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 Enara, kaer Paloma, kaer Ava

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Jezabel Charlotte

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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeJeu 11 Fév - 19:56




Je m’en vais sur les routes de Villon.

C’est ce que j’avais dit à Loom, pardon, « prince Loom », bien que je n’arrive pas à l’idée que mon/ma complice de concerts et de dévastations chez le confiseur du Roy à Léda soit un prince…
Oui, les rumeurs ont fait état d’une organisation criminelle de malfaiteurs qui ont à plusieurs reprises dévalisé le confiseur Royal (j’avoue, maitre Bertillon Mulot a les meilleurs macarons, sucres d’orge, choux à la crème et… ta-dam !... glaces et sorbets que j’ai jamais gouté. Et on lui a rendu plusieurs fois visite, par les miroirs…). Mais comme les pièces d’or et d’argent restaient bien sagement dans la caisse (bien sûr ! Nous c’est les glaces qui nous intéressaient), l’affaire fut classée sans suite.

Et c’est par cette glorieuse annonce que j’ai effrontément gagné par cinq ricochets contre un misérable plouf la partie en cours. Et, en mauvais perdant qu’il/elle est, Loom me qualifia de « glandarus ».

Je lui ai expliqué que je ne pouvais pas lui imposer ça, vu que le Haut Ménestrel m’a dans son collimateur, et puis ça fait beaucoup de route, que je ne connais pas encore le trajet et que tout se décidera au jour le jour, et que s’il/elle veut faire un bout de chemin, c’est avec plaisir…
Mais je voyais bien dans ses yeux que Loom était bien décidée de passer la suite du printemps et l’été sur l’Ile de Printemps et non à prendre des bains de poussière sur les routes de Villon.

J’ai laissé un mot dans la corneille des doléances pour Argantael : un jour ou l’autre il allait tomber sur ce laconique « Je m’en vais sur les routes de Villon ». Je ne veux pas attirer les chiens serviles de Roy sur lui. Ni les chiens enragés du Malleus…

Je ne lui ai pas dit, mais Enara était bien loin. Sa timidité, sa retenue, étaient tombés dans les eaux du Miroir Sombre. Je voulais non plus chantonner, mais hurler la vie à tue-tête. C’est comme un trop plein dans mon cœur que je devais vider. Et me remplir, buvant à d’autres sources, mêler en moi des ruisseaux d’émotions et de passions, les transfigurer et les libérer, les transmettre à d’autres…

J’étais, il fallait l’avouer, l’apprentie de Dame Morwena. Je portais en moi peu de lumière, beaucoup d’ombre, mais surtout j’étais mue par ces deux forces originelles.

C’est la première fois que je partais si loin de chez moi toute seule ! Ma fête de passage à l’âge adulte avait eu lieu, j’étais donc adulte. Officiellement. J’étais Moka Garolo Glandarus. (ascendants : inconnus ; lieu de naissance : inconnu, trouvée sur l’ile du Printemps rejaillie ; appartenance au domaine de : non renseigné. Ben oui, fallait bien que j’ai des papiers pour voyager ! Je trouve ça ridicule … comme si un papier justifie de mon identité mieux que ma propre tête et ma voix…)

Je suis partie à cheval. Pâquerette, jeune et jolie jument piaffait elle aussi de voir du pays. Elle en a vu ! Des routes pavées, des chemins poussiéreux (l’été a été assez sec au début), des carrefours avec des effigies du Phénix Resplendissant, des sentiers tortueux et boueux (il y a eu des beaux orages et des averses), des places de marché, des stalles d’auberges en général délabrées, des granges, des nuits à la belle étoile…
Nous avons tourné vers le sud, longé l’Océan Infini, puis par les terres, on a traversé les duchés, avec des pèlerins, des caravanes de marchands, des troupes de mercenaires, des artistes, des forains, des baladins, en compagnie de simples voyageurs… ou, la plupart du temps, rien que nous deux, Pâquerette et moi, marchant l’une à côté de l’autre.

J’ai chanté avec des artistes errants, des troupes de baladins. J’ai chanté seule, en duos, en chœurs. J’ai chanté en marchant sur les chemins. J’ai chanté aux carrefours des routes et dans des foires des villages et des bourgs. J’ai chanté dans des auberges, aux mariages et aux enterrements. J’ai chanté toute seule les nuits où seules les étoiles, les bêtes des forets et des champs et les lucioles étaient mon public.

J’ai évité toutes les capitales et les grandes villes. Malgré ma répugnance à y entrer, je m’étais promise que si une invitation m’était faite, je ne déclinerais pas : j’ai été sauvée par l’ostracisme des grands de ce monde.

J’ai écouté mille chansons et ballades des femmes aux champs ou aux lavoirs. J’ai écouté des légendes grandioses et contes du soir au coin du feu dans les maisons qui m’ouvraient leurs portes. J’ai recueilli des souvenirs des hommes et des femmes au crépuscule de leurs vies. J’ai soigné des malades et des blessés, humains ou bêtes. J’ai vêlé des vaches et j’ai accouché des jeunes épouses, j’ai chanté des berceuses, nourrie de leurs espérances et souhaits…

J’ai entendu les chants de ma mère, portés par le vent et par d’autres Bardes itinérants fredonnés par de simples gens. J’ai mêlé mes chants et ceux des autres…

Quand je suis remontée par l’est, vers le duché de Brugel, j’avais les bras, ou plutôt la selle de Pâquerette, chargés de fleurs séchées (l’été est propice pour cueillir des plantes médicinales et aromatiques), et la mémoire pleine de nouvelles mélodies, de nouveaux refrains, de nouvelles histoires…

J’étais partie sans le sou, et je suis rentrée à Triskel toujours sans le sou. Les pièces qui m’ont été données ont été comme des graines, j’ai dû les éparpiller en route !
Je suis quand même rentrée couverte de présents.
Un châle bien chaud pour Ava, en laine douce et fine, c’est une bergère qui me l’a donnée.
Un livre de recettes « les 1000 et une vie de canard », ça c’est pour mon oncle Drogon.
Une belle cotte de mailles, fine et légère, je pense ouvrage d’inspiration nadiréenne, pour Argantael, c’est un vieux chevalier qui me l’a donné, elle était à son fils.
Une collection de parfums et de fards « made by Elves » de Léda, je partagerai avec le Prince Phallaris, parce que moi aussi j’adore trop ça !
Un fer à cheval porte-bonheur en electrom (il est beau et il brille comme le plateau pour le petit déjeuner de la Reine Isolde).
Un chandelier, en electrom lui aussi, très ancien et tellement beau qu’on dirait de la dentelle de métal posée, ça c’est pour Alfadr, j’espère que ça lui plaira…
Deux robes encore en bon état, avec chemises brodées, et tuniques et tout et la tunique que je porte (celle avec laquelle je suis partie est vite tombée en lambeaux à force d’être rapiécée), des rubans de Dandollo, une paire de nouvelles bottes en daim (offertes par un artisan parce que je n’avais pas assez de sous et parce qu’un duc les avait trouvés inadaptés à la nouvelle mode), plusieurs cordes de rechanges (je casse souvent les miennes), une belle casserole en cuivre fin ré-adaptée en tambour avec pourtour gravé d’orichalk (si-si, du vrai orichalk, ça donne un look « crépusculaire » à l’instrument)…
Et encore tout un tas de souvenirs…. Je comprends pourquoi Pâquerette se plaint !

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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeVen 12 Fév - 12:06






légère inspiration pour le rythme et la mélodie de cette chanson (sans le refrain)







Je m’en vais par les collines...



Je m’en vais par les collines
Par les routes de Villon,
Je m’en vais porter mes rimes,
Mes pamphlets et mes chansons

A chacune de mes escales
Chaque carrefour de mes chemins,
Dans le ciel c’est votre étoile
Qui est mon guide lointain.

Mes chansons, quoiqu’on en dise
Sont pour vous et sont à vous,
Et je prie la moindre brise
De les mener jusqu’à vous…

J’ai confié aux fleurs des champs
Tous les secrets de mon cœur.
Et je marche en fredonnant
La joie d’aimer, mon bonheur.

Je ne pleure pas, c’est la pluie,
L’arc-en-ciel est mon chemin.
Je ne dors pas, c’est la nuit
Qui rêve de vous en me berçant.

Je suis née quand je vous ai
Vu pour la première fois :
Nos regards se sont croisés,
C’est ainsi qu’est née ma voix.

Je vous tresse de mes mains
Mille couronnes de fleurs des champs,
Mais vous êtes si loin, si loin !
Alors je les offre aux enfants !

Et je crois apercevoir
Votre silhouette dans la foule…
Mais dans ce jeu des miroirs
Je suis seule, je déambule…

Il n’y a jamais et de « nous »
Et pourtant mon cœur espère
Quand mes pas s’éloignent de vous
Mon cœur me tire en arrière,

Et je m’en vais sur les routes …
Toutes mes chansons sont pour vous,
Les joies, les peines et les doutes…
Et je vous aime plus que tout…



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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeVen 12 Fév - 12:16


Je suis partie au printemps
Printemps
Je suis partie semer mes chants
Au vent
J’ai tant semé j’ai tant planté
Chanté
Que j’ai teint les forets
Dorées
Que la poussière a collé à
Mes pieds
J’ai chanté Mara et Loa
Liées
L’Arbre de Rind et de Minos
Il sait
Je me blottis contre l’écorce
C’est frais
Vous me verrez comme une simple in-
-connue
Qui braille au vent sans aucune re-
-tenue
Saurez-vous voir bien au-delà
Des mots ?
Au-delà du ciel, au-delà
Des flots ?
Je ne mendie pas, ne deman-
-de rien
Ce que j’ai-je le donne de mes
Deux mains
Je vous offre mon cœur
Ma voix
Toutes les plumes de mes ailes
Et le choix

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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeDim 14 Fév - 20:15



Le dernier récital de Moka Garolo, Léda, jardins abandonnés de l'enclave Shii



J’ai réussi à persuader Alfadr de rester quelques jours encore à Léda. Nous étions descendus dans cette simple auberge de basse ville où Hubert le splendide clochard (et anciennement archimage Hubertin de l’Académie de Léda) était connu et nourri à l’œil. Lui aussi pense que la Magie n’est pas un art réservé à une « élite » portant l’empreinte (un ancêtre mage, simplement parlant), il parle de la « basse magie »…

Je repense à mon voyage en tant que Moka sur les routes de Villon. Ce que je voulais y voir, entre autre, à travers ce voyage, c’est la survivance de la Magie et des Anciennes Adoration, des Anciennes Alliances des terres de Villon. J’ai voyagé d’Arbre en Arbre, suivant les dessins et entrelacs des racines et les inclinaisons des branches.

Jadis, il n’y avait que les enfants de la magie, les enfants de Loa, et les enfants de Rind  nous les bestiaires, les enfants des autres puissances, y compris Sygin… Et Villon était terre des Elfes. Comme Dasein était terre de Nains. Puis sont venus les hommes, portant les essences de toutes les puissances, les 7 et Sygin, et El et Loa et Oecoumene. Et les lignées furent mêlées.

J’ai vu que les racines des arbres étaient si entrelacés, que tout villonnais pouvait se targuer d’ascendance elfe (et/ou bestiaire et/ou autre dans une moindre mesure). Et que c’était analogue à Pardès, et aussi à Nibel… Aussi difficile que cela parait à imaginer, nous sommes tous des sang-melés.

J’en tire cette simple conclusion, avec un sentiment de re-inventer le fil à couper le beurre, après Eisen, Arcimboldo et Hubert : nous tous pouvons faire de la magie !


Mais je n’etais pas restée à Léda uniquement pour faire de l’analyse de la magie et de sa faisabilité…


Une folle rumeur a couru dans les cristaux qui songent : Moka était à Léda et donnait son dernier récital. Cette  rumeur a enflé pendant plusieurs jours. Des voyageurs ont afflué, les auberges de basse villa étaient pleines. Le Secret du Roy avait mis des renforts qui suaient sur le dossier « Glandarus », j’en ai eu des échos de premières mains… Una affiche avait été placardée sur les portes des bureaux du Haut Ménestrel et Sire Galaad a eu une rage de dents et des vapeurs… Des étudiants ès Arts Magiques De l’Académie de Léda ont organisé un Comité de Soutien aux Bardes Indépendants et scandaient « sauvons nos oiseaux chanteurs » sur le parvis…

Evidemment Loom était de connivence. Et le lieu choisi était cet antique jardin du quartier Elfe à l’abandon : c’était aussi le lieu du premier récital de Moka. Loom m’a assuré que grâce à la Magie Elfe et les reflets des miroirs, ce jardin accueillera beaucoup plus de personnes que ces dimensions ne laissaient supposer à première vue. Je lui ai dit d’accord, je te fais confiance, tu gères tout et moi je chante.



J’ai le cœur qui bat jusque dans les tempes. Moka était de retour ce soir. Premier quartier de Loa. Je souri : quelque part, tout près, je sens la présence d’Alfadr, celui pour qui j’ai toujours chanté, et pour qui je chante ce soir. Je sais qu’il y a aussi le jeune patriarche Phallaris Numa, quelque part derrière les miroirs, et aussi Hubert, et peut être même Réthéniel, et Argantael… Je sais que Maitre Mercier est venu, avec Attale le Caliban… Peut-être dans la Tour de Terne de Dasein résonnera ma voix…  Peut-être Reine Isolde me prête oreille … Peut-être Sidouri à Pardès, et le prophète Siri m’entendent …
Je sais que l’Ile du Printemps est avec moi, dans mon cœur…
Je sais que Paloma m’écoute… Qu’Ava m’entend…


Je ne chante ce soir que mes compositions, ou mes transpositions. Les légendes des Vents Libres des Philomène, les contes glanés sur les routes de Villon, les ballades Elfes…
C’est la magie que je chante. C’est l’Energie Libre qui coule dans nos veines comme la sève, qui ondule sur nos lèvres comme des mots ou un souffle, qui se dépose sur la peau en milliers de gouttelettes de rosée… Je voudrais réveiller cette magie dans les cœurs… rappeler les instants d’émerveillement de l’enfance… Je mêle dans ma voix les mélodiques de la voix de Martin, j’ai gravé en ma mémoire ses dernières paroles : l’essence de la magie est l’émerveillement, l’insouciance ; la magie est ; c’est un lien qui relie les êtres…

Je chante mes pamphlets si blasphématoires aux yeux de certains. Je ne les clame pas en paroles de haine, mais bien comme avertissements, des alarmes : Mages, réveillez-vous, il n’est pas trop tard ! Retrouvez vos idéaux ! Je les scande comme des suppliques, soyez dignes de Solon, Mages ! Si alchimie doit être, c’est celle de vos cœurs ! Offrez-vous au monde et le monde sera à vous …
Je chante la grandeur d’âme, l’honneur et la bravoure de jeunes mages guerriers, je chante les Ballades d’Ogier. Je chante la rédemption d’anciens mages et rois…
La Magie est. Elle n’est pas ficelles de poupée d’un marionnettiste ; elle est ce rire d’enfant qui regarde, elle est sa joie, elle est joie d’exister…


Je chante ma joie d’exister, toutes ces ritournelles qui m’avaient étouffées de larmes, je les chante en joie, c’est mon présent pour Alfadr… une partie du présent…

Quand je m’arrête pour reprendre le souffle, je sens que les cloques sur mes doigts ont fissuré, mais ça n’a pas d’importance. Mes gusli sont en cet instant de l’écorce de l’Arbre de Rind et de Minos. Je sais qu’ils me voient… Combien sont-ils ? Je ne sais pas…

Je remercie d’une voix un peu éraillée tous ceux qui m’écoutent. J’ai une révélation à vous faire, leur dis-je. Quand j’ai chanté pour la première fois, j’ai eu terriblement peur. J’ai eu peur de chanter faux, d’être maladroite… J’ai eu peur d’attirer du ressentiment… Je ne suis pas un ménestrel noir : je ne suis qu’un oiseau chanteur, parfois lyrique, parfois railleur, toujours brailleur ! J’ai eu peur des jugements, peur de ne pas plaire… J’ai eu peur de dire en face ce que je ressentais à la personne que j’aime le plus en ce monde … J’ai voulu préserver ma famille et mon village natal… j’ai eu peur qu’ils désapprouvent et me rejettent…

Alors j’ai mis un masque. Moka est ce masque. Moka m’a donné de la force, de l’assurance. Moka a osé donner vie à certains de mes rêves…

Mais maintenant, je vous dis : bas les masques !

Je suis une fille du villonnais, et je suis un oiseau chanteur ! Je suis apprentie barde, et je vous remercie de m’avoir écouté …
Je sais qu’en cet instant c’est le visage d’Enara qu’ils voient, tous, je sens que je rougis et les taches de rousseur sur mon nez me picotent (c’est un souvenir de Moka qui ne partira jamais et tant mieux).
C’est mon vrai présent à Alfadr : pourvoir chanter pour lui à visage découvert, sans artifices, sans masques…


J’ai mis un masque
Il m’a collé à la peau
Couvert de passion et folies
Mes chants mes idéaux
Mais là sans peur
Vous me voyez en face
Je chante pour vous tous
Des chaumières aux palaces !....


* * *


Je suis née à Villon
Je suis née pour chanter
Et si vous m’écoutez
J’en serai enchantée

J’aime les fleurs en hiver
Et la neige en été
J’aime les arcs-en-ciel
Et les mondes enchantés


Comme mes poches sont trouées
Je vis en liberté
Je chante ce que je veux
Sans entrave ni collier

Je suis un baladin
Des mots qui viennent du cœur
Allez-vous accuser
De blasphèmes un jongleur ?


Je chante la joie de vivre
La joie d’exister
L’amour qui nous unit
L’Œcoumène enchantée


Je chante la magie !
* * *
Quand je déchaine mes rimes
* * *
Je suis une pie bavarde
* * *
Un oiseau chanteur


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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeDim 14 Fév - 23:55

Une histoire.... transposable au Triskel.....


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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeLun 15 Fév - 19:17

TROY


Caractéristiques physiques du Mâtin des Pyrénées : https://wamiz.com/chiens/matin-des-pyrenees-238

Poil : fourni et assez long
Couleur : celle de base est le blanc, avec un masque bien défini ;...La pointe de la queue et l’extrémité des membres doivent toujours être blanches.
Taille : plus de 80 cm pour le mâle ...
Poids :  80 kg ....

Affectueux :
Joyeux et amical, ce gros nounours est un très bon chien de compagnie pour toute la famille.
Joueur :
C’est un chien plutôt posé qui est rarement euphorique à l’idée de courir après une balle par exemple.
Calme :
C’est un chien très calme mais qui cache bien son jeu car tout en faisant mine de dormir, il surveille tout ce qu’il se passe autour de lui.
Intelligent :
C’est un chien courageux sur lequel on peut compter les yeux fermés.
Craintif / méfiant avec les inconnus :
Il est courageux et féroce face aux étrangers. Il ne recule jamais.
Indépendant :
C’est un chien qui possède un brin d’indépendance (ce qui est souvent nécessaire pour être un bon gardien), mais il doit cependant avoir beaucoup de contacts avec son maître pour s’épanouir.


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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeLun 15 Fév - 21:43

Après le dernier récital de Moka, nous sommes restés encore deux nuits à Léda, Alfadr et son frère Hubert avaient à discuter, puis nous sommes partis pour Kersaint, par les miroirs. Et moi j’étais fatiguée aussi. Je dormais mal, depuis cette nuit du rituel, je revoyais des scènes, comme des bribes de cauchemar.

Et je m’inquiétais pour Alfadr : je ne le sentais pas au mieux de sa forme, et comme Troy le veillait toutes les nuits, je ne devais pas me tromper. Du coup c’est comme ça que j’ai résolu le problème de mes cauchemars : c’est moi qui veillerais Alfadr !  Ça me tenait éveillée presque jusqu’à l’aube, et j’avais tout le loisir de chantonner à voix basse. Parce que j’ai un projet en tête !

Quand j’avais vu la première fois les Carnets Noirs de Martin, j’ai su immédiatement que je ne pourrai jamais les lire : c’était écrit en pattes de moucheron et sans aucune illustration ! Et les paragraphes faisaient dix ou vingt lignes …. Mais maintenant que ce cher Phallaris s’est approprié ces carnets (je sens un emprunt à très long terme… c’est moi qui l’ai inspiré par l’empreint de ses boutons de manchettes et autres pampilles qui brillent ?), Alfadr ne les a plus. Il est donc obligé de puiser dans sa mémoire, et il en parle (avec Hubert, pas avec moi… mais je vais lui demander de m’en parler aussi), et ça a l’air plus simple et surtout plus agréable. J’aime bien certaines idées, celles que je crois comprendre avec ma tête de piaf… et j’aimerais bien les retransmettre dans mes chansons, je ne sais pas encore ni comment ni sous quelle forme…

Et donc le soir je préparais une bonne tisane pour Alfadr, parce que boire est important et que c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour le requinquer (comme dit ma grand-mère), et comme toujours je faisais gouter la tisane à Troy (la première fois il était très intrigué, alors je lui ai servi un bol, et depuis il en a toujours un peu, ça lui fera du bien aussi, mais pour lui je rajoute en plus du bouillon quand il y en a et une rotule avec la moelle, quand j’arrive à en avoir auprès de l’aubergiste) et je ruminais les écrits de Martin racontés par Alfadr pour en sortir des idées pour mes chansons.

Evidemment, je rampais au petit matin jusqu’à ma couche et m’écroulais. J’ai dû passer pour une paresseuse, une vraie « glandarus »… et j’avais dans la journée une tête de chouette effraie plus qu’autre chose. Corrigible avec le maquillage Shii !

Le souci c’est que ça n’allait pas mieux, ou pas aussi vite mieux que je ne le voulais. Je n’y voyais qu’un seul remède : Ava.

De toute façon, la chaumière dans la Forêt Noire avait brulé (encore de ma faute, je le sens) et entamer des travaux pour la reconstruire en plein hiver me semblait improbable : les maisons, ça se construit en été : le bois est meilleur, la toiture sera plus solide, et c’est comme ça que ça a toujours été fait ! On ne construit rien de bien ni sous la neige ni sous la pluie (rien en bois, en tout cas)

Et donc pas plus tard que ce midi nous sommes sortis tous les trois du miroir (merci Argantael !) pas loin de la maison d’Ava (qui est aussi mon nid à moi) : moi sans me vautrer (le miroir est vraiment bien fait, à la bonne hauteur du sol et tout), Alfadr avec la grâce que lui seul a (il tient de sa mère, la Reine Isolde est la grâce incarnée !) et Troy avec son naturel imperturbable (en fait c’est Treu, mais en dasein, ça se prononce Troy, et ça veut dire « fidèle »).

Et, comme je le supposais, Ava et Alfadr avaient beaucoup de choses à se dire, et moi je suis montée préparer la chambre à Alfadr. Avec Troy, que j’ai un peu hissé sur l’escalier … et qui est là, à me regarder, oui, Seigneur Troy, ne vous en déplaise, l’escalier semblait trop raide pour votre céans et je vous ai hissé… Et je vous remercie pour votre rôle de contremaitre des travaux finis, pendant que je vous raconte tout ça, et que je transforme mon nid en nid pour mon invité… c’est gentil de m’écouter, ça me détend, parce que quand il y a trop de mages, j’ose pas ouvrir la bouche, pour pas paraitre bête… Et que je secoue cette cape, parce que je la garde j’y tiens trop, parce que c’est Alfadr qui me l’a offert la première… non, la deuxième fois que je l’ai vu… et là, je mets la cloison … eh oui, dans un nid de Philomène, y a que des murs porteurs, et le reste c’est des cloisons qu’on peut bouger … oui, toi aussi bouge tes pattes, pour pas que je marche dessus…
Et oui je t’adore, avec tes poils et même quand tu me baves dessus, parce que Ava elle a toujours dit que la bave c’est bon pour la peau… surtout la bave d’escargots, mais un chien aussi je pense …

Mais je ne t’ai pas oublié non plus, et voici une belle rotule de chevreuil, elle a été bouillie pendant des heures, mais il reste un peu de viande… Est-elle à votre gout, cher Troy ?

Parfaitement, Dame Enara, et je vous en remercie.

L’édredon en duvet presque neuf des canards d’il y a deux ans s’échappe de mes mains, je me retourne, je glisse et je m’étale dessus… Oui, c’est bien ce chien qui vient de me parler avec une voix de baryton-basse avec une tessiture vocale grave et veloutée, très proche d’une basse chantante, mais plus enjouée…

Mais… mais … Vous parlez ?! Mais pourquoi vous m’avez rien dit plus tôt ?

Parce que vous ne m’avez pas laissé en placer une !

J’ai comme l’impression qu’il se moque de moi … Je parle trop ?... Je suis une vraie pie bavarde…

Nuance, Dame Enara, vous êtes à vous toute seule une meute de pies. Et j’aime beaucoup les chants des oiseaux, rajoute Troy en battant joyeusement la queue contre les lattes du sol (il a un sens du rythme, il faudrait lui en parler). Et j’aime bien vous écouter…

L’expression de sa bougne baveuse me fait fondre et je le gratte derrière les oreilles (comme j’ai des belles serres, il apprécie, je le sais). Dites donc, Seigneur Troy, je comprends mieux maintenant… Comment vous êtes venu à Léda depuis le Palais de la Reine par exemple… Et vous... tu … Je ne sais même plus comment te parler… c’est intimidant … tu sais tout de moi ou presque, maintenant … et ne t’inquiète pas pour Alfadr : il est entre de bonnes mains. Ava c’est ma grand-mère, une vraie Pie !
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeVen 19 Fév - 13:24

* * *


         Il neigeait fort
                   Dans la forêt
         J’avais perdu
                   Ma cape et mes gants
         Tu m’as trouvée
                   M’as réchauffée
         De ton regard
                   Doux comme un printemps

         Tu m’as menée
                   Au coin du feu
         De ton palais
                   De ta chaumière
         Si j’étais Rind
                   J’aurais changé
         Les flocons de neige
                   Par des primevères

         Mais je ne suis
                   Ni fée ni déesse
         Un simple oiseau
                   Hélas sans ailes
         Et je ne t’offre
                   Ni gloire ni fortune
         Seulement mon cœur
                   Et mes ritournelles
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeVen 19 Fév - 13:30

* * *

         Voyageur, baladin ou badaud,
         Regarde
         Le joli parchemin :
         Ecorchée et tannée, c’est la peau
         D’un barde ;
         Touche de tes mains.

         Et moi je dis « Blasphème
         De figer
         Ainsi les mots par écrit »
         C’est comme écrire un « je t’aime »
         Expurgé
         De tendresse, de passion : une scorie !

         Moi j’écris sur le sable
         Just avant
         Le retour de la marée haute.
         Et sur la poussière de nacre
         Ruisselant
         Sur mes pieds quand la route dorlote…
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeVen 19 Fév - 13:44

Recouvrement 1



         Votre regard a dénudé
         Mon âme, mon cœur,
         De voiles rimées, grimées, fardées
         De peurs et de pudeur

         Dans un seul battement de vos cils
         Je me suis vue chanceler
         Et m’on reflet m’a crié « qu’en est-il
         De celle que tu étais ? »

         Comme si dans la clairière secrète
         L’alètheia avait vos yeux et votre voix
         Et comme si j’avançais, à l’aveuglette,
         Vers vous, mon seul amour et ma vraie joie
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeVen 19 Fév - 13:51

Etre-au-monde 1


        Ne cherchez pas sous l’écorce des arbres
        Ni dans les veines de l’Œcoumène.
        Ce n’est que cris d’oiseaux qui palabrent
        Des échos que le vent ramène…

        Ne cherchez pas en moi l’hagiographe
        Ni poule aux œufs d’or : pas un sou
        Ne vous rapporteront mes pamphlets, épitaphes
        A vos appétits dissolus et désirs dissous

        Une fleur est une fleur : ni bouquet ni gerbe.
        Ne cherchez pas la meurtrir de vos mains.
        Ni un homme un marchepieds pour votre superbe :
        Il reste un être humain, il est votre prochain.

        Ne saignez pas les roches : leurs orichalks
        N’est pas votre désir, mais leurs simples existences.
        Quand ruines seront vos palais et vos beaux catafalques,
        Poussière sera aussi votre arrogance.


Dernière édition par Jezabel Charlotte le Sam 20 Fév - 23:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeVen 19 Fév - 14:00

         Où est passée Villon….

         …………………………………Ou lettre ouverte au Roy Abelard



         Où est passée Villon
         La douce, la chantante ?
         Je ne vois que des spectres en haillons,
         Qui la hantent, la tourmente.

                   Jadis, Sire, c’était vous, le Seigneur
                   Qui offriez grâces et pain.
                   Aujourd’hui c’est une infâme Bateleur
                   Qui distribue ses largesses avec dédain.

         Où êtes-vous, Sire ? Vers quelle dimension
         Éthérée vogue Votre Majesté et votre esprit ?
         Quel Oracle vous offre la vie en computation,
         A travers les lentilles de quelle Logomancie ?

                   Ne voyez-vous pas ? La Panacée
                   N’est que chaines, abdication de finitude humaine.
                   Mais que voulez-vous, si c’est le Cristallier
                   Qui pare nos âmes de semblants de joies et de peines…
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeSam 20 Fév - 12:51

.

.


         Elégie Posthume au Rossignol…
         ……………………………………………. Ou Lettre ouverte au Roy Abélard



         Voici, ô Roy, mon élégie posthume
         Pour votre Rossignol, votre mignon.
         Vous avez dévoré son cœur comme un poulet aux prunes
         Depuis la voix jusqu’au croupion.

         Il avait chant joli et un joli plumage,
         Et pour vous plaire il aiguisa son bec.
         Mais un petit oiseau de cage ne peut hurler sa rage :
         Vertèbres et cordes vocales claquent sec !

         Voyez-vous, Sire, il vous aimait, candide,
         Sur votre ordre il sifflait, parfois même aboyait…
         Mais vous le savez bien, il n’était qu’une des Danaïdes
         Essayant de remplir une cruche fissurée.

         Personne ne vous aimera autant que lui, je pense.
         Mais vous, si beau si jeune, ne resterez meurtri
         Longtemps : les âmes de votre engeance boivent la souffrance,
         Dévorent la joie… Des trous sans fond drapés de cajoleries !
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeSam 20 Fév - 17:34

.

.


         * * *

         Un homme a dit :
         Dans la caverne tu ne verras que des ombres qui dansent…
         Moi je bois, happe dans l’air que je respire
         Dans la coupe de lumière et de ténèbre denses
         Tes mots, ta voix, ton souffle
         Je cours sur les ailes de l’hélice
         Rampant, tournoyant, dansant,
         Je te cherche

         Un homme a dit :
         Tu ne connaitras jamais l’essence de ce qui existe, seulement l’image…
         Moi  je vois dans tes yeux lumières et ombres,
         Et folie et tendresse et lucidité et magie d’un autre Age
         Pour que le monde soit déposé en moi
         Je me vide goutte par goutte de mon égo
         De mes mains vides
         Je t'offre ce monde

         Un homme a dit :
         L’Amour voit dans les yeux de l’Autre la splendeur du Monde…
         Moi j’aime ta voix et tes silences
         Aubes et crépuscules de douce pénombre
         Mille fois se perdre et se dissoudre
         Et mille et une fois revenir
         Par toi
         Pour toi







********************************************

les références sont simples : 2 hauts mages  Razz et  Mansur al-Hallaj flower
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeSam 20 Fév - 18:59

Je m’appelle Maysân, « l’étoile scintillante ». C’est un nom que l’a donné un jour une Reine. Elle a dit que c’était peut-être moi l’étoile qui brillait toujours pour son fils, quelles que soit la nuit et les ténèbres. Je l’ai pris au mot…

Je me suis drapée de robes et des voiles, j’ai caché mes mains sous des gants de daim et de velours. J’ai tressé mes cheveux en chignon serré et caché mes taches de rousseur sous un voile de nadirenne. Une cordelette imprime sa marque sur mon front, retenant la fine grille étroite  qui recouvre mes yeux…

Maintenant entre moi et le monde il y a ce voile.  C’est comme si j’ai tissé les ombres pour m’y cacher au regard du monde…

Il n’y a que quand je suis seule avec Alfadr que je quitte cet écrin.

Il n’y a que pour lui que je chante, doucement.


Tiens, le Mage Hermite est revenue dans la Forêt, diront-ils. Tiens, il fait reconstruire sa chaumière brulée… C’est dangereux de frayer avec des mages... on ne sait quel accident peut arriver… Tiens, il revient avec une nadiréenne, une servante à coup sûr… Elle n’est pas causeuse, celle-ci, et on ne voit même pas ses yeux… ça jasera quelques jours ou semaines, et puis tout le monde oubliera et le mage et la nadiréenne… ou peut-être c’est déjà fait… Je perds complètement la notion du temps…


Je ne chante plus au monde. Parce que je ne sais plus chanter. Ou plutôt je ne sais pas chanter, je n’ai jamais su !
Je dois apprendre. Je dois forger ma voix comme Argantael forge une épée ou un miroir ou un cristal (je l’ai emporté avec moi, dans la sacoche, avec quelques souvenirs qui ne me quittent jamais. Je n’ai pas pris de cristal qui songe… je ne suis pas partie pour « songer »).

Je sais maintenant que la voix peut blesser et tuer. La voix doit aussi pouvoir soigner, créer…

La voix est-elle ce chemin entre la Magie et l’Adoration ?

Les Druides Philomène, dit-on, sont parmi les derniers animistes et adorateurs d’Œcoumène. Et je me suis aussi sentie toujours proche de l’Arbre de Rind et de Minos, et donc des 7 Puissances. Et donc de Sigin la brisée, et de Loa et El… Et Sof l’Invisible… Je serais donc à la fois un peu polythéiste et profondément animiste.

Mais feu Rossignol était un Mage, un Ménestrel Sang d’Argent. Sa voix était porteuse de magie… et sa voix m’a blessée, aurait pu me tuer.
Tout comme ma voix était porteuse de l’ombre de Morwena et a blessé un Archimage… Non, il faut que j’arrête de tout mettre sur le dos de Morwena : elle ne peut trouver écho en moi si ce n’est pas mes désirs qui lui ouvrent la brèche : ce qu’elle peut faire à travers moi, c’est moi qui lui en donne le pouvoir, parce qu’au fond de moi quelque chose désire que je m’abandonne à cette ombre !

Il n’y a pas d’opposition entre Ombre et Lumière. Elles sont indissociables, liées, entrelacées, l’une cachant l’autre, l’une voilant l’autre…

La seule opposition est celle entre l’énergie dense et l’énergie libre.

Comment forger ma voix alors ?

Je n’ai nulle envie de connaitre l’extinction en cet instant, et l’abolition absolue de mon égo mènera vers la dissolution absolue de mon être dans le monde…

Je veux exister ! Je ne veux pas me dissoudre. Je veux vivre. Je ne suis pas un angelot éthéré… Je suis une femme, une sang-mêlé Philomène Pie, corvidé et non canari ! Je suis faite de chants, de parfums, de contes, de sève, de passions, de désirs, de rêves, de folies, de tout un tas de choses qu’il me reste à découvrir. Je veux vivre, je veux aimer… Non, le renoncement n’est pas pour moi, pas maintenant !

Et si je « forge » ma voix comme main invisible de mon égo, je stabilise les chants en arme… et je crains de briser les tabous de Liberté…

Et j’ai déjà brisé des choses… si c’était à refaire, je le referai encore, même si le prix était plus lourd.

Peut-être un jour je briserai aussi ma voix… ou elle se brisera sur quelque chose…


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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeLun 22 Fév - 20:08

Je suis partie au printemps.

La chaumière était reconstruite entièrement. Et j’ai planté la rose de Mirage, qui a pris et est devenue un beau rosier grimpant avec des fleurs d’un blanc bleuté (ou un bleu clair en teintes dégradées selon le temps et la luminosité).
Je rêverais de planter une tonnelle de glycines aussi, c’est tellement joli en fleurs !
Il y a aussi un jardin de simples, c’est celui de Martin, l’incendie l’avait épargné et les herbez folles l’ont protégé.

Nous avons gardé les fondations épargnées par le souffle du dragon, les avons agrandies, aménagé une cave, avec un garde-manger digne de ce nom.

Puis un premier étage un peu surélevé (ça évitera de déblayer des couloirs tous les hivers, avec toute cette neige qui tombe !), un beau sol de lattes de chêne, que j’ai ciré jusqu’à ce qu’elles brillent et sentent bon le bois sec et la cire d’abeilles. Des murs et des cloisons lambrissés de bois plus tendre, doré et chaud.
Il y a une belle pièce de vie, grande, avec une cheminée. Pour l’instant elle est bien vide et pas très décorée…
Une belle cuisine avec un beau poêle en fonte, le feu de ce foyer et, forcément, la marmite de soupe. Ava disait toujours qu’un nid sans marmite au feu est un nid froid et solitaire. Alors on a mis la marmite !
Adjacent à la cuisine, on fera plus tard une pièce avec un vrai bain ! L’eau, elle est froide, le puits dans la clairière descend bas… Mais pour l’instant, on va vers l’été, alors ce n’est pas gênant.

Un bureau pour Alfadr, avec une table face à la fenêtre. Elle donne sur les rosiers. Quand Alfadr travaille, il y règne un tel silence qu’on entend les abeilles sauvages bourdonner autour des fleurs parfumées… on y a mis tout un tas d’étagères, vides pour l’instant, mais avec projet de reconstituer une bibliothèque. Je ne comprends toujours pas ce besoin de tout mettre par écrit ! Et la mémoire, elle sert à quoi ? Si la sienne n’est pas suffisante, il y a toujours celle de nos ancêtres, non ?... Mais je ne le dis pas. Des fois même j’ai l’impression que les livres peuvent être une sorte de dialogue, ou de discussion, à travers l’espace et le temps. Comme des échanges épistolaires qui se répondent. Comme une toile de récits, de confessions, de réflexions, d’interrogations et de questionnements, de tâtonnements, d’intuitions… Peut-être que certains ouvrages se rapprochent ainsi de l’énergie libre telle que j’en ai l’habitude à travers des récits et l’enseignement oral…
Je me demande si je ne pourrais pas m’abandonner aux chants et contes carrabans de la Haute Magie et redevenir pour un temps la voix qui les transmet (il doit bien y en avoir parmi nos aïeux…) ; je vais en parler à Alfadr…

Il reste encore un grand espace où pourra mettre des cloisons, on verra ce qu’on en fera…

Puis un étage, avec un escalier de bois sculpté (c’est long à faire, mais le menuisier du village a accepté, on l’aura surement en automne), pour l’instant il faut monter avec beaucoup de prudence (surtout pour Troy). Il y a de la place pour faire plusieurs chambres… pour l’instant, il y en a trois… on verra plus tard pour les autres cloisons… Et puis il faudra penser à faire des édredons, pour l’hiver… et des matelas de paille tressée…
Et il y a aussi une tourelle, une pièce ronde et douillette et très lumineuse…

La hauteur sous plafond est assez grande, avec de belles poutres. J’avoue j’adore m’y percher, y somnoler ou rêvasser (actuellement je n’ai pas trop le temps de rêvasser, mais peut-être, un jour…), même si Troy évite de se trouver en dessous, comme si je pouvais lui tomber dessus !

J’ai trouvé dans le jardin des jouets d’enfants, abandonnés, siège d’une balançoire, des chevaux à bascule, écaillés, abimés par la pluie, la neige, l’abandon… J’ai pu en restaurer quelques-uns… Je revoyais à travers eux ce jardin, empli de cris de joies, d’éclats de rire… il est si vide à présent…


Le village n’est pas loin. Ça a un peu jasé au début. Et puis on a appris à se découvrir et à se faire confiance. C’est un petit village de bucherons et de forestier, une cinquantaine de personnes, tout au plus. D’abord c’est « Herr Zauberer » qu’ils venaient voir, qui pour une foulure, qui pour une brebis perdue… il y a toujours eu un « Herr Zauberer » ici, Martin ou Alfadr, peu leur importait le nom et le visage, ça restait un « Herr Zauberer ».
Et puis j’ai soigné quelques rhumatismes chez les anciennes (il y a beaucoup de femmes âgées, veuves, c’est le tribut des Guerres Noires…), et une toux  de l’hiver chez un des rares enfants du village, un petit blondinet frêle en pleine croissance, et les pattes foulées humaines ou celles de bêtes, ça me connait. Peu à peu les gens venaient me voir moi, pour « pas déranger Herr Zauberer ».
Et puis on a commencé à nous ramener qui un bout de tourte, qui un gigot de chevreuil de la chasse, accroché à la poutre de l’entrée, et des rares nouvelles du monde… En fait, le monde ne changeait pas tant que ça ! Ici le temps semblait figé…

Je suis partie au printemps. Ce soir-là, j’ai volé à Alfadr mon plus précieux trésor. Il m’a seulement demandé « vas-tu revenir ? ». J’ai dit « oui » et je suis partie. Dans la nuit, le cœur léger et les bagages minces.

Tous les printemps, il y a un appel dans le cœur des oiseaux : revoir les rivages où ils sont nés. J’ai suivi cet appel. J’ai vogué vers Kaamelan, et vers un estuaire de l’Orage Eternel, et vers l’Ile des Oiseaux… mais c’est toute une histoire…

Je pense que tous les voyages ne sont qu’un retour…

J’avais besoin de partir pour pouvoir revenir…

Je suis revenue en début des moissons, en plein été. J’ai survolé Thétys, et Villon, et Triskel, et Kersaint, et l’Ile de Printemps, et la mer grise, et champs de blé doré et la Foret de Dasein… J’ai quitté les vents invisibles et piqué vers la clairière verdoyante comme une fleur émeraude dans la brume et l’écrin d’une Forêt sombre.

J’ai salué le Grand Chêne. Les rosiers étaient en fleurs… Quelqu’un avait planté les glycines… Troy somnolait sur les marches savourant la fraicheur de la nuit ; il m’a fait la fête ; je l’ai prié de ne pas faire du bruit.

J’ai poussé la porte, elle était ouverte, comme toujours.  La marmite somnolait en mijotant sur des braises. Un sac de farine était posé sur la table, des œufs… J’ai mis de l’eau à chauffer, avec un poignée de fleurs sèches.

Je suis doucement montée pour me changer. La rampe d’escalier était installée, une dentelle de fleurs et entrelacs de bêtes de la foret…
J’ai trouvé une tunique en lin, des pantalons larges de Pardès, une robe de dessus, sombre et sobre, un voile de Nadir, pliés soigneusement sur un coussin. J’ai lissé mes cheveux, ils ont encore poussé, et tressé un chignon serré. J’ai troqué ma robe Philomène  contre un plumage de Nadireenne ; il n’y a que dans la maison que j’ose ne pas me voiler, quand tous les miroirs sont recouverts, d’ailleurs il n’y a qu’un seul miroir…

J’étais partie au crépuscule. Je suis revenue à l’aube. Comme si une seule nuit était passée. Ou bien une éternité…

Quand Alfadr est descendu, j’avais fini de cuire les galettes au miel et aux noix et les mettais sur la table…




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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeLun 22 Fév - 20:46

.



         On vous coupe les … ailes !



         Villon est un très beau pays
         Le joyau de l’Archipel
         Mais l’Elyséum de l'Empire n’a que mépris
         Comme pour une verroterie de poubelle

                   Notre beau Roy, la parure
                   De Léda grince et rouille…
                   Les Marchands de Beryl
                   Lui ont coupé les … plumes !

         Avant, les rêves des gosses
         Etaient de devenir Mage ou Ministre.
         Là, les cristaux qui songent apposent
         Un voile désabusé et sinistre

                   Les Aspirants jettent les babioles
                   A la foule en frapouilles (=fripes, guenilles)
                   Le Roy s’en moque : les Cinq Cultes
                   Lui ont coupé les … griffes !

         Le Thaumaturge grimaçant
         Vous offre soins de Panacée…
         Mais c’est un poison nourrissant
         Vos corps et cœurs abimés !

                   Les aspirants jettent les grains dorés
                   Et bien pourries dedans, fripouilles !
                   Mais le Roy baille : son minois frais
                   Montre qu’on lui a coupé les … moustaches !

         On ne sait plus marcher
         Sur les routes, ou voguer sur mer.
         Les clefs dimensionnelles bon marché
         Ouvrent les portes éphémères

                   Mais à quoi bon partir ?
                   Si l’Oracle vous dépouille
                   De votre vie et de l’avenir ?
                   On vous coupe, comme au Roy, vos ….ailes !
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeLun 22 Fév - 21:46




Au hasard des routes, au Barde Inconnu…

J’ai emprisonné ma voix
Dans un tout petit œuf
Dans ta main il éclora
En refrain tout neuf

Est-ce que tu le porteras
Dans les Archipels ?
Seras-tu pour lui une voix
Nouvelle et une route nouvelle ?



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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeLun 22 Fév - 22:00

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.

« J’ai commis l’impensable et l’impossible est arrivé » Attar



Ni louange ni blâme
Seulement un regard intangible.
Est-ce le tien ? Le mien ?
Je suis et flèche et sa cible ;
Et toi, la main de l’archer
Et le vent invisible.
Quand on ose l’impensable,
Tout devient possible

J’ai vu un oiseau libre,
Un albatros, voler.
Il m’a dit « saute ! »
Et je me suis jetée…
Je ne suis partie
Que pour pouvoir rentrer
Je me suis tue
Pour pouvoir te chanter

Un simple sourire,
Quand les mots sont tabous
Et je te dis « tu »
Et il y a un « nous »
Et jardin et tonnelle
Et porte sans verrous
Et la pluie nous offre
Ces plus beaux miroirs dans la boue…

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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeMar 23 Fév - 13:51

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           Zohar


           J’ai vu Pardès dans un éclat
           D’une lame brisée contre la pierre
           J’ai vu déferler les combats
           Déchainés comme vagues en mer

           Une cité dans un écrin
           Qu’un triple diamant illumine
           Etreinte dans un triple chagrin
           Et oliviers sur la colline

           Lumière vive et Ombre dense
           Comme deux reflets s’aiment et s’étreignent
           Un messie porte la balance
           Des neuf passions tellement humaines

           Crucifiez-le, ordonne l’Ange
           Il est agneau sacrificiel
           Pour vos péchers et votre fange
           Et pour vous élever au ciel

           Un messager scande la Parole
           DésIncarnée en désEnlibration
           Il n’est que Voix, et non l’idole
           Que chemin d’une Libération

           Et la Cité s’arrache au sol
           Devient joyau aux trois éclats
           Un arc-en-ciel une auréole
           Source ruisselant d’un au-delà


           J’ai vu les dunes mordorées
           Poussières de nos combats intimes
           Avec le vent j’y ai tracé
           Quelques vagues de quelques rimes…
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Jezabel Charlotte

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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeMar 23 Fév - 19:49




Les récoltes dans ce coin de Dasein ont été bonnes. Ce dernier mois de la saison chaude couvrait peu à peu ses matinées d’écharpes de brume. Les jours allaient se raccourcissant. L’air était saturé de parfums ensoleillés de blés murs, de sève des résineux, de fleurs des champs, de fruits murs et gorgés de vie…

La chaumière était terminée, même l’escalier, les volets, et j’ai pu trouver suffisamment de plumes et de duvet pour finir les édredons pour les matrah (c’est le nom nadiréen des matelas, tressés en paille, ou rembourrés ; c’est aussi une manière de faire traditionnelle des Philomène…). Il faut dire qu’on n’a mangé que des canards et des oies sauvages pendant des semaines, sans compter ceux que je suis allée échanger au village contre des draps, de la laine et des peaux de mouton ou de chèvres… Je n’avais pas à cœur de chasser du gros gibier toute seule : une nadiréenne n’est pas supposée le faire, mais j’avais besoin de peaux et de laine pour l’hiver pour bien isoler les murs (je sentais l’hiver froid et venteux). J’ai même mis Troy à contribution : son poil doux est encore plus soyeux avec les brossages, qui ne lui déplaisent pas (et j’ai dû tout de même expliquer que je ne le considérais pas comme un mouton, et que c’est grâce à lui qu’on sera au chaud…)

………………

L’Equinoxe a été une très belle fête au village. J’ai écouté de loin le vent me rapporter les échos des rires, des chants, le crépitement du feu sur la grande place… Kersaint m’a manqué terriblement à cet instant… Je me suis rappelée la dernière fête de printemps où Argantael est devenu Seigneur de Kersaint, où les lignées étaient réunies, où j’ai pu serrer dans mes bras d’adulte ma mère, mon oncle… Je me suis rappelée toutes les fêtes de Kersaint… Et les fêtes d’Ogier…

C’est terrible, comme un sanglot peut monter jusqu’à la gorge, sans qu’aucun son ne sorte, aucun chant, aucune complainte. J’étais là, à serrer la rambarde, avec ce voile qui m’étouffait, cette barrière entre ma gorge et l’air libre des immensités, entre moi et la terre qui m’a vu naitre…

Quand il posé sa main sur la mienne, toute cette angoisse s’est dissipée, comme un mauvais songe. J’ai vu dans ses yeux toutes ces fêtes à venir, les célébrations des astres, mais aussi des moments furtifs volés à la vie, des instants rien que pour nous, cachés aux yeux de tous…
Comme en cet instant, où les mots même étaient tabous. J’ai serré sa main et l’ai posé sur mon ventre, que plus nulle ceinture ne devait serrer.
Enara… tu…
Il regarda Troy, mais le chien soupira et fit semblant de n’être qu’un chien qui dort.


…………………………….


Vers le Solstice, je ne rentrais presque plus dans aucune de mes tuniques. Ça a dû avoir été commenté au village : tous les deux-trois jours je recevais visite d’une femme, sous des prétextes aussi divers que demander un baume contre les engelures, ou des fleurs contre un coup de froid, ou partager une tourte, apporter des œufs et du lait frais, ou un drap ou robe devenues inutiles…

J’ai pi ainsi avoir deux robes chaudes, de quoi tenir l’hiver : une de lin rapiécé et brodée de liserais, et une de laine bouillie, jadis plutôt noire, mais je l’ai beaucoup aimé en beige-gris actuel. J’ai appris que les femmes mariées d’ici s’habillent de noir, une robe dite « Trachten », lacée et richement brodée, sur une chemise en lin, et avec un tablier pour tous les jours. J’ai dû raccourcir la mienne (les femmes et filles des bucherons font ici jusqu’à une tête de plus que moi), mais en largeur c’était parfait.

C’est Inge (pour prononcer c’est I-n-gu-è ), la mère du jeune blondinet qui me l’a donnée. C’était la sienne, cadeau du village entier jadis. Inge est jeune, moins de 40 printemps, avec une couronne de tresses couleur paille, des joues roses et généreuse de formes et de fond : tout en elle me rappelle une belle brioche doute dorée. Son mari, Heimo, je me rappelle, a beaucoup travaillé pour reconstruire notre chaumière ; il est aussi bon chasseur. Et leur fils, Fridolin le jeune (son grand père portait même nom, qui signifie « paix ») est devenu en un été un solide gaillard aux joues roses et rondes qui me dépasse d’une tête.

………………………………………

L’hiver a vraiment été froid et venteux. Il pouvait neiger des jours entiers, sous un ciel acier et bas, les flocons doux et larges recouvraient tout de leur duvet. A l’aube, je n’allais plus chercher de l’eau au puit (il avait gelé), mais remplissais un baquet de neige de la clairière et le rentrais dans la cuisine pour faire fondre.

Je m’amusais à essayer de déchiffrer les milliers d’écritures dans la neige : ici il y avait la bande de moineaux, ici un jeune renard a débusqué un mulot imprudent, un sanglier est venu creuser sous le chêne à la recherche de glands de cet automne, là des pies ont paradé, là un troupeau de biches a frôlé la clairière, là deux tétras se sont affronté en duel d’honneur aviaire…

Parfois, je ne me retiens pas et me laisse rouler les amas de neige douillette : je n’en avais jamais vu comme ça, c’est comme sauter dans l’écume des vagues, mais différemment… Troy, qui me quitte plus d’un pas dès que je sors de la chaumière, s’affole et plonge à son tour, et nous rions à nous rouler comme des gosses dans la poudreuse…

…………………………………

Depuis que je ne vois plus mes pieds, Troy a déclaré que je suis inapte d’emprunter l’escalier. Il a fallu descendre matrah et duvets et aménager une cloison à côté du bureau d’Alfadr. Il travaille beaucoup. Tout le temps…

Il était parti quelques temps en ville : vendre la perle noire, et est revenu avec des livres.
Je regrette tellement de n’avoir pu sauver sa bibliothèque, qui a brulé avec les flammes de ce dragon, Fulchur ! Mais, coup de chance, on avait retrouvé dans les décombre la lampe antique en electrom, que j’avais ramené. Et puis j’ai appris à faire des encres avec les baies de sureau. Et du papier avec des fleurs et des plantes fibreuses comme des orties ou du chanvre (https://www.youtube.com/watch?v=fXRqOhj28gY&ab_channel=Ana%C3%AFsJunger c’est long de faire sécher, mais je trouve ça plus joli que le papier blanc sans âme qu’on trouve chez les colporteurs…)

Et puis j’ai que ça à faire !

Je ne peux plus chasser, je ne sors plus, les visites se font rares, tellement il fait froid. Et surtout je me sens énooorme, parfois je doute être une pie, mais plutôt une chèvre gravide…
Je couve notre triple joyau à nous. Ces trois cœurs qui battent au rythme du mien… Les Pies font souvent trois œufs, et les bonnes années les trois survivent et deviennent de beaux juvéniles en été. Et je pense, j’espère que c’est une bonne année.
Je sens que ce seront des enfants vigoureux, vu les coups de pieds…
En attendant, j’ai une envie folle de framboises, et des mûres, comme à l’orée du bois de Kersaint, et de myrtilles, violet-noir, juteuses… Et je sais qu’on est en hiver, Troy, c’est pas la saison, et que tu ne peux pas comprendre parce que tu préfères largement une omoplate de chevreuil…

Et je chante, enfin, chantonne à voix basse. Depuis que j’ai trouvé la Voix, j’ai tenté de mettre mes ritournelles dans des œufs, et les semer sur les routes des troubadours et bardes de confiance que j’avais rencontrés sur les routes de Villon et lors du Festival d’Ogier. Je m’occupe de « chanter les œufs » et Alfadr a accepté d’envoyer par les miroirs à quelques personnes. C’est ainsi que j’ai pu transmettre de mes nouvelles à Argantael, mon cousin. Et aussi à ma mère, Paloma, et à Ava…

Mais personne ne sait ni qui je suis maintenant, ni où je me trouve : prudence est ma devise. Une pie est méfiante et prudente. Et silencieuse…

Maintenant je sais que ma voix continue de résonner sur les routes… Je ne suis plus Barde Noire, mais Barde Fantôme…


……………………………………………………………..


Quelques jours plus tard j’ai trouvé un bol de framboises, de mûres et de myrtilles à mon chevet…

…………………………………………………..


A l’aube, j’ai vu une laie creuser sous le Chene. Elle était immense, avec des soies d’un brun doré. Et ses marcassins, j’en ai compté neuf, s’affairaient, comme une horde d’écureuils à rayures autour d’elle. La neige a bien fondu, sauf dans les coins les plus ombrageux de la Foret.

La clairière était couverte d’une mousse émeraude claire de jeunes pousses et on cherchait de nouveau l’eau au puit.

Ce soir c’est l’Equinoxe.

C’est pour ce soir. Pour cette nuit.

J’ai préparé peaux douces et chaudes, et langes, et bassine en bois… Je regarde le beau panier s’osier tressé, il est assez profond et semble confortable ; un nid assez grand et douillet selon toutes mes prévisions.
Combien de fois ai-je déjà fait ces préparatifs, pour d’autres, des femmes humaines, et aussi vaches, chèvres, brebis, juments…
Cette fois-ci c’est pour moi.

Le soir, c’est la veillée de l’Equinoxe. Alfadr sait que je tiens beaucoup à ces fêtes. On nous a ramené du village des parts de tourtes, et des briches au miel et aux noix, et des salaisons aux fèves. Et on sirote jusqu’à tard une infusion aux fleurs…

C’est l’heure, dis-je à Alfadr, il faut chauffer de l’eau… Il me relève et me soutient pour marcher. Dehors la nuit est d’une douceur incroyable, la foret est silencieuse, comme en attente. La lune est à son premier quartier…
Au premier pas sur le sol ma poche des eaux se rompe, je ruissèle, et je marche, comme Rind, pieds nus dans la clairière…
Le Chêne m’attend aussi, une de ses branche est suffisamment basse pour que je puisse m’y tenir ; elle est couverte de bourgeons.
Alfadr revient avec le baquet l’eau bouillante ; j’y jette une poignée de pétales de roses (pour que les enfants soient aimés de tous) et de la sauge (pour une bonne santé)
Tu ne peux rester, lui dis-je, alors que je sens mon ventre durcir, par spasmes, par vagues. Troy, tu pars aussi. C’est Rind et c’est Loa qui seront avec moi.


Je les regarde partir et ma vue se brouille. Je mords un bout de branche cassée pour ne pas crier. Prudence… Silence… Je ne me rappelle que trop bien les chants de la Reine Etoile Brisée et sa trstesse qui s’en suivit. Je m’accroche à la branche du Chêne. Je sens des Pies posées sur les branches hautes, prudentes, silencieuses, aux aguets… Ava est là, je le sens…
Ne pas chanter.
Ne pas crier.
Respirer… calquer son souffle sur la respiration d’Œcoumène… Je plante mes talons dans la mousse humide et tire sur mes bras. Harmoniser les battements de mon cœur sur le cœur de Rind… La douleur vient et part, par vagues, comme des marées… Harmoniser les marées aux gestes de Loa…



Mon premier né est un fils. Son premier cri est fort et vigoureux.

Mon second né est un fils. Son premier cri est doux et rieur.

La troisième est une fille. Son premier cri répond à ses frères comme un gazouillis de surprise et de contentement.

Je romps les trois cordons avec mes dents et fais les nœuds d’alliance avec le Grand Dharma. Je ferme ainsi la route qu’ils ont parcouru jusqu’ici ; et leurs souvenirs précédents sont effacés.
Je les baigne dans l’eau parfumée. Ils sont petits et tout roses, comme des oisillons. Leurs routes ont été longues et éprouvantes : ils s’endorment dans la corbeille-nid, entre les langes et les peaux.

Je remercie Rind et Loa.

Je remercie aussi la Laie, esprit gardien de cette partie de la Foret Noire, et enterre dans le trou qu’elle m’a préparé l’offrande à Minos. Ce Chêne m’a été Arbre de Rind et de Minos, Arbre de Vie.

Je verse toute l’eau et les pétales sur moi, offrande de ma dernière eau, tout comme la première, à Œcoumène.

Maintenant je suis liée à cette terre. Je suis liée au Chêne. Je suis liée à l’Arbre de Vie…

Les premiers rayons d’El caressent la clairière. Le visage doux de Loa est encore tourné vers ici aussi et elle sourit à El.
Le Chêne est verdoyant de feuilles…
Toute la clairière est couverte d’un tapis de primevères…


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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeMar 23 Fév - 21:29

la Chaumière de Zauberer, Foret Noire, Dasein


Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Chaumi10



Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Af14ba10




LE GRAND CHENE de le CLAIRRIERE



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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeJeu 25 Fév - 13:05

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         ….. de l’esprit et du cœur


         Téthys, ma douce, mère, amie, amante,
         Que t‘ont-ils fait, ces tristes charlatans ?
         Ils t’ont plongé dans une agonie lente.
         Ils ont rendu esclaves tes enfants.

         Ils ont nié que nous étions tous frères
         Nourris au même lait des pluies de tes chansons ;
         Que Magie et Adoration sont un seul et unique mystère,
         Une étreinte du cœur et de la raison

         Ils ont menti. Et notre naïveté
         A permis à leurs mots de devenir des chaines,
         Verrous sur cette force qui reliait
         Nos cœurs au cœur même d’Œcoumène.

         Ils ont menti sur cette histoire de « don
         Magique occulte et héréditaire »
         Chacun de nous est mage, forgeron,
         Faiseur de sorts, miracles et chansons populaires !

         Les sept voleurs ont dérobé des gemmes enchantées
         Aux sept puissances ; les ont couchés par écrit,
         Heureux comme des enfants devant un nouveau jouet…
         Mais cette innocence fut égarée, oubliée, pervertie…

         Non ! La magie n’est pas pouvoir sur un autre homme.
         Ni accaparement, ni contrôle des désirs.
         Elle est l’émerveillement que chaque instant nous donne
         Et qui dit « sois heureux, ô toi qui peux mourir »…

         Nous ne sommes pas des dieux. Eux, ne sont pas libres.
         Eux sont des principes, et nous sommes l’infini.
         Nos espoirs et nos joies, nos chansons et nos livres,
         Franchissent temps et espace, mort et oubli.

         Alors comment nous ont-ils eus, par quels vils mensonges ?
         Ils ont séparé nos corps de nos cœurs et de nos esprits,
         Ils ont volé notre temps, nos moments de rêveries et de songes
         En nous crucifiant sur le tripallium de leurs pléonexies.

         Par nos consentements et nos obéissances :
         C’est la Loi, disaient-ils, c’est un Commandement.
         Et, tels tes automates sombrés dans la démence
         Nous leur avons abandonné tout discernement…

         Nul besoin de tribuns : la voix du peuple est chant
         Jailli de toute gorge et de tout cœur.
         C’est la magie d’un orage, d’une averse de printemps
         Qui crée arcs en ciel et ponts de fleurs.

         Refuser d’obéir aux injonctions infâmes,
         Refuser de servir, d’être servi par d’autres serviteurs…
         Liberté est amour, âme,
         Union de l’esprit et du cœur.
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeJeu 25 Fév - 13:06

.




Lettre depuis Nibel


Je t’écris cette chanson sur la
Banquise
Le ciel est tout gris et la mer est
Bien grise
J’aligne les flocons de neige
En lettres
Quand ils fonderont tu les liras
Peut être

Je t’envoie mes rimes en bouquets
De givre
Entre deux nuits deux pages
D’un livre
L’on dit Nibel est une
Ensorceleuse
Mais loin de toi je ne saurai
Etre heureuse
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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitimeVen 26 Fév - 18:41







Jeune Mage !

Jeune Mage
Toi aussi tu peux en être
Jeune Mage
Le printemps frappe à ta fenêtre
Jeune Mage
Jette ton diplôme de marionnettiste
Sois un artiste !

Jeune Mage
Les Concordiens sont traitres à Solon
Jeune Mage
Ne sois pas dupe de leurs violons
Jeune Mage
Ne soit pas jouet ni bête de somme
De Beryl l’Elyseum !


Tu peux être libre
Sur Œcoumène
Y a plein de bons livres
Sur Œcoumène
Qu’elle soit Art ou Science
La Mage est essence
De toute existence,
Mon gars !

Tu peux être libre
Sur Œcoumène
Vis ta vie et laisse vivre
Sur Œcoumène
Des moineaux aux dragons
Regarde, le monde est bon
Ton cœur dans tes chansons
Battra !



Jeune Mage
Désires-tu vendre ta jeunesse
Jeune Mage
Contre quelques viles caresses
Jeune Mage
Les Transcendés ont les dents qui mordent
Au bout d’leurs cordes

Jeune Mage
Voudrais-tu troquer pour de bon
Jeune Mage
Ton cerveau, cœur, sang, tes dons
Jeune Mage
Les Dieux d’Apothéose programment d’avance
Ton obsolescence


Tu peux être libre
Sur Œcoumène
Y a plein de bons livres
Sur Œcoumène
Qu’elle soit Haute ou bien Basse,
Grise ou faite de Glaces,
La Magie est la Grâce,
Mon gars !

Tu peux être libre
Sur Œcoumène
Rêver ta route et la suivre
Sur Œcoumène
Aspirer au bonheur
Etreindre de ton cœur
Les Etoiles et les fleurs
Tu verras ….


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MessageSujet: Re: Enara, kaer Paloma, kaer Ava    Enara, kaer Paloma, kaer Ava  - Page 3 Icon_minitime

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