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 Lettre d'Isidore de Séville à ses correspondants

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MessageSujet: Lettre d'Isidore de Séville à ses correspondants   Ven 8 Mai - 14:47

Chers amis,

Nous avons correspondu pendant plusieurs années et même si nous ne nous sommes jamais rencontrés, je nous considère amis.
Vous le savez, je me voue à l’étude de l’alchimie de toute mon âme et ce depuis de nombreuses années.
Mon but est la pierre philosophale, qui ne consiste en nulle concupiscence personnelle, mais doit mener l’humanité sur le chemin de la concorde et de la paix en des temps ou la violence des puissants, le fanatisme religieux et l’avarice bourgeoise conduisent le monde à sa ruine.
Depuis le XIIème siècle et la venue du grand Averroès, dont je suis un disciple, une fracture existe dans l’âme humaine.

Nous autres, Averroistes nommons cette déchirure métaphysique « la double vérité ».
Cette théorie nous révèle que les vérités révélées par la foi et l’autorité due aux seigneurs et aux prélats entre parfois en contradictions avec celle, plus expérimentale observée dans le monde et déduite au moyen de la raison.
La terrible querelle magique de notre temps entre traditionalistes et dédaliens est une conséquence directe de la double vérité.
Aux traditions, l’héritage des anciens, l’autorité et la révérence qui leur est due.
Aux dédaliens, la promesse d’un nouveau monde illuminé et révélé par notre raison.
A la frontière entre les deux, le gentilhomme, l’humaniste, fidèle aux anciens mais tolérant anvers les modernes.
Si nous n’y prenons garde, cette querelle philosophique puis magique deviendra une guerre, puis une croisade terrible et impitoyable qui écrasera les dormeurs sous son joug.

C’est cette sombre prophétie que je veux à tout prix éviter.
Depuis 50 années, j’œuvre à la réalisation de cette pierre philosophale.
Comme je parvenais au terme de mon grand œuvre, la porte de mon laboratoire a été enfonçée par les familiers de l’inquisition ; mes alambics ont été brisés, mon athanor étouffé, mes grimmoires précieux brulés.

Et j’ai été mené devant l’inquisiteur.
J’ai pu constater la miséricorde divine quand après un interrogatoire inique, ma chair âgée a été soumise au supplice de la question.
Mais ma volonté aguerrie par clinquantes ans de recherche ne m’a pas trahi et je n’ai pas révélé le Secret.
Je ne crains plus la mort ; en revanche je souhaite que mon œuvre ne connaisse pas l’oubri et me survive, comme une promesse de réconciliation entre anciens et modernes.
Je veux vous faire les légataires de mon œuvre, en remerciement de ces correspondances qui nous ont unis.
Par dela mon modeste présent, je souhaite que ce rève d’une magie réconciliée ne s’éteigne pas avec moi ; et si j’en crois nos échanges passés, je pense que c’est aussi votre vœu.

Avec toute mon amitié,

Fraternellement,

Isidore de Séville
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MessageSujet: Re: Lettre d'Isidore de Séville à ses correspondants   Ven 8 Mai - 15:05

Un peu de background pour ceux que ça intéresse :

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/phlou_0776-555x_1931_num_33_30_2612

https://fr.wikipedia.org/wiki/Averro%C3%AFsme


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MessageSujet: Re: Lettre d'Isidore de Séville à ses correspondants   Jeu 14 Mai - 20:51

Testament d’Isidore de Séville



Au début était le Verbe, l’Idée.

Celle-ci quand elle est conforme au réel est une incarnation de la vérité.

Elle devient dès lors aussi coupante que du diamant.

Car notre époque a substitué le langage de la Vérité à celui de l’Autorité.

Comme le disait le divin Protagoras, « l’Homme est la mesure de toutes choses ».

Nous ne devons plus recevoir les vérités révélées, sans les examiner à la lumière de notre entendement, de notre intelligence, de notre cœur.

Personne ne peut vaincre une idée. On peut détruire son porteur, mais tant qu’il demeure une âme de bonne volonté pour la propager, elle survit.

Luther a ainsi montré aux croyants, que ceux –ci peuvent se passer de l’autorité du clergé, et que chaque chrétien est le pasteur de sa conscience propre qui peut lui faire envisager le bien fait de ses actions sans le secours des prélats, des indulgences, des confesseurs.

Car chaque homme abrite en lui une image de l’entière condition humaine, qui doit lui permettre de régir seul son existence sans le secours des princes et des prélats.

De la même façon, voit-on dans le Saint Empire de pauvres gueux, las de se courber sous la férules de leur seigneur et désireux de prendre en main les rênes de leur propre existence.

Nous n’avons plus besoin des sceptres et des couronnes. Ceux-ci nous ont trop longtemps asservi, terrorisé. L’obscurantisme de l’inquisition, la violence des compagnies mercenaires et la cupidité vorace des bourgeois ont trop longtemps prélevé leur dîme parmi les simples.

L’imprimerie est une invention incroyable, pour peu qu’on la mette au service de l’instruction et de l’émancipation des peuples. Ceux-ci bientôt se sentiront suffisamment assurés pour vouloir régir leur destinée seuls, sans l’aide ni le secours de parasites qui prétendent agir au nom de Dieu ou du peuple.

Nous autres mages ne sommes pas meilleurs que les anciens oppresseurs. Nous nous sommes drapés dans notre verbe, notre sagesse, nos pouvoirs et nous considérons comme la meilleure part de l’humanité.

Par ce que notre péché est plus grand encore que celui des souverains et des prélats, notre chute sera plus sévère encore.

Quand nous réaliserons qu’une République magique est possible et que l’éveil n’est pas réservé à quelques uns, nos magisters, nos archimages, nos primus pousseront un grand cri d’épouvante, terrorisés à la simple idée de perdre l’emprise qu’ils ont sur leurs apprentis et familiers.

Pourtant, reclus dans leur tour d’ivoire, nos puissants ne sauraient lasser leur chausse ou desservir leur table sans l’aide de leurs pages et serviteurs occultes.

Car je le clame haut et fort, le don ne sera plus bientôt l’apanage de quelques fous, mais une simple faculté accessible à tous ceux qui en montrent l’envie et la détermination.

Quand la science merveilleuse et la magie œuvreront de concert, elles nous montreront une image inédite du cosmos. Dès lors ces visions célestes, jusqu’ alors réservées à quelques uns seront accessibles à tous sans effort.

La magie disparaitra d’elle-même le jour de son accomplissement. Sa réalisation dans le monde la rendra elle-même inutile, et se diffusant dans le monde et les hommes, elle ne fera plus qu’un avec le cosmos.

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MessageSujet: Re: Lettre d'Isidore de Séville à ses correspondants   Sam 23 Mai - 16:35

Testament d’Isidore de Séville :


Je ne suis pas l’homme que j’aurais souhaité être.
Je dus vite constater, dès mon jeune âge, que la Fortune ne s’était que très médiocrement penchée sur mon berceau. Je n’avais ni un physique avantageux, ni une vigueur d’athlète. Mon esprit n’avait pas les illuminations de savants, des artistes qui savent par leur œuvre immortelle faire oublier la finitude de la condition humaine.
Je me trouvais médiocre en de nombreux points, plein de failles, de travers qui me répugnaient horriblement.
J’en vins à détester ces défauts, qui occultaient mes modestes et parcimonieuses qualités.

Les hommes nourrissent souvent au contraire une image d’eux surestimée. Erasme nous dit que c’est sans doute une bénédiction de la folie que cette forme d’insouciance, d’ivresse qui fait passer aux yeux de la multitude des défauts pour des grâces.

Quand à moi, loin de goûter la douce béatitude du mensonge et de l’oubli, je me lamentais en permanence et en secret sur le piètre individu que j’étais.
J’aurais rêvé au contraire d’être un Hercule, un Alexandre pour les exploits ou un Aristote, un Platon pour l’esprit.

Je décidais vite de me tourner vers mes contemporains. On louait les immenses qualités de certains ; je me décidai de me faire leur disciple. Je voyais bien que les femmes tombaient en pâmoison, les hommes en admiration ou jalousie devant l’exemple de ces nouveaux Adonis qui brillaient tant en société et rivalisaient en galanterie et répartie.

Autour de ces nouveaux olympiens que le renommée nimbait tout n’était qu’or et lumière.

Mais je ne goutai pas de cet enthousiasme. La nature m’ayant donné –parmi le lot trop rare de mes qualités – du don relatif de la perspicacité, j’examinai avec un esprit critique et sceptique ce que l’on me donnait pour admirable chez ces êtres exceptionnels.

La chute et la désillusion ne furent que trop brutale. A la lumière de mon entendement, de ma raison, de mon expérience je découvris vite que ces êtres qui excitaient tant l’admiration des foules étaient en grande partie vains et superficiels.

Je leur posai des questions sur le sens de la vie, sur la condition humaine. J’étais comme Socrate trop conscient de ma propre imbécillité pour ne pas tenter de chercher la sagesse chez ceux que l’on me donnait pour exceptionnels et accomplis.

Las ! Les réponses qui me furent données étaient stupides, insipides. C’est comme si la Fortune avait gâté le sens commun de ceux que j’admirais et idolâtrais.

Je tombai dans des abimes de perplexité. J’attendais de ces Phébus, de ces Dianes, de ces Appollons qu’ils me montrent le chemin de la vertu, un exemple que je pourrais suivre. J’étais prêt à les suivre aux portes de l’Hades pour devenir meilleur et j’aurais suivi leur commandement, leur autorité quels qu’ils fussent.

Je découvris donc qu’ils n’étaient pas meilleurs que moi, malgré le faste et la dorure qui entouraient leur existence et que ma quête d’apprentissage en leur compagnie était vaine.

Au contraire et mystérieusement, chez les simples, chez les ignorants et les impotents, parfois des fulgurances jaillissaient. Je compris que ceux-là étaient meilleurs que les premiers.

J’aurais pu me mettre à leur apprentissage, mais leur simplicité, leur justesse ne pouvait être imitée. Je ne pouvais me faire leur élève.

Je vis bien vite que dans chaque être il y avait un mélange de grâces et de travers, véritablement inextricables comme le nœud gordien qu’Alexandre dut trancher de son glaive pour ne le pouvoir démêler.

Et toujours sur moi pesait ce terrible aiguillon, cette conscience de ma finitude et de mes travers qui comme les Bienveillantes de la tragédie grecque me tourmentait.

Pourtant la Fortune m’avait donné avec la perspicacité l’obstination.

Je commençai dès lors à entrevoir que l’homme que je n’étais pas, je pouvais au moins partiellement tenter de le devenir par moi –même et sans le secours d’un mentor.

Comment un tel prodige est-il possible me demanderez-vous ?

Je crois que le divin Pic de la Mirandole nous enseigne assez bien sur ce sujet.

Les hommes sont comme des pierres imparfaites, des diamants bruts. Il est nécessaire de les tailler, de les sculter en permanence comme jadis Praxitèle ôtait de la pierre Athènienne toutes ses imperfections pour en faire des silhouettes presque vivantes et qui eussent fait honte à Pygmalion.

Mais cher lecteur, par quel outil prodigieux, me demanderez-vous peut-on ainsi sculpter le corps, l’esprit et l’âme pour le faire à la semblance des dieux, un véhicule de la grâce ?

Avant de vous répondre je vous dirai ceci. La fortune aime parfois nous jouer des tours et nous faire passer pour défauts ce qui peut devenir une qualité.

Ainsi mon sens critique envers mes défauts, qui m’avait causé tant de tourment jursqu’alors devenait mon meilleur allié.

C’est bien par ce que je percevais mes travers et que ceux-ci m’étaient intolérables que je pouvais, que je souhaitais les gommer.

Mon intransigeance devenait mon arme. Je décidai dès lors de livrer mon corps, mon esprit et mon âme à des exercices permanents afin de les améliorer, les fortifier et de combler les failles de mon tempérament.

Je ne vous dirai pas que ma quête fut couronnée de succès. Je ne vous dirai pas que celle-ci fut entièrement vaine. Mais je ne souhaite pas que vous perdiez toute espérance. La plus grande emprise que l’on puisse avoir est sur sa propre personne. Et je pus au moins en partie – me forger, me modeler, me façonner, non pas selon un modèle idéal, mais bien en découvrant les sciences et arts dans lesquels j’étais doué. Plutôt que de parvenir au pinacle de la condition humaine, plus modestement, je découvrais celui qui j’étais réellement et cette connaissance loin de me faire hurler de terreur et d’épouvante me réconcilia avec moi – même.

Ce parcours est ce me semble comparable à notre époque. Nous avons certes de grands monarques, de grandes éminences religieuses et des princes marchands bien pourvus, mais l’homme jusqu’ à présent n’a que trop cherché dans leur secours le sens de son existence.
Car en vérité, nous pouvons être notre propre seigneur en de nombreuses affaires ou notre conscience est seule juge. De même et sans le secours des prêtres, il nous est possible de prier Dieu et de communier avec le Divin.
Car chaque homme est la mesure de sa propre destinée et ne doit tenter de ressembler à nul autre exemple temporel ou spirituel, mais frayer au mieux son chemin, d’explorer la vie et ses mystères en aventurier, en conquistador.

Nous nous sommes trop courbés dans les châteaux et les chapelles et les banques. Comme l’enfant s’émancipe à l’âge de raison, les peurs enfantines de l’humanité doivent s’estomper. Nous ne craindrons plus le bourreau et les fosses infernales. Nous nous redresserons et prolongerons l’œuvre de notre créateur à la mesure de notre capacité. La stricte observation du monde et des hommes, la persévérance à vouloir démêler les secrets de la nature nous libéreront de cette peur terrible.

Dès lors l’humanité, réconciliée avec elle-même saura accepter les mœurs les plus étranges, les coutumes les plus lointaines, sans tacher de convertir ceux ou celles qui lui sont si étrangers à ses propres vues.
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MessageSujet: Re: Lettre d'Isidore de Séville à ses correspondants   Mer 10 Juin - 23:49

Lettre du masque:


Mes chers amis,

Quel meilleur moyen de vous remercier pour l’aide inestimable que vous apportez à notre société que de lever, même fugacement le voile qui entoure mon existence.

Vous le soupçonnez sans doute à présent : j’appartenais à une organisation que l’on nomme les artificiers.

Laissez – moi vous en dire un peu plus sur cette auguste corporation au sein de l’ordre de la raison :

Les artificiers ont pour fonction première, au sein des Dédaliens d’apporter la science merveilleuse au commun des mortels sous forme d’objets, d’artefacts, dont les hommes s’émerveilleront quelque temps encore, puis qui très vite rentreront dans les us et les coutumes de tous sans susciter d’émoi.

L’imprimerie, la boussole et la poudre sont le grand tryptique de notre âge. Si la dernière est parfois vue comme une invention diabolique, en ce sens qu’elle contribue à la mort de milliers d’hommes, les deux premières en revanches sont vraiment des inventions merveilleuses qui changeront la condition humaine. L’imprimerie ne particulier doit permettre à la multitude d’accéder au savoir et ce faisant de juger du monde et des hommes sans se référer à l’autorité des seigneurs, des prélats, des banquiers.

Un peuple émancipé par le savoir serait véritablement une chose incroyable. Capable de prendre des décisions intelligentes et raisonnées, il pourrait véritablement régir la cité par ses propres capacités, sans laisser des éminences spirituelles ou temporelles contrôler sa vie, sa destinée, son âme immortelle.

Je ne me méfie pas des Dieux. Non, tout comme Lucrèce, le disciple d’Epicure, je me méfie plutôt des prêtres qui prétendent seuls comprendre la volonté divine. Sans être Luthérien moi-même, ne peut-on accorder quelque prix à cette idée selon laquelle chaque conscience peut avoir une relation directe avec Dieu, par le secours du cœur et de l’intelligence et sans les fumées et les libations des prêtres.

De même, je ne me moque pas des nations. Mais les monarques qui pour accroitre leur empire excitent notre animosité et notre cruauté contre d’autres peuples, nous poussent au crime et à la guerre, ces monarques donc méritent-ils notre obéissance ?

Et enfin, que dire de l’avidité de nos marchands et baillis, véritables princes du denier, qui s’agenouillent sans cesse devant le veau d’or et qui sont prêt à toutes les compromissions et les bassesses pour accroitre leur fortune ?

Il existe au sein des artificiers un certain nombre de chapelles : les Vulcains forgent de nouveaux objets mus par la science merveilleuse. Les lions Resplendissants se concentrent sur l’alchimie, afin de lui ôter sa gangue magique et d’en faire une discipline mue par les seules lois de la raison. Les Pythagoriciens sont des numérologues, des mathématiciens et des algèbres géniaux, qui peuvent décrire les évènements non selon la physique d’Aristote mais selon un modèle théorique, parfait. Les fléaux sont vraiment et littéralement des artificiers. Ils manient la poudre et le feu sur le champ de bataille, assurant la victoire à toutes les armées modernes.

Toutes ces familles, ces cénacles me semblent également erronnées. Il manque à la science merveilleuse une qualité propre qui la rendra véritablement diabolique si elle ne l’acquiert bien vite. Je parle bien sur de la conscience, de la morale qui nous fait distinguer le bien et le mal de nos intentions, de nos actes et même j’insiste sur ce point des conséquences de nos actes.
Car la science ne doit pas être uniquement merveilleuse, elle doit être aussi étique. Sinon et plus le progrès et nos découvertes feront progresser nos techniques et savoirs, nous créerons une faille, une béance, qui deviendra considérable voire menacera la survie de l’humanité entre notre puissance décuplée par la science et notre sagesse forcément déficiente.

Car je suis très inquiet. Je vois bien que la science ne rend pas les hommes meilleurs. Les mêmes outils qui nous servent à éveiller et éduquer pourraient un jour abrutir et distraire uniquement nos sens.
On a vu ainsi les empereurs romains détourner l’ire de leur peuple avec du pain et des jeux. Et je tremble de ce qu’un monarque cruel, un despote pourrait obtenir, contre les peuples et avec le secours de la science. Le pire cauchemar serait qu’il gagne l’assentiment des siens grâce à la technique alors qu’il emploie toute son énergie à les détruire pour en retirer quelque bénéfice personnel.

Car l’éthique et la sagesse ne peuvent venir que d’une recherche personnelle et non de l’incitation de quelque professeur. Les hommes moraux n’ont pas besoin de lois. Ils ont les commandements de Dieu comme chevillés au corps en ne s’en départissent jamais, quand bien même il leur en couterait.
Au contraire et chez les hommes de peu de valeur, la loi fait office de leurs seuls interdits. C’est par ce qu’ils craignent le châtiment ou le déshonneur qu’ils respectent les commandements de leur prince. Mais que celui-ci vienne à défaillir dans son rôle de gardien de la vertu civique et ses sujets les plus frivoles ne se sentent plus redevables d’aucun interdit.

Il en va de même des commandements de Dieu. La crainte seul et l’obéissance ne suffisent pas à fortifier une âme. Lorsque celle-ci, pleine de certitude cesse de penser, de réfléchir, quand l’âme du dévot est pleine de certitude, il devient dès lors un sicaire, un fanatique et peut aisément tuer au nom de son Dieu, en toute quiétude et certain que les douces félicités du paradis l’attendent après son trépas.

Je vais être franc avec vous. Je pense que nulle science ne peut nous garantir d’agir vertueusement. Les commandements moraux qui procèdent souvent des commandements divins doivent être intériorisés et cela ne peut être obtenu sans une volonté propre et autonome de se forger soi même à l’aune de sa propre expérience, de sa raison, de son cœur.

Une telle démarche ne saurait être garantie par un cénacle mu par les seules lois de la science, même merveilleuse. Et j’ai compris que la science qui aspire à la connaissance au lieu de la sagesse se passera bien vite de l’émerveillement devant le monde et de l’adoration devant Dieu.
Que sera donc, dès lors une science qui ne cherchera plus qu’ à dominer le monde et ses créatures vivantes et à faire de l’homme un nouveau Dieu de la raison capable de dominer à son tour une multitude ?

Je crois que cette science nous conduira dans un nouveau gouffre qui nous engloutira tous.

Ce sont des réflexions comme celle-là qui m’ont conduit à douter des artificiers et de façon plus vaste de l’ordre de la raison. Si les traditions représentent le cœur de la superstition et si la science sera bientôt ce monstre froid que j’entrevois, il nous faut urgemment les réconcilier, soit réconcilier le cœur et la raison. Les juifs disent que la sagesse de l’amour est l’amour de la sagesse.

Je pense que la croisade des mages préfigure la croisade du genre humain. Il viendra un temps ou l’humanité aura le choix entre adorer des machines, des automates et se réfugier dans les ténèbres réconfortantes d’une nouvelle ignorance. C’est pour éviter ce cruel dilemme, qui sera finalement le glas de l’humanisme que nous avons quelque chose à créer.

Quelque chose que nous pourrons léguer, transmettre, bien après notre départ. A ceux qui n’ont pas de descendance, l’espérance de l’immortalité peut être obtenue par nos œuvres. On ne triomphe du temps que par sa descendance ou sa gloire qui est un autre héritage. Nous devons nous poser la question : quel monde laisserons-nous à ceux qui viendront dans 100 ans, dans milles ans.

Il ne nous appartient pas de sauver l’humanité. C’est la le rôle et la fonction des prophètes, des messies.

Mais j’ose croire que si un malin esprit se penchait sur les chroniques de nos vies futiles et éphémères, celles-ci bien qu’en parties inutiles pourraient lui donner quelque lueur, quelque espoir que tout n’est pas vain et qu’il nous appartient à tous de faire quelque chose qui dépasse le simple cadre de nos existences.

Quand à moi, j’ai déjà fait le sacrifice de mon corps dans ce dessin. Et s’il semble que je ne sois pas tout à fait humain, c’est bien par ce que j’ai conscience de ce que j’ai perdu, que je me battrai de toutes mes forces pour que l’humanité goutte encore longtemps des joies simples de l’existence que j’ai perdues.

Bien à vous,

Le Masque
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MessageSujet: Re: Lettre d'Isidore de Séville à ses correspondants   Lun 15 Juin - 17:06

L’humanisme.

Depuis longtemps déjà, j’essaie de trouver un sens à l’humanisme : quelle est cette cause pour laquelle nous nous battons ?

J’avoue ne pas avoir trouvé de réponse qui me satisfasse entièrement.


Dans l’antique Athènes, Platon déclarait sur l’agora : « L’homme est un animal sans plume ni poil ». La légende nous dit que Diogène entendant ses mots acheta un coq au marché et le dépluma. Puis il retourna à l’agora et jetant le coq déplumé aux pieds de Platon dit : « Voilà ton homme ».

Cette anecdote antique nous enseigne sur la difficulté, voir l’impossibilité de définir l’homme par des concepts.

L’homme est-il comme le pensait Aristote « un animal sociable » ou dirons-nous avec Protagoras que « L’Homme est la mesure de toutes choses ».

Nous voyons bien de chaqu’une de ses définitions qu’elle enserre ce qu’elle tente de définir dans un corset de concepts. Sans doute est-ce que l’humanité n’est pas une idée mais quelque chose qui se vit concrètement et que la philosophie finalement ne nous sera d’aucun secours.


On a vu des philosophes qui dissertaient merveilleusement sur l’Homme mais qui se comportaient concrètement à peine mieux que des bêtes.

Et ce n’est pas insulter l’homme que de le comparer aux animaux. Esiope nous montre bien dans ses fables que les travers et les caractères humains peuvent être aisément croqués par des figures animales.

Sans doute même, au-dela de toutes les disparités entre personnes, nos seuls points communs sont nos fonctions vitales (manger, boire, vivre) que nous partageons avec les animaux qui n’ont pas cette âme intellectuelle qui enorgueillit tant les philosophes.


A défaut de philosophie, voyons si la religion peut être de quelque secours.

Lorsque Ponce Pilate remit le Christ notre sauveur à ses bourreaux, il dit : « Ecce Homo », soit « Voici l’Homme ».

Le christ représente-t-il cette humanité parfaite qui s’est offerte en sacrifice pour le salut du genre humain ?


Le message des Evangiles est bel et bon, mais voyons ce que les hommes en ont fait. Partout et au Nom du Christ, dans l’ancien et le nouveau monde, que ce soit de la part des papistes ou des réformés, on voit des hommes qui au nom des écritures agissent ignominieusement envers leur semblable, les tourmentent, les tuent, les spolient de leurs biens et de leurs terres.


Si le Christ et le Vrai Homme, il nous faut dire que son exemple n’a qu’incomplètement inspiré les Hommes puisque ceux qui se recommandent de lui peuvent être quand le foi ou leur intérêt les y pousse si cruels, si monstrueux qu’on les dirait aisément inhumains.

L’inquisition me semble l’organisation la plus terrifiante, la plus injuste, la plus inhumaine qui soit, et pourtant elle exerce une influence considérable sur les catholiques, les poussant à bruler indistinctement juifs, maures, inverti, hérétiques ayant dévié du dogme ou femmes usant de recettes et d’herbes ancestrales.


Examinons maintenant si les réformés sont meilleurs que les papistes. La réforme représente une alternative remarquable en établissant une relation directe entre Dieu et ses créatures, sans l’intervention parfois despotiques de l’Eglise. Mais la violence terrifiante des réformés (le sac récent de Rome en est l’illustration) montre qu’ils ne se comportent pas mieux qui les catholiques et je préfère encore Erasme à Luther.


Tournons- nous à présent vers d’autres cultes et croyances. Les sarrasins ont en la personne de Soliman le magnifiques un monarque exceptionnel, que certainement la chrétienté devrait leur envier, mais on a vu la soldatesque Turque user de terrible façon envers les Hongrois, de frustration de ne pas avoir pu prendre Vienne en 1529.

Les musulmans ne sont ni pires ni meilleurs que les chrétiens. Ils ont leur conflit religieux, non pas entre papistes et réformés, mais entre sunnites et chiites. Ceux-ci ont été la cause de grands massacres. Les musulmans répondent à nos croisades par leur jihad et tuent autant au nom d’Allah que nous le faisons au nom du Christ.

Poussons nos regards vers le nouveau monde. Il me semble évident que nous agissons terriblement envers ces peuples en les privant de leurs Dieux, de leurs Terres, de leurs coutumes. Mais un regard attentif sur ces cultures lointaines montrera que celles-ci ne son pas exemptes de violence et d’avidité et que les aztèques pour prendre cette exemple sont un peuple militaire et impérialiste comme le furent les anciens romains et que leurs Dieux exigeaient de leurs adorateurs de gigantesques sacrifices humains envers les peuples qu’ils avaient soumis.


Nous dirons donc que ce n’est pas la Religion ou son expression la coutume qui rendent les humains plus humains. Bien au contraire elle semble emplir le cœur des hommes de certitudes qui les poussent à commettre les pires atrocités avec la confiance et la sérénité de celui qui agit vertueusement.


De la même façon on voit des peuples physiquement très contrastés selon qu’on aille en asie, en afrique ou dans les nouvelles indes. Ils ont souvent des accoutrements et une morphologie spécifique. Pour autant, notre couleur de peau blanche ne permet pas de conclure à un surcroit d’humanité. Au contraire, je dirai même que ceux qui pensent que les peuples à la peau d’ébène sont moins humains que nous, ceux qui commettent un tel jugement monstrueux me semblent parfaitement condamnable.


Et quand aux femmes, notre meilleure moitié, les gouvernantes de Venus, tout comme nous sommes ceux de Mars, la lucidité doit conclure qu’elle ne sont pas moins humaines que nous et que les peuples et les religions (dont la notre au premier rang) qui les traient mal agissent fort ignominieusement.



En résumé, je ne sais pas ce qu’est l’Homme.

J’ai vu par contre, que chaque fois qu’on a voulu le définir, on a usé de violence et de tueries envers ceux qui ne rentraient pas dans cette définition.


Si l’humanité n’était pas un état, mais un sentiment d’appartenance à un même communauté aimante ?

Si nous consacrions un peu plus d’énergie à nous entraider ?


Si nous développions en notre cœur, notre affection pour nos semblables, nos lointains ?

Si nous recherchions moins l’unicité que la multitude des comportements et des états.

Si les lois civiques et religieuses n’étaient plus au service d’un despote, d’un prélat, d’un banquier, mais de la grande communauté humaine ?

Si notre humanité nous poussait à éviter gratuitement d’infliger des souffrances aux autres êtres vivants, qui partagent avec nous la faculté de souffrir ?

Si Humains, nous devenions un peu plus humains au quotidien ?

Je n’ai d’autre ambition dans cette existence.


Bien à vous mes amis,


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MessageSujet: Re: Lettre d'Isidore de Séville à ses correspondants   Dim 28 Juin - 20:15

La nuit maculée.

Sans doute me suis-je nourri de rêves et de chimères trop longtemps.

Si l’Homme est notre religion, quels crimes commétrons-nous au nom de cette idole ?
Quels tribunaux instruirons-nous ?
Quels buchers allumerons-nous ?

Il viendra un temps –si nos idées triomphent –ou nos prochains ne seront plus tués au nom de l’hérésie, de la félonie, de l’usure.

Nous, nous leur enlèveront le statut d’humains.
Nous déciderons qui est rangé dans l’assemblée de l’humanité.
Qui doit en être exclu.
Qui doit en être éliminé.
Nous batirons une gigantesque muraille de honte et d’infamie.
Nous nous retrouverons entre trop humains dans l’enceinte d’imprenables citadelles.
Et les presque humains hanteront les ruines de l’ancien monde.

Fils de Prométhée, nous dressons la flamme de la raison et de notre industrie, notre ouvrage en nouvelle bannière pour illuminer le monde.
Ceux qui se dresseront sur notre chemin seront consumés par notre flamme et nos outils, nos instruments.

Nous ferons de la guerre même une science et nos armes tueront avec l’efficacité qu’avaient les anciens chevaliers, avec minutie et efficacité, mais sans courage, sans honneur.

Un impotent, ivre de ressentiment pourra menacer milles vies d’un déclic.

Si nous voulons que notre cause triomphe, nous devrons armer nos soldats.

Les soldats de l’Homme seront ceux qui impitoyablement éradiqueront toute trace d’inhumanité dans le monde.

Bientôt le monde sera entièrement transformé à notre image, une œuvre, un produit artificiel et les grandes cités qui sont à l’artifice ce que les forêts sont à la natures, ces cités donc accueilleront une multitude attirée par ses lueurs comme les phalènes par la flamme d’une fournie.
Trop humains, donc et traquant dans nos entrailles même le secret de notre humanité, disséquant le cœur et l’âme, réceptacles des passions et de la spiritualité sans y trouver la moindre réponse satisfaisante.

Et c’est dans nos instruments que résidera notre chute. Car c’est moins la flamme de Prométée que celle de Vulcain qui nous anime.

Nous serons bientôt à son image, incapables de marcher sans béquilles, incapables de nous passer de nos œuvres, de nos outils. Nous serons complètement tributaires de nos créations. Nous chercherons dans celles-ci la distraction qui effémine, le secret de notre condition. Nous leur abandonnerons notre destinée, incapables de supporter la vision d’un monde que les mystiques et les poètes ont quitté depuis longtemps.

La guerre d’ascension n’est pas une si mauvaise chose si on l’illumine de la sagesse d’Héraclite.

La guerre et son cortège de massacre et d’injustice sont la tension, la dynamique de l’histoire, qui font rentrer le destin des hommes sous le signe de l’inattendu, de l’imprévu. Le destin est sans doute cyclique, mais l’histoire ne se répète pas. Bien des conquérants portent le nom d’Alexandre. Mais l’épopée macédonienne du fils de Philippe ne sera pas réitérée.

C’est la victoire qu’il faut craindre, car elle annoncera la défaite d’un des 2 partis, celui des traditions ou de la raison. Alors l’humanité replongera dans le ventre réconfortant de nouvelles ténèbres ou s’immolera dans la lumière éblouissante du Tisserand et de ses enfants, les machines.
La guerre elle sera féconde, elle éclaboussera le monde de sang et de lumière, de gloire et de merveilles.

Il nous faut définitivement une armée pour faire jaillir notre idéal de la caverne féconde de notre esprit, le forger, le rendre réel.
Ce faisant nous deviendront à la semblance de nos ennemis, éclaboussés par le clair obscur.

Sinon nous contemplerons en spectateur la tragédie des massacres et des lamentations et la grande chevauchée des 4 cavaliers de l’Apocalypse, seuls Vrais Rois de notre monde.

Ex Tenebris,

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MessageSujet: Re: Lettre d'Isidore de Séville à ses correspondants   Ven 3 Juil - 21:38

Mes chers amis, mes frères en humanité.

Je vois que ma dernière lettre vous a troublé et a suscité de nombreuses réactions.

Je ne suis pas en train de fouler aux pieds Notre Idéal.

Au final, vos idéaux n’appartiennent qu’ à vous, selon la doctrine de Marc Aurèle et des stoiciens.

Vous ne devez laisser personne, pas même moi vous les arracher, car vos convictions dépendent de vous uniquement. La maladie, la pauvreté, l’affliction peuvent vous frapper, mais nul ne peut vous voler ce qui dépend entièrement de vous.

Plus qu’une simple maxime, plus qu’une conviction éthérée, vos idéaux doivent devenir un code de vie, une pratique, une ascèse.

Je n’aurai qu‘un commandement : que votre vie, vos actes coïncident avec votre conviction, vos idéaux.
Mieux vaut ne se tenir qu’ à quelques maximes, et ne jamais y déroger, les graver dans le marbre.

Je pense que je n’ai fait que vous précéder. Cette légende, cette épopée, cette quête est la votre. Je ne serai, au mieux, qu’un figurant dans le récit de vos aventures et de vos exploits.

Je pense que quand on cherche la lumière, il faut se confronter aux ténèbres.

Les petites ténèbres sont celles que j’ai placé sur votre parcours. Vous avez été les témoins du spectacle tragique de la condition humaine. Vous avez vu la noirceur humaine à l’œuvre, dans tout ce que la bassesse et l’ignominie peuvent imaginer. Vous avez vu comment le monde lui-même contribue et conspire à faire de notre existence un fardeau ou rien ne nous sera épargné.

Et puis il y a les grandes ténèbres, intérieures, ou vous serez confronté à votre propre noirceur. Celle-ci ne sera plus présente en dehors de vous, mais il vous appartiendra d’examiner avec lucidité si vos actes eux-mêmes, passés, présents et envisagés sont en accord avec notre idéal.

La fortune vous a doté tous de talents magnifiques et variés. L’art de la guerre et celui de l’amour. Les soins du corps et ceux de l’âme. Vous n’ y parviendrez pas seuls, mais bien en forgeant quelque chose qui vous transcende tous.

Quand j’ai laissé entrevoir que seule la guerre pourrait rendre réelles nos convictions, je vous ai heurté.

Allions-nous nous conduire comme des bourreaux, des oppresseurs, des tortionnaires au nom de notre idéal ?

La fin justifie – t – elle les moyens ?

Non, sans aucun doute.

Mais un guerrier qui se bat pour sa solde, qui commet rapines et meurtres pour en dépenser le fruit en ribaudes et banquets est perdu. Sa vie n’a pas de sens, ses combats sont le fruit de l’intérêt, des plaisirs ou de l’ennui.

Celui qui se bat pour une cause supérieure, celui qui jamais ne verse le sang quand d’autres options existent, celui- la mérite le nom de chevalier, de héros.

C’est moins en terrassant des démons qu’en défendant la veuve et l’orphelin de toute injustice et exaction qu’on acquière la véritable grandeur.

Si Dieu vous a donné le Don, la Volonté et le Désir de vous battre, chaqu’un avec ses propres armes pour vos idéaux, est-ce pour que vous en fassiez un sordide usage ?

Et puis, vous vous méprenez sur le sens que je donne au combat. C’est l’examen de conscience, le grand jihad, la recherche de la vertu et de l’honneur en toute chose qui magnifieront vos combats.

Je sais que je ne vous ai pas épargné.

J’ai tissé un fil que vous avez suivi vers les ténèbres.

Mais maintenant est le moment du grand courage. Nul armée ne se dresse devant vous en cet instant. Vous êtes devant le miroir poli qui commence à vous faire appréhender le sens de votre quête.

Vous devez devenir humain, vous forger à la semblance de votre idéal, vous métamorphoser, scruter votre âme à la recherche de toute scorie, imperfection.

Des héros invincibles ont fui d’épouvante à la simple vision de leur intériorité. Ils se nourrissaient d’illusions sur eux-même. Ou pire encore, ils se laissaient porter par la vie et ses vicissitudes, n’aspirant à aucune grandeur, aucune abnégation.

Vous êtes ce que vous faîtes. Chaqu’un de vos actes engage l’éternité. Il ne vous appartient pas de triompher des obstacles qui seront dressés sur votre chemin, mais de vous conduire avec honneur et noblesse intérieure en toute circonstance, même et surtout si la fortune vous est hostile.

Humains, soyez humains !


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MessageSujet: Re: Lettre d'Isidore de Séville à ses correspondants   Dim 5 Juil - 22:39

Poème de Jasmina, dame de compagnie d'Hourem :


Oh Divin Hallaj
Mon ami, mon frère.
Tu es à toi tout seul
La mesure du genre Humain.

Jusqu’ à mon dernier souffle,
Je ne cesserai de crier, de chanter :
Tu es la Vérité
Tu es la Vérité.

Chaque âme immortelle,
Prisonnière d’un carcan de chair
Est une goutte d’eau dans l’océan divin.
Et porte la Présence.

Tu es l’Amant, tu es l’Aimé.
Tu es le Feu, tu es la Soif
Tu es la coupe ou je bois le vin
Tu es le parfum ou s’enivre mon âme

Une femme viendra
Fille d’Adam, fille de Djina,
Elle ne connaîtra pas la Peur
Car l’Amour aura chassé toute crainte de son âme.


Son sang sera très pur
La métis d’humain et de djina
Elle descendra du Lion d’Allah,
Le Vrai Calife, le Grand Imam

Elle parlera pour tous,
Pas uniquement pour les Soumis,
Non pour le gendre Humain.
Elle arborera Zulficar

Elle suivra le Chemin des Batinis
En Terre des Franj,
Elle cherchera le Quram d’Ali,
La religion de lAmour.

Oh Fille d’Ismael,
Je veux murmurer à ton oreille,
Comme Jadis le grand Hallaj,
Tu es la Vérité !





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