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 Enara, kaer Paloma, kaer Ava

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Jezabel Charlotte

Jezabel Charlotte

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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeJeu 11 Mar - 13:19

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Lettre d'Enara à Alfadr, après le départ de la Clairière


Mon Amour,

Je suis rentrée à Villon, j’ai obtenu le pardon officiel du Roy Abélard. Les enfants vont bien : ils ont été chez Inge le temps de mon absence, et maintenant nous sommes à Kersaint. Nous parlons souvent de toi ; tu nous manques. Nous parlons souvent de toi. Tous les jours. Je ne peux pas remplacer ton affection pour eux par mes histoires. Mais je leur offre tout mon amour de mère, pour que jamais ils n’en manquent. Pour qu’ils grandissent en étoiles, et non en gouffres. Maintenant, nous avons six enfants : Mylandar et les poussins s’entendent à merveille.

Prends garde à l’Oracle : il a voulu te tuer. Par les mains du Roi Abélard.
La nuit où je suis partie, tu étais dans ta Tour. Et il y avait cet œil monstrueux, luminescent, spectral, qui scrutait la forêt. J’ai fui. J’étais terrorisée par cette vision : une entité comme des grappes d’yeux, une robe faite d’yeux tissés. J’ai vu le pouvoir pur et nu d’un Apothéosé.

A Léda, Abélard me reçut dans sa salle du jugement : il exigeait la résurrection de Sire Galaad, tout en sachant que cela était impossible. Alors il me dit qu’il se vengera, et tuera celui qui est cher à mon cœur. J’ai compris que tu allais être tué dans l’heure. Et tout ça, parce qu’il y avait des prophéties d’Oracle lui faites, et des mises en garde contre moi. Qu’Oracle savait où tu étais, où j’étais, qui j’étais. Et que le Roi savait aussi, depuis peu, mais il le savait. Alors j’ai choisi d’être régicide. Sache qu’Abélard ne doit sa survie qu’à un conseil de l’Oracle.

Qu’as-tu fait pour que l’Oracle veuille te supprimer ? (oui, j’emploie bien un langage apothéosien : « supprimer » est bien le mot. L’on « tue » un être vivant, pour qui on a respect, que l’on reconnait dans son altérité. On « supprime » un objet, une gêne, une information… On « détruit » ce qu’on possède ou croit posséder, sur quoi on a / croit avoir pouvoir absolu…)
Pourquoi l’Oracle veut de détruire ? Nous détruire ?

Jusqu’où as-tu creusé dans la pomme ?

Et jusqu’où cette pomme nous a-t-elle déjà engloutis ?
C’est comme ça que cette Apothéose sombre, que tu combattais, est rentrée chez nous : peu à peu, mais un peu plus chaque jour. Sans crier gare, sans qu’on s’en aperçoive.

Quand est-ce que ça s’est délité ?

Je ne te fais aucun reproche, j’aimerais comprendre, moi aussi. Où est-ce que j’ai failli ?

Je ne prétends pas rivaliser avec l’Apothéose, ni avec ton travail, ni tes recherches… Je comprends que le quotidien simple puisse être lassant et insignifiant. Je suis consciente que je ne puis t’offrir ni reconnaissance sociale ni savoirs.
Tout ce que j’ai, tout ce que je suis, je te l’offre.
Dis-moi, que puis-je faire ?
Je ne peux t’aider malgré toi.

Que s’est-il passé ?
L’ennui ? La routine ? Mon indisponibilité, entre la maison, les enfants et mes études pour devenir druide ?...
Si on en est là, j’en suis tout autant responsable, si ce n’est plus. Par ce que j’ai fait, et ce que je n’ai pas fait. Par mon inattention.

Pendant mes voyages, j’ai vu des gens du peuple, des gens différents. Ce n’est pas parce tu es Mage et moi une Pie méfiante et prudente par nature que nous étions invulnérables aux Apothéosiens. Bien au contraire. Nous leur étions un gibier de prédilection…
Combien ai-je vu de trappeurs, d’ouvriers de manufactures, le corps extenué par leurs taches, plonger leurs esprits dans ces cristaux qui songent. Et se laisser aspirer leurs Ames, sans même s’en apercevoir.

L’on dit « Aspirant » comme « personne qui aspire à l’Apothéose » ? Ou « douce offrande, âme à aspirer par un Apothéosien » ?

Oui, j’ai connu l’Initiation. Oui, je le cache avec du terne.
Oui, il y a maintenant en moi une part  qui ne m’appartient plus, ou plutôt qui n’est plus moi. Et qui cherchera surement à me dévorer et me transformer en une simple extension de cette volonté étrangère initiatrice.

Et je me pose cette question : quid de la fusion des cinq en un aspirant sur les cinq chemins ? J’ai du mal à le formuler plus précisément, mais c’est une question sur la fusion des 5 en 1.

Jusqu’ici, il y une fontaine ruisselante : chaos, l’œuf, El et Loa, les puissances, dieux mineurs, esprits, insignifiants, mortels…
Un mouvement de Un vers Pluralité. De Un vers Multitude.

Et là, avec les Apothéosiens, nous avons une force ascendante, de la multitude vers les 5. Et pourquoi 5 et pas 1, qui les unirait ? Est-ce le Néant ? Le Chaos ? Autre chose ?
Quelle Convergence ?

Et maintenant, regarde : toute chose commence par la Fontaine, la Source du Ruissellement. La Source. Ici, c’est au cœur même du soleil qu’elle se trouve. C’est l’albatros Voyageur qui me l’a montré.
De la Source, l’Energie Libre ruissèle sur notre monde et s’y stabilisé.

Dans un mouvement en reflet, un mouvement inverse, les 5 Apothéosiens sont les 5 incarnations de l’Ombre qui dévorent la pluralité de notre monde. Ils aspirent l’Energie d’Œcoumène et de ses habitants, ses enfants.

Chaque fois qu’on plonge son regard dans un cristal qui songe, on le nourrit. Et j’ai nourri le Cristallier par mes chansons. Chaque fois que tu consultes l’Oracle, tu le nourris. Quand on actionne une clef dimensionnelle, une babiole, quand on use du panacé, on les nourrit.

C’est parfaitement analogue à l’Adoration des Puissances. L’Energie est aspirée, siphonnée, canalisée en 5 grandes rivières. Et où se rejoignent es rivières ?
Dans l’Abime.

C’est une évidence.

Minos m’a confié récemment que peu d’âmes parviennent jusqu’à son Palais d’Améthyste. Que les âmes des défunts comparaissent devant les principes qu’ils ont servis et adorés de leur vivant.
Alors si l’on suit les chemins des âmes des morts d’aujourd’hui, c’est devant le Néant qu’ils comparaissent. Ils se jettent dans le Grand Abime.
C’est que les Apothéosiens, l’adoration de leurs présents et babioles, les ont mené vers ce Néant.

CQFD

Iras-tu jusqu’à l’Abime pour les confronter, mon amour ?
Serons nous y jetés, toi, moi, nos enfants, sacrifiés dans cette lutte ?
Tu sais qu’on ne peut pas triompher de l’Ombre… Alors que souhaites-tu ?

Maintenant, je te le dis ; tu peux te bruler les ailes. Il y aura, et il y a déjà des « dommages collatéraux ».
C’est en analysant les réactions d’Abelard que j’ai cru entrevoir une stratégie possible de l’Oracle (ou autre) : pour attendre une personne, il suffit de s’en prendre à ceux qu’il aime. Car c’est dans ceux qu’on aime qu’on puise sa force. Alors il faut et il suffit de tourner cette force en faiblesse…
L’Oracle voulait « empêcher le couronnement de la Pie » (Abélard a conclu qu’il s’agissait de mon examen de Druide, comme s’il s’y connaissait, en affaires de druides !) Il fallait empêcher ça. En s’en prenant à toi. D’une pierre deux coups pour l’Oracle. Pour l’Ombre. Devines tu pourquoi ? mais parce que l’Ombre m’aurait gagnée : j’aurai non seulement chercher le vengeance sur Abélard (il n’est pas mort seulement parce qu’il était prévenu par l’Oracle et portait ce jaseran d’adamante, mais je t’assure, le craquement de ses os brisés a résonné dans la salle du trône de Villon !). J’aurais probablement cherché la destruction des Apothéosiens, alimentant toujours l’Ombre, pour les surpasser, les anéantir… et anéantir tout en dommage collatéral. Jusqu’à ma propre destruction…

Quelqu’un a dit un jour, que le pourvoir est celui de détruire. Que l’on a pouvoir sur quelque chose si on peut détruire cette chose.

Je pense que le jour où les Apothéosiens ont vu l’un des leurs mourir, ils ont compris que le véritable pourvoir est celui que la mort. Car en cet instant, la mort a eu tout  pouvoir sur chacun d’eux, et a pris l’un d’eux. Devant qui est-il comparu ? Je n’en sais rien.
Je pense qu’ils ont cherché ce qui dépassait la Mort en puissance : ils ont trouvé le Néant.
Mais c’est de là que sont nés les 7 Blasphèmes, dont les cuves d’homoncules (blasphème par rapport à Rind) et l’élixir de longévité (blasphème à Minos).
Peut-être que Rind et Minos sont le dernier rempart contre le Néant…

La puissance est une ivresse.

Elle est comme le reflet de la dissolution de soi en le monde par la destruction de son égoïsme…

La puissance est une ivresse. Ses différentes formes sculptées par l’hubris sont ivresse. La reconnaissance, le savoir, les désirs de justice ou autre, les passions, l’altruisme même peuvent avoir leurs ombres…

Crois-tu que je ne connaisse pas l’ivresse d’une reconnaissance sociale ? Une ivresse vertigineuse d’être acclamée par une foule ? C’est une sorte de dissolution non pas de moi dans le monde, mais fusion d’un monde, d’une foule, des consciences, des désirs, en moi. C’est un opiacé si fort qu’il fait tourner la tête dans une légèreté insoutenable et ô combien addictive.
C’est analogue à l’ivresse ressentie par un Apothéosien lors d’un nouvel Aspirant, lors d’une adoration : quand je chante devant une foule, parfois, je suis adorée, idolâtrée comme une divinité. Les corps ondulent comme des cobras charmés par ma voix, comme vibration de mes cordes vocales et d’air rendus visibles. Leurs gorges répètent mes refrains, comme une seule et unique voix, amplifiée, en psalmodies… En ces instants, j’ai tout pourvoir sur eux : je suis baignée, nourrie de cette adoration, de cette toute puissance.
Toi seul m’as préservée de l’ombre de cette ivresse. Je n’ai jamais chanté que pour une seule personne : toi. Peu importe le nombre de ceux qui m’écoutaient. Je n’ai jamais chanté que pour toi.
Alors cette ivresse de l’hubris glissait sur mes plumes et préservaient la sincérité de ma voix.

Je ne remercierai jamais assez de m’avoir sauvé, accueillie, protégée… Merci d’être ce que tu es pour moi, merci d’être qui tu es.

Veux-tu encore de nous ? Veux-tu encore de moi ?

A toi, mon amour,
Enara


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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeJeu 11 Mar - 16:26

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Les enfants passent quelques jours au château, avec grand Oncle Drogon. Il leur apprend à monter à cheval. Et les armes.

………………………

Depuis quand je ne dors plus ? Enfin, plus vraiment. De somnolences en rêveries… dans une sorte d’interstice entre la réalité tangible et la transparence.

Je pense que l’herbe des songes dont certains Shii abusent a des effets semblables. J’ai essayé : j’ai eu une vois encore plus enrouée que de coutume. Et j’ai fait de cauchemars. Ou plutôt j’ai plongé vers des songes d’ombres de Mara… Est-ce l’ombre de Mara qui m’appelle ? Est-ce seulement l’Ombre ?...

…………………………

Je n’en peux plus de voir des gens.

Je suis dans mes pensées, et là, il y a une voix qui brise le silence, un visage qui déchire le voile de transparence, un mouvement qui me tire en arrière et m’arrache, alors que je suis si près de … de QUOI ?

……………………………………….


Je suis perchée sur ce chêne. Depuis plusieurs jours. Surement. J’ai perdu le compte. Personne ne vient dans ce coin de la forêt. Soulagement. Solitude... Transparence…

Pourquoi ne suis-je pas retournée à la Clairière ?

Pourquoi nulle réponse à ma lettre ?

Dans les brumes de mes rêveries, je hante la Foret Noire. J’erre, à la lisière, sans jamais pouvoir rentrer dans cette clairière… Alors, par dépit ou lassitude ou je ne sais quel sentiment diffus, je pars vers un lieu encore plus sombre, où les aurores sont d’un violet translucide… Et je vais au-delà…

…………………….


Alors ? Tu cherches encore ton mage ?

C’est Crebin. Il se lisse les plumes. Aussi noires que le ciel dans les trous du feuillage.

Alors je lui dis qu’il n’y pas de « mon « mage ave une voix proche d’un croassement. Et que si c’est Dame Morwena qui l’envoie, c’est peine perdue. Alors Crebin se moque, que c’est moi qui lui parle de Morwena la première. Il dit que pas besoin de magie pour voir que mes yeux sont tournés en permanence vers la Foret Noire, en parodie d’adoration à la nadireenne.

Je lui dis que je lui ai écrit… Et alors me rétorque le Corbeau et rajoute que ma lettre a dû depuis se couvrir de poussière ou glisser dans les limbes… Et puis aussi que j’ai bien fait de partir. Que je ne suis ni la première ni la dernière…

Que je mérite mieux. Et c’est qui, ce « mieux », là c’est moi qui suis sarcastique, parce que si c’est du Rossignol Noir qu’il parle, il se fourre son bec dans le… Certes j’ai adoré chanter avec ce nouveau Sire Galaad, et le duo entre ma voix que je voue à l’énergie libre et la sienne, celle du champion de l’Ombre, a une force incroyable.

Mais rien n’est comparable à ce que ressens envers Alfadr. Rien.

Crebin est sceptique. Il raille mon engouement élégiaque pour l’énergie libre, la « liberté » et toise mes mains. Je les cache, par reflexe. Doigts longs, osseux, noueux, seule une phalange semble incongrue par sa délicatesse de jade. Non, nul anneau. Un oiseau bagué, c’est risible, n’est-ce pas ? Et pourtant oui, j’en ai rêvé, comme toute petite fille, d’une belle robe, d’un voile de dentelle, de pluie de pétales de fleurs, d’embrassades de la famille…

Il ne viendra pas, annonce Crebin solennellement. il pense que je me suis crue indispensable, mais que je le suis pas. Ni moi ni mes ritournelles, je lui réponds comme un écho, ni indispensable ni irremplaçable… juste transparente…

Crebin ne repond pas. Son plumage se confond avec les feuilles de l’Arbre. Son œil noir emplit le ciel… Est-ce lui qui est si immense de plénitude ? Est-ce moi qui suis de plus en plus transparente ?...
Une voix, un chuchotement me parvient, un avertissement : c’est dangereux, Enara… n’y vas pas… ne pars pas… reviens…


………………………………………


Je suis toujours assise sur cette branche de l’Arbre. Blottie contre l’écorce, je la sens, tangible, réelle, rugueuse.

Au-dessus de moi, un ciel ? Une ombre ? Un voile de velours noir… Si je tends ma main, je pourrai presque le toucher. Il s’étend, tout autour.
En dessous, une ombre plus profonde encore. Non, pas Ombre. Une absence d’ombre. Une absence de tout. Oui, in fine c’est une Absence.

C’est peut-être là que j’ai vu tomber les éclats du cercueil de Dame Zita, et les pétales de roses, flottant tout autour comme un dernier cortège. Je n’ai jamais eu le courage de demander comment elle morte…
C’est peut-être là que j’ai envoyé valser la page déchirée du Livre des Cranes, la Page de Diamant. Celle que Minos a nommé « ma clef de diamant »…

J’ai cette soudaine envie de la cher ma branche, et d’avancer, en équilibriste, en saltimbanque dément, au plus près de ce gouffre, de cette Absence. Comme si je n’en avais déjà pas assez… ou comme si j’en avais assez…

Oui, mes mains lâchent l’écorce d’elles-mêmes. Mes bras, mes ailes, en balancier, j’avance, plus près, plus près encore…

Qu’est-ce que tu as cru, jeune pie écervelée ?

Que tu avais une quelconque importance ? Devant qui ? Aux yeux de qui ?

Que brailler suffisait à changer le monde ? Mais jamais ô grand jamais on ne peut changer les êtres malgré eux !

Que tu pouvais te prétendre égale d’un Roy, même roitelet, sous prétexte de pouvoir compter un bâtard royal quelconque dans ta lignée ? Arrogante ! Tu es et tu resteras fille de ferme, alors ne rêve pas de palais de grandeur !...

Que ton bavardage pouvait intéresser une personne au point de vouloir partager sa vie avec toi ? Redescend sur terre, oiseau des bois, tu n’es pas de celles qu’on reconnait, ni qu’on chérit, ni qu’on épouse…

Mara avait peut-être raison, me dis-je, posant le pied, l’un après l’autre… plus près, toujours plus près…
Il n’y a même pas de Mara ici. Rien.
Ici il n’y a rien.

Tu as prétendu te dresser contre l’Ombre ? Tu as beuglé « victoire » dans la Nécropole du Mage Noir… Mais ce n’est pas toi qui l’a vaincu.
Il n’y a pas de vainqueur contre l’Ombre.

Pas de victoire possible contre l’Ombre…

J’esquisse quelques pas de danse sur la branche, tendue comme un fil, tellement cette idée est mélodieuse...

Pas de victoire sur l’Ombre…

… Et tu prétends t’opposer à l’Apothéose et aux 5 Dieux Nouveaux ?! Quelle prétention…

Qui es-tu pour arborer en parure une telle arrogance ? Oui, qui es-tu ? Toi, qui qui changes de noms et de visages dans ta fuite éperdue contre toi-même ?

Enara ? Moka ? Mayssân ? Qui d’autre encore ?

Tu étais lumière libre de l’innocence du jardin de ton enfance. Le jour où tu l’as quitté, tu t’es jetée dans les bras de l’Ombre, tu l’as accueilli dans ton cœur, l’a laissé devenir ta voix. Puis tu es devenue la Cachée, la Voilée, la Fantôme…
Tu te plains de ta transparence, mais ce voile, c’est toi-même qui l’as mis…

L’on dit les Puissances ont trois visages : l’élément ou principe, la fonction sociale, et l’Ombre.

Moka est la Sombre. Restent Enara et Mayssân.

Et voilà !

Comble de l’arrogance !
Tu te prends pour une Puissance maintenant !

Je ris aux éclats à cette pensée. J’en ai des larmes aux yeux… Les éclats de ce rire, en gouttelettes étincelantes roulent lentement dans ce Rien qui est autour de moi et l’Absence les engloutit.

Est-ce si important de savoir qui l’on est ? Si chaque instant est une poussière de l’Energie Libre, l’on ne peut se concevoir que comme un être en devenir. Et pourtant je doute de cette idée de la métamorphose pour la métamorphose : il doit y avoir un sens…

Et s’il n’y avait pas de sens ?

Mon pied glisse et je me rattrape de justesse et m’agrippe à la branche.

J’ai le vertige tout à coupe et j’ai peur.

S’il n’y avait pas de sens, la seule réponse à toutes les questions aurait été « à quoi bon … »
S’il n’y avait pas de sens, il n’y aurait eu que le Néant…

Il n’y aurait pas eu d’étoiles… pas de vie… pas de conscience… pas de joie… pas de doute… pas d’amour… pas de soi… pas d’Autre… pas d’aurores ni de crépuscules… pas de fleurs pas de clairière… pas de neige pas de primevères pas de pluie pas d’arcs-en-ciel pas de papillons pas de soleil pas de lune pas d’oiseaux… pas de couleurs pas de chansons pas d’histoires pas de parfums… pas de parfum d’enfants, ce m’mélange indéfinissable de duvet de sommeil de lait de douceur de rires et d’amour infini… pas de parfum de la magie… pas d’amour…

Je rampe sur cette branche, ce fil… Un jour il m’a dit que nous sommes les liens d’affection que nous tissons avec d’autres, j’ai du mal à retrouver la formulation exacte.

J’ai du mal à formuler quoi que ce soit, je rampe, en claquant des dents, sur cette branche, cette racine qui puise en mon cœur et qui le nourrit à la fois. Je m’agrippe, griffes, chair et os, scandant comme une litanie, une prière, les noms qui me sont comme un battement de cœur… Comme un écho, un murmure, devant, au loin… Ou est-ce moi l’écho de cette voix ?...

Je sens que la sève – mon sang – coule, imbibe la branche. Je sais que ce sont mes souvenirs… Je sais qu’une goutte va tomber. Je sens confusément que quand – oui, « quand » et non plus « si » - je ramperai suffisamment vers l’Existant, l’Absence boira ma sève, en/un souvenir…


………………………………

Est-ce important ? Est-ce anodin ?
Qu’est-ce ?

……………………………………………..
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeLun 15 Mar - 0:01



Mylène Farmer / N’oublie pas


projet de duo avec Rossignol Noir Sire Galaad. Hymnes oubliés aux Puissances.


C’est la beauté de ce monde
Dans les sept lumieres des songes
J’entends leurs voix
Brillent leurs eclats
Dans mes mots
Je chante l’Autre

Cause in all worlds I come upon
I never saw annother one
That sparkled like a diamond in the sun

Pour les Puissances dans leurs palais
J’offre ces hymnes oubliés
Du temps

We know
We know

Ma voix dit
Jamais
N’oublie pas
Chanter pour une étoile
Jamais
N’oublie pas
Love you wherever you are
Au cœur de l’univers
It’s adoration everywhere
Jamais
N’oublie pas
Ma voix
Au cœur de l’univers
World is magic everywhere
Jamais
N’oublie pas
No no


Dans nos ciels sont les Puissances
Comme les phares de la mémoire
J’ecoute leurs voix
Don’t be so blind
Be lost
But now I finally know

Dans ce ciel immense et froid
Je guette les signes qu’ils m’envoient
With adoration we make shine the stars

And even on the silent sea
Your constellation carries me
Back home
You know

Quand l’horizon dit
Jamais
N’oublie pas
Conduite par une étoile
Jamais
N’oublie pas
Love you wherever you are
Au cœur de l’univers
Adoration is everywhere
Jamais
N’oublie pas
C’est moi

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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeLun 15 Mar - 14:53




Mylène Farmer - Optimistique-moi


projet (duo avec Rossignol Noir Sire Galaad) : glorification/renaissance des Puissance

Gloria In Deorum


Tu te tiens dans la lumière
Des convictions éphémères
C’est ça
La voix des sens
Elles te dénudent elles t’enlacent
Te caressent de leurs grâces
Parfum  
D’existence
De l’offrande en sacrifice
Un supplice et un délice
C’est ça l’amour
C’est par amour
De l’Emeraude à l’Améthyste
Mon homélie est déiste
C’est ça l’amour
La voix du ciel est silence

Des palais stellaires
Aux mausolées en ruines
Pour vous sont ces vers
Devant vous je m’incline
Adoration est
Ma voix
Poussière étoilée
Quand j’ai froid

Du feu de Diomède
A la mer de Cyllène
Je sème en aède
Mes plumes de Philomène
Adoration est
Ma voix
Leurs trois visages en moi
Flamboient

Tu caches dans ton cœur une ombre
De passion sous les décombres
C’est ça
Retrouve le sens
La mort n’est pas chose morbide
Quand c’est Minos qui te guide
Vers la
Renaissance
Japhet, Ladon : terre et ciel
Tous enfants de Loa et El
C’est ça l’amour
C’est par amour
Quand Sygin embrasse Mymir
Le Chaos devient Désir
C’est ça l’amour
La parure de l’innocence

Des palais stellaires
Aux mausolées en ruines
Pour vous sont ces vers
Devant vous je m’incline
Adoration est
Ma voix
Poussière étoilée
Quand j’ai froid

Du feu de Diomède
A la mer de Cyllène
Je sème en aède
Mes plumes de Philomène
Adoration est
Ma voix
Leurs trois visages en moi
Flamboient

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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeLun 15 Mar - 20:00

Sequoia de 2mois


Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Sequoi10[/url]






A l’équinoxe de l’an 18 les triplets ont eu 4 ans. Déjà… Et les jumeaux 2 ans et demi. Il était plus que temps de commencer une instruction digne de ce nom.
C’est peut-être ce que me chuchotait ce jeune Sequoia aussi : lui aussi voulait grandir. Comment l’appeler ? Parce que les Arbres ont aussi des noms. En fait il avait déjà un nom : HANSKA, il me l’a dit, ça veut dire « grand ». Parce qu’il sera grand. Mais pour l’instant, je lui ai dit, il était petit, et il allait grandir, comme tous les enfants, avec les enfants.

Et c’est ce que j’ai expliqué aux enfants. Aux miens, quand j’ai fait les présentations, et aux autres enfants qui nous ont rejoint, pour un conte ou une histoire, pour une journée, pour plus… Il y avait des enfants de tous âges, des plus jeunes, comme mes jumeaux, aux plus âgés, d’une douzaine d’année. Des enfants de Kersaint, mais aussi de l’Ile de Printemps. Des enfants dont les parents étaient des adorateurs d’El, quel que soit son visage, ou de Loa (car nombreux étaient des enfants sang mêlés Shii et humains) ou d’autres Puissances… Tous étaient les bienvenus. Parfois avec leurs mères, ou leurs grand-mères. Certains restaient toute la journée, d’autres seulement le temps d’un conte et puis retournaient à leurs occupations.

Installés sur l’herbe, sur des nappes ou les capes, les enfants m’écoutaient. Comme jadis j’écoutais Ava et Paloma. Alors la Mémoire me chuchotait les anciennes légendes et je le transmettais à mon tour. Je savais que l’enseignement de Druide est loin d’être simple, alors j’adaptais mes cours en fonction des enfants. Le matin, je ne voyais que les plus vaillants, les plus motivés (nous commencions avec l’aurore, et j’emportais toujours de quoi restaurer une dizaine d’affamés), je sollicitais la mémorisation et une grande capacité de concentration. L’après-midi mes histoires étaient plus simples, plus accessibles, et j’avais plus de monde.

Au bout de quelques semaines, j’ai remarqué des jeunes élèves-mages d’Arcimboldo. J’ai fait des gros yeux à chacune de leurs tentatives de prendre des notes : l’oralité était ma condition. Je leur ai expliqué le tabou de l’Ecriture et le blasphème que constituent les trois ouvrages de l’Energie stabilisée (oui, je mets le Livre des Astres dans le tas, il est le premier Blasphème). Certains s’en sont désintéressés, de mes contes assez rapidement, n’y voyant qu’une distraction et « folklore local ». D’autres sont restés une saison, mais ont finalement préféré une instruction plus traditionnelle, dans la lignée des Universités de Magie de Théthys.  

Trois se sont accrochés, se sont pliés aux exigences et sont restés :
Gwendal, jeune homme qui a fait sacrifice de son bras à Diomède lors des batailles pour l’Ile du Printemps (ancien habitant de Riverais, il a pu s’installer sur l’Ile, car la nouvelle Comtesse n’avait que faire d’un infirme).
Floraelle, une sang mêlée Shii, jeune adolescente au regard envoutant et pétillant de malice (je pense qu’elle doit aussi avoir une ascendance farfadet pas si lointaine que ça), une cousine de Loom (pardon, Prince Loom)
Lorenzo, qui avait suivi depuis Dandollo ce cher Magister Arcomboldo, un homme insignifiant en apparence et peintre de génie selon toute la cité d’Ogier.
Et deux jeunes Nadiréennes, Louna et Lina, cousines et parenté éloignée de Kassim (la branche qui avait du sang de djinn), mais il faut dire que Kassim a de la parenté dans tous les ports marchands d’Œcoumène…

Et des ribambelles de gosses…


Un jour j’ai clairement dit à mes cinq « apprentis » que l’écrit n’était pas mon fort et que je vouais aucun inconvénient à ce qu’ils enseignent des alphabets et des langues, ou dessin, ou danses, ou des théories de la magie…

Et du coup l’enseignement est devenu beaucoup plus diversifié et encore plus vivant. Ça me donnait et un peu plus de temps libre, et une possibilité d’apprendre.

Pour les jours de mauvais temps, nous avons monté une petite grange autour du Sequoia Hanska, avec des branches et des toiles ; on verra ce qu’on en fait pour l’hiver.

J’ai commencé à travailler sur des chants pour une revivance de l’adoration des Puissances. J’aimerais proposer au Rossignol Noir Sire Galaad un concert en duo. Et aussi renouer avec les Cristaux qui songent : Moka l’insouciante ne chantait que par les cristaux, alors pourquoi en avoir peur ? Je suis une Aspirante, après tout… Et un concert… Ou plusieurs ?... Le ferait-on à Villon, Léda ? Ou irons-nous plus loin, à Beryl par exemple ?
J’aimerais bien aller à Beryl…

Est-ce parce qu’Alfadr est à Beryl ? Je ne sais pas. Surement. Il me manque terriblement. Et aux enfants aussi…

Je ne sais pas comment il a su pour mon « diplôme » de Druide Barde. Je ne le crie pas sur les toits (et ne porte que très rarement la toge blanche, trop salissante à mon gout, et l’écharpe bleu de Villon, une couleur si particulière, vibrante, qu’on trouve aussi dans les vitraux des cathédrales du Phénix). Cela faisait plus d’une année que je n’avais aucune nouvelle de lui… Il a su trouver un présent qui nous ressemblait à tous les deux, un lien entre nous. Un enfant de Rind, un arbre, et de Mimir, la Puissance de la connaissance (et donc tout de même une Puissance tutélaire des Mages). Un rappel de l’Oracle, mais par l’œil indigo, limpide, comme seul le destin peut l’être, de Mimir.

J’aimerais me rendre à Beryl. J’aimerais faire renaitre, ici, à Kersaint, une clairière enchantée des arbres des puissances. J’aimerais que les Puissances revivent, qu’elles soient plus présentes, plus adorées, plus tangibles… j’aimerais que le Néant recule.

Néant, c’est ce que j’appelle l’Absence…

Et je essence terriblement cette absence.

J’aimerais tellement revoir Alfadr…

Je n’ose pas retourner dans la clairière de Martin. En fait, si, j’y suis retournée, plusieurs fois, mais uniquement auprès du Chêne de Martin : je lui dépose quelques fleurs, je m’occupe du bourgeon de l’Arbre de Rind et de Minos. Mais je ne me montre pas et ne quitte pas la forêt, je ne suis pas rentrée dans la clairière, ni dans la chaumière… C’est comme si quelque chose ou moi-même qui m’avait érigée une barrière ; comme s’il y avait un gouffre, et que je n’arrivais pas à sauter par-dessus, et quand je m’approchais, il s’élargissait de plus en plus…

Argantael dit qu’il va merveilleusement bien dans le meilleur des mondes possibles. Pourtant il y a cette absence de Menorah et des enfants, je ne les ai toujours pas rencontrés. Je ne comprends pas Menorah : une épouse d’un seigneur, d’un châtelain, un guerrier, sait à quoi elle s’engage. Elle est comme épouse de marin ou de pécheur qui partent des jours ou des mois en mer, jamais certains de rentrer. Et la femme tient le château, le domaine, le foyer. La Châtelaine, quand elle se marie, porte l’anneau non seulement de l’affection (parfois c’est même tellement secondaire) ou d’alliance, mais l’anneau du Devoir. Je ne comprends pas le départ de la Comtesse Ménorah. Son devoir est d’élever les héritiers ici, à Ogier. De s’occuper du domaine en l’absence du Comte. Elle n’est pas Comtesse de Zohar, à ce que je sache… Mais je ne veux pas la blâmer…
Je sens que ni elle ni Argantael ne sont pas aussi heureux qu’ils le prétendent. Et les enfants ?...

Et moi-même ?
Suis-je heureuse ?

D’une certaine manière, je suis comblée : je suis une jeune Druide-Barde (avec tout ce que ça implique, j’espère seulement que ça ne me montera pas à la tête), je suis Druide de Kersaint, héritière d’Ava. J’ai des apprentis, une sorte d’école (avoir des apprentis est l’une des obligations d’un Druide, ainsi que d’enseigner, de juger et d’arbitrer, de soigner, d’être Gardien du Savoir, Mémoire et Voix. Entre autres.). J’ai des projets... Des chansons plein la tête. Des voyages…
J’ai une famille. J’ai des enfants. Des responsabilités.
Et j’ai tellement envie de pleurer certains soirs !... Alors quand il pleut, tous les prétextes sont bons pour erre sous la pluie, et rentrer, s’essorer les cheveux, essuyer les yeux et rassurer avec un sourire « ce n’est que la pluie ! »
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeMar 16 Mar - 16:20



Mylene Farmer - Que Mon Coeur Lache



Que mon cœur lâche


Les yeux hagards
Par mégarde
L’hiver a suivi le printemps
Mon navire part
Aucune carte
Et se perd sur l’hélice du temps
Gouffre entre nous
Le silence
Sur les parvis cyclopéens
Des mots tabous
Quand l’Absence
Me mène danser vers le Néant…


Que mon cœur scande
Les hymnes
Des légendes antiques
Ma voix s’étrangle
De rimes
Couleurs éclectiques

L’âme est si pale
Sous l’œil
Du Juge d’Améthyste
Otez ce voile
Linceul
Mon De Profundis


Vide sidéral
C’est brutal
Personne ne vous entend hurler
Je m’amalgame
Au flux des âmes
Qui ondulent en ruban violet
Voile de silence
C’est l’Absence
Dans l’écho de ces mausolées
Métamorphose
De toute chose
Sygin m’enserre dans ses reflets



Que mon cœur lâche
Et brûle
La cage thoracique
Quand l’encre tache
Et coule
En mots mélodiques

L’âme est si pale
Sous l’œil
Du Juge d’Améthyste
Otez ce voile
Linceul
Mon De Profundis
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeMar 16 Mar - 20:36



Mylène Farmer / California




Vaisseau stellaire
Sur le départ
Mais pour tout l’or m’en aller
Un gout amer
Mais trop tard
Les voiles sont déployées
Viennent la nuit
Et sa douceur
Et je me meurs
Je fuis l’absence
Comme dans une danse
Aux mille lueurs

Changer de look
Au cours des routes
Comme un reflet dans un miroir
Transparence
Du silence
Je me dissous dans l’air du soir
Mon étoile
Me dévoile
Par son absence
Ombre pale
Des pétales
Je chante une existence

C’est si beau les astres dans l’infini
Dans mes mains j’égraine leurs couleurs
Les palais des Puissances sont à l’oubli
Leurs silences résonnent dans mon cœur


Glisser les gouttes
D’or et d’argent
Comme la pluie au bout des doigts
C’est le doute
Qui m’étreint
Nœud coulant d’un au-delà
Si Mimir
Peut fléchir
Le fleuve du temps
Je pourrai
M’enivrer
D’un long printemps

L’eau de Syllène
Berce les peines
Eparpille les horizons
Je vais seule
En aveugle
De cœur et de raison
En vestale
Je me voile
De mes chansons
L’existence
N’a de sens
Que nous lui donnons


C’est si beau les astres dans l’infini
Dans mes mains j’égraine leurs couleurs
Les palais des Puissances sont à l’oubli
Leurs silences résonnent dans mon cœur

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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeMar 16 Mar - 21:16




Mylène Farmer - C’est dans l’Air


C’est dans l’Air

La vanité, c’est laid
La trahison, c’est laid
L’avarice, c’est laid
Le mensonge, c’est laid
La cruauté, c’est laid
Créer les guerres, c’est laid
La calomnie, c’est laid
L’empire du bien, c’est laid aussi

La finitude vous dérange
La maladie vous démange
Vos belles richesses sont une fange
Car l’amour vous est étrange

Au néant allez-vous pendre
Quand Œcoumène sera cendres
Sera vendu c’qui peut s’vendre
Au plus offrant sans attendre

C’est dans l’air, C'est dans l'air,
C’est la poussière de lumière
Respirez, happez-la,
Jusqu’au cœur va son éclat

C’est dans l’air, C'est dans l'air,
L’éphémère au gout amer
Sous le règne de l’incertain
Nul ne peut fuir son destin

C’est dans l’air, C'est dans l'air,
C’est millénaire
Les empires naissent dévorent
En charognards, âmes et corps

C’est dans l’air, C'est dans l'air,
La folie totalitaire
En voulant être des dieux
Nous brisons et terre et cieux

Et moi je chante
Moi je m'invente une vie…


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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeMer 17 Mar - 18:54

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Je me suis rapprochée de mon père, Ayden, le jeune forgeron. Ce n’est pas que nous étions distants, mais nous évitions de faire étalage de nos liens de parenté. Gwenaelle, sa femme, n’a jamais mu avoir d’enfants. Pas faute d’avoir essayé, elle a souvent été enceinte, mais elle n’a pu porter aucun à son terme. Elle a dû arrêter de vouloir défier ce destin triste quand elle-même a compris que c’est sa vie qui était en danger, de plus en plus. C’est ce qu’Ava lui a dit et répété. Il y a des choses que même la magie ne peut guérir. Mimir et Rind n’ont pas voulu que Gwenaelle devienne mère… Pourquoi ? Nul ne le sait. Alors il a fallu des années, des années de souffrance pour le comprendre et l’accepter.



C’est peu après mon retour que mes relations avec Ayden et Gwenaëlle se sont améliorées. Nous étions en visite au village, et Elentir a glapi joyeusement « J’vais voir Grand-père ! » devant la forge, et évidemment la ribambelle curieuse l’a suivi, et j’ai entendu comme un tas de casseroles qui s’écroule, et un silence. Et puis Ayden est sorti, entouré de ses petits-enfants. Et Gwenaëlle, affolée par ce grabuge est sortie aussi, et nous a invité dans la maison parce que selon elle les enfants sont toujours affamés, et finalement nous avons pu discuter et les enfants l’on adopté. J’ai été émue de voir Gwenaëlle qui tout à coup n’avait plus assez de genoux pour les accueillir tous les cinq ni assez de bras pour les câliner.

Et puis il était trop tard pour repartir, et les oisillons dormaient déjà. Alors nous sommes restés. Et c’est comme ça que mes oisillons ont trouvé encore un nid… Et je sais que Gwenaëlle leur sera une belle-grand-mère formidable…

Ava, ma douce Ava, partira bientôt ,je le sens. Ma cousine Domino aussi, elle n’était qu’en visite. Mon oncle, Drogon, a rejoint, paisiblement, ses aïeux. Ma mère, Paloma, était sur les routes, quelque part dans les mondes célestes…

Je crois qu’Ayden aurait été très malheureux s’il avait épousé Paloma : elle n’est jamais restée plus de quelques mois en place ! Ou peut-être c’est parce qu’il n’a pu la retenir qu’elle est partie… je ne sais rien. Et je n’en saurai jamais rien, c’est leur histoire… Serait-elle devenue Barde se elle avait une famille, un mari, une maison ?... Se serait-elle sentie en cage ?

Je ne me suis jamais sentie en cage dans la Clairière… J’y étais heureuse. Les trois premières années, mes trois années de printemps perpétuel… Triskel me manquait, bien sûr ! Et je devais me cacher, j’ai pris une nouvelle identité… Mais j’ai été heureuse !

Et Alfadr ?  Peut-être c’est lui qui s’est senti piégé ? Peut-etre, qu’au fond, ce n’est pas ce qu’il désirait ?...

Je relis cette courte lettre, ces quelques mots qui accompagnaient le grand Sequia : « Toutes mes félicitations. Alfadr »
Bref. Concis. Minimaliste. Impersonnel… Oui, ça fait impersonnel, ces quatre mots, après un silence de plus d’une année. Ça fait un mot par trimestre…

Au moins je sais qu’il est à Beryl, ou y était.

Peut-être il se sentait en cage… Peut-être  que j’ai été simplement trois ou quatre pages dans un livre… Peut-être tout simplement il a reconstruit sa vie. Ailleurs. A Beryl ? C’est bien la Nouveau Monde, une terre de seconde chance…

Devant mes yeux s’impose d’elle-même l’image d’une jeune beauté Béryléenne, grande, blonde, à la peau halée, aux courbes harmonieuses à la perfection… Oui, un corps de déesse de Solon, comme celui d’Ada Green, délicat, éternellement jeune, aux proportions inhumainement parfaites. Ça me rappelle comment j’ai pleuré à la vue d’une simple empreinte de pied menu de Dame Zita dans la neige, le comparant à mes orteils osseux.  

Et si c’est le cas ? Qu’ai-je à dire ? Rien ! Je n’ai rien à exiger ni à mendier. Je ne peux que m’incliner devant ses choix. C’est aussi ça les lois de la liberté absolue…

Un serment, c’est un lien, un rappel de promesse, c’est comme un bâton sur lequel on s’appuie quand il est pénible de marcher… je n’ai jamais demandé de serment à Alfadr… Je n’avais que trop en tête ce vertige de chute des pétales de roses dans l’Abime, les roses du serment… Un serment de Mage est une chose grave et lourde de conséquences. Ce ne sont pas des paroles à la légère. Ce sont des mots qui façonnent le réel, la structure même de la réalité…
Je n’ai pas de fait de serments à Alfadr : je n’ai pas besoin de corde de rappel, je n’ai jamais connu d’autre que lui, je n’ai jamais regardé un autre homme que lui…

La liberté est aussi et surtout celle que l’on reconnait à l’Autre.

En aurai-je la force ?

J’ai en tout cas assez de force pour soulever la vieille hache d’Ava, toujours aiguisée, et l’abattre, avec acharnement, sur les grosses buches de bois sec – j’ai besoin de bois pour le poêle – je passe mes nerfs, oui, comme me le font remarquer ce groupe de corbeaux qui s’envolent avec un croassement sarcastique.
Je n’ai pas le droit de me laisser aller à mes doutes, à ma tristesse, pas devant les enfants ! Alors je serre les dents, et mon bras se lève, et la hache s’abat sur la buche, la scinde en morceaux plus fins, plus petits, des éclats de bois volent… Est-ce ma colère que j’essaie d’éclater en débris éparpillés ? Est-ce à l’image de ma vie actuelle ?... Mon moi, ce bois sec et mort, éclaté entre les iles, entre les ombres et les lumières, et qui finira en bucher et en étincelles…

……………………………………..


Je parle aux arbres. Ils sont le meilleur public qu’une Pie Bavarde puisse avoir : ils sont patients, ne coupent jamais la parole et ont tout leur temps pour l’écouter. On peut tout leur dire.

J’ai finalement enlevé la branche de l’Arbre de Rind et de Minos du Chêne Ogier : l’arbre ancestral l’a suffisamment fortifié pour que je puisse la replanter dans une terre humide et douce de la forêt de Kersaint.  Et ça a bien pris. Et je sais aussi que son plant « jumeau », dans la Clairière a bien pris aussi : c’est un peu un mont entre mes deux terres…

Les arbres ont une grande place dans l’enseignement. Le mien et celui que j’offre. Je tiens à ce que les enfants puissent reconnaitre les arbres, les fleurs, et tous les habitants de notre forêt. Et aussi pour leur éviter de manger n’importe quel champignon, un accident est si vite arrivé…
Du coup nous passons beaucoup de temps à arpenter les bois.
Et puis on revient à notre Sequoia, Hanska.

Lui, il est patient. Il écoute tout ce qu’on lui raconte. Et il adore les histoires, c’est lui qui me l’a dit. Il m’a laissé entendre aussi que tous les arbres de la forêt discutent…
Que chacun a ses préférences, ses gouts propres. Que lui aime mes chansons inspirées des écrits de Martin, par exemple. Mais qu’un autre Arbre préfère celles plus mélancoliques. Hanska ne parle pas beaucoup ; il écoute.


………………………………………………


Je travaille sur un projet : une série de chansons en l’honneur des Puissances. Je voudrais raviver les souvenirs des anciennes croyances. Ce n’est pas une question de ravir à El ses ouailles. Non, El a une belle part d’adoration. Tout comme Loa, indirectement : tous les Mages lui vouent adoration voilée. Mais les sept (ou huit) c’est délicat : leurs palais sont vides, et les adorateurs ne s’y bousculent pas sur les parvis. Comme disait Minos, peu d’âmes parviennent aux Astres… nombreux se perdent en chemin et dans le néant : le nihilisme est ce qui ronge ce monde.

Je sais que mes ritournelles peuvent avoir un certain écho dans le cœur des gens. J’ai un peu inspiré la Troisième Faction, les Modernes, des Mages de Leda. Et aussi certains Mages de l’Université de Dasein… Et aussi d’autres gens…
Alors, je me dis que chanter l’adoration des Puissances sera une bonne chose. Peut-être ça trouvera résonnance dans les cœurs…

J’ai pris aussi mon courage à deux mains et j’en ai fait part au Rossignol Noir. J’ai composé certaines chansons pour être des duos… Et comme il a connu aussi des montes célestes … enfin, sous un angle diffèrent … enfin, j’ai proposé … et Sire Galaad est d’accord. Bien que légèrement sceptique et surpris par ce que je propose : les Cristaux qui songent.  En complément des récitals.




…………………………………………………..



Je rencontre Barak Sparkle à Léda, sur le parvis du temple de l’Apothéose. Grand, bien deux têtes de plus que moi, svelte, son visage arbore ce sourire charmeur des Bérylien, qui fait briller les crocs et fait plisser les yeux sur commande, (il semble compter dans ses aïeux lointains des habitants du sud de Pardès, et dans les plus récents des colons béryliens d’il y a un ou deux siècles). Gestes déliés et assurés, voix posée, légère, mondaine. Tout en lui respire ce rêve bérylien, si cher aux concordiens : la « cool attitude ».

Nous nous entendons bien de suite. Je ne cache pas que je suis une Aspirante. Lui est fier de suivre la Voie du Cristallier (il n’est pas quarteron pas encore, et le terme qu’il emploi me fait plus penser à « une part de quiche » : on coupe bien une quiche en 8 morceaux, ou en 6, c’est selon… Enfin, nous ne sommes pas des boutiquiers, mais des Artistes, et des hommes – et femmes – d’affaires).

Evidemment Barak connait Moka Garolo alias Enara de Kersaint. Il connait mon style et trouve qu’on peut améliorer considérablement le « look » artisanal des visions. Et mon « look » à moi également. Il me demande si je ne suis pas complexée par mon nez. Oh, vraiment, c’est un hommage au Troubadour Cyrano, ton bec de corvidé, my dear ! J’ai dû faire une drôle de tête, parce qu’il a changé de sujet, et s’en prit à moi tout entière : le Panacé, il faudra y penser, jeune Barde ! Non pas pour guérir, mais pour améliorer… improvement… The key tu your absolut success ! continuous improvement … La jeunesse est clé de réussite, et tu es jeune, et … hmm… originale … pretty … mais aucune jeunesse n’est eternelle sans un petit coup de pouce (et un clin d’œil en direction du Temple)…

J’ai patiemment avalé cette soupe de couleuvres à l’exhausteur succulent de notre future coopération et promis de réfléchir  à tout ça.

j'ai vingt cinq ans et aucune ride :
Remballez votre panacé !
mes crèmes de soin sont "made by Druide"
jamais égalées jamais dépassées.

Et je suis repartie avec un contrat, que j’ai fait lire et compléter à Hubert, avant de le signer.


C’est là que j’ai compris ce que « tripalium » peut signifier…

Tout d’abord, Sire Galaad est un perfectionniste. Et il est très difficile de travailler avec un perfectionniste. Sur ce point, il a dépassé Barak Sparkle (et l’a même rendu fou certains jours).

Ensuite, j’ai dû m’installer pour plusieurs semaines à Léda : la change mentale et l’effort physique me rendaient impossible les voyages quotidiens à Kersaint, j’étais extenuée.

J’ai dû me plier à des « relookings » divers, variant en fonction des chansons et des visuels adaptés.

J’ai dû apprendre à danser et me mouvoir plus « cool » et moins « old-fashion way », mais tout en gardant mon charme villonnais, my dear.

J’étais entourée de musiciens, de costumeurs, de maquilleurs (ceux du Sire Galaad, parce qu’il n’en acceptait pas d’autres), de conseillers  et de Barak Sparkle, chef d’orchestre de tout ce beau monde.

Pour les récitals, on a préféré attendre un peu. Il y a eu deux récitals confidentiels, un à Léda, un à l’Ile du Printemps (à l’occasion d’un rassemblement de Bardes et de Ménestrels et artistes divers). Mais rien de trop spectaculaire.
Déjà à Léda, quand j’ai rejoint Sire Galaad pour deux duos lors d’un de ses récitals à l’Opéra, j’ai été abasourdie par l’effet que sa voix a sur les foules. Il est idolâtré comme un dieu ! Plusieurs personnes se sont évanouies, il y a eu des cris, des larmes… Je ne me sentais pas prête pour m’engager dans une telle voie, et j’étais épuisée par ce travail avec Mr Sparkle !

Mais ce « tripallium » a eu du bon, un peu comme la sueur qui coule sur le front quand je coupe du bois pour la cheminée.

En quelque sorte, j’avais besoin de prouver que je peux chanter encore, me renouveler, en tant qu’artiste. Mais sans me renier (je ne suis pas vraiment adepte de la contorsion draconique avec tout ce que ça sous-entend…)

Je veux prouver que je suis capable de … enfin … que je ne suis pas qu’une campagnarde…

Bon, j’arrête de tourner autour du pot comme une pie autour d’un os à moelle : je voulais me faire entendre par-delà l’Océan Infini, par Alfadr.

J’ai lancé ma bouteille à la mer…

C’est dans les cristaux, c’est dans l’air,
C’est ma bouteille à la mer
Que les flots portent mes chants
Jusqu’au pays du couchant
Dans tes mains je les dépose
Sous le soleil de l’Apothéose…


Dernière édition par Jezabel Charlotte le Lun 22 Mar - 19:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeVen 19 Mar - 12:22



Julia - Et toi mon amour




Pour vous, Dieux Oubliés

Pour vous, Dieux Oubliés
Idoles de mausolées
Je chante ces couplets
Les prières de mes reflets

Pour vous qui êtes éternels,
Que brille sur vos autels
La magie des arcs-en-ciel
Comme pour Loa et pour El

Pour vous, Dieux Oubliés,
Phares dans ma nuit étoilée
J’offre mes rêves étiolés
Les prières de mes couplets

Je vous chante mes cantiques
D’idéal peu idyllique
Iconoclaste iconique
Sans contorsion draconique

Le feu de Diomède
Me brule, et pas de remède ;
Sur les routes me mène
Ma vie comme chant de Syllène

L’amour ne peut s’exiger
Ni adoration forcée.
L’esprit se tait, insensé,
Quand le cœur est embrasé

Folie que j’ose
Aimer sans clause
Prière supplique
Triste cantique
Apothéose
De ronces et roses
Folie passion
Adoration



Pour vous, Dieux Oubliés,
Je chante la majesté
De Ladon dans l’envolée
Des oiseaux en fin d’été

Et je braille à tue-tête
Quand le ciel tombe en gouttelettes
En diamants de mille facettes
Comme les gemmes de Japhet

Pour vous, Dieux Oubliés,
J’arpente vos forêts
Que Rind a coloré
De verts et de mordorés

Et que me pardonne Sygin
Ma vie est aussi une ruine
Sous mes airs de citadine
Je pleure comme une vraie gamine

Je cherche en délire
La sagesse de Mimir
Mais nul ne peut me guérir
Ni d’amour ni de désir

J’éparpille mes reflets
De l’émeraude jusqu’au violet
Des palais aux mausolées
D’adoration constellés

Folie si j’ose
Apothéose
Prière hélice
D’ivresse supplice
Folie si j’ose
Aimer sans clause
Amour passion
Adoration



Et toi, mon amour,
Me pardonneras-tu un jour ?
Me suis-je perdue au détour
D’une route sans retour ?

Et je cherche ta présence
Jusqu’aux palais des Puissances
Dans la poussière du silence
Mon cœur cherche l’Esperance…

Folie et j’ose
Aimer sans clause
Prière supplique
Triste cantique
Apothéose
De ronces et roses
Amour passion
Adoration

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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeVen 19 Mar - 14:26

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Petit bilan de mon « tripallium » orchestré par Mister Barak Sparkle…

Ce n’est pas qu’une phalange que j’ai mis dans l’engrenage, mais le petit doigt tout entier…

J’ai ouvert un compte dans la Banque Apothéosienne.
Maintenant les recettes de mes ritournelles sont en partie dans un coffre à Ogier (il parait que c’est toujours bien d’avoir quelques pièces sonnantes, et puis ça écluse les maigres ardoises dans les terres de Kersaint-Ogier).
Nous avons aussi, à nos deux noms avec Alfadr un compte dans la banque du Veau d’Or (il est géré par Anvar) : pratique lors des voyages, et aussi pour des transactions via des cristaux qui songent, pour dénicher et se procurer des livres…
J’avoue je ne m’en occupe ni de l’un ni de l’autre ; je n’ai ni compétences, ni intérêt. Mais je suis reconnaissante à ceux qui le font : Anvar et je ne sais qui !

Et j’ai les pommettes qui luisent à force de les faire couvrir de fards par les « plâtriers elfes » (c’est comme ça que j’appelle les maquilleurs/habilleurs, et ceux de Sire Galaad sont plus que maitres de leur art ! (non, le panacé n’est pas pour moi, my dear, je n’aspire pas à devenir « part de quiche » !).

Et on a repris quelques chansons anciennes à succès…

Et n’empêche je suis beaucoup plus à l’aise en récital ! Enfin, ça dépend… quand il y a trop de monde c’est plus difficile. Et chanter avec le Rossignol Noir c’est franchement intimidant !
Quand j’ai un peu de temps, je préfère aller chanter à La Femme à Barbe !
Là au moins je peux desserrer le corsage brodé (très élégant, certes, mais quand ça serre trop les cotes, c’est une torture), enlever toutes ces broches et épingles de mes cheveux tirés dans des tresses entrelacées « so druide-like » qui donnent un mal de tête, je peux reprendre mes gousli et chanter un peu, bavarder beaucoup et écouter d’autres ménestrels, bardes, troubadours, baladins et artistes… Mais je tiens ces rares escapades secrètes (et passe par plusieurs miroirs pour y accéder, prudence au cas où !)



Mister Barak dit que je suis prête pour Beryl. Que San Gabriel est faite pour des ménestrels comme moi, et que moi je suis parfaite pour cette cité proche d’Elyseum…
Non ! Je ne me sens pas prête pour Béryl ! Pas encore…


Je me demande si ces quelques chansons sont capables de souffler sur les braises de l’Adoration des Puissances et les faire un peu plus « revivre »…
C’est tout de même paradoxal : user des Cristaux qui songent pour un « revival » des anciens cultes ! Mais suis-je à un paradoxe près ?
Quid du « principe de non contradiction » ? J’ai l’impression de m’asseoir allègrement dessus ! Mais cette approche « draconique » me plait, ou plutôt, elle me parle. Après tout, les humains sont enfants de toutes les puissances, y compris de Sigin…
Il y a une filiation : de la dualité née du Chaos, on passe à l’œuf. Puis à El et Loa, ou plutôt déjà à l’Adoration et la Magie. Et de l’Adoration des Puissances, on en vient à la Magie des Cleptomanciens. Et de la Magie nait l’Apothéose, renouant avec l’Adoration.
El/Loa donnent naissance à Mimir (par exemple), qui lui offre la Magie de la Connaissance, et donne naissance indirectement et plus tard à Oracle Apothéosien (et aussi au jeune Dragon de Nuwa…). J’aurais aimé en parler à … Alfadr, lui, aurait su m’expliquer, expliciter les théories à ce sujet !
Mais peut-être je devrais, à défaut, poser les questions à Mimir lui-même ?...



Je me suis retrouvée pendant ces jours, semaines, dans une sorte de bulle ou d’interstice mental, un état d’ivresse, accentué par le peu d’heures de sommeil… Et je faisais des cauchemars…
Parfois j’ai l’impression de me perdre dans les cristaux, de n’être qu’un songe parmi d’autres, d’être une facette de l’œil monstrueux de l’Oracle…
Parfois je marche dans un long couloir, je vois Alfadr, loin, au bout, je cours, et le couloir se rallonge, encore et encore, jusqu’à l’infini…
Parfois je revis ce conte, l’histoire du Pêcheur et de la princesse Shii ; je marche à sa recherche, les paysages défilent comme dans un cristal qui songe ; et quand je trouve Alfadr, je m’aperçois que je ne suis qu’une vieille femme aux cheveux blancs ; alors je ne peux plus avancer, je cache mon visage ridé dans mes mains et je pleure…

Mon amour, tu es mon seul point fixe, mon étoile dans ce tourbillon ! J’aimerais tellement te revoir, te dire que… qu’en fait je suis désolée d’être partie. Que tu me manques chaque instant. Et je sais que je serai incapable de te le dire en face, avec des mots simples. C’est comme si j’avais besoin des artifices de mes chansons. Comme si le voile des rimes était nécessaire pour couvrir ma nudité d’être.
Alors, une fois de plus, comme depuis les années, je ferme les yeux face à toutes ces lumières, cette « pression du public », ce brouhaha bourdonnant, ces regards pesants des « va-t-elle être à la hauteur »… Et je chante pour toi, rien que pour toi ! Je suis comme un reflet de ces mystiques du Nadir qui chantent l’amour d’El dans leur amour pour un homme ou une femme. Je suis une blasphématrice qui chuchote mon amour pour toi en braillant l’adoration des dieux…


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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeDim 21 Mar - 19:43



Mylene Farmer - Tu ne le dis pas



Les volutes de voyages
Des
Offrandes tournoient.
Adoration : héritage
Et
Magie d’autrefois
Et là
Je chante les hymnes d’un autre âge
Pour
Qui les entendra
Quoi
Qu’il y ait des barreaux aux cages
Ta
Main les brisera

Chanter / La beauté du monde
Sur les / Route de nos contes
Quand l’ombre / Enserre et que tout s’effondre
L’amour / De lumière inonde

L’aube a comme un gout de brume
Sur
Ta bouche je la bois
L’Esperance est une recluse
Qui
Ne se dénude pas
Et là
La solitude se consume
Tombe
Brisée en eclats
Quand
Ton regard me transfigure
La Plume
Est reflet de la Voix

Chanter / La beauté du monde
Chanter / L’amour de ce monde
Eclats / De lumières et d’ombre
Poussières / D’étoiles vagabondes
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeDim 21 Mar - 21:10



JE TE RENDS TON AMOUR Mylene Farmer





M’extraire du songe
Au temps suspendue
Je rêvais de
Chanter l’étrange
Des mondes perdus
Au cœur des cieux

Dans l’ombre qui suinte
De mes blessures
Je couvre ses braises mal éteintes
De folie pure

Et je te chante mon amour
Par-delà l’absence
Sur la croisée des jours
Et des nuits de silence

Je te chante mon amour
Offrande d’arrogance
Sur les parvis les tours
Des palais des Puissances



M’extraire du temps
Au songe suspendue
Dans un musée
Comme dans la fable
D’un mortel aimé
Tu m’as trouvée

Les chants se déploient
En arabesques
Vertige vestiges de mémoire
D’antiques fresques

Et je te chante mon amour
Par-delà l’oubli
La mémoire mortelle couvre
De dorures ses folies

Loin des écrits obscurs
Loin d’ambigus discours
En poussière de transparence
Je te chante mon amour
Dans une offrande pure
Par les noms secrets des Puissances



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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeLun 22 Mar - 19:11

Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Pin_bl10



J’ai longuement cherché le meilleur endroit pour planter le Pin des Mondes de Syllène. Il fallait la douceur des courants, l’ensoleillement intense, un sol plutôt rocailleux… Et finalement, au détour d’une falaise près d’une crique ensoleillée de l’ile du Printemps j’ai trouvé ! Evidemment, c’était une des criques préférées du Peuple des mers… Et il me semble ça leur a fait plaisir ! Les enfants ont planté avec joie le Pin Atohi (« foret »), qui était qu’un fruit sec avec quelques graines, mais que nous espérions devenir au printemps un jeune pousse.

Le temps de déposer les quelques ouvrages que j’ai « emprunté » à l’Ambassade de Diomède sur Mimir, à l’attention d’Arantael (j’en ai pris 3 : un avec des superbes illustrations, un qui parlait d’un ancien héros et grand guerrier et dont le portrait ressemblait à un Ogier, et un très épais avec des analyses des stratégies militaires lors des guerres des anciens éons entre les puissances et leurs descendants et entre les puissances (il me paraissait sortir tout droit du Purgatoire de la bibliothèque de Mimir tellement il semblait indigeste à lire, mais je me suis dit qu’il pouvait intéresser mon cousin))…
Comme je disais, le temps de déposer quelques cadeaux, de s’occuper des Arbres, de l’école, des quelques affaires en cours… et compte tenu de l’hiver et du mauvais temps sur Villon et même sur Kersaint, nous sommes tous les 7, enfin, 8 avec Troy, repartis pour Calypso.

Ah… Belle et douce Calypso…. Cette merveilleuse petite lune de Syllène, recouverte d’une mer d’un bleu profond et étincelant, avec quelques iles, comme des taches de rousseur de quelques roches d’un brun doré, et des bâtisses souvent en ruines éparpillées en écume blanche… Les pins millénaires, Arbres des Mondes de Syllène, des oliviers argentés, et des chèvres …

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Au départ, je ne comptais qu’y passer quelques jours, ou quelques semaines, mais comme Atal a eu une idée prophétique de me présenter comme « ambassadrice de Kersaint » (et que la Reine Lygie a compris qu’il s’agissait d’un grand Empire d’Oecoumene), le séjour s’est prolongé.


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Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Calyps13


Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Calyps15



Nous habitions une somptueuse demeure donnant sur une plage de sable blanc, encadrée de rochers fleuris de vignes sauvages et d’autres adorables plantes locales. A vrai dire, c’était une somptueuse ruine, abandonnée depuis longtemps, où nous avons rendu deux pièces habitables. Le soir, nous exhibions avec contentement  nos nouvelles écorchures et bleus (débroussaillage d’épineux, des bois morts et autres débris qui nous en voulaient de déranger leurs repos paisible), devant un bon feu sur la plage, où grillaient les poissons pêchés par les soins des grands et les coquillages ramassés par les petits. Le ciel était plus proche, plus limpide. On voyait clairement Syllène, astre bleu avec le Palais de la Puissance, Mimir avec sa grande Bibliothèque indigo…  

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Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Maison12

Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Maison11


Les tracas d’Œcoumène étaient loin. Et encore plus loin les Apothéosiens… Loin des obligations, des devoirs, de tout travail…

Alors Alfadr a eu cette idée de portails. Certes, il a pensé aux portails dimensionnels, que je pourrais me procurer auprès de Club Marco Polo, mais saccager Calypso avec du métal dimensionnel était non-envisageable. Et pourquoi pas les Arbres des Mondes ? Eh oui, pourquoi pas !

C’est ainsi que cette demeure est devenue officiellement Ambassade de Kersaint !

Dans le hall principal, nous avons donc installé l’Ambassade : la pièce était vaste et fraiche, agréable salon de réception au besoin, avec des colonnades, une mosaïque au sol (bien conservée, avec des retouches à prévoir, représentant la naissance d’une divinité dans les flots marins). Sur le mur le plus abimé par le temps, pour garder l’harmonie de l’ensemble, j’ai proposé de créer une mosaïque représentant Kersaint et son souverain. Se basant sur mes croquis, et mes indications (c’est un grand guerrier, de la lignée de Diomède), a vu le jour une carte stylisée d’Oecoumene (Kersaint-centrée et définitivement irrespectueuse des proportions), et un portrait en cape d’Argantael de bien 3 mètres de haut (la hauteur du hall moins les frises) triomphant tel un guerrier d’Invictus avec son plastron d’or et une épée-balance démesurée.
Pour les meubles, on verra au fur et à mesure, pour l’instant les nattes de paille font très bien l’affaire.

Il n’y a pas d’eau courante, comme dans les villas luxueuses des apothéosions (c’est Mister Barak qui s’est senti obligé de mes décrire, supposant que ça allait me donner envie d’aller à San Gabriel), mais nous avons une source avec un débit suffisant, et la mer est toute proche.

J’ai passé des heures à débroussailler la vieille vigne, qui fait une terrasse ombrageuse, et à négocier avec les chèvres des alentours de la laisser en paix le temps qu’elle se fortifie. Pour les oliviers et les pins sur les collines environnantes aussi j’ai dû négocier.
Il y a beaucoup de chèvres sauvages ici, dans ce coin un peu reculé de l’ile. Mais nous recherchions le calme, alors nous avons fui la proximité des autres habitations et surtout du marché dimensionnel (Atal, lui, est installé au cœur de la ville, mais chacun ses gouts). Il y a aussi beaucoup d’oliviers, des pins, des fleurs, une multitude d’abeilles sauvages (mais qui font un miel succulent), de scarabées d’un bleu métallique et d’autres insectes, et des myriades d’oiseaux, surtout des oiseaux marins, qui nichent dans les falaises, et dans les ruines abandonnés par les Calibans.

Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Capra_10

Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Capra_11


Les quelques jours du séjour se sont transformés en semaines… en mois.

Entre la restauration de la maison (avec l’aide aimable des habitants de l’ile), les soins aux pins dimensionnels (mais depuis quand un druide digne de ce nom n’est pas venu ici ?!), les cours aux enfants (depuis le soir où on les ai vu jouer dans la mer avec quelques jeunes esprits mineurs de Syllène, il a fallu poser des règles strictes, et des bases de la Magie… ça promet !), le temps semblait suspendu, inexistant. Nous baignions dans l’émerveillement pur de ce monde oublié…

Et nous avons travaillé aussi sur ces portails dimensionnel : des portes de pin massif, sculptées, rehaussées d’incrustations d’autres bois (le Chêne de Martin, des Arbres de Kersaint) et d’ambre bleuté de Syllène. Il faudra veiller à bien ranger les clefs, on ne sait jamais, avec les enfants…
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeLun 22 Mar - 20:03


CALYPSO

Lune abandonnée de Syllène

Souverain : Reine–pirate Lygie

Aspect : monde aquatique à 95%, avec quelques archipels et une grande ile habitable et habitée. Rappelle la Mer Egée et les iles grecques.

Climat : méditerranéen, très doux, chaud, ensoleillé.

Culture : grecque antique, crétoise, minoenne.

Habitants : Calibans. Peuples des mers retournés à l’état sauvage (tritons, sirènes).

L’ile a une ville principale, avec le Palais de la reine Lygie, et le Marché Dimensionnel. Il y a un petit pot avec des bateaux pirates en bois des mondes (pin local). Il y a des bois des mondes rabougris. Des chèvres sauvages… Il ne reste plus que quelques milliers de Calibans sur une population jadis gigantesque.
La plupart des habitations, palais, temples, sont en ruines…


Quelques personnalités :

Reine Lygie

Atal, Caliban (secret du Roy)

Nausicaa, jeune Calibane, navire Odysseus, contrebandière

Syrinx, sirène, voix enchanteresse

Artemidore, marchand

Chrysaor, pirate et guerrier, grande taille, constructeur naval

Dryops, berger transmonde, a un troupeau de chèvres.


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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeLun 22 Mar - 21:30



NIAGARA J ai vu




En mémoire des guerres entre les Puissances et leurs enfants


J’ai vu les astres, les trônes et les palais,
Comme si j’y étais ;
J’ai vu les mondes antiques s’embraser
Dans l’Ombre aveuglés
J’étais de tous les combats
Collée devant les fresques
Dans un musée hors du temps
De mémoire cauchemardesque
Lancer des pierres au bord du néant
Je ne regrette pas
La Puissance fut vainqueur des Puissants
L’Ombre fit la loi

J’ai vu la guerre
Guerre
Sans victoire
Des massacres fratricides
J’ai vu l’ichor
Sang
Sur ma peau
J’ai vu la fureur et les cris
Et j’ai crié
Yeah
J’ai prié
Tous ceux qui se sont sacrifiés
J’ai vu la colère
Pourchasser
Engloutir ceux qui fuyaient…
Et j’ai vu…


Que cent mille fleurs s’ouvrent à jamais
Dans les mausolées
Que les Jeunes Dieux regardent sans ciller
La mémoire oubliée
L’hubris d’Apothéose
De l’ombre se compose
Les rêves qu’il propose
Sont stigmate de nécrose
Le pire est à craindre pour demain
Pour notre Œcoumène
Accrochée aux barreaux de ma cage dorée
Je cherche la vérité

J’ai vu la guerre
Guerre
Sans victoire
Des massacres fratricides
J’ai vu l’ichor
Sang
Sur ma peau
J’ai vu la fureur et les cris
Et j’ai crié
Yeah
J’ai prié
Tous ceux qui se sont sacrifiés
J’ai vu la colère
Pourchasser
Engloutir ceux qui fuyaient…
Et j’ai vu…



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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeMar 23 Mar - 12:29


Nous étions dans le monde de Mimir. Un monde pétrifié dans une stase en dehors du temps, recouvert de cette poussière indigo de nostalgie passée. Nous étions en train de marcher à la lisière de la face d’ombre de Mimir, et j’ai vu le Conservatoire des Arts Epouvantables et Musée des Guerres Célestes. Devanture alléchante !

Qu’à cela ne tienne !

Et nous voilà déambuler dans ce Musée, dans le Mémorial des Guerres Célestes entre les Puissances et leurs Descendants.

Dans les anciens éons, chaque Puissance se sent seule, et, à l’image de Loa et El, décide d’avoir des enfants, puis des petits enfants, tous divinités mineures. D’abord la concorde règne. Les civilisations stellaires rayonnent et connaissent leur apogée.
Mais les rejetons veulent être associés au pouvoir. Mais les Puissances ne le souhaitent pas. Nait ainsi la discorde. Il y a des Révolutions célestes, pour partager le pouvoir. Alors les Puissances prennent peur et se tournent vers l’Ombre. C’est la première fois dans l’histoire des mondes que les Puissances se tournent vers l’Ombre…

L’Ombre donne des armes terribles aux Puissances, et les Révoltés, pris dans l’engrenage du conflit succombent à leur tour à l’Ombre. Leur but est maintenant non plus de partager le pouvoir mais de renverser les Puissances. Des guerres fratricides font rage. Les petits enfants tuent les dieux mineurs : dans le cortège de Loa, par exemple, les Elfes massacrent les Faes…

Alors les Puissances deviennent folles, et avec l’aide de l’Ombre exterminent leurs rejetons. Les mondes Célestes se scindent en trois groupes. Un groupe qui se soumet aux Puissances. Un autre qui continue de lutter (et qui est exterminé, souvent par le 1er groupe, avec des génocides…). Et un troisième groupe qui part. Qui fuit les guerres, guidés par les Calibans. Les Puissances se vengent sur les Calibans et déchainent 7 Grandes Tempêtes… Après des éons d’errances, certains fuyards arrivent sur les rivages d’Œcoumène…

C’est le récit du Premier Déclin des Puissances.


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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeMer 24 Mar - 21:55




Mylène Farmer - Oui mais...non



Oui mais...non / Apothéose nihiliste

Dans les cristaux
Le monde est songe
Devant nos yeux
Dans leur étau
Les doux mensonges
Sont délicieux

Dans les cristaux
Désincarnée
Je plonge encore Oh Oh
Réalité
Recomposée
Rend tout plus beau

Regarde-moi !
Etre ou pas
C’est n’être pas !
C’est peut être chic
De faire ce troc
L’Apothéose est l’ère du toc
C’est bon ?
Han Han … Non !
C’est un grand cirque
Qui tombe en loques
Monde authentique
Qui se disloque
Du tac au tac
Thérapie de choc
Oh oui !
Dis-moi…

Dis-moi oui
Mais non
Revois tes ambitions
D’Apothéose holiste
Dis, tu fuis
Ta vie
Cinq fois à l’unisson
Désirs
Plaisirs sinistres
Dis, le compte
Est bon
Pour ces dépravations
Egocentrisme
Simpliste
Dis, combien
Tu vends
Ta puissance au néant
Elle est
Si destructrice !
Call me now
Avant que le chaos
Ne nous soit pas tombeau
Oh oh oh oh
Dis, l’Ombre est
Dorée
De promesses factices
Apothéose nihiliste…



Dans les cristaux
Le monde scintille
D’Apothéose
Mais là dehors
La vie vacille
Et se nécrose

Nul héritage
Pas de partage
De la puissance Oh oh
Pris en otage
Dans la démence
Par les cristaux

Regarde-moi !
Etre ou pas,
C’est n’être pas !
C’est pathétique
Tant de breloques
D’Apothéose
Soldée en stock
C’est bon ?
Han Han… Non !
La dialectique
Est équivoque
Sans une éthique
Elle se suffoque
Du tac au tac
Oui je me moque
Oh oui !
Dis-moi…

Dis-moi oui
Mais non
Revois tes ambitions
D’Apothéose holiste
Dis, tu fuis
Ta vie
Cinq fois à l’unisson
Désirs
Plaisirs sinistres
Dis, le compte
Est bon
Pour ces dépravations
Egocentrisme
Simpliste
Dis, combien
Tu vends
Ta puissance au néant
Elle est
Si destructrice !
Call me now
Avant que le chaos
Ne nous soit pas tombeau
Oh oh oh oh
Dis, l’Ombre est
Dorée
De promesses factices
Apothéose nihiliste…

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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeJeu 25 Mar - 18:36



Mylène Farmer - L'amour n'est rien



Obsédé des chiffres
Equations narcissiques
Pièges compulsifs
De courbes hyperboliques

Au fond de ton être
La peur d’être obsolète
Tu t’insinues dans
Les esprits des gens

Obsédé des chiffres
Tangente entropique
Cet impératif
Tu le veux catégorique

Tu te crois Maitre
De ce monde peut-être
Et sans nul doute
Tu cherches la clef de voute

L’Apothéose
Quand c’est politiquement correct
Se décompose
En cinq avec Oracle en tête
Avoir contrôle
Est ce qui guide ton action
A la casserole
Passe tout principe de précaution

L’Apothéose
Puissance divine
Elle te consume et tout bascule
Dans l’indécence de tes formules
Qui recomposent
Tout le cosmos
A votre image, dieux avortés
D’idéal atrophié

Obsédé des chiffres
Equations stériles
C’est ton monde natif
Que tes projets mutilent

Sur tes mains jointes
C’est la sève qui suinte
Des bois enchantés
Des vies tourmentées

Obsédé des chiffres
Et de ton nombril
Tu somnoles lascif
Ménestrel de Beryl

Tu te crois maitre
De toute la planète
Mais ton arrogance
Fait bien rire les Puissances !

L’Apothéose
Quand c’est politiquement correct
Se décompose
En cinq avec Oracle en tête
Avoir contrôle
Est ce qui guide ton action
A la casserole
Passe tout principe de précaution

L’Apothéose
Puissance divine
Elle te consume et tout bascule
Dans l’indécence de tes formules
Qui recomposent
Tout le cosmos
A votre image, dieux avortés
D’idéal atrophié


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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeDim 28 Mar - 18:35

Je me pose toujours cette question sur Gorin : est-ce vraiment ne terre d’Œcoumène ?

Nibel, Téthys, Béryl, Nuwa, Pardès, sont des esprits du cortège d’Œcoumène. Tout comme Dasein, Villon, qui sont des esprits liés à Téthys, et du cortège d’Œcoumène. Mais Gorin me semble si particulière ! Comme étrange, voire étrangère à Œcoumène. Comme si Gorin était un esprit de Sygin, une terre du monde de Sygin tombée sur Œcoumène.

(Un peu comme mon Ile Azuréenne, que j’ai arraché aux flots du Décan lointain pour l’ancrer dans l’Océan Infini.)

Sur Gorin, tout est différent. Les Peuples Premiers, les Bestiaires, que l’on ne trouve qu’à Gorin. Les contes, les croyances, la conception de l’honneur, le concept de contorsion/adaptation draconique que je n’ai vu en nulle autre terre de Nuwa. Les plantes, les animaux, les courants marins, le sol, tout y est particulier !

Le cœur de Gorin m’est insaisissable, incompréhensible. Voilé.

Je regardais la Miko Maï, et je sentais qu’elle n’était pas humaine (au sens de non-œcoumenienne), sans qu’aucun indice logique ne soit présent. Il s’est avéré que c’était la Dragonne de l’Aurore, l’Impératrice de Gorin… Mais elle me reste voilée : elle n’a pas voulu se venger de Phalaris pour le vol du Draconomicon (plus précisément de la version du Draconomicon écrite par cette Dragonne de l’Aurore, puisqu’il existe de nombreuses versions du Draconomicon… Et puis maintenant Phalaris peut écrire la sienne !). Elle a tiré cette flèche pour l’atteindre, à travers sa fuite éperdue dans les miroirs, pour le marquer et pour le lier à elle. Pas pour le tuer. Elle est rancunière, certes, quel dragon ne l’est pas, mais il me semble qu’elle a apprécié le culot de Phalaris… Parce qu’elle est restée voilée. Parce qu’elle n’a pas déployé pleine puissance…

Et puis cette existence de « précurseurs » : des habitants de Gorin, à qui les jeunes Apothéosiens auraient volé des secrets (qui leur ont permis cette Apothéose), et qui ont su s’affranchir et couper les ponts avec les 5. Je ne savais pas qu’il était possible de se couper des 5 sur le chemin de l’Apothéose (je dois en parler à Alfadr…)
Comme si les « précurseurs » avaient connaissance d’un chemin plus pur. Un chemin du changement ? Mais est-ce que le 6ème des 5 qui est mort le savait ? Comment le Prodige se plaçait par rapport tout ça ?


Quoi qu’il en soit, mes interrogations restaient pour l’instant sans réponse. Et j’avais une envie de chanter pour Gorin.
Je n’avais pas envie de choquer, ni de railler. Pas venir m’imposer en conquérante ni de faire étalage « à la marionnettiste » des valeurs de l’Ancien Monde ni de Téthys. Mais j’avais envie de chanter.


Alors je suis revenue à Gorin et présentais mon projet à… Dame Keiko. C’est elle qui a transmis le parchemin du projet retravaillé à la Miko Maï au Sanctuaire de l’Aurore. Et c’est avec Magistère Endymion que j’ai mis au point l’organisation et détails logistiques (je ne l’aurais jamais cru, mais pour l’instant c’est le seul Archimagie et Magistère d’une Université avec qui je m’entends !), avec un coup de main de Mister Sparkle pour une rediffusion par cristaux qui songent. Evidemment, tous les contrats ont été revus, conçus et rédigés par Hubert !

Je me devais reprendre mes chansons les plus populaires. J’ai inclus également des compositions liées à l’Adoration des Puissances. Mais aussi des chansons et légendes très anciennes de la terre de Gorin, que j’ai travaillé avec le Vénérable Cappa Koto (nous avons passé une bonne semaine dans un ancien sanctuaire coupé du monde dans les montagnes), des légendes remontant aux temps Antiques, où les dieux, les esprits, les kamis marchaient à visage découvert.
Et certaines chansons, remontant aux temps où le monde de Sygin n’était pas encore détruit, que j’ai trouvé dans la Bibliothèque Indigo de Mimir. Pour être honnête, j’ai commencé par me perdre dans cette bibliothèque, et c’est les rats de Mimir qui m’ont aidé, et pour trouver des chroniques de cette époque, et la sortie et aussi une Eternelle qui savait les lire, et qui me les a expliqué du point de vue de la mélodie et de la musicalité de la langue, et j’ai cru comprendre qu’il s’agissait d’une forme archaïque de la langue des dragons et ma gorge n’était pas tout à fait adaptée…. (Je me demande s’il ne s’agit pas d’une forme de la langue des Dracocéphales…)


Le récital a eu lieu en fin de la saison des cerisiers. Dans le port du Quartier de l’Eau, l’eau était recouverte de pétales rosés. Une barge m’était dédiée, avec des musiciens, comme une fleur sur l’eau, dans un écrin de pétales de miroirs et de cristaux, qui amplifiaient les sons et réfléchissaient les visions de l’artefact jadis conçu et offert par Argantael (je regrettais tellement que mon cousin ne puisse pas venir !). Je portais la robe rouge offerte par ce collectionneur de Seijong, Seigneur Wonkar, et ce fuseau de soie moulait mon ventre comme un œuf prêt à éclore (eh oui, j’en étais à plus de sept mois et ne voyais plus mes orteils), me faisant ressembler à une idole d’une déesse de fertilité draconique, avec des rubans dans les cheveux d’un bleu-barde, comme des morceaux de ciel incongrus.
J’ai joué d’un biwa (un luth de Gorin, assez semblable au luth tel que je le maitrise), prêté pour l’occasion par un collectionneur anonyme lors d’une répétition. Et aussi de mes gouslis, et d’un tambour d’adamante rehaussé d’orichalk (un emprunt à l’Ambassade désertée de Diomède chez Mimir, un jour peut-être je rendrai, si j’y pense, le son est meilleur que celui d’une casserole en cuivre !)

La première « ligne » était des rares places réservées pour les barques « privées ». Ensuite, tout l’espace du port était pour l’auditoire disparate, j’avais tenu à ce tout Yokaï de Gorin puisse assister gratuitement au récital. Je savais exactement où il y avait une barque discrète, un peu à l’écart, sous la protection du Samourai Ronin Tanouki Kenjiro, avec Kejiro, Alfadr et les enfants (j’avais raison, eux aussi ont trouvé que Kenjiro ressemblait à Troy), j’étais si heureuse qu’ils viennent ! (mais comme je tiens à préserver ma vie privée, la prudence et la discrétion sont de mise !)


Et j’ai chanté. Pour Gorin. Pour Sygin. Pour les Puissances. Pour le Grand Dharma… parfois c’était ma voix, parfois ma Voix. Parfois mes souvenirs, des terres de Triskel, de Nibel, de Nuwa, de Gorin, des Astres, des routes infinies des Décans… Parfois je m’abandonnais à ces vagues de musicalité étrange des anciennes litanies, et c’est une autre voix qui chantait par ma gorge… J’ai chanté les noms secrets de Puissances sans jamais les nommer, j’ai chanté par-delà le temps et le tabou des mots… J’ai chanté l’amour dans l’Adoration et l’émerveillement de la Magie.
J’ai chanté cette insoutenable légèreté d’être des chemins de l’énergie libre…

Je me demande si les dragons assoupis ont entendu. Ils m’ont semblé comme des enfants pas encore nés, lovés dans les œufs, quelque part dans le ventre maternel de Gorin ou peut être la caverne… Je sais que mes enfants ont entendu, ils ont écouté, dans mon ventre, les chants d’Œcoumène et les chants étranges, je sais qu’ils ont chanté avec moi, ou peut-être à travers moi…

L’univers est si vaste !... Mes yeux de mortelle de par ma finitude ne peuvent l’embrasser dans son immensité… Alors je contemple en joie son reflet dans l’œil de mon Etoile, unique amour de mon existence, Alfadr. Et je remercie silencieusement le Grand Dharma de m’avoir accordé ce bonheur inestimable. C’est parce que les mots sont tabous pour l’exprimer directement que je chante. La mélodie, une chanson, est une parure, un voile, pour la sincérité des sentiments.
Je chante pour toi, mon Amour…




*********

l'idéal c'est de se passer d'Ombre ..... et de franchir un score de 20  flower

score : esprit 9 + chant 5 + (orchidée illusions pour amplifier les visuels) 5 + artefact fait par Argantael ? + bonus instruments ? + Art bardique de Voix ? = 19 + ? ....
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeDim 28 Mar - 19:04

Il existe trois blasphèmes principaux l’énergie libre de la Parole. Astronomicon (le Livre des Etoiles), le premier à avoir été écrit. Puis ses deux apocryphes d’énergie stable : Draconomicon (ou Livre de la Puissance) et Necronomicon (Livre du Crâne). Et bien sur des versions innombrables, des copies de ces deux-là.

Je pense qu’ils sont vivants, qu’ils ont une conscience propre. C’est eux qui choisissent leurs lecteurs, et les appellent, à travers le temps et l’espace, à eux. Je ne pense pas qu’on puisse garder ces livres sur des étagères d’une bibliothèque ou sur des colonnes d’un temps : ils voyagent.

Je pense que ce sont des incarnations de l’énergie stable, ou plutôt des « enlibrations », à travers lesquelles c’est les forces de Destruction / Création / Conservation qui agissent.

Peut-être que ces livres sont des Enlibrations de Grand Dharma, sous une forme détournée et stabilisée. Ou peut-être ce sont des blasphèmes au Grand Dharma. Je ne sais pas. Peut-être ces deux possibilités ne s’excluent pas…
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeMar 30 Mar - 17:23




Eruption - One Way Ticket 1978

adaptation plus longue que la chanson originale What a Face



One Way Ticket
One Way Ticket
One Way Ticket
One Way Ticket
One Way Ticket
One Way pour l’Apothéose !



Les vents d’Œcoumène
Me chantent Béryl
Ses forêts enchantées
De parures divines

Et pour cause,
J’ai pris l’aller simple : Apothéose


Sève et sang mêlés
Dans la folie des hommes
Des clefs de Fortune
Pour l’Elyseum

Je m’expose :
One Way pour l’Apothéose !


Gonna take a trip to foolish town
Gonna be trapped under the spell
A fool such as I
There never was
My songs are not to sell

One Way Ticket
One Way Ticket
One Way Ticket
One Way Ticket
One Way Ticket
One Way pour l’Apothéose !


De la nef volante
Je vois les rivages
Les sommets des Tours
Loin dans les nuages

Et pour cause,
J’ai pris l’aller simple : Apothéose


La main se referme
Sur ma clef de voute
Un grain de poussière
Au croisement des routes

Je m’expose :
One Way pour l’Apothéose !


Gonna take a trip to foolish town
Gonna be trapped under the spell
A fool such as I
There never was
My songs are not to sell

One Way Ticket
One Way Ticket
One Way Ticket
One Way Ticket
One Way Ticket
One Way pour l’Apothéose !



Dans l’œil de l’Oracle
J’ai vu l’arrogance
Cet éclat humain
D’Ombre de puissance

Les cristaux qui songent
Nos rêves en fractales
Exaucent les vœux
D’exhausteur létal

Gerbe funéraire
Des mans du Bateleur
Les babioles en toc
Pour couvrir nos cœurs

Et nos corps meurtris
Dénigrés délaissés
Sont tous momifiés
A coup de panacée

One Way Ticket
One Way Ticket
One Way Ticket
One Way Ticket
One Way Ticket
One Way pour l’Apothéose !


Mon navire se pose
Port d’Elyseum
La seule dimension
Des jeunes dieux nés hommes

Terre de crépuscule
Terre d’Apothéose
L’Immortalité
Ci-git paupières closes

Gonna take a trip to foolish town
Gonna be trapped under the spell
A fool such as I
There never was
My songs are not to sell

One Way Ticket
One Way Ticket
One Way Ticket
One Way Ticket
One Way Ticket
One Way pour l’Apothéose !


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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeMar 30 Mar - 18:40


.



* * *

Couvre-moi de diamants de rosée
Et je serai la plus fortunée du monde

Pour Toi je porterai les robes de dentelle de givre et les châles de brumes
Et je serai vêtue de la splendeur pure des parures du monde

Offre-moi les couronnes de fleurs des champs et de feuilles dorées et empourprés du ravissement quand Ta main les frôle

Tes yeux me sont l’unique miroir de la magnificence de ce monde.
Ton sourire m’est émerveillement de chaque aube et magie de chaque crépuscule.

Idolâtrie de l’Invisible
Adoration de Toi, en Toi et par Toi

Et si pour Toi c’est un blasphème
Que mes mots retombent en poussière de Ta route et coulent en encre de Ta parole
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeJeu 1 Avr - 13:02

Après le récital de Gorin, le temps s’est comme replié dans un cocon de douceur et d’insouciance loin du monde.

J’ai fait découvrir à Alfadr la petite Ile Azuréenne (que j’ai ramené du Décan Azuréen des Bâtisseurs)  qui est dans un recoin brumeux que l’Océan Infini derrière l’Ile du Printemps. On y est allés en barque en Bois des Mondes (empruntée pour l’occasion à Nausicaa de Calypso). Et ça m’a fait vraiment plaisir qu’Alfadr soit le premier être à y poser pied…

C’est une toute petite ile (à peine 1km², soit le millième de l’Ile du Printemps et j’apprécie beaucoup cette insignifiance), avec des roches et un sol bleuté. Par endroits ce sol ressemble à une argile bleue assez malléable. On y a repéré un petit réseau de quelques grottes donnant sur une plage immergée à la marée haute : on pourrait facilement s’y installer au besoin, avec quelques aménagements. On dirait un repère secret de pirates antiques !

Il y a aussi un peu de végétation, des arbustes et des plantes rampantes étranges, des mousses, des ronces, j’y ai aussi trouvé des racines des proto-pins des mondes, gigantesques  (et parfaitement morts malheureusement). Peut-être je pourrais y replanter quelque pins… et d’autres arbres… J’aimerais bien trouver des arbres des Décans !

Il y a une étrangeté à fouler ce sol. A  laisser des empreintes de pieds nus dans cette glaise bleutée humide. C’est l’argile des Bâtisseurs, des Créateurs des Mondes et des Décans. Alors on avance avec cette religiosité et cette déférence d’adorateurs (ou d’ignorants désireux d’apprendre) face à un Inconnu Immaculé sacré par-delà de ce que notre esprit peut concevoir encore. Et dire que personne n’y est venu sur cette ile depuis des millénaires, des éons !.... Des aïeux de nos Dieux ont créé ce bout de monde, l’on arpenté… Ça donne le vertige.

L’air y est vibrant de cette étrangeté, de cette sacralité muette.

……………………………………………….

A Kersaint et sur l’Ile du Printemps le printemps et l début de l’été est une douce saison des unions et des naissances.

Je me consacrais de nouveau à l’enseignement sous le Sequoia, autant que je pouvais, et aussi à toutes ces obligations sociales de Druide que j’étais : donner conseil, arbitrer un différend, soigner un imprudent ou un téméraire accidenté, aider à une naissance, célébrer une union…

Il y a un vrai « revival » des anciennes croyances, non seulement à Kersaint et l’Ile, mais aussi à Villon (il y a des personnes de tout le pays qui viennent pour une discussion), voire à Téthys. Certains couples m’ont confié qu’ils accordaient plus d’importance à leur union sous la bénédiction d’une Puissance (Rind en tête) qu’à une cérémonie sans âme officiée par un représentant d’un Duc ou du Roy, voire à une célébration hypocrite d’un Phénicien…

Autant dire que tout ça est très mal perçu de l’Eglise du Phénix et de Malleus… J’évite de me rendre à Riverai, par exemple.

Et c’est lors d’une célébration d’une union sous le patronage de Rind, à Kersaint, dans la matinée du jour du solstice, que j’ai allègrement perdu les eaux. Sous le regard ébahi des gens, j’ai expliqué que cette union sera très fertile, et également bénie par Syllène. Et aussi que je ne pouvais rester pour les festivités…
Et, ruisselante comme une sirène sortie des eaux de Syllène, suis retournée pour accoucher à la Clairière. Il est bon que dans la mesure du possible nos enfants naissent au même Arbre.

Le Chêne de Martin m’attendait. Je me demande si c’est les Pies qui lui ont dit ou si c’est les Arbres qui discutent entre eux sans barrières de temps ni de distances… Je fus accueillie par un bref orage d’été, avec quelques brefs et intenses roulements de tonnerre répondant aux premiers cris des nouveau-nés, une belle averse sous un ciel ensoleillé et un arc en ciel resplendissant…



Et c’est ainsi que sont nés, au zénith d’El, le jour du solstice d’été, en l’an 19 de l’Apothéose, Amaël (« prince ») et Aslinn (« rêve »)

…………………………………………………………………………………………………………..
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 5 Icon_minitimeDim 4 Avr - 20:33


Après le récital à la Tour de l’Oracle, Elyseum, j’ai plongé dans le premier bassin miroitant de fontaine, et émergeai d’une vitrine miroir d’un marchand de glaces sur la plage d’Elyseum. Celui-là même à qui j’avais pris un maxi-cornet de cinq parfums la veille.

Le ciel est d’un bleu rosé grisé. La brume légère efface les contours précis de l’horizon, l’Océan Primordial et le ciel ne font qu’un. Une pancarte précise aux baigneurs éventuels « attention aux requins ». Je m’en fiche. Je suis épuisée. Vidée. Le contact d’un sable glacé sur mes pieds est doux. Plus doux que la neige surfondue. Et j’avance dans l’eau jusqu’aux mollets.

C’est ici, sur cette même plage, que la veuille je me triturais l’esprit avec cette question « quel est mon rêve ? ». Plus je cherchais, plus la réponse me fuyais. Alors que c’est tellement évident ! Mais non, il a fallu que ce soit l’Oracle qui me fasse miroiter un reflet d’une perte. L’éventualité d’une déchirure telle que je me serais refusée de le voir : la force d’un déni est un voile que l’on met soi-même devant ses propres yeux.

Cette vision venait de l’Oracle. Et je l’ai acceptée. En cet instant, nul mensonge n’était possible. Je me suis simplement laissée glisser le long du mur pour m’asseoir dans ce couloir interminable. Pour éviter de m’écrouler, tout simplement, mes jambes ont cédé. J’ai mis ses bésicles. Et j’ai vu. Projection d’une simple déduction, dénudée d’artifices. Même assise, j’ai ressenti un tel vertige face au Néant, que je m’y suis sentie presque tomber. Et je tombe encore, là, maintenant, chaque instant que je revois en boucle cette vision : Alfadr, plongeant dans ce Néant. Et à chaque fois la seule chose qui me retient est cette flamme, son cœur arraché qu’il lance en ma direction, que j’étreins et qui m’étreint.

Il m’a fallu de longs battements de cœur pour me persuader que c’est une vision d’un avenir possible, pour pouvoir calmer la respiration et retirer ces bésicles d’une main presque pas tremblante.

Et, comme tous les apothéosiens ici, quel que soit leur avancement sur ce chemin, j’ai instinctivement adopté la seule stratégie possible face à cette vision : la fuite. Dès l’instant où j’ai accepté de « regarder », de « voir », j’avais renoncé à mon œil : l’arracher et le poser sur la tombe du Prodige n’était que formalité. Ma première pensée était d’offrir mes cordes vocales, mais j’ai hésité. En fait, je pense que je me suis mentie : ce n’est pas une offrande que j’avais faite, non pas un « fossoyement », mais double, tout comme Alfadr. C’est pour ça que j’ai perdu ma voix à l’aube. Alfadr est ma voix. Je ne peux ou ne veux pas le savoir encore, mais je crois qu’au récital, c’est ma voix qui je lui ai offert. Que j’ai tendu sur ce chemin de l’Apothéose que nous suivons tous deux. Chemin sur lequel il me précède.

Chemin sans retour…

C’était pourtant tellement évident !

Je suis épuisée. L’eau est fraiche. Je sens mes jambes engourdies. Je sors de l’eau, le sable colle aux jupons. Les traces de pas sur le sable mouillé semblent incongrues, les vagues les effacent, implacables. Et voilà, mon passage ici est retourné au néant.

Je m’installe à l’écart des rares promeneurs et fixe la ville avec mes yeux dessillés, l’on noir de corvidé, l’autre d’ambre lumineux. Combien de flammeroles, intenses, vacillantes, naissantes, déclinantes, à l’apogée… autant de gouffres, qui se rejoignent tous, comme des ruisseaux sombres, en une seule cataracte : l’Abime.

Chemin sans retour… C’est même moi qui ai chanté : one way ticket / One way pour l’Apothéose…

J’ai envie de hurler. Ça ferait désordre… Heureusement, je n’ai plus de voix.

Cette double vision est difficilement soutenable à la longue. Ça donne le vertige. Une sorte de nausée démentielle. J’en ai les yeux qui larmoient tous les deux. Ou peut-être aussi à cause de cette eau salée et du sable…

Quand je me reveuille, le soleil décline. Le vent m’a entouré de sable comme une dune éphémère. Je demande à mon cristal qui songe des adresses d’artisans couturiers d’Elyseum, et finalement un semble convenir : Andreas Azzaro. L’homme, entre deux âges, me montre à travers le cristal son échoppe, et j’émerge du grand miroir dans son salon d’essayage. Ça le surprend un peu. Il a un léger accent de Dandollo et ses mains sont incroyablement fines, avec des doigts longs, une main en a sept, il en est fier, ses créations sont très recherchées ici et il est le maitre artisan dentellier le plus réputé… Il ne comprend pas pourquoi je veuille cacher un œil aussi resplendissant. Alors je lui explique mes maux de tête dus à cette vision dédoublée. Il me demande si j’ai pris froid et me propose du panacé. C’est vrai que je chuchote ou croasse avec une voix rouillée, mais je refuse poliment, je dis que j’ai trop chanté cette nuit. Il se met au travail, devant moi, je me laisse hypnotiser par les mouvements rapides de ses mains croisant les fils…

Je repense à la caverne mentale de l’Oracle, à la toile d’araignée de ses données/informations. Comme une soudaine envie d’y passer un bon coup de balais ! Cette idée me fait presque rire… Je mets les bésicles d’Alfadr, et me retrouve projetée dans la caverne infinie de ses représentations, reliées, comme des gemmes, par ce scintillement délicat de lumière dans une douce pénombre… J’y dépose mon souvenir des discussions avec les personnes que j’ai rencontré ici ; les visions des sept Tours d’Apothéose sur fond de mon récital (les 5 tours, la 6ème Invisible du Prodige et la 7ème Tour d’Ombre des Rêves Brisés). J’hésite, et puis finalement y dépose également les discussions avec le Fossoyeur et celle avec l’Oracle, les entourant de précautions, à l’attention du seul Alfadr… La trame y est si délicate, subtile, légère, et d’une telle intensité que j’ai l’impression d’etre illuminée par son regard…

Madame, souhaitez-vous essayer ?... Cet accent de Dandollo me fait redescendre des doux nuages de rêveries à la méridienne en velours. Le masque : un loup en dentelle en fils verts émeraude et violet améthyste (les teintes exactes de Rind et de Minos), avec 8 fleurs discrètes de couleur des Puissances, rehaussées d’un fil d’or d’El et d’un fil argent de Loa. Il est asymétrique, couvrant mon œil gauche et laissant l’œil noir de pie fixer le monde à sa guise. Il donne même de la douceur à mon visage, malgré le nez qui pelle. Il ne fait pas du tout apothéosien… Cette remarque fait sourire Andreas Azzaro. Il me confie qu’il a cherché des motifs anciens auprès de l’Oracle et qu’il a été orienté sur des images de fresques et enluminures des âges où Œcoumène n’existait pas encore. Alors nous parlons des Astres et des mondes lointains… Je lui esquisse mes quelques souvenirs de frises, de parures, de tenues d’apparat que j’avais vu à Mimir ou au Marché de Calypso…
Il me montre ses créations, me propose un « relooking » complet. Bien sûr j’accepte. J’y trouve même des présents pour les trois Fées de nos enfants : un châle en dentelle noire pour Dame Morwena, une ombrelle délicate pour la Reine Isolde et une cape (chaude et peu encombrante) pour Paloma. Eh oui, j’aurai l’outrecuidance de faire des présents « made in Elyseum », mais je les trouve magnifiques, alors j’espère qu’ils plairont… Andreas m’explique l’histoire du chale et de l’ombrelle : leurs motifs sont inspirés des mantilles de sa grand-mère, qui avait connu la Guerre Noire, à Dandollo, et qui avait réussi à fuir à Béryl, avec des enfants orphelins de leur village…

J’essaie de ma familiariser avec ce reflet dans le miroir qui me fixe de son œil noir. J’ai les traits tirés, ces trois jours m’ont épuisé, physiquement, mais surtout psychiquement et spirituellement je me sens éprouvée. Ce visage restera jeune, ô rêve d’éternité apothéosien !, peu importe les moyens, panacé ou Mimir ou sang d’elfe distillé, le résultat est le même : vanité et hubris… J’y ai succombé aussi…

J’imaginais comme acquis et éternel ce bonheur, cette plénitude de mon âme… Mais sans voir que l’idée même de perdre Alfadr m’était déchirure insupportable… Comme si nos existences entrelacées devaient perdurer à travers des siècles, je me voulais à l’image de ce rêve, sans ride aucune, sans l’impermanence, sans la finitude de la condition humaine… Une fois de plus, j’avais rêvé… trop rêvé…
Je vois dans le miroir comme un écho des brumes sombres du Val Sans Retour… J’y avais osé braver les paroles de Mara/Loa, et le brailler sur les routes. Mon rêve m’était plus cher que tous les Charmes ou les destins… Comme si c’était déjà là le début de mon chemin vers l’Apothéose.

Et maintenant, ce n’est plus une gamine, mais une femme qui me fixe, avec son œil unique, ses taches de rousseur (en souvenir de Moka) et son nez pelé et trop long.

Je repense à la prophétie de Siri, d’Altair. « Le Crane se change en Paraclet… l’être de lumière trouvera la ténèbre en son cœur et l’être de ténèbres trouvera la lumière en son cœur. Alors la chaine de lumière sera brisée, plus subtilement que la chaine de l’ombre… »
J’ai voulu empêcher une prophétie qui l’enfermait dans les Ombres, et j’ai sorti Morwena des brumes. Ai-je bien fait ? Oui, je pense. Mais est-ce que la prophétie parlait de l’Ombre ou bien du Néant ?... L’Oracle dit qu’il est possible de contrer sa vision de cet avenir déduit, que j’en ai une possibilité… Mais en même temps, chercher à contrecarrer le Destin ne fait qu’accelerer son accomplissement…

Les mots du Souricier pour Alfadr « Tu n’es pas ombre et reflet de ton père. Tu ne fais pas que marcher dans ses pas. Tu feras des belles choses par toi »…
J’y ai toujours cru. Mais il m’a toujours semblé que si c’est moi qui le disait, ça aurait moins de valeur, que si ça venait de Mimir, par exemple, ou de son Visage Invisible. Quoi qu’on en dise, le messager compte aussi !... à croire que c’est le messager qui donne sa valeur au message… Triste…

Oui, cette femme qui me regarde est triste. Et pourtant je dois être forte. Forte pour nous deux, pour les enfants.
Je me demande comment Dame Helena, grande Sainte des Phéniciens, avait trouvé les forces. Comment elle a pu fixer les flammes du bucher, et surmonter cette irrépressible envie de s’y jeter. Comment elle a trouvé des forces pour fuir, avec ses enfants, les élever… Comment elle a vécu… Est-ce que je trouverai des réponses à Zénith, la ville sainte du supplice et de la renaissance du Phénix ?

Stop ! Je dois arrêter de prendre pour inéluctable ce qui n’est qu’une possibilité !
Je refuse de plier mon rêve à une information déduite par quiconque, même un jeune dieu ! Un rêve n’est pas « en réaction » !

Je me tourne vers Andreas, le remercie. Je demande de rajouter une cape de fourrure chaude, parce que je pars dans un automne froid. Je règle via les cristaux qui songent, sans même regarder la somme, à vrai dire, cela n’a pas d’importance. En vous, lui dis-je en m’inclinant, je prends congés d’Elyseum. Et je saute dans le miroir.


………………………………….

Je m’extrais, doucement, d’un vieux miroir en étain terni et poussiéreux dans un kiosque vermoulu sur un petit ilot au milieu d’un lac près le Léon, dans le duché de Triskel.


……………………………………..

à suivre !
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