes que nous avions vu n'était pas du tout vrai en territoire azteque.

Les altercations étaient nombreuses et bien souvent en defaveur des indiens qui n'offraient pour seule resistance que leur courage et leurs armes de pierre lorsque nous leurs opposions cuirasses et pistolets. C'est à l'été 1520 que la folie s'insinua dans le campement espagnol. Certains voulaient prendre or et femmes et disparaitre avant le retour de Cortes. Bien sur Hector s'y opposa avec acharnement et fit pendre quelques mutins mais le ver était dans le fruit... Bientot le bon abbé commenca a parler de bucher et d'agir pour le seigneur. Nous étions en pleine periode de celebration azteque et leurs pratiques ne choquaient pas que l'homme d'église. Hector Cortes décida donc de faire demenager le quand dans un village plus loin de Tenochtitlan.

Alors que cette periode de celebration touchait à sa fin, l'abbé del Castillo, emporté par une fievre delirante, fit construire un bucher et bientot ils brulerent quelques indiens. Les femmes furent violenter et chacun recupera une partie du minuscule tresor du village. Encore une fois je ne diminuerais pas mon role dans cette histoire car si je n'ai pas allumé le bucher, je n'ai rien fait pour l'empecher. Hector sut que cet evenement allait mettre le feu aux poudres et quelques jours plus tard, nous fumes attaqués par les azteques. Il y eu beaucoup de morts ce jour la, des deux cotés mais comme c'etait arrivé avec Colomb, c'est la colonie qui tomba.

Nous aurions du etre sacrifié mais Moctezuma dans sa grande intelligence, decida de nous garder jusqu'au retour de Cortes afin de lui demander des comptes. Un an durant nous fumes enfermé dans cette geole froide et noire. Nous ignorions que certains survivants avaient pu constituer une nouvelle colonie plus proche de la cote et lorsque Cortes revint, c'est en force qu'il se presenta devant Tenochtitlan.

Armé de canon, il ne tarda pas a detruire les murailles de la ville. C'est alors que les pretres vinrent nous chercher... On nous conduisit dans une piece sombre dans les profondeurs d'une pyramide. Nous passames un terrifiant portail couvert de squelettes. Ceux qui m'accompagnaient ne pouvait pas s'en douter mais moi je le sus instantanement, nous n'etions plus sur terre, nous etions ailleurs...

Des pretres couvert de plumes et de cranes nous amenerent sur des autels de pierre noire. Ils psalmodiaient au son des flutes, couvrant leurs corps du sang d'autres malheureux. Certains autour de moi mourrurent de peur en voyant tout ceci. Et puis ils ouvrirent un grand puits d'ou provenait des cris inhumains. Les pretres se pencherent au dessus de nous arracherent les loques de nos vetements avant de dessiner sur nos torses les symboles affreux de leur magie paienne... Et puis bientot il y eu un choeur et les psalmodies redoublerent, les flutes ressemblaient a present aux lamentations de dix milles ames et les murs noirs parurent se briser. On entendit des feulements tout autour. Les pretres n'etaient plus des hommes mais des morts vivants aux orbites vides et au nez absents... on disait que les jaguars mangeaient toujours les yeux... Puis ces parodies de vie, approcherent leurs mains crochues et decharnés de nos poitrines. Le monde se mit a tourner, a mesure que les pretres priaient nos poitrines s'ouvraient comme des fruits trop murs et alors que nous etions eventré nos coeurs nous fumes arracher par la meme forme invisible. Chacun de nous pu contempler son coeur battant hors de son torse. Le grand pretre s'approcha alors de moi...

"toi... tu sais les secrets du monde tout comme nous... et pourtant tu t'es montré avide et cruel. Nous aussi nous pouvons nous montrer cruels!"

Il s'ouvrit les veines d'ou coula un sang noir mais parfumé. Il passa sa main pleine de sang sur mon front.

"Quelque fut ton nom autrefois, je l'efface, tu n'es plus rien qu'une creature ni morte ni vivante! tu erreras sur ce monde tant que tu ne te seras pas montré digne de recupérer ton coeur."

Il pressa alors mon coeur et en fit couler un sang noir et puant. Il le laissa tomber dans sa main afin d'en faire un joyau. Il deposa mon coeur dans un coffret de pierre grise puis il ouvrit un portail et y deposa le coffret.

"ta vie sera longue, AtlacaEztli, puisque c'est ainsi qu'il faut te nommer maintenant..."

La peur que je pu sentir pendant cette ceremonie n'etait rien comparé à la sensation de vide que je ressentais a present. Le pretre m'avait profondement changé, pas seulement mon corps mais aussi mon ame... Je savais que mon ancien nom secret de mage venait d'etre effacé et qu'a la place se trouvait ce nom infamant...

"Fait le bien et peut etre que les dieux te pardonneront, fait le mal et ils lacherons les jaguars apres toi... Tu aurais pu montrer une autre voie a ces hommes, ils t'ecoutaient mais tu as préféré les conduirent à la destruction. Tu n'es pas le seul responsable mais tu étais le seul Tlenamacac parmi eux..."

Tlenamacac... pretre du feu... ils savaient donc depuis le debut que j'etais mage...

"Maintenant va ombre qui marche!"

Je sombrais dans l'inconscience...

Je devais me reveiller dans les ruines encore fumantes de Tenochtitlan... La cage thoracique intacte et pourtant je sus que tout ceci n'etait pas un reve... Tout était vrai... Mon nouveau nom, mon coeur arraché... Je passais la main sur ma nuque et senti une chaine... une chaine d'or avec un medaillon qui contenait en son centre une pierre noire. Je sus aussitot ce qu'etait cette pierre... Haletant, je me relevais au milieu des ruines, c'est alors que je le vis...

Il devait avoir 4 ans tout au plus... aveugle et en pleurs, il tenait la main de sa mere, morte depuis longtemps assassiné par les hommes de Cortes. Les hurlements de douleurs et l'odeur de chair calcinée... Je fus pris d'un tournis... Que faisais je ici... Je n'etais qu'un simple mage qui avait voulu voir le monde et qu'avais je fais de ces cadeaux? J'avais tué et volé... non la chose était plus profonde... bien plus profonde... j'etais devenu un monstre avide... Je voyais les azteques tués pour de l'or et des bijoux... qui peut dire ce qu'ils nous auraient apporté? Le savoir? La raison? qui peut parler de raison avant d'avoir vu la folie de l'homme...

J'entendis des craquements, le feu qui devorait le toit de la maison ou était refugié l'enfant allait s'ecraser... instinctivement je me teleportais jusqu'a lui mais je n'eu que le temps de le pousser, une enorme poutre tomba sur mon bras.

Lorsque je revins à moi, j'etais sur une couchette l'enfant pres de moi et nous voguions pour Hispaniola.

"nous n'avons pas pu sauver votre bras Don Maurizio..."

non je le sentais encore, cela ne pouvait pas etre vrai... En regardant a mon coté droit je ne vis qu'un pansement sanglant la ou aurait du se trouver mon bras.

"il avait été écrasé et brulé..."

L'enfant aveugle était a coté de moi, je sentis malgré ses yeux cyanosé, l'intensité d'un regard peut etre celui du pretre...

"Mon nom est Inoma... j'ai essayé de vous trainer mais je n'ai pas reussi. Alors j'ai appelé du secours"

"Inoma", "celui qui libere" peut etre etait ce la ma planche de salut...

"Je connais la pierre que vous avez autour du cou, notre rencontre n'est pas un hasard."

C'etait un mage assurément... un jeune mage sans aucun doute. Etourdi par tout ceci, je sombrais a nouveau dans l'inconscience. Lorsque je repris conscience a Hispaniola l'enfant n'etait plus qu'un enfant, disparu le puissant mage. A peine arrivé sur le port, on me jugea pour ce que j'avais fait a Tenochtitlan... La destruction de la ville n'etait rien mais j'avais desobeis a un ordre du gouverneur, je n'avais pas su maintenir l'ordre... Mon passé de mage refit etrangement surface et on me jeta bientot en prison.

Je n'y croupis pas longtemps car Yuan Dao et Inoma ne tarderent pas a me faire evader et c'est de justesse que nous parvînmes à prendre un navire pour l'Europe.

J'etais parti fier, fort et riche et je posais le pied en Espagne pauvre, amer et amoindri... Yuan Dao m'avait confié qu'il avait vu roder des artificiers a Hispaniola... J'avais des ennemis mortels des deux cotés de l'ocean à présent. Fuyant l'Espagne et la lettre de cachet qui me condamnait à la prison, je me réfugiais à Bordeaux chez un ancien élève ou j'eu tout le loisir de me fabriquer un nouvel avant bras.

Entendant parler de la conquete anglaise, je me fis engager comme second capitaine. Arrivant sur les rives du Canada, je decouvris une autre amerique, plus sombre, plus froide. Je devais y rester 6 mois. Une nuit, je sentis des griffes autour de mon cou. Me reveillant en sursaut je ne vis personne mais j'entendis un feulement, le feulement d'un jaguar et je suis que des a present, et pour longtemps, la terre americain me serait interdite...

Je decidais de rentrer a Londres et accompagné de Yuan Dao et de Inoma, de retourner en Italie ou la guerre faisait rage. Loin des voyages, loin de l'amerique, loin de mon propre coeur, loin de ma vie en somme...
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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Jeu 14 Mai - 20:05

Regarde Enzo j'ai trouvé une carte qui date de l'époque ou j'ai rencontré mes compagnons... Combien de voyages ai je fais depuis?...

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Jeu 14 Mai - 20:53


J'ai rencontré Yuan Dao il y a bien longtemps. A l'epoque je voyageais avec la famille Polo, nous étions parti d'une ville à la bordure de l'immense empire mongole et c'etait sur l'invitation de leur grand khan que nous avions traversé l'immensité des steppes et les grandes montages pour nous rendre à Dadu.

C'est la bas que je fis la connaissance de Yuan Dao. Des notre premiere rencontre avec Kubilai Khan, celui ci voulu montrer la superiorité de son empire en tout. Et a chaque fois je devisais avec lui, lui montrant la superiorité de l'ouest. Ce petit jeu finit par ne plus faire rire le Khan qui affirma que personne ne pouvait surpasser son empire et ses guerriers. Affirmant le contraire, le Khan entra dans une colere folle et je cru ma derniere heure arrivée...

Il me lanca un defi, si je parvenais a vaincre le combattant qu'il me designait, je serais sauf mais sinon je deviendrais son serviteur. J'acceptais le defi (avais je vraiment le choix?). Il y avait dans la salle des colosses haut comme des montagnes et forts comme des boeufs mais c'est un petit homme en tenue bleue qu'il designa.

a cet instant je cru d'abord que le Khan voulait se moquer de moi jugeant que je n'étais pas digne d'affronter ses generaux mais lorsque le combat commenca, l'homme se montra si rapide que je compris que le khan ne m'avait fait aucun cadeau.

Esquivant autant que je pouvais la premiere serie d'attaque de l'homme, je me retrouvais bientot mal en point et quand ce fut mon tour d'attaquer il se montre si prompt a eviter mes estocades que je fu bientot essouflé sans l'avoir touché une seul fois. L'homme se battait a main nue et il parvenait a se jouer d'un homme armée d'une épée...

Je decidais alors de me poster sur la defensive afin de l'observer, c'est ce que m'avait appris mon maitre d'escrime à l'université. L'homme aussi vif fut il semblait avancer selon un schema precis, bien sur il attaquait et parait en fonction des opportunités mais pourtant sa science du combat semblait parfaitement organisé. J'etais occupé à regarder ses jambes quand il me frappa au visage avec une telle force que j'en traversai la piece.

Sonné, me revint une autre des vieilles lecons de mon maitre... la gestuelle en magie. Mon vieux maitre m'avait appris que les mages utilisaient des composantes gestuelles afin de canaliser leur magie, il pouvait alors generer des effets magiques simples. etourdi, chancelant sur mes jambes, j'avais pourtant trouvé le moyen de battre mon adversaire...

Combinant mes mouvements de combat avec les deplacements dans l'espace je parvins a éviter tous ses coups sans que cela me coute en magie! a chaque fois ses poings étaient un demi centimetre trop loin. Puisque ma gestuel semblait fonctionner pour la defense, il etait temps de voir si elle fonctionnait pour l'attaque... tentant une botte, je declenchais a nouveau ma gestuelle magique mais l'homme anticipa mon attaque et brisa mon arme d'un seul coup de poing.

Il se tourna alors vers le Khan et lui dit que le combat était fini et qu'il y avait un match nul. Le Khan était visiblement tres en colere, c'est alors que je proposai au Khan de devenir malgré tout son serviteur. Ce jugement de Salomon paru convenir a tout le monde... Ce n'est que bien plus tard que j'appris que l'homme s'appelait Yuan Dao et qu'il était le propre maitre d'armes de l'empereur.

Nous nous entrainames longtemps ensemble et il m'introduisit a toutes les subtilités de son art du combat que je m'empressais d'adapter a ma propre technique. Je parvins a affiner ma composante gestuelle et bientot je pu me battre avec la complicité de la correspondance... Toujours ce qu'il fallait en avant ou en arriere, quelque chose d'imperceptible mais qui me donnerait toujours l'avantage.

Yuan Dao était aussi un homme tres religieux et un philosophe et nous discutames longtemps. Il me sauva la vie bien des fois grace à sa clairvoyance. Il avait le potentiel d'un mage et pourtant il était mu par cette foi profonde qu'il avait et qui disait il, le rendait immortel.

Ce n'est que bien des années plus tard que je compris que Yuan Dao était effectivement immortel car beni par ce qu'il appelait le Tao, l'essence meme de toute vie et que quelque part il continuait a vivre...
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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Ven 15 Mai - 21:41

Je me souviens parfaitement de cette année 1524... L'année ou je devais quitter ma retraite italienne mais pour que tout soit plus clair, je me dois revenir quelques années en arriere.

A mon retour de la nouvelle Angleterre, j'avais fait le choix de retourner en Italie. J'avais été dans les années 1360-1370 condotierre pour le compte de Francesco Sforza, lui meme prince condotierre de Milan et comme le nouveau monde me semblait à présent interdit, j'avais fait le choix de renouer avec ce passé militaire. C'etait à mon avis le meilleur moyen pour offrir a Inoma une vie descente. Il approchait des 10 il était temps pour lui de devenir un homme et d'etre formé par un bon precepteur.

J'avais donc mi le cap sur Milan avec pour objectif de devenir condotiere ce qui se fit sans mal et je fus bientot, grace a ma reputation d'aventurier, à la tete d'une troupe de 1000 hommes. Les combats commencerent mais l'envie n'était plus la... Le son des canons me laissait froid, je n'avais plus gout pour l'escrime. C'est que j'avais vu coulé tellement de bon sang quelque fu la nation de celui a qui il appartenait... Je comprenais aujourd'hui ce que les croisés avaient du ressentir... trop de violence, mes 200 dernieres années n'avait été qu'une histoire ivre d'un reve heroique et brutal et j'aspirais à autre chose.

Je m'enfuis à nouveau, avec ma solde, vers un lieu retiré pres d'un lac ou je disposais d'une petite maison. Je decidais de devenir le percepteur d' Inoma, que j'avais fait baptisé Guidantonio pour plus de convenance. Yuan Dao vivait avec nous et ne manquait pas lui aussi d'apprendre au jeune garcon ce que l'est avait à apporter. Je dois l'avouer je n'étais pas un maitre tres severe ni tres assidu car bien souvent je passais la nuit et le jour dans mon atelier. J'avais redecouvert le plaisir des engrenages, la saveur de la magie pour la magie, non pas comme une superstition mais comme un soutien a la science, un outil comme une cornue ou un four.

Qu'il était doux de compiler les souvenirs, d'anoter les herbiers que j'avais fait, de dessiner, de faire des plans. De temps à autres, nous étions invité chez quelques princes mais nous n'y restions jamais longtemps. J'avais presque retrouvé ma vie à Nuremberg: un cadre pastoral, le temps pour la reflection et la creation et la galanterie... Je devais passer plusieurs années sans tirer l'épée a d'autres fins que celle d'entrainer Inoma.

Et puis en ce jour de 1524, je recu cette missive... O je reconnu immediatement l'ecriture ancienne de mon maitre et voici ce qu'il me dit:

Mon cher enfant,

J'ai pris tellement de plaisir a observer ce que tu m'as envoyé au cour de tes voyages, tant d'oiseaux, tant de plantes, tant d'images que tu as capté. Je dois bien avouer que j'ai envié tes voyages, moi qui n'ai jamais été un grand voyageur...

J'ai recu il y a peu un lettre d'un ami vivant en Espagne dans laquelle il m'expliquait son désir de fonder un ordre qui ferait le pont entre la tradition et la nouveauté au coeur meme de la magie. Tu es toi meme un pont, formé à la magie ancienne, tu pratiques je le sais la magie moderne, pour toi tout ceci n'est qu'outil... J'ai longtemps pensé la meme chose que toi mon cher disciple... Et pourtant je sais que tu as un role a jouer dans ce grand dessein.

Mage et scientifique voila ton role, tu n'es pas ebloui par les lumieres de la foi mais tes voyages t'ont suffisament ouvert les yeux et l'esprit. Rappelle toi: "Ecce Homo", tu es un homme oui et tu te dois de te placer au centre du monde. Tu es sans doute un des plus grand voyageur vivant, tu ne peux pas ne pas etre de cette grande oeuvre.

Je sais que tu auras gout de te faire passer pour une imbecile qui cherche la lumiere, un sympathique spadassin ou un galant plutôt que pour un savant... Sache que l'humaniste est tout cela à la fois et que celui qui considere qu'il n'a plus rien a apprendre n'est deja plus un humaniste. Contente toi d'etre un homme… Et joue de cette image que tu as, il pourrait bien desarconner plus d’un opposant. Ne revele pas toutes tes cartes, garde des atouts cachés dans ta main.

Mais voila que je donne des conseils a un des hommes qui a decouvert l’amérique… tu sais mieux que moi comment agir. Tu auras sans doute besoin d’agir en voleur et en espion… ne t’en blame pas trop.

O je sais que tu n'es pas le bienvenu la bas en Espagne mais je crois que le temps a fait son oeuvre et que plus personne ne se rappelle de toi, dans tous les cas j'ai confiance je sais que tu peux te faire discret.  

Rejoint cette conjuration, ils auront besoin d'un gentilhomme a meme de se servir aussi bien de sa tete que de son bras.
Je suis un vieil homme, je ne suis pas de cette epoque, il est temps pour moi de retrouver mon pere... L'humaniste apprend de lui meme, c'est ce que tu as fait. Je suis fier de toi, Mercurio.

Soi le velours et le cuir, soi l'or et l'acier, nourri le bon feu et combat le mauvais

Ton vieux Maitre,

Aimable d’Anglesey


Mon vieux maitre me connaissait bien. Nous n’avions jamais cessé de correspondre… correspondre, correspondance, j’avais la certitude en mon for interieur que c’était la clef de l’avenir. Que ceux qui pouvait comprendre et apprehender l’espace qu’il soit physique ou mental detenaient un moyen de replacer l’homme au cœur du monde. La decouverte de l’amerique venait de jeter les hommes sur les routes plus encore que nos voyages avec les Polo. Nous rapportions d’innombrables tresors en Europe et il y avait tant de choses a decouvrir en Afrique, en Asie encore et qui pouvait dire combien de continents inconnus se cachaient sur le vaste monde ? Qui maitriserait l’espace, maitriserait la dispersion du savoir…  Le jour ou tous les hommes seraient reliés alors il n’y aurait plus d’ombres, tous les hommes auraient acces a la lumiere de la raison et des sciences et l’obscurantisme n’existerait plus. Les hommes de Cypango pourrait parler a ceux de Norvegia et les habitants de la nouvelle Espagne echanger avec ceux de Cathay en bonne intelligence et sous le regard bienveillant de Dieu.

Mais le chemin était encore long… car c’est bien ce qui m’avait conduit a quitter la nouvelle Espagne, l’obscurantisme et le refus du nouveau. Nous allions sur un nouveau monde et au lieu d’apprendre de lui nous voulions y battir un nouveau monde similaire a l’ancien. J’avais experimenté moi-même cette volonté d’imposer sa civilisation lorsque j’avais devisé avec Kubilai Khan… Mais j’avais retiré plus de choses en m’ouvrant a ce monde inconnu qu’en m’y fermant. D’ailleurs nombreux étaient les peuples qui conservaient precieusement les textes anciens et sans leur ouverture d’esprit je n’aurai pas pu forger mon savoir…

Le savoir dependait toujours beaucoup de la naissance. J’etais né dans une famille bourgeoise, j’avais disposé d’un bon enseignement (d’ailleurs mon père n’a sans doute jamais mesuré ce a quoi il me donnait acces) et j’étais parvenu episodiquement a m’elever de ma condition de petit bourgeois pour celle de noble… Cette course au titre et a la bien naissance avait elle un sens ? Et si les hommes pouvaient se passer de tout cela ? Et si l’homme moderne pouvait se passer de roi ou de prince et que les etats puissent se gouverner grace a une agora ou nous aurions tous été egaux. Les etats italiens tentaient de s’en approcher et pourtant le pouvoir restait dans les mains de quelques uns…

Je me rappelle de ces mots aujourd’hui : « si le pouvoir corrompt alors le pouvoir absolu corrompt absolument. »

Apprehender le monde en bonne intelligence, eclairé par la raison, disposé d’une foi raisonnable… La magie elle-même n’est qu’un phenomene encore inexpliqué, comme la foudre. Oui assurément, la science était la clef… L’imprimerie était une formidable invention qui rendait le savoir accessible aux gens capables de lire. La mécanique, le dessin, la medecine, la philosophie, tous ces savoirs qui avaient fait la grandeur des anciens étaient aujourd’hui accessibles.

Et pourtant je sentais ce monde encore incapable de passer vers la nouveauté, incapable d’accepter que la lumiere du vatican ne se soit pas etendu si loin qu’un ocean ait suffit a l’arreter. Ces hommes qui preferaient detruire plutôt que lire… J’avais été de ceux la oui… Peut être le suis-je toujours…

Je dois bien avouer que je me suis parfois surpris… Savant, lettré, galant, je n’ai jamais rechigné a me battre… Pourquoi ? J’ai observé les hommes de Duda, leur gymnastique et leur art de l’épée, j’ai appris des arabes, d’hommes venu de Cypango, de Perse et d’Inde. L’art du combat est le plus ancien art il en dit beaucoup sur le raffinement d’une civilisation.

Sans trop savoir pourquoi, la lettre de mon Maitre faisait echo chez moi. J’avais traversé le monde connu  et j’y avais vu bien des choses et appris bien des langues,  j’avais inventé bien des machines, et j’avais compilé l’art du combat pour en tiré un art etrange. Mais je n’avais enseigné tout cela qu’a Guidantonio, l’heure n’était plus a la sérendipité mais au partage du savoir. J’etais la preuve qu’on pouvait tout a la fois être dans l’ancien et le nouveau, l’homme de la renaissance ne puisait il pas son inspiration dans l’antiquité ?

Comme me l’avait conseillé mon maitre je serais cet homme simple,  gredin et aventurier le temps que je connaisse mieux ces conjurés… Ensuite, nous aviserons. Tous les secrets ne sont pas bon à reveler.


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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Ven 15 Mai - 23:07

La Scherma Vagando

Lorsque j’appris l’escrime, on fit rentrer dans mon esprit 14 figures qui devaient a chaque instant guider mon action. Chaque figure (mediane. Haute. basse/ arriere droite. pendante droite. interieur gauche .proche gauche/ pendante gauche. interieur droite. proche droite. courte/ Longue. Laterale. Arriere gauche) devait s’enchainer dans un combat codifié. Le meilleur escrimeur est celui qui parvenait à la meilleure combinaison, le plus rapidement et le plus ferocement. C’est ainsi qu’on m’initia aux armes tout en m’enseignant de nouvelles bottes secretes destinés a faire perdre appuie au combattant en face.

Le fait que je sois gaucher a toujours été un avantage, l’adversaire se retrouvant non plus face a son reflet mais a lui-même et ce devant inverser ses passes.

Mon maitre m’apprit aussi quelques bons tours qu’il avait appris aux croisades et qu’il tenait de son père et de son maitre. Destabilisation, désarmement, coups brutaux portés aux articulations. Tres tot mon maitre m’enseigna qu’il ne servait a rien de faire semblant, le combat n’était pas un jeu et que lorsqu’on sortait l’épée du fourreau il était déjà trop tard.

Je dois bien avouer que par la suite, je ne tins pas vraiment compte de ce conseil…

Enfin de mon enseignement a Nuremberg je du bien tirer des lecons de l’art de l’escrime germanique.
Notez ici que rien qu’a mon départ de l’université je maitrisais 4 styles differents : le classique, le gallois, le francois et le germain.

A mon arrivé a Venise, les épées se faisait déjà plus longue et plus fine. J’appris beaucoup lors de mon passage à Constantinople de l’art arabe. L’épée se courbe et on utilise sa courbure pour attaquer de plus prêt et de facon plus vive. On utilise sa courbure aussi pour se proteger plus efficacement la courbure suivant peu ou prou la courbure du corps.

Lors de mon long séjour dans le grand empire de Kubilai Khan, je fus non seulement initié au combat a mains nues, autrement plus évolué que le notre, mais aussi au combat a la lance et à l’épée. Dans ce cas l’épée est un prolongement du bras, l’épée est souple et mobile, le corps dans une danse incroyable, crée des figures qui à la facon des 14 figures de l’escrime regularise le combat. La difference est que l’ordre de ces figures n’est pas fixe et ce n’est que le talent du combattant qui parle. On laisse ici la force brute pour laisser parler la rapidité. Parade, esquive et attaque foudroyante… L’art du combat dans ce grand empire depasse la simple escrime c’est un veritable art du corps, presque une danse.

J’ai aussi pu rencontrer des hommes venant de Cypango. Ils m’ont enseigné quelques unes de leurs techniques qui consiste notamment a sortir l’épée le plus rapidement de son fourreau.

A cette periode je maitrise 10 styles : le classique, le gallois, le francois et le germain. A ceux la viennent s’ajouter l’arabe, le brahmane, la chinoise, la mongole et la cypangaise.

J’eu largement le temps de mélanger tous ces arts du combat jusqu'à ce que l’art en occident s’améliore. Au cœur des combats, je pu rapidement maitriser les écoles francaises, sur la defensives, et espagnoles, geometriques et ritualisés comme une danse. Ma favorite reste l’école florentine, agressive, tout en rapidité et en finesse, utilisant les deux mains et n’omettant pas quelques coups de poings et de pieds de ci de la, rappelant finalement l’art que l’on m’avait enseigné à l’université.

Enfin sur le nouveau continent il faut possible de se faire enseigner l’art étrange et ritualisé du Yaomachtia rappelant l’art chinois dans son combat plein de volutes.

A ces 13 styles (un nombre Ô combien symbolique) j’ai ajouté ma propre creation. En effet, la magie peut se controler grace a une composante gestuelle. Le combat, tout comme la danse, est un ensemble ritualisé de mouvement, une composante gestuelle. En puisant dans ces 13 styles, j’ai pu créer mon propre style, la spalda invisibile. Elle utilise la rapidité a sortir l’épée du sabre, dispose d’une diversité offensive importante et libre favorisant la subtilité quand l’ennemi est fort et la brutalité quand l’ennemi se montre faible et d’une defense ritualisée qui, lorsque l’on fait les bons mouvements, permet a l’escrimeur de se deplacer de facon invisible mais reelle de quelques centimetres de sorte que le combattant reste toujours hors de portée de son assaillant.

Rien ne peut remplacer l’entrainement et la vivacité, la dureté et l’endurcissement, le cheminement qui conduit à l’art subtil est long et semé d’estafilades.

L’art de l’escrime est aujourd’hui à son plus haut niveau pourtant la simple maitrise de l’épée ne saurait se suffire a elle-même. Un vrai maitre d’armes se doit de pouvoir se battre a mains nues, peu importe quelle lutte est utilisée, a la dague, a l’épée longue, a la hache d’armes, au bec de corbin. Il doit aussi être versé dans le combat en armure et le combat a cheval. Enfin en ce nouveau siecle déjà bien installé, un vrai gentilhomme ne saurait ignorer le maniement des pistolets et autres arquebuses.
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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Sam 16 Mai - 12:12

Oh que la periode ou je fus condottiere fut riche et pleine de panache… Je venais de quitter une communauté d’artificiers, peut être la premiere, quoiqu’il y en eu peut être d’autres au Saint Empire, emportant avec moi leurs secrets ainsi que quelques prototypes d’armes qui n’étaient pas de ma conception… Pourquoi avais je fais cela ? Le fracas des armes avait eu raison de ma serieuse retraite, j’entrevoyais la possibilité de devenir riche et puissant en luttant pour un état et la compagnie de ces hommes froids plus attirés par les automates que par le monde m’était devenue insupportable. Mais je raconterais le details de cette aventure une prochaine fois car pour l’heure j’étais plus occupé a rever d’or et de titres !

C’était cela le quattrocento, une periode d’effervescence et de creation, une période ou rien n’était trop, ou l’on pouvait être voleur et le lendemain eveque !

La communauté artificiere se trouvait à proximité de Milan, qui disposait déjà a l’époque d’un petit bassin fort industrieux dans la production de métaux. C’était l’époque folle de la republique ambrosienne, qui avait eu le courage de chasser tous les pretendants à la suite de ce bon gros Visconti, qu’ils fussent prince ou roi!

En réalité la république était une habile manœuvre de Sforza pour prendre le pouvoir a Milan par la force. Quel homme admirable ! Mais pour l’heure je n’étais qu’un rodeur en fuite quand je rejoins son armée. Le campement était vaste à la sortie de la ville et on recrutait de partout, des mercenaires bretons, francois, espagnols aussi. J’avancais au milieu de cette agitation, fasciné par ce que je voyais. Alors le monde avait tellement progressé pendant mon absence ? Les longues hallebardes scintillantes, les puissantes lames des landskenets, les arquebuses et l’odeur de la poudre et les cuirasses etincellantes dans le froid soleil d’hiver.

« Monseigneur » me dit un homme portant plumet et cocardes « vous semblez bien egarez »
« assurément Monsieur, je suis à la recherche de Monseigneur Sforza. »
« et comment se prenomme monseigneur je vous prie, que je sache si je dois acceder à sa requete »

Vite… fallait il garder le meme nom ? J’avais changé tellement souvent d’identité qu’une fois de plus cela n’aurait aucune importance et j’esperais de la sorte mettre le plus de distance entre les machines des artificiers et moi.

« on m’appelle Vicenzo Zeno, le frere de Carlo Zeno le pourfendeur de Gênes ! »

Et c’est sur ce mensonge que j’entrais au service de Francesco Sforza… L’homme était rond et empaté mais son regard, hypnotique, était celui d’un aigle transpercant les nuées. Il me regarda d’un air circonspect.
« J’ignorais que Carlo Zeno avait un frere… »

« Assurément Monseigneur notre famille est grande… »

L’homme sourit. J’eu la certitude que pour la premiere fois ou presque un homme ne prenait pas mes mensonges pour authentique mais qu’importe car celui-ci m’accorda un poste d’homme d’armes.

« nous verrons bien ce que vaux le frere du grand Carlo. »

Bientôt je fus à la tete d’une cinquantaine d’hommes. Ah, mes amis, qu’y avait il de plus beau que les combats a cette epoque. Les explosions de toutes parts, le panache de fumée des arquebuses, le son des armes qui s’entrechoquent. Qu’il était loin le moyen age mes amis… Je me rappelle d’une fois ou entouré de cavaliers teutons équipés de pistolets a rouet nous nous étions mis en cercle tel Alexandre et ses phalanges et que les cavaliers étaient venu s’empaler sur nos longues hallebardes !

La premiere bataille significative fut celle de Piazenca, une ville de taille moyenne située sur le Pô. La conquete de Lodi avait été simple, la ville n’avait pas eu les moyens de se defendre et ce n’était pas les quelques condottieri envoyés par Venise qui aurait pu changer la donne. En revanche, Piazenca était bien protégé. La solution était compliqué car Sforza n’avait pas eu les moyens de lever une armée suffisante pour faire le siege de cette ville, nous étions en hiver et la situation serait difficile… C’est alors que me vint une idée, et si nous decidions d’attaquer depuis le Pô. Bien sur tous les autres condottieri aux ordres de Sforza s’esclaferent, mais j’avais ma petite idée…

Avec mes 100 hommes, je decidais de creuser un tunnel sous le Pô. A cet endroit, le Pô était relativement étroit et il ne representait pas plus de danger qu’une douve medieval. Il suffisait d’un peu d’astuce et peut être d’un peu de magie…

Je fis d’abord lever une palissade de l’autre coté du fleuve pour que les defenseurs de la ville ne voit rien. Ensuite je fis creuser une grande fosse. Puis nous pumes construire le tunnel. Pour solidifier le tunnel nous n’avions pas seulement recours a des ouvrages d’art mais je faisais regulierement injecter dans le sol du sel qui cristallisait l’eau dans la terre et la rendait dure comme du mortier. C’est dans l’ouverture du tunnel qu’intervint la magie. Afin de profiter de l’effet de surprise, Sforza et le gros des troupes devraient simuler une attaque tandis que moi et mes hommes entrerions dans la cité pour la prendre. Afin de ne pas attirer les soupcons je decidais de faire exploser quelques barils. En verité ce ne fut que des barils vides, j’avais soigneusement préparé un sortilege explosif qui soufflerait le haut du tunnel dans détruire les ouvrages d’art du tunnel.

Le plan fut si bien ordonné que la ville tomba en un apres midi. Le choc fut si brutal et la manœuvre fit tant de bruit que Sforza se fit maitre de Pavie sans coup férir. Quant à moi je devins bientôt un des condottiere generaux favoris de Sforza.

[a continua]
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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Mar 19 Mai - 22:01


C'etait une tour inconnue de tous. Une tour sans porte et aux fenetres murées. Il n'y avait pas d'escaliers ni d'étages dans cette tour aveugle, il n'y avait que le rez de chaussée et en son centre une fontaine de marbre blanc. De cette fontaine coulait une eau fraiche et claire, presque parfumée. Ce n'était pas une simple fontaine, c'était un point d'énergie magique, un node, une de ces sources placées sur les veines du monde d’ou coule l'energie que nous appelons magie.

Ce lieu, c'etait mon sanctuaire, l'endroit où je gardais tous mes tresors, tous mes secrets ou je conservais mes coffres et mes artefacts. J'avais effacer de ma mémoire la localisation de ce lieu mais je savais toujours y revenir, grace à un fil d’Ariane. Mais je n’aurais presque pas eu besoin de ce fil tant j'etais lié à cette fontaine, elle me nourrissait. C'etait le seul endroit ou Son emprise ne se faisait pas trop sentir...

Lui, c'était Tezcatlipoca… le miroir fumant, le possesseur du ciel et de la terre, l’ennemi des deux cotés… Depuis cette effroyable ceremonie, au cœur de sa pyramide de Tenochtitlan, je sentais son ombre planer sur moi, j’entendais les pas des jaguars dans la nuit prêt a planter leurs crocs acérés dans ma chair des que je serais assoupi. C’était le pire des dieux… Le Tezcatlipoca noir, dieu de la providence , le dieu des sorciers aussi… Si certains payaient leur tribu de vie à Chronos ou à Dieu lui-même, moi je devais nourrir ce monstre assoiffé de pouvoir. Je devais le nourrir de mes cauchemars…

Tous les soirs, il me remontrait les carnages commis au nom de l’église, au nom de l’Espagne mais qui n’était que des actes sauvageries perpetré par des hommes. Des hommes avides d’or et de pierres… Et aujourd’hui je payais mon manque de sagesse, pour les azteques j’étais une sorte de pretre qui n’avait pas respecté leurs dieux… J’entendais leurs voix dans ma tête…
Inik ome tonatiu on manka 4 oselotl in itonalkatka moteneua oselotonatiu, ipan mochiu tlapachiu in iluikatl in tonatiu, inikuak amo otlatokaya kan nepantla tonatiu, mochiua niman tlayouaya in onotlayouak niman Tekualoya. Au ipan inin Kinametin nemia konitotiui in ueuetke in uetlapaloliskatka matimouetsiti ipampa in akin uetsin ik sen uetsin.

Les colibris et les jaguars, les parfums entetant de la jungle, la moiteur… et l’araignée nichée sous la feuille prete à mordre… et le serpent qui se love dans le cours d’eau, rampant jusqu’à vos chevilles, vous etouffant de ses anneaux… les moustiques qui vous devorent… « cherche ton nuatal » disent ils… La au milieu de la foret emeraude, entre les immenses fougeres, feulant, un jaguar me regarde… ses yeux scintillent… Il disparait sur un chemin… je le suis mais le chemin disparait ! Bientôt je suis entouré de fumée… Chaque feuille, chaque écorce se recouvre d’une poussiere argenté qui bientôt reflechis la lumiere… une lumiere diffuse… Et puis je me retrouve entouré de miroirs… Je vois mon reflet mais ma chair tombe en lambeaux… ma peau s’ecaille et mes yeux pourrissent… Le sang pollué coule par des lésions… je hurle, je plante mes doigts dans mes joues et bientôt le sang est remplacé par une fumée épaisse et acre… une fumée noire… Bientôt elle s’envole vers les nuées en prenant la forme d’un crane ricanant… Tezcatlipoca…

Au in otlika omitl xaxamantok tsontli momoyautok. Kali tsontlapoutok kali chichiliutok. Okuilti moyakatlamina otlika. Au inkaltech, jajalakatok in kuatextli. Au yn atl sa yuki chichiltik sa yuki tlapatlatl ka yu tikike tikia tekixkiatl. Dit Tezcatlipoca ricanant… Et je me reveille en hurlant…

Du sang sur ma gorge… des griffures… Les jaguars étaient la… j’entends les flutes et les tambours dans le lointain… J’entends les pretres, je sens leur parfum… Mon cœur est il toujours la ?... Je frotte mon torse sans cicatrices… Rien… Etait ce un reve ? qui sait… Le regard de Tezcatlipoca est sur moi et il ne cille pas, le dieu se repaît de mon coeur en riant.
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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Jeu 21 Mai - 18:42


Comment peut on connaitre et aimer les autres tout en contribuant à leur destruction?...

Je me pose encore cette question 5 ans après...

Que retiendra l'histoire de Christophe Colomb? Retiendra t'elle l'homme qui jusqu'à la fin cru avoir découvert le paradis terrestre? Retiendra t'elle l'exalté ou le fantaisiste? Je me souviens d'un jour de 1495... Nous nous étions tous rassemblé sur la grande place pour une de ses annonces. Nous ne savions jamais à quoi nous attendre... Lorsque Colomb grimpa sur l'estrade, ses yeux de fou se poserent sur chacun de nous. Ce jour là, il nous fit jurer à tous, que l'ile sur laquelle nous étions n'etait pas une ile... Et tous nous jurames. C'etait cela Christophe Colomb! Je me rappelle de ma rencontre avec lui, c'etait à Venise, peu de temps après qu'il ait essuyé un nouvel echec de financement. Je me dois de retablir quelques verités sur Colomb... s'il peut paraitre inconcevable aujourd'hui qu'on eut refusé de le financer c'est parce qu'à l'époque le discours de Colomb était tout bonnement délirant. Sachez qu'il se basait sur le livre d’Isaïe pour prétendre qu'il existait des terres à l'ouest, qu'il expliquait sa démarche et sa prise de risques de la sorte: " Je ramenerais bientot tellement d'or de mes voyages que les princes auront bientot assez de richesses pour reconquerir la maison du Christ "... Oui Colomb s'est lancé dans cette incroyable voyage pour financer une croisade. D'ailleurs cette idée ne le quitta jamais, meme lorsque sa chere Isabelle lui rit au nez... Car c'est la foi qui animait Colomb, une foi exaltée qui le poussa à prendre autant de risque. Je me rappelle de lui sur la Santa Maria dont j'étais le timonier.

Nous étions fin septembre, cela faisait déjà deux mois que nous étions parti et les hommes commencaient a manquer d'eau, le scorbut faisait rage. Je me rappelle de son regard exalté, presque fou, scrutant l'ocean. "sirenes, poisson eveque, serpent de mer, calmar geant, baleine tueuse" repetait il, semblant faire l'inventaire fou de ces creatures qui avaient bercé sa jeunesse. Il ne pretait pas attention aux rales des marins agonisant. Lorsque le bosco, un certain Munoz, vient lui faire quelques remarques, il entra dans une fureur noire, vouant aux enfers tous ceux qui flechiraient maintenant sans avoir accompli l'oeuvre de Dieu.

Colomb, cet homme qui alla jusqu'a mentir, jurant qu'il avait vu des sirenes... C'est cet homme la qui avait découvert le nouveau continent... Il ne tarda pas à dechanter, ne trouvant pas l'or qu'il esperait... 4 voyages, une disgrace et une longue maladie eurent raison de l'homme mais pas de ce projet fou de nouvelle croisade qu'il confia a ses enfants. Il avait tenté de decouvrir une nouvelle jerusalem sur les rives du Panama... en vain bien sur. Comment cet homme fantasque qui faisait croire au monde entier qu'il connaissait la langue des indiens, qui, disait il "pouvait jurer que les immenses navires du grand khan  venait remplir leurs cales d'or et d'objets precieux dans ces eaux peu profondes"...

Les divagations d'un fou exalté ne sont elles pas préférables aux volontés d'un homme politique brutal?

C'est bien d'Hernan Cortes dont il est question. Aucun homme ne fut plus zelé dans la conquete qui se faisait cette fois, non plus au nom de Dieu mais au nom du roi. Il s'adjoignit les services d'une jeune indienne qui parlais latin, joua sur les croyances et les peurs des indiens, allant meme jusqu'a se faire passer pour un de leurs dieux. Il conquit avec malice, punissant ceux qui se montrait trop brutaux avec les indiens. Et pourtant que conserva t'il de la culture azteque? rien. Dans ses écrits, il vanta les talents techniques des indiens sans les considérer comme des hommes...

Pourquoi? considérions nous les maures ou les turcs comme autre chose que des hommes? Les sujets du grand khan n'etaient ils pas eux aussi des hommes? Il n'y a que l'ignorant pour ne pas voir l'évidence, ces hommes avaient une culture riche, aussi riche que la notre! Ils ne vivaient pas dans la lumiere de dieu, voila tout. Meritaient ils le traitement qu'ils connurent? sans doute pas. Mais il est simple d'écrire ceci apres coup... J'ai eu ma part de massacre, de vol et de bien d'autres choses que je n'ose avouer aujourd'hui.

Colomb, cet homme qui ne jurait que par Dieu, ne ramena t'il pas des indiens comme esclaves parce qu'il ne trouvait pas d'or? Nous tous qui nous regroupions à Cuba ou à Hispaniola, nous etions la pour la meme chose, l'aventure!

Je n'ai pas parlé de cet escroc de Vespucci qui s'attribua bien des merites et qui dorénavant préfere voyager dans les nouvelles indes incognito de peur de se faire transpercer la gorge!

Je vous raconterais mon expedition avec Balboa! Le plus grand moment de ma vie peut etre! Mais n'allons pas trop vite...
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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Mar 26 Mai - 22:13

Une nuit, nous étions, mon maitre et moi, paisiblement assis à regarder les braises d'un feu mourir en silence. Il m'avait révélé qu'au coeur des flammes se  trouvaient des verités et qu'au coeur des brasiers se murmuraient bien des histoires, des actes héroiques, des passions devorantes et de grands chagrins. Il voyait se dessiner sur les braises tant d'histoires, des histoires qu'on lui avait raconté, lui qui avait parcouru la terre sainte...

Ô, je comprends aujourd'hui comme je n'avais pas saisi ce qu'il avait voulu me dire... Il venait d'une famille de guerriers, qu'avait il pu voir, qu'avait on pu lui raconter? Mais dorénavant je voyais moi aussi les passions, les actes heroiques et les grands chagrins... chacun de ces murmures, chacune de ces braises me rappelait Rome. L'enfer pouvait il envahir la terre? assurément!

Et pourtant je n'avais pas eu peur... Bien souvent lorsqu'on parle de brouillard de guerre, les gens s'imaginent une sorte de brume émanant d'on ne sait ou... Cette brume, elle ne passe que devant les yeux des combattants, teinté de rouge pour ceux qui sont ivre de violence, brume funeste et verte pour ceux qui meurent... Mais cette fois à Rome, pour moi il n'y avait pas eu de filtre, pas eu de brume, j'avais tout vu de mes yeux et comme un peintre je pourrais encore peindre ces scenes... Savoie et ses yeux ebahis lorsque ma balle perca sa cuirasse, ce lansquenet qui ne vit pas la mort venir, les incendies, les corps brulés, les bruits des canons et de la mitraille qui grela les rues millenaires...

Etait ce la le sens qu'il fallait donner a ces 320 années d'existence? Non!

Je decidais de ranger armes et armures à l'abri dans un coffre. Je ne voulais plus avoir à me battre, je ne voulais plus tuer, j'avais fui les artificiers car déjà ils ne pensaient qu'à détruire, j'avais fui l'équipage de Cortes car il devenait ivre de conquetes et Balboa et Pizzaro avec lui!

L'homme devait il toujours tout détruire? Je ne sais... probablement. On ne construit jamais bien que sur les ruines, les constructions sinon joueraient elles trop avec le ciel?...  Mais toujours est il qu'apres avoir offert ce magnifique navire aux hommes qui étaient devenu le temps d'une saison mes condottieri, je parti sur les routes avec Inoma.

Depuis qu'il était arrivé en Italie, je lui promettais de faire un beau et long voyage à travers le pays et c'est ce que nous fimes... Accompagnant une troupe de theatre de masques nous fumes pendant un an des artistes itinerants. Pendant un an, on ne me demanda pas de detruire, on ne me demanda pas de tuer au contraire, je mis au point décors et amusements, automates et curiosités... Pendant cette periode nous fumes heureux et le petit se remit meme à rire.

Combien de tragedies fallait il à un homme pour qu'il découvre que le bonheur n'était pas dans la possession mais dans l'offrande, combien de massacres fallait il au conquerant pour qu'il decouvre que le bonheur se cachait dans une vie simple? Ô bien sur, ce denuement ne durerait pas car deja ma nature me poussait à quitter cette quietude et ce denuement mais ce n'était que partie remise... Viendrait bien un jour ou l'aventure ne me conviendrait plus et ou je finirais par écrire mes mémoires...


Et puis une voix
- Est-elle angélique ! -
Il s'agit de moi,
Vertement s'explique ;

Et chante à l'instant
En soeur des haleines :
D'un ton Allemand,
Mais ardente et pleine :

Le monde est vicieux ;
Si cela t'étonne !
Vis et laisse au feu
L'obscure infortune.

Ô ! joli château !
Que ta vie est claire !
De quel Age es-tu,
Nature princière
De notre grand frère ! etc...

Je chante aussi, moi :
Multiples soeurs ! voix
Pas du tout publiques !
Environnez-moi
De gloire pudique... etc...
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Sam 30 Mai - 12:24

"Et comment doit on vous appeler Monsieur... Gouverneur?"

Cela faisait maintenant 6 mois que j'allais de salons en salons, racontant mes histoires et soulageant de quelques écus ceux qui étaient assez crédules pour me croire. Cette vie n'était qu'un savoureux mélange de fetes, de vins et de femmes aussi expertes qu'elles étaient bien nées.

"Oui madame, c'est comme cela que l'on dit... Mais croyez bien que pour vous madame, Maurizio, serait plus approprié"

Déjà la marquise de Crécy succombait à mes charmes, un simple baise-main, un regard, suffisait à soustraire ces jolies jeunes femmes à leurs barbons.

"Gouverneur, racontez nous encore vos aventures!" dit la comtesse de Compiegne pour me ravir à la marquise.

"Eh bien si vous le souhaitez madame!

Je suis parti des baleares le 3 octobre 1492 à bord de la Santa Maria en compagnie de Christophe Colomb dont j'étais le fidèle timonier. Je me rappelle encore des voiles claquantes au vent, persuadé que nous étions de trouver les indes et je peux vous l'assurer, le regard bienveillant de dieu nous accompagnait!

Avec Colomb, nous discutions souvent des chemins à suivre et bien qu'il voulut suivre le chemin du nord, je lui conseillais le chemin du sud, nous evitant ainsi le gros des monstres marins! Eh oui, le chemin du nord regorge de serpents de mer, de calmars et aux krakens et qu'il fut plus court il est aussi plus mortel.

Cela faisait maintenant 6 semaines que nous naviguions quand Colomb vint me voir pour decider de la route à suivre. Un fois encore je lui conseillais de suivre les courants calmes et chaud du sud, les monstres marins detestant la chaleur. Mais cette fois, c'est le capitaine qui eu le dernier mot!

"Maurizio, mon fidele timonier" me dit il, "je te sais sage mais nous ne pouvons faire endurer un tel voyage a nos hommes, la route du nord est plus courte!"

"Ce sera donc le nord!" dis je sans crainte, nous ne pouvions laisser ces pauvres heres souffrir du scorbut ou de quelque autre privation plus longtemps.

Je mis alors le cap au nord. Apres quelques jours a slalomer entre les sillages d'immenses leviathans, nous fumes prit dans une tempete!

La plus terrifiante des tempetes que j'eu a affronter tout au long de ma carriere! Des vagues hautes comme des palais et des gouffres profonds comme les gorges infernales et je veux bien y voir une oeuvre fantastique et malefique. Les autres ayant fait le choix de se cacher dans les calles, nous n'étions plus que 4 sur le pont: Moi, Colomb qui ne voulait pas quitter le pont ainsi que deux marins un breton nommé Le thiec et un genois nommé Volfoni que les autres appelait "nez de bois"... Je vous laisse deviner pourquoi...

Je tenais fermement la barre en dépit de la tempete et des courants et à plusieurs moment je cru que mes bras allait s'arracher. C'est alors qu'une immense vague vint frapper le pont pour emporter l'infortuné "Nez de bois".

"Par dieu" dit alors Colomb, "encore une comme ca et nous serons tous emporté!"

c'est alors qu'une baume vint le frapper derriere la tete! Sonné, il tomba au sol. Aussitot j'ordonnais a Le Thiec de prendre Colomb avec lui, restant ainsi le seul homme sur le pont. Pour ne pas etre emporté, j'accrochais mon bras à la barre grace a un bout, surtout ne parlez jamais de corde sur un navire, afin de ne pas etre emporté.

Apres deux jours, arrimé a ma barre, la tempete semblait enfin se terminé et déjà à l'horizon je voyais la fin de la tempete. Pourtant les vagues restaient fortes. Concentré que j'étais à mon pilotage, je ne vis pas que la corde s'etait usée au cours des deux jours et c'est alors qu'une immense vague me frappa de plein fouet m'emportant par dessus le bastingage et m'entrainant dans les profondeurs abyssales du domaine de Neptune! "

Qu'il était simple de captiver un tel public... Ma narration toujours agrémenté d'un grand nombre de gesticulations, séduisait les jeunes femmes et captivait leurs epoux.

"Et je cru bien ma derniere heure arrivée! Je me pensais condamné, regardant la santa maria sortir de la tempete. Satisfait d'avoir accompli mon devoir, je me sentais pres a rencontrer Dieu, lorsqu'un tonneau arriva à ma hauteur! C'etait un tonneau qui était passé par dessus bord avec mo! Dieu m'envoyait une planche de survie. Je grimpais alors sur le tonneau me laissant deriver.

Je derivais ainsi pendant 4 jours. J'avais, au fil des courants, rejoins les chemins medians, ceux qui ne sont ni au nord ni au sud. La soif commencait à me tirailler lorsque j'apercu une ile au loin!

Je me rapprochais paisiblement de l'ile lorsque je vis devant apparaitre une nageoire! puis une seconde! puis une troisieme! Et c'est bientot un immense serpent de mer qui sorti de l'eau! Il plongea sous les hauts et nagea a toute vitesse dans ma direction! Et je cru ma derniere arrivée...

Sautant du tonneau, je plongeais afin d'éviter la monstrueuse creature! Celle ci, en pleine acceleration ne put me suivre et croqua le tonneau sur lequel j'etais assis quelques minutes plus tot le faisant voler en éclat! Me retournant pret a affronter la monstrueuse engance, je vis bientot qu'elle s'était mise a nager de travers...

Le tonneau était plein de vin et la bete s'était rendu ivre en le croquant! Nageant toute la journée je pu bientot me reposer sur cette ile que j'avais apercu. Prenant de quoi faire un feu, j'utilisais les rayons de lune pour allumer un feu bleu qui m'aurai assurément rechauffé. J'avais trouvé quelques fruits dont je me delectais accompagné de poissons qui attendaient sur la berge qu'une homme se baisse pour les ramasser.

Le lendemain matin je fus reveillé par le son des tamtams. C'est alors que je vis 20 hommes, peints de la tete au pied mais parfaitement nus, s'avancer vers moi!

"tu as volé nos poissons" dit celui qui devait etre le chef

"comment aurai je pu les voler, puisque je ne savais qu'ils vous appartenaient. Si je l'avais su, pour sur je vous les aurai payé contre espece sonnante!"

"peu importe" dit le chef " tu vas mourir"

"par dieu, Monsieur, je vous pris de me pardonner..."

C'est alors que les hommes se jeterent sur moi! courant jusqu'a la mer, je me saisi du premier poisson épée que je pu trouver et je ne tardais pas à affronter les sauvages! Figurez vous que j'avais recu des cours de leonard de vinci lui meme, aussi, c'est sans mal que je parvins a tous les tuer.

Les tamtams resonnant de plus belle, je ne pouvais plus rester sur cette ile... C'est alors qu'apparut un millier de ces guerriers peints. Et je cru ma derniere heure arrivée... Lorsque je vis soudain des tortues de mer.

Aussitot je me jetais à l'eau et m'accrochait à l'une d'elle! Le voyage dura 3 jours et au bout de ce troisieme jour la tortue me deposa sur une cote magnifique. Arriva alors mon petit Guidantonio."

c'etait toujours a cet instant que je le faisais entrer en scene. Il adorait jouer la comedie et prenait un vilain plaisir a duper ces gens qui ne le regardait que comme un sauvage, sauvages et ignares qu'ils étaient eux meme.

"Bonjour" me dit il, et je fus surpris qu'il parla le francais si bien!

"Bonjour" dis je "ou sommes nous?"

"Nous sommes sur l'ile d'antilla, l'ile aux 7 cités"

"Et comment se fait il que tu parles si bien le francais?"

"Parce que c'est la langue des dieux" me repondit il! "je vais vous emmener à mon village."

La bas, je fis la connaissance du chef de son village. C'etait un village sauvage fait de maisons de bois et de toiles. Ils ne portaient pas de vetements et vivaient de chasse et de peche.

"nous sommes les primordiaux" dit le chef "nous chassons et pechons. Il y a 6 autres villes et chacune a un role! les philosophes pensent, les pretres prient, les artisans créent, les messagers vont et viennent sur les routes, les macons construisent, les guerriers nous defendent et les seigneurs nous gouvernent."

Curieux, je dis "et serait il possible de rencontrer tout ces gens?"

"assurément" me dit le chef "nous irons demain!"

Le lendemain nous nous mimes en route, traversant des paysages inouis, croisant des oiseaux multicolores, des animaux avec des trompes qui fouissent dans le sol et qui ont le gout du porc, des montages, des rivieres et des fleurs aux parfums envoutant. Et au milieu de tout cela se dressait une église.

Nous rentrames moi et le chef dans l'église. Il me presenta aux autres chefs. Mais tous n'étais pas ravi de me voir arriver car existait une prophetie disant qu'un homme arriverait par la mer et deviendrait le gouverneur de cette ile...

"tu dois faire tes preuves" dit le chef des seigneurs "il est dit que celui qui viendra de la mer saura se transformer en animal! rendez vous demain, et nous verrons si tu sais te transformer en animal"

Comment allais je pouvoir triompher de cette epreuve... et c'est mon petit Guidantonio qui me donna la solution. Il me parla d'oiseaux qui volait l'ame des vivants... Penetrant dans la vallée de ces oiseaux, une vallée funeste et sombre, je fus bientot entouré de cris d'hommes.

Grimpant dans les arbres pour aller a la rencontre de mon destin, je me rendis compte que ces oiseaux n'étaient autre que des perroquets. Alors le reste de la nuit j'appris le francais a un perroquet et quand le lendemain matin les chefs arriverent, c'est le perroquet qui savait parfaitement parler qui les acceuillis.

Furieux le chef des seigneurs me dit alors "celui de la prophetie aura le dont de construire d'incroyables temples en une nuit"

Et cette fois je cru que ma derniere etait arrivée! Mais c'est encore mon petit guidantonio qui me sauva! Il me parla d'un peuple minuscule qui pouvait pourtant construire de grandes choses. J'allais voir ce peuple et son chef. Son chef me dit que sa fille était tres malade et qu'il m'aiderait si je trouvais une solution. J'allais donc au chevet de la pauvre enfant et je me mis a prier dieu et saint antoine de padoue. Et la jeune fille, par la grace du saint esprit, alla tout de suite mieux!

Le lendemain, quand les chefs arriverent se dressait une formidable eglise.

"alors, vous faudra t'il d'autres preuves?"

"c'en est assez" dit le chef des seigneurs "tuez le"

Et je cru bien ma derniere arrivée... Mais alors que les hommes du chef me conduisait sur un echafaud pour me faire raccourcir, ma croix sortie de ma chemise et alors tous se mirent a genoux!

"Pardon" dit alors le chef des seigneurs "vous etes bien celui de la prophetie, devenez notre gouverneur"

Je fis preuve de mansuétude a l'encontre de ces sauvages, je decidais de ne pas leur en tenir rigueur et de devenir le gouverneur de l'ile d'Antilla, l'ile aux 7 cités.

"Pardon Monsieur" dit un homme au sourire narquois " mais vous dites que vous avez fait le voyage avec Christophe Colomb... vous devriez donc avoir aux bas mots 60 ans... comment se fait ils que vous n'ayez l'air que d'en avoir 35..."

"eh bien monsieur c'est parce qu'a Antilla, on ne vieillit plus."

"OOOOOh" fit la salle amusée. S'en suivi alors une serie de questions tout aussi grotesques les unes que les autres... Le maitre de maison vint bientot à ma rencontre
"Quel récit Monsieur! Le comte de Laval m'avait dit que vous étiez un formidable aventurier."

"Ce n'est rien monsieur, je ne fais ca qu'au nom de dieu."

"Combien de temps resterez vous?"

"Je ne sais pas trop monsieur. Mon equipage a été retardé et je n'ai hélas aucune de mes affaires, ni argent, ni atours... Je vis de peu il me suffirait de 1000 écus pour pouvoir faire venir rapidement mon équipage ainsi que mes coffres au tresor."

"eh bien monsieur je pense que sans crainte on peu preter a un homme tel que vous... Je vais sur l'heure vous chercher cela."

Je vis le gros marquis s'en aller vers son cabinet et aussitot fut il parti que c'est son épouse qui prit le relais.

"Monsieur que d'aventures! j'en suis encore toute esbourdie"

"j'espere ne pas vous avoir trop malmené madame..."

"au contraire j'adore ca!" dit elle rougissante... "eh vous avez du rencontrer beaucoup de femmes sur Antilla, monsieur."

"Beaucoup madame en effet, mais aucune n'avait votre beauté."

Et c'est rougissante et minaudante que la marquise m'emmena dans son cabinet a elle, couvert par les rires d'une petite fete improvisée.
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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Dim 7 Juin - 16:28

Je me rappelle de Constantinople... Tot le matin, alors que le soleil nimbait d'or les rues encore vides et que le silence n'avait pas encore cédé sa place au tumulte tourbillonnant des marchés, lorsque les effluves des fours en sable des cafés encore fermés commencaient à envahir l'air.

J'aimais cette effervescence qui petit à petit envahissait le bosphore. Nous passions de caravane en caravane à la recherche de denrées à emmener dans nos voyages. Cette ville, à la croisée des mondes, recelaient tant de cultures differentes. Ai-je connu une epoque plus douce? la douceur des jardins et l'aigreur des cafés, la volupté des vins et la saveur des fruits n'avaient d'égale que la delicatesse des femmes d'orient qui de leurs mouvements suaves vous hypnotisaient et vous rendaient fous.

J'avais déjà 50 ans et l'usage de l'elixir n'était plus une experience inedite mais malgré tout cela, je n'avais pas vraiment vécu. Comme tout mage de cette époque, je connaissais le monde grace aux livres et c'etait fort de ce savoir que je me lancais à l'aventure. Comment aurai je pu me fourvoyer davantage quant à ma connaissance du monde? C'est ce jour là que j'ai compris que l'homme n'était un homme que lorsqu'il s'inscrivait parfaitement dans le monde.

Avec obstination et tenacité, je me donnais la mission d'arpenter le monde entier, d’étendre les frontieres connues, d'aller toujours plus loin, toujours plus longtemps, toujours plus profond dans les limites de l'ocean.

Voila pourquoi madame, je suis devenu aventurier. Je n'aurai jamais pu rester dans un laboratoire, le savoir doit etre partagé et quel meilleur moyen qu'une bonne expedition? L'expedition est l'experimentation du monde, inutile de savoir comment il fonctionne si on ne l'arpente pas? Faut il etre suffisant pour croire qu'on peut tout apprehender depuis les livres.

On me demande souvent si je suis un progressiste ou un traditionnaliste... Cette question revient comme un etrange echo au probleme de la confession chretienne... Catholique ou protestant? Chiite ou sunnite? traditionaliste ou progressiste? Le monde semble se mobiliser pour la guerre alors qu'il y a tant à decouvrir.

Je dois vous dire que je suis inquiet car assurément le monde ne semble pas vouloir s'appaiser et j'ai meme l'intuition que les guerres ne feront que redoubler de ferocité.

Aventurier, je le suis madame, malhonnete, voleur, escroc, sans doute aussi un peu mais je ne suis pas un assassin et je ne le serais pas et s'il le faut je retournerais en nouvelle espagne et j'irai vivre cachée parmi ces peuples fascinants.
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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Dim 7 Juin - 22:10


"Et la cité d'Eldorado Capitaine Maurizio, l'avez vous vu?"

Je ne supporte plus ces regards avides, ces esprits eblouis par l'or et les trésors chimeriques! Combien de conquistadores ai je vu partir dans les jungles, affronter la maladie, les betes venimeuses et les peuples sauvages et encore inconnus!

J'ai vu Colomb etre jeté en prison car il ne pouvait rembourser les depenses qu'il avait engagé. J'ai vu Cortes, apprecier l'artisanat azteque a sa juste valeur... J'ai été de ces hommes... Mais la fievre de l'or m'a quitté.

"Non madame, je n'ai pas vu l'Eldorado. Figurez vous que la ville est defendue par des tribus mangeuses d'hommes et que contempler la cité risque de vous transformer en statue d'or et si malgré tout vous parvenez dans les salles aux tresors, vous offenseriez les dieux des autochtones et vous seriez consummé par des feux infernaux"

Est ce une attitude humaniste? non.
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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Mer 10 Juin - 0:21

Regagner son port d'attache... c'est toujours un soulagement pour un marin. Et pourtant, la terre lui est insupportable. Il dort par terre car les lits sont trop mous, il boit plus que de raison pour retrouver le roulis et il arrive toujours un moment ou l'espace l'appelle.

Le voyage est une sirene qui vous attire et vous pousse a aller toujours plus loin... à partir toujours plus longtemps.

Rien n'est comparable aux embruns qui frappent le visage, aux vents salés qui soufflent en rafale, aux cotes d'emeraudes de nouvelle espagne ou aux rives sombres de la nouvelle angleterre. Arpenter le monde, c'est arpenter le livre de la création... oui...

La pluie tombait forte. C'etait la saison des pluies a Cuba et à cette periode, l'orage ne cessait pas. Il arrivait meme parfois que des raz de marée viennent emporter les maisons les plus proches des cotes.

Les lourdes gouttes d'eau venait s'ecraser sur mon dos, ma chevelure et je profitais de cette abondance pour enfin me desalterer un peu. Cela faisait maintenant 1 mois que je croupissais dans les geoles de Cortes.

le son de la pluie venant s'écraser sur les dalles colorées du palais resonnait, bien qu'étouffé, dans tout le jardin. J'etais agenouillé depuis de longues heures maintenant, enchainé comme un esclave, entouré de deux gardes eux memes totalement trempés. Fatigués, ils s'appuyaient sur leurs longues hallebardes, fumant quelques melanges de tabac indien.

Mon jugement n'allait pas tarder. Le jugement des indiens avaient été impitoyable... Je passais frequemment la main sur ma poitrine pensant sentir mon coeur battre mais ma poitrine restait desesperement vide et morte.

un eclair ne tomba pas loin, emplissant l'air d'ozone, le tonnerre assourdissant masquant les pas du moine dominicain qui venait d'arriver.

"apportez le" dit il aux gardes.

Sans menagement, les deux hommes me souleverent. Pour ne pas leur faciliter la tache je refusais de marcher. Ils finirent par me jeter sans menagement dans la salle du jugement.

"nous procedons aujourd'hui au jugement de Maurizio di Donato del Monti, conquistadore et seigneur d'Axoaco par la grace du Seigneur Cortes et de sa Majesté Charles 1er." dit le gros moine à la voix pathétique.

Les faits qui m'étaient reprochés étaient simples, j'avais tué deux conquistadors parce qu'ils s'appretaient à malmener deux femmes indiennes. Hélas pour moi, les deux hommes étaient bien nés, espagnols de surcroit et cousins éloignés de Charles Quint.

"reconnaissez vous les faits?" me dit alors l'homme qui siegait sur le trone au fond de la salle. Cet homme, c'etait Cortes! je le reconnu tout de suite, sa barbe clairsemé, ses epaules carrées, sa ligne athletique.

"Oui capitaine!" dis je avec un air de défi.

Il fit alors un geste de la main.

"qu'on l'emmene il sera pendu demain" declara le moine

Bientot, dans la ville on ne parla plus que de la pendaison de l'ami des indiens. Moi, amis des indiens... si les gens avaient su la realité sur la nature de mon lien avec les indiens j'aurai sans doute fini sur un bucher. Mais dans quelques heures cela n'aurait aucune importance.

Le bon sang espagnol allait encore beaucoup couler durant cette nuit ou je pris la fuite mais qu'importe je suis un conquistador, un amant de l'aventure.

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal.

Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde Occidental.

Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L'azur phosphorescent de la mer des Tropiques
Enchantait leur sommeil d'un mirage doré ;

Ou penchés à l'avant des blanches caravelles,
Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond de l'Océan des étoiles nouvelles.
jose maria de Heredia


Et me voila à nouveau en train de parcourir le monde... avec un équipage bien singulier.
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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Ven 19 Juin - 11:35

Il etait grand temps d'approfondir mes recherches sur la balle du docteur...

De toute evidence, cette balle etait faite d'un metal inconnu. Je le placais dans mon lector phaenomena, refermais la cloche de verre et placais mes mains, au travers des deux cerceaux de cuivre, sur les deux boules de quartz remplie de mercure.

Aussitot la magie afflua dans le dispositif. La balle, nimbée d'une lumiere verte et douce, s'eleva sous la cloche. Je tentais des lors de desassembler l'obiectum.

Je n'avais jamais vu une telle complexité dans les materiaux... d'ailleurs certains reagissaient fort mal à la force magnetique que j'envoyais mais l'enveloppe fini par se destructurer.

Je pensais pouvoir separer la balle en deux afin d'en identifier les alliages, comme on le fait pour les metaux mais ce tresor du futur devait cacher en lui un tresor bien plus terrible.

Sans vraiment comprendre de quoi il s'agissait, j'eu l'intuition que l'electricité devait pouvoir se mouvoir dans le coeur de cette balle et animer des mecanismes fixes. Des chemins d'or reliaient les mecanismes fixes les uns aux autres...

et puis il y eu un flash et une image se forma au dessus de la cloche, comme un arc en ciel ou un rayon de lumiere a travers un morceau de verre qui se charge de mille couleurs.

Assigner Cible...

Tel un message divin, ces deux mots se formaient dans l'air, emanation de la magie de l'objet... Mon dieu... Je tenais la l'evolution des mecanismes. Un concentré de sciences futuristes. Et pourtant cet objet etait refractaire a la magie... c'etait comme s'il etait lui meme constitué d'antimagie.

plongé dans mes reflexions je ne vis pas que la cloche de verre commencait a se fendre.

Assigner cible... ainsi le seul talent du tireur ne suffirait plus? Quel monde etrange...

Finalement la cloche explosa, projettant du verre un peu partout, le contre coup magique me projetant contre le mur.

Je revis notre voyage dans ce futur a la fois fabuleux et effrayant. Ce que je tenais la... n'étais pas pour notre monde. Je ne pouvais pas baser mes recherches sur une technologie dont les premiers mots auraient été "assigner cible". La science n'est pas mauvaise, ce sont les hommes et ce qu'ils font de la science qui est mauvais.

Je decidais de transformer la balle en un casse tete terrible, cachant au coeur de ce casse tete minuscule les etranges mecanismes fixes...


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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Sam 20 Juin - 10:41

Ce soir encore j'avais bu plus que de raison. Mais a quoi bon la raison, nous sommes peu a penser trop et trop peu a penser.

Je repensais à ce voyage à Istanbul... Il n'était qu'un condensé de mes aventures; la ravissement initial laissait rapidement place aux intrigues qui toujours debouchaient sur un flot de violence.

Il n'y a pas de place pour la raison, pas de place pour les idées, il n'y a que la cupidité et la violence... En cela je ne suis pas different de mes semblables. Je desire et je tue...

Je l'aimais. Je ne savais pas pourquoi. Pourquoi elle, pourquoi si vite, pourquoi si violemment, mais je l'aimais. Je serais mort 10 fois pour qu'elle ne meurt pas, c'est pour elle que j'ai tué tous ces hommes...

Combien de fois est ce arrivé? Je ne sais plus. Ou plutot je ne veux pas savoir. L'alcool obscurcit mon esprit et les demons du passé resurgissent de la fumée, grimacants, trop heureux de pouvoir me faire souffrir encore un peu.

Garde le, ce coeur et fiche moi la paix! Laisse moi retourner a mon alcool, laisser moi sombrer dans ce coma liberateur! une vie d'homme pour une seule femme... c'est trop bete. Est ce pour cela que je fuis? Allez savoir...

Impossible de dessiller mon regard de ce casse tete du futur. Impossible de ne pas penser à ce qu'il me serait possible d'entreprendre si je prenais le temps de comprendre comment il fonctionne. Impossible de ne pas savoir ce qu'il resulterait de ces travaux...

Par bien des aspects, j'étais de la meme trempe que les artificiers... La science etait hypnotique et je ne devais y resister qu'en luttant de toutes mes forces.

Alors Dieu! Es tu le seul qui n'est pas contre moi? ou bien toi aussi  tu as decidé de me tourmenter!!! Que cherchez vous? Croyez vous que j'ai peur de vous? Je sais comment vous faire tomber! Briser les idoles et reduire ce monde a feu et a sang! Est ce vraiment ce que vous souhaitez Dieux Maudits!!

Un jour, j'aimerais quelqu'un passionnément et je chercherais un chemin vers lui, ainsi, avec précaution, avec douceur, la main tremblante... Et comme pour toutes les autres avant, je ne saurai pas lui offrir ce qu'elle demandera. Mon nom s'eteindra. Il disparaitra dans les flots. Mais je n'ai pas peur.

La vitesse, la mer, minuit, le vin, tout ce qui est éclatant, le choc des combats, tout ce qui est noir, tout ce qui vous perd et donc vous permet de vous trouver!...

Je lachais mon verre et m'ecroulais sur la table, la chevelure baignant dans le mauvais vin, les cythares de Cipango et les tambours de Tenochtitlan résonnant au loin ...
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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Mer 8 Juil - 21:35

Mes pas m'avaient conduit une fois de plus vers un port, français ce coup-ci. On parlait beaucoup d'une expedition préparée dans le secret depuis Saint Malo et c'est tout naturellement que je m'étais rendu dans cette petite ville, plus par curiosité que par réel intérêt.

J'avais besoin de sentir l'ocean, de voir le soleil se refleter dedans, d'entendre le bruit des chantiers navals et de sentir le bitume qui colmatait les coques. Oui, j'avais besoin d'oublier, ne serait ce qu'un temps, l'humanisme, le masque et tous les autres. Nos dernieres aventures avaient été pour le moins eprouvante et j'en venais a regretter la jungle du venezuela... Le sac de Rome, l'Allemagne deux fois et Istanbul. Depuis que je m'etais lancé dans cette aventure, jamais le monde ne m'avait paru aussi laid, la violence et la mort aussi omnipresente.

L'homme d'action que j'etais se lassais des debats et des argumentaires. Oui un homme d'action je l'étais assurément et j'avais agis bien des fois sans reflechir. En regardant mon torse, anormalement musclé et noueux, resultat de 300 d'aventures, dans le miroir de cette petite chambre sordide, je me fis la reflexion que mon corps était presque un livre de chair... Etrange parallele avec certains pratiques indiennes...

Oui j'étais un homme d'action, mais pas un guerrier un spadassin tout au plus qui se battait pour defendre sa vie. En tout cas je n'étais pas le guerrier que cherchait le masque. D'ailleurs, il n'y a que celui qui n'a jamais porté le fer qui en parle avec une telle legereté... Si donner la mort était simple, la terre compterait moins d'ivrognes. D'ailleurs tres bientot, l'epoque des bretteurs serait depassée pour laisser la place aux mousquetaires et autres arquebusiers. On tuerait a distance... Cela rendrait les choses plus simples quoique plus sanglantes.

J'etais perdu dans ces bien noires pensées lorsqu'on frappa a ma porte et c'est quelque peu renfrogné que je m'y rendis. Derriere, j'y decouvris un homme élégant, habillé a l'espagnole, plutot grand et bien qu'un peu maigrichon, a l'allure de combattant. Il portait une grande croix d'or qui de toute evidence avait été fabriqué par des mains mayas. Un conquistador...

Capitaine del Monte? dit il...

Je pense que vous faite erreur... dis je.

Allons bon que me voulais cet espagnol? Je n'avais plus eu de contact avec des gens depuis pres de 10 ans et je ne m'en portais pas plus mal. Alors que je m'appretais a refermer, il retint la porte de sa main gantée.

Je suis sur que je ne fais pas d'erreur "Icnitl"... affirma t'il avec un sourire carnassier.

Tres bien... rentrez donc. dis je en ouvrant la porte.

Un long nez cabossé, des yeux d'aigle, une epaisse moustache, l'homme semblait tout a la fois jeune et vieux. Il avait belle prestance et me rappelait un peu le capitaine Hernan meme si celui ci n'avait jamais pu avoir une moustache digne de ce nom.

J'allais m'asseoir dans un coin de la piece, a proximité de mes armes.

et si vous me disiez ce qui vous amene ici senor...

Velasquez. Vous n'avez pas été facile a trouver dites moi, Capitaine...

Ne m'appelez plus Capitaine.

Ah oui... cette vieille histoire... C'est en partie a cause de ca que je suis la.

D'instinct je cherchais mon épée des yeux. L'homme capta la chose et n'en rata pas une miette. Il sourit.

Ne vous en faite pas je viens en ami. En verité je ne suis qu'un messager.

Tiens donc... et qui peut bien avoir envie de m'ecrire?

Le seigneur Pizzaro prépare une expedition. Une expedition dans les andes et il a besoin de vous. Vous etes l'homme le plus experimenté du nouveau monde, vous parlez le nahuatl, le quechua...

Et que veux t'il donc trouver dans les montagnes? les cités d'or?...

Vous avez tord de rire Capitaine. Il y a dans les montagnes un empire encore inconnu. Vous pourriez en ramener beaucoup de richesses et un nouveau titre!

Allons jeune homme... avez vous reflechis avant de venir jusqu'ici? Assurément non sinon vous ne vous seriez pas donné la peine de me trouver. Je peux deja vous dire comment se passera votre expedition. Vous partirez avide d'or mais vous ne trouverez que la maladie et la mort. Vous chercherez dans chaque case l'or tant promis, vous tuerez pour lui mais il ne vous restera au final que les cauchemars. Vous irez en priant en dieu mais bientot vous serrez recouvert de fetiches indiens pour vous proteger de leurs dieux et tout ceci ne marchera pas. Malade, fatigué, vous ferez le siege d'une nouvelle Tenochtitlan et le bon Pizzaro s'accaparera tout ce que vous trouverez.

S'en est assez Monsieur! Vous faites offense a Dieu en refusant!

Soit! je lui fais offense...

L'homme me devisagea. Je pouvais lire dans son regard tout le degout qu'il me portait et peut etre aussi la haine.

Je vois que vous n'avez pas usurpé votre titre de gouge d'indien!

Je levais un sourcil perplexe.

Est ce tout? vous me derangez maintenant.

L'homme posa la main a son épée mais depuis longtemps mon épée se rendait aussitot dans ma main lorsque j'en avais besoin et bientot la pointe de ma lame se trouva au niveau de sa glotte.

allons Monsieur, vous m'obligeriez. Dites plutot au seigneur Pizzaro que je suis mort.

L'homme se crispa, son regard lanca des eclairs mais sa main s'eloigna de sa rapiere.

Eh bien vous voulez mourir monsieur, soit! Croyez bien que j'y veillerais! vous vous etes fait un puissant ennemi.

J'en ai deja eu et j'y ai deja survecu. Adieu.

Adieu.

L'homme honteux quitta la chambre en claquant la porte.

Une nouvelle expedition... de nouveaux massacres. L'ocean parut se teinter de rouge. La bas, au loin, le sang ne tarderait pas a couler a gros bouillon... les buchers seraient rallumés et une nouvelle culture disparaitrait.

L'humanisme... quelle connerie. Et pourtant... c'etait peut etre notre meilleure chance.
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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Sam 25 Juil - 14:57

Sommes nous si laids, si méprisables?

J'ai peut être 300 ans mais je me sens formidablement de mon époque et prêt pour le futur.

Les mots de Lys et de Thèmis ont résonné longtemps dans ma tête... "Les hommes d'honneur"...

Je n'y vois que la peur pour des créatures anciennes de se sentir trop vieilles. Elles refusent de voir le bon dans le monde d'aujourd'hui.

Mais pourtant l'honneur est toujours là bien présent et les chevaliers n'ont pas déserté le monde, ni le champ de batailles. Ils sont différents, ils ne se battent plus pour les mêmes causes mais ont conservé dans leur coeur les mêmes valeurs. Il n'y a pas moins d'hommes valeureux, courageux ou honorables et le monde n'est pas plus laid et les hommes pas plus obscures... au contraire. Notre époque est brutale mais c'est un composant nécessaire à tout grand bouleversement.

Lys me reprochait d'avoir tué son père d'une balle de pistolet. Oui... des rois ont été tué par des carreaux d'arbalètes, des flèches... Le chevalier aujourd'hui doit être capable de survivre pour atteindre le corps à corps. Les chevaliers changent, évoluent, ou meurent. Mais ce ne sont des choses que seuls les hommes d'armes peuvent comprendre et accepte. Lorsqu'on joue avec la fatalité il faut accepter d'en payer le prix.

Les soldats et leurs arquebuses ne sont pas moins honnorables que les chevaliers, ils font ce qu'ils doivent faire. Peut être qu'un jour il n'y aura plus de chevaliers, peut être qu'un jour les hommes honorables et bons n'auront plus d'armes et qu'il ne restera plus que les soldats qui répondront à leurs propres codes de l'honneur, mais qu'importe, l'honneur vivra, parce qu'il est dans l'homme, comme le courage et la veulerie, comme l'avarice et la générosité.

Jai pour moi la certitude que l'honneur n'a pas disparu. J'ai rêvé d'une confrérie d'hommes bon, se battant pour la justice, l'épée à la main et le pistolet dans l'autre. Des hommes vêtu d'azur ou de pourpre. Des hommes combattants pour leur roi, leur dieu, l'honneur et la justice...

Laissons le passé au passé, il n'était pas meilleur. Le futur ne le sera sans doute pas, mais si l'on fait ce qu'il faut il ne sera pas pire... et c'est en agissant aujourd'hui au temps present que tout se joue.
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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Mar 1 Sep - 22:27

Peut-on espérer quoique ce soit de la science ? D’embler, je peux affirmer que non. Pour la simple et raison que la science n’a pas pour but de faire espérer. La science sert à prouver la justesse de notre compréhension du monde. La science est un outil, une méthode, pour mieux comprendre le monde. La science ne devrait jamais être autre chose. La métaphysique n’a pas sa place en science car elle est totalement étrangère aux buts de la science et inversement.


Faisons un effort de simplification. Si la métaphysique se questionne sur le pourquoi des choses, la science se questionne sur le comment. Autant le pourquoi ne peut valoir pour tous puisqu’il découle d’un raisonnement personnel, autant le comment jusqu'à ce qu’il soit prouvé qu’il est faux, s’applique a tous.


La science n’est pas l’ennemi de la religion, la science n’est pas l’ennemi de la magie, la science n’apporte aucune réponse, elle se contente de vérifier des hypothèses et lorsqu’elles s’avèrent justes, de les révéler au plus grand nombre.

Ce sont les esprits éclairés qui ont sorti le vieux monde des ténèbres du moyen âge. La science n’a fait que confirmer leurs dires. Pour que les esprits restent aussi éclairés, il faut que la science reste cette méthode abordable par tous. C’est ne la comprenant que l’esprit continuera son ascension. Ignorez-la et vous replongerez dans les ténèbres.


C’est dans l’espoir de voir apparaitre une génération de savants non plus guidé par l’analyse du monde grâce à la raison mais plutôt par l’imagination, la comparaison et l’expérimentation que je donne rendez vous a tous ceux qui le souhaiterons avec pour seule restriction d’abandonner la métaphysique aux portes de l’édifice. Les croyances de chacun ne devraient pas influencer notre compréhension des rouages de ce monde. La science est encore une discipline balbutiante qu’il est encore possible de modeler. La science évoque les faits, elle ne les change pas…


Voila peu ou prou le message que j’avais fait imprimer et placarder à grands frais après notre retour de l’umbra. Nous revenions de ce voyage changés, bien malin celui qui ne change pas au contact des autres me direz vous mais cette fois le changement était plus profond, plus profond qu’après l’Asie, qu’après l’Amérique. Qui aurait pu croire tout ce que nous avions vu, alors le comprendre relevait de la gageur. Pour ma part, ce voyage avait de nouveau réveillé chez moi ce profond dégout pour la violence. C’était avec les intentions les plus pacifiques que je gagnais Prague qu’on disait accueillante pour tous les scientifiques.

La neige précoce avait passablement ralenti mon voyage. J’avais fait le choix de voyager sous un nom d’emprunt. Exposer mes raisons ici serait trop long mais disons que mes créanciers se rendraient probablement en Espagne à la recherche d’un comte qu’il ne trouverait pas tandis que je partais avec leur argent vers l’est. J’avais choisi de me faire passer pour un scientifique suisse qui partait de Lausanne, la réputation des suisses depuis 1515 n’étant plus à refaire.

Prague, à cette période de l’année, offrait un spectacle majestueux. Le contraste magnifique de la pierre noire qui constituait les plus grands édifices et de la neige immaculée donnait à l’ensemble une atmosphère de conte de fées. Lorsque l’on émergeait des bords sinueux de la rivière, en passant par la grande route, on ne pouvait manquer les toits pointus du hrad de Prague qui dominait la ville et le hradčany. Ensuite on voyait le Karluv Most, l’unique pont à enjamber la vitava et qui faisait le lien entre Stare Mestro, repaire de gredins en tout genre et Mala Strana, la nouvelle ville, prisée par les marchands dodus et les bourgeois nouveaux riches.


Alors que je passais les lourdes grilles de la capitale de Bohème, un soudard en livré me fit signe d’arrêter mon lourd chariot ferré. L’homme, qui sentait la sueur et la soupe a l’oignon, s’assura que je payais bien la l’octroi afin de rentrer et après un questionnaire succinct qui parut le satisfaire, je pus enfin rentrer en ville dans le fracas sinistre de mon charriot, direction l’auberge de l’horloge a Stare Mestro, la vielle ville.


Mala Strana était une succession de bâtiments dans le style italien ou flamand aux rues claires et propres. Stare Mestro était un agglutinement anarchique de masures s’avançant au dessus de la rue et prête à s’écrouler. Les fontaines de porphyre Mala Strana étaient remplacer par des cloaques infâmes ou se roulaient les porcs et les ivrognes. Au delà de cette crasse, Stare Mestro abritait bon nombre de sociétés secrètes, de cabales de faux sorciers, d’empoisonneurs, d’assassins et d’escrocs mais surtout de savants qui venaient profiter de la protection du seigneur de Bohème. Et au cœur de ce petit monde, il y avait la tour de l’horloge.


La nuit tombait lorsque j’enjambais la Vitava envahie de congères par le Karluv Most et elle s’était bien installée lorsqu’enfin j’arrivais à l’auberge. C’était une bâtisse haute d’un étage, aux poutres sombres et dotée d’une grande cour ou je pus ranger mon chariot. Alors que la neige commençait son ballet silencieux, j’entrais dans l’auberge.

Il faisait bon à l’intérieur. Un grand feu brulait dans une cheminée immense. De grandes tables étaient occupées par une poignée d’hommes, le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’était pas salle comble. Retirant ma toque de castor, époussetant ma cape couverte de flocons, je m’approchais du tenancier, un homme blond, aux cheveux très courts et à l’énorme moustache.

- Reste-t-il une chambre pour un voyageur égaré ?

Les yeux du tenancier s’arrondir, il se tourna vers moi surpris et lâcha un rire tonitruant.

- Ca alors ! Mercurio !

Cet homme qui me connaissait si bien c’était Vaclav Čapek, le seul ami que je conservais de mon temps passé à Nuremberg. Alors que nous étudions, Vaclav était tombé sur des écrits vantant les mérites de la panse. Cet ouvrage l’avait si bien convaincu du lien entre le monde et la nourriture qu’il avait quitté l’université, après avoir fabriqué un peu d’or et qu’il avait regagné sa ville de Prague pour y officier en tant que cuisinier. Avec le temps, il était devenu de moins en moins mage et de plus en plus aubergiste.

- Voila bien longtemps que l’on ne m’a pas appelé ainsi…
- Tu sais que je n’arrive pas à me faire à tes nouveaux noms. Mais qu’importe ! Viens donc t’asseoir ! je vais faire préparer une chambre et faire monter tes affaires.

Il se saisit de deux chopes et d’un immense pichet de bière et quand il eu fini de nous servir il planta ses yeux bleu acier dans les miens.

- Et si tu me disais ce qui t’amènes dans la plus belle ville du monde.

Je lui racontais mes aventures et les raisons de ma venue ici mais a la fin de mon exposé, mon interlocuteur semblait sceptique.

- Pour tout t’avouer, je ne sais si une telle entreprise pourra être réalisée. Difficile de concilier le jeune et le vieux…
- Qui parle de conciliation Čapek ! la tradition demeurera tant que certains esprits verront dans le passé la clef de tout. La raison et la science ne sont que des outils pour l’homme qui veut comprendre le monde.


Čapek semblait de plus en plus perplexe.

- J’ai vu des choses mon ami… comment aujourd’hui se contenter de l’évangile ? J’ai vu ces peuples qui ne connaissent pas Dieu, ils ne semblaient pas dans l’erreur. J’ai vu cet umbra… J’ai glissé un œil à travers le voile et j’ai entrevu la mécanique du monde. J’ai l’intuition qu’un jour cette mécanique ne suffira plus, la science se passera d’éther et d’engrenage…

Les flammes de l’âtre se reflétaient dans mes yeux, embrasant encore un peu plus un regard déjà enfiévré.

- C’est la clef. La science n’est pas une croyance, c’est un ensemble de faits. Elle met les hommes à égalité. On ne peut pas croire en la science mais on peut croire la science, c’est un formidable pont entre les hommes, un moteur qui dépasse les religions et les cultures. La ou la métaphysique ne pose que des barrières…
- Je crois que je commence à comprendre ou tu veux en venir… Ma foi, tu as du en voir des choses oui, pour en arriver a un tel raisonnement. Tu devrais faire attention tout de même… certaines oreilles… Enfin, j’imagine que tu dois avoir hâte de te reposer.
- C’est pourtant vrai mon ami.

Je quittais la salle commune, montant l’escalier lourdement sans me rendre compte que des yeux perçants suivaient ma progression. Lorsque j’eu monté entièrement l’escalier, l’ombre sorti de l’auberge après avoir jeté quelques couronnes a mon ami.

A peine arrivé dans ma chambre, je me glissais dans les draps de lin et m’endormis aussitôt. Plus bas dans la rue, l’ombre fugitive se retrouva bientôt entourée de personnes portant capes et longs chapeaux. L’ombre désigna ma fenêtre. Il y eu quelques hochements de têtes puis ils se dispersèrent.

L’horloge se mit à sonner.
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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Mar 1 Sep - 23:50

Le soleil se levait à peine sur Prague lorsque que Čapek me réveilla. Ensemble, nous avions traversé la vieille ville de Prague dans l’ombre bienveillante du château. Cette ville était tout à la fois du moyen âge et de la renaissance, les chanoines et les savants se côtoyaient, les masures médiévales s’appuyaient sur les hôtels flambant neufs. Même si ce n’était pas la concorde, la ville semblait malgré tout sereine.

- Ou m’emmènes-tu de si bon matin ?
- Voir quelqu’un pour qui le jour et la nuit n’ont plus de sens…

Cette réponse ne me plaisait guère. Cela ne faisait que quelques semaines que j’étais rentré de l’umbra, j’étais toujours très agité et suspicieux. Mais la raison repris le dessus, j’étais avec Čapek, il ne pouvait rien m’arriver de grave tant l’homme n’était pas genre à chercher les ennuis. Je décidais donc de me détendre autant que possible et de profiter de la légère brise qui chassait pour un temps les odeurs nauséabondes qui flottaient dans l’air.

La matinée aurait été parfaite si je n’avais remarqué les deux balourds qui nous suivaient depuis notre départ de l’auberge. J’avais cru au début à quelques pickpockets mais les précautions qu’ils prenaient pour ne pas nous approcher trahissaient des motivations bien différentes d’une simple rapine.

- Čapek, des gens nous suivent.
- Tu te fais des idées voyons…
- Je préfère en avoir le cœur net. Continue ton chemin, je te retrouverais.

La réponse de mon ami se perdit dans la foule, j’avais déjà disparu. Le temps de changer le coté de ma cape et de déformer mon chapeau, j’apercevais déjà un de nos poursuivants bientôt rattrapé par le second. Ils discutèrent quelques instants, semblèrent hésiter sur la suite qu’il fallait donner aux événements puis ils se séparèrent, l’un partant à la recherche de Čapek, l’autre chargé de me rattraper.

Je changeais quelque peu de carrure. L’homme cherchait un aventurier au pas décidé portant cape noire et chapeau élégant et lorsqu’il passa devant moi, j’étais plié en deux comme un infirme, ma cape était brune et les bords de mon chapeau pendaient comme sur un chapeau trempé. Il marchait d’un bon pas, persuadé de m’avoir perdu, inconscient que je le suivais maintenant de très prés. La place était couverts d’étals, les gens allaient et venaient au gré des chargements. Je devais conduire mon poursuivant dans une ruelle pour l’interroger. Je vis sur la droite de la place un lourd chariot transportant des légumes. Je m’approchais de la rue et quand le chariot démarra, je me mis à traverser en claudiquant. Le cocher jura, fit une embardé et alla renverser un étal de tissus. A la stupeur, succédèrent les cris puis l’attroupement et les vociférations des marchands. Je profitais de la distraction pour contourner la foule. Mon chaperon, comme je l’avais prévu, s’approcha pour regarder l’accident. Je tirais mon poignard, m’approchais doucement de lui et collait la pointe acérée dans le dos, entre les cotes. Surpris, l’homme sursauta.

- J’ai déjà un guide monsieur… pourquoi me suivez-vous ?
- Vous allez me tuer ?
- Non. Si je le voulais, tu serais mort sans t’en rendre compte. Mais il y a trop de bruit ici, allons parler dans un coin plus tranquille.

Je pressais le poignard contre le dos de l’homme qui ne demanda pas son reste. Il ne tarda pas à bifurquer dans une ruelle infâme envahie d’épluchures et d’excréments.

- Alors mon petit monsieur, si vous me disiez pourquoi vous me suivez ?
- Vous n’êtes pas la bienvenue ici !
- Tiens donc… et pourquoi ?
- Fuyez tant que vous en avez encore la possibilité. Nous avons déjà été très cléments.
- Oui ca je l’ai compris. Et si tu me disais qui t’envoie tiens !
- Je ne dirais rien de plus ! partez ou mourrez !

L’homme porta la main à sa poitrine et avant que je puisse faire quoique ce soit, il activa un mécanisme. L’homme se tordit bientôt de douleur avant de prendre de feu. De l’intérieur. Je ne pus que regarder la chose enflammer traverser la ruelle en hurlant avant de disparaitre dans la Vitava.

La violence me suivait, l’odeur de la chaire brulée emplissant mes narines me rappelait l’umbra… l’armada… et beaucoup d’autres batailles. Etait ce naïf que d’espérer vivre loin de tout cela ?

Le bruit de la garde s’approchant de la ruelle me fit sortir de mes réflexions. Je grimpais sur un balcon, sautait sur le petit toit d’un préau et retombait dans la rue, disparaissant dans l’agitation de la ville. Pas de doute, tout ceci sentait la main de fer.

Je me hâtais de rejoindre Čapek, de peur qu’il ait fait une mauvaise rencontre. Il était certes aussi âgé que moi mais, si ses talents de cuisinier ne pouvaient être remis en cause, il n’en était sans doute pas de même pour ses talents de mage. Alors que dire de ses talents de combattant… Mais après quelques minutes d’une marche inquiète, je le retrouvais en train de faire les cent pas devant une masure à la façade de bois.

- Tu n’as rien ? demandais-je
- Non pourquoi ? tu as été bien long… que s’est il passé ?

Vaclav n’avait pas été importuné. Le poursuivant l’avait il perdu dans la cohue ou avait il décidé qu’il l’avait suffisamment suivi, dans tous les cas, il avait dorénavant disparu.

- Tout va bien ? me demanda Čapek alors que je regardais partout autour de nous
- Oui. Tout va bien. Rentrons.

Persuadé que d’une manière ou d’une autre on nous observait encore, je fixais la rue et les balcons et il fallut que l’énorme pogne de Vaclav se referme sur mon épaule et me pousse pour que je me décide à rentrer dans la masure branlante.

L’endroit était sombre, poussiéreux. Il sentait la maladie. Un homme portant un voile sur le visage s’approcha de nous et inclina sa tête en guise de salut.

- Chtěli bychon vidět Jan Ruze, dit Čapek

L’homme se tourna. Le voile recouvrant son visage se souleva légèrement et je compris pourquoi l’homme ne parlait pas. Sa bouche et sa gorge avait littéralement fondu. Un tel état ne pouvait être du qu’a la magie. Čapek saisi mon regard.

- C’est un hospice pour les victimes de la magie… entre autres.

C’était un lieu sinistre, au plancher grinçant, constitué d’une seule grande pièce au rez de chaussé et d’une mezzanine sur le pourtour qui faisait office d’étage et par lequel on accédait a des chambres. Le guide silencieux nous fit monter l’escalier, les portes ouvertes laissaient entrevoir des amas de choses autrefois humaines. Les râles, les gargouillis et les lamentations étaient les seules paroles qui s’échangeaient dans cet endroit.

Le guide fit halte devant une lourde porte et nous fit signe d’entrer. Je me demandais bien quelle horreur pouvait se terrer derrière cette lourde porte de bois et d’acier. La porte se replia sur ses gonds huilés sans un bruit laissant apparaitre une salle plongée, elle aussi, dans l’obscurité. La pièce était envahie d’objets astronomiques couverts de poussière et les bibliothèques, qui croulaient sous le poids des grimoires, ne semblaient plus consultées depuis longtemps. Une odeur de moisissure et d’encens émanait de ce que je pensais être le bureau d’un mage. Čapek me regarda perplexe, attendant de voir si j’allais pénétrer dans cette alcôve pourrissante. Comprenant qu’il ne ferait pas le premier pas, je fus le premier à rentrer.

- Qui donc viens me rendre visite ? dit une vois dans les tenebres. J’espere que vous ne venez pas me tourmenter.

La voix s’exprimait dans un latin medieval complexe et denué d’elegance. Nous nous approchions avec precaution de l’endroit ou emanait la voix avec l’impression que le moindre choc avec un objet suffirait a reduire l’ensemble de la piece en poussiere. Finalement c’est devant un siege de bois sculpté au dossier haut que nous fimes halte.

- C’est Vaclav Čapek

Mon ami n’avait jamais pu se debarasser de son accent chantant qui indiquait qu’il venait de boheme.

- Ah mon cher Vaclav… Il y a bien longtemps que tu n’es pas venu me visiter… depuis que je suis la en fait.
Emergea des tenebres une gargouille perché sur le siege de bois. L’homme sans age qui se dressait devant nous avait du, dans un temps ancien, faire tourner bien des tetes. Aujourd’hui ses cheveux gras, filasses et clairsemés degringolaient en quelques boucles sur ses epaules fragiles. Des croutes et des plaies couvraient ses mains et ses joues ornées de quelques touffes de poils. Sa grande bouche édentée claquait mais l’élément le plus marquant de ce sinistre tableau était sans nul doute les yeux mutilés de l’homme… qu’il ne tarde pas à couvrir d’un tissu décoré d’un œil.

- Habituellement je ne reçois pas les visiteurs. Je n’ai aucun gout pour mes semblables. Les habitants de Prague sont des… Sa bouche se tordit dans une immonde grimace. Mais Marek semblait penser que c’était important. Il ne t’a pas reconnu Vaclav, excuse-le.

- Mercurio, laisse-moi te présenter Jan Ruze. Jan voici…

- Oh je sais très bien qui il est. Mes oreilles sont grandes. Il faut bien cela pour compenser la perte de mes yeux n’est ce pas ? C’est un plaisir de rencontrer un explorateur de l’umbra.


Je ne sais ce qui était le plus effrayant, son visage difforme ou ses manières. Il semblait pouvoir passer du rire à la colère en quelques instants. En tout cas, ses oreilles allaient vraiment loin.

- Cependant je ne peux pas dire que je sois heureux de vous voir. Vous semblez attirer les ennuis, certains diraient l’histoire… or moi je fuis tout cela. Quelles sont les raisons qui peuvent pousser un aventurier et son ami aubergiste à venir visiter mon hospice ?
Une fois encore, l’homme tentait de se montrer courtois mais il exsudait tellement de haine et de rancœur de lui… Il semblait la cause du pourrissement de cet endroit.

- Mon ami Mercurio aimerait fonder une sorte de laboratoire scientifique… J’ai pensé que peut être… Comme vous êtes le meilleur ingénieur de la ville… et qu’il aurait besoin d’un parrainage…


Les mots de Vaclav moururent dans sa gorge alors qu’il baissait les yeux comme un enfant qui aurait quelque chose à demander. La présence du vieil homme était réellement oppressante. Tout à coup son visage se crispa.


- Si je fus le meilleur ingénieur de la ville, c’était il y a bien longtemps. J’ai transmis tout mes secrets, j’ai construit un chef d’œuvre de science avec l’horloge et comment m’a-t-on remercié ? en me crevant les yeux et en me brisant les mains !

Le vieil homme exhiba devant nous les deux moignons crochus qui étaient autrefois ses mains.

- Alors, dites moi pourquoi je dois vous aider Maester ?

Je senti tout sa conscience se river sur moi. L’homme attendait une réponse. Inutile de lui mentir, il fallait jouer franc jeu.

- Qui donc vous a mutilé de la sorte maitre Ruze ?

- Qui ? mais c’est la ville qui m’a récompensé de la sorte ! Pour que je ne puisse jamais plus construire une horloge pareille a celle de Prague ! C’est la ville qui m’a brulé les yeux de leurs fers rouges ! Ce sont les chevaux et les voitures de la ville qui sont passés sur mes mains pour les briser ! Et le tout sous les encouragements de cet homme en armure… Fritz…

- WORM !

- Tiens… vous connaissez ce nom ? dit le vieux sur un ton suspicieux.

- Nous nous sommes affrontés à plusieurs reprises. Je connais les projets fous de cet homme. Pour lui, la science et la technique qui en découle ne servent qu’à asservir l’homme. A le limiter. Ce ne sont que des chaines supplémentaires que les amateurs de progrès qui peuplent notre temps et les siècles à venir se passent autour du coup avec allégresse. Pour ces hommes, science et technologie sont un carcan alors qu’elles devraient être la béquille qui soutien l’homme dans son ascension. Non pas une ascension religieuse mais une ascension de notre propre nature. La science n’a pas pour vocation d’être un bel herbier ordonné, elle doit aller dans toutes les directions, tout explorer, dans ce plan d’existence qui est le notre. La technologie qui suit de près la science doit quant à elle aider l’homme dans sa vie du quotidien…

-oh vous parlez bien monsieur… la leçon semble bien apprise et je suis sur que ce n’est pas la première fois que vous tenez un tel discours. Mais vos mots ont du sens néanmoins… Toutefois c’est aux actes qu’on reconnait la valeur d’un homme pas a ses mots. Les gens parlent et parlent encore… ils ne font que ca… Mais ils n’agissent jamais.

- Et si je vous rendais l’usage de vos mains maitre Ruze ?

- Et pourquoi feriez-vous cela ? simplement par bonté d’âme ?
Retenti alors un cri dans la rue.
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