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 Maurizio di Donato del Monti

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stan

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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Mer 2 Sep - 11:46

- Del Monti ! Sors d’ici !
- Il semblerait que vous n’ayez pas que des amis en ville… dit le vieil homme dans un rire sardonique.
- Nous allons voir ca.

Je sentis mon sang bouillir mais je ne devais surtout pas m’emporter. Je ne le pouvais pas. Je descendis les marches de la masure et sorti tranquillement sur le perron.

- Eh bien, qui me demande ? Surtout d’une façon aussi peu courtoise. On m’avait vanté les manières des praguois, assurément on m’a menti. Ah ! Mais suis-je bête, n’est ce pas l’affreux accent allemand que j’entends la ?

Cette petite fanfaronnade me permettait d’observer plus en détail mes assaillants. Ils étaient neuf, six a pied et trois a cheval. Parmi les gredins a pied, je reconnu celui qui avait suivi Čapek jusqu'à l’hospice. Voila donc ou il était passé. Comme il n’était que neuf j’en conclu qu’ils ne devaient pas être tellement plus nombreux, celui qui était mort aurait été le dixième. Je m’attardais un peu sur les cavaliers. Je ne fis pas vraiment cas des deux landskenets qui de leurs regards mauvais poussaient les soudards a pied à faire bloc. En revanche le troisième cavalier était autrement plus intéressant. De belle stature, il était habillé à la mode praguoise, une tenue élégante bien taillée dans de beaux tissus. Il portait au coté une longue et fine épée moderne ainsi qu’une paire de pistolets bien trop avant-gardiste. Son visage était fin, presque décharné, aux pommettes saillantes et aux joues rongées par la vérole. Son nez était crochu comme le bec d’un faucon et une grande moustache lui barrait le visage et cachait des lèvres fines figées dans un rictus mauvais. Mais surtout il avait un œil noir, profond, cruel, qui vous déshabillait. L’autre orbite était couverte d’un bandeau de velours écarlate. Pas de doute l’homme avait tout du combattant de talent. Je mémorisais ce visage afin de ne jamais l’oublier. Je saisis une once de magie en lui, l’homme était un compagnon c’était évident.

- Veuillez pardonner la rudesse de mes hommes señor del Monti.

Un espagnol…
- Ils ne connaissent pas les usages. Mon nom est Don Arturo dela Casablanca.

Casablanca… une sorte de dupont-durand espagnol agrémenter d’une particule sans doute aussi fausse que la mienne.

- Je suis le représentant de Monsieur Fritz Worm, que vous connaissez je pense, lorsqu’il n’est pas a Prague.
- Je suis ravi de vous rencontrer Monsieur.

Je tachais de me montrer aussi courtois que possible. Il fallait éviter l’affrontement.
- Que puis-je pour vous Señor dela Casablanca ?
- Monsieur, le señor Worm est actuellement absent mais il a eu vent de votre venue à Prague. Il s’en est d’abord ombragé mais après réflexion, il a pensé vous offrir une place a ses cotés.
- Vous remercierez Fritz pour cette attention mais je suis ici pour mener à bien mes propres projets.
- Monsieur vous me voyez contrit. Monsieur Worm a bien précisé que si vous ne pouviez répondre a sa proposition, nous devions veiller à ce que vous quittiez la ville.
- Nous voila dans une impasse j’en ai peur…

Le visage de l’espagnol se durcit, son regard perçant perdit toute chaleur.

- Qu’il en soit ainsi alors… Messieurs aidez donc le signore del Monti à quitter la ville. L’air de Prague ne lui réussit pas, il perd le sens commun.

Les landskenets à cheval poussèrent les hommes à pied du bout de leurs bottes ferrées. Les soudards se regardèrent, hésitants, puis jugeant qu’ils étaient assez nombreux pour avoir raison de moi, ils attaquèrent courageusement.

Les hommes ne semblaient armés que de bâtons et de matraques. Je décidais de frapper le premier. Les brutes ne s’attendaient pas à ce que j’attaque et la surprise les stoppa quelque peu, me laissant le temps d’assener un brutal coup de poing sur le nez de l’homme qui avait suivi Čapek. Celui-ci bascula dans un abreuvoir a cheval et se retrouva bientôt cul par-dessus tête. Les landskenets poussèrent quelques jurons ce qui suffit à relancer l’attaque.

Pas le temps d’attendre, je m’attaque à l’homme le plus proche de moi. Direct au ventre, l’homme se plie en deux, coup de genou dans le nez. Il est au sol. Un compagnon arrive à son secours. Je lui décoche un coup de coude en plein visage, craquement. Il vacille. J’attrape sa jambe, vol plané, il est au sol. Un autre assaillant m’attaque. Je bloque son coup mais un autre séide arrive par derrière et me saisi les bras. Je m’appuie sur l’homme de derrière et je décoche un violent coup de pied dans la mâchoire de celui de devant, faisant voler ses dents. Je me replis aussitôt et fait rouler sur mon dos l’homme qui me tenait. Il est devant moi plier en deux, je m’appuie à nouveau sur lui pour donner un coup de pied circulaire dans le dernier homme, brisant ses cotes dans un terrible craquement avant d’assommer l’homme plié en deux par un coup à la nuque.

Face à cette débâcle, les landskenets se jettent à ma rencontre. J’attends patiemment que le premier arrive à ma hauteur. J’évite sa lourde épée, lui saisi le bras et le fait chuter avant de le frapper au sol. Je frappe la croupe du cheval qui se cabre et hennit. L’autre cheval panique et le landskenet qui semblait mal à l’aise sur sa selle finit par tomber avant d’être piétiné. Il ne reste plus que l’espagnol.

Il descend de son cheval et tire son épée. Patiemment, il tourne autour de moi.
- On m’a parlé de toi tu sais… Des compagnons. Qui se trouvaient dans l’umbra. Worm lui-même m’a dit de me méfier de toi. Oui, tu es bon… mais je ne le suis pas moins. Et tu es désarmé !
L’homme, bras tendu, la pointe de l’épée vers moi, se met en position. Nous nous regardons quelques instants. Oui, cet homme est largement aussi bon que moi, si ce n’est meilleur. Alors fini de jouer. Dans ces instants, la concentration est telle que le temps semble ralentir et pourtant nous savons que tout se réglera en quelques secondes. Désarmé, je reste sur le qui vive. Si je me baisse pour me saisir de la dague que j’ai dans la botte, il attaquera. Si je recule pour me saisir d’une des matraques qui gisent sur le sol, il attaquera. Je pourrai toujours tirer avec mon canon mais pas ici, pas maintenant.

Il va falloir danser… et le laisser se fatiguer. Pieds croisés, mains sur les hanches, je suis prêt.

L’espagnol attaque d’estoc visant le cœur, je tourne sur moi-même, le coup passe dans le dos. Il tourne son arme pour mettre le tranchant contre moi et profiter du nouveau mouvement qu’il doit amorcer. Je réalise un salto autour de sa lame, évitant ainsi d’être entaillée.

Casablanca se remet en garde. Haute cette fois ci.

- En effet del Monti tu n’es pas mauvais mais nous verrons si cela va durer…

Moulinet haut, attaque de taille, la pointe découpe ma chemise. Fini de rire. J’entame ma petite danse de guerre. Cette danse n’est qu’un sortilège lancé de la façon la plus traditionnelle, mais cette fois ce ne sont pas les mains qui bougent, c’est tout le corps. Je me mets à faire des petits sauts dans l’espace, invisible pour l’œil inexpérimenté.

Je relève mes manches. Mon adversaire attaque de nouveau. Une attaque soudaine, brutale. Le son de ses bottes bat la mesure. Balancé. Arabesque. Pas de bourré. Sa botte se perd dans le vide. Casablanca est surprit. Il réattaque. Feinte. Ballestra. Je me perds dans mes mouvements. Coupé. Il déchire ma tunique au niveau de l’épaule.

Je recule et prend ma dague. En confiance, l’espagnol attaque. Bond avant, coupé. Pour moi, failli. L’épée ne me touche pas et je suis assez proche pour une riposte.

- Cessez donc de danser monsieur !

L’homme est en colère. Il attaque de nouveau. Bond en avant. C’est alors que je le vois amorcer une flèche, trahis par son poignet. Je lui offre une parade enroulée parfaite.

- Enfin ! vous vous décidez à vous battre !

Il tente un doublé mais la feinte est connue et avant qu’il fasse son dégagement, je fais un enveloppement, pousse un peu et lui entaille le poignet profondément. Il lâche son arme. Sa main valide court vers une longue dague mais avant qu’il n’y arrive je colle la pointe de mon arme contre sa gorge.

- Allons Señor… a quoi bon ? votre main n’est plus en état et vous m’avez touché par deux fois. Disons que le match est nul ? Qu’en dites-vous ? convenons que j’ai gagné le droit de rester a Prague ?
- Tu ne perds rien pour attendre del Monti…
- Vous disiez ?

J’appuyais un peu plus fort ma dague contre la gorge de l’espagnol.

- Va au diable ! cria l’homme, pensant que je le tuerais s’il se montrait suffisamment grossier.
- Je vais prendre ca pour un oui…
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stan

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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Mer 2 Sep - 13:05

Cela faisait maintenant 4 mois que j’étais à Prague et 4 mois que chaque jour, j’allais voir Jan Ruze. Nous avions le même âge et je retrouvais en lui la passion pour le savoir qui m’animait mais la ou j’avais fais le choix de me lancer sur les routes du monde il avait choisi d’observer les étoiles et donc de rester prisonnier de son observatoire. Nos discussions me laissaient toujours pensif. J’essayais souvent d’imaginer ce qu’aurai été ma vie si j’étais resté a Nuremberg.

- Croyez-vous en dieu Maurizio ?
- Pourquoi cette question Jan ?
- J’ai l’intuition que cette question aura bientôt un poids sans mesure…

Je restais quelques instants interdit, fixant la carte du ciel qui se dressaient face à moi espérant y trouver une réponse. Qui ne vint pas.

- Je ne crois pas. Plus maintenant. Je suis parti en bon chrétien, je dois l’avouer. Sur les routes, j’ai fais la connaissance de nombreux hommes pratiquant de nombreux cultes. J’ai d’abord tenté de les hiérarchiser, j’ai observé les ressemblances et j’en suis venu à la conclusion que le dieu du livre était le même. Que tous les dieux étaient les mêmes. Le Dieu du livre et il au dessus, au même niveau, en dessous de bouddha ? et des dieux anciens ? la magie tolère une certaine forme de paganisme. Pour moi, Mercure me semblait aussi concret que Jésus. Pour être honnête, ce n’était pas une question qui m’obsédait, j’acceptais que plusieurs dieux cohabitent… Jusqu'à mon séjour dans l’umbra.

Je repensais à notre séjour avec Abel. Rien n’avait été aussi brutal, aussi lointain. Les yeux du monde n’étaient pas rivés sur l’umbra, les pires choses pouvaient y être commises. Plus encore qu’au nouveau monde. Mais c’est dans les étoiles que ma certitude de l’inexistence d’un dieu créateur se forma.

- Voyez-vous Jan, pendant notre voyage dans les étoiles, nous avons rencontré des choses venues d’ailleurs. Des lors j’ai eu l’intuition que le cosmos, dans sa dimension physique, était régi par des principes empiriques : l’énergie, le magnétisme, le vide et d’autres principes que nous ne connaissons pas encore. Dans l’umbra j’ai acquis la certitude que le cosmos dans sa dimension éthérée ou spirituelle était aussi régit par des principes. Ces principes pourrait être des dieux me direz vous, je vous répondrais non. Un dieu est une essence douée d’une conscience. Je vous parle de principes aveugles. Ne peut-on y voir un parallèle avec les mythologies ? n’est ce pas cela la titanomachie ? l’affrontement de l’homme minuscule contre des principes aveugles, écrasant, éternels ? La lumière, les ténèbres, l’ordre et le chaos, des principes qui dépassent largement les simples concepts de bien et de mal qui parlent tant a l’homme. Et combien y a-t-il de forces que l’homme ne perçoit pas ? Les dieux ne sont que des esprits. Des rois dans le plan spirituel peut être mais en aucun cas des créateurs. La lumière, les ténèbres et les zones intermédiaires ont toujours existé, les paradis ne sont que le fait des prières. Comme les ronds qui se forment sur l’eau quand on y jette une pierre. Je ne ressens plus le besoin de croire en un dieu. J’ai vu l’enfer et le paradis et j’en suis revenu. J’ai vu la main de fer agiter le spectre de l’athéisme ; comme ils connaissent mal les hommes… L’homme a besoin d’un refuge… Mais aussi d’un espoir.

- Des émanations psychiques ?... c’est intéressant… et effrayant…

- Comment être à la fois disciple de Mercure, chrétien, prêtre de Tezcatlipoca et trouver du sens dans les philosophies d’Asie. Soit il n’y a qu’un dieu et c’est un principe aveugle et sourd qui englobe tout soit les dieux ne sont pas aussi puissants ne sont pas aussi puissants que veulent bien le dire les prêtres. En vérité, c’est un grand message de tolérance, pour moi toutes les religions se valent.

- Vous savez que l’on pourrait vous faire bruler pour avoir dit cela !

- Oui. Au fait Jan j’ai quelque chose pour vous.


Je saisis mon sac et en sorti une boite finement ouvragé et décoré d’une étoile. Je la posais devant Ruze.

- Qu’avez-vous donc la ?

Sans rien dire, j’ouvris le coffret.
J’avais travaillé chaque soir après ma visite afin de créer des prothèses qui rendraient à Jan sa dextérité d’antan. Reprenant les schémas qu’Abel m’avait donnés, réutilisant les techniques utilisés pour le corps du masque, j’étais parvenu à construire des gants articulés a la fois léger et solide. Le bout des doigts était couvert de petites aiguilles afin de redonner la sensation de toucher aux mains abimées de Ruze. De petits systèmes de poulies d’acier leur rendaient toute leur force et sans tremblements. Je passais les prothèses sur les moignons crochus de Ruze, ajustant les deux doigts mécaniques sur les restes de phalanges de sa main droite.

- Ca risque de faire un peu mal au début… Vos articulations n’ont plus l’habitude de bouger.

Je me servais d’une petite clef décoré d’une étoile pour serrer et tendre le dispositif de tendons et de muscles.

- Si vous avez mal, il vous suffira de desserrer le tout.

Lorsque j’eu fini, Jan pleurait. Quel étrange spectacle que ce vieil homme aux paupières closes qui versaient des torrents de chaudes larmes.

- Je pourrai demander à mon ami le docteur Abel d’ausculter vos yeux. C’est un grand médecin, il pourrait même vous rendre la vue j’en suis sur.
- Maurizio, j’ai eu tord. Tord de perdre espoir en l’homme. Vous avez tant fait pour moi.
- Ce que j’ai fait pour vous, je voudrais le faire pour tous les infirmes de la ville. Voila a quoi doivent servir la science et la technologie Jan !

La pièce s’était chargée soudain d’une forme d’allégresse.
- Des demain, nous nous mettrons en quête d’un lieu pour votre…
- Laboratoire libéré des dogmes de l’université et de l’église ou chaque scientifique pourrait expérimenter sans avoir peur d’être traité d’hérétique. Un endroit dédié a la compréhension du monde physique et a l’amélioration de la vie humaine.
- Physica Scientia Officinarium.

Je restais quelques instants silencieux…
- Oui ! ca me plait bien !

Le lendemain, alors que je savourais un grand verre de ce café délicieux que fond les viennois, un jeune garçon m’apporta une lettre accompagné d’une clef. L’écriture était hésitante et difficile. Le courrier ne comportait qu’une adresse :

3, Železnà.
Stare Mestro

Je finis mon verre et accompagné de Vaclav, je me rendis à l’adresse indiquée.

J’étais impatient de voir ce qui m’attendait à cette adresse. Ces 4 mois dans cette belle ville m’avait totalement purgé de ma paranoïa et c’est sans peur que je traversais les rues de Prague pleine d’agitation ce matin la. Les gens semblaient tous se diriger vers l’horloge astronomique et ce n’est qu’au niveau de celle-ci que je compris qu’ils allaient tous vers la Železnà. J’attrapais un gamin qui passait par la

- Que se passe-t-il ?
- C’est le vieux Ruze monsieur ! il est sorti de son hospice ! Il a quelque chose à montrer !

Une foule agglutinée semblait écouter avec attention ce que Ruze disait du haut des marches du perron d’une maison de belle taille, le 3 Železnà.

- Un nouvel âge de progrès voit le jour dans notre belle cité ! une ère ou la sauvagerie et la superstition, l’obscurantisme n’auront plus court. Bons gens de Prague allez de part les chemins dire combien Prague est accueillante pour les savants. Dites leurs que pour tous ceux dont les intentions sont louables, il y aura une place au scientia officinarum.

Je traversais la foule afin de voir le vieil ingénieur, étrangement ragaillardi, se donner en spectacle.

- Justement ! le voila l’artisan de la résurrection ! Approchez Maurizio !
Tous les regards se tournèrent vers moi et je n’eu d’autres choix que de rejoindre Ruze. Les gens amassés la nous acclamèrent. Certains pourtant hurlèrent à l’alchimiste, au sataniste. Je vis au dernier rang de la foule les hommes estropiés de Casablanca et tout a fait a l’opposé des hommes en robe, des docteurs de l’université chrétienne. Visiblement tous n’étaient pas ravi de l’ouverte de notre atelier.

Finalement les gens finirent par se disperser. Ruze, accompagné de son fidele Marek, nous fit faire le tour du propriétaire. La maison était grande, dotée de 3 étages, d’un sous sol et d’un grenier. Elle ne comptait pas moins de 10 grands espaces de travail. Dans chacun de ces espaces on pouvait installer un atelier et un appartement, tout deux assez spacieux. Le bijou de la maison était une loggia très haute que Ruze avait aménagée en observatoire.

- Mon cher Maurizio vous voila le héros du jour
- Je ne cherche pas à être un héros, je n’aspire qu’à l’anonymat. Il est facile d’être un héros un jour, être un bon chaque jour est bien plus difficile…
- Vous voila bien sérieux…
- J’ai vu les hommes de Worm au dernier rang de la foule. Et aussi des gens qui n’aimeraient pas nous voir devenir trop puissant. De ceux qui nous verraient bien rôtir sur un bucher.
- Mon cher, donnez des mains aux manchots et des jambes au cul de jatte et plus rien ne pourra vous arriver dans Stare Mestro.
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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Mer 2 Sep - 14:22

Les semaines passèrent. Je suivi les conseils de Ruze et vint en aide a tous les estropiés de Stare Mestro. Bientôt, ce sont les artisans qui vinrent nous voir puis un peu tout le monde. La réputation de l’officinarium n’était pas très bonne en ville mais du bord de Karluv Most et jusqu’aux portes du château on ne cessait de vanter ses mérites. Et ils étaient nombreux, ceux à venir des autres quartiers pensant trouver remèdes et sorcières et ne trouver que médecine moderne et ingénieurs.

L’atelier était fréquenté par toutes sortes de techniciens qui venaient présenter et expérimenter leurs machines. Les étages servaient de laboratoire aux scientifiques théoriques et parmi eux, le célèbre astronome Copernic qui vivait dans la loggia. Bien que non mage, il était doué de formidables intuitions. Je pus travailler longuement avec André Vésale et sur ses planches anatomiques. Mercator le génie des chiffres pu lui aussi expérimenter pendant de long mois. Nous vivions grâce au mécénat de Jan Ruze et a l’aide discrète du palais et des dons en nature que nous faisait les gens de Stare Mestro.

Les rues de Stare Mestro avaient bien changé. Les boiteux marchaient droit, les machines astucieuses de Leonard de Vinci et d’autres prenaient vie dans les rues. Marcher dans le quartier de l’horloge était comme un bond dans le futur. La science et la technologie avait sorti le quartier pauvre de sa torpeur et de sa crasse mais aussi de son obscurantisme. Bientôt les cabales secrètes s’enfuirent ne faisant plus recettes. La dans ce matin frais d’avril, je regardais ce spectacle incroyable, nous étions parvenu à créer un village utopique et avancé dans NOTRE monde. Bien sur l’ombre du château et des cathédrales flottaient toujours sur nous.

Un tel progrès ne pouvait durer. Les habitants de Mala Strana se sentirent bientôt menacé par les habitants de la vieille ville. Pensez donc, on évoquait que bientôt des appareils utilisant l’air chaud et les théories d’Albert le grand sur les vents verraient le jour… Ils n’avaient aucune chance.

Noel 1536. Il faisait bon à l’officinarium. Il n’y avait pas de docteur, pas d’élève, pas de mage et pas de maitre, il n’y avait que des hommes (et hélas plus rarement des femmes) œuvrant ensemble. Nous réfléchissions actuellement sur la force qui nous faisait rester sur terre et toujours retomber. Les débats étaient enflammés et chacun avait sa méthode pour prouver qu’il avait raison. Les idées des uns permettaient souvent aux autres de créer machines et théorèmes ce qui conduisait souvent a la création d’équipe. Sans que jamais dieu, diable, pays ne soient évoqués.

Les fêtes de noël étaient grandioses a Prague, en particulier a Stare Mestro ou l’atelier avait confectionné des guirlandes qui brillaient dans le noir grade a une roche : la pechblende. C’est à la même période qu’une rumeur vit le jour dans les tavernes de la ville : un membre de l’officinarium aurait déclaré que Dieu n’existait pas, que bientôt la science dominerait tout et que les hommes pourraient vivre sans contraintes, sans roi, sans curé et sans maitre. Cette rumeur eu un impact terrible dans toute la ville, a Mala Strana bien sur qui commença à voir dans chacun de ses serviteurs un égorgeur potentiel, au château qui avait toujours posé un regard bienveillant sur nous mais surtout dans Stare Mestro ou c’est la sensibilité chrétienne qui fut heurtée.

Elle naquit de cette rumeur, la lueur que l’on vit poindre ce 30 décembre. Il y eu ensuite les cris et le tumulte. Mené par des frères dominicains, qui ne nous avait rien épargné, la foule avançait en hurlant. « Mort aux démons ! », « Sorcellerie ! ». On brisa les membres artificiels, on incendia les machines, on détruisit tout ce que l’atelier avec produit en deux ans et enfin la horde vociférant vint s’échouer devant nos marche.

- Partez par le sous sol !

C’était le seul conseil que je pouvais donner aux hommes et aux femmes avec qui j’avais tant partagé. Je ne me sentais plus la force de me battre.

- Je vais aller leur parler dit Ruze
- Vous n’y pensez pas Jan
- Pas d’inquiétude… ils m’écouteront. Je suis Jan Ruze !

Marek saisit le vieil homme par le bras et ils passèrent la porte.

- Mes amis…
- Dégage de la vieux démon !
- Jetez le dans la Vitava !
- Ouais ! on verra si ses machines le sauveront !
- On aurait du le tuer quand on en a eu l’occasion !

La foule rugit. Une pierre vola et vint frapper Marek à la tempe le tuant sur le coup. Une pluie de détritus et de caillou s’abattit sur Jan. Alors que je sortais pour l’aider, je vis Casablanca, jucher sur son cheval, ajuster un tir dans notre direction. Le pistolet claqua et la balle alla se ficher dans la poitrine de Ruze sans que je ne puisse rien faire. J’étais trop lent, trop tendre. Jan vacilla et cracha du sang. J’eu à peine le temps de l’amener dans la maison qu’un nouveau tir se fit entendre. Mais nous étions à l’intérieur.

J’épongeais la blessure de Ruze tout en cherchant un sortilège pour le soigner.

- C’est inutile mon ami. L’entropie est sur moi…
- Pourquoi ? pourquoi tout cela ?
- Vous les avez tous reconnus, vos ennemis, ils sont aux premières loges. Cela devait arriver. Mais j’ai voulu croire dans votre projet. Un bon projet…

Je serrais les poings, impuissant. Je senti le feu de la colère se raviver.
- Je vais…
- Ne faites rien que vous regretteriez. Vous êtes venu à Prague avec un idéal. Il a vu le jour. Ne gâchez pas tout. Fuyez, car rien ne dur.

Des pierres brisaient les vitres et des torches étaient lancées sur le toit qui prenait déjà feu. Ruze sorti une grenade de sa poche.

- Partez maintenant.

Sans demander mon reste, je pris la direction du sous sol. La foule tentait d’enfoncer la porte. J’eu un dernier regard pour Ruze… Quel étrange personnage finalement. Encore un ami que je laissais. Alors que je fermais la trappe du sous sol, la porte d’entrée lâcha et vomi sa horde glapissante. Une explosion suivie de prés.

Depuis le sous sol, je regagnais les égouts puis les rues de Prague. Les éclopés gisaient au sol, certains battu a mort, d’autres mutilés. Le feu gagnait tout et au milieu de cet enfer je vis le 3, Zelezna s’écrouler.

Je gagnais l’auberge de Vaclav discrètement. Je m’approchais de la porte.

- N’approchez pas ou je vous perce !
- Vaclav c’est moi
- Mercurio, entre vite.

La porte s’ouvrit légèrement et je pu pénétrer dans l’enceinte protectrice de l’auberge.

- Ils ne t’ont pas suivi ?
- Ils ont tué Jan
- C’était donc ca l’explosion.
- Pourquoi ?
- Une rumeur Mercurio… tu es trop savant tu ne pourrais pas comprendre.

Vaclav posa une bouteille de schnaps devant moi. Je la bu. Sans plaisir. Mon esprit voulait être ailleurs. Je n’avais pas agit contre la foule, j’aurai pu. J’aurai pu tuer Casablanca… « Ne gâchez pas tout ».

Eternel vagabond ou était donc ma place ? Que devais-je faire du temps qui me restait à vivre ? Je ne voulais plus de violence. Le progrès m’était refusé. Devais-je repartir ? Explorer encore ? Si oui, quoi ? Pourquoi le plan de la main de fer était il si parfait ? Parce que l’homme est égoïste, il s’aime plus que tout. Qu’il est gratifiant de penser que Dieu nous a fait a sa semblance. Qu’il est bon de se croire au centre du monde… « Vous les hommes je vous envie » l’homme est une bête de la pire espèce, un prédateur cruel et froid.

Le lendemain, Prague s’était remise de l’incendie. Tout était rentré dans l’ordre. Etait ce un rêve ? Il ne restait plus aucune trace de notre passage, les cendres des machines avaient été ramassé, les rues nettoyées et chacun avait retrouvé la servitude et l’abrutissement d’antan. Oui, c’est comme si nous n’avions jamais été la.

- Qu’est ce que tu vas faire Mercurio ?
- Je vais rentrer en Italie. J’en ai assez de Prague, je ne croiserais que des figures que j’ai aidé et qui feront mine de ne pas me connaitre.
- Tu vas reprendre tes voyages ?
- Je ne crois pas. Mais nous verrons. Si jamais des gens viennent te voir au sujet de l’officinarium, donnent leur mon adresse en Italie, ils seront les bienvenus.

C’est alors qu’on frappa à la porte.
- Maurizio del Monti, nous vous conduisons à la prison de Karluv.
- Et pourquoi cela ! jura Vaclav
- Trouble et hérésie dit le garde.
Je me levais tranquillement.

- Ne te fais pas de soucis pour moi Vaclav. Messieurs, je suis votre obligé.

Je suivi les hommes jusqu'à la prison. La bas je fus enfermé, sans espoir de procès. L’apathie gagna mon cœur rapidement. La cellule était infâme, la vermine grouillait. Mes vêtements tachés du sang de Ruze n’avait pas été changé. Nous n’étions pas nourris et souvent torturé. Un jour Casablanca vint me rendre visite.
- Vous auriez du quitter la ville del Monti. Nous sommes trop puissants pour vous.

Je l’écoutais rire, je buvais ses sarcasmes et les distillait tranquillement. Cet homme payerait pour ce qu’il avait fait. Le soir même je m’évadais de la prison. Il y a 3 ans je passais le Karluv Most dans l’autre sens, souillé du sang de l’umbra avec un rêve en tête. Aujourd’hui, du sang avait aussi coulé mais pas de mon fait. Mon rêve avait existé mais il ne pouvait pas durer ici. Pas maintenant.
J’avais eu le temps d’envoyer un courrier à Casablanca. Un avertissement.
Mais pour l’heure je regagnais mas résidence italienne. Je pouvais y accueillir quelques artistes, j’étais tout prés d’Urbino. Le savoir reste.

Le jour ou il n’y aura plus de roi, de docteur, d’élève et de maitre, le jour ou chaque homme et femme saura lire et écrire alors les hommes sauront qu’ils sont égaux et que leurs différences ne sont rien a l’échelle du cosmos. C’est ce que disait un de mes compagnons de cellule. C’est ce que je pense, c’est ce en quoi je crois. Alors mon utopie verra le jour.
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MessageSujet: Re: Maurizio di Donato del Monti   Sam 12 Sep - 14:49

Mon cher neveu,
Voici plusieurs années que j'arpente le monde te laissant jouir d'une jeunesse trop éphémère. La nature de ces voyages, je ne te l'ait pas caché car je n'ai pas de secrets pour toi, ou presque. Ces mensonges me dévorent le coeur et sont chez moi une telle source de honte que je n'ai jamais osé t'en parler. Alors que je m'apprête à répartir, à peut être reprendre les armes, je veux pouvoir être libre de tout ce poids aussi te demanderai je de faire appelle à toute ta bienveillance.

Il fut un temps où, appate par les richesses et les titres, je suis parti vers le nouveau monde. C'est la bas que j'ai fais la connaissance d'Hernan Cortes, Hernando de soto et Francisco Pizzaro. A cette époque j'étais ivre d'un rêve brutal et glorieux. C'est avec Cortes que j'ai conquis le Mexique ta patrie. J'ai passé de nombreuses années au Mexique à faire la guerre. Et puis finalement un jour nous nous sommes installé à Tenochtitlan... nous y avons vécu comme des rois, couvert d'or, gras et ivre nous avons possede des femmes... Mais tout cela n'était pas assez... nous en voulions plus, la noblesse aztèque nous avait tout donné mais le démon de l'avidité nous faisait pourrir le coeur. Alors un jour nous avons frappé. Une attaque sans honneur, un déferlement de haine, lors d'une des fêtes les plus importante pour ton peuple...

Je dois te l'avouer maintenant j'ai contribué plus qu activement à la destruction des tiens. Ce n'est que lorsque la brume rouge qui dansait devant mes yeux s'est dissipé que j'ai compris ce que nous avions fait...

Et je t'ai vu là, au milieu des décombres, silencieux comme à ton habitude. Tu tenais la main de ta mère.

Je t'ai recueillis pour expier... et je me suis pris d'affection pour toi. Je t'ai appris ce que je savais tant en magie que dans les autres domaines. Et tu as fait bien plus sans tes deux yeux que bien des hommes avec leurs deux yeux.

Que puis je te dire de plus aujourd'hui? Je te demande mille fois pardon. Dans peu de temps je partirais vers le nouveau monde. Tu as ta place dans ce voyage. Un voyage vers tes origines, vers ta tradition magique.

Maurizio posa sa plume. Le coeur serré il jetta un dernier coup d'oeil à cette lettre espérant que la douceur de coeur de son neveu prendrait le pas sur les terreurs passées de l'explorateur. Il se dirige vers son coffre et se saisi d'un paquet long de lin. C'était sa fidèle épée.Qu'elle faisait lourde comparé aux rapières modernes... qu'importe c'était plus que de l'amour entre eux c'était une relation, un contrat, tant quaucun d'eux ne flanchait ils restaient en vie tous les deux. Il passa la lourde epee a son cote et s'empara d'une boîte finement ouvragée. Il en sorti deux pistolets qu'il se passa à la ceinture... avant de les retirer. Cette fois il ne voyagerait qu'avec son sac à surprises... tant que la situation le permettrait en tout cas.
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Maurizio di Donato del Monti
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