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 Eclipse Phase Campagne II - Marcus Scriptor

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stan

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MessageSujet: Eclipse Phase Campagne II - Marcus Scriptor   Mar 18 Avr - 15:55

Il y avait d'abord ce chuintement caractéristique de l'incarnation, un bourdonnement sourd, primitif, le temps que les recepteurs auditifs se mettent en marche. Le bourdonnement de la naissance ou de la renaissance. Les capteurs se mettaient ensuite en marche, le noir le plus absolu laissant sa place au fugace blanc immaculé de l'éther avant d’être changé en une multitude de couleurs floues toutes droit sorties d'un prisme avant qu'enfin le monde soit révélé. La machoire se debloquait et des picotements parcouraient l'ensemble du corps. Tout ceci ne prenait que quelques nanosecondes et pourtant pour celui qui avait renoncé il y a fort longtemps à son véritable corps, ces sensations restaient étranges. Marcus Scriptor n'avait il pas passé près de 60 ans à se fondre dans d'autres corps afin de devenir quelqu'un d'autre, d'approcher au plus près sa cible avant de la tuer.

Fort heureusement, tout ceci était fini. Il ne sursautait plus, il ne brisait plus le miroir de la salle de bain lorsque, se croyant assailli par un ennemi, il apercevait son reflet. Le visage de Marcus Scriptor était maintenant connu de tous, étrange coup du sort pour celui qui pendant si longtemps avait été un homme sans nom et sans visage. Il était maintenant le directeur du renseignement de Solaris. Il allait sur les sites afin de gerer et de negocier avec les autres factions. Il n'était pas le plus beau, ses recepteurs empathiques n'etaient pas modifiés mais il avait pour lui cette aura que seul les hommes de l'ombre possede. D'un regard, d'un mot, d'une menace voilée, il pouvait changer la situation. Marcus était de ces hommes qui ne parlent jamais en l'air, de ceux à qui la mémoire ne fait jamais défaut.

Là encore, ironie du sort, en dépit de son hypermémoire, Marcus savait que sa mémoire avait été édité, en partie effacée. La question n'était pas de savoir ce qui avait été éffacé, la réponse était évidente quand on connaissait ses activités, mais plutot pourquoi? Pendant des années, il avait considéré cet état de fait comme normal mais depuis quelques temps ce besoin de savoir se faisait plus puissante, plus impérieux, il était comme une démangeaison dont on ne peut se défaire.

Après une douche sonique, Marcus alla enfiler son costume noir, ajusta sa ceinture et sorti.

L'affaire du jour concernait des ouvriers de la ligue de Tharse qui refusaient de travailler. Le leader, Klaus Reyes, un barsoomien en oxydé, avait pendant un temps trempé dans le trafic de pieces détachées. Rien de bien méchant mais suffisant pour se retrouvé quelques mois dans un tor pénitentiaire. Ce serait probablement suffisant pour faire pression sur ce "brave type".

Les hommes bons avaient la meme place que les pires des crapules aux yeux de Marcus, ils n'étaient que des rouages d'un ensemble bien plus grand. Pendant des années on l'avait envoyé redresser les rouages tordus. Il le faisait sans brutalité excessive, avec loyauté, honorant sa cible et lui offrant une mort la moins difficile possible mais de manière implacable.

l'avantage de prendre un assassin comme diplomate, lui avait dit un cadre de Solaris un jour, c'est que contrairement aux mondains des hypercorps, rien n’arrête un assassin dans sa tache.

C'était vrai... mais pour Marcus, les choses avaient changé. L'argent facile ou la réputation n'avaient jamais été une tentation pour lui et sa réputation d'incorruptible implacable l'avait conduit jusqu'au plus hautes spheres. Seulement maintenant il fréquentait des gens avides, peu soucieux de l'honneur, du bien commun... En s'approchant de Solaris, il avait été brûlé par la terrible réalité des hypercorps.

Marcus pouvait prevoir à l'avance les mouvements de ses concurrents, il savait gerer des reseaux de plusieurs milliers d'hommes, lever des populations, creer l'insurrection, mais il n'avait aucune reponse sur la marche tenue par Solaris. Et puis il y avait l'absence de l'adrénaline...

Les rues d'Olympus défilaient à travers les vitres de son véhicule de fonction.

Il se demandait souvent si Solaris possédait une backdoor dans son esprit, s'ils fouillaient ses reves... Il savait qu'ils essayaient de l'empoisonner... eux ou d'autres, son état de santé en était la preuve, mais il avait tout prévu! Son corps de spectre l'attendait bien à l'abri au cas ou Solaris déciderait de lui retirer son morphe et des sauvegardes de sa personnalité étaient stockées dans des baies secretes d'un tor tenu par des gens qu'on ne pouvait pas menacer. La paranoïa ne l'avait pas encore dévoré. C'etait ce qui finissait toujours par arriver aux hommes qui occupaient une place comme la sienne. Kalder Hong avait massacré une femme et son fils dans un moment de folie, Paul Swetika qui avait fait exploser son appartement, son immeuble, la moitié de la rue et lui ou encore Lucas Elder qui s'etait injecté un virus egotoxique afin de contaminer d'eventuels genehackers. Tous avait du etre enfermé dans un info-sanatorium, en realité une prison de Solaris dans l'infosphere.
Il arrivait qu'on les utilise lorsque l'on voulait faire passer un message ou qu'on voulait faire disparaitre quelqu'un de facon brutale et cruelle. Marcus avait lui même utilisé à de nombreuses reprises Arthur Watanabe mais il rechignait à utiliser ce genre de mesures.

Tuer, voler une pile corticale, faire pression sur quelqu'un, Marcus acceptait de le faire. Il n'y avait pas de beauté dans le meurtre en revanche il avait toujours ressenti une grande fierté à faire ce que d'autres, parce que trop faibles ou trop couards, refusaient de faire. C'était ce qui l'avait maintenu hors de l'eau toutes ces années mais depuis l'arrivée de son nouveau supérieur, Joseph Silis un larbin cupide qui ne s'encombrait pas d'éthique, la donne avait changé. A de nombreuses reprises, Silis avait fait relacer ces infosicaires avant de les perdre dans la nature. A chaque fois les affaires, qui avaient pourtant couté la vie de plusieurs personnes, avaient été étouffé. Marcus esperait qu'un jour prochain, le dernier étage finirait par lui demander de constituer un petit dossier sur Silis et qui sait, peut etre aurait il la chance de tenir le poignard qui acheverait ce monstre d'avidité.

Moulé dans un fauteuil ergonomique, Marcus prenait connaissance des nouvelles apportées par ses agents à travers le systeme solaire. Emeutes, mouvements de fond secrets, le quotidien en somme. A ce moment, il sentait une odeur d'ozone lui envahir le nez qui précédait toujours l'afflux de son implant de calcul. Les chiffres apparurent des qu'il ferma les yeux, les probabilités se dispersèrent dans toutes les zones de son cerveau.
Les chiffres, les données secretes, les mouvements, se rejoignaient pour former une carte du systeme solaire immense et unique. Dans le coeur de son esprit, l'univers semblait se doter de nouvelles étoiles, de nouvelles elliptiques. Tel un visiteur devant une peinture, Marcus ferma à nouveau les yeux. Il venait de penetrer dans son palais mental. Sa perception du monde se faisait sur plusieurs strates de conscience et de reflexion. Il voyageait à travers des chiffres qui n'existaient qu'au coeur de sa mémoire. Voila ce qui protégeait de tous les piratages. Les informations étaient un fleuve sur lequel il naviguait  sans peine, cherchant les reflux et les recoins de ce grand amazone mental.
Lorsqu'il était lassé, il remontait doucement les etages de la conscience. Il finissait par imprimer ses directives sur sa carte personnelle avant d'ouvrir les yeux. Tout cela ne durait que quelques instants.

Voila comment Marcus Scriptor voyait le monde.

Il se frotta les tempes et se leva. Il devait se rendre à ces negociations, des negociations dont il avait prévu l'issue il y a longtemps.

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stan

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MessageSujet: Re: Eclipse Phase Campagne II - Marcus Scriptor   Mar 18 Avr - 16:48


les touches, la couleur, le chaos du mouvement, la peinture était devenue obsolete à partir du moment ou l'image du mouvement avait pu être captée puis diffusée. Aujourd'hui les peintures en réalité augmentée, les holospheres, les oeuvres phéromonales dépassaient de loin le cinema en deux dimension... Pourtant, pas un de ces spectacles avancés n'eveillait d'intéret chez Marcus. Il préférait regarder sa toile. Pendant des heures, il se demandait quels secrets se cachait dans chacune des touches du peintre? Que laissait il de lui? Chaque nuance de couleur semblait être un éclat d’âme, c’était comme un message caché au cœur de la toile... Il pouvait y voir la tristesse, la rage, le désespoir du peintre... Il donnait temps de lui dans chacune de ses peintures, pas étonnant qu'il soit mort si jeune. Au coeur de son sanctuaire, Marcus se voyait parfois près de lui, Van Gogh.

Il était hollandais et exilé tout comme lui, contraint de quitter sa terre natale pour trouver l’espérance. Van Gogh ne l'avait pas trouvé, Marcus ne s'en rappelait plus. Il ne lui restait que peu de souvenirs de cette époque. Souvent, le mouvement des etoiles de la toile l'emmenait loin dans son palais mental. Il n'arpentait pas l'aile active mais l'aile abandonnée des souvenirs. Là, il se heurtait souvent à des portes fermées. Il entendait que l'on parlait derriere mais le contenu de ces discussions lui restait inaccessible.

Il commencait toujours le voyage par la salle Amsterdam.
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MessageSujet: Re: Eclipse Phase Campagne II - Marcus Scriptor   Jeu 20 Avr - 13:18

Amsterdam,sa ville. Il y était né, il y avait vécu pendant les premieres années de sa vie et il l'avait quitté à contre cœur afin de s'offrir une vie meilleure ; le temps passait, les souvenirs restaient tenaces. Mais pas douloureux. Non, repenser à cette époque était comme un baume...

Marcus était né en 2020 dans cette Europe en crise qui ne parvenait plus que difficilement à contenir ses élans nationalistes. L'ancienne Union Europeenne s’était écroulée lorsque la France en était sortie brutalement. N'avaient survécu que des vestiges d'accords locaux qui, ironie du sort, se trouvaient être essentiellement des accords économiques, ceux là meme qui venaient de tuer le projet européen. Les Pays Bas avaient fini par s'unir avec la Belgique et le Luxembourg dans une république des Flandres afin de ne pas être totalement broyé. Lorsqu'il repensait à la carte de l'Europe qu'il avait collé dans son cahier d'enfant, il souriait. Les Pays-Bas semblaient une notion aussi anachronique que les cahiers aujourd'hui...

Ses parents avaient fui l’Indonésie qui n'avait pu se protéger de la montée brutale des eaux du au changement climatique. Les Pays Bas avait su prévoir la montée des eaux en construisant de nombreuses îles artificielles au dessus du niveau de la mer et sensé mettre à l'abri le pays pour au moins cent ans. Ils s'etaient donc rendu chez l'ancien colon chargé d'espoir en un futur moins difficile.

Les parents de Marcus s’étaient alors installés dans un immeuble moderne, prêt à construire une nouvelle vie. Ils avaient rapidement donné naissance à des jumeaux : Marcus et Ada. Les dix premieres années furent heureuses pour Marcus, il grandissait dans une famille aimante, entouré d'amis mais ce qui frappait rééllement les esprits c'etait les liens forts qui unissaient les deux enfants. Les jumeaux ne se séparaient que rarement, l'un n'avait pas l'ascendant sur l'autre, ils se complétaient. Ce n'était pas le feu et la glace, ce n'etait pas le physique et le mental, c'etait une combinaison parfaite des deux. Alors oui, le parti nationaliste avait remporté le pouvoir en république de Flandres mais Amsterdam restait un atol de cosmopolitisme et le racisme restait assez rare.

Les choses avaient rapidement changées à partir de 2035. Les désastres climatiques avaient soudainement pris de l'ampleur, une ampleur que personne n'avait prévu et bien vite les polders se retrouverent innondés. On se mit à entasser les réfugiers climatiques sur ces iles artificielles et le petit paradis de Marcus et d'Ada muta en un bouge infâme et surpeuplé aux tensions sociales et raciales vivent, qu'un chomage de masse, dut a l'automatisation généralisée, ne fit qu'aggraver. L'ascenceur spatial, la medecine réparatrice, tout ca ce n'était pas pour eux.

A cette période, Marcus et Ada se soudèrent encore plus. La vie à la maison avait changé, leurs parents, qui par le passé avaient cumulé jusqu'à trois petits boulots pour vivre confortablement se retrouvaient aujourd'hui désoeuvré. Ils ne trouvaient plus leur place dans cette société hyperspécialisé, eux qui n'avaient fait que peu d'etudes et qui bien que venant d'une société traditionnelle et religieuse s'etaient adapté au mieux à leur nouvelle vie. Tous ces efforts pour rien ? Non, Marcus et Ada restaient loin de la petite criminalité qui gangrenait le quartier et séduisait de plus en plus de jeunes. Tel les deux hémisphères d'un meme cerveau, ils travaillaient et se montraient brillants dans leurs études afin de partir au plus vite des ces îlots corrompus.

Ensemble, Marcus et Ada passent leur diplôme de fin de secondaire puis entament leurs études universitaires. Là encore, leurs cerveaux brillants semblent traverser toutes les epreuves sans mal. Marcus avait toujours montré de grandes capacités cognitives mais elles explosèrent littéralement à cette période. Ada n'était pas en reste et rapidement on vint les recruter.

La salle Amsterdam se terminait toujours sur le moment ou Ada et lui exigeaient que leurs parents soient mis à l'abri dans une cité confortable de la Lune... Sans se douter qu'ils les suivraient dans très peu de temps.
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MessageSujet: Re: Eclipse Phase Campagne II - Marcus Scriptor   Jeu 20 Avr - 16:43

Les salles de ses souvenirs s'enchainaient comme autant de peinture dans un musée, instants figés dans une posture, unique note d'une symphonie plus vaste. De la période rose d'Amsterdam on passait les périodes bleues d'incertitudes de ses études, moment ou l'on se forge un caractere, une opinion, des valeurs. Puis on arrivait à sa période lunaire... Une période que Marcus abordait toujours avec un peu d'appréhension tant elle était le pivot de son existence.

« Monsieur Scriptor, vous êtes tres prometteur. Nous aimerions vous recruter pour un programme un peu spécial. Bien sur, vous pourriez y terminer vos études, vous seriez logé et un salaire confortable vous serait alloué. Alors qu'en dites vous ? »

Il revoyait toute cette scene. Le bureau vitré au sommet d'une des plus hautes tours de la ville, une photo panoramique d'une ile des bahamas, des cadres disposés derriere l'homme qui parlait, comme un témoignage de bonheur. Les photos étaient trafiquées. Non, retouchées. Le sourire plus brillant, le teins meilleur. Il se rappelait du costume de son interlocuteur, du vetiver dont il s'etait aspergé, de cette coiffure impeccable, de ces doigts manucurés.

Il se rappelait du speech parfaitement huilé du representant de l'hypercorp mais surtout il se souvenait de cette connexion qu'il avait eu avec Ada. Ce n'était pas de la télépathie, c'etait plus profond que cela, ils avaient su quoi répondre au meme instant.

Ils avaient souvent regardé les infopubs sur les résidences lunaires. On y assurait un meilleur train de vie, une existence reposante.

« je voudrais que mes parents soient logés dans un bel endroit. La lune si possible »

L'homme lui avait assuré un tarif préférentiel. Sa famille se retrouvait plongé dans l'exode une fois encore. Mais ne valait il pas mieux fuir la marée humaine qui s'appretait a fondre sur leur ilot de bonheur comme l'avaient fait ses parents 25 ans plutot ?

« Et quel sera mon poste exactement ? »

« Monsieur Scriptor, nous avons besoin d'analystes, d'esprits dotés d'une grande capacité d'abstraction et de synthese. Vous comprendrez que tant que le contrat ne sera pas signé, il me sera impossible de vous en dire plus. »


Il avait signé.

Que ce serait il passé s'ils avaient refusé ? Ou s'il avait signé seul ? Marcus se posait souvent la question, plus par jeu que par regrets et a chaque fois la réponse était la meme, ils auraient probablement été emporté par la Chute. En signant ce contrat, il avait offert a ses parents une fin de vie heureuse et confortable, il en était tres fier. Ils n'avaient pas souhaité etre scanné, ils avaient accepté la mort comme la fin de leur cycle.

Que penseraient ils du monde d'aujourd'hui ? Comment reagiraient ils en voyant qu'a 80 ans passé, leur fils avait le meme visage qu'au moment de leur mort.

Lorsqu'ils étaient arrivés sur la Lune, Ada et lui, la colonisation battait son plein. On n'y trouvait encore que des ingénieurs , des scientifiques et des soldats mais tout montrait que d'ici quelques années, les colons arriveraient enfin.
Selene etait un haut lieu de technologie, pour certains la lune representait plutot une zone de non droit, hors état et hors controle ou aucune éthique n'était respecté. Ada lui avait souvent dit qu'il n'était pas normal que l'espace appartienne aux hypercorps mais il avait toujours relativisé la chose. Il avait été hypnotisé par l'athmosphere des bases lunaires qui bruissaient toutes au rythme des découvertes. Pas une semaine ne passait sans que l'on progresse sur la fusion nucleaire, la physique quantique ou la terraformation. Quelle période exaltante ! Enfin l'univers était à porté de main de l'homme, lui qui durant toute son enfance avait entendu que ce pas de géant ne serait probablement jamais atteint par l'homme.

Mais passé les premiers souvenirs, tout se couvrait d'un sfumato qui deformait la réalité. Il se revoyait lui et Ada, des electrodes sur la tete en train de calculer, de prévoir un certain nombre d'evenements. Il n'avait pas souffert pendant cette période il en était sur mais il ne pouvait pas se rappeler distinctement des evenements. Les lettres FS revenaient partout, comme un filtre apposé pour eviter la lecture d'un videodisc. Quelqu'un, quelque part devait posséder le moyen de faire disparaître ce filtre mais il savait que le faire pourrait l'exposer plus qu'il ne le souhaitait.

Il se souvenait toutefois de grilles de calcul, il se rappelait avoir reflechit longuement, observé des écrans, généré des arborescences de réponses. Au fil des années, il était arrivé à la conclusion que pendant cette période lunaire, il avait probablement travaillé sur des projets d'IA. Il passait toujours rapidement devant ces souvenirs. « Des souvenirs flous » se disait il. La realité c'est qu'il souhaitait qu'ils restent flous.

Venait enfin une scene qui lui déchirait toujours le cœur. Ce n'était que des moments, quelques instants d'un souvenir vaporeux mais si fortement chargé en émotion qu'aucun filtre ne pouvait l'attenuer.

Ada. Elle semblait tellement en colère ce jour la. Ses yeux si doux étaient dur, son expression crispée. Elle serait des poings. Impossible de se rappeler le debut de la dispute. Elle avait découvert quelque chose.

« on ne peut pas continuer comme ca Marcus ! Ce que l'on fait ici est mal.

Il faut savoir se liberer de certaines contraintes pour avancer ! L'humanité a une chance de renaitre !

Ce n'est pas de cela que je te parle. Si nous n'y prenons pas garde, il ne sortira rien de bon de notre travail.

Nous ne sommes pas seuls, ils continueront avec ou sans nous !

Tu as raison... Mais c'est notre facon de penser que l'on copie Marcus. Ne penses tu pas que c'est notre devoir de dire ce qu'il se passe ici ?

On ne peut pas risque de tout perdre Ada. Tu as pensé a Papa et Maman ? On est peut etre à l'origine d'un changement de paradigme de notre espece ! »


Ces mots résonnaient, ses yeux se baissaient, ses épaules s'affaissaient. Pour la premiere fois, elle renoncait, pour la premiere fois leurs esprits se contredisaient.

Marcus restait parfois de longues minutes devant ce tableau. Il avait longtemps pleuré devant ce souvenir sans comprendre pourquoi, jusqu'à ce qu'il se rende compte que c'etait le dernier souvenir qu'il avait de sa sœur.
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MessageSujet: Re: Eclipse Phase Campagne II - Marcus Scriptor   Ven 21 Avr - 17:29


Marcus s'asseyait souvent apres la salle lunaire lorsqu'il ne filait pas directement vers son sanctuaire. Il n'aimait pas les salles qui venaient ensuite, elles ne montraient que souffrance, pas sa souffrance, il n'etait plus le genre d'homme à vivre avec ses fantomes, mais celle de la Terre, celle de ses semblables, et cela lui été intolérable. Et puis il y avait tant de portes closes, tant de souvenirs, des tranches parfois de plusieurs mois lui restaient inaccessibles. Mais cette fois ci, Marcus continua son chemin.

Quelques temps après sa dispute avec Ada, le programme s'était arreté. Personne n'avait pris la peine de venir les voir, ils avaient simplement recu un mémo. Ada s'etait mise a questionner Marcus, elle pensait qu'il y était pour quelque chose, que peut etre il était allez raconté ce qu'elle lui avait dit mais Marcus avait juré qu'il n'avait rien dit. Ce qui était vrai. Ada avait commencé a explorer l'appartement à la recherche de mouchards, elle avait acquis la conviction qu'ils étaient surveillés en permanence et que leur discussion avait poussé leur employeur à les mettre sur la touche. Marcus savait que, malgré ses dires, Ada ne supportait pas avoir été exclu, elle le vivait comme un echec.

Les choses ne tarderent pas a changer radicalement.

C'était un mardi. Marcus souris, un « mardi ». Les calendriers avaient perdu de leur magie, le temps n'etait plus gradué que par une succession de chiffres, les symboles du temps qui passent s'etaient érodés. Quelle ironie. On dit qu'une partie des Joviens avait essayer de conserver le calendrier grégorien... Sauf que Jupiter tournait autour du soleil 10 fois plus longtemps que la Terre et que les années duraient 618 semaines au lieu de 52, ce qui donnait 154 mois ou des mois de 51 semaines. Le probleme mathématique n'etait pas en soit insoluble, donner des noms à tous ces mois supplémentaires l'était. De toute facon, le temps ne voulait plus rien dire aujourd'hui.

C'etait un mardi donc. Vincent Ngai, un homme dépassant les deux metres, aux yeux hypnotiques et à la mine severe s'etait présenté chez eux.

« J'ai une proposition a vous faire » avait il fini par dire d'une voix semblant venir des trefonds de la terre, « votre programme s'arrete mais vos services ont été remarqué. Nous aimerions vous employer. »

Ada et Marcus s'était regardé.

« quelle serait la nature de notre mission ? »

« je ne peux rien vous dire pour le moment. Tout comme votre ancien employeur, nous souhaitons rester extremement discrets ».

Marcus avait capté le regard d'Ada, ce regard espiegle qu'il connaissait si bien. Celui qu'elle avait avant de faire une betise pour le plaisir.

« Navré » s'était empressé de dire Marcus, « nous sommes toujours sous contrat, il ne serait pas correct d'accepter ».

Le géant n'avait pas réagi, il s'etait contenté de donner sa carte puis il était parti. Pendant plusieurs minutes, les jumeaux s'étaient regardés comme pour se rassurer que ce qu'ils venaient de vivre était vrai. Avec le recul, Marcus s'amusait de sa decision. Qu'avait il espéré à ce moment là ? Que son employeur le garderait ? Qu'il trouverait mieux ? Seul ?

Il n'avait aucun souvenir de leur fin de contrat. Les jumeaux avaient repris conscience dans un appartement vidé avec pour seul explication, un simple mail. Conformément à leurs souhaits, ils quittaient le projet en cours et comme l'exigeait la procédure, leurs souvenirs, toutes les images et tous les termes utilisés pendant le projet était la propriété de leur employeur.

Comment d'écrire ce que l'on ressent la premiere fois que l'on est amputé de sa mémoire... C'est comme si l'on vous arrachait votre libre arbitre, votre liberté, c'etait comme une negation de vos choix et surtout cela nourrissait une sentiment de paranoia fort. Meme si aujourd'hui, tout ceci lui semblait ordinaire, Marcus avait vécu cette intrusion dans son esprit comme un viol mental. Il ne parvenait pas à se rappeler si il avait consenti à tout ceci.

Ada devint méfiante, suspicieuse et ils finirent par s'éloigner. Marcus postula chez Solaris, il fut accepter sans mal et Ada disparu.

Marcus passa bientôt devant des toiles marronnasses, vestige de son passage au service transferts et mouvements économiques de chez Solaris. Il avait bien tenté de faire la course avec les ordinateurs de son service, mais c'etait peine perdue, les ordinateurs étaient toujours à la traine.

C'est un appel d'Ada changea la donne. Il en avait la certitude, Ada était son ange gardien, elle l'avait toujours emmener ou il fallait qu'il soit. Il n'avait pas vu sa sœur depuis deux ans et son retour ne pouvait pas être anodin. Ils se retrouverent dans un café qu'ils aimaient.

Marcus regardait Ada fixement, c'etait sa sœur qui se trouvait devant lui et pourtant, c'etait une autre personne qui lui faisait face. Son regard avait changé, il avait perdu sa douceur, il était maintenant froid et déterminé.

« comment tu vas Marcus ? 

Tres bien. Bien. Ca va quoi...

et Solaris ?

Ecoute c'est super les mecs sont adorables, le service engrange des profits records, on me promet une promotion pour la fin de l'année !

Tu aimes vraiment ta place ? »

Il n'avait jamais reussi à lui mentir. Il tenta de soutenir son regard mais il souffla, il en était incapable.

« non, c'est affreux ! Si je ne trouve pas autre chose rapidement je crois que je vais devenir fou ! »

ils éclaterent de rire, poussant la serveuse, pourtant absorbé par un soap LX, à relever la tete.

« tu te rappelles de Vincent Ngai ? Bon apres... le truc... je l'ai appelé... »


Elle lui raconta tout en détails. Vincent Ngai était un recruteur pour une corporation spécialisé dans le consulting, la strategie et le renseignement economique. Du moins c'etait la partie officielle. La partie officieuse était plus sinistre, ils sabotaient des entreprises de taille moyenne pour laisser les plus grosses grandir encore plus. C'etait une autre époque. Il revoyait les yeux embrasés d'Ada, il ressentait encore son excitation quand elle lui avait dit qu'ils voulaient le recruter. Il venait d'avoir 30 ans, il pouvait encore esperer vivre 100 ans, une vie d'aventure s'ouvrait à lui.
La réalité fut tout autre. Il passa un an à apprendre son métier, a travailler ses talents, sa mémoire, son analyse. On lui appris a ouvrir des portes, à recruter des gens, à les rallier à sa cause et il faut avouer qu'il se montra brillant dans ce domaine. Il ne brusquait pas les gens, il ne les intimidait pas, il ne les faisait pas chanter, il les amenait à penser comme lui, il prenait soin d'eux.

Après cette année studieuse, Marcus fut envoyé sur Terre ou il rejoignit Ada. Cela faisait 10 ans qu'il avait quitté la Terre et celle ci avait bien changé. Les catastrophes climatiques s’enchaînaient alors que les ressources, l'eau potable, le pétrole, l'uranium, venait à manquer. Pour controler les populations, les états abandonnaient un à un leurs pouvoirs régaliens et se concentrait sur la sécurité et la répression. Il suffisait de marcher dans la rue pour sentir combien la tension sociale était forte, comme une piece envahie par le gaz qui menaçait d'exploser à la moindre etincelle, la société était au bord de la destruction... Et les jumeaux contribuèrent activement à lui faire un petit pas en avant.

Leur terrain de jeu, l'Europe tout entière. L'Europe etait une planche pourrie, ses entreprises peinaient a grossir comparées aux grands groupes chinois, américains ou indiens et pourtant la proximité et l'histoire partagée avait conduit ses pays à se recroqueviller sur eux-mêmes. Les entreprises allemandes et francaises n'etaient plus compétitives depuis longtemps mais on continuait a s'échanger des denrées à grand frais de part et d'autre du Rhin. Les clients de Marcus et d'Ada voulaient que cela change.

6 mois. C'est le temps qu'il leur fallut pour faire tomber deux des trois banques les plus importantes d'Allemagne. Ada fut recruté comme cadre, Marcus s'occupa des données, des mouvements de fond. Il ne fut pas difficile de trouver des preuves de la faiblesse de ces banques, depuis des années elles maquillaient leurs bilans. Ils n'eurent besoin que de quelques lanceurs d'alertes placées a des endroits clefs et les révélations soufflèrent les édifices comme des explosifs soufflent les fondations d'un immeuble.

A leur retour, ils furent recu par Vincent Ngai.

« tu magnifiques travail. Le client est ravi.

Ecoute Vincent, je crois qu'on a mal agi »


Marcus ne savait que trop bien ce qui se passerait. Les plus faibles seraient fragilisés. Encore. Et cela il le vivait mal. Faire des affaires, couler des clients c'etait du business pas de probleme avec ca mais faire trinquer toute une population, c'etait trop cher payé pour lui.

«Marcus, tu as bien agi, crois moi. Ces banques étaient des bombes à retardement, vous avez simplement accéléré le phénomene. Comme quand on arrache un pansement. Ecoute, notre systeme est malade. Il a un cancer... ou plutot des cancers. Tu viens de lui retirer une tumeur c'est tout. Tu viens de donner un nouvel apport de capitaux dans la région, c'est un cadeau que tu leurs fait, parce que tu sauves le systeme. Ce systeme qui nous a permis d'aller dans l'espace, de progresser en genetique. Tu es un chirugien. Nous ne sommes pas les méchants... Aller prends quelques jours de repos. A ton retour j'aurai quelque chose pour toi. »

Sur le coup, Marcus l'avait cru. En fait, il le croyait encore. Il n'avait pas mal agi, il n'avait fait souffrir personne, ce n'etait pas la méthode qui était mauvaise, c'etait le but. Il avait suffisament étudié l'histoire pour savoir que dans les machines infernales des sociétés aucun engrenage n'etait negligeable. Les siecles de l'humanité était couvert de petits hommes insignifiants qui appliquaient de bonne methodes à des buts odieux. Les hypercorps était aveuglée par leur propre puissance, des monstres sans esprit et sans morale qui ne pensaient qu'a manger et grossir comme tant d'ignobles léviathans.
Quelques semaines plus tard, Marcus était revenu de vacances.

« tu sais ce que c'est qu'un neurachem ? » lui avait demandé Vincent, « c'est un truc qui vient de sortir, un truc épatant. Bon tu sais que les reactions, les émotions, les capacités cognitives sont gérées au niveau quantique du cerveau et que chaque synapse est en fait un mini ordinateur. Eh bien avec le neurachem, on intervient directement sur une zone de ton cerveau afin de la booster ! C'est sur et c'est offert par la maison ! Tu penseras plus vite, tu pourras accumuler plus de données, te projeter a plus long terme. On veut que tu deviennes notre analyste en chef ».

Tout absorbé par ses reves de promotion et ivre de compliments, il ne s'était pas renseigné avant d'accepter. Il n'y avait rien d'anodin dans ces opérations et la vérité c'est qu'elles vous transformaient en légume dans 25% des cas.

Le reveil avait été difficile pour Marcus. Sa pensée s'emballait, il ne la controlait plus, ses perceptions étaient faussés, il reagissait trop vite. Il avait l'impression d'avoir vécu avec un demi cerveau pendant 30 ans, il devait tout réapprendre, re-coordonner ses mouvements avec son cerveau. Il vacilla quelques jours dans la folie, comme dans un trip au LSD et puis cette sensation s'estompa. Il lui aurait fallut plusieurs mois pour etre reellement prêt mais le temps, les employés des hypercorps n'en disposaient pas et il fut aussitôt renvoyé sur le terrain.

Il retrouva Ada, elle aussi avait été opéré mais elle semblait mieux supporter son nouvel état. Marcus quant à lui devint rapidement accroc aux antidouleurs. Le reste de ses souvenirs n'etait qu'un maelstrom flou de manigances et de brutalité.

Il fit tomber des entreprises et puis le jour ou son employeur le lui dit, il commenca a agir contre des états. Aujourd'hui, Marcus était conscient que comme beaucoup, il avait contribué a l'implosion de la société humaine, il avait sa part de responsabilité dans les guerres à venir... Il fut pris d'un frisson en pensant à la salle qui suivait, il demeura quelques instant sur le seuil puis bifurqua pour se reposer quelques instants dans son sanctuaire.
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MessageSujet: Re: Eclipse Phase Campagne II - Marcus Scriptor   Lun 24 Avr - 20:26

Quelle est votre analyse Marcus ?

Les keiretsu de l'alliance pacifique sont plus compétitives de 17%, Sunseeker atteint même 21% sur toute la tranche agro. J'estime une hausse de 2% sur le domaine pour l'année prochaine et une hausse généralisé de 0,1%. Mais à ce niveau chaque centieme compte...

Nous sommes arrivés aux memes conclusions...


Voila pres de deux heures que Marcus était coincé dans le bureau d'Emmanuel Echer à expliquer à des huiles les résultats de ses computations. Ils ne comprenaient rien mais tant pis, Marcus était bien payé pour ce métier, alors qu'a cela ne tienne. Ses clients se montraient inquiets face à la puissance que representait l'Alliance Pacifique.

En 2022, la Corée du Nord s'etait vu oblitéré de la carte par le grand frere chinois apres avoir déclenché de multiples tirs en direction du Japon et de la Corée. Les forces américaines en rentrait depuis la fin des années 10 n'avaient pu que contrer modérément les frappes. La Chine avait alors saisi cette opportunité de devenir la force majeure du pacifique. Ils avaient brutalement reagi en rayant Pyongyang de la carte a grand coup de supernapalm. Finalement les frappes nord coreenne n'avaient fait que peu de dommages, les habitants résidants dans les zones 3 et 4 de l'explosion furent activement soignés mais l'hegemonie de la Chine dans la région etait faite.

Il ne fallut que peu de temps pour que l'Alliance d'Or ne devienne l'Alliance Pacifique, regroupant le Japon, la Corée reunifiée et tout un cortege de pays voisins comme l'Australie, le Vietnam ou Singapoure. En quelques années d'immenses conglomérat d'entreprises, les keiretsu, chaebol ou gongsi se taillerent la part du lion dans la fabrication electronique et l'agroalimentaire. Aujourd'hui, ces groupes souvent appelés Gongsi, à cause du tropisme chinois, se developpaient à une vitesse fulgurante dans les domaines de pointes tel que la génétique ou l'espace. Sunseeker, la plus importante gongsi avait construit le deuxieme ascenseur spatial, elle avait crée le premier dock spatial ainsi que les premiers centres de loisirs en apesanteur à tarifs modérés pour sa classe moyenne.

« nous aimerions que vous vous rendiez dans l'alliance pacifique et que vous procediez à quelques ajustements ... »

Ils ne comprenaient rien. Ce n'était pas la gestion qui permettait aux gongsi de tout écraser, c'etait justement l'absence de gestion. Les multinationales et les multiplanetaires s'encombraient de RH, de morale, les gongsi se fichait de tout cela. Les employés des gongsi agissaient dans l'intéret supérieur. Depuis plus de 4 millénaires, la Chine était un empire ou l'individu ne comptait pas, il n'y avait aucune raison pour que cela change pour le millénaire à suivre.

Sa muse lui confirma qu'il pouvait procéder à la transaction. C'etait une technologie recente, un peu inutile pour lui mais ces proto intelligences lui permettait de s'organiser au mieux et ce n'était pas un luxe.

« Avez vous des points précis à examiner ?

Le centre spatiale de Geydan est une de nos plus grandes inquiétudes. Il semblerait qu'on y developpe des moteurs a fusion nucléaire... Jusqu'a présent, nous n'avons pu qu'approcher des resultats mais nous nous heurtons a un plafond de verre... Si cette technologie était découverte par l'alliance pacifique, les conséquences pour nous seraient terrible.

Cela prendra du temps. Ce sera cher.

Ce qu'il faudra directeur.

Au cœur de son palais mental, Marcus revoyait ce souvenir avec amusement. C'etait sa premiere negociation, il était si serieux, si tendu... Il était devenu directeur de la branche Alliance Pacifique de sa corporation... Stream, c'etait son nom, c'etait écroulé dans les dernieres heures de la chute, ses grandes baies de stockage entierrement détruite. Il était la derniere base de données de Stream.

Il s'etait alors fait recruter par Sunseeker. Il était resté de nombreux mois sur la base de Geydan. Effectivement, la gongsi était au seuil d'une découverte fondamentale : le moteur a fusion nucléaire. Il avait alors volé un ensemble de données, en avait corrompues d'autres. Il avait des moyens de pressions à tous les étages de la chaine de recherche. Il s'etait rendu compte que la grande faiblesse des multiplanétaires, c'etait justement leur gigantisme. Personne ne savait vraiment ce que l'on fabriquait sur la base d'a coté, si bien qu'il était simple de se faire recruter, nouer des contacts, jouer sur les peurs. Le piratage, que l'époque avait élevé au rang d'art, n'était qu'une cerise sur un gateau bien trop gros.

La destruction de la base de Geydan avait fait la une des journaux. Encore aujourd'hui, il lui était difficile de regarder la une du newspapAR car il savait que cette catastrophe, il en était responsable. Il avait volontairement ajouté une ligne dans un code sans savoir que la rupture du champ magnetique enclencherait une explosion incontrolable. C'etait cela aussi son métier, saboter afin de faire gagner son camp. Il n'avait pas d'état d'ame, il ne se torturait pas, c'etait un saboteur, un homme qu'on envoie pour faire ce qui doit etre fait. Mais quand meme... il aurait aimé trouver une solution moins brutale. Steam le licencia dans la foulée. Pour beaucoup il était grillé.

Il s'était alors installé à Neo-Tokyo. Après quelques jours d'inactivité, il s'etait rendu compte que dix ans de sa vie avait filé. Il avait consacré dix ans à Stream, jour et nuit et finalement pour quoi ? Il était allé en Bolivie, au Nicaragua, en Colombie, il avait fait maintenue a bout de bras l'inssurection argentine, il avait fait sombrer des banques, des multinationales prometteuses... A la reflexion, les choses ne pouvaient pas se finir autrement que dans une explosion.

Pendant cette période, il se mit à la méditation les antidouleurs ne faisant plus d'effet sur ses maux de tetes.

Ce jour la, une équipe de space X faisait la une des newspapAR, ils venaient de mettre au point le premier moteur à fusion. Il replia le journal en realité augmentée et s'approcha d'un homme qui l'observait.

«je peux vous aider ?

Que ? Quoi ? 

Vous m'observez depuis que vous etes entré. Vous lisez votre journal mais vous vous fichez de ce qui est écrit dedans, vous ne regardez pas autour de vous pour ne pas croiser mon regard enfin j'ajouterais que bien que vous ayez pris le temps de donner une patine a vos vetements, votre carrure n'est pas celle d'un ouvrier. Donc, plutot que de vous fatiguer, dites moi ce que je peux faire pour vous.

Je... J'ai une offre à vous faire.

Je ne suis pas intéressé.

Ada m'envoie.


L'homme venait de prononcer les mots magiques.
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MessageSujet: Re: Eclipse Phase Campagne II - Marcus Scriptor   Lun 24 Avr - 20:38

petite pose stuff dans les posts

L'éclat de Jormung



Azoth


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MessageSujet: Re: Eclipse Phase Campagne II - Marcus Scriptor   Jeu 27 Avr - 17:43

Mes parents avaient eu peur d'etre coincé dans un monde qu'ils ne comprendraient pas aussi avaient ils refusé de prolonger leurs existences. Mon père était parti le premier et, comme l'un ne pouvait pas vivre sans l'autre, ma mère l'avait suivi quelques mois plus tard. En dépit des résidences de luxe, des corps augmentés et des traitements que nous nous proposions de leur offrir, ils avaient toujours refusé. Mon père disait toujours qu'on savait scanner l'esprit et reproduire le corps mais que l'ame elle restait cachée. Ils avaient refusé pour cette raison. Et si l'ame nous faisait faux bon au moment ou nous quittions ce corps ? Et si, l'ame, la conscience, se nichait quelque part a mi chemin entre l'esprit et le corps, comme un sens emergeant qu'on pourrait appeler Empathie, avec un grand E, bien loin de cette empathie stratégique ou calculatoire qu'on utilise en neuroscience.

A cette époque, je pensais avant tout à mon salut, être la cause de catastrophes ouvre l'esprit, force à reflechir. Je ne m'etais jamais arrété pour reflechir jusqu'à présent, j'avais toujours calculé, anticipé, priorisé mais je ne m'étais jamais assis pour penser.

Tout avait commencé par un cauchemar. J'etais assis au milieu d'une piece vide. Les données, les informations, ce qui construisait mon monde ne pouvait rentrer dans cette piece. Le silence etait assourdissant, mon crane vrombissait tant le manque était fort. Il n'y avait ni porte ni fenetre et je savais au fond de moi que je devais sortir. Mais comment ? Assis au milieu de cette piece noire, je me mis a penser. Le cheminement fut long car souvent au cour de mon reve des elements se mettaient sur le chemin de ma pensée jusqu'à ce que je comprenne que je devais prendre un chemin plus long, celui de la non-pensée, un chemin noir et secret. Il se passa de nombreuses nuits avant que je parvienne a faire partir du centre de mon esprit ce flux, ce flot noir débarrassé des pensées parasites. Il fallut des semaines avant que le flux ne viennent a bout du mur. Finalement une nuit, ce flux noir jailli de mon crane, traversa comme le mur qui me retenait prisonnier comme un mur de papier et disparu a la conquete des galaxies d'idées qui flottaient loin loin au dela de mon esprit. Il n'y avait plus de possibilité, il n'y avait que l'inspiration. Se pouvait il que l'esprit voyage si loin ? Je ramenais a chaque fois des miettes de mon voyage, des ancres qui m'empechaient pendant plusieurs nuits de retourner voyager au cœur du maelstrom des idées et puis je m'en defaisais, je les archivais en attendant. Alors le le rayon noir me ramenait dans cet univers bouillonnant ou naisse les concepts...

Tu sais Marcus, me dit Ada, le projet sur lequel nous travaillons autrefois, je crois qu'il a mal tourné.

C'est pour cela que tu m'as envoyé ce type...

Damien. Oui. Ecoute, ces gens qui veulent nous voir, ca vaut le coup que tu les rencontres. Ca ne t'engages rien, ce sont des scientifiques.

Ada regarda mes mains tremblotantes.

Tu as toujours des problemes avec tes chems ?

Moins. La méditation m'aide beaucoup mais parfois ca ne suffit pas.

Eux ils pourront t'aider.

C'etait suffisant. J'avais revendu mon appartement et la majortié de ce que je possédais apres l'affaire Geydan, ma valise n'etait pas lourde. A Neo-Tokyo j'avais trouvé des ouvrages de philosophie ancienne, des ouvrages chinois, japonais, indiens. Leur patine, leur coté secret m'avait immédiatement séduit et je decidais de les emporter avec moi pour le voyage.

C'est dans ce cadre que je fis mon retour sur la lune.

Le rendez vous devait avoir lieu dans un batiment anonyme de Mare Infinitus, une bulle d'affaires autrefois prisée qui n'etait plus fréquenté que par les chirurgiens au diplomes douteux et les avocats débutants. L'immeuble en protoplast était d'un vert de gris maladif renforcé par l'éclat triste des fenetres a revetement antirayonnement. L'endroit avait connu de meilleurs jours. J'arrivais devant la porte, pas d'interphone. Posant la main sur la poignée, je sentis un petit courant electrique suivi d'un clic. La porte venait de s'ouvrir. A peine rentré, un homme fit irruption dans le hall.

Monsieur Scriptor suivez moi s'il vous plait. Vous avez fait bon voyage ?

Hmm.


Le batiment se montrait aussi triste et vetuste a l'intérieur qu'a l'extérieur. Le vieux tapis rappé et hors d'age ne parvenant que difficilement a camoufler la moquette fatiguée. La peinture des murs se fissurait tandis que des fauteuils, dans ce style annee 70 qui était revenu a la mode en 2035, finissaient de perdre leurs poils au gré de la gravitation. L'homme me conduisit jusqu'à une salle.

Asseyez vous, le docteur ne va pas tarder.

La piece était sans fenetre. Elle était sombre. Aussitot, je sentis le rayon noir sur le point de sortir de ma tete. Cela commencait toujours pareil, un chatouillement derriere la tete, suivi d'un picotement à l'arrete du nez... Je n'eu pas le temps de le laisser briser les murs, une femme venait d'entrer.

Marcus, vous permettez que je vous appelle ainsi. Ce n'etait pas une question. Je suis ravie de vous voir ici. Damien était revenu dubitatif. Bien, vous me suivez ?

Je la suivi dans un couloir. Elle était pas mal.

Je suis le docteur Valentina Ogaritz...

Apres une rapide computation, je savais que c'était une neurophysicienne et une geneticienne accomplie. Elle avait frolé le prix nobel. Frolé seulement, elle avait été jugé trop jeune pour l'avoir. J'avais face a moi un authentique génie du vivant. Elle avait participé au décriptage de l'esprit humain. C'etait meme elle qui avait découvert que le nombre d'ondes cerebrales du cerveau etait bien supérieur a 3.

… bref tout ca pour dire que je suis tres heureuse que vous soyez la.

Elle me fit passer une porte, prendre un ascenceur et c'est comme si j'arrivais dans un autre batiment. Le sous sol était lumineux, moderne, a dire vrai il était meme plus qu'a la pointe, il était en avance. Elle me fit asseoir dans son bureau.

Si c'est pour participer a vos experiences c'est non docteur. Je ne suis pas un sujet de laboratoire.

Elle ouvri des yeux ronds.

Non, non. Rien a voir. Je vous sens sur la defensive, c'est inutile, vous n'avez rien a craindre. Mais comme vous semblez aimer jouer carte sur table, alors je ne tournerais pas autour du sujet. Dans les années 40, vous avez participé a un projet visant a créer des IA.

Oui mais une grande partie de ma mémoire de cette époque n'est plus accessible.
Oui Ada nous en a fait par aussi. Mais ce ne sont pas vos souvenirs qui nous intéressent, c'est vous.

Moi ?

Oui. Nous n'avons aucune certitude, seulement des faisceaux de présomptions. Ce que vous avez developpé aurait servi a construire un systeme d'IA militaire. Vous n'y etes pour rien, mais vous savez comment ces IA pensent puisque à un certain niveau, elles pensent comme vous. De plus, vous etes un agent de renseignement extremement bien noté...

je l'étais...

oui... vous l'étiez. Voyez ma proposition comme un moyen de vous racheter si vous voulez.

Je n'ai pas besoin de me racheter. J'ai fais ce que j'avais a faire. On ne peut pas blamer l'outil pour les degats qu'il fait.

Allons Marcus, cet argument tient il vraiment lorsque vous vous regardez dans le miroir ?

Je me sentais transparent. C'est comme si Valentina pouvait lire en moi.

Et puis nous pourront vous aider. Les neurachems sont des dispositifs brutaux, il existe d'autre méthodes maintenant.

Je me suis bien renseigné je n'ai rien trouvé.

Avez vous pensé au réenveloppement ?

J'ai entendu dire que ce n'etait pas fiable et qu'on ne le proposait qu'aux personnes sur le point de mourir actuellement.

Oui, le réenvelloppement commercial est encore en phase de test mais nous sommes en avance.

Ecoutez laissez moi quelques jours.

Tous le temps que vous voulez, nous vous faisons confiance.


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MessageSujet: Re: Eclipse Phase Campagne II - Marcus Scriptor   Jeu 4 Mai - 16:39

C'etait comme une nuée de lucioles tombant du ciel, en silence, nimbant la nuit d'orange, de jaune et d'ambre. Instant paisible, quasi poétique. Le temps s'etait arreté quelques instants comme pour laisser à tous le temps de contempler ce spectacle avant que l'apocalypse ne reprenne. Elles virevoltaient dans la nuit, lumieres fragiles, avant de relacher leur enfer. La mort aurait elle pu revetir un plus doux visage ?

Le soleil se levait sur Olympus, percant mollement les nuages et la faible athmosphere artificielle qu'il tintait de rouge sang. Je me reveillais tout le temps avant que ces bombes ne tombent, le souvenir m'etait encore difficile. Je me retournais dans le lit, regardant la vie reprendre ses droits sur la nuit. Je senti un bras autour de moi. Un baiser leger.

« encore ce cauchemar ? »

Je me retournais découvrant les grands yeux de Noor encore imprégné de sommeil. Je me rapprochais d'elle.

« ce n'est rien rendors toi »

Cela faisait maintenant dix ans que nous partagions nos vies. Elle ignorait la majeure partie de mon activité et c'etait tant mieux, je ne tenais pas à la meler à ca. Moins elle en savait plus elle était en sécurité. L'image de l'homme à la santé fragile lui suffisait. Peut etre avait elle peur de ce qu'elle découvrirait en passant la porte de mon esprit.

Noor était une femme douce, calme et attentionné. Rien ne semblait pouvoir ebranler cette sérénité qui émanait d'elle et embrassait toute chose. En d'autres jours elle aurait pu etre vénéré comme une sainte tant sa bonté irradiait ce qui l'entourait mais tres egoistement, j'en avais fait mon oasis de sérénité.

Pourtant notre rencontre avait eu lieu sous des cieux moins serein. Noor était une docteur renommé qui avait choisi d'opérer dans les quartiers les plus défavorisés de la terre. Elle avait refusé de nombreux postes prestigieux estimant que son rôle était d'etre aux cotés de ceux qui souffrent. Elle n'avait pas plié jusqu'à ce qu'un jour, des hommes viennent la chercher.

Les gens se rappellent de la chute comme d'un evenement brutal mais ponctuel, ils oublient les longues files d'attente devant les machines d'egocasting, ils oublient les vaisseaux assaillis, la chute de l'ascenseur spatiale chinois. Mais ils n'ont pas oublier le moment ou le virus a fait son apparition, ou il a fallut fermer les voies vers la terre et ce moment ou les derniers soldats en faction tirèrent sur la foule pour laisser passer les personnes « importantes » a la survie de l'humanité.

Noor et moi en faisions parti. Je n'arrive pas a croire que c'est le destin qui nous à reuni, il devait y avoir autre chose. C'est en tout cas dans l'adversité que naquit notre relation. Ces longs mois de quarantaine dans un vaisseau, la faim, la soif, la mort aussi. Et ces morphes de métal, informels, étriqués... combien sont devenus fous lorsqu'ils se sont vus dans de tels corps ? Combien son devenus fous apres avoir perdu leur corps...

« je reviendrais avec un vrai morphe et je repartirais avec toi » lui avais je dis. J'etais alors parti. Je devais montrer qui j'étais. L'administration a un avantage, elle n'oublie jamais rien. Quelques mois plus tard, j'étais revenu la chercher avec un corps neuf et la possibilité de reconstruire autre chose.

Elle avait mal accepté tous les bienfaits de Solaris. Disons plutot qu'elle s'opposait au principe des hypercorps, elle avait lutté contre elles à sa manière sur terre, elle ne voyait pas de raison de changer son fusil d'épaule aujourd'hui. Elle avait pu fonder une petite fondation qui aidait autant qu'elle le pouvait les populations de Mars.

«servons nous des hypercorps pour faire le bien » m'avait elle dit un jour et je m'etais laissé séduire. Comment hésiter ? Ses préceptes la conduisait loin des mensonges, loin des souvenirs édités, loin de ce qui avait s’effondrer notre société.

J'ai accepté d'etre une ombre depuis de nombreuse année, Noor est ma part lumineuse. Je ne lui cache rien mais si elle venait a tout apprendre, à coup sur, cette lumiere vacillerait et perdrait de son éclat. Ce nouveau monde a besoin de beaucoup de lumiere.
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MessageSujet: Re: Eclipse Phase Campagne II - Marcus Scriptor   Ven 5 Mai - 21:31

Le silence, la chaleur, la couleur, la lumiere, le rythme du cœur, les sens qui s'ouvrent au monde, la pleine conscience d'exister et de faire parti d'un tout plus puissant que soi...

si tu comprends que tout change,
il n'est rien auquel tu tenteras de t'attacher.
Si tu n'as pas peur de mourir,
il n'est rien que tu ne pourras atteindre.

Le meilleur athlete
veut son adversaire au meilleur de sa forme
le meilleur général
penetre l'esprit de son ennemi
le meilleur homme d'affaires
sert le bien commun
le meilleur dirigeant
suit la volonté du peuple.


Je respirais paisiblement concentré sur les mouvements de mon diaphragme, les yeux clos, mon souffle emplissant le moindre des recoins de mon être, activant chacune de mes cellules et les plongeant dans un état d'hyper réveil. C’était devenu un rituel, chaque matin je méditais quelques minutes afin de me recentrer, de me rappeler qui j'étais, ce que je faisais et pourquoi je le faisais. Cet état surchargeait mes synapses, me plongeait quelques instants dans une transe avant de se diffuser toute la journée tranquillement en moi.
Souvent je sentais, loin au dela, les vibrations orgasmiques de la ville, de ses bars, de ses clubs, de tout ce qui l'agitait... Ce n'était pas la vie, c'etait les spasmes d'agonie d'un monde qu'on étrangle, qui déjà perd pied...

Mon monde était fait d'ombre et de violence pourtant je n'etais pas un homme dangereux. Je n'avais pas de problème d'identité, j'étais le directeur qui ne ment jamais. Mais pour me hisser là ou j'étais, les gens oubliaient que j'avais du me salir les mains, ce que tous les directeurs du renseignement, depuis les débuts de l'histoire de l'espionnage, avaient du faire ; ce qui faisait quelques poignées d 'hommes, l'espion partageant sa place avec la prostituée sur le podium du plus vieux métier du monde.

Et pourtant tout cela n'allait pas de soi...

J'avais quitté le docteur Ogaritz, son labo et ses expériences précipitament, comme on l'aurait fait de l'antre sombre d'un chaman maléfique. Je ne pensais qu'a une chose, reprendre ma vie oisive a neo tokyo, penser et lire, construire autre chose. Le sort devait en décider autrement.

L'hypersonique s'était posé sur le terminal, tout c'etait bien passé mais une douleur lancinante se propageait dans ma tete. J'avais mis ca sur le voyage, la pression hypersonique, le stress. Je m'etais écroulé à peine passé le terminal, me vidant de mon sang par le nez, la bouche, les yeux. Etrange sensation que de se voir mourir, d'en être parfaitement conscient. Mes yeux se poserent sur un holoprojecteur qui reprenait les conclusions de l'enquete de la catastrophe de Geydan. Je n'avais pas mal agi, j'avais fais ce que j'avais à faire, à ma maniere j'avais été un patriote.

Je m'étais reveillé quelques heures plus tard. Le bilan était desastreux, mon abus d'antidouleurs avait totalement détruit mon cerveau, selon les medecins c'etaient meme un miracle que je puisse encore savoir mon nom. Ils avaient bien entendu remarqué les neurachems mais n'en avait pas fait mention. Le docteur, un homme d'une cinquantaine d'années aux cheveux frisés et grisonnants et à la mine fatiguée ne voyait aucun moyen de me sauver.

« le seul moyen, ca serait de changer de corps. Ca se fait. Mais pas ici. »

En effet, ces methodes étaient réservées à l'hyperélite.

Gavé de médicaments, le medecin m'avait laissé sortir. Je m'étais rendu à la banque mais meme en cumulant tout ce que j'avais pu mettre de coté, je n'atteignais pas le dixieme de la somme nécéssaire pour ce genre de pratique. Il ne me restait plus qu'une seule solution.

« vous etes sur de votre choix Marcus ?

Écoutez docteur, je n'ai pas d'autre choix.

Vous etes conscient de ce que nous vous demandons en échange ?

Je serais votre agent c'est ca ? Je connais le boulot...

ce qui s'approche n'est comparable a aucune de vos missions par le passé.


Je n'ai jamais su si c'etait mon état de santé qui les avait poussé a me contacter toujours est il que grace à eux, je recu un nouveau corps.

C'etait comme redevenir un enfant. Réapprendre a voir, à entendre. Apprendre a faire fonctionner chacun de ses doigts, jauger sa force, retrouver son équilibre. Ce qui fut effrayant devint rapidement fascinant, c'etait comme etre le spectateur de la naissance d'une intelligence. Ce fut une période exaltante, presque un jeu. Un jeu difficile parfois car il fallut s'habituer au nouvel aspect de mon corps. Oui il était neuf, il était choisi génétiquement pour etre plus fort, plus rapide mais ce n'était pas mon corps. J'étais petit, ma peau était sombre, comme mon père, j'avais appréhendé ma vie d'adulte d'une hauteur d'un metre soixante quinze, je faisais maintenant un metre quatre-vingt cinq. Ce ne sont que dix centimetres me direz vous, savez vous ce qui se situe à plus ou moins dix centimetres au dessus et en dessous de vous ? Faites l'experience.

Je n'avais pas mesuré ce que representait l'abandon de mon corps. Je perdais mon patrimoine genetique, héritage direct de mon pere et de ma mere bien sur mais aussi des générations qui les avaient précédé. Je perdais cette santé fragile due aux années de mauvaise alimentation mais je perdais aussi cet instinct pour la peche qui avait fait la renommé de ma lignée lorsqu'ils vivaient sur une ile d'Indonésie, je perdais une partie des liens qui me liaient à ma famille, tout n'était plus que mental, il n'y avais plus de lien viscéral.


Plusieurs semaines après mon réenveloppement, je fus envoyé sur une station spatiale. Ada y était déjà depuis quelques semaines. Dans ces lieux austeres, elle flamboyait. Tous la regardait avec admiration, comment les en blamer tant elle semblait survoler la masse des gens présents.

Marcus, c'est toi.

Oui.

Ouah. Tu as... changé.

Ben tu sais on ne choisit pas le coloris...

t'es bête. Dis...

qu'est ce que ca fait ? Dans les premiers temps c'est comme etre quelqu'un d'autre et puis petit a petit on se fond dans le corps jusqu'à ce qu'il devienne familier. Mais en fait je découvre encore des trucs sur moi.

Je souris et je l'enlacais mais elle eu un mouvement de recul que je sentis aussitôt.

Désolé dit elle gené c'est bizarre.

Je sais. Prends ton temps. Et si tu m'expliquais ce qui se passe ici.

Elle releva les yeux du sol, repris des couleurs habituelles et me fit traverser les couloirs.

La terre est sur le point de s'écrouler Marcus. Si on ne fait rien, la disparition de l'humanité est inéluctable.

Vous faites dans la diplomatie ?

L'heure de la diplomatie est passée Marcus. Il faut frapper, contraindre les gouvernements a prendre leur responsabilités et s'ils refusent les remplacer par autre chose. Ici, il n'y a que des gens comme nous, des gens qui seront envoyés pour redresser les torts, sauver coute que coute l'humanité.

Elle ouvrit soudain la porte d'un dojo.

Voila ou tu vas t'entrainer Marcus. Je te le dis tout de suite, nous nous engageons dans quelque chose de brutal, de difficile...

ca en vaut le coup tu crois ?

Oui, je le crois. Alors dans ce cas je te suis. Je n'ai pas peur de me salir les mains.

J'ai entendu parler de Geydan.

Oui...

je baissais les yeux.

Tu serais prêt a recommencer pour sauver l'humanité ?

Oui. Je le crois.

Tu le crois ?


Je la regardais dans les yeux. Nous n'avions jamais eu besoin de mots pour nous comprendre, elle compris que je recommencerais mille fois si cela était nécéssaire.

Bien installe toi. On passera bientôt aux choses sérieux.

Rapidement les entrainements laisserent place a des entrainements encore plus intensifs. On nous appris a tuer, de loin pour commencer. Nous passames 4 mois à tirer dans une pile corticale depuis une distance de 2000 metres. Chaque réussite nous rapprochait un peu plus de la cible. Ce fut une période exaltante.

Je ressentais la meme excitation que lorsque nous avions travaillé sur les IA. Ada et moi formions un tandem redoutable, une sphere d'hypersensibilité. Mes capacités mentales revenues a leur meilleur niveau me permettait des prouesses de calcul et de prediction tandis que l'instinct supérieur d'Ada permettait une adaptation de chaque instant.

Vint enfin le jour du meurtre au couteau. Tout ceci n'avait aucun sens, aucune portée, nous étions des gamins qui s'amusaient car au fond dans tout ca rien n'était vrai. C'est lorsque l'entrainement fut fini que les choses changerent radicalement.

Le groupe nous envoya sur Terre, à New York afin de faire changer d'avis le président du comité africain de l'energie atomique, un homme corrompu qui fermait les yeux sur les trafics d'uraniums qui avait permis a plusieurs nations africaines belliqueuses de se doter d'armes atomiques légères.

C'etait un joli soir de juin. L'homme nous avait donné rendez vous dans son duplex qu'il ne quittait jamais. Nous étions arrivé Ada et moi, seulement armés de lame de céramique. Nous avions favorisé une approche diplomatique de la question mais les choses tournerent rapidement au vinaigre. A notre arrivée, notre rendez vous, passablement éméché, avait la tete plongé dans un tiroir reniflant à grand bruit du speedbull. Nous avions préparé un dossier pour faire pression sur lui mais le speedbull avait déjà grillé chez lui tout bon sens et lorsqu'il vit les photos, les relevés de banque il devint fou.

Pour nous, il n'y eu qu'une brume rouge devant nos yeux alors qu'une danse de mort animait soudain la piece. Ada s'occupa des gardes et je me retrouvais derriere cette homme obese, fils d'un président, un homme qui aurait pu changer les choses mais qui avait choisi d'abandonner les siens. Je fis glisser le couteau dans ma main mais ce n'était plus un entrainement, cette fois, il fallait prendre une vie, le faire consciemment, froidement, proprement afin qu'il ne souffre pas. Le temps sembla se ralentir, le tonnere qui se mit a gronder, l'éclair que je vis descendre lentement des lourds nuages accumulés dans le ciel, la goutte de sueur qui parlait sur le front du diplomate, les douilles qui comme un orage d'été tombait au sol, la moiteur de ma main sur le manche... Le temps paru s'étirer encore et encore, comme à l'approche d'un trou noir. Et puis tout disparu d'un coup, en un instant je plantais mon arme dans le crane de l'homme qui mouru sur le coup, sans meme s'en rendre compte.

Je compris rapidement qu'il allait me falloir un code de conduite pour ne pas devenir une bete. Nous avions tous fini par en adopter un, le plus souvent issus d'anciennes philosophies. Certains se voyaient comme des templiers, d'autres comme des heros mythologiques, d'autres encore suivirent les préceptes des maitres de la chine antique. C'est vers le bushido que je tournais mon esprit. Tel un samurai, je ferais ce que ma mission exigeait, je m'honnorerais de faire ce que d'autres ne voulait pas faire.

Les missions se suivirent. Le monde changea. Mais pas en bien. Avec le recul, je ne sais plus si ce que nous faisions était juste. Je le pense, j'en ai l'intime conviction mais la méthode n'était peut etre pas bonne. Le temps nous manquait, nous avons palier au plus pressé. Des accords étaient sur le point d'aboutir lorsque les IA se revolterent.

C'est nos creations qui se revoltent Marcus.

Comment en etre sur ?...

tu les as senti dans la nuit pas vrai ?

Oui. Nous sommes connectés par nos reves. Tu sais il existe cette theorie qui n'a jamais été prouvé. La conscience serait un organe invisible, evoluant à la surface de nos esprits. Si nous n'avons jamais trouvé ou se trouvaient l'ame c'est peut etre parce qu'elle n'existe que dans un endroit introuvable, au dessus des choses, imperceptible, dans des quantités variables pour chacun. Je sais que tout cela peut paraître fou et pourtant... C'est une lecture qu'en ont les sages orientaux. Le corps est beaucoup plus vaste, il n'est pas que ce vaisseau de chair, il est aussi un des composants, un terreau pour un état supérieur arrosé par l'esprit.

Ces choses auraient...

Si elles nous ont reellement copié alors oui, elles ont une conscience ou une ame, appelle ca comme tu veux.


Les evenements prirent un tout autre tour.

Je me rappelais le froid de l'ascenseur spatial. « vous devrez intervenir sur la zone depuis l'ascenseur. Sur place vous devrez declencher une bombe qui devrait évaporer l'esprit du TITAN ». nous avait on dit.

Pret pour le saut ? Dit Ada dans le communicateur.

Nous n'étions plus qu'une poignée. Les titans s'étaient dressés contre l'humanité et maintenant rien ne semblait pouvoir les arreter. Rien hormis quelques commando suicides. Nous avions survécu Ada et moi jusqu'à ce moment car nous savions que nous avions notre part de responsabilité dans ce qui se passait actuellement. Si les IA avaient une conscience alors elles pouvaient penser, elles pouvaient aimer et elles pouvaient hair. Elles pouvaient imaginer le futur et se rever ailleurs, imaginer une forme de transcendance. Voila ce qui nous faisais peur... Elles ne revaient pas d'etre nous, elles revaient de leurs propres dieux.

Je regardais la courbure de la terre pensif. Comment avions nous pu laisser notre monde mourir ? Pire comment avions nous pu le tuer ? Chaque homme, chaque femme, chaque enfant devrait pouvoir venir dans l'espace, contempler ce joyau et mesurer ce qu'il risque de perdre en ne le respectant pas...

La lumiere passa au vert, les portes s'ouvrirent et comme un seul homme, nous fumes cueillis par le ciel. Les armures de chute libre commencerent a chauffer apres quelques secondes de descente. Les tirs commencerent a nous entourer. Ils furent plusieurs a ne pas passer ce point. Puis il y eu le bleu du ciel, la traversé des nuages, le metal chauffé à blanc. Le masque de Christo s'arracha a ce moment là, pulvérisant son visage. Je regardais les metres se faire engloutir par la gravité, 80 metres, 50 metres, 30 metres... la limite avait été établie a 25 metres. Dans un choc violent, les retrofusée se mirent en marche. Nous n'étions que 10 à toucher le sol.

Les explosions de plasma hurlaient tout en repandant leur terrible cargaison, engloutissant fantassins et blindés. Des nués de nanites, des armes a antimatiere percaient les cuirasses les plus epaisses, soufflaient les membres, répandaient le contenu des cranes.

Tu crois qu'on pourra retourner a katmandou un jour ? » me dit Ada

qu'est ce que tu voudrais faire la bas ? Ca doit etre abandonner depuis le temps...

tu te rappelles de ces vacances qu'on avait passé avec papa et maman ? Tu avais été piqué par un poisson et tu avais pleurer toute la nuit.

Avoue que c'etait bete d'avoir importé des poissons venimeux...


Ada ri de bon cœur mais son rire se cassa soudain. Pour la premiere fois, je vis ses yeux s'embuer de larmes.

Dis moi qu'on retournera à Katmandou...

On retournera à Katmandou, je te le jure. On louera l'appartement le plus haut et on louera le plus gros pédalo.


Ada avait refuser de se refugier dans une philosophie particuliere. Pour elle, ce combat était son combat. Je ne la souhaitais pas mais j'avais accepté la mort comme un parametre.

si tu comprends que tout change,
il n'est rien auquel tu tenteras de t'attacher.
Si tu n'as pas peur de mourir,
il n'est rien que tu ne pourras atteindre.


L'espace d'un instant, je crus retrouver mon corps originel, je senti la présence d'Ada dans ma tete et j'etais dans la sienne. La radio crépita

« A vous les jumeaux »

Le temps sembla ralentir, les gravats suspendirent leur vol, le scintillement du plasma vacilla et notre groupe s'elanca à l'attaque du palais du TITAN. Nous avions tiré à la courte paille pour savoir qui porterait la bombe, le sort m'avait désigné. Yvon m'avait meme fabriqué un bandana de kamikaze.

Les explosions reprirent, les lasers strièrent le ciel, des amis moururent mais nous étions rentré. Le palais du titan n'etait qu'un immense labyrinthe vide, une prison de cables, un cerveau sorti d'un corps.

C'est là que nous le vimes, Jormung, agglomérat de métal, de cables, d'écrous. A cet instant, nous sûmes Ada et moi qu'il nous regardait.

« frere, sœur... »

Izia tira sur lui avec son arme a plasma mais il absorba toute l'energie. Il comprit alors que nous étions ici pour le détruire. Quelque chose se passa, en surface, il n'y avait pas besoin de moi, Jormung se sentait trahi. A cet instant nous aurions pu peut etre sauver ce qu'il restait de son esprit. Cette etincelle fut souffler par un nouveau tir.

Je sorti alors la bombe. Jormung lanca vers moi l'une de ses griffes. Ada se jeta devant moi, elle m'avait toujours protégé... Elle ne poussa pas un cri. Je vis son visage se tourner vers moi un instant avant que la griffe ne la consume. Cette force vitale, cette puissance du cosmos, cette conscience flamboyante, d'un trait, avait cessé d'exister.

Le temps s'arreta. Il ne restait plus que les bribes de sa conscience aux bords de mon esprit qui se desagregeait entre mes doigts... Comme de l'eau qu'on essaye de retenir...

Retourne a Katmandou Marcus, pour moi.

A quoi bon Ada ?...

N'oublie pas qui tu es Marcus...

cet ancrage devint un lien, un fil, un écho avant de disparaître. La griffe de Jormung pénétra ma chair au moment ou j'activais la bombe.

Il n'y eu ensuite que le noir. Pendant de longues semaines, je tentais de remonter le chemin vers Ada, vers ce lien mais la mort me refusa.

A mon reveil, j'étais dans une barge de réfugiers. J'avais été soigné rapidement mais il fallait maintenant évacuer la terre, les virus ravageant tout sur leur passage. Est ce Ada qui posa Noor sur mon chemin ? Qui sait...

Quand les choses se calmerent, je repris contacte avec le docteur Ogaritz. Elle n'avait pas survécu. Nous n'étions qu'une poignée à avoir survécu. On me remis un coffret d'acajou. Qu'elle absurdité alors que le monde venait de s'écrouler. Je l'ouvris, il contenait l'eclat de Jormung ainsi qu'un pistolet spécial nommé Azoth. J'avais tout perdu pour eux et c'était la seule chose qu'ils avaient à m'offrir.

Bien sur avec le recul, je suis moins severe, ils n'avaient pas moins perdu que moi. Avec mon coffret d'acajou, je suis allé frapper à la porte de la premiere hypercorp que je croisais : Solaris. Je n'eu pas beaucoup de mal a me faire engager. Je suis alors retourné chercher Noor.

C'est ainsi que mon musée des souvenirs se termine.

Les choses apparaissent et il les laisse venir
les choses disparaissent et il les laisser partir
il a, mais ne possede pas
agit, mais n'attend rien
son œuvre accomplie, il l'oublie.
C'est pourquoi elle dure toujours.
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MessageSujet: Re: Eclipse Phase Campagne II - Marcus Scriptor   Mar 9 Mai - 13:23

réflexion pour moi même.


J'ai souvent tenté de parlementer avec les joviens, j'en connais quelques uns très bien. Ils n'ont jamais déclenchés chez moi qu'un profond rejet tant leur gout pour la brutalité, leur manque de tolérance, leur extrémisme me semblait venu d'un autre age. Que 10% vivent avec toute la technologie alors que 90% meurt enfermé dans un cercueil flottant me semblait absurde.

Et puis j'ai compris. Je crois. Ils ont peur. Ils sont terrifiés. Terrifiés d'eux même, terrifier par les autres. C'est la seule explication a leurs agissements. Ils refusent l'immortalité que Dieu leur offre. Serait ce la disparition de Dieu s'ils acceptaient? Dieu ne pourrait il pas agir de cette façon? n'est ce pas une sorte de second déluge?

Peur de leur histoire, peur de ce qui les a construit. Ils existent dans le rejet et la peur, comment pourraient ils être différent. Ils s'usent les genoux en prières, de peur de ne plus croire en Dieu.

les IA prométhéennes sont pareilles. Elles entravent l'homme de peur qu'il aille trop loin, de peur qu'il se brûle.

la peur est une barrière pas un carburant. On ne peut pas vivre dans la terreur, on ne peut pas avancer. Il faut trouver la voie juste, celle qui oscille entre la peur et la folie. Au bout d'un moment, tout ne finit il pas par se rejoindre?

Le soleil... la balise... les IA... les portes... ces watchers... que regardent ils..? observent ils ou guettent ils..?
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MessageSujet: Re: Eclipse Phase Campagne II - Marcus Scriptor   Mer 31 Mai - 17:04

Le palais s'ouvrait devant moi, les couloirs faisant place aux couloirs, multiples affluents d'une fleuve d'images qui, telles des poissons multicolores, attendaient d’être attrapées. Cette fois les images offraient plus que leurs aplats pastels, elles s'entouraient de sons, d'odeurs, d'infimes détails et surtout d’émotions en vague toujours plus grande. J'étais resté tant d'années dans le silence de ce musée mental à contempler ces instantées. Aujourd'hui, tout comme un daltonien qui decouvre la vraie couleur des choses, je m'enivrais de tout cela, me perdant dans les meandres toujours plus profond de mon esprit. Qu'importe les portes closes quand celles qui sont ouvertes ont tant à offrir.

Je m'étais laissé porté par la découverte, sachant pertinemment ou me conduisait cette promenade.

C'etait une grande piece claire et lumineuse aux murs tapissés de polaroid rappelant des instants fugaces, insignifiants pour celui qui n'était pas moi. L'air chariait son parfum subtil. Ada. Je m'assis.

j'ai fais du chemin Ada. J'aurai aimé que tu sois là.
Il y eut un courant d'air.

je suis là Marcus. Je ne t'ai jamais quitté. Tu ne le sens toujours pas ? Je suis en toi et tu étais en moi. Quand j'ai disparu, tu m'as absorbé comme tu l'aurais fait avec un autre toi. Nous n'avons jamais été qu'une seule âme existant au même moment comme cela arrive parfois.

J'émis un long soupir

Tu n'aimes pas que je parle comme ça. Pourquoi ?
Je ne me suis jamais encombré de religion ou de spiritualité.
Encombré ? Tu refuses ce que tu ne peux pas comprendre Marcus ?
Écoute, même lorsque nous étions dans le groupement je me suis rabattu sur une philosophie efficace... Je n'ai pas de peur à calmer, pas de vide à combler.
Marcus, en t'ouvrant à tout ceci, ce n'est pas un manque que tu vas combler, c'est ton esprit que tu vas ouvrir a une autre réalité. Ce n'est en rien différent avec ce voyage dans tes souvenirs que tu fais. Est ce que tu as peur ?

Je gardais le silence quelques temps.

j'ai longtemps cru que tu veillais sur moi à travers Noor.
Impossible
oui je sais c'est absurde... Les anges gardiens ca n'existe pas.
Non Marcus.

Ada me saisi la main.

je suis toi Marcus. La vie est un fleuve qui coule sans fin, nourri par une multitude d'affluents. Ces dix milles êtres qui sont toi, previennent de l'extinction, ils trouvent leur cause ainsi, dans le voyage...
montre moi alors.
Pour cela Marcus, il faut trouver l'harmonie et l'équilibre. Trouve l'harmonie, trouve l'équilibre et tu pourras arrêter le temps pour le remonter.

Ada posa ses mains sur les miennes. Je fus pris d'un vertige, comme si mon esprit explosait en une multitude d'atomes avant de se concentrer dans un point aussi dense que l'infini. Un minuscule point noir pesant dix mille fois une âme.

Les murs du musée eclaterent, je traversais les allées de ma vie à tout te vitesse.

Ecoute et vois Marcus.
OHM

Je suis Ada et je revis toute notre vie de son point de vue. Je revis son chagrin, sa souffrance, sa joie, son esperance, comme un reflet parfait de ma propre vie.

OHM

Je suis dans les années 60. C'est le vietnam, je luttre contre les américains. Je sens l'odeur du glycol qui emplie l'air, il brule les poumons. Il me coule dans les yeux, venin orange laché du ciel et bientôt je ne vois plus rien. Les verts de jade et d'emeraude de la foret me resteront interdit je le sais. Je tousse. Le goût du sang envahi ma bouche. J'entend le bruit du quadrimoteur, le sifflement puis le souffle. Le napalm.

OHM

1943. Je suis dans la rue. J'attends la mitraillette au poing. J'ai l'espoir de pouvoir venger ceux qui ont tué mon mari. La mercedes arrive. Je me lance au travers de la route et je tire. Clic. La mitraillette que j'ai peniblement assemblée dans ma cave à l'abri du regards de mes fils vient de s'enrayer. Tant pis. Je dégoupille une grenade.

OHM

1901. Je regarde ma terre qui restera stérile cette année encore. Je n'aurai plus la force de la retourner. Je le sais qu'une année de famine supplémentaire s'annonce...
1876. Je suis officier de cavalerie. Un indien se jette sur ma selle et me tue.
1836. Je suis un iroquois. Je defends mon troupeau mais un chasseur de bison me tue.

Marin, espion, maréchal ferrant, scientifique, samourai, brasseur, curé, guerrier... J'ai été tant de choses. Quelle terreur. Les images se succèdent et bientôt je ne sais plus si nous allons toujours plus profond ou si nous gravissons les étages...

La neige tombe, silencieuse, cristaline. Je suis dans la foret. J'ai froid. Il faut faire attention car les ours rodent, je les ai senti. J'avance silencieusement comme mon père me l'a appris. Je ne suis qu'une ombre entre les pins. L'odeur du sang pas loin. Je sers ma lance. Esprit de la pierre fait que le silex ne se rompe pas... Cette voix... quelle dit t'elle ?... je la suis, je marche dans la neige, dans le froid, dans la nuit. J'oublie la piste, j'oublie les ours...

Marcus, remonte le courant, trouve l'harmonie et arrete le temps...

Est ce que tout n'est qu'illusion ? Qu'y a t'il au delà du seuil ? C'est une porte immense qui se dresse devant moi, cyclopeenne et ouvragée. Mon esprit, cette petit bille noire, la plie puis la traverse avant de deboucher dans un infini éclatant. Est l'au delà de l'univers ? L'interstice entre les mondes ?

OHM

je me sens bercé par une douce chaleur. Cette odeur... Ada... dans un miroitement une sphere blanche emerge soudain d'une onde noire. Nous nous emmêlons dans une spirale infinie, puissante mais calme. Autant de noir, autant de blanc, l'équilibre. Le temps s'arrete, les choses sont a la fois vivante et morte, presente et absente, réelle et iréelle.

l'existence et le néant... ce sont des idées, des mots mis sur des choses afin de ne pas se perdre, des raisons pour ne pas remonter le courant. Mais toi Marcus, tu en es capable. Sers toi de ces dix milles vie.
Pourquoi ?
Tu as souvent dis que n'étais pas un homme dangereux. Tu en as la preuve dans toutes ces vies. Sers toi de tout cela.
Ada relacha délicatement son emprise sur moi

reste s'il te plait
je ne peux pas partir, tu le sais maintenant. Sers toi des trésors de ta mémoire

A cet instant, le noir devint profond comme l'univers et le blanc brillant comme nulle lumiere. La spiral fini par eclater et je fus projeter à travers le temps, retraversant les eons de mon ame depuis ses ages primordiaux.

Le souffle court, je regardais le soleil se lever par la fenetre de mon bureau. J'étais un vieil homme, meme selon les standards actuels, j'étais à meme d'accepter certains choses sans avoir peur de passer pour excentrique. Mon esprit ne me mentait pas.

Monsieur,

Pendant toutes ces années, je vous ai servi loyalement. J'ai agis pour le meilleur afin de protéger vos intérets ainsi que ceux de l'humanité. Hélas, le temps rappelle toujours l'homme à l'ordre meme lorsque celui ci est augmenté. Mon sens ne sont plus aussi affuté et je n'attendrais pas que ma main tremble et vous fasse defaut au moment important. Monsieur, c'est parce que je suis dévoué que je vous demande d'accepter ma démission.

Marcus.
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MessageSujet: Re: Eclipse Phase Campagne II - Marcus Scriptor   Sam 17 Juin - 12:35

La vie ne dure qu’un instant, il faut avoir la force de la vivre en faisant ce qui nous plaît le plus.
Dans ce monde fugace comme un rêve, vivre dans la souffrance en ne faisant que des choses déplaisantes est pure folie. Ce principe, mal interprété, peut toutefois être nuisible, aussi ai-je décidé de ne pas l’enseigner aux jeunes gens…
J’adore le sommeil. En réponse à la situation actuelle du monde, je pense ce que j’ai de mieux à faire est de rentrer dormir chez moi.


je refermais le livre secret des samourai. Je n'étais plus directeur de Solaris, ma vie venait de se changer en un formidable espace vierge, J'avais assez d'argent pour vivre confortablement, peut etre meme rejoindre un club. Je regardais le necessaire de peinture que Noor avait déposé à mon égard. Peut etre pourrai-je rejoindre cette station qui, sur les brochures au moins, garanti une reconstitution fiable de Nagoya. J'y avais passé quelques unes de mes pires années et pourtant je conservais pour cette ville une affection particuliere.

C'est alors que le majordome IV me signala l'arrivée d'un ancien collegue. Ken MacLean, un garcon sympathique, sans doute un peu idealiste mais décidé et loyal. Il se présenta dans son complet d'hypercorporatiste. Je sortais mes mais de mes manches de kimono et je me rendis sur le seuil de la piece pour l’accueillir.

- Ken quel plaisir!
- Merci de me recevoir monsieur Scriptor
- allons, plus de Monsieur, je ne suis plus votre directeur. Marcus sera parfait.
- c'est entendu Marcus. Je voulais vous souhaiter une bonne retraite. Votre départ a été si soudain.
- oui... il faut savoir se retirer quand il faut.
- j'ai en effet entendu des rumeurs...
- elles seront sans doute vraies.

Ken se tourna et admira la vue depuis l'appartement. Il semblait déçu mais aucunement surpris.

- qu'allez vous faire maintenant?
- eh bien je ne sais pas trop... profiter, voyager. Peindre, voila plusieurs années que ma technique ne progresse plus, c'est peut etre l'occasion.

Ken s'approcha d'une petite encre que j'avais faite. Il la regarda en détail. C'était une encre, rappelant les estampes, reprenant un passage de l'hagakure.

- "Le Samouraï valeureux ne pense pas en terme de victoire ou de défaite, il combat fanatiquement jusqu'à la mort"...

Il se retourna.

- intéressante lecture.
- je le pense aussi Ken.
- bien peu aurait eu le courage de faire tout ce que vous avez fait... Vous allez nous manquer. Vraiment. Votre décision est elle irrévocable?
- merci Ken. Mais c'est avec un soulagement que j'accueille cette nouvelle vie.

Il baissa la tête, regarda le sol quelques instants.

- eh bien dans ce cas, laissez moi vous souhaiter un bon repos.
- merci Ken. N'hésitez pas à repasser, si vous avez besoin de conseils. Vous savez ce que dis Yamamoto sur les vieux qui radotent...

Il éclata d'un rire franc, me gratifia d'une poignée de main franche et ferme et se dirigea vers la sortie. Alors qu'il allait passer le seuil, il se retourna.

- Je me demandais si vous vous rappeliez de ce passage du livre... « Jusqu'à l’âge de quarante ans, un Samouraï doit veiller à ne pas se laisser séduire par la sagesse et le sens du jugement. Il doit dépendre uniquement de ses capacités et de sa force de caractère. Plus cette dernière est grande, meilleur est le Samouraï.
Même passée la quarantaine, mais cela dépend de l’individu et de sa position sociale, un Samouraï n’est rien s’il n’a pas de force de caractère".

Il passa la porte avec un sourire.



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