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 lettres de Jezabel à HS et VV

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Jezabel Charlotte

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MessageSujet: lettres de Jezabel à HS et VV   Ven 11 Déc - 20:50

lettre à HS

******************************************

Mon cher ami, mon cher amour,

J’espere de tout cœur que tu accepteras de lire cette lettre et qu’elle ne me sera pas retournée non décachetée.

Sois heureuse et libre, disais-tu, seulement est-ce compatible, car j’ai tellement l’impression de revenir plus de 12 ans en arriere, avec l’age en plus.

Notre couple, notre foyer, etait la seule stabilité que je n’ai jamais eue, la meilleure chose qui me soit arrivée, et nous les avons contruits tous deux, comblant ce manque, cette dechirure, cette solitude d’avoir été privé de foyer dans notre enfance ou notre jeunesse. Et je ne voulais y apporter que le meilleur de moi meme, que mes forces et jamais ni mes faiblesses ni mes cotés minables, car, et je te le repete, t’avoir rencontré et d’avoir vecu à tes cotés, d’avoir construit un foyer ensemble est la meilleure chose au monde que j’ai jamais vecu, c’etait ça, mon bonheur.

Je ne voulais pas le gacher avec mes doutes, des souffrances, je ne voulais batir ce socle, qui a maintenant volé aux eclats, uniquement avec ce que j’avais de plus fort, de meilleur en moi. Je ne voulais pas te faire honte, ou plutot, je voulais que tu sois fier de moi, toi, la personne la plus entiere, intègre, la plus droite, noble cœur altruiste, qui m’a été donné de rencontrer. Surement je me berçais d’illusions de pouvoir etre à ta hauteur et agissais, au moins dans ce que tu pouvais connaître, de maniere à ne point te decevoir. Combien de fois es-tu venu me secourir lorsque je m’embourbais dans quelque projet hasardeux ….

En fait, tu etais et tu es non seulement le meuilleur de moi, si j’ose m’exprimer ainsi, mais egalement la part la meilleure et la plus noble du Néhorin tout entier, cette terre que ous avons construit, pierre par pierre, ensemble, et qui est maintant comme un enfant devenu grand et n’a plus tellement besoin de nous.

Et nos enfants ? privés de leur mere, toujours absente, toujours au dehors, et maintenant ils sont aussi privés de leur pere. N’est-ce pas reproduire notre vécu à nous ? en tout cas, mon vécu à moi… non, je ne veux pas t’accuser ni te blamer. Ta decision t’appartient et je la respecte, ne serait-ce parce que c’est la liberté du Loup…

Ce que je veux dire, c’est que peut etre, si l’on regarde en arriere, j’ai rarement, voire jamais, été capable de t’offrir cette exclusivité que tu cherissait tant, et maintenant je m’aperçois des sacrifices et des concessions que tu faisais à mon égard, dans ma priorisation desastreuse de notre foyer, notre organisation – la Rose Adamante, les terres du Néhorin, le travail, et le travail, toujours les quetes, politique, intrigues, combats, et le nombre de fois où je risquais ma vie pour renforcer ou aggrandir notre organisation, sans reflechir au prealable aux consequences que cela pourrait avoir sur toi et notre foyer, et naint par la suite tout sentiment de peur ou culpabilité qui venait « et si jamais ça tournait mal »… car je voulais etre forte pour nos terres, pour nous, pour toi.
Et si peu de personnes etaient au courant des mes doutes, confidants bilateraux de nos dechirures…

Est-ce en voulant offrir des forces et jamais mes dechirures que j’ai fragilisé ce socle ? peut etre aussi, agir ainsi a été mon plus grand mensonge envers toi…


Then hate me when thou wilt; if ever, now;
Now, while the world is bent my deeds to cross,
Join with the spite of fortune, make me bow,
And do not drop in for an after-loss:
Ah! do not, when my heart hath 'scaped this sorrow,
Come in the rearward of a conquered woe;
Give not a windy night a rainy morrow,
To linger out a purposed overthrow.
If thou wilt leave me, do not leave me last,
When other petty griefs have done their spite,
But in the onset come: so shall I taste
At first the very worst of fortune's might;
And other strains of woe, which now seem woe,
Compared with loss of thee, will not seem so.

Shakespeare's Sonnet 90: Translation to modern English
So hate me whenever it pleases you, but if you are going to, do it now - now while the world is determined to frustrate all my actions. Join with the spitefulness of Fortune, make me bow under the burden, but don't come and bite me from behind just when I've got over this particular blow. Don't be a rainy morning after a stormy night, drawing out the defeat that you're determined to impose on me. If you're going to go, don't leave it to the end, when other small sorrows have done their worst but do it at the beginning so that I'll experience the very worst misfortune first. Then other painful things that are hurting now won't seem so bad compared with the loss of you.


Plus je combattais mes dechirures, plus elles s’enracinaient; croyant les vaincre et les eradiquer je les faisais taire, mais c’est dans ce silence qu’elles grandissaient. Peu à peu je ressentais les souffrances de certains etres, de certains lieux, avec parfois une etrange communion dans la souffrance. Et cette tendance allait en s’accentuant. Et l’affinité devenait affection…

Je te demande pardon de n’avoir pas pu t’en parler, de n’avoir pas pu ni voulu trouver les mots necessaires avant. Avant maintenant.

Tu me demandais sur quoi je proposais de batir, de re-batir. Je ne veux pas t’offrir ma souffrance, je ne veux pas t’offrir le pire de ce que j’ai et de ce que je suis ; decemment, je ne peux pas le faire. Je ne veux pas te blesser. Et pourtant je l’ai fait…
J’ai besoin de temps. Pour avoir la tete et les idées plus claires. Tout est si chaotique en ce moment…

Puisse le calme et le silence du Monastère t’apporter l’apaisement et la perfection que tu recherches.

Si tu le permets, et seulement si tu le souhaites, j’aimerais tellement pouvoir venir te voir quelquefois, et si tu acceptes, je respecterai toutes tes conditions.

Avec tout mon amour,
Jezabel Charlotte
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Jezabel Charlotte

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MessageSujet: Re: lettres de Jezabel à HS et VV   Jeu 17 Déc - 20:57

Lettre de Jezabel à Edward Thorns

********************************************

Mon cher ami,

« Cela est ainsi. – […] – J’ai cherché longtemps à me faire illusion ; j’ai donné un nom différent au sentiment que j’éprouvais, je l’ai vêtu de l’habit d’une amitié pure et désintéressée ; j’ai cru que cela n’était que l’admiration que j’ai pour toutes les belles personnes et les belles choses ; je me suis promené plusieurs jours dans les sentiers perfides et riants qui errent autour de toute passion naissante ; mais je reconnais maintenant dans quelle profonde et terrible voie je me suis engagé. Il n’y a pas à se le cacher : je me suis bien examiné, j’ai pesé froidement toutes les circonstances ; je me suis rendu raison du plus mince détail ; j’ai fouillé mon âme dans tous les sens avec cette sûreté que donne l’habitude d’étudier sur soi-même ; je rougis d’y penser et de l’écrire ; mais la chose, hélas ! n’est que trop certaine, j’aime […], non d’amitié, mais d’amour ; – oui, d’amour. »
Non, mon cher Edward, ce n’est pas de moi, bien que j’aurais pu l’ecrire, si seulement je m’exprimais avec ce sublime style, comme le font les poetes ou certains conteurs ; mais je suis tombée presque par hasard sur une vieille edition de l’ouvrage de Theophile Gautier, Mademoiselle de Maupin, et c’est le début du Chapitre 9.

Ainsi Amour inconstamment me mène
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être en haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.

(Louise Labé, Huitième Sonnet, extrait)

Comme tu avais raison, à force de ne pouvoir choisir, ou bien c’est tout simplement ce Destin auquel je me refuse de croire, je les ai perdu tous deux.

J’ai perdu l’un pour une cause superieure, je le reconnais maintenant, et je l’accepte, oui, je l’accepte avec joie, voire serenité ! Ce n’est pas lui qui me privait de liberté, mais bien moi qui l’enchainais à une existence qui ne lui correspondait pas, j’etais un voile et un obstacle entre lui et ce à quoi il etait fait pour, son accomplissement ultime, sa grandeur, sa destinée… et il a su partir sans m’accuser ni de mes erreurs passées ni de mes aveuglements… noble cœur qu’est le sien ! Et je prie Yahvé que le tranchant de sa lame soit sans faille aucune et qu’il surpasse tous les guerriers des temps passés et ceux des avenirs aussi. Car il sera, il est, ce Guerrier Ultime ! Et nul n’a le droit de se mettre à travers cette route qui n’est que pour lui, nul n’a le droit de l’en detourner, et moi encore moins. Que cette liberté mutuelle soit gage d’amour alors !


Et, ironie supreme, c’est pour garder sa liberté, par peur de s’attacher à moi – pardon, de s’enchainer, au point de devoir, qui sait, marcher sur mon cadavre pour atteindre son rêve – que V.V. m’offrait son sourire le plus doux et le plus triste que ne lui avais jamais vu. Je ne veux pas te sacrifier à mon reve, me disait-il, alors que j’etais prete à lui offrir volontairement ce sacrifice, comme une sorte d’ultime present. Mais il refusait. Car c’est lui qui me faisait present de son affection. Je n’aurais jamais cru avant ce moment, avant cette nuit, que mes sentiments, allez, j’ose le mot – mon affection, mon amour – etaient partagés à ce point ! Nous sommes tellement semblables sur certains points ! Nous avons tous deux ces rigoles, que dis-je, ces rivieres de sang sur les mains, qui irriguent les chemins vers nos reves et les racines des arbres de nos clairieres. Au point que nos veines ne charrient plus que la douleur et la souffrance. Depuis toujours je m’etais sentie proche de lui, au point de m’en entrelacer dans une sorte d’empathie des dechirures, ressentant comme mienne chacune de ses souffrances, et lui me comprenait par delà les mots. Au point d’entrelacer nos lignées, nos enfants, nos reves …

Baudelaire à ecrit un Hymne à la Beauté, remplace le mot « beauté » par un de nos deux noms, ou les deux à la fois, les vers s’appliquent toujours :
Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abîme,
Ô beauté ? Ton regard, infernal et divin,
Verse confusément le bienfait et le crime,
Et l'on peut pour cela te comparer au vin.

Tu contiens dans ton œil le couchant et l'aurore ;
Tu répands des parfums comme un soir orageux ;
Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore
Qui font le héros lâche et l'enfant courageux.

……………
Tu marches sur des morts, beauté, dont tu te moques ;
De tes bijoux l'horreur n'est pas le moins charmant,
Et le meurtre, parmi tes plus chères breloques,
Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement.

(Ch. Baudelaire, XXI. Hymne à la Beauté, extrait)

Sont-ce ces meurtres, ces cadavres, ou encore le fait qu’on a failli s’entretuer tellement de fois, qui font que maintenant nous ne voulons plus prendre le risque de s’enliser dans une situation qui demanderait d’oter la vie l’un de l’autre ?… Je l’ai dejà vu mourir, alors que je le tenais dans mes bras, et maintenant, alors que je l’ai retrouvé, quelquefois je prefere quitter cette vie avant lui, par lacheté surement, pour ne pas avoir à revivre cette douleur, donc, finalement, par lacheté et par faiblesse.

Et pourtant le choix est fait, il l’a été dès le lendemain, en fait, lorsque je decidais de rester dans ce Macrocosme, coute que coute, qu’il survive, et alors survivre avec lui, ou qu’il perisse, et alors disparaître comme un de ses débris. Mais je n’avais pas voulu voir ce que ce choix impliquait réellement.

C’est drole et meme paradoxal : je vous ai parlé du 3eme chemin, je l’ai montré à quelques uns, et pourtant moi-meme je ne l’ai pas trouvé, ou plutot, il n’est pas aussi universel que je me le pretendais, (ou peut etre que pour moi il n’y pas de 3eme chemin, mais seulement le chemin de la souffrance ?) ou peut etre que dans certaines situations il ne peut y avoir de 3eme solution, mais juste un choix à faire entre deux uniques et exclusives possibilités. Et c’est de ce choix que je parle.

J’etais à Avalon, le peu qu’il en reste, et j’ai choisi la souffrance plutot qu’un chemin de sortie. Echec, me dirais tu peut-etre, et c’est ce sentiment qui m’a poussé à recommencer. Et là, face à ma propre déchirure, face à moi-même, je n’ai pu choisir, je n’ai pu me resigner à nommer ce et celui qui doit vivre, et donc par eliminaiton, celui qui pourrait mourir et preferais retourner la lame du loup contre moi-meme, la trempant ainsi une seconde fois dans le sang (et, comble du hasard, dans le sang de loup !).

Et pourtant ce choix avait déjà été fait… et lorsque je le réalisais, plus aucune porte de sortie, plus aucune victoire, plus aucun prix ni trophée ne m’attendait, je me sentais juste vider de mon sang, qui coulait le long de l’ecorce, sur les racines de mon Arbre de la Sincerité, et je le suppliais de le boire, de s’en gorger, afin que leurs sangs à eux ne soit pas versé, je lui offrais ma vie, afin que les leurs soient epargnées… mais l’Arbre, ou quelque chose, n’a pas voulu, et c’est là qu’est venue cette evidence que ce 3eme chemin n’existe peut-etre pas pour tout, et n’existe surement pas tout court lorsque le choix a déjà été fait.


Tête-à-tête sombre et limpide
Qu'un coeur devenu son miroir !
Puits de Vérité, clair et noir,
Où tremble une étoile livide,

Un phare ironique, infernal,
Flambeau des grâces sataniques,
Soulagement et gloire uniques
- La conscience dans le Mal !

(Ch. Baudelaire, L'irrémédiable II, extrait)

Puissent-ils, tous deux, me pardonner ce choix, à defaut de comprendre… Est-ce que seulement moi-meme je le comprends ? Comment j’ai seulement pu choisir l’un au détriment de l’autre, alors que je les aime tous deux, differement, mais je les aime de mon étincelle, de mon cœur, de mon ame ! comme si c’etait moi le court chemin, le 3eme chemin entre eux…

Quelle pretention, n’est-ce pas ? Tout comme cette folie que de croire que je suis liée à la Grande Connivence au point d’etre une part d’elle, qu’un meme sang coule dans nos veines, que je suis Premiere Gardienne non pas de nos Forets, non pas des Jardins, mais de ce Macrocosme tout entier et c’est à lui que je me dois …

Pourquoi ce sentiment de liberté, d’ivresse et de solitude infinies, mon Jardin maintenant serait-ce ce Macrocosme tout entier, et la lisiere les milliers d’interstices que je veux arpenter ?… N’avoir point d’attache, ni de territoire et pourtant chercher desesperement sa Terre Promise, sa Caverne ; n’etre chez soi nul part et donc partout à la fois : est-ce cela etre Passeur ? Parfois je ressens les routes, les traverses, les Veines colorées, comme les veines de mon corps, et les caravanes de voyageurs, de marchands, de colons, coulent, fluides, comme mon propre sang dans mes veines ; comme si j’étais modelée à partir des routes ; comme si les chemins m’enlaçaient, me traversaient, me transpersaient, me nourissaient et se nourissaient de moi.


Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins ;

Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !

(Ch. Baudelaire, III. Élévation, extrait)

Non, cher Edward, je ne pense pas etre atteinte de la vertue de l’Aigle. Seulement ivre de liberté et soule de solitude. Je devrais surement suivre tes conseils et, enfin, vivre pour moi meme, chose que je n’ai jamais faite jusqu’ici, vivre par et pour moi-même. J’en perds la tête et, en depit de tout le coyotisme dont je suis imbibée, m’abandonne à des envolées lyriques, qui, j’espere, ne t’ennuient point et ne mettent pas ta patience à trop rude épreuve. Merci de m’avoir tendu ta main, cher ami, cher confident, merci de partager tes propres reflexions avec moi, merci pour tout ça et tant encore.

Cybèle, qui les aime, augmente ses verdures,
Fait couler le rocher et fleurir le désert
Devant ces voyageurs, pour lesquels est ouvert
L'empire familier des ténèbres futures.

(Ch. Baudelaire, XIII. Bohémiens en Voyage, extrait)

avec toute mon amitié,
Jezabel Charlotte
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MessageSujet: Re: lettres de Jezabel à HS et VV   Mar 22 Déc - 1:49

Chère Charlotte,

Pardonne ce silence : j’avais besoin, pour un certain temps de la solitude et des ombres, histoire de faire le point avec moi.
J’étais moi –même une ombre, et j’errais dans la solitude avant de te rencontrer.
Quelques lueurs éphémères venaient éclairer mon chemin ; las, ce n’étaient que des chimères.

Puis je te rencontrai ; et il me sembla que je pouvais donner un nouveau sens à cette existence.
Tu me libéras de mes démons, et car tel est ton pouvoir, tu me réconcilias avec moi-même ; cette dette là, je ne pourrai la rendre.

Je vis très vite que les sentiments que j’éprouvai me semblaient réciproques.
Je crus que notre hymen serait le socle indestructible sur lequel je pourrais rebâtir mon existence.
Les anciens démons qui m’habitaient me quittèrent bien vite, me laissant envisager l’avenir avec sérénité, puisque avec toi.
Ce socle, nous le nommâmes la rose adamante ; c’était notre secret ; ce fut aussi la raison de notre chute.
Mais dans un premier temps la magie opéra ; puisqu’il y avait un domaine ou nul à part nous ne pouvait accéder, nous avons pu construire le reste, pierre par pierre autour de ce pivot indestructible.
Une famille qui devint immense ; des amis qui devinrent des frères d’armes, des frères de sang, une société qui devint une guilde, puis une principauté, à présent l’un des grands impériums de l’univers.

Et nous étions nous même indestructibles puisque dans notre foyer résidait le secret de notre force, de notre quête.

On ne voit jamais la chute arriver. Je ne te blâme pas de ce qui est survenu ; tu n’es pas en cause, pas plus que notre ami commun ; c’est mon manque de perspicacité qui est seule cause de la brisure de la rose adamante.

Tu avais essayé de me prévenir ; je ne t’ai pas écouté, je ne l’ai pas voulu. Et pourtant je suis diseur de vérité ; ces signes que je n’ai pas su interpréter, je les avais si souvent décrypté ailleurs dans d’autres foyers. Mais on ne voit jamais ce qui nous est trop proche. J’aurais du comprendre cependant les motifs qui te poussaient à quitter ta famille pendant si longtemps, pour ne revenir exténuée, couverte de sang et de malédictions auprès des tiens que le temps de la guérison, de la convalescence.

Non le mal était trop profond ; avais – tu conscience toi- même de la bataille qui se jouait dans ta poitrine ? Sans doute non, car nous sommes éternellement étrangers à nous – mêmes ; ainsi n’avons-nous pas su voir l’évidence, l’inéluctable.

Je tiens à dire encore une fois que je ne porte nul jugement ; le cœur a ses raisons, il est toujours le plus fort. Sans doute le confort et le quotidien d’un foyer te sont devenus supplices, sans doute les lisières de notre chambre sont devenus ta prison.

A présent tu es libre.
Louve tu es, et loup je suis, aucun de notre sang ne peut aller contre la liberté.
Ainsi je te libère de moi ; ainsi je te libère de notre amour.
Suis ta destinée, et deviens celle que tu dois être.
Il n’y a plus d’entraves ; il n’y a plus mari, enfants et parents.
Je pense que pour quelques temps il est nécessaire que tu oublies tout le reste, pour découvrir vraiment quelle rose palpite en toi ; dès à présent j’ai la certitude que ce n’est pas une rose adamante ; et si cette fleur a des parfums plus capiteux que ceux que je t’ai offerts, méfie – toi des ronces ; les fleurs les plus éclatantes sont aussi les plus vénéneuses.

Et puisque tu es libre, il faut bien que je le devienne à mon tour. J’ai compris que ma formation était incomplète ; j’ai compris que ma suffisance était grande ; un véritable champion aurait su prévenir le malheur qui est tombé sur nous. J’ai donc repris les chemins du monastère. Je dois reprendre les enseignements de l’épée, je dois forger la Lame de ma sincérité et ne plus la laisser se détourner de son but avant la fin des temps.

Je veux enfin que tu saches que si je ne suis plus ton mari, je reste le défenseur des nôtres, Nehorin, rose adamante, mais avant tout notre famille.
Je te considère toujours comme mon amie, ma confidente et mon alliée. Ce que nous avons partagé, je ne le partagerai plus avec quiconque jusqu’au jour de mon trépas.
Il reste aussi une immense tendresse dans mon cœur. Celle – ci ne te quittera jamais, quels que soient tes actes, tes errements et tes accomplissements.

Puissent les dieux veiller sur toi jusqu’à la fin des temps

Ton ancien compagnon,

Harald Smith du loup
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