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 Enara, kaer Paloma, kaer Ava

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Jezabel Charlotte

Jezabel Charlotte

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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Icon_minitimeLun 5 Avr - 18:08

Je m’extrais, doucement, d’un vieux miroir en étain terni et poussiéreux dans un kiosque vermoulu sur un petit ilot au milieu d’un lac près le Léon, dans le duché de Triskel. C’est moi qui l’avais mis là, à mon époque de « Moka Garolo », c’était mon refuge en cas de fuite. Et depuis il y reste, discrètement dans son coin.

La première fois que j’ai mis les pieds sur cet ilot, c’est exactement il y a 9 ans, un peu plus d’une lune après l’équinoxe de l’automne. La porte n’est pas verrouillée. Il n’y a que des jardiniers qui viennent ici, et encore !, et des canards et les poules d’eau qui nichent dans les joncs derrière. Je m’avance doucement sur l’herbe blanchie par le givre. L’hiver sera froid, je le sens déjà.

Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Lapens10


Ici, au bord du lac, je le retrouve : c’est un plant de pensées sauvages, des petites fleurs insignifiantes d’un dégradé de violets au cœur d’or. Il était là, il y a neuf ans. C’est comme ça que j’ai fait sa rencontre : on venait de voler la clef de terne du cou de l’ancien Archimage de Léda Hubertin, et son dragon domestique Fulshur m’avait roussi les plumes de queue, et ma robe était en feu ; alors j’ai couru pour plonger dans le lac, mais au dernier pas j’ai vu ces pensées, et j’ai voulu éviter de les piétiner dans ma course, alors j’ai dévié et me suis lamentablement étalée dans l’eau. Ça a l’effet escompté d’éteindre les flammes, mais j’ai aussi déchiré les derniers lambeaux de cette robe et n’osais plus sortir de l’eau. Elle était aussi fraiche que maintenant… Et c’est alors qu’un certain Seigneur Mage m’a tendu sa cape. Et j’ai vu que lui aussi avait fait attention à ne pas marcher sur les pensées, volontairement ou par reflexe.

Et aussi que ses yeux étaient comme ces fleurs, d’une beauté incroyable, une sorte de dégradé de violets illuminés par un cœur d’or et cette lumière insaisissable des aubes et des crépuscules (et nous étions à l’aube).

Je crois que c’est ici que j’ai commencé à vivre. Je l’avais écouté, la nuit qui précédait cette aube, du Chemin de la Pénombre, et j’y ai vu une route qui me ressemblait. Et à l’aube, ici, j’ai senti mon cœur battre, comme si je naissais au monde. J’avais 17 ans…

Je raconte cette histoire aux Pensées, et sous la chaleur de mes mains, de mon souffle, les givres fond en gouttelettes de diamant scintillants, et des fleurs ouvrent leurs cœurs. Je demande aux Pensées si je peux cueillir une fleur. Cela m’est accordé.

Et quand est-ce que j’ai compris que j’avais entamé un Chemin Sans Retour ? C’était à la Foret de Belethon, Brecheliant comme disent les Triskelliens, équinoxe de l’automne de l’an 11.
J’ai refusé le Charme Suprême, présent de Mara. J’ai bravé ses prédictions funestes. Et j’ai quitté le Val Sans Retour avec une voix pour couvrir de dentelles de mots cette fissure vers le néant de mon cœur.

J’apparais dans l’étincellement d’une flaque d’eau dans une petite clairière de Brecheliant. Mes pas me guident vers la lisière du Val Sans Retour. Il y a toujours ces écharpes de brume. C’est une caresse glacée sur les mollets si je m’y avance trop, comme un avertissement. Non, je n’y rentre pas. Je reste à la lisière. Je retrouve ces vieux troncs de deux pommier blanchi par les ans, la pluie, et fleuri par les grappes de lierre grimpant, noué aux branches comme un bracelet de mariage (on m’a toujours appris que « Dans les mariages druidiques, on reliait les poignets des mariés avec une liane de lierre dans le but de renforcer leur amour » et c’est ce que je fais). Je lui demande la permission de cueillir une jeune branche. Cela m’est accordé.

C’est ici que j’ai quitté l’insouciance de l’enfance. Ici que j’ai quitté un chemin d’innocence lumineuse vers les ombres. Ce premier pas était de choisir de libérer Dame Morwena. J’ai senti que si je voulais arpenter la Pénombre, je devais aimer et l’ombre et la lumière. Alors, par ce choix, j’ai ouvert la porte à l’Ombre, à sa possibilité dans mon avenir.

Et cet avenir m’a fait pleinement embrasser l’Ombre !

Je plonge dans une autre flaque d’eau étincelante et je sors des eaux du Miroir sombre du Chêne fendu de Fée Morwena. C’est ici que j’ai plongé dans l’Ombre. Ici… Equinoxe du printemps de l’an 12. J’avais 19 ans et venais d’être reconnue adulte à Kersaint.

Je regarde ce lac, ce miroir de l’Ombre, et j’y vois encore les reflets des pétales de roses qui flottent autour des éclats du tombeau de Dame Zita, les soieries de sa robe blanche comme un flambeau chatoyant qui plonge avec une lenteur insoutenable dans le Néant…

Ici, j’ai laissé mes ailes briser, et se briser contre, les Chaines du Charme Suprême.

J’ai osé briser et lumière et ombre au nom d’une Liberté absolue, confiante en l’Avenir, comme un aveugle qui marche les mains jointes vers le ciel en adoration devant un astre invisible.

Je suis devenue en cet instant terriblement humaine, un cœur d’entrelacs de désirs, une voix de passions dénudées, les mains gantées de puissance sombre du pouvoir et de richesses qui coulaient de mes doigts sur l’Ile de Printemps.

Que faisais-je en cet instant ? J’arrachais de force ce que je voulais à ceux qui pensaient pouvoir s’opposer à mes rêves, peu importait le prix que je payais ou faisais payer pour cela.

Que voulais-je ? Prouver au monde que j’existais, que je valais quelque chose, que mes rêves avaient droit à une existence en revenant réalité…

Au monde ? Non, à une seule personne. Je cherchais à exister devant ses yeux. Dans ma lumière je lui semblais insignifiante, alors j’ai embrassé l’Ombre et la puissance pour attirer son regard. J’ai été la sorcière rousse qui commandait une armée des ombres. J’ai été la Barde Noire qui raillait le pouvoir royal, les marionnettistes, les ménestrels et tous les puissants de ce monde.

J’ai défié jusqu’au Livre du Crane (après l’équinoxe de l’automne de la même année), lui arrachant une Page de Diamant de Résurrection, que je jugeais blasphématoire, moi, servante iconoclaste de l’Energie Libre. Ou plutôt Iconoclaste aveuglée par son amour inconditionné et qui ne souhaitait pas qu’un fils puisse ressusciter son père, s’enchainant à l’Ombre à nouveau. Rendant une telle magie impossible, je voulais détruire sa tentation même.
Cela a eu des répercussions jusqu’à Minos lui-même…

Et au solstice d’hiver de cette année 12, après avoir chanté l’Invisible et les chants célestes d’El, après avoir côtoyé les stations les plus pures, les plus éthérées de l’Adoration d’El, après avoir vu un humain endosser les ombres colorées du monde, et expier son hubris sur la croix du Phénix, j’ai chuté dans une spirale d’Ombre vertigineuse : j’ai tué avec ma Voix. (Disons, la Voix de Morwena, mais le désir de tuer venait de moi…)

J’ai tué avec ma Voix un ménestrel.

Je suis devenue en un instant paria et criminelle aux yeux de toute la Villon.

Et l’instant d’après j’étais la personne la plus heureuse au monde…
Mon rêve était devenu réalité que je vivais.

Mais ces visions n’ont pas de reflet dans le Miroir Noir. Il ne reflète pas le bonheur caché.

Ce que les ombres me présentent, par contre, c’est ma colère, c’est ma Voix qui projette le Roy comme une marionnette désarticulée contre un autre Chêne. Il a osé menacer mon Rêve, mon Etoile. Pour protéger mon Rêve je suis prête à tuer, et je tuerai.

Je demande une feuille au Chêne. Cela m’est accordé.

…………………………………………………………….

A suivre…
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Icon_minitimeLun 5 Avr - 19:38

Je plonge dans les eaux sombres, et je sors d’un miroir luisant dans la douce pénombre d’un bureau aux murs de bois couleur miel, avec des étagères remplis de livres, des feuilles en désordre sur un bureau face à la fenêtre, et quelques roses bleues tardives encore en fleurs…
Ça reste l’unique miroir de la Chaumière. Par habitude. J’inspire avec délectation ce parfum de bois chaud, de fleurs séchées (il y en a un peu partout, de ces couronnes de fleurs de champs tressées, des roses, des tiges de lavande, des immortelles, du gui…). Parfum inimitable d’un « chez soi ».

Dehors, le vent fait valser les feuilles dorées, rougies, brunies. Le Pigeonnier se dresse, comme une véritable Tour d’Apothéose. Mais ce qu’on voit n’est que partie « émergée », si j’ose cette expression.

Alfadr a agrandi sa tour, par des tous-terrains. Nous avons croisé au Marché de Calypso des Artisans Nains de Japhet, et c’est avec eux qu’Alfadr a peaufiné ses projets de construction : sur ses plans, ils nous ont cédé un parchemin pour faire des souterrains dignes de ce nom (et dans le respect total des sols et des roches de ce coin de la Foret Noire, ainsi que des arbres de la clairière.




Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Grotte12


Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Dsc_6011

Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Margot11




Je me suis retrouvée à inventer un escalier en colimaçon en Bois des Mondes (c’est là que j’ai vraiment réalisé le côté pratique des Portails ! transporter des bouts de troncs de pins était plus simple…). Cet escalier commence par une porte discrète et ouvragée dans le Pigeonnier, et termine son hélice dans un couloir orné de roches fluorescentes sur ses parois, quelques stalactites et stalagmites translucides de pierreries de Japhet. Qui donne sur plusieurs « salles ». Certaines sont grandes, scintillantes…

Il y en a une dont le sol est un bloc de cristal bleuté dont les tons glacés accentuent la chaleur ambrée des stalactites qui semblent goutter de l’éternité de la voute du « plafond ».

Une autre est  comme une grotte calcaire déblayée aux murs qui n’attendent que quelques fresques pour prendre vie.

Une autre a un jeu d’ombres et de lumières chatoyant, avec un puits de lumière caché donnant sur la clairière…

Il y a bien sûr une seconde « entrée », cachée, non loin du Chêne de Martin, je crois…

Bon, je n’y mets pas vraiment mon nez, sauf au début, pour aider l’aménagement, avec des tapis de paille tressée, quelques meubles (cela dit, je ne vois toujours pas l’utilité de tables, ni de chaises : ça donne mal au dos et on peut très bien s’asseoir sur des coussins par terre…)

J’irai plus tard.

Pour l’instant, j’offre au miroir mon nouveau visage, orné de dentelle borgne.

Mes mains aussi sont gantées de dentelle assortie, des mitaines légères et confortables, avec un seul petit doigt plein. J’en ai pris plusieurs paires chez Andréas. Et une robe simple ajustée de soie et lin mélangés d’un noir aux reflets violets et verts, selon la luminosité. Elle est parfaite pour mon étole, mon écharpe que je porte toujours, elle a bien 9 ans, et je l’ai brodé et sur-brodée, mais elle reste ma préférée (oui, c’est celle que j’ai coupé dans le manteau qu’Alfadr m’avait donné…).

Une fois n’est pas coutume, je m’assois à ce bureau. Pour écrire. Enfin, pour tracer des arabesques avec mes souvenirs et donner forme éphémère de mots à ce que je voudrais chanter/dire/montrer/je ne trouve pas de verbe adéquat.

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A suivre…
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Icon_minitimeMar 6 Avr - 22:44

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Une fois n’est pas coutume, je m’assois à ce bureau. Pour écrire. Enfin, pour tracer des arabesques avec mes souvenirs et donner forme éphémère de mots à ce que je voudrais chanter/dire/montrer/je ne trouve pas de verbe adéquat.

Il y a quelques semaines, j’avais fini le médaillon d’Alfadr. Après la naissance des jumeaux du Solstice, j’ai fait des médaillons de notre « nid ». Sept pour les oisillons, un pour Mylandar, un pour Alfadr. Ils sont en nacre, avec les dominantes de couleurs correspondants à chacun. Celui de Mylandar est de nacre iridescente, il y a un pétale de rose du tombeau de Dame Zita, la mère qui lui a donné naissance. Ceux des oisillons ont des dominantes des couleurs des Puissances. Celui d’Alfadr a des teintes argentées, violines, indigo.

Lorsqu’on ouvre le médaillon, il y a sous une fine lamelle de cristal nos deux cheveux entrelacés, en couronne entourant les entrelacs des cheveux de nos enfants, selon leurs naissances, comme des ruisseaux se fondant en un fleuve en spirale.
Rien de magique, seulement un symbole. Mais en vérité tout est magie : chacune de ces naissances est magie et miracle à la fois.  

Je n’ai pas fait de médaillon pour moi : je porte les traces des naissances dans ma chair. Sur mon ventre, partant du nombril, les tiges de fleurs bleutées d’encre de baies de sureau glissent sur les vergetures, trois et deux branches latérales pour les deux équinoxes, deux branches pour le solstice, une courbe pour l’enfant du Charme Suprême que j’ai adopté et considère sincèrement comme mien.

………………………..

Le crépuscule tombe vite. Quand je sors, le vent me saisit jusqu’aux os. Je pousse doucement la porte du Pigeonnier. Troy somnole devant la porte vers les « grottes ». Je marche doucement, pour ne pas le réveiller ; peine perdue.
L’escalier en colimaçon descend. J’ai l’impression d’arpenter à l’envers l’Hélice du Temps…

Alfadr est dans la grotte d’ambre, ma préférée.

Je me sens tout à coup confuse et j’essaie de cacher mes joues qui me brulent dans une révérence.
Il me relève. Quand je le vois, c’est toujours cette ivresse incroyable qui fait battre mon cœur depuis que je me sens vivante, depuis que je l’ai rencontré.
Je colle mes lèvres contre sa bouche, brièvement, comme si le moindre geste pouvait profaner ces instants. Et je reste, sur la pointe des pieds, le front collé contre son front, les yeux mi-clos.

Un jour, une Barde a dit « on ne peut attraper de ses mains un rêve ; on ne doit pas garder/emprisonner un rêve dans ses mains »

J’ai osé…

Je vis mon Rêve…

Je glisse dans sa main un bout de papier plié autour d’un médaillon, une fleur de pensée sauvage, une feuille de chêne et une petite branche de lierre.

……………………….

Mon Amour, mon Adoré,

Il m’avait suffi d’un regard pour reconnaitre en toi mon unique Etoile. Il m’a fallu une vision de l’Oracle pour comprendre pleinement que tu es mon unique Rêve.

D’entrevoir l’impermanence du monde voilée en mon propre cœur : notre vie ensemble, toutes ces joies, que je désirais considérer comme acquis pour une éternité, d’un seul coup me sont apparues comme ces fleurs de cerisier. Rien n’est éternellement acquis en ce monde. Le chemin de la vie, le chemin de l’Apothéose m’a paru tout à coup comme une traversée d’un abime sur un fil d’équilibriste.

Et nous, j’ai l’impression nous dansons tous deux allègrement sur ce fil de nos destins entrelacés.

Quel est ton rêve, me demandait le Fossoyeur d’Elyseum, pour quelle raison tu te lèves tous les matins ? La réponse était tellement simple et évidente, qu’elle ne me venait pas.

Je me lève tous les matins dans la joie de te voir, de fouler le même monde, de partager avec toi quelques instants volés au temps, de voir ton visage s’illuminer au détour d’un rire d’enfants ou d’un passage d’un livre, de respirer ton parfum, de frôler ta main sous un prétexte anodin, de te découvrir et redécouvrir avec chaque nouvelle aube et remercier tous les dieux et esprits et destin pour cet émerveillement quotidien, pour ce « nous », pour nos enfants, pour ce bonheur…

Alors l’Oracle s’adressa à moi depuis son Néant : un Rêve, dit-il, est indissociable d’une déchirure profonde et existentielle du cœur ; pour connaitre son Rêve, il faut déciller ses yeux sur le néant intérieur. Alors moi, que vis dans une plénitude absolue, j’ai contemplé ma plus grande peur : te perdre. Et j’ai compris que tu es mon seul et unique Rêve.

J’ai lié ma vie à toi, sans arrière-pensée, comme une offrande totale. Tu es le sens de mon existence, tu es le sens que j’ai donné à mon existence et qui s’est imposé, tout naturellement, comme par recouvrement d’une mémoire oubliée.

Parfois, j’ai l’impression que ce chemin d’Apothéose est un recouvrement de souvenirs, d’identité perdue. Comme si les eaux du Léthé où nous avions baigné lors des spirales des réincarnations refluaient de notre être. Je t’avais déjà exposé la théorie de l’hélice et de l’ « écologie des Ames ». Mais jusqu’ici je l’ai envisagé seulement à l’échelle d’Œcoumène, voire Œcoumène et les Astres des Puissances.

Et si l’on pouvait l’envisager plus étendue ? À l’échelle des Décans ?

Récemment, j’ai été témoin de la venue d’un Drakkar Draconique dans les Terres de Phalaris Numa. Leur passage a laissé trace : un gisement d’orichalk. Mais la venue de ces Dracocéphales, des authentique Dragons je pense, des frères de Sygin, n’était qu’éphémère. Comme s’ils ne pouvaient rester sur le sol d’Œcoumène. Est-ce sous des lois du Grand Dharma ? Est-ce les lois de l’Energie Libre ? Étaient-ils d’une telle puissance demiurgique qu’Œcoumène ne pouvait supporter leur présence nue et affirmée ?

Je me rappelle ma première confrontation avec l’Oracle, son Œil qui m’avait mis en fuite. Je n’ai pu supporter la vision d’une déité dans sa pleine puissance. Est-ce pour cela que les 7 (enfin, 9) Puissances ne peuvent demeurer sur Œcoumène ? Est-ce pour cela que ces nouveaux Dieux de l’Apothéose doivent quitter Œcoumène ?
Et s’ils souhaitent s’y manifester, alors ils doivent rester voilés ? Comme la Dragonne de l’Aurore à Gorin, comme l’Oracle sous son apparence de Portier (un souvenir de sa jeunesse humaine) ?...

Est-ce qu’il y a des dieux, des êtres à la puissance démiurgique, quelle que soit leur rôle dans le Triptyque Créateur / Destructeur / Conservateur, qui marchent sur Œcoumène, que nous ignorons, et qui s’ignorent eux-mêmes ?!

Et pourtant, il y a des signes… J’ai toujours su qu’Ava un jour partirait sans jamais mourir. Je ne savais seulement pas qu’elle arpentait le chemin des Conteurs, des Carrabans. Tout comme ton Père.
Et de même pour ma Mère, Paloma : ce que je considérais comme malédiction de Syllène, ce désir irrépressible de voyager, n’était qu’un signe, une manifestation tangible de son destin dans l’Energie Libre.

Qui sommes-nous, mon Amour, nous, qui sommes capables s’osciller sur le Chemin de la Pénombre, entre l’éclat d’un soleil au zénith et l’ombre d’un néant ?

Pourquoi ? Quel sens à cela ? Avons-nous un destin particulier dans ce monde ? Qui sommes-nous, mon Adoré ? Qui sommes-nous réellement ?

Avons-nous ruisselé à travers la Source de Création nichée au cœur de l’Astre El ?
Avons-nous chuté sur ce monde comme ces étoiles filantes d’enfants de Sygin ?
Nous sommes-nous extraits de l’Abime ?

Car oui, il y a des « choses » qui peuvent venir de l’Abime : il y a cette Tour de l’Ombre, la Tour des Rêves Brisés à Elyseum. Personne ne la remarque, tellement elle est voilée dans son évidence même, voilée et aveuglante à la fois. Elle m’a paru comme porte vers le Néant. Et cette porte s’est ouverte, et quelqu’un est venu du Néant ici : la Némésis.

Je ne sais pas pour qui. Je n’ai pas vu ses traits. Mais il m’a semblé qu’elle était liée à moi, ou à toi, comme Dame Zita nous était liée. Comme si le Néant avait englouti son tombeau éternel de Chaines (Charme) Suprême, et que cette Némésis est née par cet acte même de destruction de ce Charme par mes mains.

Je ne t’en ai jamais vraiment parlé. J’ai détruit ce Charme Suprême à la fois parce qu’un tel Charme me faisait horreur, à moi, qui peux parfois être une fanatique de l’Energie Libre sous tous ses aspects, pour libérer Dame Zita de lui. Et, si j’arrête de tourner autour du pot, pour te libérer de ses chaines, de ton serment et tout simplement t’offrir une liberté de choix. Et secrètement, alors que je m’abandonnais complètement au Destin, j’espérais un jour te regarder et dire « nous »...

Oui, j’étais naïve de croire que d’un battement d’ailes je pouvais guérir tes blessures. Je te demande pardon pour une telle arrogance.

J’ai voulu te couvrir de présents, de chansons, t’offrir un foyer dans sa douceur et sa plénitude… Et j’ai été aveugle à ce que ressentais. Aveugle à ces blessure dans ton cœur, dans ton âme, à ton emprisonnement et les tortures qui tu y avais subi. Et celles que tu t’es infligé. Celles que tu caches. Je n’ai jamais eu la force de demander des comptes ni à un Hubertin qui n’est plus, ni à d’autres. Ni t’en parler à toi. J’ai respecté ton silence. Peut-être un jour, si le peux, si tu le souhaites, tu m’en parleras…

Pardonne-moi pour ce silence.

J’ai voulu t’offrir le bonheur. Mais c’est toi qui m’as tout donné, sans retenue. Tu as fait de moi la personne la plus heureuse au monde. En fait, tu fais de moi la femme la plus heureuse au monde.

Merci. Merci d’être toi. Merci d’exister en ce monde… Les mots sont trop pales pour le dire pleinement.

Tu es la personne la plus merveilleuse que je connaisse !

J’aime en toi et par toi le monde. J’aime le monde dans chaque reflet qu’il me renvoie de toi. J’aime le monde en toi. Je t’adore dans le monde. Je t’adore à travers les esprits et les Puissances, de la brume diffuse à la moindre poussière. Tu es ma joie, mon Rêve, mon chemin de pénombre. Mon chemin vers ce qui n’est pas moi et que je ne pourrais jamais connaitre ni étreindre, comme une existence en spirale à travers les Décans, les âges, les contes infinis… Tu es à la fois ce chemin, son origine et sa destination.

J’ai entendu dire que l’on a puissance sur ce qu’on peut détruire, que le pouvoir véritable est celui de détruire. On peut détruire ce qui nous appartient.

Est-ce qu’un Rêve appartient à celui en qui il nait ?

Est-ce qu’une Etoile appartient à celui qui la contemple ?

Tu es mon Rêve ; jamais je n’ai cru que tu puisses m’appartenir.

C’est peut-être pour cela que je n’ai jamais pu te parler mariage. Pardonne-moi cette franchise, mais, comme je l’ai dit une fois à Mylandar, j’ai trop de respect pour la sacralité de ton union avec Dame Zita, pour prétendre à … à être autre que ce que je te suis déjà : ta compagne et mère de nos enfants.
C’est peut-être aussi parce que j’ai une méfiance pour ne pas dire crainte des serments. Un serment suppose un lien implicite entre celui qui le prononce et celui qui le reçoit et l’accepte. Je dirais que le terme d’ « offrande » me semble plus approprié, bien qu’il y a toujours celui qui « offre » et celui qui « reçoit et accepte » ; mais une offrande peut aussi être refusée. Ce qui place celui qui « fait offrande » dans un acte de don désintéressé voire absolu. Et celui à qui s’adresse cette offrande dans une liberté tout aussi absolue (du choix d’accepter ou non).

Est-ce que le chemin de l’Apothéose est un chemin de la puissance ou de pouvoir ? Je ne sais pas.
Je doute.
Peut-être certains le pensent, mais je ne vois pas cela en l’Apothéose. Dis que je suis trop idéaliste, je le suis certainement. Mais je crois qu’il est plus difficile de créer que de détruire. Je ne suis pas avancée tant que cela sur ce chemin, mais je le désire et je le vois création et re-création, découverte et émerveillement, adoration et offrande de moi à toi, mon rêve, mon amour de cette vie et des autres.

Je m’offre à Toi, pleinement et dans l’absolu. Pour être non plus un obstacle, ou une entrave à ton accomplissement ou recouvrement de ton être, mais appui et soutien. Je t’offre ce que j’ai, ce que je suis. A toi sont mes mains, cœur, voix, souffle, vie…

A Toi j’ai été dans d’autres existences. A Toi je m’offre dans cette vie et dans ce monde.
A Toi je renouvèle la Promesse à travers l’Hélice de l’Energie Libre pour les vies qui me seront données.

Tes yeux me sont l’unique miroir de la magnificence de ce monde.
Ton sourire m’est émerveillement de chaque aube et magie de chaque crépuscule.
Adoration de Toi, en Toi et par Toi
Et si pour Toi c’est un blasphème
Que mes mots retombent en poussière de Ta route et coulent en encre de Ta parole


Enara


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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Icon_minitimeJeu 8 Avr - 16:49

......

en attendant, la vie culturelle bouillonne à Léda !

après de massifs investissements dans la restauration de l'Ancien quartier Elfe de Léda, qui accueille le
Centre Culturel des Anciens Dieux
( collaboration parrainée par Mr Sparkle, et Seigneur Loom),
le vieux quartier polythéiste de Léda est en rénovation.
ses antiques Sanctuaires aux Neuf Puissances et Myriades de dieux connaissent une véritable renaissance!
ne manquez pas l'occasion de rendre hommage aux Puissances et à communier avec les esprits de vos ancêtres lointains dans les Jardins de Rind ou les Arènes des Sept marches..

..........................................



UMP = Union des Mages Progressistes

Parti politique : Chasse Cueillette et Adoration

Nous sommes mi-Mageresses mi-Adoratrices !

Touche pas à mon Bestiaire !

1 Arbre = 1 vote !

Pétition du Parti Antispéciste = Sire ! Ouvrez les Jardins Royaux au public : les Arbres en ont assez de voir toujours les mêmes têtes des courtisans et souhaitent communier avec le peuple.

Sous les grimoires, la plage !

Les dieux sont morts. Signé : un Marionnettiste.
Le Marionnettiste est mort. Signé Minos.

La Magie est opium du peuple (Eisen)
La Magie Grise est opium des intellectuels (un Marionnettiste)

Le collectif féministe « les Filles de Loa » exigent une parité dans les Universités des Arts et des Sciences Magiques. Endymion apporte son soutien à la porte-parole Mageresse Simone de Léda.

Tauromachie traditionnelle d’Escorial : après avoir tué son second torero le Minotaure gagne les oreilles et la queue.

Fait divers au Fêtes de Rind à Dasein : un sanglier sacré dérobe les parchemins et les vêtements à un Mage de l’Université. La course-poursuite entre le sanglier et le marionnettiste à travers les jardins de Bjorngrad est disponible sur le Cristal qui songe.

……………………………………………..

Sorties littéraires :

« Ensorceler et punir » du Mage Foucault

« Triste Béryl » du Mage Claude

« Magie et Révolution », Mage Marcuse (« raison et révolution »)

« L’œuvre d’Ombre », Dame Marguerite  (Marguerite Yourcenar : L'Œuvre au noir, éd. Gallimard, avril 1968)

« La société du Baladin », une dénonciation de l’Ordre des Ménestrels, par Maitre Guy (Guy Debord, La Société du spectacle.)


………………………………..


Quelques slogans (hommage à mai 68)

Cours, Jeune Mage, l’Ombre est derrière toi !
"Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi."

Fermons les Cristaux qui songent, Ouvrons les yeux !
"Fermons la télé, Ouvrons les yeux."

Ne nous laissons pas bouffer par les marionnettistes et leur démagogie boueuse
"Ne nous laissons pas bouffer par les politicards et leur démagogie boueuse."

Nous sommes tous des Mages !
Nous sommes tous des Adorateurs !
"Nous sommes tous des enragés !"

On ne tombe pas amoureux d'un parchemin poussiéreux !
"On ne tombe pas amoureux d'un taux de croissance."

À bas la société logomancienne-ploutocrate !
« À bas la société spectaculaire-marchande. »

Marcher vers l’Apothéose, c'est aussi briser toutes les chaînes intérieures.
« Construire une révolution, c'est aussi briser toutes les chaînes intérieures »

Rêver la vie, c'est bien ! Vivre ses Rêves, c'est mieux
« Désirer la réalité, c'est bien ! Réaliser ses désirs, c'est mieux »

La Ploutocratie est blessée, qu'elle crève !
« L'économie est blessée, qu'elle crève ! »

L'humanité ne sera heureuse que quand le dernier Ploutomancien sera pendu avec les tripes du dernier Logomancien.
« L'humanité ne sera heureuse que quand le dernier capitaliste sera pendu avec les tripes du dernier gauchiste »

Les Jeunes Mages font l'amour, les vieux magots font des gestes obscènes.
« Les jeunes font l'amour, les vieux font des gestes obscènes. »

Les larmes des Marionnettistes sont le nectar des Dieux.
« Les larmes des Philistins sont le nectar des dieux »

Le Marionnettiste a besoin de toi, tu n'as pas besoin de lui.
« Le patron a besoin de toi, tu n'as pas besoin de lui. »
……………….

Œcoumène n'est pas une marchandise.
"Le monde n'est pas une marchandise."

Pour remettre à l'endroit ce que les Concordiens ont fait fonctionner à l'envers.
"Pour remettre à l'endroit ce que le libéralisme fait fonctionner à l'envers."
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Icon_minitimeJeu 8 Avr - 17:55

..





L’Eglise du Phénix, le Conseil des Conciliants et l’Hiérophante de Zénith condamnent les « Chants aux Dieux Oubliés » de la Barde Enara de Kersaint dans leur apologie du Polythéisme et l’association blasphématoire avec Rossignol Noir Sire Galaad Suppôt de Baal.

Ces chansons sont interdites dans les lieux Saints de l’Eglise du Phénix, notamment à Zénith et dans le Comté de Riverais à Villon. Il est interdit, par décret de Malleus, de les chanter, les diffuser, les auditionner sur les cristaux qui songent ou d’en faire promotion ou apologie.

Le Conseil des Sages Nadiréens de Thétis annonce sa condamnation de l’idolâtrie polythéiste des chansons récentes de la Barde Enara de Kersaint.



………………………………………



Renaissance Arc-en-ciel : revival paganiste et polythéiste que connait l’Archipel de Thétys depuis l’an 18. Son épicentre se situe à Villon, notamment à Léda, et le Comté de l’Ile du Printemps (Kersaint et la forêt de Belethen semble re-devenir un haut lieu de pélérinage).

Le Centre Culturel de Anciens Dieux (quartier Elfe, Leda) est un des cœurs de ce revival, un lieu de rencontres, d’expositions, d’echanges et de re-découverte des Anciens Cultes. Il y a un réel mécénat de projets de redécouverte, restauration de temples, de recherches académiques / magiques / archéologues à travers tout l’Archipel de Thétys, voire au-delà.


L’un des projets de rénovation est la réhabilitation de l’ancien quartier polythéiste de Léda, de ses Jardins, sanctuaires en ruine et arènes datant d’avant la conquête de la cité par Invictus.

Un autre projet concerne la préservation des Arbres Sacrés et des Forets Enchantées dans tout l’Archipel et leur re-implantation.



(total des investissements en automne an 19 est de 25 000 pièces d’or)



La jeunesse de Villon, et notamment le parti de jeunes mages "Modernes" connait un vraie engouement pour ces projets pluridisciplinaires et transversaux Magie/Adoration



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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Icon_minitimeVen 9 Avr - 17:24

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Peu avant le Solstice d’hiver j’ai été fermement invitée – pour ne pas dire « convoquée » - au Conseil Druidique de la Forêt de Brecheliant. Le Conseil était restreint. Je me suis dite que soit je ne représentais qu’un intérêt très réduit, soit qu’une certaine discrétion était voulue. Soit qu’on ménageait ma susceptibilité (mais c’est très peu probable : je ne suis qu’une très jeune Druide, vraiment très jeune…).

Il m’a été brièvement exposé mes infractions aux traditions druidiques.
* Accessoirement ma vanité du non-vieillissement.
* Principalement mes accointances avec les Apothéosiens.
* Essentiellement mon statut d’Initiée sur le Chemin de l’Apothéose.

J’avoue je devais paraitre aussi distraite que je l’étais. Plaider ma cause auprès de ces illustres Druides me semblait inapproprié et illusoire. J’avais la tête ailleurs aussi : les enfants ont ramené comme souvenir d’une journée de Festival de l’Ile du Printemps la maladie des boutons qui grattent, et là, tous l’avaient, et je me préoccupais plus de savoir su Troy allait leur rappeler de se mettre de la pommade en mon absence que du respect rigoureux des traditions. Quant à l’Apothéose, la simple évocation de ce mot me donnait le vertige de la vision de l’Oracle de son Néant et de … Non ! Suffit ! J’ai essayé autant que je pouvais isoler ce cauchemar et le ranger dans un coin discret de ma mémoire.

Ma distraction et mes hésitations ont dû avoir été mal interprétées : j’ai été sommée de prêter sur le champ le Serment de Dire Vrai.

Et c’est sous ce serment que j’ai présenté ma vision de l’Apothéose… J’ai parlé du Rêve et du Néant au cœur de chaque personne, des idéaux de la Vallée Ensoleillée de Béryl et de ses habitants, de la souillure des idéaux (venue selon mes déductions de l’alliance avec les Marionnettistes / Warlocks / Ploutomanciens de Fortuna), d’Elyseum avec sa forêt des Tours et sa Tour des Rêves Brisés…

Personne ne m’avait fait de remarques sur ma voix (ou plutôt son absence : depuis le récital d’Elyseum je ne peux plus chanter…) : cette question était au bout des langues, mais est restée muette. Je n’avais rien à y répondre de toute façon : je n’en savais rien.

Le verdict immédiat a été concis.
* Interdiction d’enseigner ou de faire apologie des préceptes de l’Apothéose dans mes enseignements, aux enfants aussi bien qu’aux adultes ; ainsi que d’arborer tout signe ostentatoire.
** Interdiction d’exercer la fonction de Juge, seule la Fonction de Conseiller restant tolérée, dans les affaires impliquant des intérêts liée aux Apothéosiens. En cas de doute, se référer à un autre Druide.
*** Le Serment de Dire Vrai m’était imposé pour une durée d’un cycle d’El.

Le verdict définitif a été repoussé à date indéterminée dans un avenir brumeux, après (à ce que j’ai cru comprendre) une période de probation et des délibérations en mon absence.

Puis j’ai été congédiée, poliment mais fermement.

Alors je suis retournée auprès de mes oisillons fiévreux et ronchonchons… et de Troy luisant de pommade à l’huile de bourrache et à la lavande !, (qui marche aussi contre les puces, tics, poux, disons-le, mais pas à voix haute, pour ne pas froisser les susceptibilités).

……………………………………………………….

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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Icon_minitimeLun 12 Avr - 16:09

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Je n’ai pas le cœur à accompagner Argantael et Arcos se livrer à cette serpillère concordienne. Qui a dit déjà « les meilleurs partent en premier » ?...

Je reste plantée, avec ma canne en bois d’olivier tordu (merci, Argantael, je dois aussi m’appuyer sur Œcoumène toute entière, et elle m’est cette branche en ce moment). Je fixe un de ces boucliers poli comme un miroir qui orne le palais concordien. C’est un peu en hauteur, mais je n’ai aucun mal à me hisser sur la corniche. Des gardes me fixent. Je suis leur attraction du jour. L’un deux murmure « qu’est-ce qu’elle fait là, cette vieille chouette ?... », un autre « surement une vieille harpie survivante… », un autre « je vais chercher le Capitaine pour la déloger, elle risque de salir la façade ! »

Oui, j’ai l’air vieille. Depuis Ithaque, j’ai troqué ma robe (dans laquelle je flottais) contre une tunique du cru, avec ceinture, et une cape (c’est drôle d’utiliser un drap trop long comme cape, mais j’ai vite appris). Pas besoin de sandales : au moins là mes pieds ne jurent pas avec le reste : des vraies serres de vieille harpie ! Et mes cheveux… blanchis comme la chaux de maisons ! Je les noue en un chignon, mais le vent s’entête à le défaire, avec un fond de rire de Cratès.
Dans ce miroir-bouclier, mes rides se superposent aux maisons, ruines, falaises de la ville de Solon. Comme si c’est Solon que je voyais, ou comme si Solon me regardait.

Oui, je crois que je me sens vieille en cet instant. J’ai toujours honoré et respecté les anciens esprits, les anciens dieux. Et c’est un jeune dieu qui m’a montré ma vieillesse tapie sous mon visage que je voulais éternellement jeune.

Il y a les Puissances. Ce sont nos parents. Ils sont les parents de l’Humanité, et des Peuples Premiers.
Il y a les jeunes dieux, les Apothéosiens. Ils sont enfants des Puissances.
Et il y a les 7 Très Anciens Dieux (Sof, Abime, Ombre, Eros, Antéros, Chaos, Merveille) : les parents des Puissances, les Grands Parents de l’Humanité et des Jeunes Apothéosiens.

L’Oracle a suspendu Alfadr au-dessus de l’Abime. Et à moi, il a donné ce visage de Grand-Mère, comme un reflet.

Il n’y a pas de hasard !

Notre venue à Solon était placée sous le signe des Très Anciens Dieux, de par notre rencontre avec Dame Leto, fille de Merveille. Et qu’un ancien Temple soit détruit est aussi un signe.

J’éclate de rire. Les gardes en contrebas sursautent. J’ai un rire roque, croassant. Et je plonge dans la surface miroitante du bouclier.


………………………………………………….


Je ressors en plein marché de Calisto, d’un bouclier en bronze qu’un artisan de Japhet est en train de lustrer. Il bondit et pousse un juron (je présume que c’est un juron, parce que la langue de Japhet est un peu comme la langue de Dasein : les mots sont à rallonge, et le phrasé aboyé). Ça tombe bien, c’est lui que je voulais voir, Maitre Waldrim, Artisan-Marchand Nain de Japhet. Et Maitre Architecte Skaldar (qui avait travaillé sur les splendides grottes du Pigeonnier).

Je leur expose mon projet : un temple en l’honneur des Sept Très Anciens Dieux. Enfin, une chapelle, ou un petit temple, ou un petit temple sous-terrain discret… Je leur parle de Dame Leto, de la destruction de leur temple (déjà en ruines) par des guerrier inspirés par Baal et aux ordres de cupides ploutocrates moralisateurs… Et de Solon, enfants de dieux, Empire de la Pensée, réduits à la servitude depuis 2000 ans et à l’héritage dévoyé. Et du combat des Mages Guerriers survivants…

Et nous arrivons à nous mettre d’accord sur le prix !

Et les délais : 3 jours.

Je repars à Solon.

………………………….............


L’avantage de l’été à Solon, c’est qu’il fait chaud. Trop chaud même. Quand je me baigne dans le Mer Cyrcéenne, j’ai l’impression de plonger dans les étuves d’un bain chaud ou dans une soupe! On est loin de la fraicheur revigorante de l’Océan Infini de Kersaint, ou des torrents printaniers de la Foret Noire de Dasein. Mais je crois que c’est ce qu’il faut en ce moment pour mes vieux os, cette chaleur de la mer et du soleil.

Je m’installe dans le marché du port de Solon, à côté d’un luthier. Avec son accord, je lui empreinte une lire (j’ai toujours eu de l’appréhension à jouer d’une lire, depuis le Val Sans Retour, mais ici, avec la flute de pan c’est l’instrument le plus répandu, et j’ai trop peu de souffle pour jouer de la flute). Et j’entame mon répertoire sans parole de tout ce que je connais de Solon et des chansons populaires des Archipels. Au bout de quelque temps, il y a attroupement, et j’ose sortir une pancarte « Vieille aède cherche Voix ». Cela me semble clair et honnête.

Il y a des demandes, de telle ou telle chanson. Les gens les fredonnent, et je retrouve les mélodies. Je tends l’oreille à toutes les voix, essayant d’en repérer une qui pourrait me convenir. Il y ceux qui se proposent spontanément. Mais ça ne me convient pas.

Il y a eu ce jeune fils de noble ou riche marchand, je n’ai pas saisi, accompagné d’un précepteur servile. Il s’impose et me commande une chanson en vogue chez la noblesse de Thétys, en me jetant quelques pièces. Je m’exécute, amusée. Mais sa voix n’a pas assez de coffre, elle est trop apprêtée, artificielle ; elle est parfaite pour un salon mondain, non pour la rue. Je le lui dis. Il se vexe : qu’est-ce qu’une vieille borgne connait au répertoire raffiné, me dit-il. Je lui réponds que je suis peut être vielle et borgne, mais pas sourde. Il part, offusqué, accompagné d’éclats de rires…

Une jeune femme, notamment, le moque. Elle vendait les poissons tout à l’heure, et sa voix porte loin « ils sont frais mes Gavros (anchois) ils sont frais mes Kolios (maquereau) ils sont frais ! » Elle a un rire franc et contagieux, irrévérencieux, qui nait dans les tripes et éclabousse par ses éclats. Elle est encore jeune (une vingtaine d’année, pas plus), avec un pur profil de fille de Solon où les nez est le prolongement de la ligne du front, et ses yeux noirs sont un peu globuleux (je dirais une ascendance de quelque sirène dans les arrières grands-parents ou plus lointaine encore). J’ai cru deviner son nom dans les conversations, alors je la hele, Callie, toi qui ries si fort, chante, pour voir. Callie ne se démonte pas, et, mimiques à l’appui, elle râle la prestation du jeune prétentieux de tout à l’heure. Le petit attroupement autour de nous rit de plus belle. J’enchaine sur le « Blues du Marionnettiste » : elle connait, et y apporte une fraicheur inattendue de la gamme dorique descendante.

Ça y est, j’ai ma Voix, me dis-je intérieurement. Et tout haut j’annonce un « Correct. Et perfectible. »

Le soir, Callie m’invite dans la demeure de ses parents, pécheurs et marchands de poissons. J’y suis présentée comme Mémé Nara (« Enara » ne convient pas à mon âge, selon Callie, et le « Mémé Enara » est trop long).
Je négocie les services de Callie en tant que Voix pour les jours qui viennent auprès de son père.

Le reste de la nuit, nous le passons sur la jetée déserte de la Mer Cyrcéenne : parfait pour corriger quelques imperfections du timbre et poser une respiration convenable. D’autant plus qu’un groupe de sirènes curieuses s’y mêle et elles ne sont pas avares de leurs conseils !

……………………………
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Icon_minitimeLun 12 Avr - 16:28

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Sa Sérénissime !


Qui a le céans vissé
Sur le siège matelassé,
Face à une Dame qui
Reste debout face à lui ?
Sa Sérénissime
Ambassadeur Hakim !


Qui s’fait lustrer les babouches
Par une pulpeuse bouche
De Concordienne cousue d’or
Disciple d’Archimage Peter ?
Sa Sérénissime
Ambassadeur Hakim !


Qui a l’honneur mal placé ?
Mes railleries vous ont vexé !
Qui envoi trois beaux garçons
Rouer une femme de leurs bâtons ?
Sa Sérénissime
Ambassadeur Hakim !


Jeune blanc-bec, sous ton turban
Le melon n’est pas si grand.
Soulève un peu donc tes fesses
Et respecte la politesse :
Bonjour, Merci, S’il vous plait,
Font partie de ces mots-clés
Que vous ont appris, j’espère,
Vos honorables Père et Mère.

Ne les couvre pas de honte
Dans ces contrées de Solon !
Votre Sérénissime
Ambassadeur Hakim !

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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Icon_minitimeLun 12 Avr - 16:32

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Sur une Ile de Solon
On y danse la Concordance
On réprime les rebellions
De feux coupe-faim dans les panses

Dans les rues de Solon
Le vent charrie la misère
Deux mille ans d’oppression
Sur un peuple noble et fier

Sur la place de Solon
Un Temple aux Marionnettistes
Le Ploutomancien n’a de Ladon
Que l’arrogance de faux artiste

Ouvrez les yeux, vers le passé
Ouvrez les cœurs, vers l’avenir
Tous enfants de l’Empire de la Pensée
Porteurs d’Ithaque dans nos désirs
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Icon_minitimeLun 12 Avr - 16:38

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Dame Gertrude, tu es Mage,
Tu es fute-fute, tu es femme !
Les tabourets c’est plus d’ton âge,
Respecte-toi, ma bonne dame.

Jadis Concorde était un idéal,
Une lumière après les Guerres Noires…
Gertrude. Wulf. Noble animal.
Pourquoi tu le transformes en clébard ?

Les Concordiens seraient donc si voraces
Qu’ils troquent la prospérité des hommes
Pour des dorures de leurs propres palaces,
Ou gisements d’orichalks et d’electrom…

Mais vous êtes quoi ?!
Sangsues à large bouche ?
Ou crocs de la lointaine Fortuna,
Spécialisés ès-léchage de babouches ?

Dame Gertrude, un peu de dignité !
Vos armoires dégorgent de parures,
Vos coffres sont nauséeux à craquer :
Tant de richesses … Et idéaux ? Parjure !




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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Icon_minitimeLun 12 Avr - 16:42

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Jadis un barde de Nibel
Me fit son héritière
Il dit : braille bien, oiseau du ciel,
Raille l’Ombre des Lumières

Depuis, quand je croise un puissant,
La tentation me guette :
Dois-je lui fienter sur le turban ?
Ou direct sur la tête ?

Et rapidement, en coprophages,
Ses serviles courtisans
Rétabliront le beau lustrage.
Et tous seront contents.

J’ m’envolerai chercher ailleurs
Une belle charogne fumante,
Tête couronnée au sombre cœur
Pour y poser ma fiente !

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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Icon_minitimeLun 12 Avr - 16:47


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Dame Gertrude


A Solon, avec sa prétention,
Elle a piètre réputation.
Le palais Concordien en dessous
Cache une Aragne près d’ses sous

Elle fait des courbettes sans torticolis
Et en scarabaeus laticollis
Elle sent à mille lieux les précieux gisements
Pour y porter la paix des Concordiens

Soufflez donc, ma bonne dame,
Sur votre athanor ploutomancien infâme.
Vous savez souffler sur les braises,
Pendant que l’on vous…(plaise) !


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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Icon_minitimeLun 12 Avr - 17:56

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TEMPLE SECRET des 7 TRES ANCIENS DIEUX


Archipel de Solon, Près de la Grotte de Dame Leto, fille de Merveille.


******



Dans les ruines d’un temple antique détruit par un tir malheureux d’un navire de guerre humain, il y a, caché par les décombres, l’entrée d’une grotte, comme une faille ou une entaille dans la roche volcanique de cet ilot insignifiant. Elle est partiellement immergée, surtout quand les vagues sont fortes. Des marches, grossièrement taillées dans la pierre sombre, qui montent, vers le sec, puis un escalier qui redescend, en hélice large vers le cœur de l’Ile.




Ce large cercle qu’il décrit épouse les contours d’une faille, comme un ancien cratère, au fond duquel, tout au fond de l’eau, il y a encore ce volcan qui bouillonne et crache des coulées de lave et des bulles qui remontent et font bouillonner les flots en un Chaos primordial.
C’est le Chaos.

Autour de ce chemin en hélice, il y a six grottes principales, disposées en reflets qui se répondent.

Il y a cette grotte vide et élancée, comme une chapelle. Ses murs sont de la pierre sombre aux reflets indigo, parcourues de veines de vermeil (l’or et l’argent liés), comme des pluies irrégulières ou larmes de quelques étoiles. C’est cette lumière qui l’illumine, ainsi que l’âme de celui qui y pénètre. Lorsqu’on s’allonge sur le sol, ces milliers de scintillements sont comme un ciel étoilé, mêlant, passé, avenir, le ici, le maintenant, les perspectives et ciels inconnus et lointains.
Cette grotte est vide, comme une coupe vide, pour pouvoir être remplie.
C’est Sof.

Il y a une grotte de pierre volcanique rugueuse et contrastée, certains blocs sont brulants, d’autres parois sont glacées. Au centre est posé un cube grossièrement taillé, d’obsidienne rougeoyante. Dessus est posé un couteau, comme un éclat de silex avec un manche, taillé d’un seul bloc. Une lame d’un rouge sombre du sang coagulé. C’est du sang vitrifié…
C’est Anthéros.


Il y a une grotte aux parois recouvertes de mousses luminescentes des teintes d’émeraude ou de péridots ou d’ambres vertes, de coquillages agglutinés le long d’un mince filet d’eau cristalline qui suinte le long d’une fissure. L’air y est doux. Sur le sol s’enroule une corde, qui ne semble avoir ni début ni fin. C’est une corde tressée, des myriades de fils. Certains sont des fibres végétales, des tiges de fleurs... D’autres sont des poils ou des cheveux ou des plumes, ou des lambeaux de peau, des ligaments... D’autres encore sont des fils de métaux précieux ou de substances minérales…
C’est Eros.

Il y a une grotte à l’auréole d’or orangé, dont le cœur attire et dévore toute lumière qui y pénètre. Ce cœur, c’est un trône d’Ombre Dense.
C’est Ombre.

Il y a une grotte qui est rehaussée de lueurs fantomatiques de quelques améthystes funestes. Elle est la plus froide et la plus aride.  Au fond il y a une faille qui n’a aucun fond, et nul écho n’y est réverbéré.
C’est l’Abime.

Il y a une grotte chatoyante de mille lueurs, de mille couleurs, de mille pierreries, mille veines de substances rares et précieuses en dentelles sur ses parois. L’ambre de la Fortune y perle ses gouttelettes, comme la sève de quelques racines invisibles soutenant les parois.
C’est Merveille.
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Icon_minitimeLun 12 Avr - 20:49

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« L’encre serait de l’ombre »

L’ombre court danse et suinte
Sanglot rire ou complainte
S’étale en arabesques
Sous la plume ubuesque
Ruban d’âme en décombre
L’encre serait ton ombre



**********



L'encre serait de l'ombre: notes, proses et poèmes choisis par l'auteur, 1946-2008
Livre de Philippe Jaccottet
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Icon_minitimeHier à 11:22

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La Gertrude  

sur un air lointain de Brassens, Brave Margot

La Gertrude, la bonne concordienne
Trouve dans le désert un beau gisement :
Elle s’empresse, toute sereine,
D’y porter la paix par un contingent.
Les fennecs et les musaraignes
Lui disent : va-t’en avec ta paix !
Mais Gertrude est ploutomancienne
Et même du genre bien entêtée


La Gertrude, une vraie louve d’eau douce,
Sillonne toute la Mer Cyrcéenne,
Voir si de l’electrom y pousse
Parmi les algues et le lichen.
Les anchois disent : du royaume de Sylène
Déguerpissez, sans nous souiller !
Mais Gertrude est ploutomancienne,
Diplômée ès-Arts Mensongers

Quand Gertrude brandit la Belle Concorde,
Son intérêt n’est jamais très loin.
Elle vous prépare d’avance une corde
Pour rembourser tous vos emprunts…


La Gertrude, elle est bien travailleuse,
C’est une couche-tard, une lève-tôt.
Elle nettoie toute babouche poussiéreuse
Avec sa bouche, s’il le faut.
Dignité lui est valeur trop ancienne
Elle crée des guerres par intérêt…
La Gertrude est ploutomancienne,
Diplômée ès-Servitude Vraie

Quand Gertrude fait défiler ses gardes
Leurs heaumes brillent, d’un air blasé ;
C’est une Concordienne de Bjorngrad,
Sans principes, et mal-….
(comprise !)
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Icon_minitimeHier à 11:26

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Dame Gertrude, vous m’éblouissez
Par votre contorsion multi dimensionnelle !
D’une main c’est l’or que vous amassez,
De l’autre, étranglez la Solon éternelle…

Vos lèvres charrient d’étranges mélopées,
Où le vrai se travestit, selon un douteux prisme :
Menaces de guerres sous couvert de paix,
Oripeaux de liberté, maculés de cynisme…

Vous avez travesti en Concorde
Votre soif de pouvoir, votre cupidité.
Les crocs de Fortuna par vos bouches nous mordent.
Quel prix pour vos crimes : échafaud ou corde ?
Laissez en paix notre humanité !



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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Icon_minitimeHier à 11:31

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Si j’étais Ladon
Sur son trône de Fulmine,
J’aurais pour de bon
Jeté au fond de l’Abime
Tous ces Concordiens
Mytho, fourbes et cupides,
Leurs lois qui ne valent rien,
Leurs promesses perfides,
Tout leur Empire du Bien,
Puritain et fétide !

J’aurais mis une couronne
De fleurs sur chaque tête,
Pour libérer les hommes
Des deux mille ans de fausses dettes.
Et fait un grand Banquet,
S’aidant des sept recettes :
L’Empire de la Pensée,
Qui met nos cœurs en fête.




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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Icon_minitimeHier à 11:42

AVERTISSEMENT : tous les évènements, personnages et opinions sont purement fictifs et liés à des personnages fictifs d'un jeu !  




Dame Gertrude

Ta voix fielleuse se fait miel
En présence des Puissants.
En actes : Baal. En discours : El.
Quelle contorsion !, bon sang…

Tu crées des guerres, pour y porter,
En siphonnant les ressources,
Les beaux oripeaux de la paix
Made in la ville de l’Ours.

Quand dans ta tour les émeutiers
T’agacent, criant famine,
Un tir de lance-feu bien placé
Montre « qui meurt, dine »

C’est Peter Ganz qui t’a appris
L’art de l’Interrogatoire :
Pratiquer en asepsie un viol de l’esprit,
Et dire « c’est la faute des Mages Noirs »

Un dissident ? Gare à Volond !
Et aux heures les plus sombres…
Une critique ? Toujours Volond !
Et un séjour – au frais – dans l’ombre…

Il est mité, l’épouvantail
De vos fantasmes obscènes !
C’est toute votre Concorde qui déraille,
Madame la Concordienne !
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Icon_minitimeHier à 11:44

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sur un aire connu ...




Qu’est-ce qu’elle est servile,
Cette concordienne,
Chantent les sardines,
Chantent les sardines,
Elle cire vos babouches,
Succulente mise en bouche,
Chantent les sardines
Sur l’assiette du Prince Hakim…


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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Icon_minitimeHier à 19:34

..


inspiration très lointaine, dans le rythme (refrain)
Modern Talking - No Face, No Name, No Number





La Mer Cyrcéenne
M’éclabousse de lumière.
Laube n’est jamais lointaine
Pour celui qui espère.
Je suis borgne et sans peine
Contemple vos dénis ;
Vous me dites « païenne »
J’dis « Phénix est une Pie ! »

J’irai combler l’ Abime
De débris de mes rimes ;
O Déesse affamée,
Rendez-moi mon Aimé !

En bulle de saponaire
J’nais du Chaos primaire.
Par mon sang et ma sève
Je ne vis que pour mon Rêve…



La Mer Cyrcéenne,
Où dix mille iles lézardent :
C’est l’écharpe de Sylène
De mon beau bleu de Barde.
En aveugle, j’avance
Sur les routes des mondes ;
Mes ailes d’impermanence
Sont vent et sont pénombre.

J’irai briser mes ailes
Aux voutes des coupoles,
Si l’ Invisible appelle
Pour un ultime envol.

Et qu’ Eros prenne pour corde
De son arc de raison
Toutes les veines de mon cœur,
Et pour flèches mes chansons.


La Mer Cyrcéenne :
Berceau du seul empire
Où tous sont rois et reines
Des royaumes des désirs.
Empire de la Pensée…
Tu m’as ouvert ta porte
Quand je t’ai embrassé,
Fleur de ma rencontre.

Que vienne saigner mes veines
Antéros et sa lame ;
Seront limpides les gemmes
Des larmes de mon âme.

Qu’importe la puissance,
Ses dorures ou trônes d’ Ombre.
De sagesse en démence
Je guette la pénombre.

Mille trésors de Merveille
S’il faut une rançon.
Sept gemmes, couronne vermeil,
Qui n’avait jamais ceint un front.


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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 6 Icon_minitime

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